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Full text of "Annales, de la Société d'agriculture, sciences, arts et commerce du Puy"

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BEQUEST 
UNIVERSITY  orMICHlGAN) 

4  GENERAL  LIB  RM V     _i 


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ANNALES 


DE    LA 


SOCIÉTÉ  ACADÉMIQUE 


DU  PUY 


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ANNALES 


DE  LA 


SOCIÉTÉ:  D'AGRICULTURE 


SCIENCES,  ARTS  ET  COMMERCE 


DU  PUY 


TOME  XXXI  —  1870-1871 


LE  PUY 

M. -p.  MARCHESSOU,  IMPRIMEUR  DE  LA  SOCIÉTÉ 
Boulevard  Saint-Laurpul ,  -ÏA 


MDCCGLIXIV 


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La  Société  n*entend  ni  garantir  les  faits,  ni  adopter 
toutes  les  opinions  consignées  dans  les  Mémoires  que  ren- 
ferment les  Annales, 


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PROCÈS-VERBAUX 

DFg 

SÉA\'CES  DE  1;AÎ\\ÉE  1870 


SÉANCE  MENSUELLE 

nr  LUNDI  10  JANVIER 


SOMMAIRE 

ï^iarê  do  proeèt-verbal.  —  Munit  :  Dons  par  MM.  La  Ronvière,  Ainu^  di- 
ron,  César  Fileon,  Lasrombe  et  Marion.  —  Exposition  d'an  tableau  par 
M.  Emile  Giraad.  —  Ouvrages  reçus  :  Bulletin  agricole  dn  pHy-éeDAnir: 
Procédé  nouveau  pour  le  darcissomciit  des  bois  ;  Annale*  de  la  Sociale  d'à- 
§rieulture  d'Indre  el'Loire  :  Emploi  du  vinaigre  contre  les  liémorragies  dis 
bestiaux;  le  Sud'Eat  :  Contagion  du  charbon  ;  le  Journal  de  l'agriculture  : 
Article  entomologique sur  le  ruceron  de  la  vigne;  nepue  det  cours  scient i- 
fiques  :  Services  rendus  aux  géologues  par  la  paléontologie  pour  la  détermina- 
tiou  des  couches  du  globe  ;  âge  de  la  formation  de  Ronzon  ;  Mémoires  de  la 
Société  des  ÀMtiqtêireâ  detOuesi  :  Le  mille  romain  et  la  lieue  gauloise;  la 
Boiènedans  le  Yelaj;  colonne  milliaire  au  village  de  Fontanes;  mémoinà  de 
M.  Tournai  sur  les  Tombeaux  chrétiens  des  premiers  siècles  en  Gaule  ;  frag- 
ment d'un  sareophage  du  Musée  du  Puy.  ~  Corrispohdanci  :  Lettres  de 
M.  le  préfet  de  la  Haute-loire  sur  une  allocation  du  Miuistre  de  l'Agriculture; 
de  M.  Tabbé  Frngère  sur  des  fouilles  h  Vergonge  ;  de  MM.  de  Billj,  Gruner, 
Leeoq,  des  Devises  du  Dézert»  L.  Gras,  Louis  Lartet,  Lory,  Marion,  Morière, 
Rames,  de  Saporta  et  Tournai  :  remerciements  k  la  Société.  —  Pbrsoniibl  : 
Nomination  de  M.  Victor  de  Laprade,  de  l'Académie  française,  an  titre  de 
nembrebonoraire.  •- AncHéoLooiB  :  Notice  sur  la  Danse  des  morts  de  lu 
Ckaiv-Dieu,  par  M.  f.angiois  (du  Pont-dc-P Arche}. 


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6  HKSUMR   UBS  SÉANCRS. 

Présidence  de  M.  de  Brivc. 

Leclure  par  M.  le  Vice-Secrélaire  et  adoption  du  pro- 
cès-verbal de  la  dernière  séance. 

Dons  au  Musée.  —  M.  Aimé  Giron  offre,  de  la  part 
de  M.  La  Rouviëre,  sous-intendant  militaire,  un  mo}en 
bronze  d'Anlonin  le  Pieux,  trouvé  au  Puy  dans  un 
jardin  près  du  Pont-Neuf;  et,  en  son  nom  personnel , 
un  denier  d'argent  de  Faustiue  mère,  trouvé  égale- 
ment dans  un  jardin  attenant  à  rétablissement  des 
Sourds-Muets,  non  loin  de  Téglise  Saint-Laurent. 

M.  Aymard  présente  à  la  Société  trois  anciennes 
Mences  données  par  M.  César  Falcon,  l'un  des  conser- 
vateurs du  musée  des  dentelles. 

M.  Adrien  Lascombe  olfre  un  briquet  breton  qui  a  la 
forme  singulière  d'un  pistolet. 

M.  Marion,  membre  non  résidant,  préparateur  h 
la  Faculté  des  sciences  de  Marseille  et  Tun  des  secré- 
taires du  Congrès  géologique  tenu  au  Puy  en  4869, 
qui  avait  remarqué  avec  intérêt  la  collection  déjfi 
nombreuse  d'objets  préhistoriques  dans  notre  Musée, 
a  envoyé  à  la  Société,  par  l'entremise  de  M.  Aymard , 
diverses  pièces  provenant  d'une  station  préhistorique 
explorée  par  lui  dans  la  grotte  de  Saint-Marc,  en 
Provence.  Ce  sont  plusieurs  débris  de  lames  de  silex 
et  deux  morceaux  d'os  à  demi-brûlés,  dont  l'un  est  un 
fragment  de  maxillaire  inférieur  d'homme.  M.  Marion, 


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JANVIER.  i 

dans  un  savant  mémoire,  a  émis  l'hjpolhèse  que  celte 
caverne  pouvait  avoir  été  le  refuge  plus  ou  moins  tem- 
poraire d'anthropopiiages  ;  les  ossements  humains  qu'on 
y  a  trouvés  offrant  le  même  état  d'uslion  observé  dans 
certains  foyers ,  sur  des  restes  osseux  d'animaux  dont 
rhomme  faisait  aussi  sa  nourriture  (1). 

M.  Marion  a  joint  à  cet  intéressant  envoi  une  ha- 
che en  pierre  polie  trouvée  aux  environs  de  Marseille. 
Sa  forme  exceptionnelle ,  comparativement  à  la  plupart 
des  outils  de  mémo  genre  recueillis  en  France,  rappelle 
assez  bien  quelques  instruments  analogues  encore  usi- 
tés chez  des  peuplades  sauvages.  La  collection  ethno- 
logique de  notre  Musée  en  possède  un  curieux  spécimen 
artislement  fixé  à  un  manche  en  bois,  comme  aurait 
pu  Tétre  cette  hache ,  au  moyen  d'une  ligature  de  cor- 
delettes. 

M.  le  Président  appelle  l'attention  de  la  Compagnie 
.sur  un  tableau  que  notre  confrère,  M.  Emile  Giraud,  a 
exposé  dans  la  salle  des  séances.  Ce  lableau  représente 
un  Lansquenet  en  sentinelle,  de  Tépoque  de  Fran- 
çois l".  Celte  œuvre  est  destinée  h  l'exposition  de  pein- 


(1^  Ces  fatU  d'anthropophagie  que  M.  Marion  a  signalés  {Première»  obiêna- 
tioMM  snr  l'aHciennffé  de  l'homme  iam  les  Bouches-du-Khône ^  1867),  ont  été 
acceptés  par  d'autres  observateurs,  notamment  par  M.  Emile  Arnaud,  qui  les  rap- 
pelle dans  ses  Etudes  prikisUmques  sur  les  premiers  vestiges  de  l'industrie  hU' 
maine  dans  le  Sud-Est  de  Yauclme  aux  Annales  de  la  Soc,  litt,  et  seientif. 
d'Apt  (Yauclusc),  1866-1867,  publiées  en  1869,  p.  6.  Ce  dernier  auteur  nous  ap- 
prend, en  outre,  que  des  grottes  à  silex  préhistoriques  sont  nommées  en  Pro- 
vence baouftte  dei  peyrards  (pierres  à  feu),  dénomination  qui,  dans  notre  pays, 
pourra  mettre  sut  la  trace  de  nouvelles  stations  préhistoriques. 


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8  UKSUMK   DES   SKANGES. 

lure  de  Lyon ,  où  elle  ne  peut  manquer  de  figurer 
avec  honneur.  M.  le  Président  remercie  M.  Giraud 
d'en  avoir  réservé  la  primeur  à  la  Société. 

OuvuAGES  ttEçus.  —  Lc  Bulletin  agricole  du  Puy- 
de-Dôme  indique  un  procédé  nouveau  pour  le  durcisse- 
ment dos  hois,  cl  en  particulier  des  échalas.  Jusqu'ici, 
on  avait  trempé  le  bois  h  froid  dans  une  dissolution 
froide  de  sulfate  de  cuivre  et  d'eau  ;  ou  bien,  si  le 
temps  pressait,  on  faisait  cbaulTer  la  dissolution  pour 
obtenir  un  résultat  plus  rapide.  On  propose  aujourd'hui 
de  chauffer  le  bois,  pour  le  rendre  avide  d*eau,  et  de  le 
précipiter  ainsi  préparé  dans  la  dissolution  d*eau  et  de 
sulfate  de  cuivre.  Là,  est  Tidéc  qui  différencie  le  pro- 
cédé nouveau  de  tous  ceux  tentés  jusqu'à  ce  jour. 

Les  Aimales  de  la  Société  d'agriculture  d'hidre-et- 
Loire  recommandent  aux  cultivateurs  remploi  du  vi- 
naigre pour  arrêter  les  hémorrhagies  des  bestiaux , 
survenues  notamment  en  cas  de  fracture  de  cornes.  Ce 
moyen ,  très-simple ,  réussit  souvent  mieux  que  les 
caustiques,  tels  qu'acides  minéraux  étendus  d'eau,  sels 
de  fer,  potasse,  tannin,  etc.  On  augmente  l'énergie 
du  vinaigre  en  le  concentrant.  Pour  le  concentrer,  il 
suffit  de  le  chauffer;  Teau  s'évaporant,  il  ne  reste  plus 
que  l'acide  acétique.  Avec  une  éponge  ou  un  morceau  de 
linge  trempé  dans  le  liquide  tout  chaud,  on  lave  la  frac- 
ture; ensuite,  l'éponge  étant  imbibée  à  nouveau,  on 
la  ri\Q  à  demeure  sur  la  plaie  par  un  bandage  appliqué 
avec  soin.  —  M.  le  docteur  Martel  fait  observer  que  les 
propriétés  hémostatiques  du  vinaigre  sont  bien  con- 


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JANVIER.  \i 

nues  (les  hommes  de  Tart  et  souvent  utilisées  dans  la 
pratique  médicale. 

Le  Sud-Est  cite  un  terrible  exemple  des  cruelles 
conséquences  qu'enti-atne  l'inobservation  de  la  loi 
sur  Taballage  et  Tenfouissement  des  animaux  in- 
fectés du  charbon.  Un  marchand  de  bestiaux  s'étant 
aperçu  que  Tun  de  ses  bœufs  se  trouvait  atteint  de 
cette  maladie,  pour  en  sauver  la  valeur,  fit  abattre  et 
dépouiller  l'animal  par  deux  garçons  bouchers.  Peu 
de  jours  après,  ces  derniers  présentaient  tous  les 
symptômes  de  l'empoisonnement  par  le  charbon  et  suc- 
combaient, malgré  les  secours  do  l'art.  Des  accidents 
analogues  se  sont  quelquefois  produits  dans  la  Haute- 
Loire;  ils  étaient  dus  à  l'usage  de  la  viande  de  bétes 
atteintes  du  charbon.  On  ne  saurait  trop  se  conformer, 
comme  on  le  voit,  aux  soges  prescriptions  de  la  loi 
sur  l'abattage  et  l'enfouissement  immédiats  des  bétes 
infectées  ;  c'est ,  pour  les  propriétaires  et  les  maires  dos 
communes,  une  obligation  alricle,  sanctionnée  môme 
par  une  loi  pénale;  malheureusement,  ainsi  que  le  font 
observer  plusieurs  membres,  la  connaissance  de  celle 
loi  n'est  pas  assez  généralement  répondue  dans  les  cam- 
pagnes. 

Le  Journal  de  C agriculture,  de  M.  Barrai ,  contient 
un  article  enlomologique  sur  le  phylloxéra  vastatrix 
ou  puceron  de  la  vigne  qui ,  depuis  quelques  années , 
ravage  si  cruellement  les  vignobles  du  Midi  et  du  Bor- 
delais. Les  caractères  et  les  mœurs  de  cet  insocio 
commencent  h  être  plus  sérieusement  étudiés  et  connus. 


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10  RÉSUMÉ    DES  SÉANXES. 

Jusqu4ci  on  n*a  retrouvé  que  des  femelles  aptères  ou 
ailées;  les  mâles  sont  encore  inconnus.  Comme  les  vi- 
gnobles de  la  Haule-Loire  ont  été  exempts  du  fléau 
jusqu'à  ce  jour,  Tétude  de  sa  cause  comme  de  son  re- 
mède se  trouve  sans  inlérôt  direct  pour  notre  région. 

La  Revue  des  cours  scientifiques  (numéro  du  18  dé- 
cembre 4869)  publie  la  leçon  d'ouverture  du  cours 
de  paléontologie  professé  h  la  Sorbonne  par  M.  Albert 
Gaudry,  membre  non  résidant  de  notre  Société.  Ce 
savant,  après  avoir  rappelé  que  Ton  commence  à 
entrevoir  parmi  les  êtres  des  âges  passés  quelques 
indices  de  Tiliation,  recherche  les  services  que  la  pa- 
léontologie rend  aux  géologues  dans  la  détermination 
des  couches  du  globe^  et  quelle  est  la  valeur  de  ces 
services.  Autrefois,  Tâge  des  terrains  se  déterminait  par 
les  caractères  des  roches,  dont  la  nature  varie  extrême- 
ment pour  des  formations  de  môme  époque.  Actuelle- 
ment, la  classiflcation  des  roches  sédimentaires  repose 
surtout  sur  les  données  paléontologiques.  Jusqu'à  pré- 
sent, la  méthode  paléontologique  que  Ton  a  suivie  pour 
découvrir  Tàge  des  terrains  a  été  une  méthode  empi- 
rique. On  a  cru  observer  que  les  couches  du  même  âge 
renfermaient  les  mêmes  espèces,  et  il  a  été  dressé  des 
catalogues  des  espèces  les  plus  communes  de  chaque 
étage.  Lorsqu'on  veut  connaître  Tâgc  d'un  terrain,  on 
fuit  la  liste  de  ses  fossiles  et  on  la  compare  avec  les  di- 
verses listes  d'espèces  caractéristiques.  Cette  méthode, 
excellente  en  soi,  est  d'une  pratique  diflicile,  car  les  es- 
pèces se  comptent  par  milliers.  De  plus,  on  ne  ren- 
contre souvent  que  des  es[ièces  nouvelles.  Il  faut  donc 


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JANVIER.  M 

alors  chercher  s*il  n'exisle  pas  une  môlhode  i-ation-. 
nclle  pour  flxer  TAge  des  fossiles,  et  ceci  conduit 
forcémenl  les  paléontologues  à  examiner  la  doctrine  de 
l'évolution.  L'éminent  professeur  se  demande  si  This- 
toire  du  monde  organique  n'est  pas  Thistoire  d'une  évo- 
lution où  tout  se  lie,  où  l'être  d'aujourd'hui  descend  de 
l'être  d'hier  et  sera  le  propagateur  de  l'être  de  de- 
main, et  il  cite  un  remarquable  exemple  qui  tendrait 
à  prouver  l'enchaînement  des  espèces  et  leur  solida- 
rité : 

«  Les  stratigraphes,  dit-il,  qui  ont  étudié  los  terrains 
tertiaires  lacustres  du  centre  de  la  France,  n*ont  pu  encore 
observer  trèsnetten^ent  les  relations  du  calcaire  de  Ron- 
zon,  auprès  du  Puy-en-Velay ,  et  d'un  terrain  situé  dans 
l'Allier,  près  de  Saint-Gérand-le-Puy,  où  Ton  rencontre 
des  ruminants'  appelés  Dremotheriwn  et  Amphitragulus.  Si 
l'on  me  demandait  l'âge  de  la  formation  de  Ronzon,  je  se* 
rais,  au  premier  abord,  embarrassé  pour  répondre,  quoi- 
qu'un savant  géologue  du  Puy,  M.  Aymard ,  ait  découvert 
de  nombreux  fossiles  dans  cette  localité;  car  ces  fossiles 
sont  presque  tous  d'espèces  particulières.  Mais,  comme  je 
crois  à  l'évolution  des  êtres ,  je  procède  de  la  manière  qui 
sait  :  Je  regarde  à  quel  degré  d'évolution  paraissent  axoir 
été  les  animaux  de  Ronzon  ;  M.  Aymard  m'a  fait  voir  que 
les  ruminants  de  ce  gisement  ont  aux  pattes  de  derrière 
(juatre  métatarsiens  :  deux  latéraux ,  qui  sont  rudimentai- 
ros,  et  deux  médians,  qui  sont  grands  et  portent  des  doigts  ; 
ces  os  médians ,  libres  dans  la  jeunesse,  se  soudaient  lors- 
(jue  les  individus  avançaient  en  ûge;  toutefois  cette  sou- 
dure était  assez  incomplète  pour  qu'on  puisse  toujours  hien 


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12  RKSl-MK   DES- SÉANCES. 

(?onstater  la  présaccp  dos  doux  os.  Or,  on  cojinaît  l'Age  des 
animaux  fossilisés  dans  la  pierre  à  plâtre  de  Paris  (éocène 
supérieur)  ;  on  sait  aussi  que  ceux  de  ces  animaux  que  Ton 
a  trouvés  jusqu'à  présent  ont  leurs  métatarsiens  séparés. 
D'autre  part,  dans  l'époque  actuelle ,  et  déjà  à  l'époque  du 
miocène  moyen ,  représentée  par  la  faune  de  Sansan ,  plu- 
sieurs des  ruminants  (I)  ont  leurs  deux  métatarsiens  mé- 
dians intimement  soudés.  Puisque  les  ruminants  de  Ronzon 
présentent,  pour  la  soudure  de  leurs  os,  un  degré  d'évolu- 
tion intermédiaire  entre  les  animaux  de  l'éocène  supérieur 
et  les  animaux  du  miocène  moyen ,  je  suppose  qu'ils  sont 
aussi  d'un  Age  intermédiaire  :  ils  seraient  donc  du  miocène 
inférieur. 

«  Si,  maintenant,  je  regarde  les  run^inants  des  environs 
de  Saint-Gérand ,  je  vois  que  leurs  deux  grands  métatar- 
siens sont  complètement  réunis  ;  ils  révèlent  donc  un  degré 
d'évolution  de  plus  que  les  ruminants  de  Ronzon,  et  je  suis 
porté  à  croire  qu'ils  sont  d'une  époque  un  peu  plus  rappro- 
chée de  la  nôtre.  Mais  je  constate  que  leurs  deux  petits 
métatarsiens  latéraux  sont  imparfaitement  soudés  ;  comme 
ces  os  sont  intimement  soudés  (dans  leur  partie  supérieure) 
chez  la  plupart  des  ruminants  actuels  et  même  chez  plu- 
sieurs du  miocène  moyen  ,  je  suis  disposé  à  conclure  que 
les  fossiles  du  gisement  de  Saint-Gérand  sont  d'une  date 
géologique  plus  ancienne.  Ainsi  il  paraîtrait  probable  que 


(1)  Certains  rominants,  tels  que  VHyamosckus,  ont  conservé  jasqa'b  Tcpo- 
i|ac  actaclle  des  caractères  du  type  pachyderme;  dans  toutes  les  i^poques  gi'o- 
logiques,  on  rencontre  de  semblables  exemples  de  genres  dont  la  longévité  a 
été  très- grande.  Pour  juger  l'âge  d'une  faune,  il  fout  considérer  son  ensemble 
(  t  ne  pas  s'atudier  seulement  à  quelques  formes  isolées. 


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JANVIER.  43 

ce  gisement,  tout  en  étant  an  peu  supérieur  à  celui  de 
Ronzon,  appartient  encore  àrétage  miocène  inférieur.  Après 
avoir  regardé  les  pattes  des  ruminants,  il  me  faudrait  exa-* 
miner  les  autres  parties  de  leur  squelette  ;  je  devrais  faire 
de  semblables  recherches  sur  les  différents  animaux,  et,  si 
elles  fournissaient  plusieurs  remarques  analogues  aux  pré- 
cédentes, je  parviendrais  à  fucer  avec  une  certaine  exactitude 
r&ge  du  gisement.  § 

Comme  on  le  voit,  l'étade  de  révolution  pourrait  of- 
frir des  secours  précieux  pour  la  détermination  des 
couches  de  la  terre. 

Les  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de 
l'Ouest  contiennent  une  étude  sur  les  voies  romaines, 
par  M.  de  Longuemar.  Cet  archéologue  constate  que 
leur  mode  de  construction,  loin  d'être  uniforme, 
variait  d'après  la  nature  du  sol  et  dépendait  des  maté- 
riaux existant  sur  place.  U  est  amené  à  parler  de  la 
longueur  de  l'unité  itinéraire  adoptée  par  les  Romains 
pour  mesurer  les  distances.  Les  colonnes  milUaireSt 
dans  les  Gaules,  indiquent  les  distances  en  milles  ro- 
mains et  en  lieues  gauloises.  Le  mille  romain,  mesuré 
entre  deux  colonnes  encore  en  place  sur  la  voie  Ap* 
pienne,  a  été  trouvé  exactement  égal  à  1,481  mètres  (la 
lieue  romaine  étant  d'un  mille  et  demi  avait,  par  suite, 
2,221  mètres,  50  centimètres).  La  lieue  gauloise  était  de 
2,415  mètres,  d'après  les  recherches  de  M.  PistoIIet 
de  Saint-Ferjeux,  confirmées  par  les  investigations  de 
plusieurs  antiquaires  distingués.  Ces  données  peuvent 
être  utilement  appliquées  à  la  Bolène  qui  traversait  le 


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14  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

Velay;  les  bornes  milliaires  retrouvées  sur  cette  voie 
indiquent  les  distances  en  mille  romains ,  tandis  que 
la  table  de  Peutinger  les  compte  en  lieues  gauloi- 
ses. 

A  ce  propos,  M.  le  Président  appelle  l'intérêt  de  la 
Société  sur  une  colonne  railliaire  appartenant  à  cette 
voie  et  retrouvée  au  village  de  Fontanes.  Peut-être  se- 
rait-il opportun  de  Tacquérir  pour  le  Musée.  M.  Tabbé 
Frugère,  membre  non  résidant,  présent  à  la  séance, 
promet  de  tenter  des  ouvertures  en  ce  sens  auprès  du 
propriétaire;  s'il  ne  peut  obtenir  la  cession  de  ce  petit 
monument,  il  s'engage  à  en  faire,  du  moins,  assurer  la 
conservation  par  rétablissement  d'une  croix.  Une  autre 
colonne  milliaire  existe  aussi  près  de  la  même  voie,  à 
Beaune,  canton  de  Craponne,  où  elle  sert  de  piédestal  à 
une  statue  de  la  sainte  Vierge.  Mais  notre  confrère, 
M.  de  Vinols,  demande  que,  quoique  n'occupant  plus  sa 
place  primitive,  elle  ne  soit  pas  enlevée  à  cette  localité, 
^  où  sa  conservation  est  pleinement  sauvegardée  et  dont 
elle  constitue  le  seul  débris  antique  digne  de  l'atten- 
tion des  archéologues. 

M.  Tournai,  de  Narbonne,  membre  non  résidant,  fait 
hommage  à  la  Société  d'un  très-intéressant  mémoire 
sur  les  Tombemix  chrétiens  des  premiers  siècles  en 
Gaule,  mémoire  dans  lequel  il  étudie  les  sujets  de  leurs 
sculptures  et  les  emblèmes  dont  ils  sont  ornés.  Notre 
savant  confrère  cite  le  fragment  de  sarcophage  du  Mu- 
sée du  Puy  qui,  suivant  lui,  offrirait  Tapparilion  de 
l'Ange  à  saint  Joseph  et  le  mariage  de  la  Vierge. 


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MNVIEH.  lo 

CoaRESPONDAxcE.  —  M.  le  Préfet  de  la  Haule-Loire 
annonce  qae  M.  le  Minisire  de  Tagriculture  et  du  com- 
merce accorde  une  allocation  de  1,000  francs  à  la  So- 
ciété pour  le  Concours  d'animaux  de  boucherie  qui 
doit  se  tenir  au  Puy  en  1870;  les  années  précédentes, 
la  subvention  n'avait  été  qae  de  500  francs. 

M.  l'abbé  Frugère  écrit,  une  lettre  relative  aux 
fouilles  qu'il  a  dirigées,  au  nom  de  la  Société ,  dans  le 
champ  dit  iVArmand,  près  du  village  de  Vergonge, 
commune  de  Saint-Jean-de-Nay.  Deux  autres  sépultu- 
res antiques  ont  été  retrouvées  ;  elles  n'ont  rien  fourni 
de  remarquable;  quelques  fragments  de  briques,  tuiles 
et  poteries  ont  été  recueillis,  et,  près  de  là,  un  anneau 
moderne  en  argent,  paraissant  être  du  XV1«  siècle. 

MM.  de  Billy,  Gruner  et  Lecoq;  Desdevises  du  Dé- 
zert,  L.  Gras,  Louis  Larlet,  Lory,  Marion,  Morière, 
Rames,  de  Saporta  et  Tournai,  nommés,  à  la  dernière 
séance,  membres  honoraires  ou  non  résidants,  adressent 
à  la  Compagnie  des  lettres  de  remerciements. 

Personnel.  —  M.  Aimé  Giron,  vice-secrétaire,  pro- 
pose la  candidature  de  M.  Victor  de  Laprade,  de  l'A- 
cadémie française ,  au  titre  de  membre  honoraire. 
L'illustre  poète  se  rattache  au  Velay  par  l'origine  de  sa 
famille,  sortie  de  Saint-Didier-la-Séauve,  et  par  son  nom 
qui  lui  vient  d'un  manoir  possédé  jadis  par  elle  près  de 
Pontempeyral.  Cette  candidature,  appuyée  par  M.  Char- 
les Calemard  de  la  Fayette  et  le  bureau  entier  ayant  été 
mise  aux  voix,  obtient  l'unanimité  des  suiïrages.  En 


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16  ni^StMÉ   DKS   SÉANCES. 

coiisêquoiicc,    M,  do  Lapiade  esl  proclamé  membre 
honoraire  de  la  Société. 

Archéologie.  —  M.  Chassaing  lit ,  sur  la  Danse  des 
Moris  de  la  Cliaise-Dieu,  la  notice  suivante  exlrailc 
de  l'ouvrage  de  M.  E.-II.  Langlois  (du  Pont-de-rArche), 
inlilulé  :  Essai  historique  sur  les  Danses  des  Morts 
(I.  II,  p.  45oii  lo8)  : 


Danse  des  Morts  de  la  (luiise-Dieu. 

Cotte  Danse  des  Morts,  peinture  murale  de  la  lia  du 
XV«»  siècle,  est  maintenant  la  seule  à  peu  près  complète 
qui  subsiste  en  France.  Elle  se  trouve  en  Auvergne  ,  dans 
l'église  abbatiale  de  la  Chaise-Dieu,  fondée  en  10 40.  Ap- 
lïliquée  sur  la  face  extérieure  d'un  mur  construit  entre  les 
piliers  du  chœur  pour  servir  de  clôture  à  ce  dernier  et 
permettre  d'y  adosser  les  stalles,  elle  longe  le  bas-côté  sep- 
tentrional obscur  et  humide,  ce  qui  a  contribue  aux  dé- 
gradations qu'elle  a  subies. 

Toutefois,  quoique  assez  détériorée  pour  que  l'on  dé- 
chiil're  difiicilement  aujoui-d'hui  les  détails  et  les  accessoires 
des  ligures,  cette  Danse  parait  avoir  conservé  intacts  sa 
disposition  primitive  et  son  caractère  ;  elle  se  développe  à 
deux  mètres  du  sol,  sur  une  très-grande  longueur,  mais 
ne  contourne  point  les  piliers ,  comme  paraît  l'indiquer 
M.  Ach.  Jubinal,  dans  sa  description  de  cette  peinture 
(Paris,  18il,  p.  15,  note  1)  :  ceux-ci  étaient  occupés  ijar 
des  tableaux  diflérents  ,  dont  il  ne  reste  que  peu  ou  point 
do  traces,  et  qui,  du  reste,  n'étaient  (juc  des  épisodes  de  la 


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J.VNYIER.  17 

Danse  ordinaire.  Ainsi,  l*on  voit  sur  l'un  le  sujet  du  pré- 
dicateur en  chaire  (comme  à  Baie,  à  8trasl>ourg,  etc.); 
sur  l'autre,  un  squelette  qui  décoche  des  traits  sur  un 
groupe  de  personnages;  enfin,  sur  un  troisième,  Adam 
et  Eve.,  entre  lesquels  est  le  Serpent,  qui  porte  une  tcHe  de 
mort.  Ces  sujets,  non- seulement  paraissent  ne  pas  être  de 
la  même  main ,  mais  encore  ne  pas  appartenir  à  la  mémo 
époque;  ils  sont  peints  sur  la  pierre  nue,  tandis  que 
toute  la  Danse  placée  sur  le  mur  est  peinte  sur  une  cou- 
che d'enduit,  de  sorte  qu'il  est  fort  probable  que  la  date 
dn  leur  exécution  est  postérieure  à  celle  de  la  Danse  en- 
tière. 

Quant  à  celle-ci,  elle  est  restée  à  l'état  d'ébauche.  Ce- 
pendant toutes  les  premières  figures  furent  primitivement 
peintes  et  terminées  avec  soin;  mais  on  les  recouvrit  plus 
tard  d'une  nouvelle  teinte,  pour  rendre  toute  la  Danse 
uniforme.  Peut-être  l'artiste  vonlut-ii  faire ,  dans  le  qua- 
trième personnage,  le  portrait  du  Roi  de  France,  car,  en  y 
regardant  attentivement ,  on  aperçoit  encore  des  fleurs  de 
lis  sur  son  manteau.  Les  figures  ont  un  mètre  de  hau- 
teur, la  majeure  partie  ne  fut  jamais  ombrée  ;  il  n'est  abso- 
lument resté  qu'une  silhouette,  et  les  trois  couleurs  em- 
ployées furent  l'ocre  rouge  pour  le  fond  uni ,  l'ocre  jaune 
pour  le  terrain ,  et  une  couleur  de  gris  sale  couvrant  à  la 
fois  les  squelettes,  les  chairs  et  les  draperies.  Le  dessin 
au  trait  qui  arrête  maintenant  les  contours  de  cette  pein- 
ture a  été  inconsidérément  ajouté,  il  y  a  peu  d'années, 
par  un  artiste  contemporain ,  qui  a  pris  à  tâche  de  faire 
un  tracé  à  la  pierre  noire  sur  cotte  ébauche ,  et  qui  doit 
vivement  se  le  reprocher ,  car  ce  trait  nuit  singulièrement 
à  la  facilité  de  l'interprétation  de  l'idée  primitive. 

TOME  XXXI.  i? 


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18  RÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 

Cotte  Danse  serait  cncorç  complète,  si  Ton  n'avait  dé- 
truit ,  au  commencement  de  ce  siècle ,  pour  faire  l'entrée 
d'une  chaire  à  prêcher,  une  petite  partie  de  la  muraille  sur 
laquelle  elle  est  peinte  et  qui  portait  un  personnage  et 
la  Mort.  Le  cortège  funèhre  occupe  l'espace  de  trois  travées 
comprises  entre  quatre  piliei^s ,  et ,  comme  l'indique  la 
partie  moyenne  de  ma  planche ,  c'est  à  Tune  des  extrémi- 
tés de  la  travée  intermédiaire  que  le  mur  a  été  percé  et 
que  la  lacune  subsiste.  La  Danse  devait,  dans  le  principe , 
se  composer  de  vingt-quatre  personnages ,.  et  aujourd'hui 
elle  n'en  compte  plus  que  vingt-trois,  qui  sont,  autant 
qu'on  peut  les  reconnaître  : 

Le  Pape,  l'Empereur,  le  Cardinal,  le  Roi,  le  Patriarche, 
le  Duc,  l'Evéque,  le  Chevalier,  l'Homme  d*Eglise,  le  Bour- 
geois ou  le  Bailli,  la  Ghanoinesse,  le  Marchand  avec  son 
escarcelle,  la  Religieuse,  le  Sergent,  la  Vieille,  l'Amoureux 
avec  de  longues  manches  et  des  fleurs  à  la  main ,  comme 
dans  la  Danse  Macabre,  l'Avocat  ou  le  Procureur  avec 
son  encrier  à  la  ceinture,  le  Ménétrier,  l'Avocat,  le  La- 
boureur, le  Moine,  l'Enfant  et  le  Clerc. 

Il  règne  un  certain  ordre  hiérarchique  dans  la  première 
série  de  cette  Danse,  et  par  suite  il  est  à  croire  que  le  per- 
sonnage qui  manque  est  celui  de  TEcuver. 

Chaque  personnage  est  accompagné  de  la  Mort ,  et  lous 
ici  semblent  se  tenir  et  former  une  chaîne.  De  même 
que  dans  les  Danses  de  ce  genre,  tantôt  la  Mort  gambade , 
tantôt  elle  sourit  à  ses  victimes.  Elle  se  renverse  à  force 
de  rire  avec  la  Vieille .  elle  se  cache  la  tête  derrière  son 
bras  ou  son  linceul  pour  jouer  avec  la  Religieuse  et  l'En- 
fant, et  elle  est  assez  obligeante  pour  porter  le  cercueil  du 
Clerc,   qui  ne  paraît  guère  disposé  à  la  suivre. 


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JANVIER.  lu 

Ce  monument  nu  jamais  porté  de  date  ni  d'inscriptions 
cummémoratives  ou  morales.  Mais  au  costume  des  per- 
sonnages ,  il  est  facile  de  lui  assigner  la  seconde  moitié  du 
XV«  siècle  comme  Tépoque  de  son  exécution.  Elle  a  été 
plusieurs  fois  reproduite ,  mais  sans  description  complète  , 
d'abord  sous  forme  d'un  long  rouleau  colorié,  par  les  soins 
de  M.  Jubinal,  d'après  les  dessins  de  M.  Planbol;  {min 
elle  a  été  lidèlement  copiée  dans  VAncinmc  Auvergne  ei  k. 
Velatj,  par  M.  Tudot,  un  des  collaborateurs  de  cet  ouvrage, 
qui  fait  honneur  aux  presses  de  Moulins  (1). 

A  six  heures  et  demie,  la  séance  est  levée. 

Le  Secrétaire, 
AuGDSTm  CHASSAING. 


(1)  Etsù  kiiiorique  iur  les  DMêet  des  Morte,  par  E.-U.  Langlois  (do  Pont 
de  l'Ârclie),  publié  par  Andté  PoUier  et  Alfred  Bandry  (Rouen,  1869,  %  vol. 
avee  planches),  —  t.  II,  p.  155  k  158,  planche  xlii. 

CeUe  planche  est  la  réduction  de  la  gravure  publiée  dans  VAncieHue  Au- 
9frg»e  ei  le  r^/oy. 

Le  baron  Taylor  a  inséré  quelques  fragments  de  la  peinture  de  la  Cbaise-Dien 
dans  ses  Voyagee  aune  Vaudenue  France;  le  Moyen  Age  et  ta  Bennissonie 
offre,  à  l'artido  Costumée,  une  planche  coloriée  composée  de  six  personnages, 
nais  sans  les  squelettes,  tirés  tons  de  cette  Daose. 


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SEANCE   iMENSUELLE 

DU  LUNDI  7  FÉVRIER 

SOMMA1BB 

Lecture  du  pi-ucos-verbaU  —  Retraite  de  M.  Denionts,  iirêlet  deU  Manie-Loire  ; 
Je  nou>eau  préfet,  M.  le  comte  Léo  de  Saint- Poney.  —  Misiv  :  Don* 
aux  culleclioiis  par  M"*  la  baronne  de  Boxberg  et  M.  Hector  Palcon;  à 
la  bibiiotlibque,  par  M.  le  préfet  de  TArdèrlie,  au  nom  dn  conseil  général; 
par  M.  Francisque  Mandet  ti  M.  Moriêre.  —  Ouvragbs  reçus  :  Journal  ie 
l' Agriculture  :  Expérimentation  et  avantages  du  blé  hybride  Galland;  Journal 
ie  la  Société  impériale  et  centrale  d'horticulture  de  France  :  Pincement  des 
liges  de  la  pomme  de  terre  ;  Journal  d* Agriculture  progressive  :  Supériorité, 
au  point  de  vue  agricole,  dn  cbeval  de  race  percheronne  ;  Bulletin  de  la  so- 
ciété impériale  et  centrale  d'agriculture  de  France  :  Nourriture  des  che- 
naux, à  meilleur  marché;  Bulletin  du  comice  agricole  et  de  la  Société  de 
riticuiture,  lior tient ture  et  agriculture  de  Brionde  :  Exposition  il  Brioudc, 
eu  septembre  1800  ;  Uéinoires  de  la  Société  littéraire  de  Lgon  :  Les  jetons 
de  plomb  des  archevêques  de  Lyon;  jetons  et  monnaies  de  quelques  évc- 
f|ucs  du  Puy.  —  GoinK5P0>D.ixcR  :  Lettres  de  M«  Mac*Cjll  sur  rcn\oi 
des  Uémoirei  de  paléontologie  ûu  docteur  Falroner;  de  M.  le  curé  Frugèrp, 
sur  racquisilion  de  la  borne  milliaire  du  village  de  Fontanes;  de  M.  Moi- 
tilletli  M.  Ayniard,  au  sujet  d'une  collection  d'anciennes  œillères  de  mulet:!:. 
—  SciixcES  uisTORiguBs  :  Communication  par  M.  Lascombc  :  1*  d'une 
ordonnance  de  M.  le  duc  de  Roquelaun*,  commandant  en  chef  de  la  pro- 
>iHcedn  Languedoc;  9«  d'une  lettre  de  M.  de  Châteauneuf,  commandant  du 
Vivaraiset  dn  Yelay;  a«  d'une  lettre  de  M.  Rerard,  avocat,  grand-maftre  des 
chasseurs  de  St-Hubert  du  Puy.  —  SciBiices  agricoles  :  Colisalion  propqîée 
par  M.  Béliben  sur  les  membres  correspondants  de  la  Société.  —  PeRsojixtL  : 
.\uniinations  de  KLM.  Charles  Robert  et  Anatole  de  Uarthélemy  au  titre  de 
membres  honoraires, et  de  M.  Auguste  Bos\ieux  au  titre  de  membre  non- 
réïidunt. 


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FKVniRR.  21 

Présitl<*nrp  de  M.  de  Brive. 

Le  procùs-verbal  de  la  précédente  séance  est  lu  et 
adopté. 

M.  le  Président  annonce  que,  depuis  la  dernière 
séance,  un  fait  notable  s'est  accompli  dans  la  Haute- 
Loire  :  M.  Demonls,  préfet,  a  élé  remplacé  par  M.  le 
comte  de  Saint-Poney.  M.  le  Président,  se  rendant  Tin- 
terprète  des  sentiments  unanimes  de  la  Compagnie, 
rappelle  l'intérêt  que  M.  Demonts  a  constamment  té- 
moigné à  notre  institution,  en  assistant  aux  séances, 
en  prenant  part  à  nos  discussions,  en  appuyant  les 
demandes  d'allocations  de  la  Société  auprès  du  6ou- 
yeraement  et  du  Conseil  général.  Les  bons  souvenirs 
de  la  longue  et  paternelle  administration  de  M.  De- 
monts  seront  durables;  l'estime  et  l'affection  l'accompa- 
gnent dans  sa  retraite.  Suivant  Fusage,  il  sera  inscrit 
parmi  les  membres  honoraires  de  la  Compagnie. 

M.  le  Président  exprime  l'espoir  que  le  nouveau 
Préfet,  placé  à  la  tête  du  département,  continuera  les 
traditions  de  bienveillance  de  ses  prédécesseurs  à  l'é- 
gard de  la  Société  académique.  M.  le  comte  de  Saint- 
Poney  n'est  pas  un  étranger;  il  est  notre  compatriote  et 
notre  confrère.  L'an  dernier,  la  Société  lui  a  ouvert  ses 
rangs  en  l'admettant  au  nombre  de  ses  membres 
non-résidants.  M.  de  Saint-Poney  a  inséré ,  dans  le 
XXIX'  volume  de  nos  Annales,  une  notice  historique 
sur  Blesle  et  l'abbaye  de  Saint-Pierre  de  Blesie,  œuvre 
21  la  fois  de  patriotisme  éclairé  et  de  rare  érudition. 
C'est  un  favorable  augure  de  ses  dispositions  sympa- 


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22  RÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 

thiqiies  pour  la  Société  el  la  mission  élevée  h  laquelle 
elle  se  voue  en  poursuivant  le  développement  des  amé- 
liomtions  matérielles  et  Intel lecluelles  du  pays. 

Dons  au  Musée.  —  M.  Aymard  offre  :  <<>  au  nom  de 
M««  la  baronne  de  Boxbcrg,  le  moulage  très-habile- 
ment exécuté  d'un  vase  en  terre  rouge  dont  le  système 
de  décollation  consiste  en  des  chasses  ou  courses  d'ani- 
maux. L'original  a  été  trouvé  dans  les  environs  de 
Clermont  et  appartient  au  musée  gallo-romain  de  Saint- 
Gormain-en-Laye.  M.  Aymard  fait  remarquer  l'analogie 
des  scènes  figurées  sur  ce  vase,  avec  celles  des  bas- 
reliefs  antiques  découverts  au  Puy,  dans  les  fouilles  de 
la  cathédrale; 

Et  ^  au  nom  de  M.  Hector  Falcon,  l'un  des  conser* 
valeurs  du  musée  des  dentelles,  un  cercle  en  fils  de  cui- 
vre, dont  les  paysannes  des  environs  du  Mont-d*Or,  en 
Auvergne,  se  servent  pour  fixer  sur  leur  tête  la  pièce 
d'étoffe  noire  dont  elles  la  couvrent;  notre  confrère, 
M.  Plantade,  fait  observer  que  cet  objet  de  toilette  vil- 
lageoise porte  le  nom  facétieux  de  serre-maliees, 

DoNi  A  LA  BIBLIOTHÈQUE.  —  M.  Ic  Préfet  de  l'Ar- 
dèclie  adresse,  au  nom  du  Conseil  généi*ol  de  ce  départe- 
ment, par  l'entremise  de  son  collègue  de  la  Haute-Loire, 
deux  exemplaires  de  la  carte  géologique  et  minéralogi- 
que  de  l'Ardèche,  avec  mémoire  explicatif,  dont  M.  Le- 
doux,  ingénieur  des  mines,  est  Tauleur.  Cette  carte  chro- 
molilhographique  est  exécutée  avec  le  plus  grand  soin, 
et  sera  d'un  puissant  secours  pour  l'étude  de  la  région 
de  la  Hante-Loire  avoisinant  l'Ardèche.  A  l'occasion 


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FBVniER.  23 

de  ce  don,  M.  le  Président  exprime  le  vœu  que  la  carte 
rainéralogiqne  de  la  Haute-Loire,  dont  M.  Tournaire, 
ingénieur  en  chef  des  mines,  a  été  chargé  et  qu'il  a 
présentée  en  minute  au  Conseil  général  &  sa  dernière 
session,  soit  livrée  le  plus  promptement  possible  à  la 
publicité.  Les  départements  de  la  Loire,  du  Puy-de- 
Dôme  et  du  Cantal  possèdent  déjà  depuis  longtemps 
lem^s  cartes  géologiques  dues  à  MM.  Gruner,  Henri 
Lecoq  et  Baudin  ;  la  Lozère  va  bientôt  avoir  la  sienne, 
confiée  aux  soins  de  M.  Fabre,  membre  de  la  Société 
géologique  de  Fi*ance.  Le  patriotisme  de  la  Haute-Loire 
est  intéressé  à  ne  pas  retarder  davantage  la  publication 
d'un  document  si  important  et  d'une  utilité  si  géné- 
rale. 

M.  Yinay,  maire  du  Puy,  demande  que  Tun  des  deux 
exemplaires  de  la  carte  de  TArdèche  soit  donné  à  la  bi- 
bliothèque publique  de  la  ville  du  Puy.  Cette  proposition 
est  adoptée  par  la  Société.  M.  le  Secrétaire  fait  remar- 
quer que  la  bibliothèque  de  la  ville  possède  en  double 
certains  ouvrages,  comme  VArt  de  vérifier  les  dates, 
la  Bibliothèque  historique  de  la  France,  du  P.  Lelong, 
etc.,  et  qg'il  serait  également  profitable  à  la  bibliothë* 
que  de  la  ville  et  à  celle  de  la  Société  de  faire  ainsi 
quelques  échanges.  M.  le  Maire  répond  qu'il  est  tout 
disposé  à  soumettre,  en  l'appuyant ,  cette  proposition 
au  Conseil  municipal. 

M.  Francisque  Mandet,  conseiller  à  la  cour  impériale 
de  Riom,  membre  non  résidant,  offre  le  rapport  annuel 
qu'il  a  récemment  lu  h  la  Société  du  musée  de  Riom, 


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3i  nKSfîMK   DES  SKXNOKS. 

dont  il  est  le  Président.  Gruce  au  7^le  actif  et  «éclairé  de 
notre  savant  confrère,  cet  établissement  reçoit  de  ra- 
pides accroissements,  auxi]iiels  la  Société  académique 
du  Puy  est  heureuse  d'applaudir. 

M.  Moriëre,  professeur  à  la  Faculté  des  sciences  de 
Caen,  membre  non-résidant,  fait  hommage  de  plusieurs 
notices  agronomiques,  géologiques  et  paléontologiqnes 
qu'il  a  publiées. 

La  Société  vote  des  remerciements  aux  divers  dona- 
teurs. 

Ouvrages  nEçus.  —  Le  Journal  de  ïagriculinre , 
de  M.  Barrai,  signale,  dans  la  Sarlhe,  un  e.ssai  d'expéri- 
mentation du  blé  hybride  Galland.  Ce  froment,  quoique 
semé  dans  des  terres  de  moyenne  qualité,  sans  aulre 
engrais  que  le  fumier  de  ferme,  et  bien  que  sa  floraison 
ertl  été  contrariée  par  les  pluies,  a  donné  un  rende- 
ment presque  double  de  celui  des  autres  fromenls;  la 
moyenne  a  été  de  quatorze  à  quinze  pour  un;  en  terre 
d'élite,  il  produirait  de  dix-huit  à  vingt  pour  un.  Cette 
nouvelle  variété  est  avantageuse,  non-seulement  au 
point  de  vue  d'un  rendement  trè.s-abondant  en  grains, 
mais  encore  à  celui  de  l'augmentation  des  engrais,  à 
cause  de  sa  végétation  luxuriante  et  de  l'énorme  quan 
tité  de  paille  qu'elle  produit.  Pour  s'en  rendre  compte, 
il  suffît  de  savoir  que  chaque  pied  donne  naissance  à  nn 
bouquet  de  tiges  variant  de  six  à  dix,  et  qui  atteignent 
une  hauteur  de  1  met.  80  c.  à  h  met.  90  c. 


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FRVUfKR.  Ù'j 

Le  Journal  de  la  Sociêlé  impériale  et  centrale 
d' horticulture  de  France  rend  compte  d'exiiériences 
sur  le  pincemenl  des  tiges  de  la  pomme  de  terre  ;  les 
résultats  obtenus  par  ce  procédé  ne  sont  pas  encore  suf- 
fisamment établis  pour  qu*on  juge  en  dernier  ressort  de 
son  efficacité  ;  il  serait  désirable  que  quelques  membres 
de  la  Société  en  fissent  eux-mêmes  Texpérimentation. 

Le  Journal  d'agriculture  progressive  constate  la 
supériorité,  au  point  de  vue  agricole,  du  cheval  de  race 
percheronne  sur  le  cheval  de  race  anglo-normande.  Ce 
dernier,  beaucoup  trop  prôné,  se  distingue  par  Télé- 
gance  et  la  légèreté  ;  mais  il  reste  trop  délicat  et  demande, 
pour  bien  s'entretenir,  une  nourriture  recherchée  et 
abondante,  en  ne  fournissant  comparativement  qu*iin 
travail  minime  ;  c'est  un  cheval  de  luxe,  de  courses  ;  non 
point  un  cheval  rustique.  Le  cheval  percheron,  au  con- 
traire, se  montre  propre  h  tous  les  usages  ;  il  est  à  la 
fois  cheval  de  trait  et  cheval  d'allures.  N'eût-il  sur  le 
cheval  anglo-normand,  à  imlion  égale  d'entretien  (re 
qui  n'existe  pas,  car  il  exige  moins),  que  le  simple 
avantage  de  conduire  une  charrue  étant  deuxième,  la 
préférence  devrait  lui  rester,  puisque  le  premier,  étant 
beaucoup  moins  fort,  demande,  pour  conduire  la  même 
charrue,  à  être  troisième.  Au  lieu  de  chercher  dans  le 
croisement  avec  les  chevaux  anglais  le  moyen  d'obtenir 
de  bons  chevaux,  il  eftt  mieux  valu  poursuivre  l'amé- 
lioration de  nos  races  de  pays  par  la  race  percheronne 
qui  reste  le  type  véritable  du  cheval  agricole,  en  appa- 
reillant des  animaux  de  différentes  familles  mais  de 
même  rare,  el  en  choîsissanl  judicieusement  les  repro- 


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26  ftÉSUMK   DES   SÉANCES. 

(lucteurs  doués,  Tan  et  Tautre,  de  cerlains  caractères; 
et  de  certaines  qualités  que  Ton  veut  conserver.  Les 
effets  de  la  consanguinité  ne  sont  pas  à  redouter,  toutes 
les  fois  que  la  famille  appartient  à  une  race  constante. 

Dans  le  Bulletin  de  la  Société  impériale  et  centrale 
cVagriculture  de  France,  M.  Magne  s'occupe  de  la 
nourriture  des  chevaux  et  de  la  possibilité  de  remplacer 
le  foin  et  l'avoine  par  d'autres  aliments  moins  coûteux 
mais  contenant  les  mêmes  principes.  En  mélangeant  les 
aliments  qui  donnent  le  carbone  à  bon  marché,  mais  Ta- 
zote  à  un  prix  élevé,  avec  d'autres  aliments  qui  donnent 
au  contraire  l'azote  à  bas  prix  et  le  carbone  plus  cher, 
on  peut  constituer  des  rations  qui  conviennent  aux  ani- 
maux et  coûtent  moins  que  si  elles  étaient  composées 
d'un  seul  aliment.  Ainsi,  dit-il,  un  mélange  de  3  kilo- 
grammes de  mais  et  de  4  kilogramme  de  sarrasin,  ou  de 
\  kilogramme  d'orge,  ou  de  1  kilogramme  de  seigle,  re- 
présente par  sa  composition  5  kilogrammes  d'avoine  el 
coûterait,  d'après  les  mercuriales  de  février  dernier, 
de  60  à  65  centimes,  tandis  que  les  5  kilogi*ammes 
d'avoine  coûteraient  un  franc.  De  môme  ,  4  kilo- 
grammes de  maïs ,  500  grammes  de  féveroUes  et  I 
kilogramme  de  paille  hachée  représentent  6  kilo- 
grammes d'avoine  et  coûteraient  à  peine  0  fr.  80  c; 
2  kilogrammes  de  foin  de  luzerne  et  8  kilogrammes  de 
maïs  représentent  t\  kilogrammes  et  demi  d'avoine, 
et  coûteraient  4  fr.  38  c;  tandis  que  l'avoine  coûterait 
2  fr.  40  c.  On  comprend  toutefois  qu'on  ne  saurait  pro- 
céder qu'avec  de  grands  ménagements  dans  le  change- 
menl  d'un  régime  alimenlaire  consacré  par  une  longue 


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FRVniEB.  27 

pratique.  [I  importe  de  distinguer  entre  le  cas  passager 
d'une  disette  ou  d*ane  récolte  insuffisante  et  le  cas  où  le 
changement  apporté  à  la  nourriture  doit  avoir  une  cer- 
taine durée.  En  pareille  matière,  le  point  essentiel  est 
de  maintenir  les  animaux  en  parfait  état  de.santé,  et  il 
n'y  a  rien  à  faire  qui  ne  soit  auparavant  parfaitement 
expérimenté. 

Le  Bulletin  du  Comice  agricole  et  de  la  Société  de 
viticulture,  horticulture  et  agriculture  de  Brioude 
rend  compte  de  l'exposition  tenue  dans  cette  ville 
en  septembre  dernier  et  qui  a  été  très-remarquable.  La 
Société  d'agriculture  du  Puy,  en  recevant  de  nos  voi- 
sins de  Brioude  ce  premier  bulletin,  est  heureuse  de 
souhaiter  la  bienvenue  h  une  Société  dont  les  efforis 
tendent,  dans  sa  région,  au  but  que  nous  poursuivons 
dans  la  nétre,  et  qui  contribuera,  par  ses  enseigne- 
ments, on  n'en  peut  douter,  à  entretenir  l'émulation 
agricole  dans  cette  partie  de  la  Haute-Loire. 

Les  Mémoires  de  la  Société  littéraire  de  Lyon  ren- 
ferment une  notice  sur  les  jetons  de  plomb  des  arche- 
vêques de  cette  ville,  par  M.  le  comte  de  Soultrait. 
Ces  plombs  portent  presque  tous  au  droit  l'image  de 
saint  PolUin,  premier  évéque  de  Lyon  et  patron  du 
diocèse  ;  et  au  revers,  les  armes  et  quelquefois  le  nom 
des  prélats  qui,  depuis  le  milieu  du  Xfll®  siècle  jus- 
qu'au commencement  du  XV®,  occupèrent  le  premier 
siège  ecclésiastique  des  Gaules.  Dans  la  série  de  ces 
plombs  relatifs  à  quatorze  archevêques  qui  siégèrent  de 
!2i6  à  H\'ù,  on  remarque  ceux  de  Guy  d'Auverprne,  dil 


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iH  UKSFMK   DRR   SKWCRS. 

(le  Boulogne  (1340-1344).  —  Lef;  év^.queR  du  Pny  ne 
paraisf^enl  pas  avoir  frappé  de  semblables  jetons.  On  no 
connaît  jusqu'ici  que  les  deux  jetons  d'Antoine  de  Se- 
nectère  (156M592).  En  1588,  le  chapitre  de  Notre- 
Dame  du  Puy  fit  graver  à  son  nom  et  pour  son  usage  un 
jeton  par  Pierre  Mérigot,  maître-graveur  à  Paris,  dont 
M.  Albert  Barre  a  recueilli  la  mention  dans  les  regis- 
tres de  la  Cour  des  Monnaies  (Annuaire  de  la  Sociélr 
française  de  numismatique  et  d^ archéologie,  année 
1867,  p.  176);  ce  jeton  n'a  pas  été  retrouvé.  Ce 
n'est  point  d'ailleurs  le  seul  desideratum  qu'offre 
la  série  numismatique  du  Puy.  Gaspard  Chabron  , 
dans  sa  précieuse  Histoire  de  la  maison  de  Poli' 
gnac,  dont  la  Société  possède  aujourd'hui  une  co- 
pie, apprend  que  «  par  l'inventaire  qui  fut  fait  des 
biens  meubles  de  Guillaume  de  Chalencon,  évéquc 
du  Puy ,  après  son  décez  (k  Monistrol-sur-Loire, 
le  25  novembre  1443),  il  est  porté  qu'il  fut  trouvé 
vingt-quatre  petits  coings  qu'il  avoit  fait  faire  pour  mar- 
quer monnoie  au  nom  du  chapitre  de  son  Eglise,  sui- 
vant la  permission  qu'il  en  avoit  obtenue  du  roy  » 
(livre  IX,  p.  185).  Voilà  une  monnaie  du  Puy  dont 
l'existence  semble  clairement  attestée  et  qui  est  restée 
inconnue.  C'est,  pour  les  amateurs  qui  recueillent  avec 
un  soin  louable  les  débris  mis  au  jour  par  les  fouilles 
exécutées  au  Puy,  un  motif  de  tout  ramasser  pour  être 
.soumis  à  un  examen  attentif. 

CoRnRSPONDANCE.  — M"»«  Mac-Call,  de  Londres,  nièce 
de  l'illustre  et  regretté  docteur  Falconer,  en  réponse  à 
une  demande  faite  par  M.  le  Secrétaire,  annonce  le 


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FÉVHIliK.  29 

prochain  envoi,  à  la  Société,  des  Mémoires  de  paléon- 
tologie,  dont  ce  savant  si  éminent  est  l'auteur. 

M.  Tabbé  Frugère,  membre  nou-résidaut,  écrit  gu'ii 
a  recherché  remplacement  précis  où  se  trouvait,  avaul 
ces  dernières  années,  la  colonne  milliaire  aujour- 
d'hui dans  le  village  de  Fonlanes  ;  cette  pierre  était 
primitivement  debout  dans  le  champ  du  sieur  Va- 
liorgue,  à  l'intersection  de  la  Bolène  et  du  chemin  de 
Sanssac;  on  y  remarque  encore  des  restes  de  maçonnerie 
paraissant  lui  avoir  servi  de  piédestal.  Notre  confrère  a 
proposé  au  propriétaire  de  cette  borne  milliaire  de  la 
céder  au  Musée;  après  en  avoir  demandé  un  prix  exorbi- 
tant, ce  dernier  a  fmi  par  consentir  à  l'échanger  contre 
une  pierre  équivalente;  avant  peu,  notre  zélé  confrère 
fera  transporter  au  Musée  la  borne  itinéraire  de  Fon- 
tanes. 

M.  Aymard  donne  lecture  de  l'extrait  suivant  d'une 
lettre  qu'il  a  reçue  de  M.  Mortillel,  conservateur-ad- 
joint au  musée  de  Saint-Germain,  au  sujet  de  la  col- 
lection d'anciennes  œillères  de  mulets ,  que  notre  zélé 
collègue  a  créée  : 

'Z5  janvier  18*0. 

MONSllîUR    ET    CHBR    GuLLÈUUK, 


Je   vous    reiuorcie   beaucoup   des    iiuéreî>i>imts    dessins 
d'œiiières  de  mulets  que  vous   nous  avez  adressés.  Ce:» 


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30  nÉSDMÈ   DES   SÊANCt:S.  • 

œillères  ont  des  ancêtres  qui  remontent  aux  temps  les 
plus  reculés.  Vous  les  avez,  en  véritable  archéologue, 
reconnues  dans  le  dessin  que  j'ai  donné  de  l'Ubien  Al- 
banus.  La  pierre  tombale  de  G.  Ronianius,  cavalier  dans 
Vala  novicortim,  offre  aussi  un  cheval  orné  de  diverscM 
plaques  métalliques.  A  l'époque  du  bronze,  on  trouve 
aussi  de  grands  disques  on  bronze  qui,  certainement,  sont 
(les  pièces  de  harnachement.  Nous  on  possédons  plu- 
sieurs au  musée  de  Saint- Germain.  C'est  pour  cela  ([ue 
nous  tenions  beaucoup  à  avoir  des  disques  en  cuivre 
portés  par  les  mulets  du  midi  de  la  France.  Heureuse- 
ment j'ai  pu  en  recueillir  plusieurs,  cet  automne,  dans*un 
voyage  d'exploration  que  j'ai  fait  dans  TAvoyron.  Gomme 
les  vôtres,  ils  portent  des  devises  ou  légendes,  mais 
l»tts  de  dates.  Ils  ont  aussi  des  ornements  d*un  style 
fort  ancien  :  * 

Contentement  passe  richesse  : 
Vive  l'amour  sans  tnstesse, 

Cliélivc  est  la  maison  où  la  povle  chante  et  le  cwj  se  tait. 

J'aime  le  lis,  jaimc  la  7vse, 
J'aime  V honneur  sur  toute  chose. 


Sciences  historiques.  —  M.  Lascombe  communique 
à  la  Sociélé  :  i^  une  ordonnance  de  M.  le  duc  de  llo- 
quelaure,  lîeutenanl*gcnôral  des  armées  du  roi,  com- 
mandant en  chef  de  la  province  de  Languedoc,  qui 


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KKVlUEn.  31 

prescrit  au  commandant  des  compagnies  du  régiment 
des  dragons  de  Beaucaire,  en  garnison  au  Puy,  .de 
fournir  au  collecteur  de  ladite  ville  les  dragons  k 
pied  qu'il  lui  demandera  pour  y  aider  le  recou- 
vrement desiimpositions,  et  y  agir  contre  les  redevables 
qui  leur  seront  indiqués  {l®"^  février  1723)  ;  2«une  lettre 
de  M.  de  Châteauneuf  à  M.  Richiou,  premier  consul  du 
Puy,  par  laquelle  il  remercie  les  consuls  de  leurs  féli- 
citations à  l'occasion  de  sa  nomination  comme  com- 
mandant du  Vivarais  et  du  Veluy  (46  septembre  ^43)  ; 
et  a»' une  lettre  de  M.  Berard,  avocat,  au  nom  des 
chasseurs  de  Saint  Hubert  du  Puy  dont  il  était  le 
grand-mattre,  annonçant  le  prochain  départ  d'un  déta- 
chement des  tireurs  les  plus  habiles  pour  donner 
la  chasse  à  la  fameuse  béte  du  Gévaudan  (sans  adresse 
ni  date,  mais  de  4764  environ). 

Sciences  agricoles.  —  L'ordre  du  jour  étant  épuisé, 
M.  Béliben  obtient  la  parole  pour  une  proposition.  Il 
en  profite  pour  remercier  la  Société  d'avoir  bien  voulu 
lui  conserver  le  titre  de  membre  résidant  pendant  plus 
de  cinq  ans  qu'il  a  passés  dans  la  Lozère,  où  il  a  exercé 
les  fonctions  d'inspecteur  d'académie.  Pendant  cette 
longue  absence,  il  n*a  pas  oublié  les  bons  procédés  et 
les  services  réels  qu'il  a  reçus  de  ses  honorables  collè- 
gues et  qui  lui  ont  rendu  agréable  et  facile  la  tâche 
de  secrétaire  qu'il  a  remplie  pendant  huit  années 
consécutives.  Ce  grade  lui  a  valu,  de  la  part  de  la 
Société  d'agriculture  de  Monde,  que  des  liens  étroits 
unissent  à  la  nôtre,  un  excellent  accueil  et  même  des 
honneurs  académiques. 


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•J2  RÉSUMÉ   DES   SÉANCES. 

11  a  leinaniuc  que  la  Sociélé  de  la  Lozère  Irouvail 
lies  ressources  considérables  dans  la  cotisation  de  tous 
SCS  membres,  dans  celle  môme  des  membres  corres- 
pondants qui  ont ,  par  an ,  une  minime  somme  de 
cinq  francs  à  verser;  ce  qui  n*empéche  pasflue  le  litre 
(le  membre  correspondant  ne  soit  très-recherché  par 
les  cultivateurs  aisés  de  la  Lozère. 

M.  Béliben  propose,  en  conséquence,  à  l'imitation 
de  ce  qui  se  fiiit  à  Mcnde,  d'imposer  une  cotisation  de 
cinq  francs  à  tout  membre  correspondant  de  notre  So- 
ciélé. Il  pense  que  celle  mesure  ne  fera  qu'ajouter  de 
rimportance  au  titre  de  membre  correspondant;  que  ce 
litre  sera  demandé  avec  empressement  par  nos  cultiva- 
teurs qui,  en  si  grand  nombre,  doivent  une  grande  partie 
de  leur  bien-ôli*e  présent  aux  constants  elTorfs  de  la 
Sociélé  et  à  Timpulsion  si  féconde  qu'elle  a  imprimée 
aux  progrès  de  l'agriculture,  progrès  si  marqués  dans 
la  Haute  Loire. 

Après  quelques  observations  judicieuses  présentées 
par  M.  Cil.  de  la  Fayette,  la  Société  renvoie  la  pro- 
position de  M.  Béliben  au  Conseil  d'administration. 

M.  le  Président  remercie  MM.  Béliben  et  Lascombe 
des  intéressantes  communications  qu'ils  viennent  de 
fture. 

Personnel.  —  M.  le  Secrétaire  propose  les  candida- 
tures, au  titre  de  membres  honoraires,  de  M.  Charles 
Hubert,  intendant  général  inspecteur,  correspondant  de 
rinstitut  (académie  des  inscriptions  et  belles-lettres). 


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FÉVRIER.  3;J 

et  de  M.  Anatole  de  Barthélémy,  de  l'école  des  Char- 
tes, ancien  président  de  la  Société  des  Antiquaires  de 
France  et  Tun  des  administrateurs  du  Musée  gallo-ro- 
main de  Saint-Germain  ;  cette  proposition  est  appuyée 
par  MM.  Vinay,  maire  du  Puy,  et  Aymard,  vice-pré- 
sident. 

L'admission  de  MM.  Robert  et  de  Barthélémy,  comme 
membres  honoraires  de  la  Société,  est  prononcée  à 
Tunanimité. 

M.  le  Secrétaire  propose  également  la  candidature, 
au  titre  de  membre  non-résidant,  de  M.  Auguste  Bos- 
vieux,  ancien  élève  de  Técole  des  Chartes,  juge  au 
tribunal  civil  de  Schelestadt,  qui  fait  hommage  à  la 
Société  de  trois  publications  intitulées  :  1o  Wie  de  saint 
Geoffroy,  né  en  Limousin  au  XP  siècle  (in-8o,  Guéret, 
4858);  2^  le  Château  des  Monneyroux  à  Guéret  (in-8®, 
sans  date,  planche)  ;  o«  Rapport  sur  les  Archives  dé- 
partementales de  la  Creuse  {in-8*»,  Guéret,  48651).  Celte 
candidature,  appuyée  par  M.  le  Président  et  M.  le  Vice- 
Président,  est  mise  aux  voix  et  adoptée  à  Tunanimité. 
En  conséquence,  M.  Bosvieux  est  admis  dans  la  So- 
ciété au  titre  de  membre  non-résidant. 

A  six  heures,  la  séance  est  levée. 

Le  Secrétaire, 
Augustin  CHASSA ING. 


TOMK  XXXI. 


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SÉANCE   MENSUELLE 

DU  LUNDI  7  MARS 


80MMA1HB 

Lecture  da  procbs  verbal.  —  Mus^k  :  Dons  par  M"«  de  Boxberg,  M.  Fabre, 
de  ClermoDt-Ferrand,  MM.  Gastive  Richond  et  Laseombe.  —  Ac(|uisiiions 
d'une  arbalète  Louis  XIV»  par  M.  Yinay,  maire  du  Pay;  par  M.  de  Bri\o, 
président,  du  tombeau  de  saint  Sculaire,  second  évèqne  du  Pny.  —  De^ 
mande,  par  M.  de  Yinols,  do  classement  déflnitir  des  antiquités  lapidaires 
du  Musée.  —  Outrages  RftCv»  t  Manuel  du  petit  éleveur  de  poulains  dans 
le  Perche,  très-utile  en  ee  que  le  cbev4l  percheron  est  celui  que  la  Société 
préconise  dans  le  département  de  la  Haute-Loire;  le  Bulletin  de  la  Société 
d'émulation  de  l'Allier,  fouilles  de  la  Grotte  des  Fées  de  Châtelperron;  — 
Lexique  patois;  T(rn  émis  par  M.  de  Brive,  qu'on  lexique  du  même  genre 
fdt  exécuté  dans  la  Hante-Loire;  le  Bulletin  de  la  Société  d'agriculture  de 
la  Lozère,  les  Billets  de  confiance  en  179:^;  fabrication  de^ces  billets  au 
I^uy,  pour  la  Haute-Loire  et  les  départements  voisins  ;  programme  du  Con- 
grès des  Sociétés  savantes ,  sous  la  présidence  de  M.  Ch.'^Calemard  de  la 
Fayette.  —  Sgiincbs  nisToaiQuis  :  Ex-voto  à  Notre-Dame  du  Pay ,  aux 
armes  de  la  maison  de  Balzac  d*Entragues  et  de  la  maison  de  Gravide.  — 
RéoiME  icoNOMiguB  :  Enquête  parlementaire;  commission  nommée  afin  de 
recueillir  les  éléments  des  réponses  pour  la  Hante-Loire.  —  Industru  kt 
CoMMBRCB  :  Rapport  de  M.  Chevallier-Balme  sur  le  projet  de  loi  relatif 
aux  dessins  et  modèles  de  fabrique  de  dentelles;  délibération,  an  sujet  de 
cette  loi,  de  la  chambre  syndicale  des  dentelles  de  Pari^,  présidée  par 
M.  Charles  Robert-Faure ,  du  Pay.  —  Agriculturb  :  Eiude  de  M.  le 
marquis  do  Châteaunenf  sur  Tutilité  d'une  exposition  permanente  de  machi- 
nes et  instruments  agricoles.  Commission  nommée  dans  le  but  do  mettre 
en  pratique  les  théories  de  M.  de  Châteauneuf.  —  Personnel  :  Remercie- 
ments à  la  Société  de  M.  Anatole  de  Barthélémy  et  de  M.  Victor  de  La  ■ 
prade,  de  rAcadémie  française.  Lettre  de  M.  Vicier  de  Lapradc. 


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MAHS.  3o 

Présidence  de  M.  de  Brive. 

Le  procès-verbal  de  la  dernière  séance  est  lu  el 
adopté. 

Dons  kv  Musée.  —  M.  Félix  Robert  présente,  au 
nom  de  M'^*"  de  Boxberg,  une  collection  variée  de 
concrétions  calcaires  provenant  des  terrains  tertiaires 
du  département  de  Loir-et-Cher  et  affectant  la  forme 
de  figues,  poires  et  autres  fruits.  Notre  confrère  saisit 
cette  occasion  de  faire  ressortir  le  nombre  et  l'im- 
portance toujours  croissants  des  dons  que  le  Musée  du 
Puy  reçoit  de  sa  généreuse  et  zélée  bienfaitrice. 

M.  Aymai'd  ofTre  :  <•  encore  au  nom. de  M'^  de  Box- 
berg, plusieurs  objets  antiques  provenant  de  fouilles  opé- 
rées en  Vendée  par  M.  Tabbé  Bandry,  dans  des  puits 
funéraires  ;  %•  de  la  part  de  M.  Fabre,  peintre-verrier 
el  antiquaire  k  Clermont-Ferrand,  une  série  de  mou- 
lages des  armes  et  instruments  de  Tépoque  du  bronze 
qu'il  a  principalement  recueillis  en  Auvergne  et  qu'il 
possède  dans  sa  riche  collection  ;  et  S«  au  nom  de 
M.  Gustave  Richond,  avocat,  un  vase  et  des  fragments 
céramiques  ayant  fait  partie  d'une  sépulture  par  inci- 
nération, découverte  &  Sanssac-l'Église,  près  le  Puy  ; 
au  milieu  de  ces  débris  se  trouvait  un  objet  en  fer 
ayant  Tapparence  d'un  ciseau,  el  dont  la  forme  se  rap- 
proche beaucoup  des  ciseaux  de  l'époque  du  bronze. 

M.  Lascombc  fuit  don  d'un  livre  de  prières  imprimé 
à  Mexico  en  1820. 


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36  RÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 

La  Société  vote  des  remerctments  aux  donateurs. 

M.  le  Président  appelle  l'atlention  de  la  Compagnie 
sur  une  belle  arbalète  de  Tépoque  de  Louis  XIV,  que 
M.  Vinay,  maire  du  Puy,  a  achetée  pour  le  Musée,  et 
qui  enrichira  notre  collection  d'armes  anciennes. 

M.  le  Président  annonce  à  la  Société  qu'il  vient  de 
conclure  une  acquisition  dont  la  pensée  remonte  à  la 
présidence  de  notre  savant  et  très-rçgretté  collègue 
M.  Bertrand  de  Doue,  et  qui,  depuis  trente  ans,  avait 
été,  à  plusieurs  reprises,  toujours  infructueusement 
tentée  ;  il  s*agit  du  tombeau  qui  porte,  inscrit  snr  Tune 
lie  ses  faces  latérales,  le  nom  de  ^int  Scutairc,  second 
évêque  du  Puy,  Ce  monument  funéraire  de  Tépoque 
romaine  et  primitivement  affecté  à  la  sépulture  d*un 
païen,  reçut  plus  tard  les  précieux  restes  des  sept  pre- 
miers évéques  du  Puy  ;  jusqu'à  la  Révolution,  il  avait 
servi  de  maltre-autel  dans  Véglise  paroissiale  et  collé- 
giale de  Saint- Vosi,  au  Puy;  à  la  destruction  de  cette 
église,  il  fut  transporté  dans  le  clos  Langlade  qui,  de- 
puis quelques  années,  appartient  à  M.  Rogues-Markland, 
marchand  de  dentelles.  Une  circonstance  fortuite,  ayant 
mis  M.  le  Président  en  rapport  avec  M.  Rognes,  lui  a 
permis  de  reprendre  les  négociations  maintes  fois  en- 
tamées, notamment  sous  l'administration  de  M.  Vinay, 
et  M.  le  Président  a  eu  le^bonlieur  de  les  mener  à 
bonne  fin.  Les  conditions  du  marché  sont  soumises  à 
Tapprobation  de  M.  le  Maire  et  du  Conseil  municipal. 
M.  Vinay  et  son  administration  ont  donné  assez  sou- 
vent la  preuve  de  l'intérêt  éclairé  qu'ils  portent  au 
MusOe  pour  que  la  Société  soit  assurée  d'avance  do 


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MAHS.  M 

leur  empressemenl  à  le  doter  d'un  roonumeiit  au- 
quel se  lient  nos  plus  anciennes,  nos  plus  vénérables 
traditions  historiques  et  religieuses. 

M.  de  VJnols  remercie  M.  le  Président,  au  nom  de 
la  Société  entière,  du  signalé  seiTice  qu'il  vient  de 
rendre  au  Musée,  en  concluant  une  acquisition  si  pré* 
cieuse  et  depuis  si  longtemps  désirée.  «  C'est,  gr&ce  à 
«  son  habileté  à  saisir  l'occasion  opportune  et  à  sa 
«  promptitude  à  aller  droit  au  but,  dit  notre  con- 
«  frère,  que  M.  de  Brive  a  pu  atteindre  ce  trës-heu- 
«  reux  résultat,  qui  marquera  d'un  nouveau  fleuron  sa 
«  deuxième  présidence.  »  M.  de  Vlnols  profite  de  cette 
circonstance  pour  exprimer  le  souhait  que  les  antiquités 
lapidaires  du  Musée  soient  promptement  et  scientifique- 
ment classées  dans  un  ordre  définitif.  M.  le  Conserva- 
teur, qui  a  recueilli  ces  débris  avec  un  zèle  bien  connu, 
au  fur  et  à  mesure  de  leur  découverte ,  peut  seul  ac- 
complir cette  tâche  ;  cette  collection  ne  prendra  réelle- 
ment toute  sa  valeur  archéologique  et  tout  son  intérêt 
pour  le  public,  que  par  ce  classement. 

M.  Âymard  promet  de  s'en  occuper  très-incessam* 
ment. 

Ouvrages  reçus. — M.  Huzard,  membre  de  la  Société 
centrale  d'agriculture  de  France,  adresse  un  Manuel 
du  petit  éleveur  de  poulains  dans  le  Percht,  dont  il 
est  Tauteur.  Ce  petit  traité  (4},  sous  une  forme  simple. 


(1)  Un  volamc  in-l3,  Pdrisj  imprimerie  et  librairie  d*agriculture  de  madame 
vcnve  Bonchard-Hozarti,  rue  de  l'^^pcron,  6. 


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38  RÉSUMÉ   DRS   SÉANCES. 

contient  d'excellents  conBeils  pratiques  sur  le  choix 
à  faire  des  poulinières  et  des  étalons,  etsnr  les  soins 
à  donner  au\  jeunes  poulains.  îl  se  recommande  d'au- 
tant plus  k  l'attention  sympathique  des  agriculteurs  de 
la  Uaute-Loire,  que  le  cheval  percheron  est,  on  le  sait, 
celui  que  la  Société  a  toujours  préconisé  comme  con- 
venant le  mieux  à  notre  contrée  par  l'ensemble  de 
ses  qualités,  ses  aptitudes  variées  et  la  facilité  de  son 
entretien. 

Le  Bulletin  de  la  Société  (Vémtdation  de  V Allier 
contient  un  compte-rendu  très-intéressant  des  fouilles 
pratiquées  par  M.  Bailleau ,  dans  la  Grotte  des  Fées 
de  Châtelperron.  C'est  l'une  des  stations  humaines  le 
plus  anciennement  habitées  :  la  présence  de  Thomme 
s'y  trouve  associée  avec  celle  de  YurstM  spelmus 
et  du  mammoxUh,  animaux  les  plus  anciens  de  l'épo- 
que quaternaire.  La  caverne  explorée  a  été  pendant 
longtemps  habitée,  à  en  juger  par  les  débris  divers  des 
faunes  dont  l'homme  a  fait  sa  nourriture  ;  on  y  ren^ 
contre  trois  époques  successives  marquées  :  1*»  par  des 
animaux  disparus  du  globe,  uvsus  spelœus,  mammouth 
(elephas  primigenius),  etc.  ;  2«  par  des  animaux  émi- 
grés, renne,  chamois,  etc.  ;  S'*  par  des  animaux  habi- 
tant encore  la  contrée,  bœuf,  cheval,  etc.  M.  Bailleau 
n'a  découvert,  avec  les  ossements  fossiles  de  ces  diffé- 
rentes espèces,  aucun  ossement  d'oiseaux  ou  de  pois- 
sons, ni  aucune  espèce  de  coquillages;  il  n'a  point 
louve  non  plus  d'ossements  humains  entiers  ou  brises, 
d'où  il  conclut  que  l'habitant  de  la  Grotte  des  Fées  n'é- 
tait pas  anthropophage.  Les  ossements  d'animaux  sont 


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MARS.  3§ 

les  uns  enliers,  les  autres  brisés  et  rongés,  d'autres 
sont  brisés  et  roulés.  Les  ossements  sont  tous  cassés  de 
la  même  manière.  M.  Bailleau  explique  la  présence 
des  os  roulés  dans  la  caverne  et  celle  d'un  limon  rou- 
geâtre  qui  les  ensevelissait ,  par  Taclion  d'inondations 
répétées,  et  plus  probablement  par  le  voisinage  d'un 
glacier  contemporain.  Parmi,  ces  divers  débris  ont  été 
retirées  des  quantités  considérables  de  silex,  éclats, 
nuclei  et  instruments  entiers,  ainsi  que  plusieurs  objets 
en  os  ou  en  ivoire  travaillé,  tels  que  pointes  de  flèches, 
deux  dents,  Tune  de  cerf,  l'autre  de  renard,  percées  et 
ayant  servi  de  grains  de  collier,  etc.  Le  lieu  d'où 
les  habitants  de  la  GroUe  des  Fées  tiraient  le  silex  qui 
leur  servait  à  fabriquer  leurs  outils  »  couteaux, 
pointes  et  flèches,  a  été  reti*ouvé  par  M.  Bailleau,  à 
Tilly,  commune  de  Saligny,  où  existe  un  affleurement 
de  silex  d'eau  douce  en  roches. 

Le  même  recueil  contient  un  lexique  patois  du  can* 
ton  d'Escurolles,  par  M.  Victor  Texier.  M.  le  Président 
rappelle  que  la  Haute- Loire  n'a  été  encore  l'objet 
d'aucun  travail  de  ce  genre ,  moins  heureuse  que  la 
Loire  et  le  Puy-de-Dôme  qui  doivent  &  nos  confrères 
MM.  Pierre  Gras  et  Francisque  Mège,  le  Dictionnaire 
du  patois  forézien  et  les  Souvenirs  de  la  langue  d*  Au- 
vergne. 

Le  Bulletin  de  la  Société  d'agriculture  de  la  Lo-^ 
zh-e  publie  une  notice  sur  les  billets  de  confiance  émis 
en  1792  par  les  communes  de  ce  département.  Les  or^ 
cliives  municipales  du  Puy  possèdent  un  document  of- 
ficiel ayant  trait  à  la  fabrication  de  ces  billets  ;  c'est  un 


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40  KKSUMK   liES   SÉANCES. 

procès-verbal  dressé  le  7  novembre  479^  par  les  ofli- 
ciers  municipaux  de  la  ville  du  Puy,  pour  constater  une 
visite  domiciliaire  chez  Lacombe,  directeur  de  Timpri- 
merie  dite  de  la  Société  typographique,  dans  le  but  de 
rechercher  les  planches  servant  à  Timpression  des 
billets  de  confiance  et  de  les  faire  briser  soils  leurs 
yeux.  Les  communes,  dont  les  billets  s'imprimaient  chez 
Lacombe,  étaient  :  Rrioude,  Grandrieu,  Pradelles,  le 
Monastier,  Laivgogne,  la  Chaise-Dieu,  Chdteauneiif, 
AurouT,  Saint- Jean-Lafouilhouze,  Pierre  fiche,  Arzenc, 
Saini-Geneys ,  Saint-Bonnet,  Saint -Sauveur,  Saint- 
Symphorien,  Saint-Paulien,  Saint-Flour-de-Mercoire, 
Fontaiines,  Bannas  (Bannassac?),  le  Sellier-de-Luc  et 
Saint-Paul-le-Froid.  Défense  fut  finie  à  Timprimeur 
d'imprimer  à  l'avenir  aucun  billet  de  confiance  d'au- 
cuns départements  sans,  au  préalable,  être  nanti  d'une 
délibération  des  Conseils  généraux  des  communes,  visée 
par  les  directoires  des  administrations  départementales. 

M.  Charles  de  la  Fayelte  offre  à  la  Société  le  pro- 
gramme des  questions  qui  doivent  être  traitées  par  les 
diverses  sections  du  Congrès  des  Sociétés  savantes, 
dont  la  session  doit  s'ouvrir  k  Paris,  sous  la  présidence 
de  noire  confrère,  le  o  avril  prochain. 

Sciences  historiques.  —  M.  Louis  Balme,  dans  un 
n'^cent  voyage  à  Paris,  a  visité  le  riche  cabinet  de 
M.  Bancel  où  lui  avait  été  signalée  l'existence  d'un  an- 
cien tableau  donné  en  ex-voto  à  Notre-Dame  du  Puy. 
Ce  tableau  est  l'œuvi-e  d'un  des  meilleurs  peintres  do 
l'école  française  primitive,  Simon  Marmier,  de  Valen- 


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MAHS.  41 

ciennes.  Il  représcnle  la  sainte  Vierge,  porlanl  Tenfiml 
Jésus  an  bras;  de  chaque  côté  sont  distribués  vingt 
pei-sonnages  agenouillés  ou  debout,  dansTallitude  de  la 
prière,  neuf  à  gauche,  onze  à  droite.  A  gauche,  sont  fi- 
gurées les  armes  de  la  maison  de  Balzac  d'Entragues  : 
d'azur  à  trois  sautoirs  d'argent,  au  chef  d'or  à  trois 
sautoirs  d'azur;  à  droite,  le  blason  de  la  maison  de 
Graville  :  de  gueules  à  trois  fermoirs  d'or.  Cet  ear- 
toto,  probablement,  a  été  une  offrande  collective  de  ces 
deux  maisons  alliées  entre  elles  par  le  mariage  d'un 
Graville,  seigneur  de  Marcoussis,  avec  Marie  de  Balzac, 
soeur  de  Robert  de  Balzac,  seigneur  d*Entragues,  au 
XV*  siècle.  M.  Bancel  a  bien  voulu  promettre  à 
M.  Balme  une  photographie  de  ce  précieux  tableau. 

RÉGIME  ÉCONOMIQUE.  —  M.  lo  Président  douno  lec- 
ture d'une  circulaire  adressée  à  la  Société  par  la  Com- 
mission de  Tenquéte  parlementaire  sur  le  régime  écono- 
mique. Un  questionnaire  très-élcndu  suivra  bientôt.  La 
Société  nomme  une  commission  composée  do  MM.  Al- 
bert de  Brive,  Chevallier-Balme,  Chouvon,  Lacombe- 
Tharin  et  Langlois  pour  entrer  en  rapport  avec  les 
chefs  des  diverses  industries  et  recueillir  les  éléments 
des  réponses  qui  devront  être  faites  pour  la  Haule- 
F.oire. 

[rvDusTRiE  ET  COMMERCE.  -—  M.  Clievallier-Balme, 
membre  résidant,  expose  que,  dans  la  séance  du  6  dé- 
cembre dernier,  il  a  fait  hommage  ii  la  Société  d'une 
brochure  qu'il  a  publiée  sur  le  projet  de  loi  relatif  aux 
dessin.<(  et  modèles  de  fabrique,  et  que,  dan.**  sa  solli- 


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H  KÉSCMK   DKS  SEANCES. 

citude  poor  l'indoslrie  denlellière  de  notre  départe- 
menl,  la  Société  l'avait  chargé  de  lai  fournir  un  rap- 
port analytique  sur  ladite  brochure. 

M.  Chevallier^Balme  répond  aujourd'hui  au  désir  de 
la  Société  en  donnant  lecture  de  ce  rapport  qui,  outre 
l'historique  de  la  législation  sur  la  propriété  des  dessins 
et  modèles  de  fabrique,  contient,  au  sujet  du  projet  de 
loi,  des  considérations  faisant  ressortir  la  graye  atteinte 
qu'apporterait  à  l'industrie  dentellière  l'application  des 
art.  2,  3  (|  4«)  et  6. 

En  résumé,  au  nom  des  intérêts  généraux  de  cette  in- 
dustrie et  de  toutes  celles  qui  se  rattachent  à  la  nou- 
veauté on  général,  broderie,  passementerie,  tulles,  etc., 
M.  Cheyallier-Balme  demande  : 

i''  Que  la  quotité  des  taxes  à  percevoir  pour  frais  de 
garde  et  de  conservation  des  dessins  de  dentelles,  soit 
arbitrée  par  les  tribunaux  de  commerce,  conformément 
h  l'esprit  de  la  loi  du  48  mars  4806; 

2»  Que  la  durée  du  secret  soit  égale  à  celle  du  temps 
poi|r  lequel  le  fabricant  a  voulu  se  réserver  le  droit 
d'exploitation  exclusive  ; 

3""  Enfin,  que  les  fabricants  de  dentelles  soient  af- 
franchis des  formalités  indiquées  dans  Tart.  6  et  de  la 
déchéance  prononcée  par  l'art.  4  4 . 

M.  Chevallier  expose  qu'il  est  en  conformité  d'opinion 
avec  un  honorable  fabricant  de  Mirecourl,  M.  Fourrier- 
Aubry,  membre  delà  chambre  de  commerce  des  Vosges, 
qui,  depuis  lors,  a  publié  aussi  un  mémoire  sur  cette 
importante  question. 

Les  idées  émises  par  ces  deux  industriels  ont,  du 
reste,  été  l'objet  d'une  adhésion  complète  de  la  part  de 


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MARS.  43 

la  chambre  syndicale  des  dentelles  de  Paris,  présidée 
par  notre  honorable  confrère,  membre  non-résidant 
de  la  Société,  M.  Ch.  RobertFaure. 
Voici  le  texte  même  de  celte  délibération  : 

GHAMBRR  SYNDICALB  DBS  DBNTELLES ,  TULLES  ET  BRODERIES 
DE  PAniS. 

Séance  du  7  février  1870. 

M,  Robert-Faure,  président,  donne  lecture  du  rapport 
suivant,  au  nom  de  la  Commission  nommée  par  la  Cham- 
bre : 


•  Messieurs, 

«  Dans  la  séance  du  6  décembre  1869,  vous  avez  nom- 
mé une  Commission  composée  de  six  membres  pour  étu- 
dier un  jyrojet  de  loi  sur  Us  dessins  et  modèles  de  fabrique^ 
dont  M.  le  Ministre  de  l'agriculture  et  du  commerce  a  bien 
voulu  donner  connaissance  à  notre  Cbam])re  syndicale. 

<  Cette  Commission  8*est  réunie  et  a  fait  l'honneur  à 
votre  président  de  le  nommer  son  rapporteur. 

f  Je  viens  donc ,  Messieurs ,  en  celte  qualité,  vous  sou- 
mettre le  résultat  du  travail  de  votre  Commission. 

<t  Ce  travail,  nous  devons  le  dire,  nous  a  été  d'autant 
plus  facile ,  que  deux  de  nos  collègues  des  départements 
(MM.  Fourrier- Aubry,  de  Mirecourt,  et  Chevallier-Ralme, 
du  Puy)  ont  hlea  voulu  nous  communiquer  chacun  leurs 
propres  études  fur  ce  projet  de  loi. 


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44  KKSUMK   DKS   SKANGËS. 

K  Nous  .sommes  heureux,  en  les  remerciant,  île  vous 
(lire,  Messieurs,  qu'il  eût  été  difficile  de  mieux  étudier  ce 
projet  et  que  nous  avons  adopté  presque  toutes  leurs  con- 
clusions, qu'il  étaii  impossible  de  mieux  formuler.  » 

Après  l'exposé  des  vingt-trois  articles  du  projet  de  loi , 
que  le  défaut  d'espace  nous  empOche  de  reproduire,  ainsi 
que  les  observations  présentées  pour  chacun  d'eux,  au 
nom  de  la  Commission,  M.  le  Président  termine  son  rap- 
port dans  les  termes  suivants  : 

Hésumé. 

«  Gomme  vous  avez  pu  en  juger  par  les  diverses  obser- 
vations qui  ont  été  faites,  au  cours  de  cette  étude,  sur  le 
projet  de  loi  qui  nous  a  été  soumis ,  ce  projet  touche  à  de 
graves  et  nombreux  intérêts,  puisqu'il  embrasse  une  foule 
d'industries,  et  notamment  celles  des  dentelles,  des  tulles, 
de  la  broderie  et  de  toutes  les  industries  textiles,  fil,  laine, 
,  coton,  soie,  purs  ou  mélangés,  brochés,  façonnés,  etc.,  etc. 

«  C'est  donc  avec  la  plus  grande  circonspection  et  une 
non  moins  grande  réserve,  que  l'on  doit  se  prononcer  dans 
les  avis  et  les  observations  à  présenter.  Toutefois,  et  pour 
notre  part,  après  un  sérieux  examen,  une  étude  conscien- 
cieuse et  une  complète  abnégation,  animés  du  seul  désir 
d'être  utiles  aux  industries  que  nous  représentons,  en  ga- 
rantissant les  droits  et  les  intérêts  de  tous,  nous  nous 
sommes  associés  complètement  aux  idées  si  nobles  et  si  dé- 
sintéressées de  nos  honorables  confrères,  MM.  Fourrier- 
Aubry  et  Chevallier-Balme. 

«  Ainsi  que  l'un  d'eux  l'a  dit  si  judicieusement  : 

«   L'opinion  publique  et  l'esprit  de  notre  époque  repous- 


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MARS.  io 

«  sent  les  obstacles  qui  paralysent  le  développement  de  no- 
a  tre  commerce,  tels  que  les  monopoles,  les  propriétés  de 
a  dessins  ou  de  modèles  indéfinies  ou  éternelles.   » 

a  Gomme  lui,  ot  c'est  notre  pensée  intime,  nous  sommes 
out  disposés  à  entrer  dans  cette  voie  de  louable  progrès  , 
afin  d'impliquer  à  cette  nouvelle  loi  son  caractère  le  plus 
libéral,  tout  en  la  maintenant  dans  los  limites  d'une  sage 
prudence. 

«  En  conséquence,  nuu.s  formons  le  vœu  : 

1°  Que  la  période  de  pro^  riété  soit  fixée  à  dix  ans  ; 

*2°  Que  la  connaissance  des  infractions  qu'impli([ue  la 
nouvelle  loi  soit  dévolue,  uniquement,  à  la  juridiction  des 
tribunaux  de  commerce,  laissant  les  faits  délictueux  de 
fraude  à  l'appréciation  de  la  juridiction  correctionnelle. 

«  Toutefois,  nous  ne  saurions  trop  nous  élever  contre  les 
imprudentes  modifications  qu'indique  le  projet,  c'est-à-dire 
l'exagération  des  taxes  et  l'obligation  immédiate  do  la  pu- 
blicité. 

«  Nous  avons  suffisamment  démontré  tous  les  effets  dé- 
plorables qu'elles  amèneraient,  eans  présenter  aucun  avan- 
tage sérieux. 

«  Nous  e.spérons  donc  qu'il  nous  aura  suffi  de  les  signa- 
ler pour  que  nos  observations  et  conclusions  soient  appré- 
ciées et  prises  en  considération  dans  une  nouvelle  rédac- 
tion de  ce  projet  de  loi.  » 

Ce  rapport  a  été  adopté  à  l'unanimité,  et  la  Chambre  a 
prié  son  Président  de  le  faire  parvenir  à  8.  Exe.  le  Ministre 
de  l'agriculture  et  du  commerce. 

M.  le  Président  remercie,  au  nom  de  la  Société, 
M.  Chevallier- Balme  de  son  intéressante  communication. 


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46  KÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 

Agrigultuae.  —  m.  de  GhàlcauDenf  donne  lecture 
d'au  travail  snr  Tatilité  d'nne  exposition  permanente  de 
machines  et  instruments  agricoles  pour  la  diiïusion, 
parmi  les  agriculteurs,  des  inventions  et  perfectionne- 
ments de  Toulillage  et  du  matériel  spéciaux  h  Tagricul- 
tare.  La  Société  nomme  nne  commission  composée  de 
MM.  de  Brive,  de  Châteauneuf,  Chouvon,  C.  de  la 
Fayette,  Félix  Robert  et  de  Vinols,  à  l'efifet  d'étudier 
les  mesures  à  prendre  pour  la  réalisation  pratique  des 
idées  théoriques  conçues  par  notre  confrère. 

Persoivnel.  —  MM.  Victor  de  Laprade,  de  l'Aca- 
démie française,  et  Anatole  de  Barthélémy,  nommés 
récemment  membres  honoraires,  adressent  leurs  le- 
mercîments  à  la  Société.  Nous  nous  faisons  un  devoir 
et  un  plaisir  de  reproduire  la  lettre  de  M.  Victor  de 
Laprade  : 


Lyon,  le  14  février  1870. 


Monsieur  le  Segrétâirb, 

Je  m'adresse  à  vous  pour  faire  parvenir  à  la  Société 
d'agriculture,  sciences,  arts  et  commerce  du  Puy,  l'ex- 
pression de  ma  reconnaissance  pour  l'honneur  qu'elle  a 
bien  voulu  me  faire  en  m'attachant  à  elle.  Ce  sont  de 
nouveaux  liens  d'aifection  avec  un  pays  qui  m'était  dojà 
cher  par  mes  souvenirs  do  famille.  Je  serai  heureux  do 
les  resserrer  encore,  toutes  les   fois  que  j'en  trouverai 


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MARS.  i7 

l'occasion.  Je  n'ai  pu  encore  envoyer  à  la  Société  que 
deux  de  mes  livres  ;  j'espère  que  tous  les  autres  obtien- 
dront aussi  une  place  dans  sa  bibliothèque  et  je  ne  tarde- 
rai pas  à  les  lui  offrir.  / 

Veuillez  agréer,  Monsieur  le  Secrétaire,  l'expression 
de  lous  mes  sentiments  les  plus  distingués  et  de  ma 
confraternité  dévouée. 

Victor  de  LAPRADE. 

L*ordre  da  jour  étant  épuisé,  la  séance  est  levée  à 
cinq  heures  el  demie. 

Le  Secrétaire,, 
Augustin  CHASSAING. 


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SEANCE  MENSUELLE 

DU  LUNDI  i  AVBIL 

SOMMAIRE 

Lecture  du  procès-verbal.  —  M.  de  Saint-Poney,  pn-fct  de  la  H;iutc-Loire, 
membre  de  la  Société  d'agriculture.  Communication  des  délibérations  du 
Conseil  municipal  du  Paj  :  1«  acquisition  du  tombeau  de  iaint  Scuiairty 
deuxième  évêque  du  Puy;  9*  cession  ii  l'administration  municipale  des 
écoles  industrielles  de  la  ^ille  du  Puy.  —  Ouvmages  rbços  :  Le  Bulletin 
agricole  dn  Puy-de-Dôme  :  Concours  d'animaux  gras  flxé  k  la  fin  du  caiêroe; 
le  Journal  d'agriculture  :  La  pomme  de  terre  Marceau  ;  Annales  de  la  So- 
ciété d'agriculture,  scienceSf  arts  et  commerce  du  Puy  :  Publication  du 
XXX*  volume.  —  Corrispondancb  :  Lettre  de  démission  de  M.  de  Morgues; 
kttre  de  remerciement  de  M.  Cb.  Robert,  correspondant  de  l'Institut;  lettre 
de  M.  Yinay,  maire  du  Pny,  otTrant  trois  médailles  impériales  au  Musée  et 
proposant,  pour  la  bibliotbcque  de  la  Société,  l'acquisition  de  l'Histoire  de 
France  d'Henri  Martin  ;  lettre  du  député  M.  le  marquis  de  Latour-Mau- 
bourg,  annonçant  l'allocation  annuelle  accordée  au  concours  de  Fay*le-Froid; 
il  cet  efTet,  comnfunication  d'ui:e  décision  du  Conseil  d'administration,  mobili- 
.'ant  le  concours  promis,  cette  année,  au  Monastier;  lettre  de  M.  le  Mi- 
nistre  de  l'Agriculture  et  du  Commerce,  annonçant  une  allocation  de  1,000  (r. 
au  concours  d'animaux  de  boucberie  au  Puy;  lettre  de  M.  le  Préfet,  sollici- 
tant un  rapport  immédiat  sur  l'état  des  semailles  de  printemps;  projet  d'ar- 
quisiiion  d'une  nouvelle  carte  des  Gaules  ;  prochain  Concours  régional  et 
Congrès  k  Valence;  lettre  pastorale,  pour  le  carême,  de  Mgr  Le  Breton^ 
ctèquo  du  Puy.  —  Oidrb  du  jour  :  Mesures  discutées  par  le  Conseil  d'ad- 
ministration et  présentées  ii  l'approbation  de  la  Société.  —  Rapport  de 
M.  Joies  de  Vinols  sur  an  projet  de  propagande  d'instruments  agricoles  per- 
fectionnés. —  Collation  de  la  copie  du  manu6«rit  de  Cbabron. 


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AVRIL,  4^ 

Présidence  de  M.  deBrive. 

M.  le  comle  Léo  de  Saint- Poney,  préfet  du  départe- 
ment de  la  Uaule-Loire  et  membre  de  la  Société  d'a- 
griculture, est  invité  à  prendre  place  au  bureau. 

Le  Procès-verbal  de  la  dernière  séance  est  lu  et 
adopté. 

M.  le  Président  est  Tinlerprète  des  sentiments  de  la 
Société  en  souhaitant,  en  quelques  paroles  chaleu- 
reuses, à  M.  le  comte  Léo  de  Sainl-Poncy  la  bienve- 
nue dans  le  département  de  la  Haute- Loire. 

M.  de  Saint-Poney  répond  qu'il  est  touché  des  mar- 
ques  de  sympathie  qui  l'ont  déjà  accueilli  et  dans  le 
département  de  la  Haute-Loi  le  et  dans  le  sein  de  la 
Société  d'agriculture;  qu'à  double  litre  il  vient  prendre 
place  au  milieu  de  nous  ;  qu'il  sera  fier,  comme  mem- 
bre de  la  Société,  de  s'associer  dans  les  limites  de  ses 
occupations  et  de  ses  éludes  aux  nombreux  et  sérieux 
travaux  qui  nous  occupent,  et  heureux,  comme  admi- 
nistrateur du  département,  d'encourager  nos  eiïorts  et 
de  nous  aider  en  toutes  circonstances  de  son  concours 
le  plus  dévoué. 

M.  le  Président  communique  à  la  Société  deux  déli- 
bérations récentes  du  Conseil  municipal  du  Puy  :  4«  en 
échange  de  deux  emplacements  au  cimetière  du  Nord, 
lui  a  été  enfin  cédé  le  sarcophage  romain  où  le  deu- 
xième évoque  du  Puy,  SciUaire,  fut  enseveli,  sarco- 
phage dont  la  Société,  depuis  si  longtemps,  avait  désiré 
et  tenté  l'acquisilion.  M.   Aymard,   conservateur  des 

TOMK  XXXI.  i 


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50  RÉSUME   DES  SÉANCES. 

colleclioQS  archéologiques  da  Musée  est  chargé  de  veil- 
ler à  ce  que  le  transport  de  ce  précieux  monument 
s'elîeclue  proraptement  et  soigneusement.  M.  Louis 
Balme  demande  que  la  Société  vote  à  M.  le  Président 
des  remerciemcnls  pour  le  résultat  heureux  de  cette 
négociation  h  laquelle  s'intéressaient  vivement  les  fer- 
vents de  notre  histoire  et  de  notre  archéologie  locales. 
2^  La  Société  d'agriculture  avait  créé  les  écoles  in- 
dustrielles du  Puy.  Ce  n'avait  pas  été  une  de  ses  moin- 
dres gloires  et  de  ses  moindres  préoccupations  des 
intérêts  et  de  la  prospérité  de  notre  ville.  Les  écoles 
ont  marché  longtemps  sûrement  et  brillamment.  Mais 
de  nouvelles  et  sérieuses  améliorations  sont  comman- 
dées par  le  progi*ès  des  études,  le  legs  Crowilier,  le 
nombre  des  élèves  et  les  exigences  croissantes  des  arts 
professionnels.  Malheureusement,  les  ressources  modi- 
ques de  la  Société  ne  peuvent  résoudre  ces  nécessités, 
et  les  ressources  municipales  sont  seules  capables  de 
réaliser  cette  réorganisation  dans  l'enseignement  gratuit 
de  nos  (Jcoles.  Toutes  ces  raisons  ont  engagé  le  Conseil 
d'administration  de  la  Société  à  s'entendre  arec  l'Ad- 
ministration municipale  du  Puy,  afin  qu'elle  prît  à  sa 
charge  les  écoles  industrielles.  L'Administration  muni- 
cipale pourra  augmenter  le  nombre  des  professeurs  et 
compléter,  par  exemple,  renseignement  de  l'architec- 
ture, en  instituant  un  cours  pratique  de  troisième  an- 
née. D'autres  enseignements  seront  assurément  adjointe 
à  ceux  déjà  professés,  et  quant  à  la  question  d'améliora- 
tion matérielle,  elle  est  d'urgence  inévitable,  et  les 
écoles  ne  peuvent  que  gagner  à  cette  cession  comman- 
dée parleurs  intérêts  vrais. 


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AvniL.  51 

M.  le  Président  a  pris,  vis-à-vis  de  rAdmiuistralion 
municipale,  lonles  les  mesures  nécessaires,  afindecon- 
slaler  le  rôle  de  la  Société  jusqu'ici  dans  l'œuvre  des 
l'i'ules.  Mais,  en  principe,  l'Âdministralion  municipale 
n'a  point  voulu  admettre  que  les  directeurs  fussent  in- 
\iinahlemenl  choisis  dans  le  sein  de  la  Société  d'agri- 
cuUiuo,  il  cause  des  condils  qui  pourraient  s'élever;  en 
pratique  cependant,  il  n'y  a  aura  pas  incompatibilité. 

xM.  le  Président  fait  remarquer  qu'il  en  est  ici  pour 
l'œuvre  des  écoles  comme  il  en  a  été  jadis  pour  celle  de 
la  Caisse  d'épargne  du  Puy.  La  Société  d'agriculture 
Tavait  fondée  et  soutenue  dans  ses  débuts  et  son  ac- 
croissement. Mais  quand  la  Caisse  d'épargne  put  fonc- 
tionner seule,  la  Société  remit  son  œuvre  en  des  mains 
spéciales  qui  devaient  exclusivement  s'occuper  d'elle  et 
la  faire  prospérer. 

Ouvrages  reçus  —  Dans  leBulleUn  agricole  du  Puy- 
de-Dôme,  M.  le  Président  remarque  que  le  concours 
d'animaux  gras  est,  comme  le  nôtre,  fixé  à  la  fin  du  ca- 
rême, malgré  les  insistances  du  ministère  qui  l'eût  désiré 
plus  tôt,  afin  que  les  animaux  primés  dans  nos  concours 
départementaux  pussent  être  ensuite  présentés  au  con- 
cours de  Paris.  Mais  il  a  été  là-bas  comme  ici  impossible 
d'obtempérer  aux  désirs  du  ministère,  les  engraisse- 
ments n'étant  dans  nos  régions  terminés  qu'à  la  fin  du 
carême. 

Le  Journal  d'agriculture,  numéro  du  iO  mars,  con- 
litsul  un  article  sur  une  nouvelle  pomme  de  terre  appe- 
lée-pomme»  de  terre  Marceau  et  rapportée  en  France 


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52  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

en  1864.  Cette  pomme  de  terre,  fort  expérimentée  de- 
puis son  introduction,  outre  les  qualités  recherchées 
dans  ce  tubercule,  est  surtout  remarquable  par  ses  ren 
déments  exceptionnels  ;  ellen,  de  plus,  Tavantage  de 
se  conserver  parfaitement  en  «ive  où  elle  n'entre  que 
fort  tard  en  germination. 

M.  le  Président  annonce  que  le  XXX'  volume 
des  Annales ,  si  impatiemment  attendu  ,  a  enfin 
paru  et  est  mis  à  la  disposition  des  membres  de  la 
Sociélé. 

CoRUESPONDANGB.  —  Lettre  de  M.  de  Morgues  à  M.  le 
Président  contenant  sa  démission  de  membre  de  la 
Société  d'agriculture. 

M.  Charles  Robert,  correspondant  de  l'Inslitut  et 
membre  de  la  Sociélé  des  Antiquaires  de  France,  re- 
mercie la  Société  d'agriculture  d'avoir  bien  voulu 
l'admettre  au  nombre  de  ses  membres,  et  offre  à  notre 
bibliothèque  un  exemplaire  du  l*'  fascicule  deTEpi- 
graphie  de  la  Moselle  publiée  par  lui  en  4869. 

Lettre  de  M.  Vinay ,  maire  de  la  ville  du  Puy  , 
adressant  à  M.  le  Président,  pour  être  placées  dans 
les  collections  du  Musée,  trois  médailles,  Tune  en 
argent,  les  deux  autres  en  bronze,  données  par  S.  M, 
l'Empereur  à  l'occasion  du  baptême  du  prince  impérial, 
en  4856. 

M.  le  Président,  en  accusant  réception  de  l'envoi, 
remerciera  M.  Vinay  de  cette  nouvelle  marque  d'intérêt 
à  nos  collections. 

Seconde  lellre  de  M.  Vinay,  informant  M.  le  Pré- 


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AVBIL.  -ïi 

sident  qu'il  trouve  Toccasion  d'acquérir,  au  prix  do 
405  francs,  pour  la  bibliothèque  de  la  Société,  un 
exemplaire  de  V Histoire  de  France  d'Henri  Martin, 
\%  volumes  in-8«  bien  reliés;  que  si  M.  le  Président 
le  jugeait  opportun,  l'acquisition  en  sei*ait  faite  au 
moyen  du  crédit  de  300  francs  accordés  par  la  ville 
au  Musée  et  laissés  h  la  disposition  de  M.  le  Maire 
pour  acquisitions  et  dépenses  diverses  de  cet  établis- 
sement. La  Société  accepte  avec  gratitude. 

Lettre  de  M.  le  marquis  de  Latour-Maubourg,  dé- 
puté de  la  Haute -Loire,  qui  répond  à  une  demande 
à  lui  adressée  par  M.  le  Président,  afin  de  solliciter 
du  ministère  de  Tagriculture  l'allocation  annuelle  ac- 
cordée au  concours  de  Fay-le-Froid  pour  l'améliora- 
tion de  la  race  bovine  du  Mezenc.  Il  a  été  au  ministère 
pris  bonne  note  de  la  demande  de  M.  de  Latour- 
Maubourg,  demande  qui  sera  représentée  lors  de  la 
répartition  générale  des  encouragements  anx  Comi- 
ces et  Sociétés  agricoles,  c'est-à-dire  dans  le  courant 
du  présent  mois.  ' 

M.  le  Président  rappelle  que,  pendant  plusieurs 
années ,  la  Société  d'agriculture  a  tenu  h  Fay-le- 
Froid  un  concours  spécial  pour  l'amélioration  de 
la  race  bovine  du  Mezenc.  Mais  d'autres  points  im- 
portants de  la  région  se  plaignaient  d'être  complè- 
tement déshérités  du  bénéfice  de  ces  concours.  C'est 
pourquoi,  sur  leurs  réclamations,  le  Conseil  d'ad- 
ministration a  décidé  que  le  concours  se  mobiliserait 
et  se  tiendrait  alternativement  dans  les  chefs-lieux 
(le  canton  avoisinnnt  Fay  où  se  produit  la  race  du 
Mezenc.  La  ville  du  Monasticr,  désignée  pour  l'an- 


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51  RRSUMK   DES  SÉANCRS. 

née  4870,  a  été  mise  en  demeure  de  faire  connatlre 
les  ressources  dont  elle  se  proposait  de  disposer  en 
cette  circonstance.  La  ville  du  Monaslier  a  répondu 
et  acceplé  avec  reconnaissance.  Les  communes  du 
canton  ont,  à  leur  tour,  volé  quelques  sommes  et, 
M.  de  Latour-Maubourg  a  promis  qu'il  mettrait,  comme 
par  le  passé  et  comme  pour  Fay,  une  somme  do 
300  francs  h  la  disposition  des  prix  de  bandes. 

Lettre  de  M.  le  Ministre  de  l'agriculture  et  du  com- 
merce annonçant  une  allocation  de  4,000  francs  au 
concours  d'animaux  de  boucherie  tenu  au  Puy-en- 
Velay. 

Lettre  de  M.  le  Préfet  de  la  Haute-Loire  sollici- 
tant de  H.  le  Président  de  la  Société  d'agriculture 
du  Puy,  un  rapport  immédiat  sur  l'état  des  semail- 
les du  printemps.  Il  a  été  répondu  qu'à  la  suite  des 
rigueurs  climatériques  exceptionnelles  des  premiers 
mois  de  l'année  1870,  l'apparence  des  récoltes  en 
t^.rre  se  montre  peu  favorable. 

M.  le  Président  donne  connaissance  à  la  Société 
d'une  publication  d'une  carte  des  Gaules  depuis  les 
temps  les  plus  reculés  jusqu'à  la  conquête  romaine, 
établie  par  la  commission  spéciale  instituée  au  mi- 
nistère de  rinstruclion  publique,  d'après  les  ordres 
de  S.  M.  l'Empereur.  Comme  les  travaux  historiques 
et  archéologiques  récents  sur  le  Velay  lui  ont  per- 
mis de  revendiquer  une  place  plus  accentuée  dans 
la  géographie  gallo-romaine,  M.  le  Président  pense 
que  l'acquisition  de  cette  carte  serait  pour  nous  du 
plus  haut  intérêt;  mais  il  propose,  en  amendement, 
qu'il  en  sçit  fait  au  ministère  la  demande  gratuite. 


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AVRIL.  '  55 

M.  le  comte  de  Saint-Poney,  s'associant  à  la  pensée 
(le  M.  le  Président,  promet  qu'il  usera  de  (oa.le  sou 
iuflaence  pour  nous  obtenir  ce  document  géogi  aphique. 

M.  le  Président  fait  connaître  à  la  Société  que  le 
concours  régional  agricole  de  celte  année  doit  se  tenir 
à  Valence,  dans  les  derniers  jours  du  mois  d'avril. 

M.  le  Président  a  reçu,  pour  la  bibliothèque  de  la 
Société,  la  lettre  pastorale  du  carême  de  Mgr.  Le 
Breton  évéque  du  Puy,  actuellement  &  Rome. 

Ordre  du  jour.  —  Il  est  donné  lecture  par  M.  Jules 
de  Vinols,  secrétaire,  des  mesures  discutées  par  le 
Conseil  d'administration  et  présentées  à  l'approbation 
de  la  Société. 

Communicalion  des  comptes  par  recettes  et  dépen- 
ses de  Texercice  1869. 

Délibération  du  Conseil  pour  remettre  eux  mains 
de  l'Administration  municipale  du  Puy,  les  écoles 
industrielles  de  la  ville,  fondées  par  la  Société  d'a- 
griculLure,  afin  que  des  ressources  plus  larges  per- 
missent les  améliorations  nécessaires  dans  le  maté* 
riel  et  dans  l'enseignement  des  écoles. 

Proposilion  de  rappeler,  par  la  voie  des  journaux, 
la  médaille  qu'à  l'occasion  du  Congrès  géologique, 
la  Société  d'agriculture  du  Puy  a  annoncé  devoir 
décerner  au  mémoire  le  meilleur  sur  une  question 
de  géologie  locale. 

Décision  du  Conseil  au  sujet  de  la  publication  du 
Carlulaire  de  Chamalières,  que  se  propose  de  publier 
M.  Augustin  Chassaing,  comme  complément  de  la 
collection  des  chroniqueurs  du  Puy. 


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56  RÉSIJMK   DES   SRANCRS. 

Détermination  du  Conseil  concernant  la  table  tri- 
cennale  des  annales  de  la  Société,  confiée  à  l'intel- 
ligence et  au   zèle  de    M.  TAgent-comptable. 

Approbation  par  le  Conseil  d'administration  d'une 
proposition  de  M.  le  Président  sur  Tacquisition  de 
trois  instruments  agricoles  perfectionnés  :  une  mois- 
sonneuse Morgan,  une  faneuse  et  un  râteau  à  che- 
val, Instruments  devant  servir  à  des   essais  publics. 

Adoption  par  le  Conseil  de  quelques  mesures  de 
police,  d'économie  et  d'administration. 

Les*  délibérations  du  Conseil  d'administration  sont 
approuvées  par  la  Société. 

Communication  de  la  commission  chargée  d'étudier 
un  projet  de  Société  de  propagande  d'instruments 
agricoles  perfectionnés.  Cette  communication  a  été 
faite  pjir  M.  Jules  do  Vinols,  baron  de  Montlleury, 
rapporteur. 

Rapport  fait  au  nom  de  la  Commission  chargée  d* examiner 
la  proposition  de  créer  une  Société  de  matériel  agri- 
cole, 

Messirurr  , 

Un  de  nos  honorables  collègues,  dans  deux  rommu- 
nii'ations  lues  aux  séances  du  6  décembre  1869  et  du 
7  mars  1870,  vous  a  entretenus  de  l'avantage  qu'il  y 
aurait  à  établir  parmi  nous,  sur  le  modèle  qui  a  été 
fait  dans  le  département  de  la  Sarthe.  une  Sociéto  do 
malériel  agricole. 


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AVRIL.  0/ 

Cette  proposition  vous  a  paru  mériter  une  attention 
sérieuse,  et  une  commission  a  été  nommée  pour  l'é- 
tudier. C'est  le  résultat  de  cette  étude  et  les  conclu- 
sions prises  en  conséquen  ce,  que  je  viens  vous  trans- 
mettre  aujourd'hui. 

La  commission,  composée  de  cinq  d'entre  nous,  y 
compris  l'auteur  de  la  proposition,  s'est  réunie,  le  12 
de  ce  mois,  sous  la  présidence  de  M.  de  Brive.  Elle 
a  d'abord  invité  M.  de  Châteauneuf  à  préciser  d'une 
manière  exacte  les  bases  de  l'organisation  et  le  mode 
d'opérer  de  la  Société  proposée;  il  est  établi  par  les 
explications  fournies,  que  la  Société  de  la  Sarthe,  fon- 
dée pour  propager  l'usage  des  machines  agricoles,  se 
compose  d'un  nombre  illimité  de  souscripteurs,  savants, 
fonctionnaires,  agriculteurs^  praticiens  ou  tous  autres 
amis  de  l'agriculture,  assujettis  à  une  cotisation  an- 
nuelle de  dix  francs  environ  ;  le  nombre  des  associés 
est  aujourd'hui  de  230. 

La  Société  a  un  bureau  composé  d'un  président,  d'un 
secrétaire  et  d'un  conservateur.  Ce  sont  les  Ingénieurs 
des  ponts  et  chaussées  qui  remplissent  ces  fonctions. 
Elle  obtient  de  l'Etat  et  du  département  des  subven- 
tions annuelles  qui  s'élèvent  à  1,200  francs,  et  dont  le 
chiffre,  ajouté  à  celui  des  cotisations,  donne  en  caisse 
annuellement  4,600  francs,  c'est  le  fonds  de  roulement 
des   opérations. 

Bon  but,  nous  l'avons  dit,  c'est  la  propagande  des 
machines  agricoles. 

Ses  moyens  d'action  sont  la  mise  en  dépôt,  dans  ses 
magasins,  par  les  constructeurs  et  fabricants  de  celles 
des  machines  jugées    par    elle  les  plus  utiles  à   l'agri- 


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i)H  HKSUMÉ    DRS   SÉANGBS. 

culture;  par  ses  soins,  la  vente  en  est  faite  aux  agri- 
culteurs et,  sur  le  prix  de  vente  qii*elle  reçoit  et  trans- 
met aux  fabricants ,  elle  prélève  un  droit  modéré  de 
commission. 

Pour  ceux  de  ces  instruments  ou  machines  réputés 
plus  généralement  utiles  ou  dont  le  dépôt  lui  est  re- 
fusé par  les  constructeurs,  elle  en  fait  Tacquisition  à 
ses  frais  et  les  loue  aux  agriculteurs,  moyennant  un 
prix  de  location  qui,  par  semaine,  est  en  général  du 
dixième  dur  prix  d'achat. 

Elle  a,  chaque  année,  (rois  réunions  publiques  consa- 
crées à  Texposition,  Texpérimentation  et  la  vente  des 
machines  et  instruments. 

Telle  est  la  nouvelle  institution  agricole  qui  nous  est 
proposée. 

Notre  commission,  pour  se  prononcer  sur  son  opportu- 
nité, a  examiné  sérieusement  les  avantages  qu*on  pour- 
rait en  attendre  et  les  inconvénients  qu'elle  pouvait 
présenter. 

Pour  mesurer  l'étendue  de  ces  avantages,  il  fiàut  me- 
surer retendue  du  champ  que  la  nouvelle  institution 
aurait  la  prétention  d'exploiter;  il  est  vaste,  sans  doute, 
Messieurs,  immense  en  théorie,  mais  dans  la  pratique,  les 
conditions  locales  de  l'agriculture  de  notre  pays  en  rédui- 
sent singulièrement  l'étendue.  Il  faudrait,  en  elTet,  fermer 
les  yeux  à  la  lumière  pour  ne  pas  voir  que  le  morcelle- 
ment de  la  propriété  qui,  chez  nous  plus  qu'ailleurs 
encore,  va  croissant  d'une  manière  illimitée,  et  les 
irrégularités  plus  ou  moins  prononcées  de  notre  sol  sont 
des  obstacles  redoutables  à  la  généralisation,  dans  notre 
département,  de  l'usage  des  principales  machines  agricoles» 


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AVRIL.  59 

Toutefois,  pour  prévenir  en  môme  temps  et  les  es* 
pérances  trompeuses  et  un  découragement  stérile,  la 
commission  a  cherché  à  se  rendre  un  compte  exact  du 
degré  d*appropriation  individuelle  en  quelque  sorte  de 
chacune  de  ces  machines  aux  besoins  de  Tagrioulture 
dans  la  Haute*Loire. 

Cet  examen  a   porté   sur  les    types  suivants  : 

Les  moissonneuses 

Les   faucheuses. 

Les  faneuses. 

Les  extirpateurs,   scarificateurs. 

Ijes  houes  à  cheval. 

Les  herses. 

Les  coupe-raoines,  dépulpeurs»  etc. 

En  ce  qui  regarde  les  machines  de  premier  ordre, 
comme  les  moissonneuses  et  les  faucheuses,  dont  le 
prix  est  élevé,  qui,  pour  bien  fonctionner,  exigent  gé- 
néralement la  force  de  deux  chevaux,  qui  ne  peuvent 
tHre  employées  que  sur  un  sol  horizontal  ou  d'une  très- 
faible  pente  et  en  bon  état  d'épier  rement,  la  commis- 
sion a  été  unanime  à  reconnaître  qu'il  n'y  avait  dans 
le  département  qu'un  nombre  très-limité  d'exploitations 
agricoles  placées  dans  les  conditions  exceptionnelle- 
ment favorables  signalées  plus  haut,  et  permettant 
l'usage  de  la  moissonneuse  et  de  la  faucheuse.  La 
commission,  il  est  vrai,  s'est  divisée  dans  l'appré- 
ciation qu'elle  a  faite  du  résultat  utile,  au  point  de 
vue  général,  de  cet  emploi  fort  limité  des  machines  de 
te   genre  dans   notre   département  :   la  minorité   a  pré- 


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60  HKSLTMÈ  DKS  SRAIHGES. 

tendu  que,  ([uelque  limilé  que  fût  l'usage  de  cos  ma- 
chines, réconomie  de  main-d'œuvre  réalisée  serait  ap- 
préciée par  la  masse  des  agriculteurs;  tandis  que  la 
majorité  a  pensé,  au  contraire,  que  cette  économie  serait 
presque  insignifiante  eu  égard  à  l'énorme  disproportion 
qui  existe  et  existera  probablement  toujours  dans  notre 
pays,  entre  le  nombre  des  agriculteurs  moyens  et 
petits   et  celui  des  grands   agriculteurs. 

Un  relevé  statistique  séiieux  du  nombre  des  exploi- 
tations agricoles,  susceptibles  d'occuper  utilement  les 
grandes  machines,  peut  seul  résQudre  la  question.  Ce 
relevé  a  été  fait  lors  de  l'enquête  agricole,  et  il  donne 
une  majorité  énorme  aux  petites  et  moyennes  cultures 
comparées  aux  grandes.  L'on  doit  ajouter  que  ce  qui 
s'est  passé  jusqu'ici  donne  de  fortes  présomptions  en  fa- 
veur de  l'opinion  de  la  majorité.  En  effet,  il  semble 
à  peu  près  .prouvé  qu'il  n'y  a  pas  plus  de  trois  ou 
quatre  exploitations  pourvues  de  moissonneuse  et  de 
faucheuse  ,  et  encore  est-on  porté  à  croire  que  ces 
machines  sont  souvent  en  chômage,  aux  époques  où 
elles  devraient  fonctionner.  Cependant  on  ne  peut  nier 
que  l'agriculteur  ne  soit  assez  bon  juge  quand  il  s'agit 
de  ses  intérêts  ;  il  y  a  aujourd'hui  moins  d'aveuglen 
volontaires  qu'on  ne  le  pense,  et  on  doit  sagement  ad- 
mettre, jusqu'à  preuve  contraire,  que  s'il  y  avait,  môme 
pour  les  exploitations  agricoles  d'une  étendue  au-dessus 
de  la  moyenne,  une  économie  de  main-d'œuvre  suffi- 
sante pour  couvrir  les  frais  d'amortissement,  d'entretien 
et  de  mise  en  train  de  ces  machines,  leur  nombre 
ne  .«serait  pas  en  quelque  sorte  nul,  comme  il  paraît 
l'être   aujourd'hui  ;  car  on  ne  saurait  supposer  que  par- 


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AVRIL.  01 

mi  les  agriculteurs  importants  de  notre  [)ays  pouvant 
acquérir  et  utiliser  ces  machines,  il  y  en  ait  un  seul 
qui  isnore  leur  existence  ou  n'ait  pas  toutes  les  facili- 
tés  pour  se  les  procurer. 

L*accueil  fait  aux  batteuses  mécaniques  vient  à  Tap- 
pui  de  cette  appréciation  ;  bien  que  d'un  prix  assez 
élevé  et  exigeant  un  moteur  puissant,  ces  machines  se 
sont  répandues  parmi  nous  dans  une  proportion  encou- 
i-ageante  pour  l'avenir;  et  le  temps,  en  amenant  pour 
elles  des  perfectionnements  successifs,  les  popularisera 
chaque  jour   davantage. 

Pour  les  machines  ou  instruments  d'un  rang  secon- 
daire comme  les  faneuses,  le»  râteaux  à  cheval,  extirpa- 
teurs,  coupe-racines,  etc.  etc.»  les  mêmes  observations 
sont  applicables  à  la  proportionnalité  étu!)lie  entre  leurs 
aptitudes  agricoles,  si  Ton  peut  parler  ainsi,  et  les 
conditions  requises  pour  en  faire  une  utile  et  géné- 
rale  application  à  l'agriculteur  dans  la  Hauto-Loire. 

Après  avoir  ainsi  sommairement  précisé  avec  une 
sage  réserve,  sans  illusion  comme  sans  méfiance,  les  con- 
ditions générales  et  locales  que  l'agriculteur  impose  à  la 
vulgarisation  des  machines  dans  notre  département, 
votre  commission  s'est  demandé  si  cette  propagande 
avait  été  méconnue  ou  négligée  par  vous  jusqu'à  ce 
jour,  et  si,  pour  suppléer  votre  indifférence  ou  votre 
tiédeur,  il  était  utile,  nécessaire  môme  de  constituer 
une  Société  spécialement  appliquée  à  cette  œuvre  sur 
dei  bases,  sinon  contradictoires,  du  moins  opposées,  à 
celles  .sur  lesquelles  est  fondée  notre  Société  d'agricul- 
ture. 

Votre  commission  ne   le  pense  pas,   Messieurs,  car  si 


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62  RÉSUMK   DKS   SKANCKS. 

elie  a  regardé  vers  l'avenir,  et  mesuré  avec  prudence 
la  carrière  à  fournir  par  la  Bociété  nouvelle  spéciale 
qui  noas  est  proposée,  elle  a  aussi  regardé  le  passé,  et 
reconnu  toutes  les  réalités  bienfaisantes  pour  l'agricul- 
ture accomplies  par  vous  et  vos  devanciers  ;  elle  re- 
garde aussi  le  présent  et  Toit  que  rien  de  ce  qu'il  était 
possible  de  faire  n'a  été  omis,  négligé,  et  que  partout, 
dans  l'agriculture  comme  ailleurs,  notre  Société  a  pris 
une  vive  et  féconde  initiative. 

Ainsi,  le  Conseil  d'administration,  dans  sa  séance  du 
26  février  1869,  a  décidé  l'acquisition  d'une  faucheuse, 
d'une  ianeuse  et  d'un  râteau  à  cheval. 

La  sollicitude  de  la  Société  toute  entière  s'est  plusieurs 
fois  portée  sur  la  question  si  intéressante  du  fauchagt^ 
des  blés.  Votre  conservatoire  d'agriculture,  à  peine  créé, 
présente  déjà  une  collection  d'instruments  fort  intéres- 
sante. Les  charrues  perfectionnées,  ce  pain  quotidien  et 
universel  de  l'agriculture,  qu'on  me  passe  cette  exprès* 
sion  ,  sont  demandées  avec  un  empressement  de  plub* 
en  plus  vif,  de  tous  leâ  points  du  département  ;  tout  té- 
moigne que  vous  avez  fait  jusqu'ici  le  possible  et  tout  le 
possible. 

Toutefois,  pour  donner  une  impulsion  nouvelle  et  plus 
vive  encore  à  la  propagande  des  machines  et  instruments 
agricoles ,  votre  commission  a  pensé  qu'il  serait  utile  de 
prendre  dans  le  sein  de  la  commission  i^ermanente  des 
primes  une  sous-commistion  composée  de  cinq  membres , 
spécialement  chargés  des  attributions  suivantes  : 

!•  Etudier  celles  des  machines  agricoles  le  plus  utile- 
ment et  le  plus  généralement  applicables  à  l'agriculture  de 
la  Haute-Loire  ; 


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AVRIL.  63 

2o  Soumettre  au  Conseil  d'admiiiistratiou  les  projets 
d'acquisition  de  ces  machines  ; 

3°  Faire,  aux  épo(|ues  convenables,  les  démarches  et 
dispositions  nécessaires  pour  leur  essai  en  public. 

Dans  ces  conditions,  notre  Société  d'a^çriculture  reste 
pour  l'avenir,  comme  elle  l'a  été  dans  le  passé ,  le  centre 
de  toutes  les  forces  intellectuelles  de  notre  [jays,  réunies 
dans  un  effort  commun  pour  Taccomplissenient  du  bien 
sous  toutes  ses  formes,  et  les  succès  du  passé  sont  pour 
elle  un  gage  assuré  de  ceux  que  lui  promet  l'avenir. 
Le  4  avril  1870. 

Le  Rapporteur  de  la  Commùsion  , 
Bon  j.  de  VINOLS. 

La  Sociélc,  après  une  courte  discussion,  adopte 
les  conclusions 'de  ce  rapport. 

M.  le  Président  annonce  à  la  Société  que  la  copie  du 
manuscrit  de  Chabron  vient  d'ôlre  collalionnée  par 
M.  Lascombe,  notre  collègue.  La  Sociélé  vole  h  M.  Las- 
coinbe  de  sincères  remerciements  pour  ce  travail  long 
et  ingrat. 

A  6  heures,  la  «énnco  e^l  lovéo. 

Le  Secrétaire-  adjoint, 
Aimé  GIRON. 


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SÉANCE   MENSUELLE 

DU  LUNDI  i  MAI 


SOMMAIHK 

Lecture  du  prucc^- verbal.  —  Muséi  :  Dons  par  MM.  Coloiub,  Emile  Tuja,  de 
GlioamonroDX,  le  P.  Basilide  Ra-Khidi,  Emmanuel  Grellet,  Giiuhert,  Pe~ 
louze,  Lascombe,  ChaniaL  —  Acquisitions  :  Basandale;  plaque  obituaire; 
monnaies  d'arg«nt  ;  lampe  et  cuiller  anciennes  ;  pierres  sculptées  ;  transport 
du  tombeau  de  saint  Scutairc.  —  Oijvragks  »bços  :  Journal  d'agriculture 
pratique  :  Avantage  des  petits  fermages;  opinions  pour  et  contre  de  M.  Lan- 
glois  et  de  M.  de  Montalet-Alais  ;  Journal  ie  l'agriculture  :  Spécifique 
contre  la  flètre  apbtheuse;  Bulletin  de  la  Société  d'agriculture  de  la  Lo- 
zère :  Etude  sur  les  dolmens;  Mémoires  de  la  Société  littéraire  de  Lyon  : 
Notice  historique  (ùr  le  château,  la  chapelle  et  les  seigneurs  de  CbâtiUon 
d'Aïergucs;  Mémoires  de  la  Société  impériale  d'agriculture,  sciences  et  arts 
de  Douai  :  Notice  sur  les  établissements  religieux  de  Douai,  présentée  comme 
modèle  d'un  travail  local  du  mfmc  genre  ;  Tablettes  historiques  de  la  Hante- 
Loire  :  Recueil  mensuel  historique,  publié  au  Puy-on-Velay.  —  BiDLiOTsfcQUB  : 
Dons  de  M.  Joacbim  Barrande;  de  M.  le  baron  de  Sartiges  d'Angles;  de 
M.  Michel  Cobendy.  —  Agricultcrb  :  Concours  d'animtux  de  boucherie.  — 
Lettre  de  M.  le  Président  k  la  commission  d'enquête  parlementaire  —  Lettre 
de  M.  J.  Ruolz  contre  remploi  de  la  machine  dite  moissonneuse;  sursis  à 
son  acquisition.  —  Pirsonnel  :  Mort  de  M.  Anatole  Dauvergne,  membre 
non>résidant  ;  proposition  de  Tacquisition  de  ses  dessins  et  de  ses  tableaux. 
—  Nomination  au  litre  do  membre«  con-résidants,  de  MM.  le  baron  de  Sar- 
tiges d'Angles,  Michel  Cohendy,  des  R.  P.  Garucci  et  Fll<i. 


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MAI.  65 

Présidence  de  M.  de  Brive. 

M.  le  Vice-Secrétaire  donne  lecture  da  procès-verbal 
de  la  séance  d'avril  dernier,  lequel  est  adopté. 

Dons  au  Musée.  —  M.  Aymard  signale  à  l'attention 
de  la  Société  un  cippe  romain  en  grès  très-dur,  offert 
au  Musée  par  M.  Colomb,  maire  de  Beaulieu,  sur  la 
demande  de  nos  confrères,  MM.  Chabanes  et  Lascombe. 
Ce  cippe,  évidé  en  coupe  ou  cratère  à  son  sommet  et 
offrant,  à  sa  face  anlérieure,  l'image  sculptée  du  dé- 
funt, servait  de  bénitier  dans  l'église  de  Beaulieu. 

M.  Aymard  met  aussi  sous  les  yejfx  de  la  Compagnie 
les  objets  suivants  recueillis  pour  le  Musée  : 

4<>  Un  busaudale  en  fer,  déterré  avec  des  tuiles  ro- 
maines dans  un  champ^silué  au  chemin  de  Vais,  sul: 
l'emplacement  où  notre  confrère,  M.  Béliben,  inspec- 
teur d'Académie,  fait  construire  une  maison.  Donné  au 
Musée  par  M.  Reymond,  entrepreneur ,  au  nom  de 
M.  Béliben; 

2*  Une  petite  plaque  carrée  en  marbre  blanc,  pro- 
venant de  la  Chaise-Dieu,  sur  laquelle  est  gravé,  en 
lettres  onciales  très-élégantes,  Vobù  d'un  hôte  de 
rabbayo  :  -f  Xllll  K(a)L(endas)  AV(n)L(is)  Oïi(iit) 
Il  F(rate)R  MXRTil^(us)  DE  MlSE(ris?)  \\  BONUS 
HOSPES  C(onvent)l]S  S(an)C(ù)i  J{(obert)L  Cette 
inscription  parait  dater  du  treizième  siècle  ;  elle  faisait 
partie  de  la  collection  de  feu  l'abbé  Grivel,  d'Amberl. 
Acquise  par  la  Société  ; 

30  Un  plat  en  faïence  ancienne  sur  le  fond  duquel 
est  peint  un  aigle  ;  un  vase  à  fleurs  de  la  fabrique  de 


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66  RÉSUME   DES  SÉANCES. 

Clermont-Ferrand  et  un  médaillon  en  marbre.  Dons  de 
M.  Emile  Tuja  ; 

4^  Sept  objets  ethnologiques  donnés  par  un  jésoile 
nègre,  le  P.  Basilide  Ra-Khidi,  de  Madagascar,  en  ce 
moment  à  Vais  ; 

50  Les  blasons  coloriés  de  trois  anciennes  familles 
de  la  Haute-Loire,  offerts  par  M.  Emmanuel  Grellel, 
étudiant  en  droit. 

M.  Aymard  informe  l'Assemblée  qu'ayant  eu  l'occasion 
d'aller  à  Saint- Julien-Chapteuil,  —  pour  y  constater  les 
soins  exceptionnels  que  l'honorable  M.  Mathieu,  maire 
de  cette  commune,  donne  à  Torganisation  du  dépôt  de 
ses  archives,  —il  awçu,  pour  le  Musée,  deux  pièces  ar- 
chéologiques intéressantes.  La  première  est  un  écusson 
sculpté  sur  pierre  qui  porte  une  croix  chargée  de  cinq 
lions  rampants.  Il  a  été  donifé  par  M.  Gimbert,  pro- 
priétaire à  Saint-Julien.  La  deuxième  est  une  matrice  de 
sceau  en  cuivre  aux  armes  et  au  nom  des  <f  maîtres  chirur- 
giens du  Puy.  »  M.  Pelouze,  percepteur,  qui  Ta  décou- 
verte à  Chapteuil ,  s'est  empressé  de  Toffrir  au  Musée. 

M.  Ernest  de  Clioumouroux,  maire  d'Yssingeaux,  a 
fait  offrande  au  Musée  d'un  petit  tableau  en  paille  re- 
présentant en  relief  une  Sainte  Famille,  d'après  une 
peinture  attribuée  à  Annibal  Carrache.  Cette  œuvre 
d'art,  qui  porte  au  revers  le  nom  de  Roland,  est  due  à 
un  artiste  du  Puy,  connu  par  d'autres  productions  du 
même  genre.  Ce  tableau  provient  de  l'abbaye  de  la 
Séauve,  ainsi  que  divers  outils  qui  avaient  servi  à 
la  fabrication  d'objets  en  paille  et  que  M.  de  Chou- 
mouroux  a  donnés  également  &  nos  collections. 

Notre  confrère,  M.  Aymard,  a  acquis  huit  monnaies 


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MAI.  67 

d'argent,  partie  d'un  petit  trésor  trouvé  près  d'Ëspaly, 
par  suite  de  la  construction  d'un  pont  sur  la  Borne, 
pour  le  seiTice  du  chemin  de  fer.  Elles  sont  du  roi 
Jean,  du  pape  tnnocent  VI,  etc. 

Un  vase  en  terre  cuite  de  forme  ancienne  a  été 
trouvé  au  Puy,  dans  la  démolition  d'une  vieille  mai- 
son emportée  par  Télargissement  de  la  rue  Panes- 
sac;  M.  Aymard  Ta  acquis  pour  le  Musée,  ainsi  qu'une 
cuillère  en  cuivre  provenant  du  château  de  Lavoûte- 
sur-Loire. 

«  Notre  confrère  appelle  ensuite  Tatlention  de  TAssem- 
blée  sur  un  certain  nombre  de  petits  moellons  cubiques 
qu'il  a  recueillis,  d'après  les  indications  de  M.  Hector 
Falcon,  dans  les  décombres  d'une  maison  de  la  rue  de 
Verdun,  au  quartier  de  Pouzzarot.  Ils  sont  exactement 
de  même  pierre  volcanique,  de  mêmes  formes  et  di- 
mensions que  ceux  attribués  à  l'époque  romaine  et 
qu  on  avait  rencontrés,  en  grande  abondance,  dans 
les  murs  de  la  primitive  église  Notre-Dame.  Leur 
présence  en  cet  endroit  fait  croire  qu'ils  provien- 
draient de  quelque  antique  édifice  dont  les  matériaux 
auraient  été  réemployés,  peut-être  sur  place,  à  des 
constructions  postérieures.  C'est  un  indice  qui  doit  en- 
gager à  rechercher  les  substructions  antiques  pouvant 
exister  encore  dans  le  sol  du  môme  quartier. 

De  la  même  maison,  on  a  extrait  une  pierre  qui 
était  placée  au-dessus  de  la  porte  d'entrée  et  qui  otTre 
un  écusson  armorié  ainsi  que  des  morceaux  de  co* 
lonnes  à  chapiteaux  sculptés  du  moyen  âge. 

Enfin,  M.  Aymard  fait  remarquer  plusieurs  belles 
pierres  sculptées,  avec  mascarons  et  rosaces,  dans  le 


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68  RÉSUME   DES   SÉANCES. 

Style  du  dix-septième  siècle  et  qui  provienueut  des 
démolitions  de  maisons  dans  la  rue  Panessac. 

Notre  confrère,  M.  Lascombe,  dépose  diverees  em- 
preintes de  cachets,  entr'autres  de  celui  des  dames 
religieuses  de  Sainte-Claire  du  Puy. 

M.  Chanial,  membre  correspondant  à  Cayres,  a  trans- 
mis une  amulette  en  pierre  siliceuse  rougeàtre,  trouvée 
dans  sa  propriété  et  qui  parait  se  rapporter  à  un  âge  des 
temps  préhistoriques. 

M.  le  Président  exprime  les  remerctments  de  la  So- 
ciété pour  ces  dons  intéressants. 

M.  Âymard  annonce  que  le  tombeau  de  saint  Scutaire 
a  été,  le  mois  dernier,  transporté  au  Musée  par  lés 
soins  de  TAdministration  municipale,  et  placé  provisoi- 
rement dans  le  vestibule,  où  il  peut  être  examiné  et 
étudié  sous  toutes  ses  faces.  L'isolement  de  ce  tombeau 
a  permis  à  notre  zélé  confrère  d'étudier,  sur  Tun  de 
ses  côtés,  au  centre  de  la  rosace  sculptée  qui  l'orne,  un 
oculus  ou  évidement  ajouré.  D'après  ce  qu'il  suppose, 
—  et  diverses  données  archéologiques  confirment  cette 
conjecture,  —  cette  ouverture,  faite  postérieurement  à 
l'emploi  primitif  du  sarcophage  romain,  avait  pour 
but  de  mettre  les  dévots  en  communication  directe  avec 
les  reliques  des  saints  renfermées  dans  le  tombeau  et 
de  recevoir  les  offrandes.  La  présence  de  ce  beau 
monument  dans  notre  Musée  y  attire,  chaque  diman- 
che, une  affluence  considérable  de  visiteurs,  curieux 
d'admirer  ce  précieux  débris  de  l'art  romain  et  de  l'an- 
liquité  religieuse  du  Puy. 

Ouvrages  reçus.  —  Le  Journal  d'agriculture  pra^ 


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MAI.  ;     69 

éiqtte  contient  an  article  sur  les  avantages  des  petits 
fermages.  Préoccupés  des  difficultés  toujours  croissantes 
de  la  grande  culture,  en  présence  de  la  dépopulation 
des  campagnes  par  la  diminution  des  naissances  et  Té- 
migration  dans  les  villes,  de  Taugmentalion  des  salaires 
disproportionnés  avec  les  prix  des  gains,  de  la  tendance 
des  travailleurs  à  se  mettre  en  grève  aux  moments  les 
plus  critiques  pour  Tagriculture,  nombre  de  bons  es- 
prits se  demandent  si  la  gi-ande  propriété  peut,  dans  un 
avenir  prochain,  avoir  d'autres  ressources  que  le  fer- 
mage, non  pas  le  grand  fermage  sujet  aux  mêmes  em  • 
.barras  pour  la  culture,  mais  le  fermage  partiel,  le  pe- 
tit fermage  limité  à15  hectares  au  plus  et  mis  ainsi  à  la 
portée  d'une  seule  famille,  sans  avoir  recours  à  des 
ouvriers  étrangers.  Ce  système,  préconisé  par  les  uns, 
est  déconseillé  par  les  autres. 

M.  Langlois  rappelle  que  M.  Ch.  Calemard  de  la  Fayette 
Ta  appliqué  à  Senillac,  en  établissant  de  petites  exploi- 
tations rurales  autour  de  son  domaine,  et  en  a  constaté 
les  heureux  effets.  M.  de  Montalet-Âlais  objecte  que  son 
expérience  personnelle  lui  a  fait  supprimer,  dans  ses 
propriétés,  le  petit  fermage,  comme  entraînant  des  frais 
de  maisonnage  et  d'entretien  beaucoup  trop  onéreux. 
M.  le  Président  fait  observer  que  les  avantages  ou  les 
inconvénients  de  ce  système  de  culture  ne  peuvent  pas 
être  absolus  et  dépendent  de  la  différence  des  contrées 
et  des  circonstances  particulières;  il  ajoute  que  la  di- 
vision de  la  propriété  en  petites  cultures  s'oppose  à 
remploi  des  instrume'nts  agricoles  économiques  et  ne 
facilite  pas  le  développement  et  l'entretien  des  belles 
races  de  bestiaux. 


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70  RÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 

LeJotcrnal  de  V agriculture,  de  M.  Barrai,  signale 
un  spécifique  pour  combattre  la  fièvre  aphtheuse.  Cette 
affection  épizootique  el  contagieuse  a  pour  siège,  comme 
on  le  sait,  la  langue  et  les  gencives  des  animaux,  soit  les 
mamelles  et  trayons,  soit  les  pieds  dans  l'espace  inter- 
digité  ou  au  point  d'union  de  la  peau  avec  la  corne  sur 
le  bourrelet  ;  elle  consiste  en  ampoules  remplies  d'ui) 
liquide  laiteux  et  de  mauvaise  odeur.  La  maladie  dure 
de  quinze  à  vingt-cinq  jours  ;  elle  est  rarement  mortelle, 
mais  elle  n'en  cause  pas  moins  de  grandes  pertes  au  cul- 
tivateur en  interrompant  ses  travaux  et  entravant  la 
production  de  la  graisse  et  du  lait.  Jusqu'ici,  on  n'avait 
indiqué  aucun  remède  susceptible  d'abréger  sa  durée  et 
de  la  rendre  bénigne:  M.  Adenot,  agriculteur  vétéri- 
naire à  Montchanin  (Loire),  recommande  comme  spéci- 
fique l'emploi  d'une  eau  phéniquée,  composée  d'un  mé- 
lange de  70  grammes  d'acide  phénique  dans  un  litre 
d'eau,  dont  on  lolionne  avec  une  éponge  ou  de  Tétoupe, 
et  deux  fois  par  jour,  les  parties  malades  ou  ulcères 
de  la  bouche  de  l'animal.  Quand  le  mal  réside  aux  on- 
glons,  la  dose  d'acide  phénique  doit  être  portée  à  420 
grammes  par  litre  d'eau.  Les  étables  infectées  doivent 
en  môme  temps  être  purifiées  au  moyen  de  bens^ine  ou 
d'huile  de  schiste  placées  dans  des  assiettes;  ces  pro- 
duits pyrogénés,  en  s'évaporant,  détruisent  les  germes 
qui,  entraînés  dans  l'air,  pourraient  frapper  les  éta- 
bles voisines. 

M.  le  docteur  Martel  fait  observer  que ,  depui.<i 
quelque  temps,  on  est  trop 'disposé  à  faire,  en 
agriculture,  de  l'acide  phénique  une  sorte  de  panacée 
universelle  ;  il  exprime  le  désir  que  les  vétérinaires  du 


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MAI.  71 

Puy»  et  notamment  notre  confrère,  M.  Gire,  soient  in- 
vités k  expérimenter  le  remède  indiqué,  afin  d'en  véri- 
fier  l'efficacité. 

Le  Bulletin  de  la  Société  académique  de  la  Lo- 
zère contient  une  étude  sur  les  dolmens  de  ce  départe- 
ment, par  M.  de  Malafosse,  qui  les  envisage  sous  le 
rapport  de  leurs  formes,  de  leurs  dispositions  inté- 
rieures et  des  objets  qui  y  ont  été  trouvés.  La  conclusion 
de  Tauteur,  tirée  des  nombreuses  feuilles  qu'il  a  faites, 
est  que  les  dolmens  étaient  des  tombeaux  des  âges 
préhistoriques  de  la  pierre  et  du  bronze. 

Les  Mémoires  de  la  Société  littéraire  de  Lyon  pu- 
blient une  notice  historique  sur  le  château,  la  chapelle 
et  les  seigneurs  de  Châtillon  d'Azergues,  par  M.  Va- 
chez.  Cette  monographie  est  très-complète  et  fort  inté- 
ressante; des  documents  originaux  y  sont  ajoutés 
comme  preuves.  Ce  travail  peut  servir  de  modèle  à  ceux 
du  même  genre  dont  tant  de  nos  vieux  châteaux  du 
Velay  pourraient  être  l'objet. 

Les  Mémoires  de  la  Société  impériale  d'agriculture, 
sciences  et  arts  de  Douai  renferment  une  notice  sur  les 
établissements  religieux  du  clergé  séculier  et  régulier 
qui  ont  existé  à  Douai  avant  la  Révolution ,  par 
M.  l'abbé  Dancoisne.  M.  le  Président,  en  signalant  cette 
élude  à  l'attention  delà  Société,  fait  remarquer  que  la 
ville  du  Puy,  qui  compte  tant  d'institutions  religieuses, 
ne  possède  pas  encore  un  ti*avail  de  ce  genre.  £1  exprime 
le  souhait  qu'une  pareille  œuvre  tente  la  patience  et 


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72  RÉSUMÉ   DES   SÉANCES. 

le  zèle  d*un  éradit;  les  matéri&ux  qni  en  rendraient 
Texécution  facile,  existent  en  grand  nombre  dans  nos 
dépôts  d'archives,  et  principalement  aux  archives  dé* 
partementales. 

M.  le  Président  dépose  sur  le  bureau  le  premier  nu- 
méro des  Tablettes  historiques  de  la  Haute-Loire;  ce 
recueil  mensuel,  publié  par  M.  Marchessou,  imprimeur 
au  Puy,  est  h  la  fois  une  œuvre  de  palriolisme  et  de 
science,  qui  a  droit  à  toutes  les  sympathies  de  la  So- 
ciété. Des  membres  de  notre  Compagnie  sont  inscrits 
sur  la  liste  des  collaborateurs.  On  peut  en  attendre 
sûrement  une  impulsion  nouvelle  aux  travaux  sérieux  et 
aux  recherches  fécondes.  M.  le  Président,  au  nom  de  la 
Compagnie,  souhaite  à  cette  revue  succès  et  longue  vie. 

Dons  a  la  Bibliothèque.  —  Notre  savant  confrère 
et  compatriote ,  M.  Joachim  Barrande,  membre  hono- 
raire, adresse  deux  nouveaux  volumes  de  son  grand  et 
magnifique  ouvrage  sur  les  fossiles  du  terrain  silurien 
de  la  Bohême. 

M.  Chassaing  offre  :  l**  de  la  part  de  M.  le  baron  de 
Sartiges  d'Angles,  membre  de  TAcadémie  des  sciences, 
belles-lettres  et  arts  de  Clermont-  Ferrand,  une  bro- 
chure intitulée  :  Traite' iiiter venu  entre  les  sires  de 
Mercœur  et  le  Chapitre  noble  de  Brioude,  en  4M4  ; 
et  2*  au  nom  de  M.  Michel  Cohendy,  archiviste  dépar- 
temental du  Puy-de-Dôme,  cinq  notices  sur  la  Valeur 
des  manuscrits  au  moyen  âge  et  la  coutume  d'en- 
chaîner  les  livres  sur  place;  sur  Vimportance  histo- 
rique des  anciennes  minutes  des  notaires;  sur  les 


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MAI.  73 

Entreprises  de  dessèchements  des  lacs  et  marais  dans 
la  généralité  d'Auvergne,  et  sur  la  Papeterie  d'Au- 
r>ergne  avant  4790  et  les  marques  de  fabrique  des  pa- 
peteries d'Ambert. 
Remerctmcnts  aux  donateurs. 

AcRiccLTunE.  —  M.  le  Vice-Secrétaire  donne  lec- 
ture de  son  rapport  au  nom  du  jury  du  dernier  concours 
d'animaux  de  boucherie. 

M.  le  Président  annonce  qu'il  a  transmis  à  la  Commis- 
sion d'enquête  parlementaire  les  réponses  délibérées 
par  la  Commission  de  la  Société  au  questionnaire  agri- 
cole; il  a  accompagné  cet  envoi  de  la  lettre  suivante  : 


Ije  Puy.  le  lî  avril  1870. 


Monsieur  le  PnésiDENT. 

J*ai  l'honneur  de  vous  retourner  le  Questionnaire  agri- 
cole que  vous  m'avez  adressé,  avec  les  réponses  qui  ont  été 
données,  à  la  suite  d'une  longue  délibération,  par  la  So- 
ciété départementale  d'agriculture  du  Puy. 

Il  me  paraît  en  résulter  que  l'opinion  très-précise  de  la 
Société  est  que  l'introduction  des  céréales  étrangères  dans 
le  Midi,  favorisée  par  le  régime  économique  inauguré  en 
1860,  maintient  dans  le  Midi  et  le  centre  de  la  France  le 
cours  moyen  des  blés  à  un  prix  notablement  inférieur.  A  C9 


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74  RÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 

prix,  les  populations  agricoles  n*ont  plus  intérêt  à  la  pro- 
duction des  céréales.  II  est  évident,  dès  lors,  que  cette  pro- 
duction doit  tendre  à  diminuer  et  unir  par  disparaître. 

L'économie  que  donnera  l'emploi  des  machines  écono- 
miques compensera  peut-être  la  sur-élévation  continue  des 
prix  de  la  main-d'œuvre,  mais  ne  suffira  jamais  pour  ren- 
dre rémunérateur  le  prix  de  vente  actuel  des  céréales,  prix 
qui  tend  toujours  à  diminuer,  lorsque  celui  de  tous  les  au- 
tres produits  tend  constamment  à  augmenter. 

En  présence  de  ces  faits  incontestables,  le  Corps  légis- 
latif me  parait  principalement  appelé  à  examiner  la  ques- 
tion de  savoir  si  la  France  a  intprêt  à  conserver  ou  à  aban- 
donner la  culture  des  céréales.  Dans  le  premier  cas,  il  doit 
arrêter,  par  des  mesures  efficaces ,  l'importation  immodé- 
rée des  céréales  étrangères,  et,  dans  le  second  cas,  main- 
tenir les  tarifs  de  1861. 

Je  suis  avec  respect,  Monsieur  le  Président, 

Votre  très-humble  serviteur. 

Le  Président  de  la  Société  d'agriculture, 
sciences,  arts  et  commerce  du  Puy^ 

De  BRIVE. 


Noire  confrère ,  M.  de  Vinols,  coraraunique  une  let- 
tre de  M.  le  marquis  de  Ruolz  qui  lui  signale  les  incon- 
vénients nombreux  de  la  machine  dite  moissonneuse, 
dont  Tachai  avait  paru  désirable  pour  la  Société.  Ces 
inconvénieDis  sont  :  complication  du  mécanisme,  imper- 
fection du  sciage  des  tiges  et  dans  la  disposition  de  la 


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MAI.       '  7o 

javelle,  et  enfin  extrême  fragilité,  vice  d'autant  plus 
redoutable  qu'on  est  plus  éloigné  des  points  de  fabrica- 
tion, ce  qui,  par  suite  de  l'interruption  du  travail  à  une 
époque  où  la  main-d'œuvre  est  rare,  disséminée  et  exi- 
geante, peut  entraîner,  sous  l'influence  des  chaleui*s  et 
des  orages,  une  notable  diminution  et  même  Fanéan- 
tissement  de  la  récolte.  Ces  critiques,  d'un  agriculteur 
aussi  autorisé  que  Test  M.  de  Ruolz,  sont  trop  graves 
pour  n'être  pas  prises  en  sérieuse  considération. 

M.  le  Président  annonce  qu'il  sera  donc  sursis  à  l'ac- 
quisition d'une  moissonneuse,  dont  le  prix  d'ailleurs 
est  important,  puisqu'il  s'élèverait  à  500  fr.  au  moins. 
Un  râteau  à  cheval  et  une  faneuse  seront  seuls  achetés 
ftoui:  servir  aux  expériences  de  la  Société. 

Personnel.  —  M.  Chassaing  fait  part  à  la  Compagnie 
du  décès  de  M.  Anatole  Dauvergne,  peintre  d'histoire, 
chevalier  de  la  Légion -d'Honneur,  membre  du  Comité 
des  travaux  historiques,  qui  était,  depuis  longues  an- 
nées, affilié  à  notre  Société  comme  membre  non 
résidant.  Artiste  de  talent  et  d'un  rare  savoir  archéo- 
logique, M.  Dauvergne  a  dirigé  la  décoration  poly- 
chrome de  l'église  Saint -Paul  d'Issoire  et  de  la 
Sainte  Chapelle  de  Riom.  Il  avait,  à  plusieurs  reprises, 
séjourné  au  Puy,  dont  la  disposition  pittoresque  l'avait 
séduit.  C'est  à  lui  que  l'on  doit  la  découverte  des  pein- 
tures murales  de  la  chapelle  Saint-Michel  ;  il  en  avait 
relevé  les  dessins  et  entrepris  la  restitution.  Ce  travail 
considérable,  qui  comprend  vingt-six  feuilles,  méri- 
terait d'être  Acquis  pour  le  Musée,  où  il  serait  très-uti- 
lement exposé.  M.  Dauvergne  avait  peint,  sur  une  toile 


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76  RÉSUMÉ   DBS   SÉANCES. 

presque  acheyée,  la  façade  de  la  chapelle  Saint-Michel 
et  dessiné  snr  carton  le  tableau  de  la  procession 
placé  h  la  cathédrale  à  l'occasion  de  la  peste  de  1629. 
La  famille  Dauvergne  consentirait  très-probablement 
à  céder  à  la  Société  ces  œuvres  de  notre  excellent  con- 
frère. M.  le  Président  se  fait  l'interprète  des  senti- 
ments unanimes  de  la  Compagnie  pour  la  perte  préma- 
turée de  M.  Dauvergne,  et  charge  M.  le  Secrétaire, 
en  transmettant  à  sa  famille  l'expression  de  nos  regrets, 
de  proposer  l'acquisition  des  dessins  et  du  tableau  qu'il 
a  laissés. 

Mfd.  Aymard,  Chassaing  et  Aimé  Giron  présentent  les 
candidatures,  au  titre  de  membres  non  résidants,  de 
MM.  le  baron  de  Sarliges  d'Angles  et  Michel  Cohendy, 
qui  ont  offert  à  la  Société  divers  travaux  ci-dessus 
mentionnés;  du  Père  Garrucci,  de  Rome,  et  du  P.  Fita, 
membre  des  académies  royales  de  l'histoire  et  de  la 
langue  espagnole  de  Madrid.  La  Compagnie  n'a  pas 
oublié  rintérôt  avec  lequel  le  P.  Garrucci  visita,  il  y  a 
deux  ans,  nos  antiquités  lapidaires  et  l'opinion  qu'il 
manifesta  en  faveur  des  origines  très-reculées  de  la  ville 
du  Puy.  Le  P.  Fita,  auteur  d'un  recueil  des  inscriptions 
antiques  de  la  province  de  Léon,  en  Espagne,  s'est  li- 
vré, depuis  que  les  troubles  politiques  de  sa  patrie 
Tout  amené  au  Puy,  à  l'étude  de  nos  inscriptions  gallo- 
romaines  du  Velay  et,  en  particulier,  de  la  ville  du  Puy, 
des  portes  romanes  de  la  cathédrale,  en  bois  sculpté, 
avec  ornementation  arabe,  et  du  texte,  au  point  de 
vue  exégétique  de  la  Bible  de  Théodulphe,  qu'il  con- 
sidère comme  le  manuscrit  le  plus  ancien  de  la  fa- 


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MAI.  77 

mille  isidorienne;  les  savantes  recherches  du  P.  Fita 
profiteroDl  certainement  à  nos  études  historiques,  et  la 
Société  a  tout  intérêt  à  ouvrir  ses  rangs  à  un  érudit 
aussi  distingué. 

Ces  quatre  candidatures,  mises  séparément  aux  voix, 
sont  adoptées  à  l'unanimité. 

£n  conséquence,  M.  le  Président  proclame  membres 
non  résidants  de  la  Société  MM.  de  Sartiges  d'Angles, 
Cohendy,  Garrucci  et  Fita. 

A  six  heures,  la  séance  est  levée. 

Le  Secrétaire, 
AuG.  CHASSAING. 


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SÉANCE   MENSUELLE 

DU  LUNDI  6  JUIN 


SOMMAIRE 

Lecture  da  procès-verbal.  —  Mus^b  :  Dons  par  MM.  Porral-Sabarot,  Lan- 
glois  et  Benoît;  acquisition  d'œiilëres  de  mulei.  —  Ouvrages  reçus  : 
Origine  des  roekee  et  formation  des  filous,  par  M.  J.  Dorihac;  ouvrage  de 
paléontologie,  par  le  docteur  anglais  Falconer;  brochure  sur  Voppidum 
de  Naves,  par  M.  Ad.  Flonest  ;  Monographie  de  fa  baronie  de  Bouzots,  par 
M.  du  Molin;  le*  Tabiettes  historiques  de  la  Haute- Loire  :  Désignation 
des  articles  contenus  dans  cette  publication;  Repue  des  Sociétés  savantes  : 
rapport  de  M.  Lacroix,  au  comité  archéologique  du  ministère  de  l'Instruc- 
tion publique ,  sur  les  Annales  de  la  Société  ;  le  Sud-Est  :  introduction 
en  France  d'une  nouvelle  race  ovine;  emploi  du  lil  de  fer  en  viticul- 
ture; Bulletin  de  la  Société  di* agriculture  de  la  Lozère,  guérison  des 
germes  maladifs  de  vers  li  soie.  —  Voies  dk  commua icai ions  :  Enquête 
ministérielle;  demande  d'améliorations  des  chemins  ruraux  par  syndicats 
obligatoires  ;  projet  du  chemin  de  fer  direct  de  Paris  à  Marseille  par  le 
Puy,  M.  Nicolas,  nommé  commissaire  par  la  Société.  —  AncHéoLOOiB  : 
Estrade  du  Puy  au  Fores;  mention  du  mémoire  de  M.  Aymard  par  la 
commission  impériale  de  la  carie  de  la  Gaule  ;  demande  de  la  carte  de  la 
botéue  par  cette  commission  ;  rapport  de  M.  Aymard  sur  des  substructions 
et  autres  antiquités  découvertes  an  Puy,  rue  Courrerie  et  place  du  Plot.  — 
Pkrsom?(bl  de  la  Société  :  Remercîmcnt  de  M  de  Sartiges  d'Angles  de  sa 
nomination  au  titre  de  membre  non  résidant;  nomination  de  M.  le  curé 
Frugère  au  titre  de  membre  résidant.  —  Publications  dr  la  Soci^t^  : 
Avis  de  la  réception  des  Annales  de  la  Société  par  le  ministère  de  l'Ins- 
truction publique  et  par  diverses  Sociétés  savantes. 


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jriN.  79 

Présidence  de  M.  de  Brive. 

M.  le  Vice-Secrétaire  lit  le  procès-verbal  de  la  pré- 
cédente séance,  lequel  est  adopté 

Dons  au  Musée.  -  L'Assemblée  accepte  avec  recon- 
naissance les  offrandes  suivantes  : 

4<>Par  M.  Porral-Sabarot,  ancien  négociant,  la  dé- 
pouille d'un  crocodile  ; 

%^  Par  M.  le  docteur  Langlois,  un  vase  en  faïence  en 
forme  de  slatoetle  représentant  la  Vierge  avec  son  en- 
fant. Cet  objet  a  é(é  apporté  de  Brioude; 

3*"  Par  M.  Benoit,  ancien  notaire,  une  médaille  en 
bronze  au  type  de  la  Confédération  des  Français, 
avec  exergue  portant  :  à  Paris,  le  4i  p.iillet  4790. 

M.  Ayraard  présente  de  nouveaux  et  curieux  spéci- 
mens d'œillères  de  mulet,  acquis  aux  environs  du  Puy 
et  destinés  à  la  collection  déjà  nombreuse  de  ces  pièces 
de  harnachement  historiés  qu'il  a  formée  au  Musée  et 
qu'à  son  exemple,  le  Musée  de  St-Germain  est  en  voie 
de  recueillir  pour  comparaisons  avec  des  plaques  éga- 
lement en  cuivre  usitées  aux  temps  des  Romains  et  des 
Gaulois  et  môme  à  l'un  des  âges  préhistoriques. 

Ouvrages  reçus.  —  Il  est  fait  hommage  à  la  Société 
des  publications  suivantes  qui  sont  l'objet  d'un  vote 
de  remerctments  : 

4«  Par  M.  J.  Dorlhac,  notre  confrère,  directeur  des 
mines  dans  la  Mayenne  et  très-honorablement  connu 
dans  la  science  par  ses  travaux  de  géologie  :  deux 
exemplaires  de  son  ouvrage  intitulé  :  Origine  des  ro- 


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Bû  HÉSUMÉ   DBS   SfiÀNGKS. 

ches  et  formation  des  filons,  L'auleur,  dans  une  let- 
tre d'envoi,  vent  bien  nous  informer  qa'il  offre  gratui- 
tement des  exemplaires  de  cet  ouvrage  à  tous  ceux  de 
nos  confrères  qui  lui  en  feront  la  demande  ; 

2*  Par  la  famille  du  savant  et  regretté  docteur 
anglais  Falconer  :  un  ouvrage  de  paléontologie  en 
deux  gros  volumes  avec  portrait  de  l'auteur  et  de  nom- 
breuses et  belles  planches,  ayant  pour  titre  :  Palœon- 
tological  memoirs  and  notes  of  the  late  Hugh  Fal- 
CONEU  A.  M.,  M.  D.,  etc.,  compiled  and  ediied  by 
Charles  iMurchison  M.  D.  F.R.R.,  etc.,  London, 
Robert  Ilardwicke,  1868,  in•8^  L'étude  des  fossiles  de 
notre  pays  dont  M.  Falconer  s'était  occupé,  et  les  re- 
lations scientifiques  que,  dans  un  voyage  au  Puy,  il 
avait  contractées  avec  plusieurs  de  nos  confrères,  fai- 
saient désirer  qu'il  nous  fût  possible  de  posséder  quel- 
qu'une de  ses  publications.  A  cet  effet,  M.  Chassaing, 
secrétaire  de  la  Société,  ayant  appris  la  mort  de  M.  Fal- 
coner, eut  la  bonne  pensée  de  s*adresser  à  sa  veuve, 
dont  l'obligeante  entremise  auprès  de  son  frère,  nous 
a  valu  cet  ouvrage  de  l'un  des  hommes  qui  ont  le  plus 
honoré  la  science  par  un  infatigable  dévouement,  au- 
tant que  par  ses  beaux  travaux  de  paléontologie  ; 

3*>  Par  M.  Edouard  Flouesl,  notre  confrère  et  com- 
patriote :  Deux  brochures  intitulées,  l'une  :  L'Oppidum 
de  Naves  (Gard);  l'autre  :  Cercueils  mérovingiens. 
Toutes  les  études  tendant  à  la  connaissance  trop  igno- 
rée de  la  civilisation  des  Gaulois  avant  l'occupation 
romaine  ont  un  tel  attrait  de  curiosité,  qu'elles  mul- 
tiplient les  recherches  sur  tous  les  points  de  la  France. 
G*est  ainsi  que  M.  Flouest,  après  nous  avoir  adressé,  il 


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JUiiv.  81 

y  a  pea  de  temps,  son  mémoire  sur  un  camp  gaulois, 
exploré  par  lui  à  Chassey,  dans  Saône-el-Loire,  pour- 
suit maintenant  de  semblables  investigations  en  Lan- 
guedoc, où  ses  travaux  sont  bien  accueillis  dans  les 
Sociétés  et  Coogrès  scientifiques.  Les  vestiges  de  l'op- 
pidum  dont  il  donne  aujourd'hui  une  intéressante 
description,  offrent  des  particularités  remarquables  dans 
le  plan  et  le  mode  de  construction  des  remparts  bâlis  à 
pierres  sèches  :  formés  de  deux  murailles  très-épaisses 
et  juxtaposées;  munis,  à  l'entrée  des  retranchements, 
d'avant-corps  semi-circulaires  en  forme  de  tours  plei- 
nes et  massives;  se- reliant,  dans  l'intérieur  de  l'en- 
ceinte, à  d'autres  murs  qui  divisent  la  surface  du  sol 
en  très-grands  compartiments ,  et  montrant ,  à  leur 
point  central  de  rencontre,  des  restes  «  d'une  sorte  de 
citadelle,  déforme  elliptique,  dont  la  puissante  masse, 
où  Ton  est  surpris  de  ne  rencontrer  aucun  vide , 
est  constituée  par  un  étrange  assemblage  de  murs 
juxtaposés  dans  toutes  les  directions,  sans  jamais  se 
pénétrer  les  uns  les  autres.  » 

M.  Ayraard  dit  que  Y  oppidum  de  Naves  est  certaine- 
ment un  type  important  de  ce  genre  d*enceintes  forti- 
fiées, au  moin#  chez  les  Volces  Arécomiques.  Le  système 
de  construction  des  murs  qu'il  nous  révèle  n'a  pas 
encore  été  observé  dans  notre  pays  où,  cependant, 
existe  un  beau  type  d'enceinte  de  remparts  plus  ou 
moins  antérieure  à  l'époque  romaine,  bordant  Tanti- 
que  estrade  du  Puy  à  Lyon,  aux  Barries,  entre  Yssin- 
geaux  et  St-Maurice.  Quant  aux  avant-corps  massifs,  la 
tradition  gauloise  paraît  les  avoir  conservés  chez  nous 
plus  ou  moins  longtemps,  si  Ton  en  juge  parles  tours 

TOME  XXXI.  6 


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8i  RÉSUMÉ    DES   SÉANGRS. 

pleines  qui  flanquent  les  angles  du  vieux  donjon  du 
chftteau  de  Bouzols.  M.  Flouest  signale  aussi,  parmi  les 
objels  trouvés  à  Naves,  une  pendeloque,  en  métal  coulé, 
vraisemblablement  de  baudrier  pour  épée  de  combat, 
dont  M.  Âymard  a  trouvé,  dans  la  Haute-Loire,  les  pa- 
reilles données  par  lui  au  Musée; 

4^  Par  M.  du  Molin,  notre  confrère  et  ancien  con- 
seiller à  la  cour  de  cassation  :  La  Monographie  de  la 
baronie  de  Bouzols  en  Velay.  Espérons  que  notre  com- 
patriote, dont  cet  ouvrage  dénote  la  consciencieuse 
érudition,  enrichira .  aussi  nos  Annales  p9LV  la  mise  au 
jour  de  ses  autres  études  sur  nos  baronies. 

La  deuxième  livraison  des  Tablettes  historiques  de 
la  Haute-Loire,  revue  mensuelle  à  laquelle  collaborent 
plusieurs  de  nos  confrères,  semble  promettre,  d'après 
la  variété  de  ses  articles,  de  justifier  les  souhaits  de 
longue  vie  que  M.  le  Président,  au  nom  de  la  Société, 
a  exprimés  dans  la  précédente  séance.  Cette  livraison 
est  composée  des  articles  suivants  :  4*  Le  monastère 
de  Vais  près  le  Puy,  étude  historique,  par  le  P.  Fila  ; 
^  édit  de  novembre  4696,  relatif  aux  familles  ayant 
pu  acquérir  droit  d'armoirie,  par  M.  4e  Lagrevol; 
3*  les  Chanoines  pauvres  du  Puy,  à  Torigioe  desquels 
Tauteur,  M.  l'abbé  Payrard,  se  propose  d'assigner  une 
charte  attribuée  à  Charlemagne  par  les  uns,  et  con- 
testée par  d'autres;  4o  Bellecombe,  abbaye  en  Velay, 
par  M.  du  Molin;  5*  Geoffroy  de  Pompadour,  évêque 
du  Puy,  par  M.  Ch.  Rocher. 

Dans  un  mpporl  au  Comité  historique  du  ministère 


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JUIN.  83 

de  rinstruction  publique,  inséré  dans  la  Revue  des 
Sociétés  savantes,  M.  Paul  Lacroix  (bibliophile  Jacob), 
donne  le  compte-rendu  très-explicite  des  travaux 
d'archéologie  et  d'histoire  qui  sont  consignés  aux  to- 
mes xxYii  et  XXVIII  des  Annales  de  notre  Société. 
En  vue  du  progrès  des  études  scientiflques  dans  notre 
pays,  on  nous  permettra  de  reproduire  quelques-unes 
des  appréciations  de  Téminent  rapporteur. 

M.  Lacroix,  tout  d'abord,  loue  la  Compagnie  d'avoir 
formé  «  un  Musée  archéologique  très-important,  que 
les  4ons  et  acquisitions  augmentent  sans  cesse  et  qui 
promet  de  devenir  un  des  plus  considérables  et  des 
plus  riches  de  la  France  centrale.  »  Après  avoir  si- 
gnalé les  acquisitions  les  plus  intéressantes  en  anti- 
quités gauloises,  romaines  et  du  moyen  âge,  et  cer- 
tains documents  qui  parfois  s'y  réfèrent,  il  fait  cette 
observation  très-judicieuse  que  :  «  les  Musées  viennent 
ainsi  en  aide  à  Tinterprétation  des  anciens  textes  et 
qu'ils  en  donnent  souvent  le  commentaire  matériel.  » 

Parmi  nos  diverses  collections  archéologiques  se 
trouve  une  série  assez  nombreuse  de  caries  à  jouer 
dont  plusieurs  fabriquées  au  Puy  môme,  au  moyen 
de  planches  xylographiques  que  nous  possédons  éga- 
lement. Quelques  spécimens  étrangers  au  pays  et  d'a- 
bord supposés  anciens,  que  la  Société  avait  acquis, 
ont  été  examinés  par  M.  Lacroix,  sur  des  calques 
qu'à  cet  effet  M.  Aymard  lui  avait  envoyés.  Le  rapport 
satisfait  à  cette  demande  de  renseignements  :  ces  piè- 
ces sont  des  reproductions  très- exactes,  faites  «  par 
le  procédé  Pilinski,  d'après  des  originaux  du  quin- 
zième siècle  qui  sont  chez  un  habitant  de  Tlsère.  » 


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84  RÉSUMÉ    DES   SÉANCES. 

A  ce  titre,  et  comme  d'autres  reproductioos  admises 
aujourd'hui  dans  les  Musées,  elles  méritent  d'autant 
plus  de  figurer  dans  nos  vitrines,  que  ces  cartes  sont 
inédites.  Souhaitons  cependant  qu'elles  soient  bientôt 
publiées  «  par  le  savant  M.  Merlin  qui,  ajoute  le 
rapport,  vient  d'achever  sa  monographie  de  ce  jeu  de 
cartes  de  la  guerre  ou  de  la  pucelle,  composé  de 
quarante  cartes  ou  figures.  »  De  plus,  félicitons- nous 
qu'un  hasard  heureux,  en  livrant  au  musée  d'intéres- 
sants fac-similé,  nous  ait  valu  les  instructives  indica- 
tions de  M.  Lacroix. 

Le  rapport  signale  ensuite  les  explorations  de  M.  Ây- 
mard  à  la  villa  de  la  Droit;  celles  de  la  cathédrale 
qui  lui  ont  fait  découvrir  les  restes  de  la  primitive 
église,  construite  à  la  fin  du  quatrième  siècle,  avec  des 
matériaux  provenant  de  monuments  antérieurs  ;  les 
fouilles  dans  les  rues  de  la  ville  du  Puy,  au  sujet 
desquelles,  dit  encore  M.  le  rapporteur,  «  nous  pour- 
rions demander  à  M.  A  y  mard  des  renseignements  sur 
la  manière  de  faire  des  fouilles,  de  les  diriger,  et  sur- 
tout d'en  tirer  des  inductions  précises  et  utiles  pour 
l'histoire  ancienne  de  la  localité....  Grâce  à  ce  sys- 
tème d'examen  minutieux,  il  a  pu  établir  avec  certi- 
tude la  topographie  primitive  de  la  ville  gauloise  et 
romaine.  »  M.  Lacroix  mentionne  également,  entr'au- 
tres,  la  dénomination  celtique  de  la  cité,  Adidon,  que 
notre  confrère  a  fait  revivre  d'après  une  antique 
inscription.  Enfin,  «  nous  en  sommes  à  désirer,  ajoute- 
t-il,  que  la  ville  actuelle  soit  remuée  de  fond  en  com- 
ble, pour  que  M.  Aymard  achève  de  nous  rendre, 
dans  ses  savantes  recherches,  la  ville  antique  et  la 


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jum.  85 

yille  du  moyen  Âge,  »  yœu  qui  sera  exaucé  :  Tédi- 
lité  pourvoit  en  ce  moment  à  de  grands  travaux  qui 
viennent  encore  de  livrer  à  l'histoire  de  la  cité  des 
révélations  curieuses. 

Le  rapport  rend  aussi  un  hommage  bien  mérité  à 
notre  généreuse  correspondante ,  M"^  la  baronne  de 
Boxberg,  «  peut-être  la  seule  femme  que  Tarchéolo- 
gie  compte  parmi  ses  prosélytes,  »  qui  ne  cesse  d'en- 
richir notre  Musée  par  des  offi*andes  d*antiquités  et 
par  des  moulages  que  ses  délicates  mains  savent  exé- 
cuter très-artistement,  ainsi  que  le  recueil  de  nos 
mémoires  par  des  communications  intéressantes,  avec 
platis  et  dessins,  sur  des  fouilles  faites  sous  sa  direc- 
tion en  différentes  localités. 

Le  mémoire  de  notre  confrère,  M.  le  comte  de  Cau- 
sans,  relatif  à  la  découverte  d*un  cachet  et  de  beaux 
et  très-rares  instruments  d'un  chirurgien  oculiste,  dans 
une  sépulture  romaine  à  St-Prival-d* Allier  (Haute- 
Loire},  n'a  pas  moins  provoqué  l'attention  de  H.  La- 
croix. Le  cachet,  avec  ses  curieuses  inscriptions,  avait 
été  publié  précédemment  par  M.  Herbert  et  puis  par 
M.  Sichel^  dans  son  Recueil  de  pierres  sigillaires 
d'oculistes  romains,  mais  d'après  des  empreintes  fau- 
tives. Le  travail  de  M.  de  Gausans  rectifie  les  leçons 
de  ces  textes  épigraphiques  que  divers  objets  et  des 
médailles  trouvées  dans  la  sépulture  font  dater  du  troi- 
sième siècle.  La  présence  de  haches  en  silex  taillé 
qu'on  y  a  aussi  rencontrées,  «  aflirme  une  fois  de  plus, 
ajoute  M.  Lacroix,  l'usage  (devenu)  exclusivement  syra- 
bolinue  de  ces  haches  qui  se  rapportent  peut-élre  à 
la  célèbre  formule  funéraire  sub  ascia.  » 


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86  RÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 

A  propos  de  certains  tissus  mentionnés  parfois  dans 
de  vieux  inventaires  des  joyaux  et  reliques  de  la  cathé- 
drale et,  d*après  les  remarques  de  M.  Aymard,  pouvant 
à  quelques  égards  donner  l'idée  d^une  sorte  de  dentelle, 
M.  Lacroix  exprime  aussi  ses  sympathies  pour  la  den- 
telle, «  une  des  plus  notables  productions  de  Tindustrie 
locale,  »  pour  laquelle  notre  généreux  et  bien  regretté 
compatriote,  Théodore  Falcon,  comme  on  sait,  a  fondé, 
danâ  une  de  nos  galeries,  un  véritable  Musée  qui 
s'accroît  incessamment  par  les  soins  de  ses  dignes  frè  - 
res,  MM.  César  et  Hector  Falcon.  Les  plus  anciens 
spécimens  déjà  recueillis  ne  sauraient  guère  remonter 
qu'au  seizièmç  siècle  ;  c'est  l'époque  où  la  plupart  des 
recueils  de  patrons  et  de  modèles  pour  fabriquer  la 
dentelle,  ont  été  publiés  en  Italie  ;  «  mais,  dit  M.  La- 
croix, il  est  certain  que  vers  le  quatorzième  siècle  et 
même  auparavant,  l'industrie  dentellière  florissait  dans 
le  Nord  et  le  Midi  de  la  France,  où  elle  avait  été  pro- 
bablement apportée  d'Orient,  à  la  suite  des  Croisades.  » 

«  Quant  au  mot  dentelle,  il  est  provençal,  dentelle 
et  dentilh,  dans  le  sens  de  créneau  ou  dentelure,  et 
il  est  fort  ancien,  car  on  le  trouve  dans  les  poésies 
des  troubadours.  Originairement,  la  dentelle  était  une 
toile  dentelée,  dont  la  trame  avait  été  divisée  en  une 
foule  de  compartiments,  à  l'aide  de  nouveaux  fils 
passés  et  repassés  dans  le  canevas,  de  manière  à  former 
des  dessins  à  jour  symétriques,  souvent  rehaussés 
en  soie  de  couleur  éclatante,  en  argent  et  en  or.  » 

Enfin,  notre  confrère,  M.  Chassaing,  n'a  pas  une 
moindre  part  aux  remarques  approbatives  et  savantes 
de  M.  Lacroix  concernant  «  une  bonne  dissertation 


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JUIN,  87 

sur  un  dénier  carloTingien,  >  au  type  du  roi  Raoul, 
frappé  au  Puy;  et,  en  outre,  au  sujet  de  deux  do- 
cuments publiés  aussi  dans  nos  Annales,  qui  sont 
l'inyentaire  des  meubjes  de  Pierre  Gogueil,  éréque 
du  Puy  en  1327,  et  la  quittance  d'un  trousseau  cons- 
titué en  dot  à  Delphine  Bravard  d*Eyssac,  en  1377. 
Parmi  les  expressions  fort  curieuses  de  cette  dernière 
pièce,  ayant  trait  à  la  toilette  des  élégantes  dames 
d'alors,  le  rapport  cite  celles  relatives  aux  fourrures 
qui  garnissaient  le  corset  ou  nircot  et  les  manches 
d'un  de  ces  vêtements  :  c  le  vair  (vars)  n'était  autre 
que  le  petit-gris  et  la  laitis$e  (lay lissas) ,  une  espèce 
d'hermine  ;  quant  au  booxirtz,  nous  sommes  réduits 
à  des  conjectures  qui  nous  porteraient  à  croire  que 
ce  serait  la  martre  zibeline.  » 

Remercions,  en  finissant,  MM.  Falcon,  Aymard, 
Chassaing  et  Lacroix  de  leurs  communs  efforts  pour 
mettre  en  lumière  les  gracieux  souvenirs  des  belles 
dames  du  bon  vieux  temps.  Les  sentiments  de  nos 
confrères  et  de  leur  digne  rapporteur  contrastent, 
hélas  !  avec  Tesprit  peu  chevaleresque  de  notre  époque. 

Après  avoir  entendu  avec  intérêt  l'exposé  sommaire 
du  rapport  de  M.  Lacroix,  quelques  membres  expri- 
ment leur  étonnement  qu'il  n*y  ait  pas  été  question 
d'autres  communications  et  mémoires  ayant  une  incon- 
testable valeur  scientifique,  lesquels  sont  insérés  aux 
mêmes  tomes  xxvii  et  xxviii  des  Annales,  entr'autres 
un  travail  historique  et  météorologique  sur  les  inonda- 
tions de  la  Haute-Loire,  par  M.  de  Brive  ;  les  Recherches 
sur  l'ancienne  bibliothèque  de  la  cathédrale  du  Puy, 
par  un  autre  de  nos  confrères,  M.  Léopold  Delisle,  mem- 


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88  RÉSUMÉ  DES  SEANCES. 

bre  de  Tlnstitut  ;  une  étude  non  moins  intéressante 
de  M .  Ernest  Vissaguet,  concernant  une  Lettre  de  ré- 
mmion,  donnée  aux  habitants  du  Puy,  en  1378,  au 
sujet  d'une  sédition  ;  le  Testament  de  Jean  de  Langeac 
(seizième  siècle),  et  les  Statuts  de  la  confrérie  de  l^o- 
tre-Dame-dU'Puy,  à  Limoges,  en  4425,  par  M.  Las- 
combe  ;  la  notice  de  M .  le  commandant  Parron,  sur 
l'aptitude  militaire  en  France,  suitiie  d'un  essai  de 
statistique  militaire  de  la  Haute-Loire  ;  le  mémoire 
de  M.  Vinay,  relatif  à  une  découverte  de  coquilles 
marines  fossiles,  dans  un  terrain  géologique  jusqu'a- 
lors inconnu  dans  la  Haute-Loire;  une  importante  com- 
munication de  M.  Cheyallier-Balme,  sur  des  essais  de 
reproduction,  faits  par  ce  fabricant,  de  dentelles  an- 
ciennes, etc.,  etc. 

M.  Aymard  manifeste  les  mêmes  regrets;  mais,  en  sa 
qualité  de  correspondant  des  Comités  historiques  du 
ministère,  il  explique  la  situation  qui  est  faite  aux 
Sociétés  s*occupant  des  sciences  diverses,  dont  chacune 
doit  ressortir  à  un  Comité  distinct.  Dans  la  répartition 
des  recueils  de  mémoires  des  Sociétés  savantes,  nos 
Annales  ont  été  attribuées  au  Comité  archéologique  ; 
c'est  pourquoi  M.  Lacroix  a  dû  borner  son  rapport  à  la 
menlion  des  recherches  concernant  les  aniit|uités. 

Néanmoins,  il  est  juste  de  dire  que,  par  une  excep- 
tion honorable  pour  la  Société,  M.  Ch.  Jourdain,  de 
son  côté,  a  rendu  compte,  au  Comité  historique,  du 
xxvii«  volume  des  Annales  et  apprécié  très-favorable- 
ment, entr'aiilres,  les  études  historiques  de  M.  de  Rrive 
sur  le  maréchal  de  Vaux  et  de  M.  du  Molin  sur  les 
d^Allègre  au  seizième  siècle. 


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JUIN.  89 

L'Assemblée,  reconnaissante  de  Tattention  qne  ces 
Comités  veulent  bien  donner  à  nos  publications,  considé- 
rant combien  il  peut  être  profitable  aux  progrès  des 
sciences,  des  lettres  et  des  arts,  que,  d'après  les  rues 
très-judicieuses  du  ministère  de  Tinstruction  publique, 
les  travaux  des  associations  de  la  province,  générale  - 
ment  peu  connus,  surtout  à  Paris,  soient  contrôlés  par 
les  savants  Comités  de  ce  ministère,  émet  le  vœu  qu'il 
soit  possible  à  MM.  les  rapporteurs  de  ces  Comités  de 
donner  leurs  appréciations  indistinctement  sur  les  prin- 
cipaux genres  d'études  compris  dans  les  recueils  des 
associations  scientifiques. 

Le  Sud-Est  préconise  l'introduction  en  France  d'une 
nouvelle  race  ovine  désignée  sous  le  nom  de  race  mal- 
taise. Son  aptitude  la  plus  haute  est  la  production  du 
lait.  C'est  à  ce  point  de  vue  qu'il  faudrait  conseiller  et 
suivre  son  acclimatation;  son  lait  est  doux,  onctueux, 
agréable  au  goût  et  nourrissant.  L'avantage  de  cette 
conquête  animale  serait  de  fournir  le  principal  aliment 
de  l'enfance,  dont  la  mortalité  déplorable  tient  beau- 
coup à  la  mauvaise  qualité  de  l'alimentation,  surtout 
dans  les  classes  pauvres.  Or,  une  brebis  laitière, 
d'acquisition  peu  coûteuse  et  d'entretien  peu  dispen- 
dieux, donnerait  sa  petite  récolte  de  laine  chaque  an- 
née, son  lait  tous  les  jours  et,  enfin,  sa  viande,  lors- 
que le  moment  serait  venu  de  la  livrer  elle-même  à 
l'alimentation.  C'est  donc  une  question  à  étudier  : 
car  l'application  facile  peut  donner  des  résultats  très- 
avantageux  ,  surtout  au  point  de  vue  des  classes  popu- 
laires. 


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90  RÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 

Le  même  joamal  renferme  un  article  sur  remploi  du 
fil  de  fer  dans  les  vignes,  et  d'nn  nonveau  fil  de  fer, 
appelé  doux-fort,  qui  réunit  une  certaine  souplesse  à 
la  plus  grande  ténacité.  Rappelons  à  ce  sujet  que  M.  de 
Macheco  fut,  dans  la  Haute-Loire,  l'introducteur  du 
système  du  fil  de  fer  pour  palissader  les  vignes. 

M.  Chou  von  assure  qu'il  y  a  économie  à  suivre  ce 
mode,  car  le  fil  de  fer  est  de  facile  acquisition,  de  fa- 
cile emploi  et  d'une  très-grande  commodité. 

M.  Plantade,  qui  Ta  expérimenté,  appuie  Topinion 
émise  par  M.  Chou  von. 

Cette  manière  de  palissade  est  donc  utile  à'suivre,  et 
elle  réunit  Tapprobalion  des  viticulteurs  de  la  So- 
ciété. 

Le  Bulletin  de  la  Société  académique  de  la  Lozère 
communique,  sous  le  nom  de  procédé  Labarthe,  un  pro- 
cédé pour  la  guérison  de  la  gattine  ou  pébrine  et  autres 
germes  maladifs  dans  les  graines  de  vers  à  soie  du  mû- 
rier. Ce  procédé  guérit,  non-seulement  de  la  maladie 
dès  les  premières  années  de  son  emploi ,  mais  encore, 
par  son  usage  constant,  répété  à  chaque  nouveau  grai- 
nage,  il  modifie,  au  bout  de  quelques  années,  les  races 
par  la  sélection  et  les  régénère.  Il  consiste  dans  trois 
lavages  que  Ton  fait  subir  aux  graines  au  moyen  de 
substances  naturelles,  correspondant  avec  les  diverses 
phases  ou  métamorphoses  vitales  des  corps  ammonia- 
caux, en  employant  des  réactifs  dissolvants  ou  causti- 
ques, inoffensifs  pour  les  jeunes  embryons  des  vers  à 
soie,  mais  frappant  de  mort  les  ferments  maladifs  eux- 
mêmes  jusque  dans  Tintérieur  des  graines.  Les  sérici- 


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ium.  91 

cnUeurs  pourront  consulter  avec  profit  cette  liyraison 
(mars  4870)  et  mettre  à  l'essai  ce  nouveau  procédé  im- 
portant dans  une  question  qui  touche  à  des  intérêts 
généraux  et  particuliers. 

Voies  de  communication.  —  Une  commission  d'en- 
quête administrative  sur  les  voies  de  communication  a 
été  instituée  par  décision  impériale  du  2  mars  1870. 
Elle  a  arrêté,  pour  servir  de  base  aux  dépositions  écri- 
tes et  verbales  des  intéressés,  deux  questionnaires  con- 
cernant les  pouls  et  chaussées  et  les  chemins  de  fer. 
C'est  là  ce  qui  résulte  d'une  lettre  adressée  par  M.  le 
Ministre  des  travaux  publics  h  la  chambre  d'agriculture 
de  l'arrondissement  du  Puy,  qui,  ne  fonctionnant  pas, 
est  suppléée,  en  ce  moment,  par  notre  Société,  à  la- 
quelle ont  été  transmis  la  dépêche  et  les  questionnaires 
ministériels. 

M.  le  Président  fait  observer  que  l'examen  de  toutes 
les  questions  énoncées  dans  ces  documents  prendrait 
trop  de  temps  :  une  séance  entière  de  la  Société  n'y 
suffirait  pas.  M.  le  Président  se  borne  à  dire  qu'en  ce 
qui  a  trait  aux  ponts  et  chaussées,  treize  articles  com- 
prennent des  demandes  de  renseignements  sur  toutes 
les  améliorations  (classements,  lacunes,  rectifications, 
entretiens,  ponts  à  péage,  police  des  routes,  etc.)  dont 
les  routes  nationales  et  départementales  pourraient 
être  susceptibles.  Vingt-huit  articles  sont  relatifs  aux 
voies  navigables  ;  quatorze  se  réfèrent  aux  ports  mari- 
times, et  sept  au  service  hydraulique  ou  à  certaines 
entreprises  ressortissant  aussi  à  l'administration  des 
travaux  publics,  principalement  celles  réclamées  dans 


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9â  RÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 

riniérét  de  la  salubrité  publiqme  et  des  amélioralions 
agricoles,  au  nombre  desquelles  se  classe  d'urgence, 
d'après  les  vues  de  notre  Société,  l'amélioration  des 
chemins  ruraux  par  syndicats  obligatoires. 

Le  questionnaire  spécialement  relatif  aux  chemins 
de  fer  se  rattache  à  un  système  d'enquêtes  périodiques 
qui,  entreprises  de  1833  à  4835,  ont  été  renouvelées 
surtout  en  4865  et  se  reproduisent  en  4870  (4).  Ce 
questionnaire  contient  soixante*deu\  articles  répartis 
en  quatre  divisions ,  sous  les  rubriques  :  construction , 
exploitation  (services  des  voyageure  et  des  marchandi- 
ses), transports  en  dehors  de  la  voie  ferrée,  objets 
divers.  A  cet  exposé,  M.  le  Président  ajoute  que  les  ré- 
ponses les  plus  urgentes  de  la  Société  portent  sur  deux 
points  :  4M*achèvement,  aussi  promptement  qu'il  sera 
possible,  de  la  ligne  du  Puy  à  Saint-Georges-d'Aurac; 
2"*  la  réalisation  d'un  vœu  que  rappelle  l'article  3  du 
questionnaire,  ainsi  conçu:  quelles  sont,  dans  leur 
ensemble,  les  lignes  d'intérêt  général  qu'il  convien- 
drait de  comprendre  dans  un  prochain  classement? 
Sous  ce  rapport,  la  Société,  encore  une  fois,  doit  recom- 
mander, comme  répondant  le  mieux  à  un  besoin  général 
et  à  celui  du  pays,  la  ligne  la  plus  directe  qu'il  soit 
possible  de  concevoir  de  Paris  à  Marseille,  par  Saint- 
Germaindes-Fossés,  Vichy,  Thiers,  Ambert,  le  Puy  et 


(1)  Au  moment  où  le  présent  procès-verbal  est  livré  ^  l'impression,  nous  de- 
vons dire  que  Tenquète  de  1870  ;i  été  inlerrompae  par  la  dernière  révolation  ; 
une  antre,  qui  a  été  ordonnée  par  l'Assemblée  lationale,  doit  y  donner  saite 
avec  on  programme  pins  étendu  (voyez  la  Bévue  des  Deux-Mondei,  n*  dn  15  fé* 
vrier  1879,  p.  860),  Note  de  M.  ÀvtMrd,  Prèndent  de  la  Société. 


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JUIN.  93 

la  vallée  de  la  Loire,  soit  que  la  voie  dût  être  conti- 
nuée vers  Aubenas,  soit  qu'elle  vtnt  se  souder  vers 
l'Allier,  sur  le  chemin  de  fer  d'Alais. 

La  Société,  tout  au  moins,  désire,  la  réalisation  très- 
prochaine  de  la  partie  de  cette  voie,  par  la  Loire,  entre 
le  Puy  et  TAllier. 

Quant  à  toutes  les  autres  questions,  elles  devront 
être  mûrement  examinées  par  ceux  de  nos  confrères 
qui  en  ont  fait  l'objet  spécial  de  leurs  études  et  qui 
sont  invités  par  M.  le  Président  à  prendre  connaissance 
des  documents  au  secrétariat  de  la  Société. 

L'Assemblée,  après  diverses  observations  échangées 
entre  quelques  membres,  est  d'avis  que  préalablement 
les  questionnaires  soient  remis  à  notre  confière,  M.  Ni- 
colas, conducteur  des  ponts  et  chaussées,  avec  prière 
qu'il  veuille  bien  soumettre  à  la  Société  un  travail 
préparatoire? 

Archéologie.  —  Voies  antiques.  —  Notre  confrère 
et  secrétaire,  M.  Chassaing,  dans  une  lettre  qu'il  a  re- 
çue de  M.  Anatole  de  Barthélémy,  secrétaire  de  la 
commission  topographique  de  la  Gaule,  lui  accusant 
réception  du  tome  xxix  de  no.s  Annales,  a  été  informé 
que  cette  commission  a  surtout  pris  connaissance  avec 
intérêt  du  mémoire  de  notre  vice-président,  M.  Ay- 
mard,  sur  VAncienne  route  ou  estrade  du  Puy  au 
Forez,  d'après  lequel  la  commission  pourra  faire  le 
tracé  de  cette  antique  voie  sur  la.  carte  de  la  Gaule. 

M.  de  Barthélémy,  en  même  temps,  demande  com- 
munication de  la  carte  de  la  voie  romaine  ou  bolène, 
dont  il  est  aussi  question  dans  ce  travail;  carte  conser- 


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94  RÉSUMÉ   DES   SÉANGRS. 

vée  au  Masëe  et  qu'avec  le  coocours  d'une  commission 
de  la  Société,  notre  confrère,  M.  Bretagne,  avait  fait 
exécuter  à  grande  échelle  pour  le  Congrès  scientifi- 
que duPuy,  en  4855. 

L'Assemblée  s'empresse  d'adhérer  à  cette  demande 
et  M.  Chassaing  est  prié  d'envoyer  la  carte  à  M.  de 
Barthélémy. 

Découverte  d'antiquités  au  Puy.  —  L'ordre  du  jour 
appelle  une  communication  de  M.  Âymard,  relative  à 
des  fouilles  qui  ont  été  faites  au  Puy,  en  i869  et  1870, 
dans  le  sol  de  la  rue  Courrerie  et  de  la  place  du  Plot, 
à  l'occasion  des  travaux  de  construction  d'un  grand  ca- 
nal collecteur  d'égout.  Notre  confrère  avait  eu  le  projet 
de  décrire  les  exhumations  qu'elles  ont  produites  dans 
un  travail  d'ensemble,  devant  comprendre  les  décou- 
vertes effectuées  dans  d'autres  rues,  lequel  aurait  fait 
suite  à  son  rapport  sur  des  fouilles  exécutées  en  4864, 
pour  la  conduite  des  eaux  de  fontaines  (4);  mais  cette 
nouvelle  exploration  ayant  donné  des  résultats  plus  re- 
marquables, l'invitait  à  les  publier  au  plus  tôt,  afin 
d'en  fixer  le  souvenir  dans  la  mémoire  des  nombreuses 
personnes,  entr'autres  de  la  plupart  des  membres  de 
la  Société,  qui  ont  suivi  avec  intérêt  toutes  ces  re- 
cherches. 

Avant  de  lire  son  rapport,  M.  Aymard  expose  aux 
regards  de  l'Assemblée  plusieurs  dessins  et  plans  très  dé- 
taillés des  fouilles.  On  y  voit  la  coupe  de  toutes  les  cou- 


(t)  Voyez,  aux  AnnaU»  de  la  Sociëlô  :  FonUle»  au  Puy  et  reekerchet  hit- 
tvriques  sur  cette  ftille,  tome  xxrii,  p.  355. 


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JUIN.  9o 

ches  de  terrains  ou  de  remblais  successifs  que  la 
tranchée  a  dévoilés,  dans  la  direction  de  Test  à  Touest  ; 
ainsi  que  différentes  substructions  antiques  et  du  moyen 
&ge,  et  des  sépultures  avec  ou  sans  tombe. 

Les  plans  montrent,  tout  d*abord,  à  rentrée  de  la  rue 
Courrerie,  joignant  la  place  du  Martouret,  et  à  la  pro- 
fondeur de  4  «  50  sous  le  pavé  actuel  de  la  rue,  un  reste 
d'antique  chaussée  dont  la  ruderatio  est  revêtue,  su- 
périeurement, d'une  summa  crusta,  pavée  à  dalles  ba- 
saltiques brutes  et  jointes  à  sec,  à  peu  près  comme  aux 
rues  de  Pompéi. 

Ce  dallage  est  surmonté  de  deux  ou  trois  lits  de  gra- 
vats et  de  terre  jeclisse,  qui  sont  postérieurs  à  Tépo- 
que  romaine. 

Il  y  a,  ensuite,  en  allant  toujours  vers  Touest,  des 
caves  de  maisons  qui  pénètrent  assez  avant  dans  le  sol 
de  la  rue  et  ne  montrent  aucuns  vestiges  antiques. 

A  ces  caves,  succède  un  puissant  et  long  remblai  de 
terre  argiloïde  et  de  gravats,  mélangés  avec  des  frag- 
ments de  tuiles  épaisses  à  rebords  (ùegulœ  hamatm)  et 
convexes  (imbrices)  et  avec  des  tessons  de  vases  romains 
variés  par  la  matière  et  les  formes.  Au-dessus,  on  ob- 
serve les  semblables  lits  du  moyen  âge,  avec  leur  mémo 
épaisseur  totale  de  4°"  50,-  que  déjà  nous  avons  vus  à 
rentrée  de  la  rue,  superposés  à  la  chaussée. 

Quant  à  la  chaussée,  on  n'en  tix)uve  plus  ici  aucune 
trace.  Evidemment  elle  avait  été  enlevée  avant  le  dé- 
pôt des  lits  supérieurs  et  remplacée  par  le  remblai,  plus 
ou  moins  de  temps  après  la  disparition  de  la  chaussée. 
Pour  quelle  nécessité,  dans  quelle  circonstance  extraor- 
dinaire? On  verra,  dans  le  rapport,  la  réponse,  très-plau- 


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96  RÉSUMÉ   DES   SÉANCES. 

sible,  que  notre  confrère  a  faile  à  ces  intéressantes 
questions. 

En  outre,  la  paroi  sud  de  la  tranchée  montre  la  fon- 
dation d'une  assez  longue  muraille,  brusquement  acci- 
dentée d'une  très-large  coupure,  postérieure  à  la  des- 
tination première  du  mur.  L'épaisseur  de  cette  muraille 
est  de  0,45;  son  système  de  construction  rappelle  la 
meilleure  et  la  plus  ancienne  époque  de  l'art  archilec- 
tonique  chez  les  Gallo-Romains  :  il  comporte  deux  pa- 
rements liés  par  un  blocage  de  pierres  et  de  mortier; 
des  assises  bien  réglées,  alternant  avec  de  minces  lits 
de  béton;  des  pierres  volcaniques  de  petit  appareil,  à 
joints  régulièrement  coupés;  enfin,  une  rangée  de  pier- 
res disposées  en  libages  à  une  certaine  hauteur  au-des- 
sus de  la  dernière  assise  inférieure . 

On  remarque,  ensuite,  sur  les  plans,  une  autre  fonda- 
tion de  muraille  en  continuation  de  la  précédente,  avec 
laquelle  elle  est  intimement  liée  ;  pareille  quant  à 
son  mode  de  construction,  mais  dont  elle  se  dislingue 
par  son  épaisseur  presque  double.  La  séparation  s'ac- 
centue également,  dans  le  haut,  par  une  forte  pierre 
de  taille  posée  à  1"  30  au-dessous  du  niveau  présumé 
de  la  chaussée  antique;  particularités  qui,  jointes  à  des 
indices  d'un  retour  de  mur  au  Sud,  révèlent  un  angle 
d'un  grand  corps  de  bâtiment. 

Quant  à  l'antique  destination  de  cet  édifice  ,  on 
verra,  dans  le  rapport,  qu'elle  peut  être  déduite  de 
l'emplacement  de  ces  curieuses  ruines  à  l'intersection 
de  routes  ou  des  rues,  qui  formaient  là  un  carrefour 
ou  quadrivium. 

Enfin,  à  1»  25  de  l'extrémité  ouest  de  la  môme  fon- 


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JUIN.  97 

dation  de  muraille,  s'ouvre,  à  sa  paroi  extérieure,  une 
liaute  galerie  souterraine,  voûtée  et  parbitement  cons- 
truite; grand  égout  ou  drain  collecteur  qui  se  prolonge 
sous  la  maison  voisine  et,  plus  loin,  sous  les  bâtiments 
du  tribunal  de  commerce.  Un  autre  canal  de  moindre 
hauteur,  et  perpendiculaire  à  la  galerie,  se  joint  à  elle 
et  doit  se  relier,  suivant  Topinion  de  notre  confrère,  à 
un  réseau  d'égouts  s*élendant,  d'après  différentes  don- 
nées, sous  le  sol  de  presque  toute  la  ville. 

Ce  dernier  canal,  parallèle  à  la  fondation  de  muraille 
dont  il  est  séparé  par  un  massif  de  maçonnerie  de 
0,70»,  laisse  voir,  comme  elle,  des  restes  très-reconnais- 
sables  sur  une  longueur  d'environ  H  mètres;  bien 
que  la  muraille  et  le  canal  soient  coupés,  en  plusieurs 
endroits,  par  des  murs  de  caves  plus  ou  moins  mo- 
dernes. 

Canal  et  muraille  disparaissent,  enfin,  parmi  de 
grandes  caves  qui  pénètrent  assez  avant  dans  le  sol  de 
la  place  du  Plot. 

Plus  loin  la  tranchée,  dans  son  parcours  jusqu'aux 
entrées  des  rues  Chaineboulerie  et  Panessac  où,  pro- 
visoirement, elle  finit,  dévoile  encore  des  fondations 
de  murs,  fort  anciens  sans  nul  doute ,  car  leur  dernière 
assise  supérieure  est  à  la  profondeur  remarquable  d'en- 
viron 3  mètres  sous  le  pavé  de  la  place  ;  et  immédia- 
tement au-dessus  d'elles,  sont  couchés,  depuis  long- 
temps aussi,  à  quelques  distances  les  uns  des  autres, 
des  squelettes  humains,  isolés  ou  enfermés  dans  des 
tombes.  En  optre,  l'imparfaite  construction  des  murs 
avec  appareil  irrégulier  de  pierres  brutes  et  diverse- 
ment grosses  (opus  incerttim),  avec  emploi  de  mortier 

TOME  XXXf.  7 


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98  UÉSUMK   DKS  SÉANCES. 

assez  mal  coadilionné,  trahit  un  travail  étranger  à  l'art 
romain,  soit  qu  il  faille  le  considérer  comme  lui  étant 
antérieur  ou  gaulois,  soit  un  peu  postérieur  ou  méro- 
vingien. 

De  plus,  toutes  ces  fondations  de  mui*s  —  qui  sonl 
de  môme  époque,  d'après  leur  forme  à  deux  paremenis 
identiques  et  leur  commune  épaisseur  de  0,50  h  0,55 
—  coupent  en  divei-s  sens  la  partie  inférieure  du  même 
remblai  de  terre  argiloïde  et  de  gravats  à  tuiles  épaisses 
et  à  poteries  romaines,  déjà  observé  dans  la  rue  Cou- 
rerie,  particularité  qui  n'est  pas  sans  importance. 

A  quelle  intention  avait-on  édiflé  cet  ensemble  de 
murs?  Dans  quel  but  les  avait-on,  ensuite,  presque 
complètement  rasés?  Comment  expliquer  ces  change- 
ments successifs  dans  la  topographie  de  ce  quartier  de 
la  ville,  suivis  d*un  dépôt  de  sépultures,  temporaire, 
si  l'on  en  juge  par  le  petit  nombre  des  inhumations? 

Ces  questions  éveillent  d'autant  plus  la  curiosité 
qu'elles  se  rattachent  à  des  causes  probablement  his- 
toriques, sur  lesquelles  sonl  absolument  muets  nos  plus 
vieux  documents  qui,  cependant,  remontent,  pour  ce 
même  quartier,  jusqu'au  dixième  siècle. 

C'est  à  l'étude  attentive  du  sol  qu*il  appartient  de 
livrer  le  secret  de  ces  ruines  qui  accusent  diverses 
époques.  Dans  ce  but,  auquel  le  rapport  de  notre  con- 
frère s'applique  à  donner  satisfaction,  M.  Aymard  prie 
l'Assemblée  de  remarquer,  sur  les  plans,  les  dispositions 
des  murs  et  des  sépultures,  la  situation  de  celles-ci, 
sur  une  seule  et  môme  ligne  de  niveau,  les  formes  ca- 
ractéristiques des  tombes,  en  un  mot  tout  ce  qui  se 
rapporte  à  ces  singulières  inhumations. 


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JUIN.  99 

L'atteutioD  de  l'Assemblée  est  appelée  ensuite  sur  les 
objets  provenant  des  fouilles.  Ils  sont  déposés  dans  trois 
yitrines.  Deux  pour  la  rue  Courrerie  et  pour  le  Plot 
contiennent  les  débris  d'antiquités  romaines  qu'on  a 
extraits  du  remblai  inférieur.  Ces  antiquités  sont  des 
moellons  cubiques  de  petit  appareil  qui  ont  été  déta- 
chés de  la  paroi  des  murailles  ;  des  tuiles  épaisses  pla- 
tes (tegulm)  et  convexes  (imbrices);  plusieurs  mor- 
ceaux de  marbre  pouvant  indiquer  des  revêtements 
ou  placages  de  murs;  des  restes  de  béton,  de  ciment 
et  d'enduits  de  murs,  nus  ou  peints  ;  des  carreaux  et 
ciavaux  en  brique  ;  des  tessons  de  poterie  de  tons  gen- 
res, parmi  lesquels  les  uns  donnent  Tidée  d'assez  gran- 
des urnes  {amphora  et  doliurn),  les  autres  révèlent 
des  vases  diversifiés  par  leurs  dimensions,  leurs  formes 
et  décors,  depuis  ceux  dits  samiens  en  argile  rouge  et 
très-fine ,  lustrés ,  lisses  ou  ornés  de  rinceaux  et  de 
sujets  en  relief,  depuis  des  poteries  à  couverte  métalli- 
que, et  d'autres  vases  en  terre  noire  fine  et  lustrée, 
jusqu'à  de  plus  communs  noirs,  gris,  blanchâtres,  rou- 
geâtres,  etc. 

On  y  voit  aussi  des  fragments  de  verre  blanc  et  bleu, 
ainsi  qne  des  clous,  des  chevilles  et  autres  débris  de 
ferrures  très-oxidées,  quelques  menus  objets  de  cuivre 
dont  une  fibule  ou  agraiïe,  de^s  os  d'animaux  domes- 
tiques, des  parcelles  de  charbon  de  bois  et  deux  mé- 
dailles romaines  qui  ont  été  découvertes,  ensemble, 
vers  l'entrée  de  la  rue  Panessac,  en  un  point  marqué 
sur  les  plans. 

Auprès  de  ces  antiquités,  est  placé  un  tronçon  de  co- 
lonne en  grès  très-dur,  dont  la  base  trahit  un  profil  an- 


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100  RÉSUMi    DES  SÉANCES. 

tique.  Il  a  été  retiré  de  la  cave  d*une  maison  contiguê 
à  la  tranchée,  sur  remplacement  de  l'antique  édifice 
dont  il  a  été  parlé.  Ce  morceau  a  été  offert  au  Musée 
par  M.  Henri  Souteyran,  propriétaire  de  la  maison. 

La  troisième  vitrine  renferme  des  objets  moins  an- 
ciens. Les  uns  ont  été  extraits  de  la  couche  inférieure 
du  remblai  superposé  aux  substructions  et  vestiges  ro< 
mains.  Tels  sont  des  fragments  de  tuiles  et  de  poteries, 
et  une  coquille  percée  (peeten)  de  pèlerin ,  trouvée 
dans  une  des  sépultures,  au  contact  des  os  de  l'épaule 
d'un  squelette.  D'auti*es  débris  proviennent  des  cou- 
ches supérieures.  On  y  voit  quelques  petites  monnaies 
du  moyen  âge  et  plus  ou  moins  modernes. 

Une  des  tombes  en  pierre  volcanique  a  été  apportée 
également  au  Musée.  Elle  est  placée  sous  les  yeux  de 
la  Société. 

Enfin,  noire  confrère  signale  à  la  gratitude  de  la  So- 
ciété le  concours  intelligent  et  zélé  qu'ont  prêté  à  ses 
explorations,  MM.  les  employés  du  bureau  d'archi- 
tecture de  la  ville  chargés  alternativement  de  la  sur- 
veillance des  travaux,  ainsi  que  MM.  les  entrepre- 
neurs, qui  ont  accepté,  de  bonne  grâce,  d'être  parfois 
importunés  par  les  recherches  ayant  pu  gêner  leurs 
travaux.  Suivant  les  instructions  qu'ils  avaient  re- 
çues de  l'autorité  municipale,  ces  Messieurs  ont  re- 
cueilli presque  tous  les  objets  qui  viennent  d'être 
mentionnés  et  dont  beaucoup  ont  même  été  extraits  par 
eux  des  couches  de  remblai,  de  manière  à  fournir 
d'exactes  notions  sur  leur  provenance.  Quant  aux  plans 
des  substructions  et  des  couches  du  teri*ain,  relevés 
avec  un  grand  soin  par  M.  Aymard,  il  a  été,  également, 


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jaifc.  <0< 

assista  dans  cette  pénible  opération  par  ces  excellents 
auxiliaires  dont  les  noms  inscrits  dans  les  vitrines  sont 
ceux  de  MM.  Martin,  architecte  en  chef,  Alphonse  Bes- 
son,  Malhieu  Mourgues,  Gustave  Blachëre  et  Joseph 
Rivet,  et  MM.  André  Bonhomme  et  Louis  Séjalon,  en- 
trepreneurs. 

Après  des  félicilations  qui  leur  sont  exprimées  par 
M.  le  Président  et  desremerctments  adressés  à  M.  Henri 
Souteyran  pour  son  offrande  de  la  colonne  trouvée 
dans  la  cave  de  sa  maison,  M.  Aymard  donne  lecture 
de  son  rapport.  Ce  compte-rendu,  très-complet  dans 
toutes  ses  parties,  a  été  écouté  avec  un  vif  intérêt  et 
TAssemblée  en  demande  l'impression  immédiate  dans 
les  Annales. 

Personnel  de  la  Société.  —  M.  le  baron  de  Sar- 
tiges  d'Angles,  membre  de  l'Académie  de  Clermont 
(Puy-de*-Déme],  dans  une  lettre  dont  il  est  fait  lecture, 
remercie  cordialement  la  Société  de  lui  avoir  conféré, 
dans  sa  séance  du  ^  mai,  le  titre  de  membre  non  rési- 
dant. Il  regrette  vivement  que  son  grand  ftge  ne  lui 
permette  pas  de  prendre  une  part  aussi  active  qu'il  le 
désirerait,  aux  travaux  de  la  Compagnie. 

M.  le  curé  Frugère,  membre  non  résidant,  écrit  pour 
solliciter  l'échange  de  son  titre  de  membre  non  rési- 
dant en  celui  de  membre  résidant.  Notre  confrère  dit 
que,  depuis  sa  réception  à  la  Société,  il  s'est  rendu  assi- 
dûment à  nos  réunions  mensuelles  qui,  dit-il,  ont  pour 
lui  d'autant  plus  d'intérêt  et  de  charme  qu'elles  sont  en 
harmonie  avec  ses  goûts,  et  couformes  à  l'objet  de  ses 
éludes  privées.  M.  Frugère  s'en  réfère,  comme  titre 


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ion  RESUME  DBS   SEANCES. 

d'admission  parmi  les  membres  résidants,  an  livre  qu'il 
a  publié  sur  VAposiolicité  de  l'Eglise  du  Velay. 

M.  le  Président,  en  consultant  l'Assemblée  sur  cette 
demande  légitimée  par  le  règlement,  rappelle  les  tra- 
vaux de  divers  genres  dont  M.  l'abbé  Frugère  a  entre- 
tenu la  Société  ;  les  communications  scientifiques  qu*à 
difTérentes  époques  il  lui  a  transmises;  son  livre  sur 
Tapostolicité  de  notre  Eglise  qui  a  été  accueilli  par 
les  félicitations  de  personnes  initiées  à  cette  question  ; 
enfin,  son  zèle  pour  les  explorations  archéologiques 
qui  l'a  porté  récemment  h  doter  le  Musée  d'intéres- 
santes découvertes. 

Aussi,  la  demande  de  M.  l'abbé  Frugère  est-elle  ac- 
ceptée à  l'unanimité  des  voix,  et  notre  confrère  est 
proclamé  membre  résidant. 

PuBUCATioifs  DE  LA  SOCIÉTÉ.  —  11  ost  douué  Commu- 
nication de  plusieui^  lettres  accusant  réception  du 
vingt-neuvième  volume  de  nos  Annales.  Elles  émanent 
du  Ministère  de  l'Instruction  publique,  de  l'Académie 
des  sciences  de  Paris,  des  Sociétés  académiques  d'Alais, 
d'Apt,  et  de  la  Société  des  antiquaires  de  Picardie. 

A  sept  heures  la  séance  est  levée. 

Le  Vice-Secréiaire, 
Aimé  GIRON, 


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SEANCE   MENSUELLE 

DU  LUNDI  4  JUILLET 

âOMMAIHIS 

Leelare  du  proeès-vefbal.  —  Mustfi  :  don  d'objets  en  silex  prëhistoriqoes,  par 
M"*  et  M.  de  Cardeoal.  Danger  de  détérioration  pour  les  tableaux.  Répara- 
tions nécessaires  à  la  toiture  du  Musée.—  Ouveagis  Rigus  :  brochure  con- 
cernaot  V Opinion  de  la  province  sur  la  question  des  arèms  gnllo-romaines 
de  Paris:  vœu  de  la  Société  pour  leur  conservation.  Tabl^lles  historiques 
de  la  HatUe-'Loire  :  article  de  cette  revue  an  sujet  des  divinités  Ididon  et 
Auguste,  nommées  sur  une  inscription  romaine  du  Pny  ;  opinions  de  MM.  Ay- 
mard  et  Sauzet.  Lettres  sur  l'Assemblée  législative  (1791-9â),  par  Rabns.<on- 
Lamotbe,  publiées  par  M.  Mège.  Annuaire  de  la  Société  des  agriculteurs 
de  France  :  article  sur  les  moissonnenses  ;  emploi  de  la  faux  au  lieu  de  la 
faucille;  décision  de  la  Société  pour  des  essais  de  moissonnage  ï  la  faux. 
Reçue  agricole  et  horticole  :  procédé  pour  la  conservation  des  pommes  de 

.  terre.  -—  Efisrionehiiit  igricolb  k  l'école  normale  du  Puy.  —  Etat  dbs 
■ifcoLTis  dans  le  département.  —  M^TionoLoo»  :  rapport  de  M.  Isidore 
Uedde,  proposant  la  ciéatlon  d'un  observatoire  sur  le  Meteuc.  Observations 
météorologiques  à  l'école  normale  du  Pny.  —  Yoiis  de  communication  : 
enquête  sur. les  routes  et  chemins  de  fer  dans  la  Haute-Loire;  rapport  de 
M.  Nicolas.  —  Nomismâtiqob  du  Put  :  deniers  d'argent  du  dixième  siècle 
frappés  aux  noms  du  roi  Raoul  et  de  la  ville  du  Puy;  communication  de 
M.  Gbassaing. 


Présidence  de  M.  de  Brive. 

Le  procès- Yerbal  est  lu  et  adopté. 


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104  RÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 

Musée.  Dons.  —  M.  Aimé  Giron,  vice-secrétaire,  ne 
pouvant  se  rendre  à  la  séance,  s'excuse  par  une  lettre 
dont  il  est  donné  lecture,  et.  dans  laquelle  il  offre  au 
Musée,  au  nom  de  M'"^  et  M.  de  Cardenal,  président  du 
comice  agricole  de  Villeneuve-sur-Lot,  et  par  Tinter- 
raédiaire  de  M.  Braud,  ancien  président  du  tribunal  de 
commerce  du  Puy,  des  objets  en  silex  recueillis  savam- 
ment par  M»«  de  Cardenal  dans  le  département  de 
Lot-et-Garonne. 

Cette  communication,  très-intéressante,  est  accueillie 
par  un  vote  de  remerclments  qui  seront  transmis  aux 
donateurs,  avec  prière  à  M"«  de  Cardenal  de  vouloir  bien 
nous  faire  un  rapport  succinct  sur  la  provenance  de  cha- 
cune de  ces  curieuses  pièces  d'antiquité  préhistorique. 

Conservation  des  tableaux.  —  Notre  confrère  ap- 
pelle en  même  temps  l'attention  de  la  Société  sur  le 
danger  de  détériorations  auxquelles  sont  exposés,  de 
la  part  des  visiteurs,  un  certain  nombre  de  tableaux 
qui  ont  été  décrochés  de  leurs  places,  et  exprime  le 
désir  qu'en  attendant  leur  réinstallation,  la  salle  où 
ils  se  trouvent  soit  interdite  au  public. 

M.  le  docteur  Langlois,  en  l'absence  de  M.  Viberl  père, 
conservateur  de  la  galerie  de  peinture,  explique  que 
rinfillration  de  l'humidité  le  long  d'un  mur,  —  due  à 
l'obstruction  par  la  gelée,  durant  l'hiver,  d'un  des 
chéneaux,  -—  a  nécessité  l'enlèvement  des  tableaux  qui 
pouvaient  souffrir  de  celte  infiltration  ;  leur  réintégra- 
tion en  place  n'est  possible  qu'après  des  réparations 
suffisantes  à  la  toiture. 

M.  le  Président  signalera  cet  état  de  choses  à  M.  le 
Maire  et  le  priera  d^  ppi;^rvoir  à  s^  prpippte  ej^safttipn. 


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JUILLET.  i05 

Ouvrages  reçus.  —  En  présentant  à  la  Compagnie 
une  brochure  intitulée  :  Opinion  de  la  province  sur  la 
question  des  arènes  gallo-romaines  de  Paris,  M.  le 
Président  rappelle  que,  depuis  la  dernière  séance,  la 
Société  académique  du  Puy  a  transmis  h  M.  le  Préfet  de 
la  Seine  une  pétition,  signée  de  la  presque  unanimité 
de  ses  membres,  pour  demander  le  rachat  et  la  conser- 
vation des  arènes  de  Paris.  Notre  Société,  au  sein  de 
laquelle  les  études  archéologiques  ont  été  toujours  en 
honneur  et  qui  a  recueilli  avec  une  sollicitude  si  jalouse 
nos  antiquités  locales,  s'est  fait  un  devoir  d'unir  sa  voix 
à  celle  des  autres  Sociétés  savantes  de  France,  pour 
sauver  un  monument  si  intéressant  au  point  de  vue  de 
la  science  et  de  notre  histoire  nationale.  Elle  regrette 
vivement  que  des  considérations  budgétaires  n'aient 
pas  permis  k  l'Etat  et  à  la  ville  de  Paris  de  répondre 
aux  vœux  du  monde  savant. 

A  propos  d'un  article  inséré  dans  les  Tablettes  histo- 
riques de  la  Haute-Loire,  sur  l'inscription  antique 
trouvée  au  Puy,  mentionnant  la  consécration  d'un  au- 
tel aux  dieux  Adidon  et  Auguste,  par  Sextus  Talo- 
nius  Musicus,  et  dans  lequel  est  mise  en  avant  l'opinion 
nouvelle  que  ce  personnage  serait  un  légionnaire  et 
Adidon  le  génie  de  la  légion,  M.  Aymard  fait  obser- 
ver que  cette  conjecture  ne  pourrait  avoir  de  va- 
leur scientifique  qu'autant  qu'elle  serait  appuyée  sur 
des  exemples  tirés  de  l'histoire  ou  de  l'épigraphie. 
Selon  notre  confrère,  la  seule  explication  acceptable 
pour  les  épigraphistes,  est  celle  qu'il  a  proposée  et  qui 
consiste  à  voir  dans  le  nom  d*Adidon  la  déification  de 


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10B  RÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 

la  ville  antique  représentée  au  sixième  siècle  par  Vurbs 
Vellava  (la  ville  capitale  des  Vellaves),  de  Grégoire  de 
Tours,  dont  Anicium,  d'après  cet  historien,  était  le 
Castrum.  Adidon  offrirait  deux  radicaux  gaulois  :  Adi- 
don,  mont  Adi  (mont  Dieu),  traduit  plus  tard  par  Po- 
dium A  nicii  (mont  Anis),  nom  vulgaire,  très- ancien  de 
la  même  ville.  Cette  interprétation  est  corroborée  par 
Fassociation  d'Adidon  et  d'Auguste  :  on  sait  que  lors- 
que ce  prince  fut  parvenu  à  l'empire,  durant  et  après 
son  règne,  le  culte  des  divinités  topiques  fut  souvent 
réuni  à  celui  de  la  divinité  de  Tempereur  :  numen 
Augusti,  devenu  le  génie  par  excellence  de  l'empire 
entier.  Le  flamen  augustalis  fut  le  prêtre  chargé  de 
desservir  ce  culte  qui  se  généralisa  dans  tout  le  monde 
romain.  Dans  les  Gaules  surtout,  on  a  trouvé  nombre 
d'inscriptions  se  rattachant  à  cette  institution  non  moins 
politique  que  religieuse  et  ofTVant  l'association  du  génie 
local  (désigné  souvent  par  le  nom  même  du  lieu  divi- 
nisé) et  de  la  personne  sacrée  d'Auguste.  L'inscription 
du  Puy  rentre  absolument  dans  cette  classe  (1). 

M.  l'abbé  Sauzet  préférerait  voir  dans  Adidon  une 
divinité  analogue  à  la  Fortuna  redux,  ou  divinité  de 
l'heureux  retour;  selon  lui,  l'inscription  serait  l'accom 
plissement  d'un  vœu  fait  par  Talonius  en  reconnais- 
sance d'un  heureux  voyage  ;  à  quoi  M.  Aymard  répond 
que  ni  l'histoire,  ni  l'épigraphie  romaine  ne  fournis- 
sent des  preuves  à  l'appui  de  cette  conjecture. 


(1)  Voyez,  ^  ee  sujet,  la  notiee  de  M.  Aymard  aux  Annales  de  la  Société, 
tom.  XXI,  p.  179. 


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JUILLET.  107 

M.  Francisque  Mëge,  de  Clermont,  membre  non 
résidant,  fait  hommage  d'un  volume  qu*il  vient  de  pu- 
blier sous  ce  titre  :  LeUres  $ur  l'Assemblée  le'gislaiive 
(1794-1792),  par  Rabussoû-Lamothe,  député  du  Puy-de- 
Dôme.  Ces  lettres,  écrites  à  la  municipalité  de  Clermonl- 
Ferrand,  contiennent  beaucoup  de  détails  curieux  sur 
les  débats  de  TAssemblée  législative  et  les  questions 
qui  s*y  agitèrent.  Leur  auteur,  Antoine  Rabusson-La- 
mothe,  né  à  Clermont,  le  13  juillet  1756,  fut  élu,  en 
septembre  1791,  le  douzième  des  députés  du  Puy-de- 
Dôme.  Il  vint  s'asseoir  sur  les  bancs  de  la  droite,  à  côté 
des  Ramond,  des  Vaublanc,  des  Beugnot,  des  Girardin 
et  autres  défenseurs  de  la  Constitution  de  1791.  Quoi- 
que doué  de  capacités  incontestables,  Lamothe,  neu- 
tralisé par  son  naturel  timide  et  craintif,  n'aborda 
jamais  la  tribune.  Il  ne  fut  pas  réélu  à  la  Convention 
nationale.  Le  16  ventôse  an  VIII  (7  mars  1800),  il  fut 
appelé  aux  fonctions  de  Préfet  de  la  Haute-Loire,  qu'il 
exerça  jusqu'au  commencement  de  1810.  La  notice 
biographique  dont  M.  Mège  a  fait  précéder  les  Lettres, 
est  le  résumé  de  recherches  d'autant  plus  difficiles  que 
le  personnage  qui  en  était  l'objet  avait  eu  un  rôle  po- 
litique assez  effacé.  Elle  intéressera  ce  département 
dont  M.  Lamothe  fut  le  premier  Préfet. 

VAnnuaire  de  la  Société  des  agriculteurs  de  France 
contient  un  travail  très-étendu  de  M.  Albaret,  sur  les 
moissonneuses. 

M.  le  Président  insiste  sur  l'avantage  de  l'emploi  de 
la  faux  au  lieu  de  la  faucille.  La  faux  permet  de  cou- 
per la  moisson  plus  bas  qu'avec  la  faucille  et  de  réaliser 


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408  RÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 

UDe  précieuse  économie  dans  la  paille,  si  rare  celle 
année.  Pour  délerminer  les  agriculteurs  à  recourir  à 
la  faux,  il  est  indispensable  de  leur  démontrer,  par 
une  expérience  sérieuse  et  exécutée  dans  des  condi- 
tions Yéritablement  pratiques,  la  supériorité  de  ce  pro- 
cédé. 

Un  concours  de  fauchage  opérant  sur  des  moissons 
de  rromeni  et  d'orge,  dans  un  champ  étendu  et  voisin 
de  la  ville,  attirerait  certainement  beaucoup  de  cu- 
rieux et  serait  un  très-utile  enseignement. 

La  Société  adopte  la  proposition  de  M.  le  Président. 
M.  Tagent-coniptable  avisera  au  moyen  de  procéder  à 
cette  expérience  le  plus  tôt  possible. 

La  Revue  agricole  et  horticole  préconise  un  procédé 
pour  la  conservation  des  pommes  de  terre.  La  plupart 
des  cultivateurs  rentrent  leurs  pommes  de  terre  dans 
des  caves  ou  des  silos  humides,  et  prennent  au  tas,  au 
moment  de  la  plantation,  la  quantité  qui  leur  est  néces- 
saire. C'est  une  double  faute  qu'ils  doivent  éviter,  s'ils 
veulent  préserver  leur  récolte  de  la  maladie  et  obtenir 
un  rendement  plus  considérable.  La  maladie  qui  sévit  si 
cruellement,  dans  certaines  années,  sur  la  pomme  de 
terre,  doit  être  presque  uniquement  attribuée,  suivant 
Tauteur,  à  la  germination  qui  se  produit  toujours  dans 
les  caves  ou  silos.  Une  pomme  de  terre  qui  aura  poussé 
plusieurs  germes,. épuisée  par  cette  germination  préma- 
turée, donnera  des  résultats  bien  moins  satisfaisants 
que  celle  dont  les  germes  se  développent  naiurellement, 
après  qu'elle  aura  été  oonQée  à  la  terre.  Pour  obvier  à 
ces  inconvénîenU,  l'auteur,  s'appuyant  sur  une  expé- 


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JUILLET.  409 

rience  personnelle  de  plusieurs  années,  recommande  de 
choisir,  après  la  récolte,  parmi  les  bonnes  moyennes, 
les  pommes  de  terre  que  Ton  destine  à  la  plantation  et 
de  les  conserver  dans  des  bottes  à  claire-voie  sur  toutes 
les  faces.  Ces  boites  à  claire-voie,  remplies  de  tuber- 
cules réservés  pour  la  plantation,  seront  placées  Tune 
sur  l'autre  dans  un  endroit  sec  et  à  Tabri  de  la  gelée, 
grenier  ou  grange;  le  lieu  choisi  doit  être  parfaitement 
aéré,  et  Tair  circuler  facilement  à  travers  les  bottes. 
Ainsi  conservés,  les  tubercules  possèdent  au  plus  haut 
degré  tous  les  éléments  nécessaires  à  la  reproduction, 
et  toutes  les  qualités  indispensables  à  Talimentation  de 
la  plante.  Il  est  à  remarquer  aussi  qu'ils  poussent  plus 
rapidement  et  mûrissent  avant  ceux  qui  sont  plantés 
dans  les  conditions  ordinaires. 

M.  le  Président,  tout  en  constatant  la  simplicité  du 
procédé,  fait  observer  que  cette  pratique  ne  pourrait, 
à  cause  des  soins  qu'elle  exige,  être  admise  dans  les 
grandes  exploitations  rurales;  mais  elle  conviendrait 
aux  petites. 

Le  Journal  d'agriculture  progressine  donne  des  dé- 
tails sur  la  baisse,  dans  la  région  du  centre,  du  prix 
des  animaux,  amenée  par  la  pénurie  des  fourrages.  Les 
jeunes  moutons  d'élève  valent  de  2  fr.  50  c.  à  3  fr. 
pièce  ;  un  propriétaire  a  acheté  cinq  cents  jeunes  mou- 
tons pour  1,400  fr.;  par  contre,  il  a  vendu  deux  mille 
quatre  cents  bottes  de  vieille  paille  2,400  fr.,  soit  \  fr. 
la  botte.  Dans  l'Ouest,  telle  paire  de  bœufs,  dont  le 
propriétaire  avait  refusé  1,000  fr.  dans  les  premiers 
jours  de  mai,  s'est  vendue  400  fr.,  il  y  a  quelques  jours. 


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410  RKSUMÉ   DES  SÉANCES. 

Enfin ,  dans  les  environs  de  Limoges,  tel  veau  qui  va- 
lait SOO  fr.  en  mai,  se  vend  aujourd'hui  80  fr.  à  peine. 
Au  Puy,  la  môme  baisse  s*esl  produite,  et  c'est  ainsi  que 
le  veau  est  descendu  du  cours  de  45  centimes  le  demi- 
kilogramme  à  25  centimes. 

Pour  combattre  la  disette  fourragère  que  la  prolon- 
gation de  la  sécheresse  rend  de  plus  en  plus  calami- 
teuse,  M.  Barrai,  dans  le  Bulletin  hebdomadaire  de 
l'agriculture,  recommande  remploi  de  la  paille  hachée 
mise  pendant  vingt-quatre  heures  à  macérer  dans  de 
l'eau  où  Ton  fera  préalablement  dissoudre  de  5  à  40/100 
de  mélasse.  L*eau  mélassée  donne  à  la  paille  des  qua- 
lités qui  la  font  manger  avec  plaisir  par  le  bétail.  Elle 
est  donc  d*une  digestion  plus  facile  et  par  suite  plus 
assimilable.  On  pourra  aussi  faire  mouiller  la  paille  ha- 
chée avec  des  eaux  salées  où  Ton  aura  mis  en  macéra- 
tion du  tourteau  en  poudre.  Enjoignant  celte  ressource 
aux  feuilles  que  Ton  pourra  retirer  des  forêts,  on  ga- 
gnera du  temps.  M.  Barrai  termine  en  conseillant  de  se 
préparer  à  profiter  des  pluies  pour  faire  des  ensemence- 
ments de  toutes  les  plantes  susceptibles  de  devenir  un 
aliment  pour  le  bétail  ;  c*est  le  seul  moyen  de  conjurer 
la  disette  de  viande  qui  nous  menace,  en  présence 
d'une  moisson  de  céréales  qui,  tous  les  jours,  est  da- 
vantage compromise. 

Enseignement  agricole.  —  Notre  confrère,  M.  Ni- 
colas, présente  la  liste  des  élèves-maîtres  qui  se  sont  le 
plus  distingués  dans  le  cours  d'agriculture,  enseigné 
par  lui  à  l'école  normale  du  Puy,  et  qui  lui  paraissent 
dignes  des  récompenses  que  la  Société  a  la  coutume  de 


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JUILLET.  414 

décerner  lous  les  ans.  Les  noms  de  ces  élèves  sont  ac- 
compagnés des  proposions  de  récompenses,  savoir  : 
Une  médaille  d'argent,  quatre  médailles  de  bronze  et 
deux  mentions  honorables.  Il  soumet  aussi,  suivant  Tu- 
sage,  les  compositions  d'agriculture  des  élèves. 

Notre  confrère,  en  constatant  le  peu  de  progrès  de 
renseignement  agricole  dans  les  campagnes,  fait  obser- 
ver que  les  professeurs  de  l'école  Normale  sont  sans 
action  sur  les  élèves  après  leur  sortie  de  Técole  ;  ceux- 
ci  ne  sont  plus  ni  sous  leur  direction,  ni  sous  leur  sur- 
veillance. C'est  de  M.  l'Inspecteur  d'Académie  qu'ils 
relèvent;  nul  doute  que  notre  honorable  confrère, 
M.  Béliben,  ne  s'empressera,  sur  le  désir  de  la  Société, 
de  stimuler  le  zèle  de  MM.  les  instituteurs  à  vulgariser 
autour  d'eux  les  notions  d'agriculture  pratique  qui 
leur  ont  été  enseignées  à  l'école  Normale. 

L'assemblée,  après  avoir  entendu  la  lecture  de  l'une 
des  compositions  relatives  aux  soins  à  xlonner  aux 
prairies  naturelles^  remercie  notre  zélé  confrère  et  ap- 
prouve le  classement  des  récompenses  qui  seront  décer- 
nées au  nom  et  aux  frais  de  la  Société. 

Etat  des  récoltes.  —  M.  le  Président  appelle  Tal- 
tenlion  de  la  Société  sur  la  situation  exacte  des  récolles 
dans  le  département.  Des  renseignements  fournis  par 
ceux  de  nos  confrères  qui  s'occupent  plus  spécialement 
d'agriculture,  il  résulte  que  les  prairies  naturelles,  ai- 
sément arrosées  par  les  cours  d'eau,  comme  dans  les 
vallées  de  la  Loire  à  Coubon,  de  la  Borne,  etc.,  ont 
donné  un  magnifique  produit;  les  prés  de  Chamalières 
n'ont  fourni  qu'un  cinquième  du  rendement  ordinaire; 


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H  2  RÉSUMÉ  DBS   SÉANGBS. 

dans  rarrondissement  de  Brioude,  un  quart  ;  dans  la 
montagne,  la  perte  est  en  général  de  la  moitié,  quelque- 
fois des  deux  tiers.  Quant  aux  foun-ages  artificiels,  la 
luzerne  a  donné  une  première  coupe  excellente  ;  la  se- 
conde n*est  pas  vigoureuse.  Les  (rèfles  ont  manqué  dans 
la  proportion  des  deux  tiers.  Les  sainfoins  ont  été  beaux. 
En  céréales,  les  froments  et  les  seigles  sont  partout  sa- 
tisfaisants. Les  orges,  belles  dans  les  fonds,  n*ont  pas 
réussi  dans  la  montagne.  Les  avoines  sont  partout  très- 
laides.  Les  légumineuses,  telles  que  lentilles,  fèves,  fé- 
veroUes  et  pois,  laissent  beaucoup  à  désirer.  Les  pom- 
mes de  terre  offrent  une  belle  végétation;  mais,  sans 
pluie,  les  tubercules  ne  pourront  grossir.  L'aoustoune  et 
la  marjolin  en  donnent  qui  ne  sont  pas  plus  gros  que 
des  noix.  £n  somme,  la  situation  est  loin  d'être  satisfai- 
sante. 

MÉTÉOROLOGIE.  —  M.  Isidoro  Hedde,  membre  non 
résidant,  adresse  la  communication  suivante  sur  les 
avantages  qu'il  y  aurait  à  établir,  au  sommet  de  la 
montagne  du  Mezenc,  un  observatoire  météorologique 
comme  celui  qui  va  être  placé  sur  le  Puy-de-Dôme  : 


Messieurs  , 

Je  dois  à  Tobligeance  de  notre  honoré  secrétaire , 
M.  Ghassaing ,  communication  d'une  notice  sur  la  rentrée 
solennelle  des  Facultés  des  sciences  et  des  lettres  de  l'A- 
cadémie de  Glermont-Ferrand.  Parmi  les  sujets  traités  dans 
cette  notice  est  une  étude  très-remarquable  de  M.  Alluard, 


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JUILLET.  M  3 

professeur  de  physique  à  ladite  Faculté,  et  qui  embrasse 
les  questions  les  plus  délicates  de  la  météorologie  télégra- 
phique, au  point  de  vue  spécial  de  l'agriculture,  mais 
ayant  pour  but  direct  la  création  d'un  observatoire  météo- 
rologique au  sommet  da  cône  volcanique  ,  le  Puy-de- 
Dôme. 

Vous  n'avez  pas  oublié,  Messieurs,  qu'en  1858  vous 
fûtes  invités  par  la  Société  impériale  et  centrale  d'agricul- 
ture à  recueillir  les  renseignements  nécessaires  pour  con- 
stater les  dégâts  causés  par  la  grêle,  et  à  rechercher  et  les 
causes  de  ces  fléaux  et  les  moyens  propres  à  les  conju- 
rer. Quelque  temps  après ,  vous  reçûtes  de  notre  confrère , 
si  justement  regretté,  M.  Bertrand  de  Doue,  et  de  notre 
honorable  confrère  ,  M.  Félix  Robert ,  des  observations 
très-précises  et  très-judicieuses  sur  les  causes  et  les  résul- 
tats de  ces  phénomènes  atmosphériques.  Le  premier  sur- 
tout ,  dans  une  série  de  mémoires  publiés  tant  dans  V An- 
nuaire météorologique  de  France  pour  1851  et  1857,  que 
dans  les  Annales  de  la  Société  académique  du  Puy-en-Velay, 
pour  1858,  a  été  un  des  premiers  à  ouvrir  la  voie  aux 
connaissances  météorologiques  dans  nos  contrées  ;  il  a  fait, 
pour  cette  partie  des  sciences  naturelles,  ce  qu'il  avait  déjà 
opéré  pour  l'étude  de  la  géologie.  Par  lui ,  nous  avons 
été  initiés ,  dès  cette  époque ,  aux  lois  qui  régissent ,  dans 
la  station  du  Puy-en-Velay,  la  direction  des  vents  su- 
périeurs et  inférieurs ,  aux  connaissances  des  principales 
causes  des  variations  atmosphériques  de  notre  climat. 

Ce  que  M.  Bertrand  de  Doue  avait  indiqué  ,  à  force 
d'observations  multiples  et  comparées ,  tant  au  moyen  des 
vigies  placées  à  Corneille  et  à  Doue,  que  par  ses  nombreu- 
ses et  importantes  relations  à  l'intérieur  et  à  l'extérieur, 

TOME  XXXI.  s 


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1U  RRSUMÉ   DES  SEANCES. 

M.  Alloard,  sans  sortir  de  son  cabinet  de  physiqae,  a 
trouvé  le  moyen  bien  simple  de  parvenir  à  la  découverte  de 
ces  phénomènes  atmosphériques,  à  les  signaler  à  Tavance 
et  à  prévenir  les  désastres  qui  frappent  si  soudainement  et 
si  cruellement  l'agriculture.  Il  suit  simplement  le  conseil  de 
l'illustre  Biot  :  c'est  de  prendre  la  météorologie  par  le  haut, 
au  lieu  de  la  prendre  par  le  bas,  ou  en  surface.  C'est 
dans  les  plus  hautes  régions  de  l'atmosphère,  comme  le  fit 
jadis  Gay-Lussac,  quand  il  s'éleva  à  plus,  de  8,000  mè- 
tres au-dessus  de  la  surface  de  la  mer,  qu'il  faut  aller  bur- 
prendre  les  secrets  de  la  nature,  qu'il  faut  aller  interro- 
ger les  causes  de  la  formation  de  la  grêle  ,  dont  la  théorie 
est  encore  pleine  de  mystères  ;  de  celle  des  nuages  et  de 
la  pluie  elle-même. 

M.  Âlluard,  dans  le  but  de  faciliter  Tétude  de  ces  graves 
questions  qui  intéressent  tant  l'agriculture,  propose  d'é- 
tablir un  observatoire  météorologique  au  sommet  du  Puy- 
de-Dôme,  qui  se  relierait,  tant  à  celui  déjà  établi  à  la 
Faculté  même  des  sciences  de  Giermont-Ferrand  qu'à  celui 
de  Mont-Souris ,  près  de  Paris  ,  et  que  le  Ministre  de 
rinstruction  publique  a  fait  récemment  établir,  sous  l'ha- 
bile direction  de  M.  Ste-Glaire  Deville.  D'après  M.  Alluard, 
une  somme  de  100,000  francs  serait  nécessaire  pour  l'é- 
rection et  les  frais  résultant  de  la  mise  en  exécution  de 
rétablissement  utile  qu'il  réclame.  Déjà  le  Corps  législatif 
a  été  saisi  de  ce  projet,  qui  sera  probablement  appuyé  par 
de  puissantes  influences.  Des  fonds  seront  votés,  qui  se 
joindront  naturellement  aux  souscriptions  publiques  ,  aux 
ressources  de  la  ville  et  du  département. 

Nous  devons  nous  associer  aux  vœux  formés  par 
M.  AUuard ,   mais  surtout  désirer  que  son    projet  trouve 


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JUILLET.  H  5 

beaucoup  d'imitateurs  ;  car,  plus  il  y  aura  de  stations  mé- 
téorologiques en  France,  plus  tôt  on  trouvera  les  moyens 
d'obvier  aux  fléaux  qui  désolent  notre  agriculture.  Mais 
n'oublions  pas  que  nous  avons  près  du  Puy-en-Velay ,  à 
27  kilomètres,  en  ligne  droite,  un  point  admirablement  si- 
tué, plus  propice  encore  que  le  Puy-de-Dôme,  pour  un 
observatoire  spécial  de  météorologie.  C'est  le  Mezenc,  — 
altitude,  1,778  mètres,  d'après  M.  Malègue,  — ce  géant 
des  pbonolitbes,  la  sommité  la  plus  visible  et  la  plus  acces- 
sible de  la  France  centrale,  et  qui  étend  sa  vue  sur  les  val- 
lées du  Rbône  et  de  la  Loire,  sur  toute  la  chaîne  des 
Alpes,  des  hautes  régions  de  la  Savoie,  des  montdgnes 
du  Jura,  de  la  Gôte-d'Or,  du  Cantal,  du  Puy-de-Dôme,  de 
la  Lozère ,  de  l' Aveyron ,  et  n'est  arrêtée  que  par  les 
dépressions  maritimes  dos  bords  de  la  Méditerranée. 
Voici  les  principales  hauteurs  qui  sont  vues  du  Mezenc 
ou  qui  sont  appelées  à  servir  de  points  de  repères  pour  des 
stations  météorologiques  : 

Mont  Blanc,  le  plus  haut  point  d'Europe. ...  4,810" 

Le  Cylindre  (Pyrénées) 3,369 

Ghamechaude,  au-dessus  de  la  Grande-Char- 
treuse    2,087 

Mont  Ventoux,  au-dessus  d'Avignon 1,960 

Pic  de  Sancy ,  aux  monts  Dore 1,886 

Plomb  du  Cantal 1 ,858 

Lozère 1,690  et  1,702 

Pierre-sur-Haute,  sur  la  limite  des  départe- 
ments de  la  Loire  et  du  Puy-de-Dôme 1 ,630 

Mont  Signon,   d'où   sort  le  Lignon  (Haute- 
Loire) 1,568 


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H6  UÉSUMÉ    DES   SÉANCES. 

Gerbier-de-Jonc,  d'où  sort  la  Loire  (Ardèche).       1,562" 

Puy-de-Dôme 1,465 

Pilât 1,434 

De  toutes  ces  sommités ,  le  Mezenc ,  à  l'altitude  de 
1,778™,  d'après  M.  Malègue,  est  encore  celle  qui  présente 
la  plus  heureuse  situation,  tant  à  cause  de  son  accessibilité 
que  pour  la  facilité  et  la  transmission  des  observations.  Le 
Mezenc  se  trouve  en  face  et  à  1,027  mètres  au-dessus  du 
sommet  de  Corneille  (ait.  761™),  qui  domine  la  ville  du 
Puy-en-Velay  (ait.  629™).  Cinq  cent  quarante  poteaux 
télégraphiques,  espacés  de  50  mètres,  suffiraient  pour  le 
relier  au  sommet  du  Mezenc,  à  l'endroit  où  sa  trouve  la 
croix,  point  de  triangulation  marqué  sur  la  carte  de  Tétat- 
major,  limite  des  départements  de  la  Hauto-Loire  et  de 
TArdèche. 

On  pourrait  môme  se  dispenser  de  s'installer  au  sommet 
de  Corneille.  Il  existe,  à  la  hauteur  du  seuil  de  la  Cathé- 
drale (ait.  707™),  dans  une  maison  faisant  partie  de  l'ancien 
couvent  de  Sainte-Catherine,  au-dessus  du  réservoir  infé- 
rieur des  eaux  de  la  ville,  maison  appartenant  à  M.  le  curé 
Péala,  un  pavillon  inoccupé  qui  domine  les  jardins  du  Sé- 
minaire, et  d'où  la  vue  s'étend  sur  toute  la  chaîne  du  Mé- 
gal  et  du  Mezenc  :  ce  petit  pavillon  pourrait  momentané- 
ment servir,  sans  frais,  de  station  correspondante. 

Les  frais  d'installation  au  Mezenc  ne  seraient  pas,  non 
plus,  bien  considérables ,  par  suite  des  matériaux  propices 
qui  existent  sur  les  lieux  et  par  la  facilité  des  communi- 
cations, tant  avec  la  maison  des  gardes  forestiers,  qui  est  à 
un  quart-d'heure  ou  un  kilomètre  de  distance,  qu'avec  le 
village  même  des  Estables,  qui  est  à  demi-heure  ou  2  ki- 


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JUILLET.  117 

lomètres  au  plus  de  distance  da  point  culminant.  Nul 
doute  que  l'on  ne  trouvât  dans  ce  voisinage  de  nouvelles 
conditions  de  facilités  pour  l'établissement  et  le  fonction- 
nement d'un  observatoire.  Il  ne  faut  pas  oublier  aussi,  qu'à 
l'aide  d'une  lunette  ordinaire,  on  pourrait  facilement  cor- 
respondre du  Mezenc  à  Corneille,  en  employant  des  si- 
gnaux télégraphiques  et  en  attendant  que  les  fonds  néces- 
saires fussent  recueillis  et  les  travaux  teraûiiés.  Je  suis 
convaincu  qu'avec  une  somme  de  10,000  fr.,  on  pourrait 
parfaitement  venir  à  bout  d'installer  ce  service  complet,  et 
qu'avec  une  somme  bien  moindre  encore,  mais  avec  le 
concours  habituel  de  personnes  dotées  du  feu  sacré  de  r*a- 
mour  du  pays,  on  parviendrait  à  suppléer  momentanément 
au  défaut  de  la  somme  nécessaire.  Dans  ce  but,  je  souscri* 
rais  pour  une  somme  égale  à  la  plus  forte  qui  serait  offerte. 
Puissent  mes  vœux  trouver  de  l'écho,  non- seulement 
pour  la  réussite  d'un  observatoire  sur  le  Mezenc,  un  des 
sommets  de  l'Europe  les*  plus  propres  à  favoriser  l'étude  des 
questions  météorologiques  ! 

M.  le  Président,  eu  exprimanl  à  M.  Hedde  les  re- 
rnerciemenls  de  la  Compagnie,  conslale  que  le  projet 
(lout  notre  confrère  vient  d'émettre  le  vœu  repose  sur 
une  idée  sérieuse  et  féconde;  malheureusement  l'ab- 
sence de  ressources  s*opposera  longtemps  à  son  exè- 
calion  ;  notre  confrère  n'en  aura  pas  moins  l'honneur 
d'y  avoir  songé  le  premier  et  de  l'avoir  signalé  à 
rattention  des  hommes  spéciaux. 

M.  Nicolas  présente  les  observations  météorologiques 
failes  sous  sa  direction,  ù  l'école  normale  du  Puy.  Noire 


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148  RÉSUMÉ   DÉS  SÉANCES. 

confrère  signale  les  noms  des  élèyes-maltres  de  cette 
école  qui,  déjà  bien  expérimentés,  Tont  aidé  assidûment 
dans  ce  genre  d'études. 

L'Assemblée  les  en  félicite  et  décide,  suivant  Tusage, 
la  publication  des  tableaux  météorologiques  dans  les 
Annales. 

Voies  DE  GOMMUFiiGATiON.  RouUs  et  chemins  de  fer 
du  département. —  La  Société  ayant  pris  connais- 
sance, dans  sa  séance  du  6  juin,  du  questionnaire  re- 
latif à  une  onquéle  administrative  sur  les  travaux  pu- 
blics, avait  chargé  M.  Nicolas  de  lui  soumettre  un 
travail  à  ce  sujet.  Notre  confrère  s'est  empressé  de  sa- 
tisfaire au  désir  de  la  compagnie.  En  conséquence,  il 
donne  lecture  des  questions  et  réponses  suivantes ,  les 
seules  qui  se  rapportent  au  département  : 

PONTS  ET  CHAUSSÉES. 

ROUTES   ET  PONTS. 

1 .  —  QiteUes  sont  les  lacunes  que  présentent  les  routes 
nationales  actueUement  classées? 

Réponse.  Il  n'existe  pas  de  lacunes. 

2.  —  Quelles  sont  les  rectifications  que  ces  routes  com- 
portent ? 

R.  Ces  rectificatioDs  sont  : 

Route  n**  88,  de  Lyon  à  Toulouse.  —  Rectification  par 
la  vallée  do  la  Loire,  entre  Vorey  et  la  limite  du  départe  - 
ment  de  la  Loire,  sur  environ  57  kilomètres; 

La  route  actuelle,  entre  Brives  et  le  pont  de  Lignon  de- 


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iCILLET.  419 

vant  être  conservée,  il  y  aura  à  rectifier  la  partie  comprise 
entre  Blavozy  et  St-Hostien  en  deçà  d'Yssingeaux  et  la 
descente  du  pont  de  Lignon  au  delà  de  cette  ville  ; 

Route  n*  102,  de  Viviers  à  Glermont.  —  Il  y  aurait  à 
rectifier  la  partie  comprise  entre  le  Marcet  et  le  pont  de 
Yieille-Brioude,  sur  une  longueur  de  plus  de  1 1  kilomè- 
tres ;  maiS)  depuis  l'ouverture  du  chemin  de  fer  de  Brioude 
à  Alais,  cette  rectification  n'a  plus  de  raison  d'être.  La 
côte  du  Rayol,  entre  la  Sauvetat  et  Pradelles  a  aussi  be- 
soin d'amélioration  ; 

Route  n*  103,  de  Lavoulte  (Rhône)  à  la  vallée  de  la 
Loire,  à  Retoumac.  —  L'achèvement  de  la  construction 
entre  le  col  de  la  Batterie  et  Tence,  sur  5  kilomètres  de 
longueur.  —  La  construction  du  pont  sur  le  Lignon,  à 
Tence,  et  de  ses  abords,  sur  un  demi  kilomètre  de  longueur  ; 

Route  no  105,  du  Puy  à  Annonay.  —  La  rectification 
des  côtes  de  Bessamorel  et  d'Yssingeaux,  sur  7  kilomètres. 
—  La  rectification  de  la  côte  de  la  Gollange,  entre  Mont- 
faucon  et  le  village  de  Franc,  sur  7  kilomètres. 

3.  —  Les  besoins  de  la  circulation  exigent-ils  Vinscription 
de  nouveUes  routes  au  tableau  des  roiUes  nationales  ou  le  pro- 
longement desdites  routes  ? 

R.  Affirmative. 

4.  —  QueUe  dépense  approximative  entraîneraient  ces  di- 
oerses  entreprises  f 

R,  Ces  diverses  entreprises  sont  évaluées  à  environ 
4,000,000  francs. 

5.  —  Quels  avantages  devrait-on  en  altendre? 

R.  La  réduction  notable  des  prix  de  transports  qui  en 
résulterait,  développerait  le  commerce,  appellerait  l'indus- 
trie et  profiterait  beaucoup  à  l'agriculture  dont  les  riches- 


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1B0  RÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 

Res  f6rd<}tières  et  les  récoltes  en  foin  et  (céréales  s'expor- 
tent an  loin.  Ces  rectifications  ont  même  un  certain 
caractère  d'urgence,  attendu  que  les  routes  départementales 
et  les  chemins  vicinaux  ayant  reçu,  ces  dernières  années, 
des  améliorations  considérables,  à  la  suite  des  emprunts 
successifs  du  département,  les  routes  nationales  sur  les* 
quelles  les  voies  départementales  et  communales  viennent 
aboutir,  ne  peuvent  rester  avec  un  tracé  inférieur  à  celui 
de  ces  voies  locales. 

6.  —  Quel  est  l'ordre  de  priorité  à  assigner  à  chactme 
d'elles? 

R,  Rectification  de  la  route  n'»  88  par  la  vallée  de  la 
Loire,  entre  Vorey  et  le  département  de  la  Loire.  Rectifi- 
cation de  la  route  actuelle  entre  Blavozy  et  St-Hostien ,  et 
entre  Yssingeaux  et  le  pont  de  Lignon. 

Achèvement  de  la  route  n°  103,  entre  le  col  de  la  Bat- 
terie et  Tence,  y  compris  la  reconstruction  du  pont  de 
Tence,  sur  le  Lignon  et  ses  abords. 

Rectification  des  côtes  de  Bessamorel  et  d'Yssin«eaux, 
route  nationale  n"  105. 

Rectification  de  la  côte  de  la  Col  lange,  même  route 
nM05. 

Enfin  rectification  de  la  côte  du  Rayol,  sur  la  route  natio- 
nale n'  102,  vers  Pradelles;  et  rcMtification  do  la  côte  du 
Marcel  à  Vieille -Brioude. 

7.  -  L'entretien  des  routes  nationales  est-il  suffisamment 
assuré  au  moyen  des  allocations  budgétaires  actuelles  ? 

•  /?.  L'allocation  actuelle  est  insuffisante. 

8.  —  S'il  y  a  insuffisance,  à  quel  chiffre  s'étève-t  elle  ? 

B.  Cette  insuffisance  est  estimée  à  environ  I ;4  du  crédit 
actuel. 


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jriLLET.  \2\ 

^.  —  Les  chaussées  empierrées  des  routes  nationales  ont- 
elles  conservé  une  épaisseur  suffisante?  —  Les  chaussées  pa- 
vées sont-elles  toutes  dans  un  état  de  viabilité  satisfaisant  ?  — 
Dans  le  cas  contraire,  quelle  somme  faudrait-il  dépenser  pour 
les  remettre  en  bon  état  ? 

B,  Les  chaussées  d'empierrement  des  routes  nationales 
n'ont  pas  conservé  une  épaisseur  suffisante;  en  beaucoup 
d'endroits  elles  se  rédui?ent  à  quatre  et  cinq  cer.timètres 
d'épaisseur.  Pour  ramener  les  chaussées  à  une  épaisseur  suf- 
fisante, il  faudrait  les  recharger  sur  une  grande  longueur. 

10.  —  L'influence  de  l'établissement  des  chemins  de  fer 
sur  la  circulation  des  routes  nationales  et  sur  les  frais  d'entre- 
tien queUes  comportent  est-elle  de  nature  à  motiver  leur  dé- 
classement total  ou  partiel  ? 

y?.  Aucune  des  routes  n'est  dans  ce  cas. 

11.  —  Les  routes  nationales  présentent -elles  des  excé- 
dants de  largeur  ?  —  Dans  Vafflrmative,  quel  serait  le  meil- 
leur moyen  de  tirer  parti  de  ces  excédants  au  profit  du  Trésor 
public,  soit  par  des  plantations,  sbit  par  des  aliénations,  si  elles 
étaient  reconnues  possibles? 

/?.  Les  excédants  de  largeur  peuvent  être  utilisés  à  des 
plantations,  qui,  au  bout  d'un  certain  nombre  d'années,  pro- 
cureront un  bon  bénéfice  à  l'État  et  rendront  des  services 
à  l'industrie.  A  cet  égard,  les  essences  qui  ont  le  mieux 
réussi  sont  les  sycomores,  les  platanes,  etc. 

12.  —  Quels  sont  les  ponts  à  péage  faisant  partie  des  rou- 
tes nationales  qu'il  conviendrait  de  racheter  ?  -  A  combien 
s'élèveraient  ajjproximativement  les  dépenses  de  ces  rachats  et 
quelles  mesures  seraient  à  prendre  pour  y  parvenir  ? 

R.  Il  n'y  a  actuellement  aucun  pont  suspendu  à  péage 
sur  les  routes  nationales. 


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^n  RÉSUMÉ  DES  SÉANGBS. 

13.  —  y  a^t-U  des  amélioreUioru  à  apporter  dans  la  légis- 
lation ou  dans  les  règlements  en  vigueur  touchant  la  construc- 
tion, la  circulation  et  la  police  des  routes  nationales  et 
départementales,  notamment  en  ce  qui  concerne  le  droit  d* ex- 
traction des  matériaux  sur  les  propriétés  riveraines  et  la  ser- 
vitude  d'alignement  sur  les  voies  publiques  du  domaine  de  la 
grande  voirie  ? 

R,  Non  :  on  regarde  la  législation  actuelle  comme  indis- 
pensable. 

Y0IE8  NAVIGABLES. 

14.  —  Quelle  est  la  nature  des  principaux  transports  qui 
intéressent  le  déposant  sur  chaque  réseau;  quels  sont  les  points 
principaux  entre  lesquels  s'établissent  ces  transports  ? 

R,  Autrefois,  on  construisait  au  port  de  Lamothe,  près 
Brioude,  des  bateaux  de  grandes  dimensions  pour  les  trans- 
ports des  vins  et  des  barytes  ;  les  bois  se  transportaient 
sous  forme  de  radeaux.  Mais  ce  genre  d'industrie  a  cessé 
dès  le  jour  où  le  chemin  de  fer  a  été  ouvert  à  Brioude. 


SERVICE  HYDRAULIQUE. 

56.  —  QmIUs  entreprises,  ressortissant  à  l'administra- 
lion  des  travaux  publics^  sont  réclamées  dans  l'intérêt  de  la 
salubrité  publique  ou  des  améliorations  agricoles  f 

Destruction  de  foyers  d'infection.  —  Dessèchement  de  ma- 
rais. —  Établissement  de  routes  agricoles.  —  Canaux  d'ar- 
rosage. —  Colmatages.  — Réservoirs  d'eau  à  établir  en  mon- 
tagne. 


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JUILLET.  423 

R,  A  ce  numéro,  il  est  fait  mention  de  l'établissement 
de  routes  agricoles.  — ^  Quoique  l'administration  des  ponts 
et  chaussées  n*ait  pas  été  saisie  jusqu'à  présent  de  projets 
de  ce  genre,  il  n*est  pas  moins  vrai  que  les  voies  agricoles 
ou  rurales  sont  appelées  à  rendre  des  services  signalés  dans 
notre  pays.  Il  faudrait  seulement  les  établir  à  peu  de  frais, 
comme  la  Société  en  a  exprimé  le  vœu,  par  voie  de 
syndicats  rendus  obligatoires.  H  serait  bon  d'admettre  des 
largeurs  minimum  pour  ces  chemins  :  trois  mètres  par 
exemple,  et  d'éviter  autant  que  possible  les  gros  déblais 
et  remblais.  Le  résultat  pourrait  être  atteint  en  admet- 
tant des  pentes  et  rampes  de  8  à  10  centimètres  sur  les 
points  les  plus  accidentés.  Les  courbes,  réduites  à  iO  et 
]5  mètres  de  rayon,  permettraient  aussi  de  diminuer  les 
dépenses.  Il  y  aurait  peut-être  à  établir  une  réglementa- 
tion  pour  ces  voies,  tant  sous  le  rapport  des  tracés  que 
sons  le  rapport  des  terrains  à  acquérir.  Déjà  des  chemins 
ruraux  ont  été  établis  dans  quelques  coïnmunes,  notam- 
ment dans  celle  de  Vais,  par  des  intéressés  associés  en 
syndicats,  sous  la  direction  très-zélée  de  M.  Aymard,  alors 
maire  de  cette  commune,  et  les  résultats  obtenus  sont  mar- 
quants :  enlèvement  d'amas  de  pierres  déposés  souvent  sur 
certaines  parties  des  champs  et  utilisés  pour  les  chaussées 
de  chemins;  diminution  de  fpais  de  transports  pour  les  en- 
grais et  les  récoltes  et,  par  suite,  augmentation  de  pro- 
duits et  de  valeur  du  terrain. 

n  est,  également,  fait  mention  du  dessèchement  des  ma- 
rais. —  L'administration  des  ponts  et  chaussées  a  fait 
l'étude  du  dessèchement  du  marais  de  Marsilhac,  dans  la 
commune  du  Bouchet-Saint-Nicolas.  Ce  projet,  qui  était 
appelé  à  augmenter  considérablement  la  valeur  de  ce  ma- 


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124  nÉSUMÉ   DES   SKA^CES. 

rais  d*une  contenance  de  quatre-vingts  hectares,  a  amené 
des  réclamations  de  la  part  des  habitants  du  Bouchet  qui 
ont  préféré  alotir  ce  communal.  Cette  propriété,  qu*on 
aurait  pu  évaluer  à  30,000  francs,  aurait  atteint  le  chiffre 
de  plus  de  160,000  francs  une  fois  assainie.  La  dépense 
n'aurait  pas  atteint  le  chiffre  de  15,000  fr, 

57 .  —  Quelles  sont  les  entreprises  de  ce  genre  qui  ont  été 
déjà  exécutées  ?  Quel  a  été  le  montant  de  la  dépense  et  quelle 
influence  ont  eu  ces  travaux  sur  la  salubrité  publique  ou  la 
production  agricole  ? 

R,  Dans  l'arrondissement  de  Brioude,  des  étangs  ont  été 
desséchés,  en  1857,  pour  cause  d'insalubrité,  dans  les  can- 
tons de  Lavoùte-Ghilhac  et  de  Paulhaguet,  en  vertu  d'une 
décision  préfectorale.  —  La  surface  desséchée  est  d'environ 
77  hectares;  elle  donne,  depuis  lors,  des  produits  abon- 
dants. La  fièvre  qui  sévissait  tous  les  ans  dans  ces  contrées 
a  disparu  complètement.  La  gare  de  St-Georges  d'Aurat  ost 
aujourd'hui  construite  dans  un  de  ces  étangs.  La  ligne  du 
chemin  de  fer  d'Alais  traverse  les  deux  plus  importants. 

Dans  ce  môme  arrondissement,  les  marais  de  Bec  et  de 
Gétron.  commune  d'Ëspalem,  d'une  contenance  d'environ 
9  hectares  50  ares,  ont  été  desséchés  par  les  intéressés 
formés  en  syndicat.  Les  travaux,  exécutés  par  entreprise, 
se  sont  élevés  à  la  somme  de  2,595  francs.  Depuis  Lors, 
la  récolte  en  fourrage  a  quadruplé. 

61.  —  Y  a-t'il  des  modifications  à  apporter  aux  lois  des 
11-19  septembre  1792,  sur  la  destruction  des  étangs  insalu- 
bres; du  14  floréal  an  xi,  sur  le  curage  des  cours  d'eau  non 
navigables  ni  flottables  :  du  [6  septembre  1807,  sur  le  dessè- 
chement des  marais  et  l'exécution  des  travaux  de  salubrité: 


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JUILLKT.  <25 

29  avril  1845  fMl  juiUei  1847,  sur  les  irrigations  pfHvées. 
Enfin,  en  ce  qui  touche  la  loi  du  21  juin  1865,  sur  les  asso- 
ciations syndicales,  y  aurait-il  lieu  de  faciliter  la  formation 
desdites  associations ,  en  étendant  Vaction  soit  de  Vadminis- 
tration,  soit  de  la  majorité  des  intéressés? 

R.  Pour  arriver  au  dessèchement  des  marais  ou  des  tour- 
bières, il  y  aurait  lieu,  peut-être,  de  faciliter  la  formation 
des  associations  syndicales  en  leur  facilitant  les  moyens 
d'employer  l'administration  compétente. 


CHEMINS  DE  FER. 

La  SociéU*,  dans  sa  séance  de  juin,  a  satisfait  au  ques- 
tionnaire, relativement  aux  voies  ferrées;  sauf  qu'il  y  au- 
rait lieu  d'étudier  la  question  des  chennns  de  fer  vicinaux, 
au  moins  pour  les  communes  dont  le  sol  est  peu  accidenté. 

L'Assomliléo,  après  un  déb«at  dans  lequel  plusieurs 
membres  son!  enicndns,  opine  qu'il  convient  d'insérer 
an  procès-verbnl  le  rop|)orl  do  M.  Nicolas,  à  l'eiïet  qnc 
tous  nos  confrères  résidanîs  el  correspondants,  en 
ayant  connaissance  ,  poissent  sonmelire  leurs  observa- 
lions  il  la  Société,  qui  en  délibérera  définilivemenl 
dans  une  autre  séance  (1).     • 


(1}  Les  èvéueiueîits  de  la  giiem-  ont  interrompu  l'enquèlc  et  motivé  rajoiir- 
ncment,  par  la  Sociétf ,  de  ses  li^pouses  aax  «[ucslioniiaircs.  Voyez  ia  iiutf 
il  la  page  9'2  des  Annalex. 

Nous  fjiifons  des  vœux  pour  qnfl  relie  enquête,  si  utile,  soit  bientôt  re- 
prise, el  nos  confrères  sont  invités  à  Tournir  tous  les  rnisei^nements  qu  ils 
jugeront  propri-s  'a  édaircr  la  Société,  ^ote  du  Prèxideuf. 


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126  RÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 

Numismatique  du  Pu  y.  —  M.  Chassaing  présente  à  ia 
Société  deux  deniers  en  argent  du  dixième  siècle,  frap- 
pés au  Puy  et  provenant  du  trésor  découvert  en  Espa- 
gne en  4866,  qui  a  fourni  le  denier  de  notre  ville  mar- 
qué du  nom  du  roi  Raoul.  L'acquisition,  pour  le  Musée 
du  Puy,  des  deux  nouveaux  deniers,  a  été  proposée  par 
MM.  RoUin  et  Feuardent  à  M.  le  Maire  ;  ils  sont  iné- 
dits et  d'une  véritable  importance  pour  l'histoire  nu- 
mismatique du  Puy.  Ils  forment  la  transition  entre  les 
deniers  au  type  du  roi  Raoul  et  ceux  qui  offrent  la 
légende  :  Moneta  Sce  Mariœ.  M.  le  Président  invite, 
au  nom  de  la  Compagnie,  M.  Chassaing  à  publier 
ces  deux  intéressantes  monnaies  dans  les  Annales, 


toutefois,  après  eu  avoir  demandé  Tautorisation  aux 
possesseurs,  et  exprime  le  désir  que  M.  le  Maire  du 
Puy  réussisse  à  en  réaliser  l'acquisition  pour  notre 


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JUILLET.  427 

collection  numismatique  du  Velay  ;  le  prix  qui  en  est 
demandé  dépasse  malheureusement  les  faibles  ressour- 
ces dont  la  Sociét'é  peut  disposer  ;  mais  il  est  à  espé- 
rer que  MM.  Rollin  et  Feuardent,  qui  ont  déjà  donné 
au  Musée  des  marques  de  leur  généreuse  sympathie, 
faciliteront  encore  gracieusement  la  nouvelle  négo- 
ciation. 

L'ordre  du  jour  étant  épuisé,  la  séance  est  levée 
à  six  heures. 

Le  Secrétaire, 
Augustin  CHASSAING. 


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SÉANCE   MENSUELLE 

DU  LUNDI  !•'  AOUT 


SOMMAIRE 

Lecture  da  procès-verbal.  —  Misée  :  Don  par  M.  Ed.  Flouest  d'un  moulage 
de  petit  autel  romain  trouvé  ii  Nîmes  ;  observations  de  M.  Aymard  sur  le 
dieu  gaulois  Dis  pater ,  etc.  Projet  d'acquisition  d'un  grand  psautier  trouvé 
2i  Langeac.  —  Ouvraobs  reçus  :  Bulletin  du  Comice  agricole  de  Brionde  : 
De  la  valeur  comparative  des  races  bovines,  races  d  Aubrac  et  du  Mezenc. 
Essai  de  culture  de  la  lentille  li  Bournoncle.  Annales  de  la  Société  d'agri- 
culture de  la  Loire  :  Essai  de  culture  du  blé  Galand.  Le  Sud-Est  :  Pro- 
cédé d'épuration  de  Peau  trouble.  —  Moissonnagk  a  la  fai:x  :  Expé- 
rience faite  au  Puy.  —  Concours  ub  bbstiaux  :  Son  transfert,  en  1«70,  de 
Fay  au  Monastier.  —  Caisse  d'épargne  du  Piy  :  Raj»port  de  M.  Balme. 
—  Histoire  :  Articles  de  M.  Aimé  Giron,  donnés  au  Dictionnaire  universel 
de  M.  Larousse.  Mémoire  sur  les  i>euples  slaves,  traduit  de  l'allemand  par 
Mlle  de  Boxberg.  —  Beaux- arts  :  Exposition,  par  M.  Em.  Gir.iud,  d'une 
copie  de  la  Descente  de  Croix  du  Caravage.  —  Personnel  de  li  SociiÎTiî  : 
Remerciements  du  P.  Fita,  pour  sa  nomination  au  tilre  de  membre  non  ré- 
sidant. 


Présidence  de  M.  de  Brive. 

M.  le  comte  de  Saiul-Poncy,  préfet  de  la  Haute- 
Loire,  assi.sle  à  la  séance. 

Le  procès-verbal  de   la  dernière  séance  est  lu  et 
adopté. 


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AOUT*  429 

Dons  au  Musée.  —  H.  le  Président  offre,  de  la  part 
de  H.  Edouard  Flouest,  procureur  impérial  à  Ntmes, 
membre  non  résidant  de  la  Société,  le  moulage  d*an 
petit  autel  de  laraire  gallo-romain,  conservé  au  Musée 
de  Ntmes,  sur  la  face  antérieure  duquel  est  sculpté  en 
bas-relief  un  personnage  à  longue  chevelure  et  barbe 
touffue,  vêtu  d'une  tunique  courte  ou  sagum  serrée  à 
la  ceinture;  d'une  sorte  de  petit  manteau  attaché  sur 
l'épaule  droite  et  rejeté  en  arrière  ;  de  braies  collantes 
et  de  brodequins  ;  tenant  de  la  main  droite  un  vase 
et  s'appuyant,  de  la  gauche,  sur  une  masse  pourvue 
d'un  long  manche.  Il  est  accompagné  d'un  chien. 

M.  Ed.  Flouest  voit  dans  ce  personnage  la  représen- 
tation du  Dis  Pater,  le  Dieu  national  des  Gaulois,  que 
les  Romains,  comme  on  sait,  avaient  assimilé  h  Pluton. 

C'est  la  même  divinité,  sauf  quelques  différences  dans 
le  costume,  que  représente  une  statuette  trouvée  à  Pré- 
meaux  (Côte-d'Or),  et  récemment  publiée  par  M.  Ana 
lole  de  Barthélémy  dans  le  n»  1  (mai  1870)  de  la  Revue 
celtique,  dirigée  par  M.  Gaidoz. 

L'attribution  proposée  par  M.  de  Barthélémy,  est  fon- 
dée sur  la  comparaison  de  ce  bronze  avec  d'autres  sta- 
tuettes analogues,  qui  ont  été  trouvées  à  Besançon,  à 
Vienne,  en  Suisse,  dans  la  Bresse,  à  Mâcon,  à  Metz,  etc., 
etc.,  ainsi  qu*avec  une  semblable  image  de  divinité  que 
lui  ont  offerte  plusieurs  autels  de  pierre  au  musée  de 
Strasbourg,  à  Sulzbach,  dans  le  grand  duché  de  Bade  et 
à  Lyon. 

L'autel  du  musée  de  Strasbourg  est,  surtout,  très-ca- 
ractéristique !  on  y  voit  le  dieu  appuyé  sur  son  long 
marteau,  à  côté  d'une  femme  qui  est  iËrecura  ou  Pro 
TOME  xxxr.  y 


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430  RÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 

serpine;  à  ses  pieds  se  trouve  Cerbère  reconnaissable  à 
ses  trois  têtes. 

Outre  ces  monuments  qui  sont  de  l'époque  romaine, 
deux  statères  gaulois  de  très-bon  style,  par  conséquent 
d'une  date  reculée,  qu'on  a  retrouvés  sur  le  territoire 
jadis  occupé  par  les  Baiocasses,  montreraient  aussi,  d'a- 
près l'opinion  de  H.  de  Barthélémy,  la  représentation 
vraiment  gauloise  du  dieu  au  marteau. 

M.  Aymard  fait  ressortir  l'intérêt  du  monument  jugé 
assez  précieux,  pour  qu'une  reproduction  en  ait  été  pla- 
cée au  musée  gaulois  de  Saint-6ermain-en-Laye.  Il 
ajoute  que  la  savante  dissertation  de  M.  de  Barthélémy 
lui  paraît  avoir  bien  fixé  l'attribution  de  ces  sortes  d'au- 
tels au  dieu  dont  les  gaulois  se  disaient  issus.  Très-pro- 
bablement cette  attribution  sera  sanctionnée,  un  jour, 
par  le  nom  de  la  divinité  inscrit  sur  un  semblable  monu- 
ment, h  l'exemple  de  bien  d'autres  qui  mentionnent  des 
dieux  gaulois  honorés,  môme  sous  la  domination  romaine, 
d'un  culte  plus  ou  moins  public,  comme  il  faut  surtout 
le  croire,  d'après  l'autel  consacré  à  Jupiter  par  les  nau- 
tes  parisiens ,  sous  l'empereur  Tibère,  et  qui  offre  des 
images  sculptées  en  bas-relief  et  des  noms  de  déliés 
gauloises  aussi  bien  qae  de  dieux  romains. 

Le  moulage  du  môme  autel  ne  sera  pas  moins  curieux 
î\  consulter  dans  nos  collections,  pour  l'étude  comparée 
d'une  tôte  de  statue  en  pierre,  découverte  à  la  Roche  de 
Coubon  et  donnée  au  Musée  par  notre  confrère,  M.  Louis 
Balme.  La  ressemblance  est  surtout  remarquable  entre 
la  tôte  de  la  statuette  de  Prémeaux  et  le  grand  masque 
dit  i' Apollon  qu'on  voit  à  Polignac  et  que  M.  Aymard 
est  porté  à  attribuer  au  Dis  Pater, 


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AOUT.  13< 

L'absence  d'inscription  sur  les  monaments  connus  de 
Dis  Pater,  laissant  le  champ  libre  aux  coi]gectureS|  au 
sqjet  du  nom  gaulois  de  cette  divinité,  on  peut  croire 
que  César  —  qui  en  a  fait  la  première  mention  (4),  re- 
produite par  Tertullien  (2),  vers  le  commencement  du 
troisième  siècle,  —  aurait  traduit  par  des  équivalents 
latins,  des  vocables  gaulois  répondant  à  Dis  Pater. 

Si  cette  induction  avait  quelque  chance  de  probabili- 
té, nous  aurions  au  Puy  deux  inscriptions  romaines  qui, 
peut-être,  faciliteraient  la  restitution  des  formes  gauloi- 
ses de  ces  noms.  L'une  concerne  le  dieu  topique  Adidon 
qui,  de  Tavis  de  notre  confrère,  n'est  autre  que  le  lieu 
divinisé  :  Adi  don,  Mont-Dieu.  L'autre  épigraphe,  rela- 
tive au  préfet  de  la  colonie,  offre  la  qualification,  égale- 
ment gauloise,  ^u^va^er,  bon  pire,  assignée  à  ce  même 
personnage  (3).  D'où  l'on  pourrait  admettre  que  Dis  Pa- 
ter aurait  été  l'équivalent  latin  du  gaulois  Adi  Vater  ou 
Di  Vater. 

Toutefois  notre  confrère  ne  propose  cette  explication 
qu'avec  réserve,  désirant  qu'elle  soit,  un  jour,  absolu- 
ment établie  par  la  découverte  de  quelque  épigraphe 
ayant  trait  à  un  culte  qui,  d'après  le  nombre  des  sta- 
tuettes et  des  autels  déjà  com[ius,  parait  avoir  été  répan- 
du dans  toute  la  Gaule. 

Enfin  le  costume,  dans  les  diverses  images  du  dieu 
gaulois,  prêtera  aussi  à  des  rapprochements,  en  parlicu- 


(1)  Cœs.  Bell,  GalL,  vi,  17  et  18. 

(d)  TertallieD,  ai  KaiioneSj  i,  10.  Ces  citations  sont  daes  à  M.  de  Barihé- 
lemy. 

(3)  Hoticei  ttar  le  dieu  Adidon  et  sur  l'inscription  du  préfet  de  la  Colonie. 
Annales  de  la  Société,  lom.  xii,  p.  179  et  19:?. 


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432  aÉsuMÉ  DES  séances. 

lier  entre  l'autel  de  Ntmes  et  des  bas*reliefs  romaios 
troaTés  aa  Pay,  où  des  personnages  de  distinction  ont 
ie  $agum  sans  manches  et  percé  latéralement  d*échan- 
crares  pour  le  passage  des  bras;  la  poitrine  drapée 
d'une  sorte  de  pallium  ou  petit  manteau,  et  les  pieds 
chaussés  de  brodequins  (4),  le  tout  à  peu  prés  comme 
à  Tautel  de  Ntmes  et  différent  de  ce  qu*on  obserye  à  la 
statuette  de  Prémeaux,  dont  le  vêtement  est  caractérisé 
par  une  tunique  à  longues  manches  et  la  privation  du 
pallium. 

Sous  ce  nouvel  et  intéressant  point  de  vue,  M.  Ay- 
mard  signale  les  restes  des  monuments  antiques  du 
Puy  au  savant  examen  de  M.  de  Barthélémy,  qui  s'oc- 
cupe d'une  étude  sur  le  costume  des  Gaulois. 

Les  explications  qui  précèdent  ajoutent  un  nouvel 
inté.  et  au  moulage  du  monument  dont  notre  compa- 
triote a  bien  voulu  doter  le  Musée  et  pour  lequel  TAs- 
semblée  vote  des  remerciements  à  M.  Edouard  Flouest. 

M.  Aimé  Giron  annonce  que,  tout  récemment,  au 
clocher  de  l'église  de  Langeac,  il  a  été  découvert,  dans 
un  réduit  muré ,  un  ancien  pseautier  imprimé  grand 
in-folio,  d'ane  exécution  remarquable,  que  la  fabrique 
consentirait,  croit-il,  à  céder  au  Musée,  moyennant 
une  légère  indemnité. 

M.  Charles  de  la  Fayette  rappelle  que  l'autorité  épis- 
copale  a  interdit  ces  sortes  d'aliénations,  qui  ont  fait  dis- 
paraître, surtout  depuis  le  commencement  de  ce  siècle, 


(1)  Bas-reliefs  de  monameats  tamalaires.  Les  Origines  de  la  tille  du  puy. 
Congrès  scientifique  de  France  de  1855,  tome  ii,  p.  430. 


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AOUT.  133 

tant  d'objets  précieax  de  nos  églises,  et  qa*afin  de  con- 
server ceux  qui  ont  échappé,  il  a  été  fondé  à  TéTéché 
un  musée  religieux  pour  lequel  il  est  à  craindre  que 
Mgr  Tévéque  ne  donne  la  priorité,  si  le  pseautier  de 
Langeac  offre  un  yéritable  intérêt. 

M.  Aymard  fait  remarquer  que  le  Musée  du  Puy  offre 
rimmense  avantage  d*étre  toujours  ouvert  et  accessible 
au  public,  et,  qu'à  ce  titre,  ses  collections  doivent, 
le  plus  possible ,  l'emporter  sur  toutes  autres. 

M.  le  Préfet,  se  rangeant  à  l'opinion  de  M.  Aymard, 
offre  à  la  Société  ses  bons  offices  auprès  de  Mgr  TEvé- 
que  pour  obtenir  son  assentiment  à  des  négociations 
avec  la  fabrique  de  Langeac,  dès  que  M.  Aimé  Giron 
aura  obtenu  communication  du  pseaulier  et  sera  ren- 
seigné sur  les  prétentions  pécuniaires  dont  ce  livre 
peut  être  l'objet. 

Ouvrages  reçus.  —  Le  Bulletin  du  Comice  agricole 
de  Brioude  contient  un  article  concernant  la  valeur 
comparative  des  races  bovines.  L'auteur  de  cette  étude, 
M.  de  Noyant,  recherche  quelle  serait  la  race  qu'il 
serait  le  plus  avantageux  pour  les  agriculteurs  d'adop- 
ter dans  l'arrondissement  de  Brioude  ,  et  donne  un 
tableau  du  classement  probable  des  races  françaises, 
d'après  leur  triple  aptitude  au  travail ,  pour  le  lait  et 
pour  l'engraissement.  D'après  ce  tableau,  sur  32  races 
comparées  entre  elles,  la  race  du  Mezenc  occuperait  le 
cinquième  rang  comme  aptitude  au  travail ,  le  vingt- 
huitième  comme  aptitude  pour  le  lait,  et  le  seizième 
comme  aptitude  pour  l'engraissement.  Quant  à  la  com- 
binaison de  ses  aptitudes  respectives,  elle  serait  au 


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134  RÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 

treizième  rang.  La  race  d'Âubrac  serait  la  plus  avanta- 
geusement classée,  relativement  aux  aptitudes  diverses; 
elle  l'emporterait  sur  la  race  de  Salers ,  qui  domine 
généralement  dans  le  bassin  de  Brioudc  et  qui  occupe- 
rait le  quatrième  rang. 

M.  Chouvon  combat  la  préférence  accordée  par  M.  de 
Noyant  h  la  race  d*Aubrac  ;  il  insiste  sur  son  défaut  de 
n*étre  pas  laitière ,  et  fait  remarquer  que  Taptitude 
pour  Tengraissement  ne  peut  entrer  en  considération 
auprès  de  l'aptitude  au  travail  et  pour  le  lait.  Notre 
confrère  maintient  énergiquement  ses  préférences  pour 
la  race  du  Mezenc ,  dont  les  qualités  supérieures  sont 
de  plus  en  plus  appréciées. 

Le  même  recueil  contient  une  note  émanant  de 
M.  l'Instituteur  de  Bournoncle,  sur  des  essais  de  cul- 
ture de  la  lentille ,  auxquels  il  s'est  livré  depuis  huit 
ans  dans  cette  localité.  Cette  légumineuse,  qui  est 
Tune  des  cultures  les  plus  importantes  des  environs  dn 
Puy ,  ne  trouve  point  la  même  faveur  chez  nos  voi- 
sins de  Brioude,  quoiqu'elle  soit  largement  rémunéra- 
trice. En  Auvergne,  les  agriculteurs  sont  prévenus 
contre  elle  par  l'opinion  qu'elle  ne  réussit  guère. 

M.  l'Instituteur  de  Bournoncle  en  a  semé  chaque 
année,  depuis  4862,  dans  des  terres  fortes,  des  terres 
légères  ou  de  varenne,  et  dans  tous  ces  terrains  la  len- 
tille a  réussi.  Son  rendement  en  moyenne  a  été  de  dix 
pour  un.  Outre  ce  produit,  qui  est  très-beau,  elle  donne 
un  fourrage  que  mangent  avec  avidité  les  vaches  et  les 
bœufs ,  et  que  les  chevaux  même  ne  dédaignent  pas. 
Nous  ne  saurions  trop  engager  les  agriculteurs  de  l'ar- 


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AOUT.  135 

rondissement  de  Brioude  à  pratiquer  cette  culture  ;  le 
succès  récompenserait  certainement  leui*s  essais,  sur- 
tout s*ils  en  obtenaient  des  lentilles  de  qualité  très-su- 
périeure, comme  aux  environs  du  Puy. 

Les  Annales  de  la  Société  d'agriculture  de  la  Loire 
rendent  compte  d'un  essai  de  semis  de  blé  Galand. 
Deux  hectogrammes  semés  an  ligne  à  40  centimètres 
dans  un  terrain  chaulé  et  fumé  de  colombine  ont  rendu 
neuf  gerbes,  équivalant  à  un  double-décalitre.  Les 
conditions  de  culture  étaient  exceptionnelles  ;  aussi  le 
rendement  a-t-il  été  des  plus  avantageux. 

M.  le  Président,  en  appelant  l'attention  de  la  So- 
ciété snr  ce  résultat,  annonce  qu'il  mettra,  à  l'automne 
prochaine,  des  échantillons  de  ce  blé  à  la  disposition  de 
nos  confrères  qui  voudraient  en  faire  l'expérimentation. 

Le  Sud-Est  indique  un  procédé  très-simple  d'épu- 
ration de  reau*trouble ,  qui  peut  être  utile  à  connaître 
à  la  campagne,  lorsque,  dans  les  temps  de  sécheresse 
excessive  ou  de  grosses  pluies ,  l'on  n'a  souvent  à  sa 
disposition  que  de  l'eau  trouble  qui  est  impropre  à  être 
bue.  Il  consiste  à  ajouter  4  ou  5  centigrammes  d'alun 
potassique  en  poudre  fine  pour  chaque  litre  d'eau, 
qu'on  remue  fortement.  Les  parties  terreuses  se  coa- 
gulent et  se  déposent  en  quelques  instants.  En  Egypte, 
pour  clarifier  instantanément  l'eau  du  Nil,  si  limo- 
neuse du  temps  des  crues,  les  indigènes  agitent  pen- 
dant quelques  secondes,  dans  le  vase  rempli  d'eau,  un 
bâtonnet  fendu  au  bout  et  dans  la  fente  duquel  est 
saisi  un  morceau  d'alun. 


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136  RÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 

Moissonnage  a  la  faux.  —  M.  le  Président  rend 
compte  du  moissonnage  à  la  faux  qui  avait  été  annoncé 
à  la  dernière  séance;  il  a  eu  lieu  le  43  juillet,  jour  de 
la  foire  de  la  Dédicace,  en  présence  d'un  concours 
considérable  de  spectateurs,  composé  de  membres  de 
la  Société,  d'habitants  de  la  campagne,  d'élèves  de 
l'Ecole  normale  et  de  curieux.  Le  champ  de  M.  Vigou- 
reux, situé  près  de  l'avenue  de  Vais,  avait  été  choisi 
pour  théâtre  de  cette  expérience;  il  oiTi'ait  une  étendue 
d'un  hectare  et  demi  semé  en  froment  et  en  orge. 
Quatre  élèves  de  la  ferme-école,  gracieusement  mis  à 
la  disposition  de  la  Société  par  M.  Chouvon,  ont  opéré 
sur  l'orge  et  en  ont  moissonné  environ  20  ares.  Des 
moissonneurs  auraient  mis  à  la  faucille  trois  fois 
plus  de  temps.  L'expérience  a  parfaitement  réussi  et 
démontré  aux  spectateurs  la  supériorité  de  la 'faux 
sur  la  faucille,  comme  économie  de  temps  et  aussi  de 
paille,  car  avec  la  faux  le  sciage  se  fait  plus  bas.  M.  le 
Président  confirme  par  sa  propre  pratique  ce  résultat  : 
cette  année,  dans  son  domaine  de  la  Darne,  il  a  fait 
faucher  toute  sa  récolte  d'orge,  qui,  en  une  semaine,  a 
été  coupée,  liée  et  rentrée.  Avec  la  faucille,  ce  travail 
aurait  pris  trois  semaines.  Après  l'essai  de  l'avenue  de 
Vais,  plusieurs  cultivateurs,  qui  en  avaient  été  témoins, 
ont  demanrié  à  faire  l'acquisition  de  faux.  C'est  la 
meilleure  preuve  du  succès  de  l'expérience  et  de  l'avan- 
tage du  procédé  qu'elle  consacre.  M.  Langlois  constate 
qu'elle  a  produit  ses  fruits;  dans  les  environs  du  Puy, 
sur  des  points  différents,  il  a  vu,  depuis  lors,  trois  fau- 
cheurs moissonnant  de  l'orge.  M.  le  Président  en  con- 
clut qu'en  renouvelant  pendant  plusieurs  années  consé- 


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AOUT.  137 

cutives  cette  expérience,  la  Sociélé,  sans  nul  doute,  fini- 
ra par  implanter  le  moissonnage  à  la  faux  et  à  le 
convertir  en  usage  agricole. 

Concours  de  bestiaux.  —  M.  le  Président  annonce 
que  le  Concours  annuel  pour  l'amélioration  de  la  race 
bovine  du  Mezenc  qui,  jusqu'ici,  avait  eu  lieu  à  Fay-le- 
Froid,  se  tiendra  cette  année  au  Monastier,  le  lundi 
5  septembre  prochain. 

Caisse  d'épargne  du  Puy.  —  M.  Balme,  président  du 
Conseil  des  directeurs  de  la  Caisse  d'épargne  da  Puy, 
fait  un  rapport  verbal  sur  la  situation  et  les  opérations 
de  cet  établissement  pendant  Texercice  4869.  Il  en  ré- 
sulte que  la  situation  de  la  Caisse  est  toujours  en  voie 
de  prospérité. 

«  Le  solde  dû  aux  déposants  s'est  accru  pendant  l'année 
dé  116,870  fr.  83  cent.,  et  le  nombre  des  livrets  de  278. 
D'un  calcul  auquel  les  opérations  de  la  Caisse  ont  donné 
lieu,  il  ressort  qu'il  y  a  en  ville  environ  l  livret  par  7  habi- 
tants 3/4,  et  que,  dans  l'année  1869 ,  le  capital  de  chaque 
livret  s'est  augmenté  en  moyenne  de  135  fr.  63  cent.  —  Il 
faut  remarquer  que  le  fond  de  dotation  va  aussi  toujours 
s'augmentant.  Ainsi,  au  31  décembre  1868,  il  était  de 
27,987  fr.  82  cent;  au  31  décembre  1869,  il  s'élève  à 
29,813  fr.  99  cent.  Les  bénéfices  de  la  Caisse  sont  donc  de 
1,826  fr.  17  cent,  qui  ont  été  capitalisés.  » 

En  terminant,  M.  Balme  soumet  à  la  Société  une 
question  qui  préoccupe  actuellement  les  Comités  d'un 
grand  nombre  de  Caisses  d'épargne. 


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138  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

€  Il  8*agit  de  savoir  :  !<>  8*il  n^est  pas  nécessaire,  dans 
l*intér6t  des  déposants,  de  leur  permettre  de  porter  le  capi< 
tal  de  leur  livret  de  mille  à  deux  mille  francs;  ^^  s*il  n*y 
aurait  pas  lieu  de  supprimer  le  fractionnement  dans  les 
versements.  Après  avoir  pesé  les  raisons  qu'on  fait  valoir 
pour  et  contre,  on  est  amené  à  penser  qu'il  y  a  lieu 
d'autoriser  le  versement  d'une  somme  supérieure  à  mille 
francs,  mais  à  la  condition  que  l'intérêt  alloué  aux  dépo- 
sants pour  les  sommes  qui  dépasseraient  mille  francs  fût 
si  modique  que  le  dépôt  ne  pût  être  considéré  comme  un 
placement,  mais  bien  qu'il  devint  un  entrepôt  tout-à-fait 
transitoire.  • 

M.  le  Président  adresse  à  M.  Balme  les  félicitations 
de  la  Société. 

Science  historique.  —  M.  Aimé  Giron  fait  con- 
oattre  à  la  Compagnie  qa'il  a  communiqué  à  M.  Pierre 
Larousse  plusieurs  articles  biograpliiques,  historiques 
ou  littéraires  ayant  trait  au  Velay,  que  ce  dernier  lui 
avait  demandés  pour  être  insérés  dans  son  Diction- 
naire  universel.  Notre  confrère  signale  notamment  les 
articles  intitulés  :  Crozatier,  Daurier  (baron),  Davi- 
gnon  (Hugues),  Denise,  Desges,  dentelles,  Dolezon, 
qui  ont  paru  dans  les  dernières  livraisons.  Il  se  pro- 
pose de  continuer  sa  collaboration  à  cette  œuvre  qui 
reçoit  une  immense  publicité,  et  il  fait  appel  au  concours 
de  tous  les  membres  de  la  Société  pour  atteindre  le 
seul  but  qu'il  se  propose  :  l'intérêt  du  pays  à  être  connu. 

M.  Aymard  communique  à  la  Société  un  mémoire 
intéressant  sur  les  peuples  slaves.  Ce  travail,  traduit  de 


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AOUT.  139 

rallemand  par  notre  savante  correspondanle,  M"«  la 
baronne  de  Boxberg,  pourra  foamir  un  sujet  de  com- 
paraisons pour  les  origines  préhistoriques  des  peuples 
du  nord  de  l'Europe,  de  rAllemagne  et  de  la  Gaule. 


LES  SLAVES. 
Extrait  du  journal  V Etranger  (Dos  Ausland). 


Augsbourg,  lo  U  juillet  1870. 

Là  où  l'histoire  écrite  finit.,  ou  plutôt  pour  ainsi 
dire  avant  qu'elle  commence ,  Tarchéologue  doit  appliquer 
son  savoir.  U  existe  même  un  terrain  préhistorique ,  où 
les  deux  extrémités  se  touchent,  et  c'est  sur  ce  terrain  que 
nous  appelle  le  travail  d'un  savant  Fschech,  le  professeur 
Johann-Erasmus  Vocel,  dans  son  écrit  sur  les  Slaves  et 
leur  ancienne  patrie. 

Les  haches  ou  eeUes  et  les  pallstaches,  les  glaives,  les 
faucilles  et  les  bouts  de  lances  en  bronze,  sont  regardés 
par  Tauteur  comme  un  signe  apparent  de  la  période  la  plus 
ancienne  du  bronze.  L'auteur,  appelle  paUstaehe,  un  outil 
en  forme  de  ciseau ,  évidé  en  douille  par  le  haut  pour  re- 
cevoir un  manche ,  et  il  nomme  celtes  un  objet  semblable 
au  précédent,  dont  le  dos  est  plat  et  les  côtés  sont  garnis 
de  larges  rebords  en  saillie,  servant  à  onmancher  la  pièce. 


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140  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

Dans  la  contrée  entre  i*Oder,  la  Yistule  et  le  Dniepr, 
occupée  à  Toccident  par  les  Slaves  de  notre  époque.  Ton 
ne  trouve  point  d*arn)e8  en  bronze.  Déjà  M.  Kraszewski 
nous  avait  fait  l'observation  que  le  bronze,  en  Pologne, 
ne  parait  pas  seul,  sans  le  fer,  comme  cela  se  voit  en  Dane- 
mark ;  mais  le  bronze  et  le  fer  de  la  môme  époque  se  ren- 
contrent Tun  avec  l'autre. 

Du  temps  où  les  Grecs  vivaient  en  contact  avec  les 
Slaves,  le  fer  y  était  introduit  chez  eux.  Les  monuments 
grecs,  fréquemment  rencontrés  sur  les  côtes  de  la  mer 
Noire,  deviennent  de  plus  en  plus  rares  vers  le  centre 
du  Nord  ;  quelques  traces  éparses  se  voient  encore  à  Viez, 
—  mais  plus  loin,  dans  les  plaines  qui  se  déployent  en' 
tre  la  Vistule  et  le  Pripet,  les  marques  de  l'influence  de 
la  civilisation  grecque  disparaissent,  tandis  que  le  nombre 
des  sépultures  augmente,  dans  lesquelles  les  armes  et  ou- 
tils en  pierre  sont  recueillis,  ainsi  que  les  urnes  cinéraires, 
des  bijoux  en  verroteries  et  en  ambre,  accompagnés  d'ob- 
jets en  bronze,  mais  d'un  alliage  récent.  Les  sépultures 
sont,  à  en  juger  par  leur  apparence,  indubitablement  des 
inhumations  slaves. 

En  Bohême,  au  contraire,  les  innombrables  tombeaux 
païens  qui  couvrent  le  pays  appartiennent  tous  aux  qua- 
tre époques  de  l'Allemagne  du  Nord ,  c'est-à-dire  à  l'âge 
de  la  pierre,  à  l'époque  du  bronze  antique,  au  passage  du 
bronze  au  fer,  et  à  la  fin  du  paganisme,  dont  les  débris  se 
relient  au  christianisme  alors  qu'il  commençait  à  poindre. 

Les  inhumations  païennes  de  la  Bohême  se  divisent  en 
deux  ordres  de  constructions,  selon  que  le  corps  fut  brûlé 
ou  enterré.  Ces  deux  actions  d'ensevelir  appartiennent  ce- 
pendant à  la  même  époque  et  à  la  même  race  ;  elles  sont 


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AOUT.  Ui 

employées  altei^nativement  diaprés  le  rit  de  rinhumation 
en  usage  chez  l'une  ou  Tautre  partie  du  peuple. 

Les  produits  industriels,  comme  la  poterie,  les  usten- 
siles et  armes,  recueillis  dans  les  deux  ordres  d* obsèques, 
ont  la  môme  forme,  la  même  technique  du  travail,  indé- 
pendamment de  la  construction  intérieure,  ou  extérieure 
du  tombeau,  qu*il  soit  marqué  par  un  tertre,  ou  bien 
haussé  par  des  pierres.  En  Germanie,  le  fer  et  Targent  sont 
des  introductions  de  la  même  époque  ;  —  en  Danemark, 
Targent  subsistait  avec  le  bronze. 

Voici  les  points  les  plus  essentiels  de  Tétude  archéolo- 
gique que  l'auteur  nous  développe  dans  son  écrit. 

Dans  le  centre  de  la  Russie  et  de  la  Pologne,  regardé 
par  rhistoire  comme  le  siège  principal  de  la  race  slave, 
—  la  trace  de  Tâge  de  la  pierre  n'est  indiquée  que  par 
des  vestiges  bien  problématiques  et  n'est  représentée  encore 
simultanément  qu'avec  des  outils  en  fer  et  de  bronze  ;  mais 
le  bronze  est  d'un  alliage  plus  récent  :  les  armes  étant  en 
bronze  antique.  Or,  les  vrais  indices  du  temps  du  bronze  y 
font  défaut,  tandis  qu'on  les  constate  à  Siibenbuergen 
(en  Hongrie),  dans  l'Ural,  au  Kaukasas  et  dans  TAltri. 

CSe  fait,  pleinement  établi,  nous  engage  à  croire  que  la 
partie  de  l'Europe  de  l'Est,  du  temps  du  brpnze,  ne  fut 
point  peuplée,  ou  ne  fut  habitée  passagèrement  que  par  des 
chasseurs  Finnois  qui  parfois  se  servaient  des  usten- 
siles en  silex.  Ces  plaines,  jadis  probablement  couvertes 
d'une  forêt  vierge  ,  n'étaient  entrecoupées  que  par  des 
lacs  et  des  marais.  Quant  aux  Slaves,  ils  ne  s'y  fixèrent 
que  plus  tard, 

La  description  ethnographique  la  plus  ancienne  de  la 
Russie  se  trouve  dans  Hérodote,  ei  c'est  par  un  nombreux 


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142  RÉSUMÉ   DES   SÉANCES. 

concours  de  recherches  et  d'observations  que  le  savant  au- 
teur a  cru  devoir  mentionner  les  peuplades  de  ces  contrées, 
qui  ne  descendaient  point  des  Scythes,  ainsi  que  les 
Nenrers  et  les  Budisurs,  comme  les  pères  de  l'histoire 
slave. 

Le  mot  Buda,  dont  la  race  tirait  son  nom,  est  une  ex- 
pression primitive  de  la  langue  slave.  La  Volhynie  et  la 
Russie  blanche  sont  regardées  de  cette  manière  par  le  pro- 
fesseur Yocel,  d'après  Hérodote,  comme  le  foyer  principal 
des  Budisurs.  Leur  possession  s'étendait,  par  conséquent, 
du  haut  du  Don  jusqu'au  Dniepr. 

Les  antiquités  trouvées  dans  les  tombeaux  du  centiH3  de 
ce  pays  indiquent  que  le  mouvement  de  la  civilisation 
slave  du  Sud  aurait  pris  naissance  dans  le  voisinage  de  la 
colonie  grecque  du  Pontus;  elle  se  répandit  ensuite  vers 
la  Yistule  et  le  Dniepr  par  les  tribus  qui  n'y  ont  pénétré 
successivement  qu'après  des  siècles. 

Les  recherches  et  les  études  des  tombeaux  Scythes  dans 
la  Russie  du  Sud  ont  prouvé  que  l'usage  du  fer,  du  temps 
d'Hérodote,  aurait  été  transplanté  dans  les  steppes  par  les  co- 
lonies grecques,  tandis  que  de  l'autre  côté  des  Karpathes, 
ainsi  qu'en  Bohême,  l'époque  du  bronze  antique  continuait 
encore. 

Si  les  établissements  primitifs  des  Slaves  furent  dans  la 
Russie  blanche  et  dans  la  Volhynie,  l'auteur  admet,  con- 
formément à  la  tradition,  que  l'opération  slave  antéhislorl- 
que  en  Russie,  fut  une  migration  en  foule  qui,  venant  de 
l'Asie,  s'étendait  avec  les  troupeaux  sur  le  territoire  entrd 
le  Don  et  le  Dniepr.  Les  forêts  dans  lesquelles  alors  ces 
hordes  pénétrèrent,  abreuvées  d'eau  dormante,  furent  ou 
incultes  et  désertes,  ou  ne  furent  visitées  qu'alternativement 


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AOUT.  U3 

par  des  chassoars  vagabonds,  ainsi  que  nous  l'avons  indi- 
qué plus  haut.  L'auteur  combat  ensuite  énergiquement  dans 
sa  conclusion  régulatrice,  la  supposition,  — et  tel  est  le  but 
de  son  écrit,  —  que  les  objets  de  bronze  ,  trouvés  dans 
l'Est  sur  la  Yiâtule,  dans  les  Karpathes  et  en  Bohème, 
sont  des  antiquités  slaves,  —  mais  il  prouve  efficacement 
que  la  race  teutonique  était  établie  alors  en  ces  lieux. 

Cette  assertion  est  appuyée  d'une  manière  fort  ingé- 
nieuse par  la  comparaison  de  la  racine  des  mots  des  deux 
langues. 

Dd  temps  où  les  Slaves  eurent  connaisance  du  fer,  ils 
ne  formaient  qu'un  seul  peuple,  ayant  la  même  langue,  et 
devaient  se  contenter  d'abord  d'un  territoire  restreint. 

Dans  toutes  les  langues  slaves,  les  mots  primitifs,  dési- 
gnant certains  objets  et  ustensiles  en  fer,  sont  communé- 
ment les  mômes  :  ainsi  la  pioche ,  lu  ciseau,  la  pince,  le 
couteau,  la  scie,  la  hache,  le  glaive,  l'étrier,  l'éperon, 
l'ancre.  Ont  été  introduites  dans  la  langue  panslave  les  dési- 
gnations pour  l'or,  l'argent,  le  cuivre,  lo  plomb  et  l'étain. 
L'union  primitive  de  la  race  existait  ainsi  au  temps  de  l'in- 
troduction du  fer.  Les  Slaves  jadis  ne  formaient  donc  qu'un 
seul  et  formidable  peuple.  Aujourd'hui ,  les  Slaves  ne 
sont  plus  que  des  Russes,  ou  des  Polonais,  desFschechs, 
des  Ruthènes,  des  Serbes  ou  des  Slovènes.  Les  Slaves, 
qui  présentement  font  partie  de  l'empire  d'Autriche , 
se  divisent  en  :  Fscheches  3  ^  millions.  Magyares  5  -;  mil- 
lions, Slovènes  1  million.  Croates  1  ^  million ,  serbes  1  f 
million,   Polonais  2  ^  millions,  Ruthènes  3  millions. 

Tiré  d'une  statistique,  le  calcul  est  exact. 

L'auteur  nous  dit  ensuite  :  avant  que  les  Slaves  se  fussent 
divisés  en  tribus  apparentées,  ils  avaient  eu  connaissance 


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444  RÉSUMÉ    DBS    SÉANCES. 

de  l'agriculture,  car  les  désignations  de  la  charrue,  de  la 
pioche,  et  du  socle  de  charrue  sont  panslaves.  De  ce  que 
les  dénominations  du  blé,  du  froment,  de  Torge,  de  Ta- 
voine  se  répètent  de  môme,  dans  différents  idiomes,  mal- 
gré l'art  ancien,  il  ne  résulte  pas  suffisamment  la  preuve 
de  leur  origine ,  car  l'espèce  du  grain  aurait  pu  être 
introduite  d'une  tribu  à  l'autre,  et  avec  elle  par  sa  pro- 
venance la  désignation  du  blé  adoptée. 

Un  autre  fait,  établissant  avec  plus  de  persuasion  l'allé- 
gation que  les  Panslaves  cultivèrent  les  champs,  c'est 
que  le  mot  gerbe  est  une  expression  de  souche  slave. 
Les  Panslaves  ainsi  nouaient  leur  blé  en  gerbes,  bien 
avant  qu'ils  descendissent  vers  le  Nord,  l'Ouest  et  le  Sud- 
Ouest. 

Les  objets  que  les  Panslaves  se  sont  appropriés  d'une 
époque  plus  civilisée,  ont  dû  être  nommés  différemment 
d'après  les  pays,  et  d'après  l'usage  de  chaque  tribu,  dont 
les  branches  s'étendirent  alors  vers  diverses  régions. 

Pour  appuyer  cette  allégation,  l'auteur  cite  la  varia- 
bilité des  mots  :  papier,  paver,  acier,  dindon,  les  mûres,  le 
coton,  etc. 

Il  est  singulier  que  la  langue  panslave  ne  possède  point 
d'expression  qui  rende  l'idée  de  la  propriété  et  de  l'héri- 
tage. Les  deux  mots  qui  s'y  rapportent  ne  se  sont  ainsi  for- 
mées qu'après  la  division  de  la  souche  slave. 

Cette  belle  et  érudite  recherche  se  termine  par  l'afGrma- 
tion  appuyée  de  preuves  évidentes,  d'un  point  essentiel,  tant 
de  fois  attaqué,  à  savoir  :  que,  du  temps  de  Facitus,  le  pays 
entre  la  Saale,  l'Elbe  et  l'Oder,  avait  été  occupé  primitive- 
ment par  les  tribus  de  la  race  teutontque. 


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AOUT.  145 

Un  foyer  slave  en  Saxe. 

En  établissant  la  ligne  di^  chemin  de  fer  qui  mène  de 
Dresde  à  Ghemnitz  (Saxe),  et  en  pratiquant  une  tranchée 
dans  le  Schaenksberg,  près  de  Risa,  sur  TElbe,  on  re- 
cueillit, il  y  a  quelques  années,  diverses  urnes  cinéraires. 
Le  Schaenksberg  fut  vendu  dernièrement.  Pour  exploi- 
ter la  belle  carrière  de  gravier  qu*il  contenait,  des  ouvriers 
eurent  l'ordre  d'enlever  le  monticule  et  de  niveler  le  ter- 
rain. Des  centaines  d'urnes  cinéraires  ruisselaient  de  ce 
terrassement;  des  armes  et  bijoux  en  bronze  furent  ex- 
traits. 

Cette  sépulture,  qui  a  dû  appartenir  à  l'occupation  ter- 
ritoriale slave,  ou  môme  à  une  domination  postérieure, 
nous  dévoile  le  trésor  le  plus  considérable,  peut-être,  en 
fait  d'objets  céramiques,  qui  ait  été  jamais  trouvé  eo  Saxe. 

Le  nivellement,  qui  est  manié  avec  activité,  nous  porte 
à  croire  que  la  collection  de  vases  ainsi  recueillie  s'enri- 
chira de  jour  en  jour,  quoiqu'il  se  trouve  dans  le  nombre 
des  urnes  bien  détériorées  par  la  fragilité  de  la  matière 
mai  cuite. 

Parmi  la  quantité  d'urnes  réunies  par  M.  de  Jhemen, 
et  déposées  à  son  château  de  Stanchitz,  se  voient  des 
exemplaires  de  grandes  dimensions  d'un  travail  et  d'une 
ornementation  tels  que,  môme  le  musée  de  Berlin,  malgré 
le  riche  dépôt  d'antiquités  de  tout  genre  provenant  des 
fuyers  slaves,  essentiellement  distincts,  n'en  possède  point 
de  pareils. 

Il  nous  reste  à  remarquer  que  les  urnes  extraites  au- 
près du  village   sont  d'un  travail  grossier,  tandis  que   le 

TOME  XXXI.  lu 


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146  RÉSUMÉ    DES   SÉANCES. 

mode  de  fabrication  devient  de  plus  en  plus  satisfaisant,  à 
mesure  que  les  vases  sont  retirés  de  la  partie  la  plus  élevée. 

Il  s'agit  ici  d'un  vaste  ctnerariumy  et  nous  pouvons 
considérer  que  les  objets  enfouis  dans  le  Schaenks- 
berg  dénotent  une  longue  période,  qui  nous  démontre  que 
la  contrée  a  été  occupée  par  une  peuplade  établie  en  ces 
lieux,  et  qu*elle  exerçait  la  manipulation  de  Targile  avec 
habileté. 

Cette  découverte  nous  fut  rapportée  avec  satisfaction, 
par  l'organe  de  la  presse  le  Journal  de  Dresde,  du  12 
juin  1870. 

Beaux-Arts.  —M.  le  Président  appelle  Tattention  de 
la  Société  sur  une  copie,  par  notre  confrère,  M.  Emile 
Giraud,  d'une  Descente  de  croix,  du  Caravage.  Le 
tableau  de  M.  Giraud  est  remarquable  par  la  lldélilé 
de  la  reproduction,  la  fermeté  du  dessin  et  la  vigueur 
du  coloris  ;  elle  fait  honneur  à  son  talent. 

Personnel.  —  Le  R.  P.  Fila,  récemment  élu  mem- 
bre non  résidant,  écrit  une  lettre  de  remerciements. 

L*ordre  du  jour  étant  épuisé ,  la  séance  est  levée  à 
six  heures. 

Le  Secrétaire, 

AuG.  CHASSAING. 


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SEANCE   MENSUELLE 

DU  7  NOVEMBRE 

SOMMAIRE 

Procbs-vbrbal  DR  LU  pR^c£oBNri  séiiNCB  .'  Adoption.  —MUSÉE,  dons  : 
Urne  en  silex,  préhisroriqoe,  trouvée  aux  Car«.^  coDimune  de  Taulbae;  mou- 
lages de  flgurines  romaines  eu  terre  cuite,  provenant  du  département  de 
l'Allier;  grand  psautier  imprimé  il  l'usage  des  capucius,  trouvé  h  Langcac; 
vieux  mouvement  d'horloge;  boutons  en  cuivre  de  la  légion  du  Velay;  mé- 
daille commémoralive  du  concile  de  1869;  pastille  du  sérail  du  grand  sultan.  — 
Ot'VR«oE:i  RBçus  :  Brochure  sur  le  cardinal  4e  Polignac  par  M.  Lascombe 
Vœu  de  la  Société  pour  qu'on  recherche,  au  Musée  de  Berliu,  le  r;italogue 
de  la  collecliou  archéologique  du  cardinal.  Annonce,  par  M.  le  Ministre  de 
l'Agriculture,  de  l'envoi  de  l'ouvrage  relatif  aux  prix  décernés  en  1867  dans 
lc>s  concours  régionaux.  Bulletin  de  la  Société  d'Agriculture  de  la  Lozère  : 
Article  relatif  au  concours  d'auimauxgras  du  Puy.  Journaux  d'Agriculture  pro- 
gressive et  d'Agriculture  pratique  :  Valeur  nutritive  des  feuilles  des  végétaux 
ligneux.  Emploi  du  maïs  carragua  pour  fourrages;  observations  de  M.  de 
Rrive.  Moutarde  blanche,  colza  et  sarrazin:  observations  de  MM.  de Brive  et 
de  MonUilet.  Le  Sud- Ext  :  Dc>truction  de  la  cuscute.  Bulletin  de  la  Société 
des  antiquaires  de  France  :  Notice,  par  M.  Edouard  Floucst,  sur  des  lombes 
mérovingiennes;  observations  de  M.  Aymard.  Mémoires  de  l'Académie  de 
Cteruiottt-Ferrand  :  Traité  entre  les  sires  deMercœur  et  le  chapitre  noble 
de  Brioude  en  1391  ;  texte  du  document  et  notice  par  M.  de  SartigA  d'An- 
gles. La  question  des  paropblets  politiques  en  1631,  mémoire  par  M.  Tal- 
ion. Mémoire  sur  les  dessèchements  de  lacs  et  marais  en  Auvergne  par 
M.  Cohendy.  —  Episooties  :  Rapport  de  M.  de  Brive  sur  la  fièvre aphtbense. 
—  Narigation  aérienne  :  Communication  de  M.  Aymard  relative  au  physicien 
Joseph  Galien.  —  Météorologie  :  Communication  de  M.  Nicolas  concernant 
une  aurore  boréale.  —  Pbrsonnbl  :  Décès  et  nécrologies  de  MM.  Prosper 
Mériméi»,  membre  honoraire,  et  Uippolytc  Limozin,  membre  résidant.  -> 
OfijBTS  d'admixi  tratio.1  :  Subvention  de  400  fr.  accordée  à  la  Société 
par  M.  le  Ministre  de  Pinstruction  publique. 


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U8  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

Présidence  de  M.  de  Brive. 

A  trois  heures,  la  séance  est  ouverte.  —  M.  le  Secré- 
taire lit  le  procès-verbal  de  la  précédente  séance ,  dont 
la  rédaction  est  adoptée. 

Musée.  —  Dons  :  H.  Aymard  présente  une  belle 
lame  en  silex,  outil  préhistorique  trouvé  par  M.  Arnan- 
don,  garde  champêtre  à  Tauihac,  dans  le  bois  dit  des 
Caves,  propriété  de  M.  Puissant. 

M.  Lascombe  fait  les  offrandes  suivantes  : 

1*>  Au  nom  de  M.  Bertrand,  membre  non  résidant,  k 
Moulins,  deux  moulages  de  statuettes  romaines  en  terre 
caite; 

2®  De  la  part  de  M.  Esmonot,  architecte  à  Moulins, 
vingt  moulages  de  semblables  (Igurines  trouvées,  comme 
les  précédentes ,  dans  le  département  de  l'Allier.  Dix 
photographies,  jointes  à  cet  envoi,  représentent  des  piè- 
ces du  même  genre. 

Le  nombre  et  la  diversité  de  ces  petits  et  curieux  mo- 
numents de  la  céramique  gallo-romaine  recommandent 
particulièrement  ce  don  à  Tatlention  de  la  Société. 

M.  Aimé  Giron,  au  nom  de  la  fabrique  de  l'église  pa- 
roissiale de  Langeac,  fait  hommage  d*un  très-grand  et 
beau  Psautier  imprimé,  dont  notre  confrère  avait  an- 
noncé la  découverte  à  la  séance  précédente.  Cet  ouvrage  a 
pour  titre  :  Psalterium  romanurnjuxia  breviarium  ex 
decrelo  sacrosancti  concilii  tridentini  restitutum,  hi 
duos  tomos  distrihutwn.  Carcasonnœ,  apud  capucines, 
M.DC.LXXVI.  Un  des  deux  volumes  a  conservé  son 
frontispice  qui  est  orné  d'une  belle  gravure.  On  y  voit 


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nOVEMBRE.  149 

aussi  les  insignes  des  capucins,  attestant  que  ce  livre 
était  à  Tusage  des  religieux  de  c«t  ordre.  Le  texte  est 
rehaussé,  en  outre,  de  lettres  capitales  à  vignettes  noi- 
res et  rouges. 

Enfin,  MM.  Hector  Falcon,  Âymard,  Tabbé  Frugère 
et  Emile  Tuja,  donnent  :  1»  un  vieux  mouvement  d'hor- 
loge établi  d'après  un  système  peu  connu;  2<»  deux  gros 
boutons  en  cuivre  doré  :  l'un  de  la  Légion  du  Velay, 
aux  armes  de  la  ville  du  Puy  surmontées  d'une  cou- 
ronne royale;  l'autre,  aux  mêmes  armes,  sans  couronne, 
et  portant  en  légende  :  Légion  du  Puy-en-Velay;  3°  une 
grande  médaille,  en  cuivre  doré ,  commémorative  du 
concile  œcuménique  tenu  à  Rome  en  1869;  i®  une  cu- 
rieuse pastille,  en  forme  de  croissant  surmonté  d'une 
étoile.  Elle  provient  du  sérail  du  grand  sultan  et  a  été  ap- 
portée de  Constantinople  par  notre  compatriote  M.  Brun, 
capitaine  de  frégate. 

M.  le  Président  exprime  les  remercîments  de  la  So- 
ciété pour  ces  dons  qui,  malgré  les  pénibles  préoccupa- 
tions du  moment,  continuent  d'attester  des  sympathies 
précieuses  pour  le  Musée. 

Ouvrages  reçus.  —  Le  Cardinal  de  Polignac.  — 
M.  Lascombe  fait  don,  à  la  Bibliothèque  historique, 
d*une  brochure  ayant  pour  titre  :  le  Cardinal  de  Po- 
lignac, 4664- 47 ii  (extrait  des  Tablettes  historié 
ques  de  la  Haute-Loire).  Celte  monographie,  relative 
à  l'un  de  nos  plus  illustres  compatriotes,  contient  des 
renseignements  peu  connus  sur  ce  personnage.  On  y 
trouve  surtout  un  document  inédit  qui  concerne  les  ob- 
sèques célébrées  en  son  honneur  au  Puy,  et  qui  présente 


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450      '  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

quelques  détails  curieux  sur  la  vie  municipale  et  admi- 
nistrative de  cette  ville  au  dix-huitième  siècle. 

L'auteur  rappelle,  dans  une  note,  un  fait  qui  intéres- 
sera nos  archéologues;  le  cardinal  possédait  une  collec- 
tion de  médailles  et  d'objets  d'antiquité  qui,  après 
sa  mort,  ayant  été  acquise  par  le  roi  de  Prusse,  doit 
être,  aujourd'hui,  au  musée  de  Berlin.  Il  serait  possi- 
ble, comme  le  présume  notre  confrère,  que  le  Velay 
eût  fourni  des  pièces  d'archéologie  à  cette  remarquable 
collection. 

Conformément  au  vœu  que  M.  Lascombe  a  émis  à 
propos  de  ces  antiquités,  l'Assemblée  décide  que  des  re- 
cherches seront  faites  pour  retrouver,  s'il  est  possible, 
au  musée  de  Berlin,  au  moins  un  catalogue  de  la  col- 
lection archéologique  du  cardinal  de  Polignac. 

Concours  agricoles  régionaux,  —  M.  le  Ministre  de 
l'agriculture  écrit  que  la  Société  recevra  prochainement 
un  exemplaire  du  volume  sur  les  primes  d'honneur  et 
les  médailles  de  spécialité  décernées,  en  4867,  dans  les 
concoui's  agricoles  régionaux. 

Concours  d'animaux  gras  du  Puy.  —  Au  nombre 
des  ouvrages  périodiques,  le  Bulletin  de  la  Société  aca- 
démique de  la  Lozère  contient  un  article  qui  a  pour  li- 
tre :  Les  Auhracs  au  concours  d'animaux  gras  du 
Puy.  Les  notions  instructives  qu'il  fournit  sur  les  bœufs 
de  cette  race,  ainsi  que  sur  l'espèce  porcine,  ont  été  ex- 
traites du  Journal  d'agriculture  qui,  lui-même,  les  avait 
empruntées  à  l'un  des  comptes-rendus  de  nos  concours, 
présentés  par  M.  Aimé  Giron  à  notre  Société. 


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NOVEMBRE.  451 

La  domestication  des  perdrix  est,  dans  la  même  pu- 
blication, l'objet  d'an  antre  article  relatif  aux  résultats 
d'heureux  essais  faits  par  M.  Yves,  dans  le  Bourbonnais. 

Valeur  nutritive  des  feuilles  de  végétaux  ligneux, 
—  Le  Journal  d'agriculture  progressive  donne  d'uti- 
les renseignements  «  pour  l'exploitation  de  cette  pré- 
cieuse ressource  fourragère  qui ,  connue  depuis  longue 
date  des  cultivateurs,  était  restée  toute  routinière.  La 
science  est  intervenue.  Elle  a  fait  connaître  que  les 
feuilles  varient  de  richesse  alimentaire  avec  leur  âge, 
et  que,  par  conséquent,  il  n'est  pas  indifférent  de  les 
cueillir  à  toutes  les  époques. 

«  Non-seulement  les  feuilles  des  végétaux  ligneux 
n'ont  pas  toutes  la  même  valeur  nutritive  ;  mais  cette 
valeur  varie  elle-même  selon  le  climat,  la  température 
et  surtout  selon  l'époque  de  la  cueillette.  > 

Parmi  les  plus  précieuses,  l'article  mentionne,  avec 
détails  explicatifs,  analyses,  etc.,  les  feuilles  de  vigne, 
d'orme,  de  charme,  de  frêne,  de  mûrier,  de  peuplier  du 
Canada,  de  chêne,  de  bouleau,  de  noisetier  et  de  saule. 

Les  bons  conseils  de  l'auteur  pourront  être  mis  à  pro- 
fit dans  notre  pays,  où  des  cultivateurs  donnent  déjà 
au  bétail  plusieurs  sortes  de  feuilles. 

Maïs  géant  carraguapour  fourrages.  —  Les  essais 
de  culture  qui  ont  été  faits  aux  environs  du  Pay,  en 
particulier  par  M.  le  Président  de  notre  Société,  M.  de 
Brive,  ont  été,  de  tous  points,  aussi  remarquables  que 
ceux  signalés  par  M.  de  CaiTière-Brimont  dans  le  Jour- 
nal d'agriculture  pratique.  A  cette  occasion,  M.  de 


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452  RÉSUMÉ  DBS  SÉANCES. 

Brive  présente  à  l'assemblée  des  spécimens  de  ce  pro- 
digieux végétal  dont  la  hauteur  a  alteint  jusqu'à  3""  50, 
dans  sa  propriété  de  la  Darne,  commune  de  Coubon. 

Il  est  certain  que  le  carragua  produit  deux  fois  plus 
de  fourrage  que  le  maïs  ordinaire  ;  seulement,  lorsque 
sa  circonférence  dépasse  7  à  8  centimètres,  il  ne  peut 
être  avantageusement  utilisé  par  les  animaux  de  tra- 
vail sans  être  concassé  ou  divisé.  Du  reste,  il  résiste 
très-bien  aux  fortes  chaleurs  du  mois  de  juillet  et  peut 
ainsi,  pendant  tout  le  mois  d'août,  fournir  aux  proprié- 
taires le  moyen  de  nourrir  leurs  animaux  d'une  ma- 
nière salutaire  et  économique  ;  la  seule  précaution  h 
prendre  étant  :  4*^  de  le  semer  fort  épais  dans  une 
bonne  terre  argilo-siliceuse  ;  et  î»  de  le  couper  avant 
qu'il  ait  complètement  sorti  toutes  les  panicules. 

Moutarde  blanche,  colza  et  sarrazin.  —  Ces  plantes 
sont  indiquées,  dans  le  Journal  d* agriculture  progres- 
sive, comme  étant  profitables  en  récolte  dérobée  pour 
fourrages  ou  pour  enfouir  en  vert  comme  engrais.  La  plus 
précieuse,  sous  ce  double  rapport,  est  la  moutarde,  qu'il 
faut  couper,  condition  de  rigueur,  ou  enfouir  en  pleine 
fleur.  Toutefois,  il  ne  convient  pas  de  nourrir  exclusi- 
vement les  bestiaux  avec  ce  fourrage  ;  car,  donné  en 
trop  grande  quantité,  il  devient  très-échauffant.  On  a 
remarqué  surtout  l'influence  do  cette  nourriture  sur 
l'augmentation  de  production  du  lait  chez  les  vaches. 

A  la  rigueur  et  à  défaut  de  moutarde,  on  peut  culti- 
ver, dans  le  même  but,  le  colza  et  le  sarrazin  mélangés, 
ou  même  isolément. 

M.  de  Brive  dit  qu'il  a  semé  de  la  moutarde  blanche. 


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NOVEMBRE.  453 

Celle  plaDle  ne  s'esl  pas  élevée  an  delà  de  40  à  42  cenli- 
mèlres  ;  mais  il  ne  voudrait  pas  absolument  conclure 
de  cet  essai  fait  dans  des  con  litions  peut-être  défec- 
tueuses. Il  se  propose  de  renouveler  l'expérience. 

M.  de  Montalet  a  été  satisfait  de  cette  culture,  sauf 
que,  pour  en  assurer  la  réussite,  il  Ta  pratiquée  en  mé- 
lange de  ta  moutarde  avec  le  pois  quarantin.  Il  sème 
deux  fois,  en  avril  sur  une  terre  libre  et  en  septembre 
sur  une  céréale. 

Destruction  de  la  cuscute  par  les  moutons.  —  M.  Fla- 
manville  a  donné  Tarticle  suivant  dans  le  Stul-Est  : 

«  Ayant  un  champ  de  luzerne  plein  de  cuscute,  je  le 
fis  pâturer  par  des  moutons  à  la  seconde  coupe.  Ces  der- 
niers ayant  mangé  les  tiges  et  les  fleurs  de  cette  para- 
site, le  cbamp  fut  nettoyé  de  cuscute,  et  il  n*en  pousse 
plus  depuis.  Pareille  chose  est  arrivée  aussi  à  un  autre 
cultivateur  de  notre  arrondissement,  qui  s'est  très-bien 
trouvé  du  pacage  des  moutons  dans  les  luzernes  infes- 
tées de  cuscute.  » 

M.  Chouvon  fait  part  d'un  moyen  qui  lui  a  réussi  éga- 
lement, pour  la  destruction  de  la  même  plante  parasite, 
dans  une  luzerne  occupant  une  surface  du  sol  de  S  hec- 
tares, et  dont  la  graine  était  fortement  mélangée  de  celle 
de  cuscute.  Il  a  eu  soin  de  faire  extraire  très-minutieu- 
sement cette  plante  à  la  main  et,  cette  année,  elle  n'a 
pas  reparu.  C'est  le  procédé  le  plus  sûr;  en  opérant  de 
bonne  heure,  il  est  facile  de  venir  à  bout  du  nettoyage. 

Tombes  mérovingiennes.  —  Notre  compatriote, 
M.  Ed.  Flouest,  correspondant  de  la  Société  des  anti- 
quaires de  France,  est  l'auteur  d'une  notice  intéressante, 


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154  RÉSUMÉ   DES   SÉANCES. 

insérée  au  Bulletin  de  celte  Société,  sur  une  marque  de 
fabrique  de  cercueils  mérotingiens.  Ces  tombes  se  ren- 
contrent dans  la  partie  nord  de  l'ancien  duché  de  Bour- 
gogne et  les  régions  adjacentes  de  la  Champagne.  Elles 
sont  en  pieiTO  oolithique  blanche,  monolithes,  larges  à 
la  tôle  et  rétrécies  vers  les  pieds.  Leur  couvercle,  au  lieu 
de  former  deux  plans  inclinés ,  comme  en  Normandie , 
affecte  la  flgure  arrondie  d'un  demi-cylindre,  se  rappro- 
chant, en  cela,  de  la  plupart  des  sarcophages  gallo-ro- 
mains du  nord  de  la  France.  La  taille  de  la  pierre ,  aux 
parois  latérales  et  du  côté  des  pieds,  offre  des  petits  sil- 
lons ornementaux  parallèles,  dont  les  séries  se  trouvent 
limitées,  près  des  bords,  par  une  sorte  de  ciselure.  Du 
côté  de  la  tête,  il  y  a  même  une  combinaison  ingénieuse 
de  lignes  obliques  d'un  assez  heureux  effet.  Une  mar- 
que de  fabrique  semble  se  révéler  au  demi-cintre,  un  peu 
surbaissé ,  formé  par  la  face  antérieure  du  couvercle 
qui,  parfois,  a  reçu  des  signes  et  des  lettres.  M.  Flouest 
mentionne,  en  particulier,  sur  un  de  ces  cercueils,  un 
niveau  et  une  sorte  de  marteau  pointu  à  long  manche , 
outil  principal  du  creusement  des  auges.  Ces  signes  sont 
accompagnés  de  deux  lettres  adossées  qui  pourraient 
être  les  initiales  du  fabricant. 

On  peut  se  demander  si  ce  marteau  pointu  ne  répon- 
drait pas  à  la  même  pensée  de  symbolisme  que  Yascia 
exprime  sur  des  monuments  funéraires  de  l'époque  ro- 
maine, à  l'exemple  d'un  instrument  plus  ou  moins 
analogue,  également  en  forme  de  marteau  pointu  qui, 
d'après  ce  qu'en  a  dit  notre  confrère,  M.  Aymard,  rem- 
place Vascia  sur  un  cippe  romain  trouvé  à  Polignac  et, 
aujourd'hui,  déposé  au  Musée. 

Quant  aux  cercueils  mérovingiens  observés  dans  le 


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NOVEMBRE.  155 

Velay,  ils  sont  également  rétrécis  de  la  léle  aux  pieds. 
Leor  couTercle  paraît  être  plus  ou  moins  plat.  De  plus, 
on  n'y  a  pas  encore  observé^  c«lte  taille  à  raies  symé- 
triques qui  se  voit  sur  les  tombes  de  la  Boargogne. 

Traité  intervemi  entre  les  sires  de  Mercœiir  et  le 
chapitre  noble  de  Briotide,  au  mois  de  mars  é29L  — • 
Tel  est  le  titre  d'une  notice  suivie  du  texte  de  ce  docu- 
ment, que  M.  de  Sartiges  d'Angles  a  publiée  aux  Mémoi- 
res de  r Académie  de  Clermont-Ferrand  (tome  xi.  4869). 
L'auteur  a  soin  d'ajouter  en  note  que  la  traduction  de 
cette  pièce  historique,  qui  est  en  latin,  doit  inspirer  toute 
confiance,  étant  due  à  notre  confrère,  M.  Chassaing. 

L'auteur  a  donné  un  grand  intérêt  h  ce  document  en 
le  Taisant  précéder  d'un  «  parallèle  qui  explique  le  rôle 
que  durent  jouer,  vis-à-vis  l'une  de  l'autre,  deux  puis- 
sances féodales,  l'une  ecclésiastique,  l'autre  laïque,  pen- 
dant une  existence  de  huit  à  neuf  siècles  qu'elles  vécu- 
rent côte  à  côte,  avec  des  richesses  et  des  prérogatives 
qui  devaient  les  rendre  rivales.  » 

M.  de  Sartiges  fait  ensuite  un  historique  de  la  maison 
de  Mercœur  dont  les  possessions  s'étendaient,  sur  un  es- 
pace de  près  de  vingt  lieues,  depuis  Saint-Germain- 
Lembron  et  Ardes,  en  Basse-Auvergne,  jusques  au  delà 
de  Saugues,  en  Gévaudan.  Parmi  les  prélats  qu'elle  a 
fournis,  on  remarque  saint  Odilon,  abbé  de  Cluny,  mort 
en  4048,  qui  aurait  sufli  pour  illustrer  cette  puissante 
race,  alliée,  en  outre,  aux  maisons  de  France,  de  Bour- 
gogne et  d'Auvergne. 

Ajoutons,  pour  rappeler  les  liens  qui  rattachent  la 
même  maison  de  Mercœur  à  notre  pays,  qu'elle  a  donné 


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156  RÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 

deux  évêques  au  siège  du  Puy ,  Etienne  II  el  Pierre  II, 
inhumés  à  Layoûte-Chilhac,  dans  le  monastère  fondé, 
en  1025,  par  saint  Odilon  (1),  el  que,  dans  une  charle 
de  1434  relative  &  l'institution  consulaire  de  la  ville  de 
Saugues ,  la  suzeraineté  de  cette  ville  est  attribuée  aux 
barons  de  Mercœur  (2).  Le  traité  de  1291 ,  dont  il  est  ici 
question,  démontre  que  «  plusieurs  parties  des  possessions 
de  cette  maison,  notamment  le  territoire  de  Mercœur, 
berceau  de  la  famille,  étaient  assujetties  à  la  foi  et  hom- 
mage envers  le  chapitre  de  Brioude.  Il  semble  même 
que  cet  acte  eut  pour  principal  objet  la  reconnaissance 
du  droit  de  suzeraineté  du  chapitre  sur  la  terre  du  ba- 
ron. » 

L'historique  du  Chapitre  de  Brioude  n*est  pas  moins 
intéressant.  L'auteur  a  su  condenser,  dans  quelques  pa- 
ges, avec  une  parfaite  précision,  les  traits  principaux  do 
l'organisation  et  de  l'histoire  de  cette  célèbre  institution 
religieuse. 

Quant  au  document,  il  sera  certainement  une  annexe 
importante  du  Cartulaire  du  même  Chapitre,  publié  par 
les  soins  de  notre  confrère  et  compatriote,  M.  H.  Doniol. 

Mathieu  de  Morgues,  sieur  de  Saint-Germain.  ~ 
Dans  le  môme  Recueil  de  mémoires,  M.  Eugène  Talion, 
abordant  historiquement  la  question  des  pamphlets  po- 
litiques, sous  le  titre  :  la  Presse  en  4634,  rappelle  le . 


(1)  Eglise  du  quinzième  iiécle  et  porte  sculptée  du  onzième  à  Lavoûte-Ckillmc, 
par  If.  Aymardy  Annales  de  la  Société,  tome  xiv,  p.  199. 

(^)  Notes  historiques  sur  la  ville  de  Saugues  et  son  chapitre,  par  M.  Labrc- 
toigne»  ihid.,  p.  165. 


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NOVEMBRE.  157 

dramatique  conflit  qui,  à  cette  époque,  était  engagé  en- 
tre Richelieu,  le  ministre  omnipotent,  et  ses  ennemis 
qui  tentaient  de  rabattre. 

Nous  savions,  par  une  remarquable  monographie  de 
l'un  de  nos  confrères,  M.  Perroud  (1),  le  rôle  batailleur 
de  notre  compatriote,  Mathieu  de  Morgues,  sieur  de 
Saint-Germain,  dans  ce  conflit  si  bien  nommé,  par  Henri 
Martin,  la  guerre  des  pamphlets;  mais  M.  Talion,  dans 
son  écrit,  nous  le  montre  en  lutte  avec  un  antagoniste 
non  moins  ardent,  Jean  Sirmond,  savant  jurisconsulte 
de  Riom,  lutte  dans  laquelle  était  aussi  mêlé  le  Père 
de  Chantelouve,  né  à  Brioude.  A  leurs  divers  points  de 
vue,  ces  deux  études  sont  également  instructives,  en 
nous  permettant  de  remonter  jusqnes  aux  causes  plus 
ou  moins  éloignées,  plus  ou  moins  apparentes,  desquel- 
les, d'après  les  vues  judicieuses  de  M.  Talion,  a  pu  dé- 
couler rinstitution  de  la  presse  périodique  actuelle. 

Dessèchemenis  de  lacs  et  marais  en  Auvergne.  — 
M.  Michel  Cohendy,  archiviste  du  département  du  Puy- 
de-Dôme,  a  publié  aussi,  dans  les  Mémoires  de  V Aca- 
démie de  Clermont,  une  Notice  sur  les  entreprises  de 
dessèchements  de  lacs  et  marais  dans  la  généralité 
d*  Auvergne. 

Les  documents  que  Tauteur  a  mis  en  œuvre  dans  cet 
important  travail  embrassent  une  période  de  temps 
comprise  entre  les  années  1599  et  1769.  Ils  ont  un  vé- 
ritable intérêt  historique,  en  ce  qu'ils  concernent  di's 


(l)  Eftti  sur  la  vie  et  les  œuvres  de  Mathieu  de  Morgues  {\5IS^-\CnO) y  Annu- 
les de  U  Société,  tome  xxvi,  p.  905. 


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458  RRSUMÉ    DRS   SEANCES. 

entreprises  dont  les  etfets  furent  considérables  en  Au- 
vergne pour  Tamélioration  et  Taccroîssement  de  Tagri- 
cullure,  malgré  les  difficultés  nombreuses  qu'elles  sus- 
citèrent, à  l'exemple  de  toutes  les  grandes  et  fécondes 
mesures  d'utilité  publique  qui,  tout  d'abord,  froissent 
des  Iftbitudes  et  préjugés  invétérés  on  quelques  intérêts 
privés,  mais  sont  sanctionnées  plus  lard  par  l'approbation 
générale. 

Toutefois,  les  entreprises  les  plus  considérables,  li- 
mitées à  des  régions  où  certaines  circonstances  pu- 
rent mieux  en  faciliter  l'exécution,  ne  s'étendirent  pas, 
au  moins  d'après  les  textes  cités  au  Mémoire  de  M.  Co- 
hendy,  dans  celte  partie  orientale  de  l'Auvergne  qui 
est  devenue,  pour  notre  déparlement,  l'arrondissement 
de  Brioude.  Ce  fait  devait  éveiller  la  curiosité  de  notre 
Société  toujours  attentive  à  recueillir  toutes  les  données 
concernant  l'histoire  du  pays,  el,  en  parliculier,  celle 
encore  peu  connue  de  notre  agriculture.  En  consé- 
quence, de  plus  amples  renseignements  ont  été  demandés 
par  noire  vice-président,  archiviste  du  département, 
à  son  savant  collègue,  M.  Cohendy,  qui  a  bien  voulu  lui 
transmettre  un  complément  de  ses  recherches,  récc^m- 
ment  pubhé  par  le  môme  auteur.  Il  s'agit  d'un  tableau 
de  l'extension  de  la  culture  par  les  défrichements  çt 
les  dessèchements  de  marais  opérés,  chaque  année,  de- 
puis les  déclarations  du  roi,  de  4764  et  4766  jusqu'en 
4790,  dans  chacune  des  élections  de  la  généralité  de 
Riom.  Les  éléments  de  ce  tableau,  qui  est  autographié, 
ont  été  relevés  dans  les  documents  officiels  de  l'inten- 
dance, lesquels  sont  mentionnés  à  l'inventaire  des  ar- 
chives départementales  du  Puy-de-Dôme,  dans  les  ar- 


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NOVEMBRE.  459 

liclesC.  424  àC.  436.0Dy  voitquerélecliondeBrioude. 
de  4764  à  4789,  est  comprise  pour  le  chiffre  lolai  de  879 
arpenls,  soil  374  hectares,  4  are,  sur  4  0,94 5  arpents  que 
donne  le  total  de  ia  généralité  pendant  la  même  période 
de  temps. 

En  outre,  M.  Tarchiviste  du  Puy-de-Dôme  s*est  em- 
pressé de  joindre  à  cet  envoi  le  sommaire  suivant  de 
la  liasse  C.  432  —  33  pièces,  papier,  de  4784  à  4782.  — 
«  M.  Gueyffier,  subdélégué  de  Brioude,  déclare  que  les 
formalités  préalables  à  accomplir,  la  difficulté  d'obtenir, 
sans  procès,  l'exemption  des  dîmes  sur  les  terrains  dé- 
frichés, rebutent  les  agriculteurs  de  la  subdélégation.  » 
«  Les  exemptions  de  (aille,  ajoule  M.  Gueyffier,  sont 
illusoires,  attendu  que,  si  on  ne  cotise  pas  le  propriétaire 
à  raison  du  produit  des  terres  défrichées,  on  augmente 
sa  cote  personnelle.  Ainsi  les  encouragements  ont-ils  été 
sans  influence  sur  le  petit  nombre  de  défrichements  ef- 
fectués. Une  seule  communauté,  celle  de  Lorlanges,  a 
exécuté  un  travail  utile  et  lucratif,  le  dessèchement 
d*un  marais  ;  mais  elle  s'est  dispensée,  parce  que,  le  ma- 
rais devant  être  mis  en  prairie,  elle  ne  redoutait  rien 
au  sujet  des  impositions,  à  cette  occasion,  de  Taccomplis- 
sement  des  formalités  requises.  »  (Correspondance  de 
M.  Gueyffier  à  M.  de  Chaxerat;  Brioude,  40  jan- 
tier478^)  (4). 


(l)  Les  documents  cités  par  M.  Cohendy  évoquent  le  souvenir  d*un  fonc- 
tionnaire des  plus  estimables  :  Jean  Gocyffler  do  Talairat,  conseiller  do  roi  en 
l'élection  de  Brioude,  bailli  de  celte  ville  et  subdélégué  de  l'intendance  d'Au- 
vergne, né  b  Briorde  en  1739,  décédé  au  Puy,  le  i  octobre  1793. 

Ilétait  lepjre  de  notre  honorable  et  regretté  confrère,  le  baron  deTaluiiat 


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160  RÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 

L'assemblée,  intéressée  par  celte  commanicalioD,  ex- 
prime des  remerclmenls  à  M.  Cohendy,  en  le  priant 
de  nous  transmettre  toutes  les  nolions  historiques  con- 
cernant les  lieux  deFarrondissement  de  Brioude,  à  l'oc- 
casion des  découvertes  que  pourront  lui  fournir  ses  ac- 
tives investigations  dans  les  archives  du  Puy-de-Dôme. 

Kpizooties.  —  Fièvre  aphlheuse,  —  M.  de  Brive  fait 
la  communication  suivante  : 


(Jean-François),  ancien  maire  de  Brioude  et  membre  Lonoraire  de  la  Société, 
décédé  i  tirioude  en  1851. 

Jean  Gueyfller  de  Talairat  exerçait  la  charge  de  sobdélégué,  au  moins  eu  1780, 
pour  Brioude,  Langeac  et  la  Chaise-Dieu  (note  de  M.  Paul  Le  Blanc  aux  7a- 
blettet  hisioriguet  du  Yelay,  1879,  p.  339. 

Le  cé!^brc  voyageur  anglai.«,  Arthur  Young,  l'a  mentionné  dans  son  Voyage 
en  France,  1789-1793.  Aux  qualités  d''Dn  administrateur  écUirc,  il  joignait  des 
connaissances  aussi  étendues  que  variées.  Il  avait  fourni  aux  Ephéitiérides  plu- 
sieurs articles  justement  estimés.  Un  sentiment  élevé  en  faveur  du  progrès 
agricole  inspira  une  clause  générease  de  son  testament,  en  date  du  4  mars  1785, 
pour  le  cnliivatcurle  plus  méritant  en  Télection  dcBrioide.  Jean  Gucyflierde 
Talairat  y  dispose  «  d'une  somme  de  150  livres  que  son  héritier  paiera,  chaque 
année,  pendant  vingt  ans,  ès-mains  de  telle  personne  que  commettra  M.  l'fn- 
tendant  d'Auvergne,  peur  être  appliquée  k  gratifier  un  taillable  laboorour  de 
réicction  do  Brioude,  dans  l'état  de  médiocrité  pour  la  fortune,  qui  aura  mérite 
l'éloge  de  citoyen  vertueux,  attaché  aux  devoirs  et  aux  principes  de  la  religion, 
d'une  probité  intacte,  bon  flis,  bon  mari  et  bon  père,  laborienx,  sage,  vigilant, 
charitable  suivant  ses  moyens,  attentif  ii  l'éducation  de  ses  enfants,  soit  pour  le 
travail,  soit  pour  les  mœurs,  et  qui,  à  ces  qualités  malheureusement  trop  rares, 
aura  réuni  l'industrie  et  l'activité  pour  la  culture  et  l'entretien  de  la  terre.  > 

<  Mon  projet,  dit  le  testateur,  est  de  donner  on  faible  encouragement  h  une 
classe  de  citoyens  dont  l'utilité  est  trop  peu  connue,  et  j'ose  espérer  que  mes 
dispositions  n'éprouveront  point  d'obstacle  de  la  part  de  l'autorité  supérieure.  » 

{Exiraii  de  l'acte  testamentaire  communiqué  à  ta  Société  par  M.  Louis 
Gueylper,  ancien  notaire,  petit-neveu  du  suhdélégué  Jean  Gueyffler.) 

Note  du  Président  de  la  Sociét(\ 


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NOVRMRRR.  161 


Messieurs, 


Une  épîzootie,  connue  dans  nos  campagnes  sous  le  nom 
de  mal  des  pieds,  qu'ailleurs  on  nomme  cocote  et  que  les 
médecins  vétérinaires  appellent  yfèvre  aphtheuse,  a  sévi,  dans 
le  cours  de  cette  année,  sur  les  hétes  bovines  de  presque 
tous  les  cimtons  de  notre  département.  L'Afrique,  l'Angle- 
terre et  plusieurs  contrées  de  notre  territoire  en  ont  égale- 
ment été  atteintes.  Sa  marche,  dans  notre  département, 
paraît  avoir  été  concentrique,  s'étant  montrée  d'abord  sur 
les  montagnes  qui  ceignent  notre  pays,  vers  le  mois  de  juin, 
et  s'étant  successivement  rapprochée  de  nous,  jusque  dans 
le  courant  de  septembre  et  octobre  où  elle  frappait  nos  éta- 
blés  des  environs  du  Puy.  Cette  maladie  épidémique  et  dont 
on  n'explique  pas  encore  les  causes  ,  est  éminemment  con- 
tagieuse et  se  communique  d'un  individu  à  l'autre  avec 
une  extrême  facilité.  Les  animaux  qui  boivent  dans  le 
même  réservoir,  qui  passent  par  les  mêmes  chemins,  qui 
paissent  ensemble  et  habitent  sous  le  même  toit,  sont  pres- 
que toujours  contaminés.  Cette  affection,  rarement  mor- 
telle, n'en  occasionne  pas  moins  de  graves  dommages  à  nos 
agriculteurs  par  le  repos  forcé  qu'elle  impose  à  leurs  ani- 
maux da  travail,  la  diminution  ou  même  quelquefois  la 
suppression  de  la  sécrétion  lactée  qu'en  éprouvent  les  fe- 
ujelles  et  l'amaigrissement  qui  frappe  toutes  les  bêtes  attein- 

TOME  XXXI.  11 


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162  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

tes.  Elle  est  malheureusement  très-fréquente  dans  nos  con- 
trées et  il  se  passe  rarement  plusieurs  années  sans  qu'elle 
fasse  son  apparition  sur  quelques-uns  de  ses  points. 

L'invasion  de  la  maladie  est  signalée  par  la  tristesse  des 
animaux ,  un  piétinement  constant  lorsque  le  mal  se  porte 
au  pied,  et  l'écoulement  d'une  bave  visqueuse  lorsque  le  mal 
est  dans  la  bouche.  Une  fièvre  ardente  ne  tarde  pas  à  se 
déclarer;  ils  cessent  de  manger  et  leur  poil  se  hérisse.  L'af- 
fection frappe  les  pieds,  la  bouche  et  les  mamelles,  quelque- 
fois simultanément,  le  plus  souvent  successivement  et  quel- 
quefois partiellement  seulement.  Les  pieds  sont  atteints 
d'ampoules  interdigitées  et  sous  les  onglons;  la  langue,  les 
j<encives  et  les  mamelles  présentent  les  mêmes  symptômes. 
Après  trois  ou  quatre  jours,  les  ampoules  s'ouvrent,  don- 
nent issue  à  un  liquide  blanc  et  visqueux  et  les  ulcères  qui 
en  résultent  tendent  assez  vite  à  la  cicatrisation  qui  a  lieu, 
en  quelques  jours,  si  rien  ne  vient  contrarier  ce  travail  do 
la  nature.  La  durée  de  la  maladie,  livrée  à  elle-même,  est 
de  quinze  à  vingt  jours  et  souvent  beaucoup  plus,  s'il  se 
présente  des  accidents  consécutifs,  comme  la  chute  des  sa- 
bots, la  dénudation  de  la  langue,  etc.  Le  défaut  de  litière, 
un  travail  forcé,  une  nourriture  mal  appropriée  sont  les  cau- 
ses ordinaires  de  ces  accidents. 

Dans  le  cas  oii  la  maladie  a  marché  régulièrement,  les 
animaux  rentrent  promptement  dans  leur  situation  normale 
et  tous  les  symptômes  du  retour  à  la  santé  ne  tardent  pas  à 
se  montrer. 

Nos  agriculteurs,  connaissant,  par  l'expérience,  le  peu  de 
gravité  du  mal,  se  contentent,  en  général,  de  laisser  en  re- 
pos leurs  animaux  et  attendent  tout  de  la  nature. 

La  science  vétérinaire  s'est  occupée  de  cette  maladie, 


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NOVEMBRR.  163 

elle  eu  a  caractérisé  les  symptômes,  étudié  les  ellets  et  lui 
a  opposé  des  médicaments.  Ceux-ci  consistent ,  en  général, 
dans  l'emploi  de  lotions  locales  et  émollientes,  lors  de  la  pé- 
riode inflammatoire  :  décoctions  de  sureau,  de  graines  de 
lin,  de  mauves,  etc.,  et  dans  celui  des  astringents  légers, 
lorsque  le  travail  de  réparation  se  fait  :  dissolutions  d*a- 
lun  (1),  eau  de  Gowterrf,  décoctions  d'écorce  de  chêne  ou  de 
feuilles  de  noyer.  Tels  sont  les  moyens  indiqués  contre  la 
fièvre  aphtheuse  dans  divers  articles  publiés  par  le  Journal 
d*agricuUure  pratique  et  le  Journal  de  l'agriculture.  Ces  re- 
mèdes conviennent  également  pour  les  pieds,  la  bouche  ou 
les  mamelles,  en  ayant,  toutefois,  le  soin  de  diminuer  la 
dose  des  astringents  pour  les  parties  les  plus  délicates,  tel- 
les que  les  gencives  et  les  mamelles. 

On  conseille  plus  particulièrement,  pour  le  mal  de  la  bou- 
che, Teau  miellée,  plus  ou  moins  acidulée  avec  du  vinaigre, 
suivant  l'état  du  mal. 

Pendant  toute  la  durée  de  la  maladie ,  il  est  recommando 
do  substituer  les  aliments  liquides  ou  tendres  aux  aliments 
secs  et  durs,  afin  d'arrêter  ou  diminuer  l'amaigrissement 
des  sujets  par  une  alimentation  plus  ap|)étissanto  ot  plus  fa- 
cile à  absorber. 

Un  agriculteur  vétérinaire,  M.  Adenot,  du  département 
de  la  Loire,  a  cru  trouver  un  remède  spécifique  qui  abrége- 
rait la  durée  de  cette  affection  et  la  rendrait  toujours  béni- 
gne. C'est  Vacide  phénique,  substance  dans  laquelle  on  a  cru 
découvrir  tant  de  propriétés  diverses.  Quoiqu'il  en  soit, 
M.  Adenot ,  dès  que  les  symptômes  du  mal  sont  déclarés  , 


(  l)  30  grammes  dissous  dans  un  liire  d'eau. 


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164  RÉSUMÉ   DES  SÉANCRS. 

lotionne ,  deux  fois  par  jour ,  les  parties  atteintes  avec  une 
eau  phéniquée  ainsi  composée  : 

Pour  la  bouche  et  les  mamelles  : 

Acide  phénique 70  grammes. 

Eau 1  litre. 

Pour  les  pieds,  la  dose  d'acide  phénique  est  portée  à 
120  grammes. 

Le  résultat  de  ce  traitement  est,  d*après  M.  Adenot,  que 
dans  les  vingt-quatre  heures  les  ampoules  éclatent.  Au 
deuxième  jour,  les  ulcères  se  montrent,  et,  dès  le  troisième, 
le  travail  de  la  cicatrisation  commence;  les  animaux  repren- 
nent leur  gaieté,  commencent  à  goûter  leur  nourriture  ;  la 
sécrétion  lactée  reprend  progressivement  et,  du  septième  au 
neuvième  jour,  la  guérison  est  complète. 

Mon  étable  de  la  Darne,  quoiqu*étabUe  dans  les  meilleu- 
res conditions  d*hygiène,  a  subi  le  sort  commun  et,  dans  les 
premiers  jours  de  septembre  dernier,  deux  de  mes  meilleu- 
res vaches  laitières  ont  été  prises  du  mal  de  la  bouche  d'a- 
i)ord,  et  des  pieds  ensuite.  Mes  bœufs  et  le  reste  de  mon 
étable  ont  été  atteints,  successivement,  c'est-à-dire  à  plu- 
sieurs jours  d'intervalle  et  de  proche  en  proche,  mais  à  des 
degrés  d'intensité  différents.  Presque  tous  mes  animaux  ont 
eu  le  mal  des  pieds  et  de  la  bouche  en  même  temps  ;  ma 
meilleure  laitière,  seule,  a  eu  mal  à  la  mamelle  et  à  la  bou- 
che sans  le  mal  des  pieds. 

Le  mal  des  pieds,  sur  mes  bœufs,  a  été  très-intense;  de 
grandes  ampoules  existaient  sous  les  onglons  et  entre  les 
doigts  des  pieds.  A  leur  ouverture,  les  vers  s'étaient  mis  sur 
les  ulcères  ;  le  bas  des  jambes  était  fortement  tuméOé.  Les 
animaux  s'étaient  couchés  sur  leur  litière. 

J'ai  voulu  essayer,  sur  mes  malades,  l'emploi  de  l'acide 


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NOVEMBRE.  165 

phénique.  Malheureusement  et  à  raison  des  circonstances 
si  malheureuses  de  la  guerre,  n'ayant  pu  me  procurer  que 
500  grammes  de  ce  produit,  je  n*ai  fait  qu'une  expérience 
incomplète.  Huit  vaches  of!t  cependant  été  soumises  ,  deux 
fois  par  jour,  à  des  lotions  d'eau  phéniquée  à  la  dose  de 
100  grammes  d'acide  par  litre  d'eau,  à  la  bouche  et  aux 
pieds,  suivant  le  besoin.  Je  dois  dire  que  l'effet  en  a  paru 
immédiat,  dans  la  bouche  surtout.  Les  ulcères  des  gencives 
se  sont  promptement  cicatrisées  et ,  dans  les  quarante-huit 
heures,  les  animaux  ont  repris  leur  bonne  humeur  et  ont  re- 
commencé à  manger.  Le  mal  des  pieds ,  tout  en  paraissant 
céder  au  remède,  a  été  plus  long  à  guérir  et  les  animaux 
ont  encore  boité  quatre  à  cinq  jours. 

De  ces  faits,  je  crois  pouvoir  conclure  que  l'acide  phéni- 
que  aurait  la  propriété  de  résoudre  la  maladie  plus  promp- 
tement que  les  autres  remèdes,  puisque  les  animaux  sou- 
mis à  ce  traitement  ont  pu,  en  moins  de  huit  jours,  revenir 
à  une  santé  parfaite. 

Par  suite  de  l'impossibilité  où  je  me  suis  trouvé  de  me 
procurer  une  plus  grande  quantité  de  ce  médicament,  après 
avoir  livré  à  la  nature  mes  autres  animaux,  pendant  la  pre- 
mière période  du  mal,  j'ai  eu  recours  aux  décoctions  de 
feuilles  de  noyer  que  j'ai  employées  en  lotions,  particulière- 
ment sur  les  pieds.  Il  m'a  paru  que,  sous  leur  influence,  la 
cicatrisation  des  ulcères  se  faisait  assez  bien.  Mais  il  n'a 
pas  fallu  moins  de  quinze  jours  pour  atteindre  la  guérison. 
Ce  traitement  serait,  dès  lors,  bien  moins  efficace  que  celui 
par  l'acide  phénique. 

Tels  sont,  Messieurs,  les  renseignements  que  j'ai  pu  me 
procurer  sur  l'épizootie  de  fièvre  aphtheuse,  qui  est  venue  s'a- 
jouter à  tant  d'autres  désastres  dont  a  souffert,  cette  année, 


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166  RÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 

notre  agriculture.  Je  serais  heureux  que  la  communication 
que  je  viens  de  vous  faire  déterminât  MM.  les  Vétérinaires 
de  notre  département,  dont  la  compétence  et  le  mérite  ne 
sauraient  être  contestés,  à  éclairer,  par  des  instructions  pré- 
cises, les  habitants  de  nos  campagnes  sur  un  mal  très-fré- 
quent ,  qui  leur  cause  des  pertes  considérables  et  qu'il  se- 
rait ,  sans  doute ,  possible  d'atténuer  par  des  soins  et  un 
traitement  intelligent. 

Navigation  aérienne.  —  Le  service  des  aérostats, 
en  ce  moment  organisé  à  Paris  pour  mettre  en  commu- 
nication la  capitale  avec  les  départements,  donne  oc- 
casion à  M.  Aymard  d'entretenir  l'assemblée  de  la  ques- 
tion des  voyages  aériens.  Notre  confrère  présente  un 
exposé  historique  de  cet  intéressant  problème  dont  la 
solution  ne  lui  semble  pas  absolument  impossible,  sur- 
tout depuis  les  tentatives  de  M.  Giffard  pour  élever  dans 
les  aii*s  un  ballon  muni  d'une  petite  machine  à  vapeur, 
d'une  hélice  et  d'un  gouvernail.  Il  s'étonne  qu'au  lieu 
d'égarer  les  recherches  dans  des  systèmes  nouveaux,  on 
ne  mette  pas  à  proflt  cet  heureux  essai,  au  moyen  de 
plus  puissantes  machines  à  vapeur  qui,  maîtrisant  la 
violence  des  vents,  permettraient  probablement  de  diri- 
ger les  aérostats.  Quoiqu'il  advienne  de  cetle  importante 
question,  l'emploi  des  ballons,  dans  les  circonstances  ac- 
tuelles, est  un  fait  qui,  provoquant  vivement  l'attention 
[)ublique,  invite  à  rappeler  qu'un  de  nos  compatriotes, 
physicien  distingué,  de  l'aveu  de  ses  contemporains  ei 
biographes,  le  P.  Joseph  Galien,  de  l'ordre  de  Saint- 
Dominique,  plusieurs  années  avant  MontgolRer,  aurait 
conçu  la  pensée  d'un  ballon  pouvant  s'élever  dans  les 


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NOVEMBRE.  167 

airs  au  moyen  d'un  air  plus  léger  que  celui  de  Tatmos- 
phère  et  recevoir,  peut-être,  certaines  directions.  Cette 
conception  théorique  serait  venue  h  Tesprit  de  Galien, 
par  voie  de  déduction,  à  la  suite  d'une  étude  qu'il  avait 
faile  de  l'air  atmosphérique  au  point  de  vue  de  la  na- 
ture et  de  la  formation  de  la  grêle.  Cela  résulte  d'un 
petit  livre  publié  d'abord  en  1755,  qu'il  réédita  avec  des 
corrections  en  1757,  et  dans  lequel  il  paraît  que  Galien 
sut  voiler  la  hardiesse  de  ses  idées  par  l'enjouement  du 
style,  en  les  présentant  comme  un  simple  amusement 
de  physique.  Les  biographes  qui  ont  consacré  quelques 
lignes  élogieuses  à  la  mémoire  de  Galien,  et  les  physi- 
ciens, surtout  ceux  qui  ont  écrit  sur  les  aérostats,  ont 
souvent  cité  ce  curieux  opuscule,  mentionné  également 
par  nos  écrivains  du  Velay,  l'abbé  Laurent  (1787)  (1), 
Arnaud  (2),  Deribier  (3),  Mandet  (4)  et  le  chanoine  Sau- 
zet  (1849]  (5).  Les  tentatives  de  voyages  aériens,  plus 
réitérées  depuis  quelques  années,  ont,  de  nouveau,  sol- 
licité l'attention  au  sujet  de  notre  compatriote  et,  ré- 
cemment encore,  sa  théorie  a  été  signalée  dans  des 
articles  et  traités  aérostatiques,  entre  autres,  de  1866 
à  1870,  par  MM.  Pierre  Larousse  (6),  Marion  (7)  et  Louis 
Figuier  (8). 


(1)  Àlmanach  hùt,  de  la  pilU  et  diocéte  du  Pu^  pour  1787,  p.  13). 
(â)  Hitt.  du  Yelan,  1816,  tome  ii,  p.  333. 

(3)  Detcript.itaiistique  du  déparlement  de  la  Haate-Loire,  etc.,  18^4,  p.  HT. 

(4)  Hitl,  poétique  et  littéraire  de  l'ancien  Velay,  1849,  p.  439. 

(.S)  Biblio§rophie  de  la  Htc-Loire,  Annales  de  la  Société,  tome  xiv,  1869,  p.  500. 

(6)  Grand  dictionnaire  universel  du  dix-neuvième  siècle,  au  mot  aérostat. 

(7)  Les  ballons  et  les  voyages  aériens. 

(8)  Les  merveilles  de  ta  science. 


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168  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

Toutefois,  les  appréciations  divergentes,  généralement 
trop  succinctes,  et  par  conséquent  insufBsanles,  que  ces- 
auteurs  en  ont  faites,  permettent  de  dire  que  l'ouvrage 
de  Galien  ne  parait  être  impartialement  connu  que  par 
son  titre  ainsi  conçu  : 

Vart  de  naviguer  dans  les  airs,  amusement  physique 
et  géométrique  f  précédé  d*un  mémoire  sur  la  nature 
et  la  formation  de  la  grêle,  etc.  Avignon  1757,  in-16. 

Malheureusement  cet  ouvrage  est  à  peu  près  introu- 
vable. Cependant,  il  y  aurait  opportunité  à  Tétudier,  ne 
serait-ce  qu'au  point  de  vue  historique.  M.  Aymard 
ajoute  qu'en  faisant  un  appel  à  tous  les  bibliophiles  de 
notre  pays,  on  parviendrait  à  retrouver  un  exemplaire. 
A  cet  égard,  notre  confrère  prie  M.  l'abbé  Sauzet  de 
vouloir  bien  dire  à  quelle  source  il  avait  puisé  l'énoncé 
de  ce  livre  donné  par  lui,  en  1849,  dans  sa  Bibliogra- 
phie de  la  Haute 'Loire* 

M.  Sauzet  répond  qu'il  avait  eu  en  main  un  exemplaire 
que  lui  avait  communiqué  une  personne  de  la  famille 
même  de  Galien  qui,  depuis  lors,  aurait  égaré  ce  livre. 

M.  le  Président  exprime  l'espoir  que  les  recherches 
si  souvent  fructueuses  de  M.  Aymard  lui  fourniront  le 
moyen  de  découvrir  cet  ouvrage  qu'il  serait,  en  effet,  in- 
téressant de  consulter  en  ce  moment. 

• 

MÉTÉOROLOGIE.  — M.  Nicolas,  à  l'occasion  de  l'aurore 
boréale  qui  a  été  vue  au  Puy,  les  24  et  25  octobre, 
lit  le  rapport  suivant  : 

Lundi  24  octobre,  vers  huit  heures,  il  nous  a  été  donné 
d'assister  à  un  des  plus  rareâ  spectacles  de  la  nature. 


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NOVEMBRE.  1 69 

Une  magnifique  aurore  boréale,  Tune  des  plus  éclatantes 
parmi  celles  apparues  dans  nos  contrées,  s'est  élevée  tout 
d'un  coup  vers  le  nord. 

Ge  n'était  d'abord  qu'une  lueur  confuse,  puis  des  rayons 
lumineux  de  couleur  rouge  se  dirigeant  vers  le  zénith. 

Bientôt  deux  grandes  colonnes  de  feu,  s'appuyant  l'une  à 
l'orient  sur  l'horizon,  l'autre  à  l'occident,  grandissent  en 
rapprochant  leur  sonmiet  l'une  de  l'autre  et  se  réunissent 
en  formant  un  arc  de  lumière  d'un  pourpre  étincelant.  C'é- 
tait comme  une  voûte  de  feu  dont  les  proportions  gigantes- 
ques projetaient  an  loin  des  rayons  brillants  au  milieu  d'un 
ciel  noir. 

Des  stries  noirâtres  séparent  régulièrement  les  deux  par- 
ties lumineuses  de  l'arc.  L'espace  sombre,  entouré  par  cet 
arc  immense,  est  traversé  de  temps  à  autre  par  des  rayons 
qui  forment  des  raies  blanchâtres  analogues  aux  dents  d'un 
peigne  et  qui,  lancées  au  dehors,  dépassent  le  zénith.  Le 
phénomène  arrive  bientôt  à  son  dernier  degré  de  splendeur  ; 
il  ne  tarde  point  à  décroître,  il  s'affaiblit,  et  des  lueurs  in- 
certaines sont  les  derniers  vestiges  de  ce  céleste  incen- 
die. 

On  a  fait  de  nombreuses  hypothèses  sur  la  cause  des  au- 
rores boréales.  Aujourd'hui  on  l'attribue  à  l'électricité  ;  ce 
qui  vient  à  l'appui  de  cette  idée,  c'est  qu'on  peut,  à  l'aide 
de  ta  machine  électrique,  obtenir  une  belle  imitation  dos 
rayons  de  l'aurore,  et  que,  dans  les  contrées  où  ce  météore 
est  le  plus  brillant,  il  exerce  plus  d'influence  sur  l'aiguille 
aimantée. 

Selon.  M.  de  la  Rive,  l'aurore  boréale  serait  due  à  des  dé- 
charges électriques  s'opérant  entre  l'électricité  jiositive  de 
fatmosphère  et  l'électricité  négative  du  globe  terrestre. 


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170  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

Les  aurores  boréales  ne  paraissent  avoir  aucune  influence 
sur  la  température,  sur  l'humidité,  sur  la  pression  de  Tair, 
sur  la  fréquence  des  vents.  Elles  se  produisent,  pour  la  plu- 
part, à  une  si  grande  élévation  qu'elles  ne  peuvent  affecter 
ni  nos  instruments  météorologiques,  ni  nos  sens,  excepté  ce- 
lui de  notre  vue. 

Oe  phénomène  s'est  reproduit  le  lendemain  25,  mais  avec 
un  peu  moins  d'intensité. 

Il  va  sans  dire  qu'en  raison  des  circonstances  présentes, 
l'aurore  dont  nous  avons  eu  le  récent  spectacle,  a  donné 
lieu  aux  commentaires  les  plus  variés.  Ceux  qui  dominaient 
étaient  en  faveur  d'une  paix  prochaine. 

Personnel  des  membres  de  la  Société.  —  La  mort 
a  fait,  dans  les  rangs  de  la  Compagnie,  deux  vides  pro- 
fondément regrettables,  en  nous  privant  de  la  collabora- 
tion irès-méritante  de  MM.  Prosper  Mérimée,  membre 
honoraire,  et  Hippolyte  Limozin,  membre  résidant.  M.  le 
Président  exprime  à  leur  sujet  les  sentiments  d'affec- 
tueuse condoléance  de  la  Compagnie. 

Prosper  Mérimée,  né  à  Paris,  en  1803.  était  membre  de 
l'Académie  française,  membre  de  l'Académie  des  Inscrip- 
tions et  Belles-Lettres,  inspecteur  général  des  monuments 
historiques,  sénateur  et  grand  officier  de  la  Légion  d'hon- 
neur. 

Ses  œuvres  littéraires,  ses  travaux  d'histoire  et  d'archéo- 
logie sont  trop  connus  pour  qu'il  soit  nécessaire  de  les  rap- 
peler. Ils  avaient  acquis  déjà  à  son  nom  une  juste  célébrité, 
lorsque,  en  1838,  notre  pays  dut  à  une  heureuse  circons- 
tance la  visite  de  cet  éminent  écrivain,  d'oi!i  naquirent, 


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NOVEMBRE.  171 

ensuite,  les  liens  de  savante  confraternité  qui»  en  1852. 
l'attachèrent  à  notre  Compagnie. 

Mérimée  avait  reçu,  du  ministère  de  l'Intérieur,  la  mis- 
sion de  visiter  les  régions  du  centre,  afin  de  donner  au  gou- 
vernement et  de  répandre,  par  une  savante  publicité,  la  con- 
naissance de  leurs  antiquités  et  monuments.  Cette  mission 
l'amena  dans  la  Haute-Loire  et,  peu  après,  il  consignait,  dans 
un  livre,  ses  notes  sur  quelques-unes  des  principales  œuvres 
d*art  et  d'antiquités  du  département,  sans  omettre  le  Musée 
du  Puy,  assez  important  déjà  pour  mériter  d*étre  cité  comme 
«  un  des  plus  remarquables  »  qu'il  eût  vu  en  province  (1). 

Ses  explorations  se  trouvèrent  facilitées  par  de  précédents 
écrits  dus  à  plusieurs  de  nos  compatriotes  et,  à  l'occasion 
de  son  voyage,  il  noua  des  relations  surtout  avec  l'un  de  nos 
confrères,  M.  Aymard,  inspecteur  des  monuments  histori- 
ques. Toutefois,  les  appréciations  critiques  de  Mérimée  sur 
des  points  qu'il  croyait  insuffisamment  élucidés,  ayant  trait 
notamment  aux  curieuses  antiquités  romaines  de  Polignac 
et  à  réglise  de  la  Chaise-Dieu,  suscitèrent  des  controverses 
qui,  à  défaut  de  solutions  définitives,  eurent  au  moins  le  ré- 
sultat heureux  de  consacrer  chez  nous  le  libre  examen  en 
matière  de  science  et  de  contribuer  ainsi  au  progrès  de  l'ar- 
chéologie. 

Polignac,  surtout,  souleva  des  discussions  dans  lesquelles 
se  choquaient  des  opinions  qui,  toutes,  avaient  du  vrai  et 
laissaient  espérer  une  lumineuse  conciliation.  Ce  fut  comme 
un  brillant  tournoi,  où  furent  déployées  toutes  les  armes  que 
rérudition  et  la  critique  pouvaient  fournir  alors  aux  com- 


(1)  yotes  é'un  voyage  en  Auvergne  et  dant  le  lipnouiin.  Paris,  1838,  p.  197 
a  J83. 


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Mî  RÉSUMÉ  DBS  SÉANCES. 

battants;  intéressant  épisode  de  ce  moavement  scientifique 
([ui,  quinze  ans  auparavant,  avait  commencé  par  la  double 
création  de  notre  Société  et  du  Musée.  Plusieurs  de  nos 
confrères,  MM.  de  Becdelièvre  (1),  Félix  Grellet  (2)  et 
Mandet,  y  prirent  part,  et  MM.  le  duc  et  le  prince  de 
Polignac  s*y  associèrent,  plus  tard,  par  des  fouilles  que,  à 
la  demande  de  la  Société,  ils  firent  généreusement  exécuter 
dans  les  profondeurs  de  l'abîme  et  dans  le  sol  du  haut  pla- 
teau de  Polignac. 

Malgré  toutes  ces  recherches,  la  discussion  n'était  pas 
encore  épuisée  ;  outre  que  le  moyen  âge  n'a  pas  été  le  com- 
mencement de  toutes  choses ,  il  manquait  à  la  question  un 
élément ,  à  savoir  :  le  point  de  vue  préhistorique  qui ,  d'a- 
près les  dernières  notions  de  la  science,  doit  ouvrir,  ici 
comme  partout,  un  horizon  plus  lointain  à  l'origine  du  lieu 
et  à  ses  antiques  et  successives  destinations.  Â  cet  égard, 
un  autre  de  nos  confrères,  resté  spectateur  de  la  joute,  au- 
rait-il dit,  récemment,  le  dernier  mot  de  la  question  (3)  ? 
Mais,  dans  ce  cas,  on  regretterait  que  le  débat  très-curieux 
soulevé  par  Mérimée  fût  définitivement  clos. 

Si  la  critique  un  peu  outrée  de  Mérimée  à  l'égard  des  an- 
tiquités de  Polignac  puisait  une  sorte  d'excuse  dans  les 
exagérations  contraires  auxquelles  ces  antiquités  avaient 
donné  lieu,  on  est  porté  à  moins  d'indulgence  pour  la  sévé- 
rité de  son  jugement  à  l'égard  de  l'église  de  la  Ghaise-Dieu, 
que  recommandent  son  style  d'architecture  grandiose  dans 


(1)  Koiet  en  réponu  à  celles  publiées  par  Jf.  Mérimée  *ur  Polignac j  la  ait' 
tiquités  et  le  Musée  du  Puy,  À  Hautes  de  la  Société,  tome  fx,  p.  S18. 

(2)  Exposé  de  diverses  opinions  émises  sur  Polignac  et  ses  antiquités,  l»l(». 

(3)  Ancienne  rouie  un  extrade  du   Puy  au  Forez,    Annales  de  la  Sociclê, 
tome  XXIX,  p.  666 


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NOVEMBRR.  473 

sa  simplicité  et  les  souvenirs  historiques  qui  s'y  rattachent. 
Sachons  lui  gré,  cependant,  de  certains  détails  intéressants 
et  sérieux  qu*ii  a  donnés  sur  cet  édifice  et  surtout  d'avoir 
aiguillonné  de  nouvelles  et  nombreuses  investigations,  en 
particulier  celles  qui  sont  dues  à  des  membres  de  la  So- 
ciété :  MM.  Branche,  Mandet,  Aymard,  Malègue,  etc. 

Du  reste,  les  hésitations  de  l'archéologue,  rassurées,  sans 
doute ,  par  les  observations  de  nos  confrères  et  par  Tinsis- 
tance  de  l'inspecteur  départemental,  n'influencèrent  point 
l'inspecteur  général  qui  fut,  au  ministère,  l'un  des  membres 
de  la  commission  supérieure  favorables  au  classement  de 
l'église  de  la  Chaise- Dieu  comme  monument  historique. 

L'illustre  écrivain  devait  nous  donner  d'autres  preuves 
de  l'intérêt  que  notre  pays  lui  avait  inspiré.  Quelques  an- 
nées après,  il  demanda  et  obtint  du  ministre  de  revenir  au 
Puy,  à  l'occasion  des  travaux  de  restauration  de  la  cathé- 
drale et  de  l'église  Saint-Michel  d'Aiguilhe,  et,  de  concert 
avec  notre  confrère,  inspecteur  départemental  des  monu- 
ments historiques,  ses  conseils  tendirent  à  la  conservation 
de  toutes  les  parties  de  ces  édifices  ayant  un  véritable  ca- 
chet d'art  et  d'archéologie.  Consulté,  en  bien  d'autres  occa- 
sions, par  le  même  membre  de  la  Société,  il  lui  donnait 
d'utiles  avis  pour  les  constructions  du  nouveau  musée  et  le 
classement  des  collections  d'antiquités;  relativement  à  la 
fontaine  monumentale  du  Breuil  ;  à  la  statue  de  Notre-Dame 
de  France,  etc.  Il  obtenait,  en  outre,  de  la  commission  su- 
périeure des  monuments,  le  classement,  par  le  ministre,  de 
plusieurs  de  nos  monuments  historiques. 

Enfin  son  appui,  qui  jamais  ne  nous  fit  défaut,  put  con- 
tribuer, dans  une  certaine  mesure,  à  la  réalisation  du  che- 
min de  fer  grand  central  par  la  ville  du  Puy  «  destinée,  si 


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171  RÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 

ce  vœu  n'eût  pas  été  exaucé,  à  retourner  à  l'état  druidi- 
que, »  comme  il  le  disait,  en  archéologue  convaincu,  au 
plus  haut  personnage  de  l'empire. 

Tels  sont  les  titres  qu'a  Mérimée  à  nos  regrets  reconnais- 
sants et  qui  justifient  si  bien  le  rang  éminent  que  la  Société 
lui  avait  conféré  au  nombre  de  ses  membres  honoraires. 

LiMoziN  (Jean-François-Hippolyte- Achille),  né  à  Saugues 
(Haute- Loire),  le  28  février  1822,  et  décédé  au  Puy,  le 
'  15  octobre  1870,  était  ûls  de  notre  ancien  et  regretté  con- 
frère, Yves  Limozin,  membre  correspondant  de  la  Société, 
maire  de  la  ville  de  Saugues  et  longtemps  conseiller  géné- 
ral. 

Hippolyte  Limozin  avait  fait  ses  classes,  au  lycée  du 
Puy ,  avec  beaucoup  de  succès,  et  s'était  ensuite  distingué 
à  l'école  forestière  de  Nancy.  A  sa  sortie  de  cette  école,  il 
fut  nommé  garde-général  stagiaire  à  Haguenau,  le  29  dé- 
cembre 1844.  Quelques  années  plus  tard,  appelé  dans  les 
bureaux  de  l'administration  générale,  à  Paris,  oh  il  a  laissé 
les  meilleurs  souvenirs,  il  les  quitta  pour  remplacer,  commo 
sous- inspecteur,  dans  la  Haute-Loire/  un  autre  de  nos  zé- 
lés et  intelligents  confrères,  M.  de  l'EguilIe,  avant  lequel 
le  département  n'avait  jamais  eu  qu'un  garde-général.  Pro- 
mu, en  1861,  au  rang  d'inspecteur,  dont  il  fut  le  premier  ti- 
tulaire au  Puy,  il  imprima  une  impulsion  d'autant  plus 
active  aux  améliorations  forestières,  qu'une  nouvelle  réor- 
ganisation vint  bientôt  réunir,  sous  son  inspection,  le  ser- 
vice ordinaire  à  celui  du  reboisement.  C'est  ainsi  que  notre 
confrère  peut  revendiquer  une  grande  part  dans  les  œuvres 
les  plus  notables  de  l'administration  laborieuse  qui  l'avait 
élevé,  jeune  encore ,  au  plus  haut  degré  hiérarchique  de 


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NOVEMBRE.  175 

son  service  dans  le  département.  Il  faut  ajouter  qu^,  tout 
en  méritant  l'estime  et  raifection  de  ses  supérieurs  par  an 
rare  dévouement  à  ses  fonctions,  il  avait  su  également,  par 
Taménité  de  son  caractère  accessible  à  de  sages  tempéra- 
ments, applanir  bien  des  difficultés  que  soulevait  l'exten^ 
sion  du  régime  forestier,  en  apportant  des  cbangements 
dans  les  babitudes  invétérées  des  populations  de  nos  cam  - 
pagnes. 

Les  entreprises  auxquelles  son  concours  fut  principale- 
ment utile,  sont  :  le  reboisement  des  montagnes  ;  les  sou- 
missions de  communaux  au  régime  forestier;  gazonnemeni 
de  terrains  en  pente;  création,  par  l'état,  d'une  vaste  pépi- 
nière au  terroir  de  Pologne,  commune  de  Taulhac  ;  trans- 
formation du  lac  du  Boucbet  en  établissement  départemen- 
tal de  pisciculture  et  plantations  étendues  autour  de  ce  lac  ; 
construction  d'une  maison  forestière  au  Mezcnc,  à  une  al- 
titude de  1,550  mètres,  destinée  aux  gardes,  dans  ce  péri- 
mètre de  reboisement,  ainsi  qu'aux  employés,  comme  lieu 
de  station,  dans  leurs  tournées  administratives,  et  dans  les* 
quelles,  en  outre,  les  touristes  reçoivent,  au  besoin,  une 
cordiale  hospitalité. 

Ces  travaux  importants,  auxquels  Limoz'm  avait  voué 
toutes  les  forces  de  son  intelligence,  doublée  d'un  ardent 
amour  du  pays,  entraient  trop  bien  dans  les  vues  de  la  80- 
ciété,  pour  que  notre  excellent  compatriote  ne  s'empress.U 
de  lui  offrir  sa  collaboration.  Aussi  faisait-il  partie  de  la 
Compagnie  depuis  1858. 

Admis,  au  mois  de  mars,  en  qualité  de  membre  résidant, 
il  avait  été  appelé ,  avant  l'expiration  de  l'année,  à  la  sup- 
pléance du  secrétariat  et,  en  1864,  il  était  nommé  secié- 
•taire,  fonctions  que  l'état  de  sa  santé  ébranlée  par  un  travail 


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176  RÉSUMÉ   DBS   SÉANCES. 

excessif  et  par  les  premières  atteintes  de  la  cruelle  maladie 
qai  nous  Ta  enlevé,  l'obligea  de  résilier  au  mois  de  fé- 
vrier 1867. 

Notre  confrère  avait  apporté  dans  Texercice  du  secréta- 
riat une  persévérante  ponctualité,  des  connaissances  va- 
riées et  toutes  les  ressources  de  Tart  d* écrire  dans  un  style 
clair,  simple  et  concis,  conditions  essentielles  pour  la  rédac- 
tion des  procès-verbaux  de  nos  réunions  mensuelles ,  dans 
lesquelles  la  compagnie  manifeste  sa  vitalité  par  des  études 
très-diverses,  que  le  mouvement  intellectuel  de  chaque  jour 
impose  au  zèle  des  associations  scientifiques. 

Il  collaborait,  lui-même,  à  l'examen  d'utiles  questions, 
surtout  lorsqu'elles  portaient  sur  des  points  se  rattachant 
aux  diverses  branches  de  son  administration.  C'est  ainsi 
qu'entre  autres  études,  animé  d'un  sentiment  de  rare  abné- 
gation, il  s'associait  vivement  à  l'initiative  de  la  Société  et, 
en  particulier,  aux  démarches  de  notre  honorable  prési- 
dent, M.  de  Brive,  auprès  du  Conseil  général  et  de  l'admi- 
nistration départementale,  pour  l'établissement  piscicole  du 
lac  du  Bouchot ,  et  nous  faisait  part  des  phases  successives 
de  cette  affaire,  souvent  entravée  par  divers  obstacles.  Il  vou- 
lut aussi  que  son  administration  eût  une  honorable  part  aux 
expositions  comprises  dans  le  programme  du  dernier  et  bril- 
lant concours  régional  d'agriculture  qui  eut  lieu  au  Puy 
en  1868.  Ce  fut  une  occasion  pour  le  public  de  prendre  con- 
naissance, dans  une  partie  spéciale  du  jardin  public,  des 
plants  d'arbres  forestiers  les  mieux  appropriés  au  sol  et  au 
climat  de  nos  pays. 

Limozin  ne  portait  pas  un  moindre  intérêt  à  d'autres  in- 
vestigations scientifiques.  Ses  premiers  travaux  de  reboise- 
ment autour  du  lac  du  Bouchet  avaient  mis  au  jour  quelques 


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NOVKMBftK.  177 

vestiges  d'antiquité.  La  communication  de  cette  découverte 
à  la  Société  provoqua  une  fouille  que,  de  concert  avec  un 
autre  de  nos  confrères,  il  fit  exécuter  et  qui  révéla,  à  ce  der- 
nier, le  souvenir  d'établissements  créés  par  d'antiques  ci- 
vilisations en  ce  lieu,  de  tous  temps,  très-remarquable  (1). 

Aussi  Limozin  s'était-il  fait  des  amis  de  tous  nos  con- 
frères qui  appréciaient  ses  rares  qualités  d'esprit  et  de  cœur, 
rétendue  de  son  savoir,  sa  franche  aflabilité,  sa  modestie  et 
les  sentiments  de  profonde  affection  qu'il  avait  voués  à  son 
excellente  famille. 

■  Si  la  Compagnie  ne  pouvait  récompenser  son  zèle  excep- 
tionnel que  par  un  échange  de  vives  sympathies,  ses  méri- 
tes, non  moins  connus  au  dehors,  lui  avaient  valu,  non-seu- 
lement un  rapide  avancement  dans  son  administration,  mais 
encore  diverses  distinctions,  en  particulier,  une  médaille  de 
la  Société  française  d'acclimatation. 

Bien  jeune,  il  avait  quitté  la  ville  de  Saugues,  berceau  de 
sa  famille.  Mais  il  avait  désiré  qu'on  y  portât  sa  dépouille 
mortelle,  et  l'on  ne  peut  lire  sans  émotion  les  paroles  tou- 
chantes ,  qu'au  nom  de  ses  concitoyens ,  M.  Labretoigne , 
juge  de  paix,  prononça,  le  18  octobre,  sur  la  tombe  de  l'un 
de  nos  plus  dévoués  et  plus  regrettés  confrères  (2). 

Objets  d'administration.  —  Il  est  donné  leclure  d'une 
lettre,  en  date  du  9  août,  par  laquelle  M.  le  Ministre  des 
lettres,  sciences  et  beaux-arls,  avait  altribué  à  la  Socié- 
té une  allocation  de  400  fr.,  à  litre  d'encouragement 
pour  ses  travaux  scientifiques. 


(1)  Rap|>ort  sur  cette  rouille,  Annales  de  h  Société,  tome  xxiv,  p.  90. 
(9}  Voyez  le  joarnal  la  Haute-Lnre,  n*  du  95  octobre  1870. 

TOME  XXXI.  12 


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1 


178  RESUME   DES   SEANCES. 

M.  le  Président  aanonce  que  celle  somme  a  élé  or- 
donnancée suivant  l'usage,  et  il  exprime  les  remerct- 
ments  de  la  Société. 

A  huit  heures,  la  séance  est  levée. 

Le  Vice-Secrétaire, 
Aimé  GIRON. 


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SEANCE   MENSUELLE 

DU  LUNDI  5  DÉCEMBRE 

SOMMAIRE 

AjourneaieiU  de  la  lecture  du  procès- verbal  de  U  précédente  séance.  — 
M.  Cillet-Paris  est  chargé  de  suppléer  les  secrétaires  absente.  —  Aliocu- 
tiori  de  M.  le  Président  au  sujet  d'un  membre  de  la  Société  et  de  coiupa- 
triotes  morts  sur  les  champs  de  bataille,  le  commandant  Parron,  Jast  de 
I^  Tour-Mauboorg  et  Joseph  Philip;  va'u  de  la  Société  qu'on  recueille 
tous  les  renseignements  relatifs  ii  la  belle  conduite  des  militaires  de  la 
Maute-Loire.  —  Musis ,  dons  et  acquisitions  :  Calcaire  k  induses  du 
Bourbonnais;  silex  taillés  préhistoriques  recueillis  dans  la  commune  de 
Taulbac;  vase  et  débris  de  poteries  funéraires  romains  trouvés  k  Azaniërcs; 
notice  aur  cette  découverte  par  M.  Lascombe;  objets  anciens  provenant  de 
lloisset,  près  Tcstrade  du  Pnf  à  Rosières;  bague  en  cuivre  du  moyen  âge; 
cachet  aux  armes  du  Puy.  —  Ouvrages  reçus  :  Ils  sont  en  petit  nombre. 
Malgré  la  gravité  des  événements,  la  Société  est  résolue  à  poursuivre  ses 
travaux.  Repue  agricole  de  Provence  :  moyen  proposé  pour  produire  la 
pluie.  Le  Suii-Bsi  :  amodiation  des  communaux.  liuUclin  de  la  Société  aca- 
démique de  ta  Lozère  :  Hivernage  des  bestiaax  dans  le  bas  Languedoc. 
Bulletin  de  la  Société  centrale  d'Agriculture  :  Taille  de  la  vigne.  —  Publi. 
GATIONS  DE  LA  SuciéTJ  :  Récoptiou  des  i4iifi<i/e«  par  diverses  Sociétés  scien- 
tifiques. ••  Carte  DéPARTEMENTALe  en  relief  par  M.  Malègue  :  En  voie 
d'achèvement j  vote  de  fonds  pour  la  conservation,  au  Musée,  du  moule  et 
d'un  exemplaire  avec  zones  en  gradins  de  nivean,  ainsi  qne  d'un  exem- 
plaire définitif  avee  configuration  réelle  du  sol.  —  HYCièNB  publiooi  :  Epi- 
démie variolique  au  Pay.  Militaires  installés  au  Mosée,  sans  l'avis  de  la 
Société;  graves  inconvénients  qui  en  résultent;  protestations  de  MM.  Ay- 
mard,  Ghassaing  et  Gillet-Paris,  auprès  du  Préfet;  rapport  de  M.  le  docteur 
Martel.  —  Navigation  aérienne  :  Communication  d'un  portrait  peint  du 
P.  Galien.  —  Histoire  :  Communication,  par  M.  Lascombe,  d'nn  acte  de 
confirmation  de  foires  et  marchés  k  Roche-€n-Reynier.  —  Objets  d'abhi» 


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\H0  RRSUMK   DES  SEANCES. 

NisTRATioN  :  Rapport  de  M.  Nicolas  sar  les  machiues  2i  rabriqucr  Ie3  drains, 
apparleoant  k  la  Société.  —  Pbrsomivbl  :  Renvoi  il  la  prochaine  séance  de 
rélectiOQ  du  Président,  do  Vice-Président  et  du  Trésorier.  Acceptation, 
par  M.  de  Sartiges,  da  titre  de  membre  non  résidant.  Nomination  de 
M.  l'abbé  Pmgère  ao  titre  de  membre  résidant. 


Présidence  de  M.  de  Brive. 

M.  le  Président  ouvre  la  séance  en  annonçant  quMI 
no  sera  pas  donné  lecture  du  procès-verbal  de  la  préci^- 
dénie  réunion  :  M.  Aimé  Giron,  vice-secrétaire,  s'excuse 
en  effet,  dans  une  lettre,  de  ce  que  sa  nouvelle  condi- 
tion de  mobilisé  ne  lui  permet  pas,  en  ce  moment,  de 
remplir  les  devoirs  du  secrétariat,  mais  qu'il  s'empres- 
sera de  remettre  au  bureau  le  procès-verbal  en  relard, 
aussitôt  qu'il  lui  en  sera  laissé  le  loisir. 

M.  Chassaing,  secrétaire,  siégeant  à  la  Cour  d'assises, 
n'a  pu,  de  son  côté,  assister  h  la  séance. 

COMP.ATRIOTES  MORTS  SUR  LES  CHAMPS  DE  BATAILLE.  — 

M.  le  Président  rappelle  la  perte  très-regrettable  que 
noire  Société  et  le  pays  viennent  de  faire  en  la  personne 
de  notre  éminent  confrère,  M.  le  commandant  Victor 
Parron,  officier  de  la  Lép:ion  d'honneur,  tué  glorieuse- 
ment h  Gravelolle. 

Victor  Parron,  né  le  '2  février  1823  au  Puy,  où  il  avait 
fait,  au  lycée,  de  fortes  études,  était  membre  de  la  Société 
depuis  Tannée  186'i.  et  il  avait  enrichi  nos  Annales  de  I8GG 


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DÉCKMliRK.  181 

d'une  intéresftante  monographie  sous  ce  titre  :  Notice  sur 
VapUtude  militaire  en  France,  suivie  d*un  essai  de  statistique 
militaire  ds  la  Haute-Loiret  etc.  La  première  partie  de  ce 
mémoire  emprunte  aux  circonstances  actuelles  un  puissant 
.  intérêt  qui  justifie,  au  plus  haut  point,  les  prévisions  judi- 
cieuses de  l'auteur.  8' attachant  à  réfuter  les  attaques  diri- 
gées contre  les  armées  permanentes,  il  se  prononçait  en  fa- 
veur de  ce  système.  «  Au  lieu  de  déclamer  contre  l'esprit 
militaire,  il  faut,  >  disait-il,  «  l'entretenir  comme  un  des 
principaux  éléments  de  la  puissance  et  de  la  gloire  nationa- 
les, comme  le  paUadium  de  Tindépendance  et  de  l'avenir  du 
pays.  »  Après  avoir  exposé  les  conditions  de  l'aptitude  mi- 
litaire en  France,  Parron  abordait  l'examen  de  la  popula- 
tion de  la  Haute-Loire  sous  le  même  rapport,  et  en  dressait 
une  statistique  aussi  complète  qu'il  était  possiole  (1). 

Notre  confrère  avait  publié  également  un  Manuel  d'infan- 
terie, travail  estimé,  à  la  suite  duquel,  ayant  concouru,  en 
1862,  pour  le  majorat,  il  obtenait  un  des  premiers  numéros 
sur  un  assez  grand  nombre  de  candidats. 

Sorti  de  l'école  de  6aiat-Gyr  en  1844,  Parron  avait  con- 
quis  tous  ses  grades  et  mérité  la  croix  d'officier  de  la  Lé- 
gion d'honneur,  à  l'occasion  d'expéditions  périlleuses  en 
Afrique,  en  Grimée  et  en  Italie. 

Chef  de  bataillon  au  1 5*  de  ligne,  il  était  à  l'armée  du 
Rhin  et  tomba  mortellement  frappé,  au  mois  d*aoùt,  sous 
les  murs  de  Metz,  où  son  régiment,  qui  faisait  partie  du 
corps  Ladmirâult,  placé  en  ligne  pour  les  batailles  de  Gra- 


(1)  Aujourd'hai  que  le  sooverneiiient  se  préoccope  de  la  réorgaoïsation  de 
rarmée,  on  ne  «aurait  trop  recommandiT  à  son  attention  l'excellent  ménoirc 
de  Parron.  fKoU  du  Président  de  lu  Smété,) 


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182  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

velotte  et  Saint-Privat,  eut  à  sontenir  le  plus  grand  choc  de 
Tennemi. 

Parron  était  doué  de  qualités  éminentes  :  il  ne  négligeait 
aucune  occasion  de  se  perfectionner  dans  Tart  militaire,  sans 
négliger  d'autres  travaux  intellectuels.  Sa  famille  qu'il  laisse 
dans  une  désolation  si  bien  justifiée,  tous  ceux  qui  Font  con- 
nu, se  plaisent  à  rappeler  combien  son  pays  lui  était  cher, 
combien  il  était  affectueux  pour  ses  amis,  dévoué  à  ses  ca- 
marades et  joignant,  à  un  respect  inflexible  de  la  discipline 
militaire,  une  parfaite  bienveillance  pour  ses  subordon- 
nés (1). 

C'est  aussi  avec  un  sentiment  de  pénible  amertame 
que  la  Société  associe  ses  regrets  aux  larmes  de  nos  ho- 
norables confrères,  MM.  le  marquis  de  La  Tour-Mau- 
bourg  et  Philip.  Leurs  flls,  Jnst  de  La  Tour-Maubourg 
et  Joseph  Philip,  nobles  enfants  pleins  d'espérance,  sont 
tombés  héroïquement  pour  la  défense  de  la  Patrie,  Tun, 
le  24  noyembre,  à  Bellegarde,  à  la  tête  des  mobiles  de 
la  Haute-Loire,  l'autre,  le  2  septembre,  en  guidant  ses 
hommes  au  fea,  dans  une  sortie  de  ta  garnison  de  Stras- 
bourg. 

A  cette  occasion,  plusieurs  membres  citent  des  faits 
établissant  que  les  militaires  de  la  Haute-Loire,  fidèles 
aux  traditions  de  leurs  pères,  font  bravement  leur  de- 
voir sur  tous  les  points  du  théâtre  de  la  guerre.  Il  y  au- 
rait là  un  intéressant  sujet  d'études  militaires  dans  leur 


(l)  Depuis  la  sétnee  de  décembre,  notre  confrère,  M.  Cb.  Calcmard  de  La 
Fajette,  a  pubtir  dans  ia  Uau/e  Loire,  OjaoTier  187),  tmc  notice  aécrologiqtie 
é\of\nen{e  cl  d(*tailli*e  sur  le  cotimandanl  Parron. 


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DÉCEMBRE.  183 

appIicdtioQ  à  noire  pays,  no  nouvel  et  glorieun  élément 
susceptible  d'être  ajouté  an  remarquable  travail  du  com- 
mandant Parron. 

Ces  vues  reçoivent  l'approbation  de  l'Assemblée  et 
motivent  le  vœu  que  des  renseignements  soient  recueil- 
lis pour  un  récit  aussi  complet  que  possible,  lequel  serait 
inséré  aux  Annales  de  la  Société. 

Musée.  —  Dons  et  acquisitions.  —  M.  le  Président 
appelle  Tattenlion  de  l'Assemblée  sur  divers  objets  re- 
cueillis pour  le  Musée  et  au  sujet  desquels  il  exprime 
les  remerctments  de  la  Société  : 

M.  Lascombe  a  offert  des  échantillons  de  calcaire  à 
induses,  provenant  des  terrains  tertiaires  d'eau  douce 
du  Bourbonnais. 

M.  Aymard  a  fait  hommage,  de  la  part  de  M.  Arnau- 
don,  garde  champêtre  à  Taulhac,  de  deux  silex  taillés, 
instruments  préhistoriques,  dont  un  est  une  simple  la- 
melle, et  l'autre  un  petit  taraud  ayant  pu  servir  à  perforer 
des  instruments  en  os ,  ainsi  qu'on  l'a  supposé  pour  de 
semblables  outils  trouvés  dans  des  cavernes.  Ces  objets 
ont  été  découverts,«comme  une  belle  lame  de  silex  don 
née  à  la  précédente  séance,  au  terrain  dit  des  Caves, 
sur  la  propriété  de  M.  Puissant,  commune  de  Tau- 
Ihac. 

H.  Lascombe  a  donné  aussi  un  petit  vase  en  terre 
cuite  et  quelques  autres  fragments  dépareilles  poteries, 
exhumés  d'une  sépulture  romaine,  près  d'Azanières. 
commune  de  Blanzac,  dans  un  lieu  voisin  â*nne  estrade 
ou  voie  antique.  Notre  confrère  fait  lecture  de  la  notice 
suivante,  relative  à  cette  découverte  : 


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184  RÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 

Une  trouvaille  assez  intéressante  a  eu  lieu  au  terroir 
d'Âzanières,  commune  de  Bianzac  (Haute-Loire).  Le  5  mai 
dernier,  des  ouvriers  défrichant  un  bois  de  pin  appartenant 
à  M.  Jules  Eymère,  de  Saint-Paulien,  mirent  au  jour  huit 
petits  \a8es  enfouis  à  la  profondeur  d'environ  18  centime  < 
très,  rangés,  quatre  par  quatre,  sur  deux  lignes  parallèles, 
et  brisés ,  à  l'exception  d'un  seul  que  je  dois  à  l'obligeante 
de  M.  Savinien  de  Romizowski,  receveur  des  domaines.  Ce 
vase,  en  terre  grisâtre,  comme  seç  semblables,  mesure 
10  centimètres  de  hauteur  et  31  centimètres  de  circonfé- 
rence. Sa  surface  extérieure  présente  des  cercles  creux,  al- 
ternant avec  des  bourrelets  et  des  rangées  de  raies  obliques 
imprimées  au  moyen  d'une  molette.  Ces  vases ,  la  plupart 
sans  ornementations  et  identiques  de  formes  et  do  dimen- 
sions, si  Ton  en  juge  par  leurs  débris,  devaient  avoir  con- 
tenu des  offrandes  ou  des  parfums.  Ils  étaient  dépourvus 
d'anses,  sans  vernis,  et  leur  orifice  n'était  protégé  ni  par  des 
couvercles  ni  par  des  tuiles  ou  briques.  L*urne  funéraire, 
accompagnement  ordinaire  de  ces  poteries,  faisait  ici  défaut. 
Peut  être  avait  elle  disparu  dans  un  défrichement  antérieur 
ou  avait-elle  été  brisée  par  la  pioche  des  ouvriers.  Malgré 
son  absence  et  malgré  le  manque  absolu  de  monnaies  ou 
médailles,  ces  débris  céramiques  n'en  constituent  pas  moins 
une  sépulture  de  la  plus  hiute  ancienneté.  L'abbé  Cochet, 
que  l'exploration  des  vieux  cimetières  normands  et  les  ma- 
gnifiques découvertes  faites  dans  ces  champs  de  la  mort, 
ont  rendu  célèbre,  a  signalé  des  vases  analogues.  Il  attribue 
leur  origine  au  deuxième  siècle  de  notre  ère  et  nous -pen- 
sons que  ceux  d'Âzanières  appartiennent  à  cette  époque. 

On  sait  que  la  coutume  de  brûler  les  morts,  de  déposer 
leurs  cendres  dans  une  urne ,  en  y  joignant  parfois  des  va- 


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DÉCKMBKË.  185 

ses  à  parfums  et  à  offraades,  de  les  enfouir  dans  des  cime- 
tières publics  ou  des  propriétés  privées  et  notamment  à 
proximité  des  grands  chemins,  était  à  peu  près  universelle, 
au  temps  des  premiers  empereurs.  Or,  la  sépulture  d*Aza- 
nières  parait  avoir  bordé  une  estrade,  comme  semblent  l'at- 
tester des  pierres  disposées  symétriquement  sur  un  certain 
espace,  et  cette  voie  romaine  n*est  autre  que  celle  mention- 
née par  M.  Aymard  (1),  .et  qui  conduisait  de  Revession  à 
la  route  de  Lyon,  en  passant  par  le  plateau  de  Viaye,  La- 
voûte-sur-IiOire,  la  Boutaresse,  etc. 

M.  Aimé  Giron  a  donné  deux  objets  trouvés  parmi 
des  squelettes,  près  de  Boisset,  entre  ce  village  et  la  6i- 
Kaude,  à  peu  de  distance  da  ruisseau  de  Beaulieu  et 
d'une  antique  estrade  allant  jadis  duPuy  à  Rosières. 
Ces  objets  sont  une  noix  d'arbalète  en  ivoire  et  une  sorte 
d'instrument,  ou  peut-être  d'arme  en  fer,  ayant  la  forme 
d'une  petite  faucille  ou  d'une  grande  serpe.  Des  pote- 
ries ont  été  trouvées  dans  le  môme  sol  et  pourront  aider 
à  déterminer  l'époque  de  l'enfouissement  de  ces  objets. 

Le  frère  Ozias,  des  Ecoles  chrétiennes  des  Carmes,  au 
Pny,  a  fait  don  d'une  bague  en  cuivre  ayant,  au  chaton, 
le  monogramme  IHS.  Elle  a  été  trouvée  au  doigt  d'un 
squelette,  probablement  d'un  moine,  dans  le  sol  de  l'an- 
cien couvent  des  Carmes. 

M.  Aymard  a  acquis  un  cachet  en  cire  rouge  enfermé 
dans  une  boite  en  fer-blanc  II  est  au  type  et  aux  ai*mes 
lie  la  ville  du  Puy. 


1)  AtiMfes  ie  U  Société,  tomf  un,  p.  679. 


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f86  RÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 

Ouvrages  reçus.  —  M.  le  Président  passe  ensuite  au 
dépottillemenldes  ouyrages  reçns.  Il  fait  observer  qu*en 
raison  de  la  gravité  des  événements,  l'intérêt  des  séan- 
ces de  la  Société  pourrait  être  amoindri  par  des  ajour- 
nements ou  suppressions  de  publications  périodiques  ou 
autres  concernant  Tagriculture  et  les  sciences.  M.  le 
Président  a  le  regret  de  dire  que,  pour  la  présente  réu- 
nion, les  ouvrages  reçus  sont  en  petit  nombre.  «  La 
Compagnie,  ajoute-t-il,  n*en  poursuivra  pas  moins  fer- 
mement tous  ses  travaux  ;  »  paroles  qui  reçoivent  Tas- 
sentiment  unanime  de  rassemblée. 

Pourrait-on  produire  la  pluie  ?  —  Tel  est  le  titre 
d'un  article  du  Messager  agricole  reproduit  par  la  Re- 
vue agricole  et  forestière  de  Provence,  Cet  article  pi- 
quant d'originalité  a  peut-^tre  son  côté  pratique.  L'au- 
teur se  propose  de  produire,  au  sein  d'une  atmosphère 
chargée  de  nuages,  des  détonations  d'une  force  sufD- 
'  santé  pour  amener  une  perturbation  dans  les  globules 
dont  ils  sont  composés,  vaincre  ainsi  l'état  d'inertie  des 
nuées  et  produire  alors  l'effet  résultant  de  l'étincelle 
électrique;  à  cet  effet,  l'auteur  enverrait,  à  travers  des 
nuages,  des  ballons  de  quelques  mètres  cubes  de  capaci- 
té, gonQés  au  mélange  détonant  :  deux  hydrogènes  pour 
un  oxygène,  et  munis  d'une  mèche  enflammée  d'une 
longueur  jugée  approximativement  suffisante  pour  que 
le  feu  se  communique  au  mélange  à  son  arrivée  dans 
les  nuées. 

Amodiation  des  communaux.  —  Le  Sud^Est,  de  Gre- 
noble, traite  de  la  question  de  l'amodiation  des  com- 


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nÉCRMBRK.  f87 

munaux  et  des  pâturages  et  n*en  est  point  partisan. 
Dans  le  Doubs  et  le  Jura  on  est  <l*nn  avis  contraire. 

Hivernage  des  bestiaux  dans  le  bas  Langxudoc.  — 
M.  Ayrnard  a  la  parole  sur  une  communication  insérée 
au  Bulletin  de  la  Société académif/ue  de  la  Lozère,  au 
sujet  de  Topporlunilé  et  de  la  facilité  de  l'hivernage  des 
bestiaux  de  nos  régions  dans  le  bas  Languedoc,  et  par- 
ticulièrement dans  Tarrondissement  d'Arles,  dans  le 
Gard  et  l'Hérault.  La  sécheresse  de  Tannée  s'est  éten- 
due malheureusement  sur  toute  l^urope;  l'abaAtage 
de  bestiaux  a  eu  lieu  un  peu  partout  ;  une  disette  d'a- 
nimaux pour  garnir  les  étables  et  pour  Talimentation  ne 
manquera  pas  de  se  produire  à  partir  du  printemps  pro- 
chain. L'administration  préfectorale  de  la  Lozère  s'est 
préoccupée  de  procurer  aux  propriétaires  de  ce  dépar- 
tement, et  partant  à  ceux  du  plateau  central,  les  moyens 
de  conserver,  cet  hiver,  leurs  bôles  ovine  et  bovine.  Il 
lui  a  paru,  d'après  les  études  faites  par  notre  confrère 
M.  Doniol,  inspecteur  de  l'agriculture,  envoyé  expressé- 
ment pour  l'étude  de  cette  question  par  la  délégation  de 
Tours,  qu'un  des  moyens  les  plus  praticables  consistait 
dans  l'émigration. 

Les  renseignements  qui  ont  été  pris  font  connaître 
que  Tarrondissement  d'Arles  et  une  partie  de  celui  de 
Nîmes  peuvent  fournir  la  nourriture  de  450,000  tètes 
ovines  et  d'au  moins  2,000  tètes  bovines,  de  novembre 
en  avril  ;  il  y  a,  en  outre,  place  pour  25,000  brebis  por- 
tières dans  de  bons  pâturages  propres  à  leur  permettre 
d'allaiter  avec  avantage. 

Voici  les  prix  de  pension  demandés  : 


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188  lŒSUMÉ   DES   SÉANCES. 

Brebis  portières,  de  1 3  à  U  fr.  pour  la  saison,  pai*  télo 
de  bétail,  garde  comprise  ; 

Montons,  5  fr.  par  tête  ; 

Bœufs,  vaches,  veaux,  15  à  25  fr.,  suivant  la  force  et 
suivant  le  pâturage. 

Ces  prix  n'ont  pas  élé  débattus,  ils  sont  plus  élevés 
qu'on  ne  les  paie  habituellement  ;  la  sécheresse  les  a  fait 
monter  comme  elle  a  fait  monter  les  fourrages.  Du  reste, 
dans  beaucoup  de  parties  du  Gard  et  de  l'Hérault,  où  la 
transhumance  n'est  pas  recherchée,  comme  aux  envi- 
roni  d'Arles,  parle  bétail  des  Alpes,  on  trouverait  des 
prix  inférieurs. 

Voici  deux  marchés  conclus  dans  l'Hérault  : 

Soixante. têtes  bovines  nourries  pendant  six  mois  d'hi- 
ver, moyennant  le  prélèvement,  à  celte  époque,  de  dix 
têtes  de  bétail  ; 

Soixante  vaches  nourries  de  foin  grossier  de  marais 
et  de  marc  de  raisin  (4  kil.  foin  et  7  kil.  tourteaux  de 
marc],  à  raison  de  43  fr.  50  c.  par  tête  et  par  mois  pour 
les  vaches,  nourriture  du  vacher  comprise. 

Si  les  propriétaires  pensaient  pouvoir  faire  consom- 
mer chez  eux,  il  est  utile  de  leur  indiquer  le  prix  de 
10  fr.  les  100  kilos,  foin  de  luzerne,  en  très-belle  qua- 
lité, à  Arles  ; 

Foin  de  marais,  dit  triangle,  4  à  6  fr.  les  100  kilos, 
gare  de  Raphile,  après  Arles. 

Les  tourteaux  de  sésame  valent,  ù  Marseille,  de  12 
à  14  fr.  ;  ils  sont  d'une  grande  ressource,  délayés,  tH)uil- 
lis  et  mêlés  aux  pailles,  aux  feuilles,  aux  herbes  gros- 
sières. 

Si  M.  Doniol  pense  que  le  système  qui  consisterait  à 


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DRGEMRRE.  189 

consommer  les  matières  alimentaires  importées  ne  peut 
être  appliqué,  à  cause  du  prix  des  transports,  on  doit 
faire  exception  toutefois  pour  les  tourteaux,  qui  consti- 
tuent un  aliment  précieux  pour  le  bétail  et,  partant,  un 
appoint  d'engrais. 

Un  membre  propose  l'insertion  de  cet  article  dans  la 
Haute-Loire,  ce  qui  est  accepté. 
• 

Taille  de  la  vigne,  —  Le  Bulletin  de  la  Société  cen- 
trale d'agriculture  de  l'Hérault  contient  une  notice 
siw  l'opportunité,  rendue  évidente  par  l'expérience,  de 
(ailler  la  vigne  après  la  grêle.  Certains  vignobles  de 
l'Hérault,  taillés  en  tert  fln  juin  et  même  9  juillet,  ont 
donné,  la  même  année,  un  produit  d'une  certaine  im- 
porlance,  et  la  récolte  suivante  a  été  notoirement  supé- 
rieure h  celle  des  vignes  qui  n'avaient  pas  subi  la  taille. 

PUBLICATIONS  DE  LA  SOCIÉTÉ.  —  Il  cst  donué  Commu- 
nication de  plusieurs  lettres  accusant  réception  du 
vingt-neuvième  volume  de  nos  Annales,  Elles  éraancnl 
du  Ministère  de  rtnstruction  publique,  de  F  Académie 
des  sciences,  de  la  Société  scientifique  et  littéraire  d'A- 
lais,  de  la  Société  littéraire  et  scientifique  d'Apt,  et  de 
la  Société  des  antiquaires  de  Picardie. 

Carte  départementalb  en  relief.  —  M.  Aymard  an- 
nonce que  cette  belle  carte,  due  au  travail  assidu  et 
consciencieux  de  M.  Malègue,  est  sur  le  point  d'être  ter- 
minée. La  carte  entière  aura  coulé  environ  < 2,000  fr., 
dont  notre  confrère  a  fait  le  généreux  sacrifice,  surtout 
en  utilisant,  pendant  les  loisirs  que  lui  laisse  la  guerre, 


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190  UKSrMK    ORS   SÉANf.RS. 

le  personnel  de  ses  employés  d'entreprise  (suspendue) 
de  chemin  de  fer,  qu*à  cet  effet,  il  n'a  pas  voulu  ren- 
voyer. M.  le  Président,  en  exprimant  à  Fauteur  sa  vive 
satisfaction,  le  remercie  au  nom  de  la  Société. 

M.  Malègue  manifeste,  de  nouveau,  la  satisfaction  qu'il 
éprouve  de  répondre  aux  désirs  de  la  Société  et  du  Con- 
seil général.  Bientôt  la  carte  sera  complètement  achevée; 
et,  de  plus,  par  une  combinai^n  facile,  chaque  com- 
mune pourra  avoir  le  relief  de  son  canton  pour  ^5  à  30  fr. 
r/auteur  fait  ensuite  remarquer  que,  d'après  Topinion 
de  MM.  Aymard  et  Gillet-Paris,  opinion  qu'il  partage 
entièrement,  il  conservera  la  carte  en  relief  avec  les  zo- 
nes en  gradins  de  niveau.  Cette  forme,  prélude  de  lu 
carte  définitive  qui  sera  ensuite  modelée  suivant  la  con- 
figuration réelle  du  sol,  est  la  mieux  appropriée  aux  étu- 
des scientifiques,  industrielles  et  d'économie  rurale. 

L'assemblée,  pénétrée  de  l'importance  de  la  carte 
scientifique,  décide  qu'elle  fera  les  frais  d'une  repro- 
duction en  plâtre,  dont  le  moule  deviendra  la  propriété 
de  la  Société  ;  en  outre,  elle  souscrira  pour  un  exem- 
|)laire  définitif  en  carton-plâtre  ou  en  staff.  Ce  dernier 
procédé  est,  paraît-il,  exclusivement  employé  à  l'écolo 
des  Beaux-Arts  de  Paris  ;  il  joint  à  une  grande  légèreté 
une  exactitude  admirable  des  plus  légers  reliefs. 

Hygiène  publique.  —  M.  le  docteur  Martel  a  la  parole 
sur  l'étal  hygiénique  de  la  ville  du  Puy,  dans  le  courant 
du  mois  de  novembre,  éti\l  qui  persiste  encore  aujour- 
d'hui. M.  Martel  dit  que  l'épidémie  variolique  a  été,  à 
peu  de  choses  près,  spéciale  aux  casernes,  qu'elle  a  fait 
peu  de  victimes  en  ville,  où  elle  a  rencontré  les  nom- 


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DKXEMliRK.  191 

breuses  vaccinations  opérées  les  années  précédentes  et 
notanament  l*année  dernière.  La  mortalité  a  été  grande 
parmi  les  soldats  :  on  a  compté,  pendant  un  temps  as- 
sez long,  jusqu'à  six  décès  par  jour.  L'entassement  des 
soldats  a  été,  parait-il,  la  seule  cause  du  développement 
notable  de  la  contagion  et  de  son  intensité.  On  s'est  oc- 
cupé, une  fois  la  cause  connue,  d'augmenter  le  nombre 
des  points  de  casernement,  et  une  des  salles  du  nouveau 
Musée  a  été  d*abord  proposée  à  Tadministration  préfec- 
torale et  occupée  par  des  mobiles,  sans  qu'on  ait  préala- 
blement consulté  la  Société,  k  qui  est  dévolue  l'adminis- 
tration du  Musée.  Pour  les  salles  postérieures,  ou  de 
Tancien  Musée,  on  n*a  pas  tenu  compte  de  cette  forma- 
lité, ces  salles  étant  vides  de  tableaux  et  d'œuvres  d'art 
ou  de  collections.  Plusieurs  militaires  y  ont  contracté 
des  maladies,  par  suite  de  la  trop  nombreuse  garnison 
qu*on  y  avait  mise.  En  outre,  ou  n'aurait  pas  dû  en  ins- 
taller dans  les  galeries  du  nouveau  Musée,  qui  n'étaient 
pas  vacantes. 

M.  Aymard,  à  ce  sujet,  dit  qu'en  qualité  de  vice-pré- 
sident de  la  Société,  accompagné  de  MM.  Chassalng,  se- 
crétaire, et  Gillet-Paris,  il  a  fait  part  à  M.  Lefort,  préfet, 
de  ce  qui  s'était  passé.  M.  le  Préfet  a  promis  de  venir 
au  Musée.  11  y  est  vegiu  et  il  a  été  convenu  que  la  salle 
des  dentelles  serait  respectée,  et  que,  dans  tous  les  cas, 
on  n'irait  pas  plus  loin,  dans  cette  occupation  des  salles 
du  Musée,  sans  que  la  Société  soit  consultée.  M.  Aymard 
a  fait  ressortir,  en  outre,  au  point  de  vue  sanitaire,  Tin- 
cûnvénient  d'occuper  les  galeries  du  nouveau  Musée  : 
la  ventilation  y  est  impossible  et  la  température  est  à 
peu  près  celle  de  l'extérieur,  par  suite  des  combles  cons- 


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192  IIKSUMK  hRS  SK\Nr>:s. 

traits  en  châssis  vitrés;  il  a  fait  observer  également  h 
M.  le  Préfet  combien  il  est  pénible  de  penser  que  la  col- 
lection des  tableaax  amassés  à  grands  frais  peut,  dans 
tous  ces  déplacements  inconsidérés,  subir  des  avaries  : 
Tune  des  salles,  elle-même,  n'a  pas  été  à  l'abri  des  dé- 
gradations que  ne  peat  manquer  de  produire  le  caser-* 
nement  de  250  hommes. 

M.  le  docteur  Martel  est  prié  de  donner  lecture  du 
rapport  qu'il  a  fait  à  M.  le  Préfet  sur  sa  demande ,  au 
sujet  du  casernement  du  Musée  au  point  de  vue  sa- 
nitaire. L'assemblée  en  décide  l'insertion  au  procès- 
verbal. 

L'ancien  Musée,  qui  n'a  qu'un  rez-de-chaussée,  se  com- 
[)0se  de  trois  pièces  ;  deux  sont  latérales  et  parfaitement  sy- 
métriques; la  troisième  se  trouve  au  milieu. 

La  salle  qui  sert  actuellement  d'entrée  est  située  à  l'ouest; 
la  feimilaire  est  à  l'est. 

L'une  et  l'autre  ont  les  dimensions  suivantes  : 

Longueur 1 2"'  3U^' 

Largeur G    85 

Hauteur 8    70 

Ce  qui  donne,  pour  chacune,  un  cube  de  733  mètres  Oie. 

D'après  les  calculs  de  Tenon,  chaque  homme  a  besoin, 
au  moins,  de  1 3  mètres  cubes  d'air  à  respirer  ;  je  tiendrai 
compte  de  ce  principe  en  déterminant  le  nombre  d'hommes 
(lue  peut  contenir  chaque  salle. 

La  salle  de  l'ouest  est  dans  de  bonnes  conditions  d'aéra-r 
lion  ;  elle  peut  contenir  des  lits  pour  trente  personnes. 

La  salle  de  l'est,  telle  qu'eUe  est,  ne  peut  pas  être  aérée, 


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DECEMBRE.  493 

maïs  il  y  a  possibilité  de  faire  une  ouverture  au-dessus  du 
piédestal  du  monument  Macheco  ;  cette  baie  devrait  avoir 
en  largeur  0"  70  centimètres  et  çn  hauteur  0"  50  centi* 
mètres. 

Le  courant  d'air  s'établirait  de  la  porte  de  la  salle  d*ouest 
à  l'ouverture  que  je  viens  d'indiquer  en  traversant  la  salle 
du  milieu. 

Cette  salle,  en  raison  de  son  volume  d'air,  pourrait  con-* 
tenir ,  comme  sa  similaire,  des  lits  pour  plus  de  trente  per- 
sonnes, si  son  sol  le  permettait. 

La  grande  salle  du  milieu  mesure  : 

i  longueur. 24»  10« 
largeur 12»  » 
hauteur •  7»  70 

EUe  cube 2,226«  84* 

Par  deux  grandes  portes,  elle  communique  avec  les  deux 
salles  latérales  et  avec  le  nouveau  Musée,  qui  lui  est  con- 
tigu  au  nord,  par  une  porte  semblable  aux  deux  autres. 
Elle  est  plafonnée  ;  elle  reçoit  la  lumière,  au  midi,  par  trois 
grandes  fenêtres  qui  touchent  au  plafond  et  sont  élevées  au- 
dessus  du  plancher  de  plus  de  5  mètres. 

Cette  salle  ne  présente  point  d'humidité,  mais  le  renouvel- 
lement de  l'air  y  est  incomplet  et  insuffisant,  surtout  pour 
dortoir. 

Les  vapeurs  qui  s'exhalent  des  corps  humains  vicient 
l'air,  ce  qui  justifie,  dans  certains  cas,  l'expression  énergi- 
que de  Rousseau  lorsqu'il  s'écrie  que  •  Tbaleine  de  l'homme 
est  mortelle  pour  l'homme,  au  physique  comme  au  moral.  » 
En  effet,  la  respiration  de  l'homme,  comme  celle  des  ani- 
maux, altère  l'air  autant  en  lui  enlevant  l'oxygène  qu'en  lui 

TOME  XXXI.  13 


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104  RÉSUMÉ. A8S  gBAIIGES. 

4ommnt  UOB  trpp  forte  praportion  d'aciof»  carbonique  a|;  en 
le  chj^r^Q^Qt  (l'émaq^tiona  animales  prodaita»  p}ir  1^6  per- 
spin^tioni  pulu^ouaire,  cutanée  9t  même  intestinale. 

L'air  ainsi  altéré  est  plus  lourd  et  occupe  les  couii^hes 
qui  jie  rapprQcUeut  le  plne  d4  i^ol;  d'oi^  1^  nécessité,  pour 
^s^ainir  les  appartements,  4e  pratiquer  des  ouverture?  U 
plus  près  possible  des  planchers.  Les  cheminées  remplis* 
sent  parfaitement  c^ttQ  in4îcatiQn, 

D'après  ce  principe,  je  proposa  de  pratiquer,  4&ns  la 
grande  salle  vis-à-vis  la  portp  4^  CQpvnifnicaUon  av9C  U 
nouveau  Musée,  une  ouverture  mesurant ,  eomme  celle  de 
la  salle  de  l'est,  en  largeur  0°^  70  c.  et  en  hauteur  0™  50  c.  ; 
deux  autres  ouvertures  pareilles  seraient  fiiîtes  à  droite  et  à 
gauche  de  la  première,  à  égale  distance  et  à  un  mètre  au- 
dessus  du  plancher,  afin  d'éviter  l'assise  des  pierres  de  taille 
du  mur. 

Ces  cinq  baies  provisoires,  peu  dispendieuses  et  qui  peu- 
vent être  pratiquées  eu  quelques  heures ,  seraient  ouvertes 
et  fermées  à  volonté  par  de  simples  vplets  intérieurs. 

Cent  quarautç  hommes  peuveut  coucher  dans  cette  fuiUe. 

La  salle  du  dôme  du  nouveau  Mu^é^  présente  ; 

i    longueur 10"»  ■* 

largeur 9  60 

hauteur 12  40 

EUecube 1,190  40 

L'aération  de  cette  salle  es(  trè^-facile  e^,  en  raison  de  sa 
grande  élévation,  elle  ppurrait  permettre  d'y  entasser  ç^u 
moiQs  quarante  perspunes,  mais  son  aspect  au  nord  et  SQU 
immense  croisée  dépourvue  4e  volets  la  f cudrqnt  inhabita- 
ble si  l'hivçr  sç  mPUtrç  ri?oureu^.  On  peut  TttltUiWf  pravi- 


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DÉCEMBRE.  495 

soîrement  et  diminnêr  sa  froidure  en  plaçant  aa-deseua  de 
la  croisée  une  tringle  à  laquelle  l'on  suspendrait  des  tapis 
qui  s'appliqueraient,  pendant  la  nuit,  comme  des  rideaux, 
aux  vitrages. 

La  salle  des  tableaux,  à  gauche,  ne  pourrait  être  aérée 
qu'en  tenant  ouvertes  la  porte  et  la  croisée  de  la  salle  des 
dentelles  où  se  trouvent  des  objets  bien  précieux  qui  ne 
peuvent  être  mis  sous  clef;  il  existe,  d'ailleurs,  un  obstacle 
péremptoire  à  son  utilisation  pour  casernement  dans  son 
plafond  qui  est  en  vitres  et  qui  laisserait  pénétrer  le  froid 
avec  une  extrême  facilité. 

Il  y  a  nécessité  de  laver  les  paillasses  et  de  renouveler  la 
paille  qui  les  garnit. 

Les  paillasses  devraient  reposer  sur  des  planches  suppor* 
tées  par  des  bancs,  de  manière  à  ce  qu'il  y  eût,  entre  elles  et 
le  sol,  un-intervalle  de  30  à  45  centimètres  pour  la  circula* 
tion  de  l'air. 

Lee  cheminées  prussiennes,  à  défaut  de  cheminées  prati- 
quées dans  les  murs,  sont  un  puissant  moyeA  de  ventilation 
que  l'on  pourrait  employer  avec  avantage  an  pasememeiii 
du  M psée,  en  remplacement  des  poules. 

NAYioATiorf  AÉaitNifB.  —  Pof^^ait  du  physicien  Ga^ 
lien.  ~  M.  Aymard  fall  nne  commniileatioii  qui,  ae  rat^ 
tachant  h  l'histoire  de  la  narigation  aérienne,  wipninte 
un  certain  intérêt  aux  circonstance»  actuelles.  Nôtre 
confrère  prêtante  à  raasemblée  nn  portrait  de  notre 
compatriote,  le  Père  Joseph  Galien,  Tnn  des  précurseurs 
de  Montgolfier  dans  Tart  de  naviguer  dans  les  airs.  Ce 
portrait  peint,  qai  appartient  à  M.  de  Vinole,  parott  Mre 
réelleneipit  celui  de  l'illustre  piiysieieii.  U  esl  de  tridi* 


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496  '  RÉSUMÉ  DBS  SÉANCES. 

lion,  dans  la  famille  de  notre  honorable  confrère,  de  re- 
connaître  ce  portrait  comme  celai  de  <  Toncle  Galien.  » 
Galien  était  le  neveu  de  la  quatrième  aïeule  de  M.  de 
Vinols. 

M,  Emile  Giraud  fait  remonter  à  un  siècle  environ 
cette  œuvre  sobre  et  consciencieuse  :  la  peinture  parait 
être  de  Técole  de  Lesueur,  elle  en  a  la  sécheresse  et  le 
modelé  très-fini,  sans  effet  pittoresque  dans  la  figure. 
Ce  portrait  devait  être  trës«ressemblant.  M.  Giraud  a 
robligeance.de  s'offrir  pour  en  faire  gratuitement,  pour 
le  Musée,  une  copie  peinte  :  une  reproduction  au  crayon 
ne  serait  pas  suiBsante, 

M.  le  Président  remercie  H.  Giraud  au  nom  de  la  So- 
ciété. 

Dans  le  portrait  que  rassemblée  a  sous  les  yeux,  le 
personnage  tient  à  la  main  un  livre  dont  le  petit  format 
peut  rappeler  celui  de  l'ouvrage  de  Galien  sur  VArt  de 
naviguer  dans  les  airs,  que  H.  le  chanoine  Sauzet  a  eu, 
dans  le  temps,  à  sa  disposition,  et  qui,  n'ayant  malheu- 
reusement pas  été  retrouvé,  est,  en  ce  moment,  l'objet 
des  recherches  de  M.  Âymard.  H.  Sauzet  fait  remarquer, 
en  outre,  que  le  personnage  porte  le  costume  des  do- 
minicains, et  l'on  sait  que  Galien  avait  pris  l'habit  de 
cet  ordre  dans  le  couvent  de  Saint-Laurent,  au  Puy.  Il 
n'y  a  donc  pas  de  place  au  doute  :  le  portrait  que  pos« 
sède  M.  le  baron  de  Vinols  est  bien  celui  de  Galien,  l'un 
des  ingénieux  précurseurs  de  l'invention  (^s  ballons. 

Science  historique.  —  Confirmation,  en  4579,  de 
foires  et  marchés  à  Roche-en-Reynier.  —  M.  Lascombe 
donne  communication  de  la  pièce  suivante,  pancarte. 


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DÉGSMBRE.  497 

imprimée,  dont  probablement  il  n'existe  plus  que  cet 
exemplaire  qui  est  en  la  possession  de  M.  Gallet,  no* 
taire  à  Roche-en«*Reynier  : 

DE   PAR   LE    ROY, 

Henry  par  la  grâce  de  Dieu,  roy  de  France  et  de  Polo- 
gne, à  tons  presens  et  advenir  :  salut;  nos  chers  et  biens 
amez  les  manans  et  habitans  du  lieu  de  Roche-en-Heignier, 
nous  ont  très  humblement  fait  remonstrer,  que  pour  estre 
ledit  lieu  assis  en  bon  et  fertile  pais  où  affluent  plusieurs 
marchands  de  diversses  contrées  :  nos  prédécesseurs  roys 
auroient  audit  lieu  pour  la  décoration  d*iceluy  estably  trois 
foires  en  l'année,  et  un  marché  par  chacune  sepmaine,  à 
ficavoir ,  la  première  desdites  foires  le  jour  de  la  converssîon 
saint  Pol  vingt-cinquième  janvier,  la  seconde  le  jour  de 
saint  Roch  seisième  jour  d'aoust,  et  la  troisième  le  jour  de 
Notre-Dame  de  TAdvent  neuûème  décembre,  et  ledit  mar- 
ché au  mardyde  chacune  sepmaine,  desquelles  foires  et  mar- 
ché, lesdits  suppliants  ont  cy- devant  paisiblement  jouy 
jusques  à  puis  n*a  guières,  que  tant  au  moyen  des  troubles 
advenus  en  ce  royaume,  que  de  la  perte  de  leurs  lettres  et 
titres,  on  auroit  discontinué  lesdites  foires  et  marché,  par 
ce  moyen  de  quoy,  ils  voudroient  qu*à  présent  il  vous  plût 
leur  permettre  icelles  restablir  et  remettre  s'ils  n'avoient 
sur  ce  nos  lettres  de  confirmation  nécessaires,  qu'ils  nous 
ont  supplié  et  requis  leur  octroyer;  scavoir  faisons,  que  nous 
inclinant  libéralement  à  la  supplication  et  requeste  qui  nous 
a  esté  faite  en  faveur  desdits  habitans  par  nostre  très  cher 
et  très  amé  oncle  le  duc  de  Montpensier,  sieur  dudit  lieu  ; 
avons  à  iceux  suppUans  continué  et  confirmé,  continuons  et 


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498  RÉSUMÉ  DBS  SÉANCES. 

cvnimions  leaditèf  foires  et  mâfché  et  ieelies  de  nostre 
plaine  pUiBëanËô  et  anthorité  royàlle^  et  partant  cfiiè  besoin 
est  ou  seroit  de  nouveau  ;  crées  et  érigés  et  estably,  créèn« 
érigeons  et  establlssons  par  ces  présentes ,  pour  y  estre  do* 
res  navant,  perpétuellement  et  toujours  tenues  et  exercées, 
à  tels  et  semblables  jours  qu'il  est  cy-dessus  déclaré,  et  que 
en  ioeUes  {pires  et  marobé  ainsin  restablie,  tous  ma^cbands 
y  puissent  librement  aller  et  venir,  marobanderf  trafiguer  et 
négocier  comme  il  est  accoustumé  faire  aux  autres  foires  et 
marchez  de  oe  royaume^  sans  que  au  moyen  de  ladite  dis- 
oontinuation,  et  perte  de  leurs  dites  lettres^  nos  officiers  et 
autres  leur  puissent  ausdits  supplians^  faire  et  dernier  au- 
cun trouble  et  empêchementi  pourveu  toutes  fois  que  à  qua- 
tre lieues  à  la  ronde  n'y  ait  esdits  jours  autres  foires  et  mar^- 
cbé,  ausquelles  lesdites  présentes  puissent  nuire  ny  prejudi- 
cier  :  si  donnons  en  mandement  au  sénéobal  et  balif  de  Ye« 
lay  ou  son  lieutenant,  à  tous  nos  autrra  justiciers  et  officiers 
qu'il  appartiendra  que  nos  présentes  confirmation ,  conti* 
nuation  et  rection^  establissementi  et  de  tout  le  contenu  oy« 
dessus,  ils  fassent  lire,  publier  et  registrer,  garder,  obser* 
ver  et  ejitretenir  de  point  en  point  et  lesdits  supplians  jouir 
et  sur  plainement  et  paisiblement,  cessant  et  faisant  cesser 
tous  troubles  et  empêchements  au  contraire  :  car  tel  eet 
nostre  plaisir^  et  afin  que  ce  soit  cbose  ferme  et  estable  à 
toi2gottrS|  nous  avons  fait  mettre  nostre  soél  à  ces  presen<- 
tes«  sauf  en  autres  choses  nostre  droit  et  Tautruy  à  tous/ 
Donné  à  Paris  au  mole  de  janvier^  l'an  de  grâce  1579,  et  de 
nostre  règne  le  einquième^  Par  le  roy^  à  vostre  relation, 
GOBiBAUD«  Kisa*  Gontênton  ha  aor. 


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DÊCEUtoRE.  4d9 

OBJBf  S  b'ADHiNisTRÀtioi^.  —  Il  èàt  hH  lècttré  de  là 
lettre  suivante,  adressée  à  M.  le  Président  par  nôtre 
confrère  M.  Nicolas  et  qtii  est  suivi  d*un  vole  de  remer- 
ctments  : 


MOABIBtJR  LB   PaitUBMT, 

D'après  votre  désir,  j*al  visité  les  machines  à  fabriquer 
les  tuyaux  de  drainage  que  la  So4îiété  a  confiées  à  divers 
tuiliers  des  environs  du  Puy^  el  j'ai  l'honneur  de  vous  ren- 
dre compte  de  l'état  dans  lequel  je  les  ai  trouvée*  aA  mO*- 
ment  de  ma  visite. 

Fabrique  du  sieur  Sauzon,  siluée  dans  le  vitlage  de  Èrives. 

La  machine  qui  a  été  prêtée  au  propriétaire,  depuis  fort 
longtemps,  pour  la  fabrication  des  tuyaux  de  drainage,  se 
trouve  aujourd'hui  entre  les  mains  de  son  fermier ,  appelé 
Laine t  (Joseph),  qui,  pour  l'employer  à  la  fabrication  des 
briques  creuses,  a  été  obligé  de  faire  arranger  la  caisse  et 
de  remplacer  les  filières. 

C'est  une  machine  Calla  avec  tablier  à  rouleaux  ; 

Trois  filières  ayant  0"»  08,  0"  06  et  0»  04  de  diamètre 
intérieur  et  une  fourchette  en  bois  à  deux  branches, 

FabHque  du  sieur  Perrière  (Gilbert),  située  à  Malescot,  sur 
le  bord  de  la  route  d'Yssingeaux ,  un  peu  avant  U  vil- 
lage de  Fay-la-Triouleyre, 

Cet  tndûsiriel  a  eu^  un  InstAnt^  detut  knaehines  à  sa  dis^ 
position;  mais,  »ar  la  ^siliatide  d'uii  àê  ses  èdtifrères  de 
Britesi  là  0odié(é  â  dis^Atf  û»  l'une  d'elleë  ah  fitvi*.Ui'  de  tfe 


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200  RÉSUMÉ  DVS  SÉANCES. 

dernier.  Il  ne  possède,  pour  le  moment,  que  les  appareils 
suivants  :  • 

Une. machine  Colla  avec  tablier  à  rouleaux  ; 

Un  crible  ; 

Cinq  filières  ayant  0«  12,  0»  08,  0™  06,  O»  04  et  0«  03 
de  diamètre  intérieur  ; 

Quatre  fourchettes  dont  une  à  cinq  branches,  une  à 
quatre  branches ,  une  à  deux  branches  et  ki  dernière  à  une 
seule  branche  ; 

Enfin,  une  clef  anglaise. 

La  machine  Galla  est  encore  employée  ici  à  la  fabrica* 
tion  des  briques  creuses. 

Fabrique  du  sieur  Soulier  (Pien^e),  située  sur  la  roule  du 
Monaslier,  un  peu  après  le  viUage  de  Brives. 

C'est  à  ce  tuilier  que  la  Société  a  confié  la  deuxième  ma- 
chine qui  se  trouvait  entre  les  mains  du  sieur  Perrière,  et 
qui,  précédemment,  avait  fonctionné  dans  le  domaine  du 
Chassagnon. 

Voici  le  détail  des  appareils  qu'il  possède  : 

Une  machine  Calla  avec  tabli^i*  à  rouleaux  ; 

Un  crible  ; 

Deux  filières  dont  une  de  0™  06  de  diamètre  Intérieur 
et  Tautre  de  trois. 

Les  trois  machines  dont  je  viens  de  parler  sont  en  bon 
état. 

Enfin,  la  Société  a  prêté  au  tuilier  du  sieur  Exbrayat, 
dont  la  {abrique  est  située  sur  le  chemin  d*EspaIy ,  entre  le 
village.de  ce  nom,  et  la  ville  du  Puy,  une  machine  GaUa 
avec  tablier,  le  tout  en  très-mauvais  état.  Ce.  fabricant  a  dû 


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DÉGEMBIIB,  £01 

faire  réparer  une  partie  de  l'appareil,  mais  il  n*a  pa$  rem- 
placé les  roues  de  devant  qui  sont  cassées,  il  s'est  contenté 
de  rétablir  sur  un  pilier  en  pierre  de  taille. 

Tels  sont,  monsieur  le  Président,  les  détails  que  j'ai  re- 
cueillis, et,  en  terminant,  je  dois  ajouter  que,  d'après  vos 
ordres,  j'ai  commandé,  dans  chacune  des  fabriques  de  Bri- 
yes,  mille  tuyaux  de  drainage  de  différentes  grosseurs  qui, 
j'espère,  pourront  être  livrés  incessamment. 

Daignez  agréer,  monsieur  le  Président,  Tassurance  des 
sentiments  respectueux 

de  votre  très-humble  serviteur, 

NICOLAS. 

Personnel  des  officiers  de  la  Société^  —  M.  le  Pré- 
sident dit  que  le  moment  est  venu  d'élire  un  Président, 
un  Vice-Président  et  nn  Trésorier.  La  question  sera 
mise  &  Tordre  du  jour  de  la  prochaine  séance.  H.  de 
Brire  exprime  en  môme  temps  sa  ferme  résolution  de 
décliner  l'honneur  d'une  réélection  :  sa  santé  s'y  oppose 
d'une  manière  absolue  ;  il  demande  donc  que  sa  candi- 
dature ne  soit  pas  mise  aux  voix. 

Peisonnel  des  membres  de  la  Société.  —  M.  le  ba- 
ron de  Sartiges  d'Angles ,  membre  de  l'Académie  de 
Clermont  (Puy-de-Dôme),  dans  une  lettre  dont  il  est  fait 
lecture,  remercie  cordialement  la  Société  de  lui  a?oir 
conféré,  dans  sa  séance  du  SI  mai,  le  titre  de  membre 
non  résidant.  Il  regrette  vivement  que  son  grand  ftge  ne 
lui  permette  pas  de  prendre  une  part,  aussi  active  qu'il 
le  désirerait)  aux  travaux  de  la  Compagnie. 


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802  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

M.  le  curé  Piligëre,  membre  non  rèsid&nt,  écHt  pour 
sollieiter  l'échange  de  son  titre  de  membre  non  rési- 
dant en  celui  de  membre  résidant.  Notre  confrère  dit 
que,  depuis  sa  réception  à  la  Société,  il  s*est  rendu  as- 
sidûment à  nos  réunions  mensuelles  qui,  ajoute-t-il,  ont 
pour  lui  d'autant  plus  d'intérêt  et  de  charme  qu'elles 
sont  en  harmonie  avec  ses  goûts,  et  conformes  à  l'objet 
de  ses  études  privées.  M.  Frugëre  s'en  réfère»  comme 
titre  d'admission  parmi  les  membres  résidants,  à  son 
livre  sur  l'Apostolicité  de  l'Eglise  du  Velay. 

M.  le  Président,  en  consultant  l'assemblée  sur  cette 
demande  légitimée  par  le  règlement,  rappelle  les  tra- 
vaux de  divers  genres  dont  M.  l'abbé  Frugère  a  entre- 
tenu la  Société  ;  les  communications  scientifiques  qu'à 
différentes  époques  il  lui  a  transmises,  notamment,  il  y 
a  plusieurs  années,  alors  qu'il  était  curéd'Alleyraa;  son 
livre  sur  l'apostolicité  de  notre  Eglise,  qui  a  été  accueilli 
par  les  félicitations  des  personnes  dont  il  partage  l'epi*- 
nion  stir  ce  sujet;  enfin,  le  zèle  de  notre  confrère  pour 
les  explorations  archéologiques  qui  l'a  porté  récemment 
k  doter  le  Musée  ded  produits  de  ses  intéressantes  dé<- 
couvertes. 

Aussi,  la  demande  de  M.  l'abbé  Frugère,  mise  aux 
voix,  est-elle  acceptée  à  l'unanimité,  et  notre coafrère 
est  proclamé  membre  résidant. 

L'ordre  du  jour  étant  épuisé^  à  sept  heures  la  séance 
est  levée. 

Le  Secrétaire  suppléant^ 

OfLLÉlSPARiB« 


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PROCÈS-VERBAUX 


SÉANCES  DE  L  ANNÉE  1871 


SEANCE  MENSUELLE 

DU  JEUDI  7  JANVIER.   ' 


SOMMAIHtS 

Lecture  da  proeèe- verbal.  —  Ahwace  d'oovrages  recos,  par  soi  te  des  mal- 
hcnrs  de  la  gaerre.  —  AiaoïiATieATioR  :  Commanication  sor  on  nonveau 
système  de  ballon,  par  M.  Micciollo-Picasse.  Communication  par  M.  le  Pré- 
sident, da  livre  du  P.  Gaiien  :  l'Art  ie  naviguer  iant  let  être.  «^  AicalSo- 
LOGiB  :  Acquisition  de  la  colonne  milliaire  de  Fontanes  par  les  soins  de 
M.  l'abbé  Frngère;  explications  de  M.  Aymard  snr  ce  monument.  Décou- 
verte de  pierres  sculptées  romaines  dans  les  murs  apsidaux  de  la  cathédrale; 
leur  description  par  M.  Aymard.  Vœu  de  la  Société  sur  la  demande  de 
M.  Yinay,  que  les  débris  d'antiquités  extraits  des  mûri  de  cette  église  ou 
d'autres  édifices  soient  réunis  au  Musée.  —  PiasomiiL  :  Renvoi  \  la  pro- 
chaine séance,  de  l'éleeiion  du  président  et  do  vice-président  de  la  Société. 


Présidence  de  M.  Aymard,  vice-président. 
A  trois  heuréS)  la  séance  est  ouverte^ 


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204  ytÉSUfllK  DES  SKANCES. 

M.  Gillet-Paris  donne  lecture  du  procès-verbal  de  la 
précédente  réunion.  Ce  procès-verbal  est  adopté. 


OUVRAGES  REÇUS. 

La  Société,  durant  le  mois  qui  vient  de  s'écouler,  n'a 
reçu  aucune  publication  digne  d'être  signalée  à  son 
attention.  Cette  stérilité  des  ti*avaux  intellectuels  ne 
s'explique  que  trop  par  la  guerre  désastreuse  qui  dé- 
sole et  ruine  le  pays. 


COMMUNICATIONS. 

AÉRONAVIGATION.  —  Notivcau  Système  d'aérostat 
proposé  par  M.  Micciollo, — Notre  compatriote,  M.  Mic- 
ciollo-Picasse ,  ingénieur  civil,  est  admis,  sur  sa  de- 
mande, à  donner  lecture  d'un  mémoire  relatif  à  un 
nouveau  système  d'aérostat  dit  anermastatique  dont  il 
est  l'inventeur.  Les  plans  qu'il  présente  à  l'assemblée 
font  voir  toutes  les  dispositions  de  l'appareil. 

Le  ballon,  dont  l'enveloppe  et  les  pièces  d*armature 
sont  en  aluminium,  est  un  ovoïde  très-allongé.  «  Sa 
forme,  dit  M.  Micciollo,  est  celle  d'un  solide  engendré 
par  un  segment  de  cercle  tournant  autour  de  sa  corde, 
dont  la  longueur  est  de  44  mètres;  la  flèche  du  segment 
est  égale  à  6  mètres.  Le  volume  qui  en  résulte  est  d'en- 
viron 2,900  mètres  cubes. 

«  La  plus  grande  section  normale  au  grand  axe,  celle 
qui  reçoit  la  résistance  au  déplacement  de  Tair  calme  et 


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JANVIER.  205 

l'effort  du  vent  lorsque  le  ballon  marchera  veut  debout, 
est  de  413  mètres  carrés.  Leballoa  est  gonflé  à  Thydro- 
gène  quatorze  fois  et  demie  plus  léger  que  Tair.  Sans 
entrer  dans  tous  les  détails  de  la  construction,  on  peut 
dire  qu'il  est  toujours  en  équilibre  dans  toutes  les  cou- 
ches de  l'atmosphère. 

€  La  direction  en  marche  est  maintenue  dans  le  sens 
du  grand  axe  par  une  voile  triangulaire  placée  h  l'ar- 
rière et  mue  de  la  nacelle  au  moyen  de  deux  cordons. 

€  L'outil  propulseur  est  l'hélice;  il  y  en  a  deux,  pla- 
cées aux  extrémités  du  grand  axe.  L'action  est  donc  di- 
recte dans  le  plan  méridien  yertical  du  ballon. 

«  Les  hélices  doivent  servir  à  produire  le  mouvement 
horizontal  du  ballon  et  son  mouvement  ascendant  et 
descendant,  en  vertu  de  l'inclinaison  que  je  donne,  à  vo- 
lonté, au  grand  axe  du  flotteur. 

«  Le  mouvement  est  transmis  aux  hélices  par  une 
machine  à  vapeur  en  alummium,  construite  d'après  le 
principe  des  machines  à  grande  vitesse  de  HH.  Hollard 
et  Field,  système  qui  permet  et  a  permis,  comme  on  le 
sait,  de  diminuer  notablement  les  dimensions  de  la  ma- 
chine elle-même  et  son  poids.  » 

M.  Micciollo  donne  ensuite  des  explications  pour  tous 
les  détails  de  la  construction.  Il  fait  connaître  les  di- 
mensions, les  poids  et  le  jeu  des  différentes  pièces  ;  il 
motive  l'emploi  de  Taluminium  par  les  propriétés  de  ce 
métal,  en  particulier  son  faible  poids,  qui  le  recommande 
pour  tous  les  usages  où  l'on  a  besoin  d'une  grande  légè- 
reté jointe  à  une  grande  ténacité.  L'aluminium,  permet- 
tant,  en  outre,  suivant  les  combinaisons  indiquées  au 
mémoire»  d!écarter  l'endosmose,  supprime  les  chances 


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206  RÉSUMÉ  DBS  SEANCES. 

de  déperdition  de  Thydrogëne  et  même  de  9on  ioflam- 
mation.  L'inveatenr  s'est  préoccupé  aussi  des  inconvé- 
nients qui  pourraient  ôtre  dus  à  la  clialeur  et  à  Télectri- 
cité  atmosphérique.  En  un  mot,  la  plupart  des  objections 
qui  pourraient  être  foites  k  l'encontre  de  son  système, 
sont  de  sa  part  l'objet  de  réponses  trës-détaiUées. 

M.  MiccioUo  termine  cet  exposé  en  résumant  les  diffé- 
rents systèmes  proposés  jusqu'à  ce  jour  pour  amener  la 
solution  du  problème  de  la  navigation  aérienne,  lesquels 
d'ailleurs,  se  rapportent  tous  à  deux  théories,  celle  du 
plus  lourd  que  l'air  et  celle  dn plus  léger  que  Vair.  H 
ajoute  que  le  ballon  anêrmoitatique,  qui  est  Totijet  de 
son  invention,  participe  des  deux  à  la  fois,  tout  en  se 
rapprochant  beaucoup  plus  du  plus  Uger  que  Pair.  En- 
fin, il  montre  en  quoi  son  appareil  diffère  de  tous  ceux 
proposés  par  ses  devanciers  et,  tout  en  s'honorant  de  se 
déclarer  le  continuateur  de  l'idée  de  l'illustre  ingénieur, 
M.  Henri  Giffard,  qui,  en  I8(&2,  avait  élevé  en  Tair  un 
ballon  muni  d'une  petite  machine  à  vapeur  et  l'avait  fiait 
mouvoir,  notre  compatriote  énumère  les  modifications 
ou  perfectionnements  assez  notables  qu'il  apporte  dans 
la  construction  du  ballon  anermastatique« 

M.  Oillet-^Paris,  qui  a  pris  une  connaissance  attentive 
du  système  d'aérostation  proposé  par  M.  MiccioUo  et  lui 
a  prêté  sa  collaboration  dans  les  calculs  très-compliqués 
que  nécessitait  Tétude  de  ce  nouvel  appareil,  se  plaît  à 
en  rendre  un  témoignage  aussi  favorable  que  puisse  le 
comporter  un  système  non  encore  sanctionné  par  l'ex- 
périence. Cette  considération,  en  effet,  impose  des  res- 
serves inhérentes  aux  difficultés  de  ce  genre  d'entre- 
prise et  aux  circonstances  imprévues  qui,  jusqu'à  ce  jour» 


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jÀNVieti.  307 

ont  renijk  impossible  la  solation  du  problème  de  Taé- 
ronavigation. 

M.  le  Président  exprime  à  M.  Micciollp  sesi  félicitations 
pour  ses  persévérants  et  laborieux  efforts  à  poursuivre 
la  solution  d'un  problème  ardemment  étudié  depuis 
quelques  années  par  d'habiles  ingénieurs,  et  la  Société 
émet  le  vœu  unanime  que  notre  savant  compatriote  li- 
vre au  plus  tôt  à  la  publicité  le  mémoire  don|;il  vient  de 
lui  donner  communication  (4)  et  qu'il  parvienne  pro- 
chainement à  donner  à  sa  décoi^verte  une  application 
pratique. 

L'art  de  naviguer  dans  les  airs,  par  le  P.  Çalien.-^ 
M,  le  Président  présente  ensuite  à  l'assemblée,  cojnme 
complément  à  la  communication  du  portrait  peint  du 
P.  Galien,  qu'il  a  faite  à.  la  dernière  séance,  le  livre  même 
de  ce  savant  physicien,  né  àSaint-P^ulien  (Haute.-Loire), 
vers  1700.  Cet  ouvrage,  de  format  petit  in-12,  de  qua- 
tre-vingt-sept pages,  est  intitulé  :  l'Art  de  naviguer 
dam  les  airs,  amusement  physique  et  géométrique^ 
précédé  d'un  mémoire  sur  ta  nature  et  la  formation 
de  la  grêle,  par  le  R.  P,  Galien^  dominicain^  docteur 
agrégé,  ancien  professeur  de  philosophie  et  de  théolo- 


(1)  Ce  mémoire  a  para  pea  de  temps  après  la  séance  de  la  Société,  soas  le 
litrt  :  BalononermMtatiquô  dingeahUi  en  i^htVatuminium  kreveiés.G,i>.B,^ 
en  ^uilikre  4  iouUt  lee  kauUurs  Je  l'qimotfliéfe,  pt^vant  monter  et  deè- 
cendre  à  volon(é,  stns  lett  ni  déperdition  de  gas,  $vec  hélice,  machine  à  vu- 
pew  et  charpente,  en  aluminium,  par  M.  Uicciollo-Picatse,  ingénieur  civiU 
inventeur;  soumis  le  4  décembre  1870  cl  le  f«  fivriet  iSfl  au  CemUé  scienti- 
fique du  goupernement  de  la  Défense  nationale,  —  Appréciation  du  Comité  avec 
planche  gravée,  Paris,  librairie  centrale  des  sciences,  rue  de  Seine,  18,  1871. 


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â08  IIÉSUMË  DES  SÉANCES. 

gie  dans  l'Université  d'Avignon.  Avignon.  Antoine- 
Ignace  Fez.  M.  DGG.  LVII. 

Noire  confrère,  en  faisant  ressortir  la  rareté  de  cet 
ouvrage,  se  demande  s'il  ne  conviendrait  pas  d'en  don- 
ner une  réimpression  qui  aurait  certainement  un  débit 
assuré  à  cause  de  la  faveur  dont  les  éludes  aérostaliques 
sont  l'objet  en  ce  moment;  dans  tous  les  cas,  M.  Ay- 
mard  veut  bien  promettre  d*en  faire  une  copie,  qu'à  dé- 
faut du  livre,  qui  lui  a  été  communiqué,  il  tiendra  à  la 
disposition  de  la  Société. 


Archéologie.  —  Colonne  milliaire  de  Fonlanes.-^ 
M.  le  Président  annonce  que  la  colonne  milliaire  de 
Fontanes,  village  situé  à  peu  de  distance  de  la  voie 
romaine  ,  dite  la  Bolène,  vient  d'être  acquise  aux 
frais  de  la  Société  et  transportée  au  musée  par  les  soins 
de  notre  confrère,  M.  l'abbé  Frugère. 

M.  Aymard,  après  lui  avoir  exprimé  la  reconnaissance 
de  la  Société  pour  l'heureux  résultat  d'une  négociation 
qui  n'était  pas  sans  difficultés,  rappelle  qu'en  sa  qualité 
d'archiviste  départemental  et  d'inspecteur  des  monu- 
ments historiques,  il  a  publié  cette  inscription  dans  son 
rapport  à  M.  le  Préfet,  pour  la  session  du  conseil  géné- 
ral de  1864. 

Malgré  son  état  de  dégradation,  il  a  pu  la  déchiffrer 
ainsi  qu'il  suit,  et  en  proposer  une  interprétation  con- 
forme ix  des  épigraphes  analogues  qui  ont  été  ti'ouvées 
sur  la  même  voie  antique  : 


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JANVIER.  209 

Hestitution  d'après  des  inscriptions  ûnalogues 
provenant  de  la  même  route  : 

IMP  ESGI  JMPerator  cxEsar  caius  luHus 

VERVSM/   XI  VKRVS  ukiuminus 

^IVSF  LIXAV  pivs  veux  kvgustus  pontifex 

AXTRI       Pin  mxxiînus  imbimitiâ  votestate  m  consul  pro- 

CO^  P  M  consul  ^ater  patries  opHuus  maximm  prin^ 

C^V  VS  et  caius  ivlius  verrs  maximus      [ceps  noster 

I  optimus  maximusque 

N  privceps  juvenlutis 

. cxsaris  augusli  nostri  filius  vias  et 

pontes  vetustate  con- 

lapsos  restituerunt, 

M.  Aymard  ajoute  qa'il  ayait  été  condait  à  la  décou- 
verte de  ce  monument  par  un  moyen  très  simple,  qui 
permettra,  en  outre,  de  retrouyer,  sinon  toutes  les  co- 
lonnes qui,  dans  notre  pays,  marquaient  les  distances 
sur  la  yoie  militaire  et  stratégique  dite  la  Bolène,  au 
moins  les  lieux  où  elles  avaient  été  élevées.  II  suffit,  en 
effet,  de  pointer  le  tracé  de  cçtte  voie,  aujourd'hui  bien 
connue,  de  mille  en  mille  pas  romains,  à  partir  de  l'an- 
tique capitale  des  Vellaves,  Revession  (Saint-Paulien). 
C'est  par  ce  moyen  que  notre  confrère  avait  déjà  décou- 
vert la  place  et  les  subslructions  d'une  autre  colonne, 
près  de  Freissenet,  monument  dont  la  base  avait  été 
transportée  dans  ce  village,  et  une  partie  du  fût  au  vil- 
lage de  Borne,  où  ce  morceau  est  conservé  à  la  maison 
commune.  Encouragé  par  cette  heureuse]  application 
d'un  procédé  si  facile,  il  n'hésita  pas  à  fixer  le  lieu  de 
la  colonne  suivante,  vers  le  point  de  jonction  du  chemin 
de  Fontanes  et  de  la  Bolène,  dans  un  champ  où  la  fa- 
mille Valiorgues  lui  signala,  en  effet,  des  restes  de  subs- 

TOME  XXXI.  u 


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âiP  KÉSUME   DES  8ÉANGBS. 

tructionfi*  De  là,  il  conclut  que  la  pierre,  suivant  Tu- 
sage,  avait  pu  être  portée  an  village  le  plus  voisin, 
c*est-&-dire  à  Foatanes  où  elle  fut  trouvée,  servant  de 
pied-droit  pour  une  porte. 

Pierres  sculptées  romaines  dans  les  murs  de  la  ca-^ 
thédrale.—  U.  Aymard  mentionne  aussi  la  découverte 
de  fragments  sculptés  antiques,  qui  ont  été  mis  au  jour 
par  les  travaux  de  restauration  actuellement  en  voie 
d'exécution  aux  murailles  dies  apsides  nord  et  sud  de  la 
Cathédrale  ;  on  remarque  surtout,  à  l'angle  de  Tapside 
sud  attenant  au  porche  du  For,  deux  grands  blocs  de 
grès,  dont  les  sculptures  rappellent  le  genre  d*ornemen- 
tation  des  édicules  funéi*aires  romains,  tels  que  ceux 
dont  notre  confrère  avait  décrit  un  certain  nombre  de 
morceau^,  dans  son  mémoire  sur  les  Origines  de  la 
ville  du  Puy.  (Con^rh  scientifique  de  France^  de  é855, 
U  II,  p.  429  etsuiv.) 

Ces  pierres  ne  sont  pas  encore  à  découvert  sur  toutes 
leurs  faces  ;  néanmoins  notre  confrère  a  essayé  de  mon- 
trer, par  un  dessin  qu'il  met  sous  les  yeux  de  la  Société, 
quels  peuvent  être  les  sujets  de  sculpture  des  parties  de 
ces  pieiTCs  cachées  dans  Tépaisseur  de  la  muraille.  L'une 
d'elles,  qui  est  placée  à  une  certaine  hauteur,  offre  sur 
sa  face  visible  une  portion  supérieure  de  pilastre  richC'^ 
ment  sculptée  et  au-dessous  un  griffon.  Ce  décor  est  pa- 
reil à  celui  d'un  morceau  conservé  au  Musée  (n®  254  des 
Origines  de  la  faille  du  Puy),  où  l'on  observe,  sur  deux 
autres  faces  en  retour,  l'image  en  relief  d'un  person- 
nage et  une  scène  funèbre  ;  les  proportions  exactement 
semblables  des  deux  pierres,  au  moins  d'après  ce  qu'on. 


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ÙNVIBR.  f^ 

voit  de  Mtû  4tt'ni6rf ,  ;p9f  §aHH>s6r  qve  cell»-^  i^w^it 
appart0fia  au  mélp^  mopaaiMt  4m^  #Q  w^wl  («nP^  Ift 
pyriid  ^opértoure  ds  Tardes  deux  piliers  d'^rie  a^el^|l^* 

Dans  ce  cas,  l'architecte  aurait  repréaeoté  i^  laiifiiaâe 
qui  e^(  en  retour  4e  Vna  4e  oes  piUejrs,  Timfme^a  dé- 
font et  syso^iquei^ent  &  I9  foisiade  ea  retour  de  r«ptre 
pilier,  Timag^  de  sofi  épouse.  CetM  ^ojeotiore  Mt« 
d'aiUeo^jSi  appuyée  par  des  exemples  de  moniimante 
funéraires  qui  représentent,  dans  diyerses  attitudes,  l«s 
adieux  saprômes  des  époux.  Quaat  à  Tiiutre  face  de  la 
pierre  qui  estégftleinent  enci^trée  dans  le  mur,  la  dessin 
enicore  oonjectural  qu'an  a  fait  noir»  eoifetfe,  ^fetraiee 
u^  scène  funèbrt  à  peu  près  diaposiiB  cemme  sur 
l'autre  pierre,  suiyant  les  ràgl^  de  symAlrle  fasâliéras 
aux  artistes  4^  l'antiquité  romaiiie. 

M.  Ayv)an4  djit  que  V.  l'Architecte  de  la  C^tbédnte, 
d'après  le  désir  qu'il  lui  a  exprimé,  se  propose  d'eUtr^tte 
de  (a  Muraille  ce  curirettS  morceau  pour  Je  d^ioser  au 
Ifuaé9  auprès  des  débris  du  même  monuaanqt  ddjit  re- 
cueillis. H  m:i  alors  >n|ljéresi»nt  de  savoir  si  la  méth^ 
d'induction  qui  a  guidé  notre  confrère»  pour  la  raalita- 
tîon  ooQjeetiir^l^  4«s  l^es  de  la  pterre  aujMrd'hui 
cachfi^  ds^s  1^  mur^lle,  aura  trouvé  ici  une  emu^te 
appUcfttion. 

QiWkt  à  Tfiutre  pierre  qui  $%'  y^it  h  la  besd  4a  miur, 
notre  confrère  ep  présiàiM  aussi  le  dessiQt  0«  rUfili^Mtt 
qu'elle  a  fait  partie  ^alçm^ut  4'ilAQ  cbao^bre  sépjiJh 
crale  r^ben^ent  décor^^^sciiilptufes  et  qu'elle  étiit  à 
la  partie  auj^eur^  4'w  pilasti^e  4<»  Vm  ^  «wlos  i^t- 
térioTuis  4e  Védiçulç.  L«  fece  4^  ce  *pilwti'«,  fiWie  yi»JbJe 


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212  RÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 

et  des  vestiges  assez  reconnaissables  d'an  gorgonium 
ou  masque  de  Méduse  posé  sur  an  disque  ou  égide, 
sujet  décoratif  bien  connu,  en  particulier  pour  les 
monuments  funéraires. 

Ce  pilastre  se  détache  un  peu  en  avant  du  surplus  de 
la  même  face  de  la  pierre  dont  les  sculptures  représen- 
tent des  combinaisons  de  fleurons.  Il  devait  faire 
retour,  au  moins  d'un  cAté,  et  être  suivi  d'ornements 
qu'à  défaut  de  pièces  de  comparaison,  il  est  presque 
impossible  de  préciser. 

Cette  dernière  pierre,  dont  l'extraction  serait  très- 
difficile,  doit  rester  à  sa  place;  elle  témoignera  du  genre 
de  construction  usité  à  l'époque  où  fut  édifiée  l'apside 
sud  de  la  primitive  église  du  Puy,  comme  addition  h 
cette  église,  c'est-à-dire  vers  le  Y^  siècle,  alors  qu'on 
utilisait  presque  exclusivement  des  matériaux  provenant 
d'édifices  antérieurs. 

A  ce  sujet,  notre  confrère  fait  remarquer  que  les  murs 
de  cette  apside  offrent  d'autres  blocs  antiques,  quelques- 
uns  montrant  les  trous  de  louve  qui  caractérisent  les 
constructions  romaines. 

Il  en  est  de  même  à  l'apside  nord,  contemporaine  de 
celle-ci.  Les  travaux  de  restauration  y  ont  aussi  fait 
découvrir  plusieurs  assises  de  grands  blocs,  mais  telle- 
ment altérés  à  leur  surface,  qu'on  a  peine  à  y  reconnaî- 
tre quelques  traces  des  sculptures  dont  certaines  de  ces 
IHerres  paraissent  avoir  été  décorées. 

M.  Vinay  fait  ressortir  l'intérêt  qu'il  y  a  à  réunir  tous 
les  morceaux  provenant  de  monuments  dont  ils  permet- 
tent la  restitutioui  et,  sur  sa  proposition,  la  Société  ex- 
prime le  vœu  que,  toutes  les  fois  que  des  antiquités  la- 


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iANVIRR.  243 

pidaires  seront  découvertes  dans  les  murailles  de  la 
Cathédrale  on  d'antres  édifices,  elles  soient,  autant  que 
possible,  extraites  et  attribuées  au  Musée. 


Personnel.  —  Ajournement  de  l'élection  des  pré^ 
sidents  de  la  Société.  —  L'ordre  du  jour  appelant  la 
nomination  du  président  et  du  vice-président,  plusieurs 
membres  demandent,  à  cause  des  circonstances  pré- 
sentes, le  renvoi  de  ces  élections  à  la  prochaine  séance. 
L'assemblée  adhère  à  cette  proposition. 

A  cinq  heures,  la  séance  est  l&vée. 

Le  Secrétaire, 
AuG.  CHASSAING. 


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SÉANCE  MENSUELLE 

DU  LUNOI    17  FÉVRIER 


SOMMAIRB 

Leetare  du  procès-verbal.  —  Ouvraois  reçus  :  Mémoire  de  M.  Macé  sur  les 
poésies  attribnées  ^  Glotilde  de  Sarviiie.  —  GoMMUNicàTioNs  :  Premier  mo- 
dèle de  la  carte  en  relief  do  dé|>artemeni,  avec  zones  d'altitade,  présenté  par 
M.  Malègue.  Etade  de  cette  carte  par  M.  Alcide  Maoras.  M.  le  Président 
félicite  M.  Malègae.  Vote  de  fonds  pour  Texécation  du  moule  du  spécimen 
^  sones.  Explications  de  M.  ^ticciollo-Picasse  sur  son  ballon  aoermasta- 
tlque.  AJeuhletoefll  de  l'élection  des  présidents  de  la  Société.  Décès  de 
M.  le  baron  de  Yeyrac,  membre  bonoraire. 


Présidence  de  M.  de  Brîve. 

A  trois  heares;  la  séance  est  ouverte. 

Le  procès-verbal  de  la  dernière  séance  est  la  et 
adopté. 

OUVRAGES  REÇUS. 

Littérature.  —  Les  poésies  de  Ctoiilde  de  SurvilU- 
—  Les  publications  qui  sont  parvenues  à  la  Société, 


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deptiift  la  pMcëdente  MiiniM),  sont  encore  eif  petit 
nombre,  par  snitiBdes  malhenrent  événeinènts  qui  affli* 
gent  la  France.  Parmi  ces  onvrages,  H.  le  Président 
mentionne  particulièrement  le  Bulletin  de  F  Académie 
delphinale,  qui  contient  un  remarquable  travail  de 
M.  A.  Macé,  professeur  à  la  faculté  des  lettres  de  Greno- 
ble, sur  une  question  d'histoire  littéraire,  vivement 
débattue  .depuis  soixante  ans  :  l'authenticité  des  poésies 
de  Glotilde  de  Survilie ,  publiées  en  deux  volumes,  l'un 
en  1807,  par  Charles  Yanderbourg,  membre  de  l'insli-* 
tut,  et  l'autre  en  1 8S6,  par  MM .  de  Roujoûx  et  Ch .  Kodièr. 
Doit*on  voir  dans  ces  poésies,  avec  M.  Raynouàrd, 
une  fraude  habile,  reconnue  et  avouée  et,  à  tout  prén- 
dre  cependant,  une  œuvre  à  conserver  comme  les  faus^ 
ses  médailles  que  les  curieux  placent  à  côté  des  véritar 
blés;  avec  M.  Villemain,  un  monument  curieux,  mais 
une  petite  construction  gothique,  élevée  à  pla&ir  paf* 
un  moderne  architecte  f  Doitrbn  dire,  avec  M.  de  Sainte 
Beuve,  que  la  prétendue  Clotilde  de  Surville  est  un 
poète  de  l'école  moderne,  h  la  veille  de  la  renaissance 
de  4800;  en  d'autres  termes,  doit^)n  conjecturer  que 
les  véritables  auteurs  sont  ou  le  marquis  de  Surville, 
ou  même  Vanderbourg?  M.  Macé  combat  les  opinions 
des  illustres  critiques  et  s'efforce  de  prouver,  par  une 
biographie  détaillée  et  l'examen  comparé  des  œuvres 
du  marquis  de  Surville,  que  ce  dernier  ne  pouvait  être 
l'auteur  des  poésies  de  Clotilde.  Il  établit  parfaitement 
que  cette  paternité  ne  saurait,  le  moins  du  monde,  re^ 
venir  à  Vanderbourg,  par  les  lettres  de  ce  savant  à 
M»*  la  marquise  de  Surville  qu'il  puMie  Comme  pièces 
justifloatives. 


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216  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

M.  Hacé  cite  également  deux  documents  iaédits  et 
intéressants.  Ce  sont  des  lettres,  Tune  très-touchante 
que  M.  de  Survilie  écrivit  àsa  femme,  des  cachots  de 
la  prison  du  Puy-en-Velay,  la  veille  de  sa  mort,  en  oc- 
tobre 4798;  l'autre  de  M~'  de  ChabanoUe  à  la  môme, 
en  lui  envoyant  les  manuscrits  dont  l'infortuné  mai^quis 
lui  avait  confié  le  dépôt. 

La  conclusion  du  docte  professeur,  le  dernier  mot  de 
la  question  résultant  de  son  étude  pleine  d'érudition, 
est  que  les  poésies  de  Clotilde  sont  un  excellent  tableau 
original,  retouché  par  des  mains  habiles,  et  que  Ton 
doit  rendre  à  Clotilde  de  Surville,  parmi  les  poètes  fran- 
çais, son  rang  que  les  plus  récents  historiens  de  notre 
littérature  semblent  avoir  pris  à  tâche  de  lui  enlever 
par  un  injuste  et  dédaigneux  silence. 

Le  marquis  de  Surville  se  rattache  indirectement  au 
Velay  par  les  derniers  mois  de  sa  vie  passés  dans  la  re- 
traite qu'il  trouva  au  petit  ch&teau  de  ChabanoUe ,  et 
enfin  par  son  jugement  sommaire  et  sa  fin  malheureuse. 
On  sait  qu'il  fut  fusillé  au  Puy,  au*devant  de  l'église 
Saint-Laurent,  en  octobre  n9S. 


COMMUNICATIONS. 

Topographie.— Car ^«  en  relief  du  département.  — 
Dans  la  salle  des  séances  est  exposé  le  modèle  en  plâ- 
tre .de  la  grande  C4irle  en  relief  du  département  de  la 
Haute-Loire,  que  notre  zélé  et  généreux  confrère  M.  Ma- 
lëgue  —  profitant  des  loisirs  que  lui  laissait,  à  raison  de 
la  guerre,  la  suspension  de  travaux  publics  dont  il  s'était 


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FÉVRIRR.  217 

chargé  —  a  en  à  cœur  d'achever  ;  désireux  en  cela  de  sa- 
tisfaire aux  vœax  de  ses  compatriotes  et  en  particulier 
du  Conseil  général  qui,  h  la  demande  de  la  Société,  a 
voulu  honorer  celte  œuvre  de  son  patronage. 

Ce  magnifique  travail,  sur  lequel  M.  le  Président  ap- 
pelle l'attention  de  rassemblée,  n'est  pas  encore  amené 
à  son  état  définitif  :  on  y  voit  les  zones  d'altitude,  dis- 
posées en  gradins,  qui,  par  une  opération  ultérieure, 
devront  disparaître,  pour  que  les  contours  et  les  déclivi- 
tés du  sol  reçoivent  leur  configuration  réelle* 

Notre  confrère,  M.  Alcide  Mauras,  qui  a  fait  de  l'œu- 
vre de  M.  Malègue  une  étude  particulière,  développe, 
dans  une  rapide  et  chaleureuse  improvisation,  des  consi- 
dérations qui,  il  différents  points  de  vue,  recommandent 
Talilité  de  cette  belle  carte,  et  dont  Topportunitë  sur- 
tout ne  saurait  être  méconnue  dans  les  circonstances 
malheureuses  des  temps  présents. 

Après  avoir  rappelé  qu'elle  est,  pour  la  Haute-Loire, 
la  traduction  exacte  de  la  carte  de  France  du  dépôt  de  la 
guerre,  il  décrit  les  procédés,  de  plus  en  plus  perfec- 
tionnés, au  moyen  desquels  les  géographes  sont  parve- 
nus successivement  à  satisfaire  à  quelques-unes  des 
principales  exigences  de  la  science  topographique. 

Toutefois,  dans  l'état  actuel  de  nos  connaissances  à 
ce  sujet,  il  faut  bien  convenir  que,  sur  les  cartes  planes, 
dessinées  ou  gravées,  lesquelles  offrent,  en  réduction, 
des  surCeices  considérables  du  sol,  une  exacte  reproduc- 
tion est  fort  difficile  à  obtenir  et  qu'en  outre  on  est 
obligé  de  suppléer,  par  des  signes  conventionnels,  à 
l'insuffisance  des  tracés  et  des  hachures  ou  traits  d'om- 
bres qui  ont  pour  objet  d'accentuer  les  reliefs.  Or,  con- 


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us  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

naître  ces  signes  est  indispensable  pour  lire  les  cartes 
topographiques.  C'est  une  étude  assez  longue  et  qui 
exige  beaucoup  d'attention  (1). 

Notre  confrère  ajoute  que  c'est  une  science  rentable 
qui,  malheureusement,  aurait  en  France  peu  d'adeptes. 
Il  croit  même  qu'une  partie  des  revers  militaires  qui 
nous  accablent  en  ce  moment,  peut  être  attribuée  à  une 
connaissance  insuffisante  de  Tinterprétation  des  car« 
tes  qui,  dit-il,  ne  seraient  guère  accessibles  qu'à  nos 
officiers  d'état-major. 

«  Ce  sera  l'honneur  de  notre  Société,  dit  encore 
M.  Mauras,  d'ayoir  compté,  au  nombre  de  ses  membres, 
un  homme  qui,  profondément  versé  dans  cette  science, 
la  topographie,  en  connaissant  toutes  les  difficultés,  in- 
surmontables, au  plus  grand  nombre  de  ceux  qui  vou- 
laient  savoir,  s'est  dit  :  Il  n'y  aum  plus  de  secret  pour 
personne  ;  ce  que  les  caries  représentent  par  des  dispo* 
sitions  conventionnelles,  des  lignes  ou  traits  énonçant  les 
zones  d'altitude  et  autres  signes,  je  vais,  pour  la  Haute- 
Loire,  le  représenter  par  la  réalité.  Après  quoi,  moins 
d'un  an  s'est  écoulé,  depuis  qu'il  a  entrepris  la  carte  dû 
département,  et  elle  est  exécutée.  Nous  sommes  aujour* 


(1)  Deribier ,  en  1894,  dans  sa  Statistique  du  départemeut  de  la  Haute- 
Luire,  p.  97,  s'eipriffiait  ainsi  au  s^jet  des  diffleoltés  de  la  représentaUoii 
topographique  de  notre  pays  :  <  Les  cartes  ne  représentent  qno  des  surfftees 
planes.  Quelque  nombreuses  qae  soient  les  bachttres  dont  on  les  ebarye, 
quand  il  s'agit  d'an  terrain  aussi  eoupé  que  celui  de  la  Haute-Loire,  il  est 
difficile  d'en  faire  ressortir  les  inégalités  et  ii  peu  près  impossible  d*indiquer 
leurs  différences  relatives.  Un  plan  eu  relief  ûevient  dors,  en  quelque  sorte, 
nécessaire  pour  donner  une  parfaite  intellifence  de  la  forme  du  sol.  » 

Le  desideratum  de  Deribier  est  donc  accompli  aujourd'hui,  grAce  h  M.  Ma- 
l^gIle. 


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FÉTRfKR.  Si9 

d'hai  an  f7  février  :  la  France  est  envahie;  Paris  a  ca- 
pitale ;  depols  six  mois  toutes  ses  pensées  ont  été  à  la 
guerre  ;  mais  la  science  ne  s'est  pas  laissée  distraire  : 
Paris  anx  abois  envoyait  par  ballons  des  émissaires  étu- 
dier Téclipse  du  mois  passé  ;  et  dans  nos  montagnes,  tan- 
dis  que  notre  Société  continuait  de  tenir  se3  réunions, 
l'un  de  ses  membres  les  plus  zélés,  M.  Malégue,  accom- 
plissait un  travail  réputé,  jusqu'à  ce  jour,  presque  im« 
praticable,  surtout  pour  un  pays  aussi  accidenté  que  le 
nAtre.  > 

Après  cette  digression  justifiée  par  Taccomplissement 
d'une  œuvre  mémorable  et,  «  comme  la  France  sait  les 
enfanter  dans  ses  douleurs,  »  M.  Mauras  n'hésite  pas  à 
dire  que  le  grand  travail,  entrepris  par  M.  Malëguepour 
notre  déparlement,  sera  exécuté  partout,  lorsqu'il  sera 
connu.  Il  répond  à  trop  de  besoins,  il  simplifie  trop  de 
problèmes  pour  ne  point  avoir  bientôt  un  grand  reten* 
tissement* 

Enumérer  tous  les  services  qu'il  est  appelé  à  rendre 
est  chose  presque  impossible  :  au  point  de  vue  militaire, 
il  facilite  beaucoup  l'étude  de  la  science  topographique 
et  met  sous  les  yeux  du  chef  un  champ  de  manœuvre  d'en- 
viron 5,000  kilom.  carrés  que  son  œil  peut  embrasser 
d'ensemble  et  jusque  dans  ses  plus  faibles  saillies.  Sous  le 
rapport  économique  et  social,  qui  ne  voit  combien  cette 
carte  sera  utile  dans  bien  des  questions  d'intérêt  pu- 
blic :  opérations  cadastrales,  travaux  si  divers  de  la  via- 
bilité, régime  des  cours  d'eau,  conduites  d'eaux,  reboise* 
menls,  etc.?  Aux  points  de  vue  agricole  et  industriel,  ce 
relief  nous  apprendra  ft  combiner  rapidement,  et  avec 
économie,  de  vastes  systèmes  d'irrigation  et  rétablisse*^ 


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220  RÉSUME  DES  SEANCES. 

ment  d'osines;  en  même  temps  qu*il  nons  permettra  de 
dresser  nne  carte  agronomique,  complète  dans  tous  ses 
détails,  avec  les  indications  propres  à  nos  cultures  va- 
riées, aux  expositions  et  autres  conditions  cUmatëri- 
ques,  aux  altitudes,  etc. 

La  science  géologique  qui,  aujourd'hui,  se  rattache 
intimement  à  Tagricullure,  n'empruntera  pas  un  moin-< 
dre  secours  à  l'œuvre  de  M.  Malègue.  Qui  ne  sait  com- 
bien est  insulEsante  une  carte  géologique  plane  qui,  ne 
pouvant  retracer  que  les  terrains  superficiels,  nous  laisse 
ignorer  souvent  ceux  qu'ils  recouvrent?  Le  relief, 
en  donnant  les  pentes  des  monts  et  des  collines,  pourra 
jusqu'à  un  certain  point  comporter  des  indications  d'af- 
fleurements qui  révéleront  à  l'observateur  des  terrains 
sous-jacents  et  parfois  aussi  des  mines  en  filons  ou  en 
amas  plus  ou  moins  exploitables.  Que  d'études,  de  vues 
nouvelles  et  instructives,  n'éveillera  pas  la  structure 
physique  de  nos  montagnes  pour  l'explication  de  leur 
origine  par  voie  de  soulèvements  ou  par  toute  autre 
cause  ! 

La  météorologie,  qui  n'intéresse  pas  moins  l'agricul- 
ture, nous  révélera  peut-être  aussi,  par  la  direction  et 
les  hauteurs  de  nos  chaînes  de  monts,  quelques-unes 
des  lois  qui,  dans  la  contrée,  régissent  les  orages  et  les 
variations  de  température. 

Parlerons-nous  de  la  botanique  et  de  la  zoologie  qui 
puiseront,  dans  l'observation  des  diverses  altitudes,  de 
précieux  renseignements  sur  les  stations  diverses  des 
plantes,  sur  les  habitats  de  tous  les  êtres  utiles  eu  nui- 
sibles qui,  à  divers  degrés  de  l'échelle  animale,  peuplent 
nos  campagnes? 


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FÉVRIER.  2î\ 

La  représentation  réelle  de  la  conQguration  da  pays 
n*èst-elle  pas  appelée  aussi  à  fournir  de  précieuses  res- 
sources à  rhistoire  et  à  l'archéologie?  Les  aggloméra- 
lions  d'habitants  sur  divers  points  de  notre  sol,  soit  que 
l'esprit  se  reporte  jusqu'aux  temps  les  plus  reculés  de 
leur  origine,  soit  qu'il  se  préoccupe  des  causes  qui,  suc- 
cessivement, les  ont  développées;  les  établissements  ci- 
vils, militaires  et  religieux  qui,  depuis  les  temps  préhis- 
toriques et  gaulois  jusqu'à  nos  jours,  se  sont  implantés 
sur  notre  sol,  monuments  mégalithiques,  bourgades  et 
oppida  gaulois,  villes,  stations  et  camps  romains,  châ- 
teaux et  monastères  du  moyen  ftge,  se  lient,  sans  aucun 
doute,  à  la  situation  des  lieux  où  l'histoire  nous  les  si- 
pale.  Les  relations  des  peuplades  entr'elles  et  les  évé- 
nements qui  s'y  rattachent  se  motivent  aussi  par  les 
voies  de  communication  établies,  elles-mêmes,  suivant 
les  conditions  topographiques  et  on  s'expliquera  ainsi 
parfaitement,  &  l'inspection  de  la  carte  en  relief,  ces  ré- 
seaux de  voies  antiques,  dites  estrades,  dont  on  ne  sau- 
rait méconnaître  l'existence  dans  la  longue  succession 
de  tous  les  ftges  historiques.  Espérons  donc  aussi  qu'à 
l'aide  de  l'œuvre  de  M.  Malëgue,  nous  aurons,  un  jour, 
une  carte  historique  et  archéologique  du  département. 

Après  avoir  énuméré  ainsi  quelques-uns  des  points 
de  vue  principaux  qui  rendent  si  précieuse  une  bonne 
carte  en  relief,  H.  Mauras  propose  non-seulement  que  la 
Société  exprime  à  H.  Malègue  sa  vive  reconnaissance, 
mais  encore  qu'elle  le  prie  de  faire  au  plus  tôt  un 
moule  et  un  tirage  spécial  d'épreuves  de  sa  carte,  avec 
zones  d'altitude  en  gradins,  exécutés  aux  frais  de  la 
Société,  ainsi  qu'il  a  été  décidé  à  la  séance  de  décem- 


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222  RÉSUMÉ   DRS  SÉANCES. 

bre  4870.  Les  exemplaires  qu'on  en  tirera,  d'une  part, 
consacreront  le  mode  ingénieux  appliqué  par  notre 
confrère  à  Tinterprétation  des  lignes  ou  zones  d'altitude 
de  la  carte  du  dépôt  de  la  guerre,  et  d'autre  part,  ils 
seront  d'une  grande  utilité  pour  certaines  études  scien- 
tifiques que  faciliteront  ces  mêmes  gradins  d'altitude. 

L'assemblée  témoigne  unanimement  qu'elle  s'associe 
au^  propositions  énoncées  par  notre  confrère,  M.  Mau- 
ras.  En  conséquence,  H.  le  Président  exprime  à  M.  Ma* 
lègue  les  remerctments  de  la  Compagnie  pour  le  zèle 
actif  et  intelligent  qu'il  a  consacré  à  la  proippte  exécu- 
tion de  la  carte  en  relief  du  département,  et  rappelle  le 
vote  de  la  Société  pour  la  confection  d'un  moule  du  spé- 
cimen à  zones  en  gradins.  Il  ajoute  que  si  la  Compagnie 
fait  l'avance  des  fmis,  c'est  dans  l'espoir  que  le  Conseil 
général  lui  en  tiendra  comptai  dans  le  chiffre  de  nos 
allocations,  en  considérant  que  l'intérêt  de  cette  œuvre 
s'étend  ^  tout  le  département. 


AÉROMAViGATioN.  —7  Système  d'aérostat  de  M.  Mie- 
aiollo.  —  Notre  compatriote,  H.  MiccioUo-Picasse, 
qui,  dans  la  précédente  séance  de  la  Société,  avait 
ë(é  entendu  au  sujet  du  ballon  anermastatique  dont 
i(  est  l'inventeur,  est  admis  à  fournir  de  nouvelles 
explications  concernant  c-et  appareil.  M.  Hicciollo  in- 
forme la  Société  que,  depuis  notre  dernière  réunion,  ii 
a  fait  le  voyage  de  Bordeaux  pour  soumettre  soa  projet 
d'aérostat  à  la  Commission  scientiflque  instituée  par  le 
gouvernement.  Les  conclusions  du  rapport4e  cette  Com* 
mission  relatent  le  bon  94^cueil  qui  lui  ^  $té  fait.  Toute-» 


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PÉVRIER.  i23 

fois,  couine»  restriclioos,  qui  y  soat  pontenues,  don* 
nent  lieu  à  notre  compatriote  de  les  réfuter  (4). 

M.  Gillet-Paris  les  dicule  également,  et  H.  le  Prési- 
dent^ au  nom  de  la  Société,  félicite  M,  Micdollo  pour  ce 
nouveau  témoignage  de  sa  persévérance,  et  l'engage  à 
continuer  ses  recherches,  dans  la  but  de  sanctionner  sa 
découverte  par  une  appliciition  prochaine. 


PERftOHNEL.  *-  4}ourMment  de  l'élection  des  pré-^ 
sidents  de  la  Société.  —  M.  le  Président  donne  lecture 
d'une  lettre  qu'il  avait  écrite  avant  la  dernière  séance 
pour  présenter  à  la  Société  la  situation  des  divers  ser-> 
vices.  Il  ajoute  que,  les  président  et  vice-président  étant 
arrivés  au  terme  de  leur  mandat,  il  va  être,  confor- 
mément à  Tordre  du  jour,  procédé  à  une  nouvelle  élec- 
tion. H.  de  Brive  déclare  que  sa  santé  ne  lui  permet 
plus  de  conserver  la  présidence. 

Plusieurs  membres,  se  faisant  les  interprètes  de  la 
Compagnie  entière,  font  ressortir  les  graves  inconvé- 
nients que  présenterait  le  renouvellement  des  présidents 
de  la  Société  dans  la  crise  actuelle;  ils  font  appel  au  clé- 
vouement  patriotique  de  M.  de  Brive,  pour  qu'il  conti- 
nue à  donner  à  nos  travaux  une  direction  si  expérimen- 
tée, si  active,  si  conforme  aux  besoins  et  à  l'intérêt  de 
la  Société.  Sur  l'insistance  unanime  de  ses  confrères, 


(1)  La  décision  de  la  Commission  sciantiQqac  de  Bordcaax,  en  ddtc  du 
3  février,  et  les  observations  de  M.  Miccioilo  sont  consignées  dans  le  me- 
moire  imprimé  qai  est  mentionné  en  note  a.  la  page  307  da  présent  volume 
des  ÀnnâleS' 


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224  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

M.  de  Brive  consent  à  rester,  encore  pendant  quelques 
mois,  chargé  de  la  présidence. 

Décès  de  M.  le  baron  de  Veyrac,  membre  honoraire. 
—  M.  le  Président  communique  à  la  Société  la  perte  ré- 
cente de  Tun  de  ses  membres  honoraires,*  H.  le  baron 
Théodore  de  Veyrac,  ancien  maire  du  Puy,  chevalier 
de  la  Légion  d'honneur,  qui  avait  contribué  à  la  créa- 
tion de  la  Société  et  du  Musée,  et  n'avait  cessé,  dans 
toutes  les  occasions,  de  nous  donner  des  preuves  de  sym- 
pathie. 

La  Compagnie  s'associe  unanimement  aux  regrets  ex- 
primés par  M.  le  Président. 

L'ordre  du  jour  étant  épuisé,  la  séance  est  levée  à  six 
heures. 

Le  Secrétaire, 
AuG.  CHASSÂING. 


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SÉANCE  MENSUELLE 

DU  JEUDI  6  MARS. 


80MMA1BB 

Lecture  da  procès-vcrbah  —  MustfE  :  Dons  de  coquilles  fossiles  et  de  mé- 
dailles, par  M.  Lascombe.  Vœa  de  la  Société  ponr  qne  certaines  salles  da 
Masée  qni,  pendant  la  guerre,  ont  senri  k  loger  les  gardes  mobiles,  soient 
rendoes  k  leor  destination  et  réparées  par  Tadministiation  municipale. — 
OaYiAGBS  niçus  :  Mémoires  sur  des  cultures  exceptionnelles  ;  sélection  des 
graines  derers  k' soie,  opinion  de  M.  Pasteur  li  ce  sujet,  observations  pré- 
sentées par  M.  de  Montalet-Alais  et  Alcide  Maaras.  Ouvrage  do  M.  Bé- 
ebardsur  les  États  de  Languedoc;  souscription  de  la  Société  ï  ce  livre.— 
CoMMuiricinoifs  :  Bapport  de  M.  Nicolas  sur  la  température  exceptionnelle 
de  riiiver  dernier.  Bemarques  de  MM.  Aymard  et  Martel  sur  les  essences 
d'arbres  et  d'arbustes  qui  ont  résisté  aux  froids  de  cet  biver.  Fouilles  arebéo. 
logiques  dans  le  sol  de  la  rue  Panessac;  communication  de  M.  Aymard  rela- 
tive k  ces  recherches. 


Présidence  de  M.  de  Brive. 

A  trois  heures  la  séance  est  ouverte. 

Le  procès-verbal  de  la  dernière  réunion  est  lu  el 
adopté. 

TOME  XIXU  15 


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226  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

MUSÉE. 

Dons.  —  Objets  d'histoire  naturelle.  —  M.  Lascombe 
offre,  ponr  les  coUeetiODs  d'histoire  naturelle  et  d'ar- 
chéologie,  plosiears  coquilles  marines  fossiles  du  terrain 
tertiaire  et  diverses  monnaies  romaines  et  étrangères. 

Des  remerclments  sont  votés  à  notre  généreux 
confrère.* 


BBOR6Àiii$iTioif  w  NusÉB.  —  H.  le  Président  Signale 
à  la  Société  l'état  fâcheux  des  galeries  du  Musée,  les- 
quelles avaient  été  converties  en  caserne  et  livrées  à 
la  garde  mobile  ;  ces  salles  ont  reçu  des  dégradations  et 
il  serait  urgent  qu'elles  fussent  réparées  et  rendues  à 
leur  destination  par  la  réinstallation  des  tableaux ,  des 
statues,  des  collections  agronomiques,  etc.  M.  le  Prési^ 
dent  exprime  l'espoir  que  l'administration  municipale, 
sur  les  ordres  de  laquelle  ces  galeries  ont  été  détour- 
nées provisoirement  de  leur  destination,  prendra  à  sa 
charge  les  dépenses  qu*entralneront  leur  restauration 
et  le  replacement  des  collections. 


OUVRAGES  REÇUS. 

Les  cruelles  épreuves  que  traverse  notre  patrie  né 
pouvaient  manquer  d*exercer  un  contre-coup  fatal  sur 
les  travaux  des  Sociétés  savantes.  Le  nombre,  encore 


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MARS.  227 

trës-restreint  des  pablicalions  parvenues  à  la  Compa- 
gnie, durant  le  mois  dernier,  en  est  la  preuve. 


AfiBiCDLTUBE.  —  Cultures  exeeption/nelles,  •-  Le 
Journal  d'agriculture  pratiqua  pour  le  Midi  de  la 
France  contient  un  travail  intéressant  sur  les  mesures 
urgentes  à  prendre  par  les  éleveurs  et  producteurs  de 
la  région  agricole  du  sud,  pour  conjnrer  les  dangers 
d'une  crise  alimentaire.  Quoique  la  région  à  laquelle 
ces  instructions  s'adressent,  présente  une  notable  diffé- 
rence avec  la  nôtre  au  point  de  vue  de  sa  constitution 
géologique,  du  climat  et  des  cultures,  un  certain 
nombre  de  ces  recommandations  peuvent  s'appliquer  à 
la  Haute-Loire. 

Le  premier  point  est  de  suppléer  au  temps  :  dans  ce 
but,  il  importe  de  faire  violence  aux  assolements  pour 
leur  demander  les  produits  alimentaires  les  plus  promp- 
tement  réalisables.  Outre  le  blé  de  printemps  dit  de 
mars  que  nombre  de  départements  se  disposent  à  semer, 
les  pommes  de  terre,  le  mais,  Torge,  Tavoine,  le  sarrasin , 
les  légumes  secs  de  toute  espèce,  fourniront  le  moyen 
de  contribuer  plus  efficacement  à  prévenir  la  disette.  S'il 
est  nécessaire  d'augmenter  les  ensemencements,  comme 
ce  n'est  pas  tant  ce  que  Ton  sème  que  ce  que  l'on  fume  qui 
produit,  il  est  essentiel  de  tie  laisser  ni  une  parcelle  de 
terre  ni  une  seule  résern^  de  matière  fertilisante,  sans 
les  remettre  immédiatem^t  dans  la  drculation  organi^ 
que.  Que  les  mousses,  les  fougères,  les  feuilles  et  les 
menijLs  débris  des  bocages  et  des  bois  soient  convertis 
en  litière;  qnie  ies  teprres  des  cbemins,  des  mares,  des 


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228  nÉsu5iÉ  DES  séances. 

fossés,  les  terreaux  de  toute  nature  soient  minutieuse- 
ment recueillis;  que  le  sol  des  étables  et  des  bergeries, 
défoncé  à  toute  profondeur,  livre  les  sucs  nourriciers 
qu*il  contient.  Que  la  chaux,  la  marne,  le  plâtre  et  les 
plâtras  complètent  les  fumiers  ;  ils  sont  les  palliatifs  des 
grandes  sécheresses  comme  des  humidités  excessives  ; 
que  le  sel  dénaturé,  les  déchets  des  fabriques  de  laina- 
ges, cuirs,  etc.,  la  suie,  les  cendres  lessivées,  les  résidus 
de  forge,  les  scories  de  fonderie,  la  tannée,  le  noir  ani- 
mal et  les  os  concassés  soient  mis  à  contribution.  Leurs 
effets  sont  aussi  sûrs  qu'exclusifs  de  mauvaises  herbes  ; 
que  Tengrais  humain,  le  guano  et  les  engrais  chimiques 
soient  surtout  employés  en  couverture  sur  les  blés  plà  • 
ces  en  terre  maigre. 

Quant  au  bétail  dont  la  cherlé  sera  inévitable,  il  fau- 
dra  bien  se  garder  de  négliger  ou  de  réduire  la  pari  du 
sol  cultivé  qui  lui  est  destinée.  Que  les  agriculteurs  ré- 
sistent à  la  tentation  de  se  défaire  de  leurs  reproduc- 
teurs, surtout  de  leurs  génisses,  à  quelque  prix  que  ce 
soil;*  qu'ils  soignent  mieux  leurs  bergeries  dont  les  bre- 
bis seront  certainement  appelées  à  concourir  au  repeu- 
plement de  celles  des  pays  dévastés  par  la  guerre.  Pour 
la  production  animale  comme  pour  celle  des  grains,  la 
précocité  des  espèces  est  une  qualité  dont  il  faut  savoir 
tirer  parti.  Que  les  agriculteurs  se  rappellent  la  fécondité 
de  la  truie  et  la  précocité  des  races  porcines.  Aucune 
race  ne  permettra  d'apporter  plus  vite,  à  la  consomma- 
tion de  la  viande  de  boucherie,  l'appoint  qui  menace  de 
lui  manquer. 

Plus  que  jamais  il  faut  donner  à  la  basse-cour  l'im^ 
portance  et  les  soins  intelligents  qu'elle  mérite;  forcer 


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MAns.  329 

la  prod action  du  laitage»  de  la  volaille  et  des  œafs;  dé- 
yelopper  la  faculté  productrice  de  la  poule  par  des  ali- 
ments chauds  et  anirnalisés»  multiplier  les  couyées,  abri- 
ter chaudement  les  poussins  dans  le  premier  âge  ;enfln» 
qu'une  assistance  mutuelle  dont  nos  populations  rurales 
ont  déjà  pris  la  touchante  initiative,  donne  aux  champs 
des  absents  les  façons  nécessaires  pour  assui^r  les  se- 
mailles du  vieillard,  de  la  veuve  et  des  orphelins,  vie* 
limes  désolées  de  nos  désastres  publics. 

Sélection  de  graines  de  «en  à  soie.  —  Une  bro- 
chure de  H.  Pasteur,  de  TÂcadémie  des  sciences,  relate 
les  résultais  que  ce  savant  a  obtenus  par  la  sélection 
des  graines  de  vers  à  soie  ;  son  système  consiste  à  étu-  ' 
dier  au  microscope  les  œufs  et  à  n'employer  à  Téclo- 
gion  que  ceux  qui  lui  paraissent  parfaitement  sains, 
c'est-à-dire  ceux  surtout  qui  sont  exempts  de  cette  petite 
lâche  noirâtre  que  Ton  retrouve  ensuite  sur  les  indivi- 
dus éclos  et  dont  le  développement  forme  la  maladie 
qni  a  ruiné  nos  magnaneries.  D'après  M.  Pasteur,  les  ré- 
sultats auxquels  il  est  arrivé  par  ce  moyen  seraient 
trôs-salisfaisanls,  et  il  engage  vivement  les  séricicul- 
teurs à  y  recourir. 

Notre  confrère,  M.  de  Montalet-Alais,  l'un  des  éle- 
veurs les  plus  autorisés  du  Midi,  conteste  l'exactitude 
de  ces  brillants  résultats  ;  à  ses  yeux,  on  laisserait  un 
peu  trop  dans  l'ombre  les  non-réussites  pour  ne  s'atta- 
cher qu'aux  succès. 

M.  Âlcide  Maures  croit  que  l'existence  sur  les  œufs 
d'une  petite  tache  noirâtre  indique  simplement  que  la 
maladie  a  déjà  commencé.  M.  Pasteur  a  donc  raison  de 


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330  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

proscrire  ces  œtifs  déjà  malades;  c'est  an  élément  sérieux, 
mais  non  absoln  de  succès,  car  la  maladie  qui  attein. 
lesrers  à  soie,  est  le  produit  de  Tôducation  elle-même 
telle  qu*elle  est  pratiquée  aujourd'hui.  Plusieurs  causes 
déterminent  cette  maladie  :  d'abord  Tagglpmération  d'un 
grand  nombre  d'individus  dans  les  mêmes  locaux  ;  en- 
suite la  nature  de  Talimentation  faite  uniquement  en 
vue  du  rendement  de  la  soie,  c'est-à-dire  l'emploi  de  la 
feuille  fournie  par  des  mûriers  greffés,  feuille  trop  sub^^ 
slanlielle  pour  des  animaux  qui  déjà,  par  des  soins  ex- 
cessifs ,  ont  été  trop  éloignés  de  leur  état  de  nature. 

Comme  conclusion,  M.  Alcide  Mauras  croit  que  les  édii^ 
cations  de  vers  àsoie  devraient  être  faites  en  double^.l'une 
ayant  pour  objet  la  production  exclusive  de  lasoie,  et  Tau- 
tre  en  vue  de  la  production  de  la  graine.  Dans  le  premier 
cas,  des  insectes  seraient  nourris  avec  de  la  feuille  de  mû- 
riers greffés,  dans  un  milieu  chaud,  en  favorisant  au- 
tant que  possible  leur  développement  et  leur  engraisse- 
ment; dans  le  second,  les  insectes  d&vraient  être  nourris 
en  entier  de  feuille  sauvage  et  placés  dans  un  milieu  se 
rapprochant  le  plus  possible  de  l'état  de  nature. 

M.  de  Montalet-ÂIais  se  rallie  avec  empressement 
à  l'opinion  de  H.  Alcide  Mauras,  qui  lui  paraît  très-* 
rationnelle. 


Histoire.  —  Us  États  de  Languedoc.  —  Le  jour- 
nal la  Décentralisation  a  récemment  publié  un  compte- 
rendu  du  livre  de  Hé  F.  Béchard  concernant  les  Etats 
dé  Languedoc.  Sur  la  proposition  de  H.  le  Président, 
la  Société  décide  l'acquisition  de  cet  ouvrage^ 


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MARS.  tai 


COMMUNICATIONS. 

MÉTÉOROLOGIE.—  Température  de  Vhiter  dernier. 
*-  M.  Nicolas  lit  le  résumé  saivant  des  observations 
qnll  a  faites  au  stijet  de  la  température  exceptionnelle 
de  l'hiver  dernier  : 

Notes  météobolooiques  svb  les  mois  de  décembre  1870, 

JANVIBA   ET   FÉVRIEA    1871. 

Mais  de  décembre  1870. 

Sous  le  rapport  météorologique,  le  mois  de  décembre  peut 
être  divisé  en  trois  périodes.  La  première,  qui  comprend  les 
onze  premiers  jours,  a  été  caractérisée  par  un  froid  intense; 
dans  cette  période,  la  température  est  descendue  à  —  14* 
et  la  moyenne  a  toujours  été  au-dessous  de  séro^  La  deu- 
xième s'étend  du  12  au  22  décembre  ;  ces  quelques  jours 
ont  été  plus  doux,  la  température  minima  s'est  maintenue 
assez  élevée  et  il  n'y  a  eu  que  de  faibles  gelées.  Mais  pen- 
dant la  troisième,  qui  comprend  les  neuf  derniers  jours,  il 
y  a  eu  une  telle  recrudescence  de  froid  que  la  température 
minima  s'est  abaissée,  le  28  décembre,  jusqu'à  25^,5  au-des- 
sous de  zéro  ;  et  à  partir  du  25,  il  est  tombé  une  telle  quan- 
tité de  neige  que  les  voies  de  communication  ont  été  inter- 
ceptées sur  bien  des  points.  Dans  certains  endroits,  on  a 
mesuré  jusqu'à  0^,hOàe  neige  en  rase  campagne. 

En  résumé,  ce  mois  a  été  très-rigoureux  et  n'a  permis 
au  cultivateur  de  s'occuper  des  travaux  préparatoires  aux 
ensemencements  de  printemps  qu'à  de  rares  intervalles. 


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i^î  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES 

Températures  moyennes  de  décembre.  . . .} 


à  minima.  —    7*,0 
à  maxima.  —    CM 
Tempéralure  moyenne  du  mois —    3''.5 

{maximum  le  15 16%9 
mmimum  le  28 —  2d''.o 


La  quantité  d'eau  fournie  par  la  fonte  des  neiges  est  de 
43"»»,  1. 

Mois  dô  janvier  1871. 

Si  le  mois  de  décembre  s'est  signalé  par  une  grande  abon- 
dance de  neige  et  par  des  températures  heureusement  rares 
dans  nos  pays,  janvier  n*a  pas  été  moins  rude  :  la  neige  a 
persisté  et  tous  nos  cours  d'eau  sont  restés  complètement 
gelés  jusqu'à  la  un  du  mois.  Cependant  nous  devons  dire 
que,  vers  le  16,  il  est  survenu  un  vent  du  sud  assez  fort  qui 
a  fait  espérer  un  instant  le  dégel  ;  mais  cette  température 
relativement  douce  qui  a  fait  disparaître  un  peu  de  neige 
sans  découvrir  le  sol,  ne  s'est  maintenue  que  pendant  deux 
jours.  Pendant  ce  temps,  le  vent  a  formé  sur  les  voies  de 
communication  des  amas  de  neige  qui  ont  amené  des  pertur* 
bâtions  dans  le  service  des  courriers  ;  après  cette  bourras- 
que, le  froid  a  repris  son  intensité  et  a  persisté  jusqu'à  la 
fin  du  mois.  Enfin,  le  31  janvier,  le  vent  du  sud  a  recom* 
mencé  à  souffler,  et  il  faut  espérer  qu'il  nous  amènera  la 
fin  de  l'hiver,  tant  désirée  pour  les  besoins  de  notre  pays. 

Nous  n'avons  rien  à  dire  des  travaux  agricoles  qui  ont 
été  complètement  nuls  en  janvier,  et  nous  ne  pouvons  rien 
présager  sur  l'avenir  des  récoltes.  Nous  pensons  cependant 
que  la  neige  et  les  gelées  peuvent  exercer,  comme  toujours, 
une  influence  salutaire  sur  le  sol  et  contribuer  à  la  destruc- 
tion de  certains  insectes  nuisibles;  non-seulement  elles  fa- 


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MARS.  233 

vorisent  l'aineublissement  de  la  couche  arable;  mais  encore 
la  fonte  des  neiges  donne  au  gazon  une  force  de  végétation 
bien  connue  de  nos  cultivateurs  de  la  montagne  qui  disent 
que  la  neige  fait  le  foin.  Espérons  donc  que,  sous  le  man- 
teau préservateur  qui  les  recouvre  encore,  nos  céréales  d'hi- 
ver auront  conservé  toute  leur  vigueur.  Seulement  il  est  à 
craindre  que  la  vigne  et  certains  arbres  fruitiers,  tels  que 
les  noyers^  aient  eu  beaucoup  à  souffrir  des  températures 
excessives  que  nous  avons  endurées. 

L'hiver  de  1870  à  1871  peut  être  considéré  comme  l'un 
des  plus  rigoureux  que  nous  ayons  eu  depuis  près  d'un 
demi-siècle.  Il  faut,  en  effet,  remonter  à  l'année  1829  pour 
retrouver  des  froids  aussi  intenses  que  ceux  qui  ont  sévi  de- 
puis deux  mois  dans  nos  contrées.  Des  recherches  récentes 
tendent  à  démontrer  que  les  hivers  rudes,  comme  les  inon- 
dations, reviennent  à  des  périodes  à  peu  près  fixes,  et  qu'ils 
se  reproduisent  à  des  intervalles  d'environ  quarante  ans  ; 
témoins  les  hivers  de  1789,  de  1829  et  de  1870-71. 


( 
Températures  moyennes  de  janvier j 


à  minima.    —    8*,3 

à  maxima.  —    0».3 

Température  moyenne  du  mois —    4%2 

(  maximum  le  20 7'*,4 

Températures  extrêmes... <     .  .          ,    „  ^^  ^ 

'^  (  mmimum  le  3 —  22%3 

La  quantité  d'eau  fournie  par  la  fonte  des  neiges  est  de 

Mois  de  février  1871. 

ià  minima.  —    0*,7 
à  maxima.         Q^.S 
Température  moyenne  du  mois 4%6 


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Î3i  RÉSUMÉ  DBS  SÉANCES. 


_       .  ^1  maximum  le  29 

Températures  extrêmes... {  ,    .^ 

(  mmimum  le  13 

La  quantité  d'eau  tombée  dans  le  mois  est  de  5""",6 


19M 

-  e*,4 


Arboriculture.  —  Es$enc€$  ayant  réiiêté  aux  froids 
de  l'hivir.  —  M.  Aymard  fait  observer  que  le  froid 
extraordinaire  qui  a  séri  cet  hiver,  fonniit  à  la 
Société  un  critérium  important  dans  le  choix  des  ar- 
bres et  arbustes,  principalement  ceux  à  feuilles  persis- 
tantes appropriés  soit  à  la  silviculture,  soit  à  l'orne- 
mentation des  jardins  d*hiver,  dont  Tacclimatation  ou 
la  culture  doivent  être  encouragées,  en  tenant  compte 
des  essences  qui  ont  plus  ou  moins  résisté  aux  effets  de 
la  gelée.  Notre  confrère,  bien  qu*il  ait  constaté  déjà  que 
certaines  espèces  d*arbres  et  d*arbustes  ont  été  préser- 
vées et  que  d'antres  semblent  avoir  beaucoup  souffert, 
ne  croit  pas  devoir  condamner  ces  dernières  à  disparaî- 
tre de  nos  bois  et  jardins.  Dans  certaines  conditions  dif- 
férentes de  celles  où  il  a  observé  ces  essences,  celles-ci 
peuvent  avoir  résisté.  En  outre,  la  saison  n'est  pas  assez 
avancée,  pour  qu*on  ne  puisse  espérer  qu'au  moins 
quelques  arbustes,  ayant  été  abrités  au  pied  par  une 
couche  de  neige,  fourniront  des  rejets. 

Il  semble,  dès  lors,  que  la  Société  doit  solliciter,  au- 
près de  nos  confrères  et  autres  personnes  compétentes, 
des  observations  qtii,  d'ailleurs,  ne  pourront  être  exac- 
tement fournies  que  dans  quelques  mois. 

M.  le  docteur  Martel  signale,  comme  ayant  résisté 
dans  son  jardin,  diverses  sapinettes,  les  genévriers  de 


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MARS.  235 

Virginie  et  antres,  les  thnyas,  buis  panachés  et  antres, 
les  mahonias. 

il  a  perda  des  ifs  qui  avaient  yingt-cinq  ans,  nn  cèdre 
de  l'Atlas  du  même  âge,  des  houx  panachés,  des  buis  de 
Mahon,  des  lierres  à  larges  feuilles. 

Trente-cinq  rosiers  ont  péri  ;  il  n'a  pu  sauver  que 
deux  de  ces  rosiers  à  haute  tige  :  le  Lion  des  com- 
bats  et  le  général  Jacqueminoê. 

H.  Martel  ajoute  que,  parmi  les  sujets  qui  ont  péri, 
les  uns  étaient  à  l'aspect  du  nord,  d'autres  à  l'aspect  du 
midi. 

M.  Aymard,  sous  les  réserves  qu'il  a  déjà  faites,  re* 
marque  cependant  que,  dans  le  jardin  public,  les  épi- 
céas, mélèzes,  pins  d'Autriche,  le  pin  sappo,  etc.^ 
plantés,  il  y  a  plusieurs  années,  par  la  Société^  sem- 
blent avoir  résisté.  Il  en  est  de  môme  de  quelques  es- 
sences placées  dans  ce  jardin  lors  de  sa  création  plus 
récente.  Tels  sont,  par  exemple,  les  cèdres  exposés  au 
nord,  près  du  Musée,  tandis  que  d'autres  qui  étaient 
sur  d'autres  points  ont  beaucoup  souffert  et  périront 
probablement. 

AncHBOLOGiB.  —  Fouilles  dans  la  rue  PanéSsac,  au 
Pny.  —  M.  Aymard  informe  l'assemblée  que  les  travaux 
de  construction  d'un  canal  collecteur  d'égouts  qui ,  en 
\  869  et  \  870,  avaient  parcouru  le  sol  de  la  rue  Courrerie 
et  de  la  place  du  Plot,  ont  été  repris,  depuis  quelques 
jours,  dès  l'entrée  de  la  rue  Panessac.  Comme  précé- 
demment, ils  nécessitent  une  large  et  profonde  tranchée 
qui  est  déjà  ouverte  sur  une  certaine  longueur  et  sera 
continuée  jusque  vers  l'extrémité  ouest  de  la  rue. 


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i36  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

Notre  confrère  qui  a  signalé  à  la  Société,  dans  sa 
séance  de  juin  4870  (page  94  du  présent  volume),  le  ré- 
sultat de  ses  premières  et  curieuses  recherches  faites  à 
l'occasion  de  ces  mêmes  travaux  et  qui ,  en  1864 ,  nous 
*  vait  rendu  compte  d'une  autre  exploration  du  sol  de 
la  rue  Panessac  (i),  n'apporte  pas  moins  de  soins  à  re- 
cueillir les  révélations  archéologiques  que  ces  nouvelles 
fouilles  commencent  à  livrer  à  ses  études.  On  en  juge 
d'après  un  plan  qu'il  met  sous  les  yeux  de  rassemblée, 
ainsi  que  divers  objets  provenant  de  ces  fouilles ,  tels 
que  fragments  de  briques  et  de  tuiles  à  rebords,  de  po- 
teries très-variées ,  morceaux  de  marbre ,  d'enduits  de 
murs ,  un  fer  à  cheval  de  forme  antique ,  médailles  ro- 
maines, etc.,  le  tout  semblable  à  ce  que  l'on  trouve  ha- 
biluellement,  dans  des  travaux  analogues,  sur  d'autres 
points  de  la  ville.  Les  constatations,  déjà  effectuées  dans 
la  tranchée  ouverte  en  ce  moment,  promettent  donc  des 
découvertes  intéressantes  auxquelles  pourront  assister 
les  connaisseurs,  avertis  par  la  présente  communication. 

Notre  confrère  a  repris  l'examen  de  la  tranchée  au 
point  où  s'était  arrêtée  la  précédente  exploration.  A  ce 
sujet,  il  rappelle  qu'à  la  jonction  des  rues  Panessac  et 
Chènebouterie  et  de  la  place  du  Plot,  les  dispositions  du 
sol  ayant  dévoilé,  dans  un  assez  large  espace,  un  état  de 
remuement  du  sol  plus  ou  moins  postérieur  à  l'époque 
romaine,  ne  montraient  pas  d'indice  de  la  voie  antique 
observée  vers  l'entrée  est  de  la  rue  Courrerie.  Il  faut 
croire  que  cette  chaussée  avait  été  détruite,  là  comme 


(1)  Fouilles  au  Puy  et  recherches  historiques  sur  cette  ville,  aux  AnnûleM 
de  la  Sociale,  tome  xxvir,  p.  386. 


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MARS.  237 

dans  presque  tout  le  parcours  de  la  rue  Ck)arrerie ,  ea 
des  temps  fort  anciens,  c'est-à-dire  antérieurs  à  an  en- 
semble de  sépnltures  signalé,  au  même  endroit,  par 
notre  confrère  dans  son  précédent  rapport,  et  dont 
certaines  offraient  des  tombes  qaadrangulaires ,  larges 
du  haut  et  rétrécies  au  pied,  à  Texemple  de  celles  usitées 
vers  les  temps  mérovingiens  et  d'autres  pareilles  à  l'ex- 
térieur, mais  qui,  au  dedans,  en  différaient  un  peu  par 
la  présence  d'un  compartiment  carré  à  petit  gradin  en 
chevet  pour  la  tête  du  défunt. 

Immédiatement  après  cet  espace ,  ainsi  marqué  par 
des  modiflcations  successives  dans  la  conflguration  du 
sol,  les  sépultures  cessaient  à  l'entrée  de  la  rue  Panes- 
sac  où  Ton  vient  de  retrouver  des  indices  de  la  voie  an- 
tique assez  bien  caractérisée  par  une  ruderatio  à  peu 
près  complète  dans  tousses  éléments  romains.  C'est  vers 
cet  endroit  qu'on  avait  exhumé  précédemment  plu- 
sieurs médailles  romaines  en  bronze ,  dont  deux ,  remi- 
ses &  notre  confrère  par  les  ouvriers,  sont  présentées  à 
la  Société.  Celles-ci  sont  aux  effigies  des  empereurs  Ves- 
pasien  et  Trajan. 

Toutefois,  les  traces  de  cette  chaussée  n'existaient  que 
sur  un  faible  parcours;  après  quoi  les  caves  des  maisons 
voisines,  qui  pénétraient  sous  le  sol  de  la  rue,  n'en  ont 
laissé  voir  presqu'aucun  vestige  jusqu'en  regard  des 
maisons  portant  les  n"»  49  et  24 .  Là,  elle  a  été  bien  visi- 
ble sur  un  parcours  d'environ  40  mètres  dans  un  sol 
qui,  n'ayant  pas  été  remué  au  moyen  &ge  pour  des  con- 
structions de  caves,  n'a  subi,  depuis  l'époque  romaine, 
d'autres  changements  que  des  surélévations  successives. 

Les  caves  des  trois  maisons  n^  23  à  27  font  ensuite 


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238  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

disparaître  cette  antique  chaussée  qui  revient  au  jour, 
à  peu  près  intacte,  dans  un  sol  vierge  de  tons  remanie- 
ments, parallèlement  aux  maisons  m^  29  à  33.  C'est  là 
qu'on  peut  très-bien  l'observer  en  ce  moment  pendant 
que  la  tranchée  est  encore  ouverte  avec  une  profondeur 
de  3»,65. 

Notre  confrère  démontre ,  par  des  coupes  du  terrain 
qu*il  a  relevées  sur  plusieui*s  points  et  particulièrement 
en  cet  endroit,  qu'entre  le  pavé  actuel  de  la  rue  et  la 
chaussée  antique,  existent  deux  ou  peut-être  trois  lits 
de  remblais  ayant  ensemble  l'épaisseur  de  i'^,M ,  ainsi 
qu'il  l'avait  dit,  en  4864,  au  sujet  des  travaux  de  con- 
duite d'eau  des  fontaines.  Cette  chaussée  ou  agger,  dont 
l'épaisseur  totale  est  de  4  "",76  présente,  en  stratifica- 
tion très^régulière,  les  éléments  ordinaires  des  voies  les 
mieux  établies  suivant  les  règles  de  l'art,  sauf  le  pavé 
(summa  crusta)  qui  doit  avoir  été  enlevé  loi*s  du  pre- 
mier exhaussement  du  sol.  On  y  observe,  en  effet,  les 
couches  que  les  anciens  désignaient  sous  les  noms  de 
rudus,  nucleuê  et  statumen. 

Immédiatement  au-dessous  d'une  mince  couche  ar- 
gilo-sableuse,  sorte  de  mortier  qui  représente  probable- 
ment le  lit  de  pose  du  dallage  ou  de  la  gumma  crmta, 
se  montre  le  rudus  épais  d'environ  0^,16  et  formé 
d^un  mélange  de  petites  pierres  concassées,  de  cailloux, 
d'assez  nombreux  morceaux  de  briques  et  de  tuiles  épais- 
ses à  rebords,  parmi  lesquels  on  a  trouvé  aussi  quelques 
morceaux  de  poteries  également  antiques. 

Le  nucteus  est  un  simple  blocage  de  cailloux  et  de 
petites  pierres,  généralement  sans  débris  de  briques  on 
de  tuiles.  Son  épaisseur  est  de  O'^itii 


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HARS.  à39 

Le  siatumen  qui  constitae,  miyanl  Tosage,  la  base 
ou  fondalioD  de  Vagger,  de  constracUon  pins  soignée 
qu'on  robsenre  ordinairement,  comporte  trois  lits  bien 
distincts;  le  sapérienr,  de  sable  noir  blenâtre  on  détri- 
tus volcanique  qui,  n'étant  pas  un  sable  de  riyiëfe, 
doit  avoir  été  extrait  d'une  carrière;  le  deuxième, 
formé  de  pierres  basaltiques  assez  fortes,  à  vives  arê- 
tes et  rangées  à  sec  les  unes  à  côté  des  autres  ;  et  Tinfé- 
rieur,  qui  consiste  en  une  couche  de  terre  glaise  ou  ar- 
gile. Ces  trois  lits,  à  peu  près  d*égale  épaisseur,  ont 
ensemble  0"*,77. 

Tout  ce  systèitte  de  Vagger  repose  sur  de  la  terre  vé- 
gétale noire,  dans  laquelle  la  tranchée  a  pénétré  jusqu'à 
la  profondeur  de  0",45. 

La  présence  du  sol  végétal  au-dessous  de  la  voie  ro- 
maine,  sans  la  moindre  apparence  de  gravier  ou  de  cail- 
loutage  pouvant  indiquer  la  préexistence  d'une  route 
gauloise,  aurait  lieu  de  nous  étonner,  si  Ton  ne  connais- 
sait le  mode  de  coiistruction  perfectionnée  auqael  les 
anciens  donnaient  la  préférence,  en  certaines  circons- 
tances, notamment  à  Tintérieur  des  villes.  On  sait  que, 
pour  ces  voies  si  bien  établies,  ils  enlevaient  profondé- 
ment le  terrain  dans  toute  la  largeur  de  la  chaussée  (1); 
n  en  résultait  une  excavation  qui  était  comblée  par  des 
matériaux  de  choix,  habilement  stratifiés,  comme  Vag- 
ger de  la  rue  Panessac  en  offre  le  plus  remarquable 
exemple  qui  ait  été  observé  dans  notre  pays. 

M.  Aymard  termine  cet  exposé  en  disant  que  la  fouille 


(1)  Vo^ex  L.  Baduier.  aist.  de  l'êrt  mtnumental.  Paris,  1845,  p.  348 


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240  nÉSUME   DES  SÉANCES. 

a  parcouru  à  peine  la  moitié  de  la  longueur  de  la  rue. 
Après  rachèyement  des  trayaux,  il  fera  connaître,  dans 
un  rapport,  d'autres  particularités  que  révèlent  non* 
seulement  la  structure  de  la  voie  romaine  et  des  cou- 
ches de  remblai  qui  lui  sont  superposées,  mais  encore 
certaines  .substructions  et  la  présence  de  canaux  d'é- 
gouts  souterrains,  qui  semblent  assigner  à  quelques- 
unes  des  fondations  de  maisons  bordant  la  rue  une  ori- 
gine plus  ou  moins  reculée» 

M.  Aymard  reçoit  les  félicitations  de  l'assemblée,  vi- 
vement intéressée  par  ces  nouvelles  trouvailles  qui, 
rapprochées  de  celles  faites  précédemment  sur  d'autres 
points  de  la  ville  du  Puy,  contribuent  à  établir  l'antique 
origine  de  notre  cité. 

L'ordre  du  jour  étant  épuisé,  la  séance  est  levée  à 
cinq  heures. 

Le  Secrétaire, 
AuG.  CHASSAING. 


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SEANCE   MENSUELLE 

DU  LUNDI  3  AVRIL 


SOMMAIRE 

Lecture  du  proccs-verbal.  —  Mvêit  :  Dons  de  morceaux  de  poteries  romaines 
trouvés  il  Saint-Paulien,  par  M.  César  Falcon.  —  Ouvrages  reçus:  Engrais 
artiOciels  et  cullore  des  pommes  de  terre-  Peste  bovioe;  observations  de 
MM .  de  Brive,  Martel  et  Maaras.  Étiquettes  de  jardin.  Le  livre  de  M.  Bé- 
rbard  sur  les  Etats  du  Languedoc.  Brochure  biographique  sur  le  P.  Odo 
de  Gissevi  par  M.  La^combc.  Publication  des  budgets  départemental  et  mu- 
nicipal; réductions  sur  les  subventions  allouées  li  la  Société  en  1871.  — 
CoMMumcATioRS  .*  Secours  aux  agriculteurs  des  départements  envahis.  Etat 
des  semailles  du  printemps.  Ravage  des  légumes  par  l'insecte  dit/0  bruche; 
moyens  de  pré&enation  indiqués  par  M.  Plantade  et  d'antres  membres. 
Fouilles  archéologiques  dans  la  rue  Panessac.  Demandes  par  M.  Gillet- 
Paris  de  conserver  son  titre  de  membre  résidant,  bien  que  domicilié  pro- 
visoirement k  Lyon;  par  M.  Isidore  Hedde,  pour  recevoir  ce  titre  en 
échange  de  celui  de  non-résidant.  Candidature  au  même  titre,  de  M.  Jules 
de  La  Batic.  Ahscncc  de  certains  membres  aux  réunions  de  la  Société; 
renvoi  2i  la  prochaine  réunion,  de  l'exécution  du  règlement  i  ce  sujet.  Pu- 
blication du  XXX"  volume  des  Annales  de  la  Société. 


Présidence  de  M.  de  Brive. 

A  trois  heures,  la  séance  est  ouverte. 

Le  procès-verbal  de  la  précédente  réunion  est  lu  ei 
approuvé. 

TOME  XXXI.  ^fi 


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24^  RÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 


MUSEE: 


Dons.  —  Fragments  de  poteries  romaiiies  trouvés 
à  Saint'Paulien.  —  Sont  déposés  sur  le  bureau  cinq 
morceaux  de  poteries  romaine  trouvés  à  Saint-Paulien 
et  offerts  au  Musée  par  M.  César  Falcon. 

Ce  sont  des  fragments  de  vases  en  terre  rouge  lustrée, 
dite  samienne,  sur  lesquels  on  voit  des  sujets  décoratifs 
en  relief.  L'un  d'eux  offre  Testampille  de  l'atelier  de 
fabricalion,  ainsi  figurée  en  creux  sur  deux  lignes  : 


GN.ATTIVS 


HILARVS 


M.  Aymard  fait  remarquer  que  c'est  la  première  fois 
qu'oa  trouve  dans  notre  pays  une  marque  de  potier 
romain  ainsi  disposée  en  deux  lignes,  au  lieu  d'une  seule. 

M.  César  Falcon  reçoit  lesremerclmentsde  la  Société. 

OUVRAGES  REÇUS. 

Agriculture.  —  Engrais  a$fti/iciels  et  culture  des 
pommes  de  terre.  —  Le  Journal  d'agriculture  pro- 
gressive recommdindù:  1<>  pour  l'augmentation  du  produit 
des  céréales,  l'emploi  des  engrais  artificiels  et  composés, 
et  donne  un  tableau  proportionnel  de  ces  engrais  d'après 
leur  rendement;  ^  dans  la  culture  de  la  pomme  de  terre. 


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AVRIL.  U3 

l'efiSBuencemen t  précoce  comme  produisant  des  l'ésultats 
très-avantageux. 

Ces  deux  conseils,  que  les  misères  de  Tannée  précé- 
dente rendent  plus  que  jamais  utiles ,  ont  été ,  par  les 
«oins  du  Président  de  la  Société,  publiés  dans  le  jour- 
nal la  Haute^Lbire. 

Peste  bovine,  —  La  même  revue  agricole,  au  snjet 
de  la  situation  générale  de  Tagricalture,  fait  entrer  en 
compte ,  dans  le  bilan  de  nos  malheurs  publics,  Finva- 
sion  delà  peste  bovine.  Ce  fléau,  il  y  a  quelques  années, 
a  sévi  en  Angleterre  et  en  Belgique.  La  France  en  fut 
alors  préservée  ;  mais  cette  maladie,  endémique  dans 
les  contrées  du  Nord,  est  entrée  en  France  h  la  suite  des 
Prussiens.  Partout  des  mesures  sérieuses  étaient  à  pren- 
dre. Elles  l'ont  été  dans  un  département  voisin,  celui 
de  la  Loire.  Si  l'épidémie  ne  semblait  pas  avoir  été 
refoulée  en  Allemagne,  M.  le  Président  pense  qu'Userait 
urgent  de  provoquer  auprès  de  Fadministralion  dépar- 
tementale l'emploi  de  moyens  préventifs. 

A  cette  occasion ,  une  autre  question  est  soulevée  au 
sein  de  l'assemblée.  Les  animaux  atteints  de  la  i>este 
bovine  peuvent-ils  être  livrés  ii  la  boucherie?  Jusqu'à 
ce  jour  il  est  de  police  que  les  animaux  infestés  doivent 
être  enfouis,  la  peau  tailladée ,  afin  qu'ils  soient  sous- 
traits à  tous  usages.  On  n'en  a  pas  moins  émis  l'opinion 
que  la  chair  des  animaux  morts  de  ht  peste  bovine  se- 
rait d  une  complète  innocuité. 

Sur  ce  point,  M.  le  docteur  Martel  conteste  la  valeur 
de  Fasserlion  mise  en  avant  par  M.  Bouley ,  professeur 
à  l'école  vétérinaire  d'Alfort,  qui,  dit-il,  a  écrit  que  l'on 


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244  RÉStMÉ   DES   SKA.NCKS. 

pouvail  mettre  en  vente  la  viande  du  bétail  mort  de  la 
pesle  bovine.  Suivant  notre  confrère,  cette  doctrine  se- 
rait dangereuse,  et  la  question  de  la  non-innocuité  de 
.  cette  viande  a  été  plusieurs  fois  traitée  à  fond ,  notam- 
ment au  Congrès  scientifique  de  France-,  au  Puy,  en 
4855.  En  admettant  que  les  chairs  perdent,  par  Tébulli- 
tion,  leurs  principes  morbides,  le  dépouillement  de 
ranimai,  la  manipulation  de  son  sang,  présentent  par 
eux-mêmes  un  danger  réel. 

M.  le  Président  fait  observer  que  jusqu'ici  la  Société 
ne  s'est  occupée  que  des  animaux  morts  du  charbon, 
maladie  contagieuse  dont  on  a  reconnu  les  terribles  pé- 
rils; mais  la  peste  bovine  est  entièrement  diiïérente. 

M.  Martel  est  disposé  à  trouver  entre  ces  deux  mala- 
dies une  affinité  notable;  d- après  lui,  si  elles  ne  sont  pas 
sœurs,  elles  sont  cousines  germaines,  et  il  serait  d'un 
grand  intérêt,  puisque  l'occasion  s'en  présente,  de  les 
soumettre  h  l'étude  de  la  Société. 

M.  Mauras  appuie  la  proposition  de  Ai.  Mnriel,  et  ciie 
des  faits  desquels  on  pourrait  conclure  que  la  peste  bo- 
vine est  non-seulement  épidémique,  mais  encore  conta- 
gieuse, et  que  la  prohibition  absolue  de  l'usage  des 
peaux  et  des  chairs  des  animaux  qui  en  sont  atteints,  est 
une  précaution  sage  et  indispensable. 

M.  le  Président,  en  raison  de  l'utilité  de  Texamen 
spécial  qui  est  réclamé,  désigne  uue  commission  com- 
posée de  MM.  Martel,  Mauras  et  Vissaguol.  Nos  confrères, 
à  défaut  de  sujets  atteints  de  ces  deux  maladies,  qui 
n'existent  heureusement  pas  en  ce  moment  dans  notre 
contrée,  pourront  tout  au  moins  les  étudier  dans  les 
nombreuses  publications  qui  sont  parvenues  à  la  So- 
ciété, sur  ce  sujet,  dans  les  dernières  années. 


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AvniL.  245 

HouTicuLTUBE.  —  Etiqtietics  de  jardin.  —  Le  jour- 
nal le  Sud-Est  coniîeni  unrenseignemenl  sur  une  encre 
indélébile  propre  aux  étiquettes  de  jardin  et  dont  nous 
trouverions  une  utile  application,  déjà  réclamée,  dans 
le  jardin  public  de  la  ville  du  Puy.  Ces  étiquettes,  en 
eiïet,  seraient  indispensables  surtout  pour  les  plantes, 
arbustes  et  arbres  rares  ou  exotiques  qui  ont  été  heu- 
reusement admis  à  orner  les  massifs  ou  accidenter  les 
pelouses.  Écrites  surdes  plaquettes  en  zinc,  elles  feraient 
connaître  aux  visiteurs  les  noms  des  espèces  et  leur 
provenance,  et  contribueraient  ainsi  à  propager  ces 
intéressants  végétaux  dans  le  pays. 

Toutefois  la  recelte  préconisée  par  le  Sud-Est  paraît 
être,  de  Tavis  de  plusieurs  de  nos  confrères,  d'un  prix 
trop  élevé  et,  dans  leur  opinion,  il  convient  de  s'en  te- 
nir à  celle  de  Braconet,  insérée  par  Belôze  dans  le  Die- 
tiomxaire  de  la  vie  pratique.  La  voici  :  on  délaye 
2  gram.  de  noir  de  fumée  dans  une  quantité  suffisante 
d'esprit-de-vin;  on  triture  et  on  fait  fondre  \0  gram. 
d'acétate  de  cuivre  et  10  gram.  de  sel  ammoniac  dans 
100  gîMm.  d'eau;  après  avoir  mélangé  le  tout,  on  con- 
serve cette  encre  dans  une  bouteille  bien  bouchée,  qu'il 
faut  avoir  soin  d'agiter  quand  on  veut  faire  usage  de 
Tencre.  Pour  écrire  ^  il  vaut  mieux  se  servir  de  plumes 
d'oie,  les  plumes  métalliques  s'oxydant  facilement  au 
contact  de  cette  encre.  On  doit  s'abstenir  de  porter  la 
plume  à  la  bouche,  parce  que  le  vert-de-gris  est  un.poi- 
son.  On  peut  tirer  parli  des  vieilles  étiquettes  altérées 
par  l'humidité,  en  les  nettoyant  avec  un  peu  d'acide 
chlorhydriqucOn  enlève  l'ancienne  écriture  au  moyen 
d'un  bouchon  de  liège  trempé  dans  cet  acide  concentré, 


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24t>  UÉSL'MK   DES  SÉAffCKS. 

et  il  suffit  ensuite  de  laver  immédiatement  dans  l'eau 
les  étiquettes  pour  les  i*endre  propres  à  être  employées 
de  nouveau. 


Histoire.  ^  le  /îtra  de  M.  Bechard  mr  les  Éiats  du 
Languedoc.  —  La  Société,  dans  sa  précédente  séance, 
avait  voté  Taehat  d'une  brochure  dont  le  titre  :  les  Étais 
de  Languedoc,  alléchait  notre  curiosité  et  notre  amour 
des  documents  de  l'histoire  locale  ou  prpviociale.  Celle 
brochure  ne  nous  apporte  aucun  fait  ou  renseignemeut 
nouveau.  Mais  de  l'historique  des  anciennes  organisa- 
tions provinciales,  Tauteur,  M.  Frédéric  Bechard,  conclut 
à  la  remise  en  jeu  d'un  système  de  gouvernement  que 
nos  statuts,  à  raison  des  principes  politiques  exposés 
par  l'auteur,  nous  interdisent  d'examiner  dans  cette 
enceinte. 

Notice  biographique  sur  le  P.  Odo  de  Gissey.  — 
Notre  confrère,  M.  Lascombe,  a  fait  hommage  à  la 
Société  d'une  intéressante  brochure  sur  le  P.  Odo  de 
Gissey,  le  vieil  historien  de  Notre-Dame  du  Puy.  Les 
curieuses  indications  biographiques,  consignées  dans  ce 
travail,  donnent  sujet  à  M.  le  Président  de  féliciter  son 
auteur. 

Pîiblication  des  budgets  départemental  et  munici- 
pal.  —  La  Société  a  reçu  deux  exemplaires  imprimés, 
l'un  du  budget  départemental  pour  4874,  et  Tautre  du 
budget  municipal  pour  le  môme  exercice.  M.  le  Président 
donne  lecture  des  chapitres  concernant  les  subventions 


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AVRIL.  247 

ûttribaées  à  la  Société,  et  exprime  les  Yifs  regrets  de  la 
Compagnie  que,  dans  Tun  et  l'autre  de  ces  budgets,  nos 
allocations  aient  subi  inopinément  de  notables  réduc* 
lions.  «  Les  affreux  désastres,  ajoute-t-U,  infligés  à  la 
patrie  exigent,  sans  doute,  des  économies  dans  l'emploi 
des  finances  ;  mais  ne  serait-ce  pas  tarir  les  sources  de 
la  richesse  publique  que  d'arrêter  Tessor  de  la  produc- 
tion agricole,  en  restreignant  les  moyens  d'encouragé-* 
ment  mis  aux  mains  de  la  Société  ?  et,  d'un  autre  côté, 
le  mouYement  industriel,  le  développement  des  études 
scientifiques,  des  lettres  et  des  arts,  que  le  programme 
de  la  Société  impose  à  ses  efforts,  ne  sont-ils  pas  plus 
que  jamais  indispensables,  ne  doivent-ils  pas  môme  re- 
cevoir une  plus  forte  impulsion,  pour  relever  la  France 
d'un  abaissement  qui  ne  saurait  être  que  tempm-aire?  » 
L'assemblée  opine  avec  M.  le  Président  que  ces  ques- 
tions ne  doivent  être  résolues  que  par  l'afErmative; 
convaincue,  d'ailleurs,  que  le  département  et  la  ville 
rétabliront  au  budget  de  4873  les  subventions  intégra- 
les attribuées  précédemment  à  la  Compagnie  pour  les 
divers  services  dont  elle  s'est  donné  la  charge  (4). 

COMMUNICATIONS. 

ÂGRicuiTCAE.  —  Secours  aux  agriculteurs  des  dé- 
partements envahis.  -—  M.  René  de  Mars  a  communiqué 
à  M .  le  Président  une  circulaire  émanant  d'une  commis- 


(t)  Le  Conseil  général  et  h  Mairie,  en  1S7S,  ont  générenêèment  satisfiit 
•oa  propoBlttons  de  la  Sodété. 


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248  RESUME   DES  SÉANCES.  ' 

sion  prise  dans  le  sein  de  la  Société  d'agriculture,  his- 
toire  naturelle  et  arts  utiles  de  Lyon,  et  se  constituant 
intermédiaire  des  secours  à  envoyer  aux  cultivateurs 
des  départements  dévastés  par  la  guerre.  Aux  termes  de 
ce  document,  M.  de  Mars  fait  un  appel  pressant  à  nos 
libéralités. 

M.  le  Président  a  reçu  une  semblable  circulaire,  qui 
lui  a  été  transmise  directement  par  la  Société  des  agri- 
culteurs de  France,  laquelle  a  pris  l'initiative  de  cette 
œuvre  généreuse.  L*assemblée,  désireuse  d'y  prendre 
part  autant  que  le  lui  permettent  ses  modestes  ressour- 
ces, malheureusement  amoindries  par  les  délibérations 
départementales  et  municipales  dont  il  a  été  question 
précédemment,  vote  une  somme  de  400  francs,  sans  pré- 
judice de  souscriptions  individuelles,  auxquelles  M,  le 
Président  convie  tous  nos  confrères. 

État  des  semailles  du  printemps.  —  M.  le  Préfet, 
dans  une  lettre  dont  il  est  fait  lecture,  demande  d'ur- 
gence un  rapport  sur  les  semailles  du  printemps,  Tappa- 
rencedes  récoltes  en  terre  et  principalement  des  céréales. 

Plusieurs  membres  s'empressent  de  fournir  les  indi- 
cations suivantes  :  Il  est  impossible  de  donner  encore 
aucune  appréciation  rationnelle  de  l'état  des  semailles 
du  printemps.  Quant  k  celles  de  l'automne,  elles  sont 
généralement  belles,  excepté  dans  les  terrains  légers. 
Aux  environs  du  Puy,  la  gelée  a  fait  du  mal  dans  les 
plaines  et  détruit  presque  entièrement  les  froments.  Sur 
les  rives  de  l'Allier  et  dans  les  terres  un  peu  humides, 
les  froments  surtout  ont  soufTerl.  Dans  le  canton  d'Allè- 
gre, les  seigles  se  sont  défendus  et  promettent  assez, 


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AVRIL.  249 

quoique  lai  neige  les  ait  sérieuscmenl  attaqués.  Ea 
résumé,  on  espère  une  récolte  moyenne. 

Ravage  des  légumes  par  Vinsecte  dit  l.\  hruche.  — 
L'attenlion  de  la  Société  est  ensuite  appelée  sur  un 
fléau  qui  atteint  Tune  des  principales  productions  agri- 
coles de  notre  pays.  Il  s'agit  de  Tinsecte  qui  dévore  les 
lentilles  et  autres  légumineuses,  telles  que  fèves  noires, 
pois,  etc.  Il  est  universellement  reconnu  que  cet  insecte 
est  la  larve  de  la  bruche,  genre  de  coléoptère,  voi- 
sin des  charançons,  et  comprenant  cent  quarante  es- 
pèces environ.  La  femelle,  à  Télat  parfait,  dépose  ses 
œufs  dans  les  fleurs  des  légumineuses,  et  il  n'est  pas 
rare  de  voir,  le  soir,  des  champs  entiers  couverts  de 
nuages  de  <:es  insectes.  La  larve,  que  les  cultivateurs 
nomment  en  leur  patois  gargouï,  ronge  le  grain  des  lé- 
gumineuses et  s'y  transforme  en  nymphe.  Ce  qui  prou- 
verait que  Tœuf  a  été  pondu  dans  la  fleur,  c'est  que  la 
graine  n*offre  à  Texlérieur  aucune  trace  de  la  présence 
de  cette-  larve,  car  l'insecte  a  la  précaution  de  ne  point 
percer  l'enveloppe,  mais  seulement  de  Tamincir  sur  un 
point,  de  manière  qu'elle  puisse  être  facilement  perfo- 
rée par  l'insecte  parfait,  à  sa  sortie.  Quand  l'insecte  a 
quitté  la  graine,  ilpullule  rapidement  dans  les  greniers, 
sur  les  tas  de  légumineuses,  si  l'on  n'a  pu  prévenir  leur 
éclosion,  car  il  est  encore  utile  de  se  débarrasser  de 
l'invasion. 

M.  Plantade  indique  un  moyen  qu'il  a,  deux  fois,  et 
avec  succès,  expérimenté.  Ce  moyen  consiste  à  faire  un 
bouquet  de  sauge,  de  lavande  et  d'autres  plantes  for- 
tement odoriférantes,  et  de  le  placer  dans  le  Jas  à  se- 
courir. L'odeur  met  en  fuite  les  bruches. 


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850  RÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 

Un  autre  moyen,  signalé  par  quelques  auteurs,  serait 
de  préserver  encore  la  récolle,  au  moins  en  partie,  en 
mélangeant  les  lentilles  ou  les  pois  avec  du  sable,  de 
la  cendre,  de  la  sciure  de  bois,  qui,  isolant  les  grains 
attaqués,  empêchent  les  bruches  de  s*accoupIer,  et,  par 
suite,  de  pondre.  Mais  ce  moyen  prétendu  pratique  ne 
saui*ait  être  employé,  car  le  mélange  des  lentilles  avec 
du  sablé  rendrait  impossible  la  vente  de  ce  légume. 

Les  lentilles  ainsi  rongées  et  perforées  par  les  larves 
sont-elles  stérilisées  pour  la  semence?  Non!  l'insecte 
épargne  le  germe;  la  graine  fermente,  mais  l'inconvé- 
nient est  que  le  germe  ne  rencontrant  souvent  pas  une 
substance  suffisante  à  son  alimentation,  la  plante  pousse 
frêle,  s'étiole  et  difficilement  suiBt  à  son  œuvre  de  dé- 
veloppement et  de  fécondation.  On  peut  manger  sans 
danger  les  lentilles  ainsi  infectées;  les  naturalistes  re- 
connaissent, tout  au  moins,  leur  innocuité.  —  Les  mar- 
chands les  livrent  au  commerce  en  les  soumettant,  pour 
ralimentation  pure  et  simple,  à  la  haute  température 
d'un  séchoir,  qui  étouffe  l'insecte  dans  la  graine.  Ils 
les  vendent  pour  la  semence,  en  séparant,  au  moyen 
d'un  fort  ventilateur,  les  graines  vidées  des  graines 
intactes. 

Mais  reste  toujours,  et  en  première  ligne,  la  question 
de  chercher  et  de  trouver  des  moyens  préventifs,  pour 
empêcher  les  bruches  de  déposer  leurs  œufs  dans  la 
fleur  des  légumineuses;  nous  n'en  connaissons  pas. 
C'est  au  cultivateur  à  essayer  la  chaux,  le  plâtre,  la 
cendre, l'assa-fetida,  l'acide  phénique  peut-être,  si  préco- 
nisé en  ce  moment  en  économie  agricole,  le  chlorure  de 
chaux,  etc.  Le  service  à  rendre  à  l'agriculture  serait 


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AYRII..  iM 

immense;  car  nos  récoltes  de  iégaminenses,  enrahies 
d'une  façon  désastreuse  par  le  fait  de  cet  insecte,  sont 
sérieusement  compromises  dans  leur  rendement  el  leurs 
qualités  alimentaires. 


Archéologie.  —  Fouilles  au  Puy.  —  Conformément 
à  Tordre  du  joui*,  M.  Aymard  se  proposait  de  faire  l'ex- 
posé de  la  continuation  des  fouilles  qu'il  surveille  àyec 
les  plus  grands  soins  dans  le  sol  de  la  rue  Panessâc. 
Mais  ces  explorations,  si  fructueuses  pour  l'histoire  de 
notre  yille,  ne  sont  pas  terminées.  Nôtre  confrère  se 
borne  donc  à  les  signaler  de  nouveau  à  Fattention  des 
membres  de  la  Société  et  annonce  qu'après  leur  achève- 
ment, il  fera  un  rapport  complet. 


Pbrsonnbl.  —  Demandes  du  titre  de  membre  rési- 
dant. —  Notre  confrèi'e  M.  Gillet-Paris  écrit  qu'il  est 
sur  le  point  de  changer  de  résidence  et  d'habiter  la 
ville  de  Lyon.  Il  n'en  continuera  pas  moins,  ajoute-t-il, 
d'être  avec  nous  d'esprit  et  de  cœur,  conservant  Tespoir 
de  venir,  plus  tard,  se  consacrer  à  la  poursuite,  dans  no- 
tre cher  pays,  du  noble  but  que  s'est  assigné  lu  Société. 
Il  se  propose,  en  outre,  de  venir  chaque  année  au  Puy 
et  d'assister  quelquefois  à  nos  séances.  En  conséquence, 
M.  Gillet-Paris  désire  conserver,  s'il  est  possible,  son  ti- 
tre de  membre  résidant. 

L'assemblée,  regrettant  vivement  la  privation  de  l'ex- 
cellente collaboration  de  noire  confrère,  acquiesce  à  sa 
demande. 


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2oî  RÉSUMÉ   DKS   SÉANCES. 

M.  Isidore  Hedde,  membre  non  résidant,  écrit  qa'é- 
tanl  domicilié  au  Puy  depuis  plus  de  dix  ans,  il  espère 
que  la  Société  voudra  bien  Tinscrire  sur  la  liste  des 
résidants. 

Celte  demande,  qui  est  justifiée  par  le  règlement,  re-» 
çoit  aussi  Tassentiment  de  rassemblée. 

M.  Jules  de  La  Bâtie,  avocat,  ayant  demandé  à  faire 
partie  de  la  Société  au  titre  de  membre  résidant,  avait 
présenté  à  cet  effet  une  publication  dont  il  est  l'auteur, 
intitulée  :  la  Constitution  de  4874,  Il  lui  fut  répondu 
qu'aux  termes  du  règlement,  ce  travail,  trailant  de  ma- 
tières politiques,  ne  pouvait  constituer  un  titre  d'admis- 
sion. C'est  pourquoi  M.  de  La  Bâtie  adresse  aujourd'hui  ' 
la  première  partie  d'une  étude  manuscrite  sur  les  con- 
ditions des  classes  ouvrières  dans  le  département  de  la 
Haule-Loire. 

M.  le  Président  fait  observer  que  la  liste  des  mem- 
bres résidants,  au  nombre  fixé  par  les  statuts,  se  trouve 
au  complet  par  la  nomination  de  M.  Hedde.  En  consé- 
quence, M.  de  La  Bâtie  sera  informé  de  celle  circons- 
tance qui  lui  permettra  cependant  de  recevoir,  s'il  le  dé- 
sire, le  litre  de  membre  non  résidant,  après  examen  de 
son  mémoire  par  une  commission  spéciale. 

Absence  de  certains  membres  aux  réunions  de  la 
Société.  —  A  cette  occasion,  M.  le  docteur  Martel 
invoque  une  disposition  du  règlement  qui  semble  être 
tombée  en  désuétude.  Elle  concerne  les  absents  aux 
séances  pendant  un  laps  de  temps  déterminé.  Notre 
confrère  demande  que  cette  disposition  soit  mise  en 


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AVUIL.  553 


vigueur  afln  que  la  Société  imprime  à  ses  iravaux  une 
nouvelle  acliviié.  ' 

Après  diverses  observations  présentées  par  quelques 
membres ,  Texamen  de  cette  question  est  ajourné  à  la 
prochaine  réunion. 


Publications  de  la  Société.  —  M.  le  Président  fait 
remettre  à  chacun  des  membres  présenls  le  XXX®  vo- 
lume des  Annales  qui  vient  de  paraître. 

Cette  publication  rappelle  la  nécessité  d*une  table  gé- 
nérale des  matières  contenues  dans  ces  trente  premiei-s 
volumes.  M.  le  Président  annonce  que  ce  Iravail,  confié 
à  M.  ragent  comptable,  est  en  voie  d'exécution  et  qu'aus- 
sitôt après  son  achèvement  et  la  révision  par  le  conseil 
d'administration,  il  sera  livré  à  l'impression. 

A  six  heures,  la  séance  est  levée. 

Le  vice-secrétaire^ 
Aimé  GIRON. 


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SÉANCE   MENSUELLE 


DU  JEUDI  !•'  MAI 


80MMA1HË 

Lecture  du  procès-verbal.  —  Mrsés  :  Dons  de  matrices  de  vieux  cachets 
administntirs  par  M.  André,  arcbivrstc  de  la  Lozère.—  Octbages  bbçds: 
Question  du  reboisement.  Fabrication  des  fromages  ;  observations  présenté^ 
a  ce  sujet  par  MM.  de  Brive,  Mauras,  Robert,  Martel  et  de  Surrel.  Les 
origine  de  la  foi  chrétienne  dans  les  Gaules.  Publication  des  Tablettes  histo- 
fiquet  du  Yelay.  —  Communications  :  Fragment  de  colonne  milliairc, 
trouvé  à  Saint-Paulieo,  par  M.  Romizowski.  Aperçu  par  M.  Aymard,  sur 
des  monuments  romains  érigés  il  St-Paulien,  Il  Lavoûte-sur-LoireetauPuy, 
en  l'honneur  des  impératrices  Etrucillc,  et  Tranqiiiliine  et  d'Agrippine, 
épouse  de  Germanicns.  Notice  snr  on  sceau  ancien  d'one  dame  de  Poli- 
gnac,  par  M.  Chassaing.  Estampille  d'un  fondeur  du  Puy;  observations  de 
MM.  Lascombe  et  Aymard.  Demande  d'admission  au  titre  de  membre  nou 
résidant,  par  M.  Jules  de  La  Bâtie.  Décès  de  M.  Edouard  Lartet,  membre 
non  résidant;  nécrologie  de  ce  savant,  par  M.  Aymard.  Décès  de  M.  le  docteur 
Andrieux,  membre  non  résidant.  Question  de  l'assistance  des  membres  aux 
séances  de  la  Société;  rappel  aux  absents  des  prescriptions  du  règlement. 


Présidence  de  M.  de  Brive. 

A  trois  heures,  la  séance  est  ouverte. 

Le  procès-verbal  de  la  précédente  réunion  est  lu  el 
approuvé* 


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MAI.  355 

MUSJÈË. 

Dons.  —  Matrices  de  vieiuc  cachets  administratifs. 
—  Notre  confrère  M.  Bèlibeiiy  inspecteur  d'académie, 
offre  au  nom  de  M.  André ,  archiviste  départemental 
de  la  Lozère,  trois  matrices  de  sceaux,  en  cuivre, 
trouvés  à  Monde.  Ces  pièces,  qui  sont  de  Tépoque 
révolutionnaire,  offrent  les  types  suivants  : 

{"*  Dans  le  champ  :  la  nation,  la  loi,  le  roy.  Légende  : 
District  du  Puy;  S^  dans  le  champ  :  une  figure  de 
femme,  debout;  la  tète  casquée;  tenant  d'une  mainte 
faisceau,  de  l'autre  une  lance  surmonléo  du  bonnet 
phrygien.  Légende  :  District  du  Puy,  Haute- Loire  ; 
30  dans  le  champ  :  Juge  de  paix.  Légende  :  Canton  du 
Puy. 

M.  Béliben  est  prié,  par  M.  le  Président,  de  transmet- 
tre à  M.  André  les  remercimenis  de  la  Société. 

OUVRAGES  REÇUS. 

Agrioultube.  —  Question  du  reboisement.  — -  Le 
Journal  de  l'agriculture,  ù%  M.  Barrai,  contient  un  ar- 
ticle intéressant  sur  tes  reboisements  du  département 
du  Puy*de-Dôme.  Dans  les  considérations  générales, 
Tauteur  démontre  Tinfluence  des  forêts  sur  la  tempéra- 
ture moyenne  et  le  régime  des  eaux.  Vers  le  IX«  siècle, 
toute  la  Belgique  était  couverte  de  vignes;  on  la  culti- 
vait également  dans  la  Bretagne  et  la  Picardie  ;  mais 


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2o6  RESUME    DES   SEANCES. 

avec  le  déboisement  elle  a  successivement  abandonné 
ces  contrées  où  elle  ne  mûrissait  plus  son  fruit,  pendant 
que,  dans  le  Languedoc,  Tolivier  reculait  ses  limites  vei's 
le  Sud,  et  que  parallèlement  Toranger  déserlant  le  Rous- 
sillon  et  la  Provence,  Perpignan,  Aix  et  Marseille,  se 
1  réfugiait  dans  des  climats  plus  privilégiés.  Dans  les  ré- 

gions alpestres,  les  mômes  phénomènes  s'accusent  avec 
plus  d'intensité.  A  la  destruction  des  forêts,  correspond 
rabaissement  du  niveau  de  Ja  végétation  arborescente. 
Quelque  nombreuses,  complexes  et  encore  mal  défi- 
nies que  soient  les  causes  qui  ont  amené  le  refroidisse- 
ment de  notre  climat,  le  déboisement  n*y  est  pas  resté 
étranger.  Si  les  forêts  n*engendrent  pas  la  chaleur  , 
elles  tendent  à  la  mieux:  répartir.  C'est  en  effet  dans  les 
pays  découverts  que  se  constatent  les  oscillations  ther- 
mométriques les  plus  extrêmes,  tandis  que  la  tempéra- 
ture est  plus  égale  dans  les  pays  protégés  par  des  mas- 
sifs boisés. 

Leur  action  sur  le  régime  des  eaux  ne  semble  pas 
moins  évidente.  Pour  la  montagne,  la  forêt  est  un  abri; 
ses  racines  fixent  le  sol;  et  son  feuillage,  qui  brise  les 
vents,  retient  et  divise  la  pluie.  Annuellement,  il  cou- 
vre la  surface  de  ses  épais  débris,  et,  quand  viennent  les 
grandes  pluies  ou  que  fondent  les  neiges,  cette  surface 
fait  Toflice  d'une  vaste  éponge.  L'eau  qui  lentement  s'in- 
!  filtre,  lentement  se  restitue;  c'est  le  réservoir  pour  la 

j  '      source,  c'est  le  filet  d'eau  qui  se  forme,  c'est  le  ruisseau 

qui  arrose,  ce  n'est  pas  le  débordement.  Détruisez  la  fo- 
rêt, l'aspect  change.  Sous  l'action  dissolvanlc  et  conti- 
nue des  agents  atmosphériques,  les  calcaires  et  les  schis- 
tes se  désagrégeât  et  s'etTritent.  Les  roches  cristallines, 


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MAI.  357 

même  les  plus  dures,  se  laissent  entamer,  et  les  neiges 
que  rien  n'arrête  glissent  en  avalanches,  entratnaiit 
des  masses  énormes,  terres  et  rochers,  La  ploie,  qui 
tombe  sur  des  flancs  dénudés,  s'écoule  rapide  et  bour^ 
beuse;  ce  n'est  plus  l'eau  limpide  et  fécondante  ;  c'est  le 
torrent  furieux  et  dérastateur. 

L'expérience  tirée  de  Thisloire.  proare  assez  que  la 
profonde  altération  du  régime  des  eaux  a  été  la  consé* 
quence  directe  du  déboisement.  Les  inondations  dont  les 
âges  passés  se  transmettaient  de  siècle  en  siècle  la  sinis- 
tre mémoire,  semblent  se  généraliser  pour  reparaître 
régulièrement  aujourd'hui  dans  une  courte  période  dé- 
cennale, et  sous  ce  rapport  4835,  4846,  4856,  4866, 
resteront  à  jamais,  dans  nos  souvenirs,  des  dates  aussi 
désolantes  que  signiflcatives. 

M.  le  Président  rappelle  aussi  que^  dans  son^  étude 
sur  rinondation  du  24  septembre  4866,  dans  la  Haute^ 
Loire,  il  avait  signalé  la  tendance  des  inondations  à  être 
périodiques  et  décennales.  Cette  tendance  ne  peut  être 
efficacement  combattue  que  par  des  reboisements  qui 
fixeront  les  sols  montagneux.  Le  reboisement  dans  le 
Puy-de-Dôme,  grâce  aux  efforts  de  la  Société  d'agricul- 
ture, du  département,  des  communes  et  de  quelques 
grands  propriétaires,  a  reçu  des  développements  consi- 
dérables. De  4843  à  4860,  on  était  parvenu  à  reboiser 
4,879  hectaresde  teiTains  communaux.  De  4868  à  4870, 
les  semis  et  plantations  se  sont  élevés  à  près  de  8,000hec- 
tares. 

La  disparition  des  vignes  en  Belgique,  ainsi  qu'en 
d'autres  pays,  durant  le  cours  du  moyen  âge,  donne  oc- 
casion également  à  notre  confrère  M.  Ayraard  de  re- 

TOME  X\K\.  17 


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S58  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

inarquer  rexteoftiou,  plus  considérable  qu'aujourd'hui, 
de  la  même  culture  dans  le  Velay  avant  le  XV*  siècle. 
C'est  un  fait  qui  résulte  des  énoncés  de  plusieurs  de  nos 
anciens  terriers^  d'après  les  recherches  de  M.  Aymard 
et  celles  d'un  autre  de  nos  confrères,  Af.  Paul  Le  Blanc. 
Faudra-t-il  y  voir  aussi  un  effet  du  déboisement?  Con* 
sidérée  à  ce  point  de  vue,  la  question,  si  elle  était  réso- 
lue affirmativement,  ajouterait  un  nouvel  intérêt  à  ces 
investigations* 

FabrieaHoH  des  fromages.  -*  Le  môme  recueil  ren- 
ferme un  article  non  moins  intéressanti  de  M.  Turgau, 
sur  le^  cavfps  de  Roquefort.  Les  fromages  de  Roque- 
fort sont  fabriqués  avec  le  lait  de  brebis  d*one  race 
particulière  nommée  race  du  Larzal,  parce  qu'elle  vit 
sur  ce  plateau  dont  on  la  croit  originaire.  Un  grand 
nombre  d'essais  ont  été  iails  pour  modifier  cette  fabri- 
cation première,  soit  en  se  servant  de  lait  de  vache  ou 
de  chèvre,  soit  en  changeant  la  race  elle-même  des 
moulons,  mais  ces  tentatives  n'ont  pas  réussi. 

Quelque  soit  le  soin  que  Ton  apporte  à  la  fabrication 
de  ces  fromages,  leur  excellence  parait  surtout  être  due 
à  la  température  basse  et  constante  des  caves  où  ils  sont 
gardés.  Les  plus  profondes  caves  de  Roquefort,  par  une 
particularilé  singulière  et  dont  on  n'a  pas  jusqu'ici 
irouvé  d'explication  satisbisanie,  sont  constamment,  été, 
comme  hiver  et  quelque  temps  qu'il  fasse,  à  une  tempé- 
rature moyenne  de  quatre  à  six  degrés  au-dessus  de 
zéro,  tandis  qu'en  règle  commune,  les  caves  les  plus 
ft*atcties,  que  peuvent  obtenir  les  brasseurs  avec  les  pré- 
cautions les  plds  ttflmdas,  ost  lie  huit  à  dix  degrés«  Ces 


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MAI.        •  ^ 

coiMlilions  atmoftpbériqaas  d^veloppeoi  û^m  la  pftle  4(^ 
«tries  de  yeîDM  parfaiteipeni  bl^u^,  Qt  de  temp^  ait 
lempa  (le$  craqaelarea  d'une  matière  onetaeiise  e(  rq^ 
geâtre,  qai  font  da  Roquefort  un  froiqpge  exquis,- 

M.  Alcide  Mauras  fait  remarquer  que  Iqs  fromages 
d'ane  certaine  partie  de  la  Haute-UHresont  Meus,  Lors- 
que Je  lait  caillé  a  été  bien  brisé  et  caaaé  arant  6|e  l<r 
mettre  dans  la  fescelle,  Tair  pénètre  plus  facilement  ^ 
rîDtériettr,  et  y  développe  des  végétalionsmii^og-aphi- 
qaes  oa  champignons  imperceptibles,  qui  ne  sont  autre 
que  le  bleu»,  qui  donne  au  fromage  une  saveur  particu- 
lière et  recherobée.  Quelques  méns^ères  d^  la  caippa-^ 
gne,  frappées  de  cette  observation,  ont  recours,  peur  co* 
lorer  leurs  produits  et  en  liiciliter  la  vente,  à  des  moyens 
artificiels,  comme  Timmixlion  de  pain  de  seigle,  de  nois 
moisies  qui  développent  de  proche  en  proche  la  moisis  t 
sure.  Ge  procédé  artificiel  est  d'une  innocuité  parfait^ 
et  ne  saurait  lire  impronvé.  Mais  d*aptres  ménagères, 
moins  délicates,  emploient  la  teinture  d'indigo,  qui  se 
reooaaatt  à  ce  que  la  p&te  est  entièrement  bleue  et  ne 
présente  pas  seulement  des  stries  ou  foyers  bleuAtJ*esa 
Ce  moyen-là  est  essentiellement  daogereai  et  reprében^ 
sible.  M.  Mauras  croit  que  si  nos  cultivateurs  étaient 
encDoragés  &  bien  casser  le  cailla  et  à  déposer  leurs  fré- 
mîmes nouvellement  leiits  dans  des  locaux  ayant  une 
température  constante  de  dix  à  douze  degrés,  les  végé  • 
talions  tuberculeuses  et  microscopiques  qui  font  le  bleu 
s'y  développeraient  rapidement.  La  qualité  et  la  répu- 
tation des  fromages  de  nos  contrées  ne  pourraient  (j|u'y 
gagoar.  _ 

M.  te  Présideot^  à  J'aj^pui  de  Tqivmqn  de  M /^Miuf^f 


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2^  RÉSUME   peS  SÉAIS'CKS. 

rappelle  qae  dans  les  campagnes  on  place  les  fromages 
dans. des  réduits  ménagés  derrière  les  foars,  pour  adi- 
rer la  formation  du  bleu;  cet  usage  est  dû  à  l'observa- 
tion  qui  a  été  faite,  que  la  chaleur  artiflcioUe  aide  à  la 
moisissure. 

M.  Robert  indique  que  certaines  ménagères,  pour  ob- 
tenir des  fromages  bleus,  mélangent  le  caillé  de  la  veille 
avec  celui  du  jour. 

M.  le  docteur  Martel  croit  qu'avant  d'encourager  les 
cultivateurs  à  rendre  leurs  fromages  bleus,  il  faudrait 
s'assurer  si  le  fromage  bleu  est  réellement  meilleur  que 
celui  qui  ne  l'est  pas;  il  admet  parfaitement  que  Ton 
préconise  les  fromages  devenus  bleus  par  la  force  de  la 
nature  ou  la  température  de  la  cave,  mais  il  désapprouve 
remploi  de  moyens  artiQciels  consistant  en  immixtion 
de  matières  étrangères  quelles  qu'elles  soient;  il  y  voit 
une  fraude  et  un  danger  pour  la  santé  publique. 

M.  de  Surrel  fait  remarquer  que  les  fromages  de  la 
Haute-Loire  se  font,  les  uns  avec  du  lait  frais  et  les 
autres  avec  du  lait  écrémé.  Cette  différence  dans  leoi*s 
éléments  constitutifs  doit  nécessairement  influer  sur 
leur  aptitude  à  devenir  bleus. 

M.  le  Président  clôt  la  discussion,  en  invitant  ceux  de 
nos  confrères  que  cette  question  intéresse,  à  recueillir 
des  observations  et  à  en  faire  part  à  la  Société,  lorsque 
l'occasion  pourra  s'en  présenter. 


HisTomE.  —  Les  Origines  de  la  foi  chrétienne  dans 
les  Gaules.  —  Tel  est  le  sujet  d'un  mémoire  de  M. 
l'abbé  Corblet,  en  ce  qui  concerne  surtout  le  diocèse 


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MAI.  26i 

d*Aimens;  mémoire  meolionné  dans  le  Bulletin  de  la 
Société  des  Antiquaires  de  l'Ouest.  C'est  une  nouvelle 
page  de  la  grande  conlroverse  engagée  depuis  d^nx 
siècles  sur  la  question  de  savoir  si  les  premiers  propa* 
gateurs  du  christianisme  dans  les  Gaules  remontent 
aax  temps  apostoliques,  ou  s'il  ne  faut  les  placer  qu'au 
11^  siôcle.  Notre  confrère,  M.  Tabbé  Frugère,  dans  son 
savant  livre  sur  VApostoliciié  de  l'Eglise  du  Ytlay^  a 
traité  cette  question;  il  adopte,  comme  on  sait,  le  pre-* 
mier  système  qui  est  aussi  soutenu  par  M.  Tabbé  Corblet, 

Les  Tablettes  historiques  de  la  tinute^Loire,  dont 
M.  le  Président  présente  la  dernière  livraison ,  conte- 
nant, comme  les  précédentes,  des  articles  pleins  d'inté- 
rêt, vont  être  remplacées  par  une  publication,  mensuelle 
également,  portant  le  titre  de  Tablettes  historiques  du 
Yelay*  La  Société  souhaite  longue  vie  à  cette  nouvelle 
revue,  à  la  rédaction  de  laquelle  concourent  plusieurs 
de  nos  confrères  et  quelques-uns  des  principaux  curieux 
de  nos  histoires  locales.  Sur  la  proposition  de  H.  le  Pré- 
sident, l'assemblée  décide  qu'un  abonnement  sera  sous* 
crit  en  son  nom. 

COMMUNICATIONS. 

Archéologie.  —  Fragment  de  colonne  milliaire 
trouvé  à  Saint-Paulien.  —  M.  Aymard  annonce  que 
M.  de  Romîzowski,  receveur  de  l'enregistrement  à  Saint- 
Paulien,  a  trouvé  dans  cette  ville,  dans  un  mur  de  clô- 
ture d'an  champ  situé  à  peu  de  distance  de  la  place  du 
Marchadiài^t  de  l'ancienne  église  de  Notre-Damé-du- 
Haul-Solier,  un  petit  fragment  de  colonne  milliaire,  d'an  ' 


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96f  URSUMÉ   MS  SÉANCES. 

Jiâmèlfe  à  pdtt  ffrèÈ  senétinbte  h  celtii  ^  la  pierre  iliaé- 
mir&fle  Sdifit-J6aa-de-Nay, 

L'inscription  ne  lame  nAv  qae  les  lettres  IMP;  C. ..  dç 
la  première  ligne  qui  ne  font  pas  connaître  Tempereur 
an  nom  duquel  la  colonne  avait  été  érigée.  Ce  mona- 
ment  soHicité  Tattention  par  Tendroit  où  il  a  été  rencon- 
ti*é,  près  d*ane  place  dontle.nom,  probablement  ant^ 
que I  semble  indiquer  la  présence  d*un  marché,  et  où 
existent  d'ailleurs  d'antres  antiquités  romaines  de  quel- 
que importance  >  entre  autres  rinscription  d'un  monu* 
ment  dédié  par  les  Vellaves  à  Timpératrice  Élruscille. 

Notre  confrère  s'est  demandé  si  nous  n'aurions  pas  ici 
la  borne  placée  au  chef-lieu  gallo-romain  des  Vellaves, 
pour  marquer  le  point  initial  d'où  l'on  comptait  sur  la 
voie  militaire  dite  Boline,  les  distances  en  milles  dans 
les  deux  directions  nord  et  sud  au-delà  de  cette  ville, 
ainsi  que  l'attestent  d'autres  milliaires  dont  un  certain 
nombre  ont  été  retrouvés  sur  le  parcours  de  la  roule. 
Cette  question ,  au  sujet  de  laquelle  il  est  difficile  de  se 
prononcer ,  fait  vivement  désirer  la  découverte  du  sur- 
plus de  lia  colonne  qui  pourrait  fournir  quelque  éclair- 
cissement par  le  contexte  de  l'inscription . 

M.  Aymard  ajoute  que  le  fragment  lui-môme,  si- 
gnalé par  M.  de  Rômizowski,  a  été,  peu  après  sa  décou- 
verte, malheureusement  employé  par  le  propriétaire  du 
champ. dans  la  fondation  d'une  muraille  et  que,  s'élant. 
rendu  à  Saint-Paulieu  pour  l'étudier,  il  n'a  pu  voir  la 
pierre*  Sur  sa  demande,  M.  de  Romizowski  a  bien  voulu 
Pf^omettre  de  faire  les  démarches  nécessaires  pour  obte- 
nir du  propriétaire  la  remise  de  cet  intéressant  débris 
dft  monument  itinéraire . 


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M\f.  263 

MmiumentB  romains  érigés  â  Samt-Pauliên,  à  La* 
voûte  et  au  Puy ,  en  l  honneur  des  impératriees 
Étruscille  et  Traiiqtiitline  et  d'Agrippine.^M.  Aymard 
dit  que  son  TOyage  à  Saint-Panlieo  lui  a  donné  lieu  de 
revoir  les  inscriptions  romaines  conservées  dans  cette 
Yîlle.  Il  a  relevé  Feslampage  sur  papier  de  celle  qnl  est 
dédiée  à  Étmscille  par  la  eité  libre  des  Vellavet  (l'an 
S49  à  254).  La  reproduction  parfaite  qii*il  en  a  obtenue» 
Ta  conduit  à  constater  que  l'inscription  a  été  inexacte- 
ment copiée  par  la  plupart  des  auteurs  auxquels  on  eu 
iloit  la  publication.  Mangon  de  La  Lande,  dans  ses  Es- 
sais  historiques  sur  les  antiquités  du  département  de 
la  Haute-Loire,  4826,  p.  48,  avait  essayé,  il  est  vrai, 
d'en  donner  une  représentation  aussi  fidèle  qu'il  lui  était 
possible  avec  des  caractères  d'imprimerie,  mais  sans 
obtenir  un  résultat  pleinement  satisfaisant. 

En  outre ,  ce  zélé  antiquaire ,  à  défaut  d'un  relevé 
tout  à  fait  exact,  et,  après  lui,  tous  les  archéologoefe 
n'ont  remarqué  ni  expliqué  une  particularité  curieuse 
de  cette  inscription  :  tandis  que  la  quatrième  ligne,  men- 
tionnant la  cité  des  Vellaves  qui  avait  dédié  le  monu- 
ment, occupe  toute  la  largeur  de  la  pierre,  les  trois  pre- 
mières concernantle  nom  et  les  qualités  d'Étruscille, 
très-régulièrement  ordonnées,  n'occupent  qu*à  peu  près 
a  moitié  de  cette  même  largeur  et  laissent,  à  leur  gau' 
che,  un  espace  libre  que  le  lapicide  paraît  avoir  voulu 
réserver  pour  y  graver  une  autre  partie  de  Tinscrip- 
tion ,  à  l'instar  de  certains  monuments  du  même  genre 
consacrés  à  deux,  trois  et  même  quatre  personnageis  de 
la  famille  impériale.  Cette  lacune  plus  ou  moins  inten^ 
tionnelle  et  qui  était  plus  considérable  avant  qu'une 


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264  RKSl\MK   DRS  SÉA^CKS. 

recoape  de  la  pierre  eût  fait  disparaître  dans  le  iiaut  le 
pr^Bnotnen  et  le  nomen  d*Étrascille ,  appelle  d'autant 
plus  rattentioQ  que  ce  reste  d'épigraphe  de  Tépouse 
de  l'empereur  Dèce»  persécuteur  des  chrétiens,  est 
invoqué  en  ce  moment  au  sujet  de  Képoque  de  l'intro- 
ductioD  et  des  développements  du  christianisme  à  Rêves- 
sion  (Saint-Paulien),  capitale  des  Vellaves  sous  la  do* 
mination  romaine. 

Sous  ce  rapport,  notre  confrère  expose  diverses  hy- 
pothèses que  provoque  ce  fait  anormal  et  qui  ouvrent 
nne  voie  nouvelle  aux  investigations  concernant  Tina* 
•cription  d'Étruscille. 

M.  Aymard  mentionne  ensuite  un  fragment  ôpigraphi- 
que  trouvé  aussi,  il  y  a  quelques  années,  à  Saint*Pau- 
lien  et  dont  il  n'avait  pas  été  possible  de  donner  une 
explication  satisfaisante.  La  restitution ,  au  moins  par- 
tielle, qu'on  peut  en  faire  à  l'aide  de  plusieurs  inscrip- 
tions analogues,  nous  apprend  que  celle*ci  était  dédiée 
également  à  une  épouse  d*empereur  par  la  cité  libre  des 
Vellaves.  On  y  lit  : 

•  •  •  AV  (jr      M*  •  • 

...CASTRO... 
...VELLAV... 
qu*il  convient  d'interpréter  ainsi  : 

conjugi  domini  nostri A\GusU  î/latri 

atigustorum  nostrorum  (ou  augusli  nostri)  et  G  ASTROrum 
cmtasVELLWorum  libéra. 

Enfin  on  connaît  une  autre  inscription  consacrée  par 
les  Vellaves  à  l'épouse  de  l'empereur  Mare- Antoine  Gor- 
dien (Furia  Sabinia  Tranqùillina,  vers  l'an  244.)  Notre 


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MAf.    .  265 

confrèiie^  au  lome  XXII  de  nds.A/maie^, .  p.  3i9,  a 
signalé  Texistence  de  ce  raonameot  au  Tillage  de 
Layoûte*sur-Loire. 

Ces  tribuls  de  reconnaissance  réitérés,  rendus  à  des 
irppéralrices  par  les  Vellaves,  probablement  à  Toccasion 
de  bienfaits,  entre  antres  la  restauration  des  routes 
qu*attestent  des  inscriptions  de  colonnes  itinéraires,  est 
an  fait  de  quelque  importance  pour  Thistoire  de  notre 
pays  à  une  époque  sur  laquelle  l'archéologie,  presque 
seule,  peut  porter  quelque  lumière. 

Ce  fait  acquiert  un  nouvel  intérêt  si  on  le  rapproche 
de  la  découverte,  effectuée  au  Puy ,  d'un  fragment  de 
tête  en  marbre  blanc,  où  Ton  reconnaît  un  précieux 
reste  de  Timage  d'Agrippine,  femme  de  Germanicus. 

Après  avoir  rappelé  que  des  villes  et  colonies  avaient 
érigé  des  statues  à  cette  princesse,  et  avoir  établi  la 
dîâtinction  qui  existait,  à  Tépoque  romaine,  entre  le 
territoire  du  pays  dit  cité  libre  des  Vellaves  et  la  cir- 
eoBscription  territoriale  qui,  à  tilre  de  colonie,  avait  le 
Puy  pour  chef-lieu ,  notre  confrère  remarque,  d'après 
le  nombre  des  monuments  déjà  observés  dans  notre 
pays,  TinQuence  que  devait  avoir  Tintervenlion  des 
princesses  impériales  dans  les  hautes  sphères  du  gou- 
vernement romain  pour  la  protection  des  cités,  aussi 
bien  que  des  colonies. 

Cette  communication  de  M.  Aymard,  qui  projette  un 
jour  nouveau  sur  des  temps  historiques  encore  peu 
connus,  a  été  accueillie  avec  intérêt  par  rassemblée. 

Sceau  de  Jeanne  de  Jambes,  dame  de  Lugxiet.  -— 
M.  Cbassaing  présente  la  matrice  en  cuivre  d'un  sceau 


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266  UKSlîMR  DES  SÉANCES. 

de  Jeanne  de  Jambes,  dame  da  Lnguet,  veuve  de  Jean 
de  Polignac,  seigneur  de  Beaumont  et  de  Randon;  la 
précieuse  Histoire  manuscrite  de  la  maison  de  Poli^ 
gnac,  par  Chabron,  donne  sur  Tun  et  Tautre  de  ces 
personnages  d'intéressants  renseignements  que  liotre 
confrère  résume  dans  la  note  suivante  : 

La  matrice  de  sceau,  en  cuivre,  que  représente  la  gravure 
ci-jointe,  a  été  trouvée  en  Auvergne;  pendant  plusieurs  an-^ 
nées,  elle  a  été  possédée  par  M.  Gustave  Grange,  antiquaire 
à  Giermont,  qui  me  Ta  cédée  (1).  M.  Douët  d' Arcq,  sous-chef 
de  la  section  historique  aux  archives  de  TËnipire ,  en  avait 
eu  communication,  et  voici  la  description  que  notre  savant 
confrère  en  donne  dans  le  tome  premier  de  la  CoUection  dé 
sceaus  (2)^  faisant  partie  des  Documents  et  inventaires  pu- 
bliés par  r£tat  sous  la  direction  de  M.  de  Laborde  : 

«  Ecu  carré,  parti  :  à  dextre,  coupé  d'un,  au  1,  un  fliscé 
de  six  pièces;  au  ?,  un  équipoUé  de  quatre  pointa  à l'orle 
de  huit  fleurs  de  lys  ;  au  2  du  parti,  un  lion  rampant  sur 
champ  semé  de  fleurs  de  lys. 

9frl .  W .  u^anitf  ^t  tonbrs .  kome .  >s .  lusmt. 
(Séel  de  Johanne  de  Jambes,  dame  du  Luguet).  » 

Un  examen  attentif  m*a  fait  reconnaître  que  cette  matrice 
(le  sceau  appartenait  à  la  famille  de  Polignac,  et  grâce  à  la 
précieuse  histoire  manuscrite  de  cette  maison,  dont  la  So- 


(1)  Depuis  11  présente  eommuDicition,  nous  irons  cééé  ce  soMu  ai  Musée. 
(S)  Paris,  1868,  \»A%  t.  i,  p.  0». 


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Sceau  de  Jeanne  de  Jambes 
dame  du  Luguet 


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MM.  m 

ciété  académique  doit  aile  oopie  à  ta  .courtoisie  de  M.  le  duc 
de  Poiignac  et  au  zèle  éclAiré  de  notre  président,  M.  Albert 
de  Brlve,  je  crois  pouvoir  justifier  de  tous  points  cette  at- 
tribution et  résoudre  le  problème  historique  que  soulève  le 
petit  monument  tombé  entre  mes  mains. 

•  Notons  d'abord  que,  comme  tous  les  sceaux  antérieurs 
au  XVJI^  siècle,  oeite  matrice  de  sceau  n'offre  que  les 
(icnes  ou  dessins  tracés  sur  le  champ  de  l'écu;  il  faut 
donc  compléter,  par  l'indication  des  couleurs,  les  trois  bla- 
sons qui.  s'y  trouvent  associés  et  qui  sont  ceux  des  maisons 
de  Poiignac,  de  Chalancon  et  de  Jambes. 

lies  vicomtes  de  Poiignac  s'armaient  d'un  fascé  d'argent 
el  de  gumks  de  siw  pièces  ;  les  Ghalancon  portaient  un  écar^ 
ieU  d'or  el  de  gueules  à  la  bordure  de  sable  fleurdelisée  d'or  (1), 
et  la  maison  de  Jambes  d'azur  semé  de  fleurs  de  lys  d'argenl  ; 
sur  le  tout,  un  lion  morné  d^  gueules  (?). 

La  disposition  de  ces  trois  blasons  sur  l'écu  indique  une 
alliance  entre  les  familles  de  Poiignac  et  de  Jambes  ;  mais, 
avant  de  s'adresser  aux  secours  généalogiques  et  d'y  re- 
chercher quelle  est  cette  alliance,  j'observe  que  l'association 
des  armoiries  de  Poiignac  et  de  Ghalancon  dénote  une  al- 
liance qui  ne  peut  être  celle  d'un  vicomte  de  Poiignac ,  et 
voici  pourquoi  : 

A  la  mort  du  vicomte  Randon-Armand  VU,  en  1421, 
Pierre  de  Ghalancon ,  fils  de  Guillaume  de  Ghalancon  et  de 
Walpurge  de  Poiignac ,  succéda  à  la  vicomte  de  Poiignac 


(1)  Vallct  de  Viri ville,  Armoriai  du  héraut  Berry.  Paris,  186C»  p.  S3.  ^ 
Bo«illel,  IféàiHmra  é'Auwerçne,  t.  ir,  p.  78. 

(»)  àrm,  du  hérêui  Merfy,  p.  160.  —  D'iprès  la  P.  Ménétrier,  la  liOA  sa- 
rtiC  tf'aryMi,  ra«f«iM#  4'er  fMéikode  du  Biwon,  1761,  p.  900);  le  lion  ttiaré 
sur  le  aaaat  atc  c»  effet,  eeuniié» 


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i68  RKSt  MK   DKS   SÉANCES. 

par  l'ouveilure  de  la  Bubstitùtion  établie,  en  13B1,  à  son 
profit,  par  le  testament  de  son  oncle  Randonnet-Armand  VI, 
dit  le  Grand ,  digne  de  ce  glorieux  snmom ,  disons-le  en 
passant,  par  les  services  qu'il  rendit  au  Velày  contt^  les 
routiers  et  les  Anglais;  mais  une  charge  expresse  était  im- 
posée au  substitué  et  à  ses  successeurs,  celle  de  porter  les 
nom,  cri  et  armes  pures  et  entières  de  Polignàc.  Pierre 
de  Chalancon ,  à  son  avènement  à  la  vicomte,  quitta  donc 
les  armes  de  Chalancon,  pour  prendre  celles  de  Polignàc, 
et  à  son  nom  de  Pierre  il  joignit  celui  d'Armand.  Ses  suc- 
cesseurs Euivirent  rigoureusement  cet  exemple.  C'était  là 
une  des  lois  fondamentales  de  la  vicomte.  Aussi,  tontes  les 
fois  qu'on  est  en  présence  des  armes  entières  de  Polignàc 
(fascé  d'argent  et  de  gueules  de  six  pièces),  peut-oii  être  as- 
suré que  ce  blason  désigne  le  vicomte  de  Polignàc  seul  (l). 
Ce  n'est  pas  tout.  Par  son  testament,  Louis-Armand  P"", 
vicomte  de  Polignàc,  mort  en  145^,  disposa  de  la  baronnie 
de  Chalancon  en  faveur  du  fils  aîné  des  vicomtes,  ses  suc- 
cesseurs, à  la  charge  de  porter  les  nom  et  armes  de  Cha- 
lancon (écartelé  d'or  et  de  gueules  à  la  bordure  de  sable 
fleurdelisée  d'ar)  (2).  C'était  aussi  une  autre  loi  fondamen- 
tale de  la  maison  de  Polignàc,  et  chaque  génération  s'y 
conforma  jusqu'au  XVIIP  siècle.  Du  vivant  du  vicomte 
son  père,  le  fils  afné  s'appelait  donc  le  baron  de  Chalan- 
con (3)  et  portait  sur  son  écu  (mi-parti,  coupé  d'un  ou  écar- 


(1)  ChabroD,  Hhf.  de  la  maison  de  Polignuc,  liv.  x,  chap.  1. 

(3)  W.,  liv.  X,  chap.  19. 

(3)  Lors  des  Étms  génc^raox  en  1G14,  la  rrine-mcre,  aa  nom  da  roi,  con- 
réra  ao  vicomte  de  Polignàc  le  titre  de  marquis;  le  vicomte,  pour  nd  rien 
refuser  qui  vint  de  son  .prince,  accepta  bien  eo  titre,  mais  il  en  diaifea  sa 
barounie  de  ChalancoD  dont  son  fll<  aîné  portait  le  nom,  et  celtti-ci,  dès  lors. 


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MA(.  .269 

télé,  peu  importe)  les  armes  de  Poiignac  et  de  Ghalancon, 
les  unes  comme  fils  du  vicomte  de  Poiignac,  et  les  autres 
comme  baron  de  Ghalancon^ 

De  cette  façon,  le  blason  du  père  et  le  blason  du  fils 
étaient  distincts  Tun  de  l'autre,  sans  confusion  possible. 

Les  fils  puînés  du  vicomte ,  eux  aussi ,  portaient  les 
armes  de  Poiignac  et  de  Ghalancon;  mais,  pour  se  dis- 
tinguer de  leur  frère  aîné,  le  baron  de  Ghalancon,  ils  les 
différenciaient  par  une  brisure,  s'ils  n'étaient  pas  mariés, 
ou,  s'ils  étaient  mariés,  ils  plaçaient  sur  leur  écu,  à  côté  Je 
leurs  armes,  celles  de  leur  alliance. 

Quant  aux  femmes,  qu'elles  fussent  vicomtesses  de  Poii- 
gnac, baronnes  de  Ghalancon  ou  mariées  à  des  cadets,  leur 
blason,  suivant  l'usage,  se  composait  d'un  écu  mi-parti 
aux  armes  de  leurs  maris  et  de  la  maison  d'où  elles  étaient 
sorties. 

Le  style  gothique  de  la  légende  inscrite  autour  de  l'écu 
dénote  Tépoque  approximative  où  fut  façonnée  la  matrice 
de  sceau  qui  nous  occupe  :  c'est  la  un  dû  quinzième  siècle 
ou  le  commencement  du  seizième.  Or,  en  se  reportant  à  la 
généalogie  de  la  maison  de  Poiignac,  on  y  voit,  précisé- 
ment, figurer  un  Jean  de  Poligoac,  marié  à  Jeanne  de 
Jambes  :  leur  contrat  de  mariage  date  du  24  juin  1493. 

Jean  de  Poiignac  était  le  deuxième  iîls  de  Guillaume -Ar- 
mand II,  vicomte  de  Poiignac,  et  d'Amée  de  Saluées.  Son 
père  l'institua,  en  1478,  avant  de  mourir,  son  héritier  par- 


s'Éppeli  le  minfois  de  Cbalaoeoa.  Qaaat  b  Ioi«méme,  ii  préfén  rester  vicomte 
de  Poiignac,  «  «'estimant,  dit  Chabroo,  beaucoup  plus  gloricoi  et  relevé  de 
<  se  dire  vicomte  de  Polignao,  que  non  pas  comte  ou  marquis  de  ceux  de  la 
«  doazaine  et  depuis  trois  jours.  >  (Liv.  ir,  chap.  7.) 


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^70  RÉSUMÉ  J>E8  SÉANCES. 

4icttU«r  dans  les  baronnies  de  Ghalanooa  çt  de  EaïuUn  (1), 
à  la  charge  de  porter  lei  nom  et  armes  de  GhaUacon.  Mais 
cette  institution  particulière  ne  pat  sortir  à  effet»  du  moins 
pour  la  baronnie  de  Ghalancon,  car  il  se  troii?a  que  cette 
terre  é(ait  déjà  grevée  par  Louis-Armand  V^^  d'nae  substim- 
tion  en  faveur  des  seuls  ^aînés  de  la  maison  à  l'infiniv  Sim- 
ple putné,  Jean  de  Potignac  dut  chercher  le  nom  d'une  au* 
tre  terre,  et  de  Tagrément  du  chef  de  ia  famille,  le  vicomte 
Claude^ Armand  I*',  son  frère  aîné,  il  prit  le  titre  de  seigneur 
de  Beaumont,  terre  située  dans  le  voismage  de  la  Chaise- 
Dieu  et  qui  n'était  que  Tun  des  quatre  membres  de  la 
grande  baronnie  de  Ghalancon  <^).  Gemme  tons  les  cadets 
de  son  temps  qui  n'étaient  pas  d'égUse,  il  embrassa  la  car- 
rière des  armes  ;  il  fit  sous  Mathieu,  bâtard  de  Bonihon, 
seigneur  de  Roche-en -Régnier  et  amiral  de  France,  les 
guerres  de  Flandre  et  de  Bretagne,  qui  marquèrent  Jes  pre- 
mières années  du  règne  de  Charles  YIII  ;  et,  lorsque  ce  roi 
alla  conquérir  le  royaume  de  Naples,  Jean  de  Polignae 
remplit  en  Italie  d'importants  commandements,  Sn  1495, 
il  était  gouverneur  de  Livourae,  et,  à  la  veille  de  la  journée 


(1)  La  terre  de  Randan  avait  été  apportée  en  «ariage,  ea  1^6,  par  tf  Mf  nerite 
d«  Saligny,  fille  de  Lourdin  de  Saiignr,  haron  de  SaligDj  et  de  Randani  et  de 
Catherine  de  la  Mothe-Saint-Jeau,  i  Pierre  de  Ghalancon,  fils  de  Gnillaume  de 
Chalancon  et  de  Valpurge  de  Polignac,  le  premier  des  baret»  de  Chalanwit  ^ui 
soeoéda  à  la  Ticemté  de  PolisMc.  (Gdabn»,  lir.  is»  cb|p,  l&  et  liv,  x.  efaap.  2.) 

(3)  Le  château  de  Beaumont,  aujourd'hai  rainô,  sï'luTait»  entre  Jullian^es 
et  Saint-Victor,  sur  une  jolie  colline,  d'où  la  vue  embrasse  la  riante  vallée 
de  la  Dore  jusqacs  par-delîi  Dore-rÉglise  et  Ariane.  C'est  par  le  mariage, 
Ters  1S40,  d'ÉgiîBc  de  ScaaBMt  arec  Bertraad  ds  Ciiatoiic»ii«  ^m  cetta  Jm- 
renaie  était  airivée  daoa  la  aaaisoa  d«  ChalaiwMi.  Us  aicifiift  seiga^sn  éi 
BeaamoBt  étaient  les  foaëalearf  da  pneoré  de  GbiBaK^Ni-Mf-Loire,  (Clia- 
brou ,  liv.  IX,  chap.  7.) 


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MAI.  ^74 

de  Fornoue^  il  fat  détadaéi  ay«o  \9  seigneur  de  Bresse,  de- 
puis duo  de  Savoie,  et  le  seigneur  d'Aubijoux,  pour  tenter, 
à  la  tète  de  six  vingts  hommes  d'armes  et  de  cinq  mille  ar« 
balétriers,  une  attaque  contre  Gènes.  En  l&OO,  il  reçut  des 
Lucquois,  au  nom  du  roi  Louis  XII,  les  clefs  de  Pietra- 
Santa,  et  le  29  juin  de  la  même  année,  il  mit,  mais  sans 
succès,  le  siège  devant  Pise.  U  mourut  en  octobre  sui* 
¥ant<i).  C'est  de  lui  que  parlent  GrUichardin. (2)  et  autres 
historiais  italiens  du  temps,  sous  le  nom  de  seigneur  de 
Beumont  ou  de  Beaumont. 

Jeanne  de  Jambes  ou  de  Ghambes  (on  disait  et  on  écri* 
valt  indilTéremment  l'un  ou  l'autre)  était  la  fille  ainée,  d'à* 
près  Godefroy,  l'éditenr  des  mémoires  de  Philippe  de  Corn- 
myues  (3)^  ou  la  fiUe  cadette,  d'après  Ghabron  (4),  dont 
l'autorité  me  parait  préférable,  de  Jean  de  Jambes,  seigneur 
de  Montsoreau,  premier  maître  d'hôtel  et  l'un  des  principaux 
conseillers  du  roi  Gharles  VU,  et  de  Jeanne  de  Chabot.  Sa 
sœur  Hélène  avait  épousé,  en  1473,  Philippe  deCommynes, 
prince  de  Talmond  et  seigneur  d'Argenton,  le  confident  de 
Louis  XI  eti*immortel  historien  de  ce  roi  et  de  Charles  VIII. 
Jeanne  de  Jambes  était  Tune  des  demoiselles  d'Anne,  du^ 
chesse  de  Bretagne  et  reine  de  France  ;  en  son  contrat  de 
mariage,  suivant  Ghabron,  le  roi  et  la  reine  «  usèrent  de  li* 
béralité  en  son  endroit.  » 

La  terre  du  Luguet^  seigneurie  située  dans  les  montagnes 


(1)  Ghibron»  liv.  t,  cbap.  19. 

{2j  Hist.  des  guerres  â'IMie,  Irai,  de  t'Uai,,  1738,  ia-l«,  l    /,  p.  *^li 
•391,  SSiiiSn. 

(3)  Bnuelles,  in-13,  17d3,  t.  ir,  p.  9^.   . 

(4)  Ghabron,  liv.  x,  cbap.  19. 


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272  RKStMÉ   DKS  SÉANCKS. 

du  Gézailler,  sur  les  confins  de  la  basse  et  de  la  haute  Au- 
vergne, appartenait  à  la  maison  de  Polignac,  depuis  qa*en 
1320.Beraud  de  Mercœur,  connétable  de  Champagne,  en 
avait  disposé,  par  son  codicille,  en  faveur  de  Pons  de  Poli- 
gnac,  doyen  de  Brioude,  son  cousin  (  1  ).  D*après  les  lois 
traditionnelles  qui  régissaient  la  dévolution  des  biens  de  cette 
grande  famille,  cette  seigneurie  faisait  partie  de  la  «  terre 
cléricale  (2),  »  c'est-à-dire  qu'elle  éiait  Tune  des  terres 
spécialement  réservées  pour  l'apanage  des  cadets  d'église; 
à  leur  défaut,  elle  était,  suivant  les  circonstances,  attri- 
buée aux  autres  cadets  non  d'église ,  ou  même  donnée  en 
douaire  à  leurs  veuves. 

Le  titre  de  dame  du  Luguet,  que  Jeanne  de  Jambes  prit 
sur  son  sceau,  signifie  donc  que  cette  seigneurie  formait 
son  douaire  après  la  mort  de  son  mari  ;  c'est  ainsi  qu'elle 
en  était  vraiment  la  dame,  domina.  Aussi  doit-on  assigner 
aux  deux  derniers  mois  de  l'année  1500  ou  à  1501  l'épo* 
que  où  elle  fit  graver  son  sceau. 

Du  mariage  de  Jean  de  Polignac  et  de  Jeanne  de  Jam« 
bes,  naquit  une  fille  unique,  Anne  de  Polignac,  dite  aussi 
Antoinette,  filleule  de  la  reine  Anne.  Elle  fut  mariée  en 
premières  noces  à  Charles  de  Bueil,  comte  de  Sancerre,  tué 
à  Marlgnan,  et  en  secondes  noces  à  François  II,  comte  de 
La  Rochefoucaud.  Par  la  liquidation,  en  1503,  de  ses  droits 
paternels  dans  les  biens  de  la  maison  de  Polignac,  elle 
a\ait  recueilli  la  terre  de  Randan  et  la  coseigneurie  de  Pra- 


(1)  Baluze,  Uist.  de  la  maison  d'Auvergne,  t.  ii,  p.  339. 

(S)  La  c  terre  cléricale  >  de  la  maison  de  Polignac  comprenait  les  terres 
et  seigneuries  du  Lugaet,  de  Salezait  et  des  Etangs  d'Alleret.  C'était  Pons  de 
Polignac,  dojen  de  Brioude,  qui  avait  établi,  ea  1335,  par  son  testament,  cette 
curiettEe  substitution.  (Chabron,  liv*  tiii,  p.  8.) 


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MAI.  273 

délies  (remplacée  depuis,  après  éviction,  par  la  terre  du 
Luguet),  qu'elle  porta,  par  son 'mariage,  dans  la  maison  de 
La  Rochefoucaud.  Deux  souvenirs  historiques  se  rattachent 
à  Anne  de  Polignac  :  Elle  eut,  en  1540,  l'honneur  de  rece- 
voir au  château  de  Verteuil  l'empereur  Gharles-Quint  et  les 
enfants  de  France,  et  elle  fit  commencer  la  reconstruction 
du  château  actuel  de  Randan  (1). 

Estampilles  d'un  fondeur  duPuy.  —  M.  Lascombes 
communique  rempreinte  d'une  matrice  d'estampille  en 
fer,  d'un  fondeur  du  Puy.  Dans  le  champ  figure^le  mo- 
nogramme du  Christ  avec  la  date  1732;  autour  on  lit  : 
Jacque  Gtiilhaume,  et",  au-dessous  du  monogramme,  le 
chiffre '50. 

M.  Aymard  dit  que  cette  marque  de  fabrique  offre, 
dans  le  chiffre  50,  une  variété  de  deux  autres  emprein- 
tes précédemment  offertes  aux  collections  du  Musée  par 
M.  Hector  Falcon  qui  en  possède  les  originaux  trouvés 
au  Puy.  Celles-ci,— qui  montrent  le  môme  nom,  rappe- 
vant  Tune  des  anciennes  familles  de  fondeurs  de  notre 
eilleetun  semblable  monogramme  difChrist,  ainsi  que 
la  date  1732  —  portent  Tune  le  chiffre  25  et  l'autre  55. 

En  outre ,  M.  Falcon  a  recueilli  une  plus  petite  ma- 
trice d'estampille  ayant  pour  type  une  croix  sur  un  globe 
accosté  des  lettres!,  G.  Au  dessous  une  rosace  et  le  chif- 
fre 9.  Cette  marque  rappelle  aussi  le  fondeur  Jacque 
Guilhaume- 

Ces  sortes  d'estampilles  servaient  h  marquer  surtout 
des  vases  en  fonte  alors  que  le  métal  était  en  fusion, 

(1)  Chabron,  liv.  x,  chap.  -20. 

TOME  XXXI.  18 


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274  RÉSUMB  DES  SKANGRS. 

comme  on  le  yoit  sur  des  marmites  de  forme  élégante 
dont  M.  Falcon  a  recueilli  quelques  débris  (4). 


Personnel.  —  Demande  d'admission.  —  M.  le  Pré- 
sident fait  connaître  que,  conformément  à  ce  qui  a  été 
décidé  à  la  précédente  réunion,  M.  Jules  de  La  Bâtie, 
avocat,  ne  pouvant,  k  défaut  de  vacances  sur  la  liste  des 
membres  de  la  Société,  recevoir  le  titre  de  membre  ré- 
sidant, sollicite  celui  de  membre  non  résidant  pour 
lequel  il  avait  présenté  un  mémoire  sur  les  conditions 
des  classes  ouvrières  dans  le  département, 

£n  conséquence,  ce  travail  sera  examiné  par  une 
commission  composée  de  MM.  Chevallier-Balme,  Lan- 
glois  et  Âlcide  Hauras. 

Décès  de  M.  Edouard  Lartet,  membre  de  la  Société. 
-^  H.  le  Président  annonce  la  mort  de  H.  Lartet  père, 
membre  non  résidant,  et  acquitte,  au  nom  de  la  Société, 
le  tribut  de  ses  regrets.  Il  donne  ensuite  la  parole  à 
H.  Aymard,  qui  s'exprime  ainsi  : 

M.  Edouard  Lartet,  professeur  de  paléontologie  au  Mu- 
séum d'histoire  naturelle  de  Paris,  était  connu  par  des  tra- 


(1)  Depuis  cette  eommunicatioa  faite  à  la  Société,  M.  Hector  Falcon  a 
donné  la  Masée  ces  cnrienses  marques  de  fabriqae,  et  M.  Loais  Bondoin  a 
offert  également  des  spécimens  de  semblables  marques  appliquées  sur  des 
frigments  de  vases  en  fonte.  Ces  pièces  font  partie  d'une  collection  déjîi  in- 
téressante d'objets  de  fonderie  provenant,  en  grande  partie,  des  ateliers  d'an- 
ciens fabricants  de  la  ville  du  Pny,  dont  la  renommée  avait  franchi  les  limi- 
tes de  notre  pays. 


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MAI.  S75 

Taux  qui,  depaîs  quelques  années,  ravalent  placé  au  pre- 
mier rang  parmi  les  savants  qui  ont  le  plus  contribué  à 
Tavancement  de  la  science  des  fossiles  et,  en  outre,  à  la 
connaissance  de  la  haute  ancienneté  de  l'homme. 

Il  avait  préludé,  dans  ses  recherches,  par  Texploration  de 
la  colline  de  Sansans  qui  lui  fournit  une  faune  des  plus  in- 
téressantes appartenant  à  l'un  des  étages  supérieurs  du  ter- 
rain tertiaire  moyen  ou  miocène.  Parmi  les  nombreuses  es- 
pèces dont  elle  se  composait,  Lartet  signala  la  présence  du 
premier  singe  qui  ait  été  rencontré  à  l'état  fossile  (proiO' 
piihecus  aniiquus).  Cette  découverte  était  importante,  car 
l'illustre  initiateur  de  la  paléontologie  en  France,  Guvier, 
dans  son  Discours  sur  les  révolutions  du  globe,  non-seulement 
n'admettait  pas  que  Thomme  eût  été  trouvé  à  Tétat  fossile, 
mais  ne  croyait  même  pas  à  l'existence  du  singe  fossile. 

Les  éludes  de  notre  savant  confrère  l'amenèrent  ensuite 
à  prendre  une  part  active  aux  investigations  qui,  de  toutes 
parts,  en  France,  comme  en  d'autres  pays  de  l'Europe, 
avaient  pour  objet  la  recherche  des  traces  de  l'homme  à  des 
époques  considérées  comme  géologiques. 

Après  les  Tournai,  les  de  Christel,  Bmilien  Dumas  qui, 
sous  ce  rapport,  avaient  exploré  fructueusement  les  caver- 
nes du  midi  de  la  France,  Boucher  Je  Perlhes  recueillait  pa- 
tiemment, dans  les  graviers  des  environs  d'Abbeville,  les 
silex  taillés  qui  devaient  bientôt  établir,  malgré  bien  des 
préventions,  l'un  des  plus  anciens  âges  des  temps  dits  pré- 
hisloriques. 

C'était  alors  également  qu'en  1844^  nous  signalions  à  la 
Société  géologique  de  France  la  découverte  de  fossiles  hu* 
mains  dans  les  déjections  des  cendres  et  brèches  volcani- 
ques du  mont  Denise,  près  le  Puy.  Cette  trouvaille,  dont 


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276  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

l'intérêt  n*est  plus  mécoiinn,  avait  alors ,  en  commun  avec 
celle  d'Âbbevillo,  le  sort  de  toutes  celles  qui  les  avaient 
précédées  :  elle  était  le  sujet  de  contestations  qui  s'étaient 
produites  d'abord  à  la  Société  géologique  et  puis  au  Congrès 
scientifique  tenu  au  Puy  en  1855.  Néanmoins,  à  Tappel  de 
M.  le  Ministre  de  l'Instruction  publique,  en  1859,  M.  Lartet 
se  joignit  à  M.  Hébert,  géologue  et  professeur  très-distin- 
gué, pour  visiter  le  lieu  de  la  découverte,  ainsi  que  les  fos- 
siles qui  y  avaient  été  recueillis.  C'était  l'époque  où  les 
recherches  de  Boucher  de  Perthes  commençaient  à  appeler 
l'attention  d'illustres  savants  anglais  qui  ne  devaient  pas 
tarder,  conjointement  avec  d'autres  géologues  éminents  de 
la  France,  à  proclamer  toute  leur  importance.  Mais  les  nou- 
velles croyances   n'avaient  pas  conquis  encore  la  faveur 
qu'elles  ont  reçues  depuis  lors,  et  Lartet,  dont  l'extrême 
prudence  était  un  des  traits  de  son  esprit,  hésitait  encore 
à  se  prononcer  sur  nos  fossiles  de  Denise,  lorsque,  peu 
après,  M.  Lyell,  l'éminent  président  de  la  Société  géologi- 
que de  Londres,  se  rendit  également  au  Puy,  et,  après  en 
avoir  conféré  à  Paris  avec  MM.  Hébert  et  Lartet  et  recueilli 
leurs  opinions,  publiait,  plus  tard,  en  1864,  de  judicieuses 
observations,  au  sujet  de  ces  fossiles,  dans  son  ouvrage  sur 
VAncienneié  de  Vhomme  prouvée  par  la  géologie,  tandis  que, 
de  son  côté,  M.  Poulett  Scrope,  son  savant  compagnon  de 
voyage,   confirmait    la  même  découverte  qu'il  avait  déjà 
consignée,  en  1858,  après  une  précédente  visite,  dans  un 
intéressant  chapitre  de  la  réédition  de  son  ouvrage  sur  la 
Géologie  des  volcans  éteints  du  centre  de  la  France, 

C'est  à  partir  de  cette  époque  que  notre  confrère  entreprit 
de  s'occuper  plus  complètement  de  recherches  anthropolo- 
giques. Dès  l'année  1860,  il  publiait  une  Note  sur  Vancien" 


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MAI.  377 

neté  géologique  de  Vespèee  humaine  dans  VEurope  occidentale, 
note  qui  fut  imprimée  dans  la  bibliothèque  universelle  de 
Genève.  A  dater  de  cette  même  année,  nous  le  voyons  étu- 
diant  avec  une  rare  persévérance  et  des  succès  très-remar- 
quables les  cavernes  qui  recèlent  tant  et  de  si  curieux 
restes  du  séjour  de  l'homme  aux  premiers  âges  des  temps 
préhistoriques. 

Durant  ces  belles  recherches  dans  les  cavernes,  Lartet  ne 
nous  avait  point  oublié.  Très-généreux,  et  en  collaboration 
avec  un  riche  collectionneur  anglais,  M*  Ghristy,  en  1863, 
il  avait  pris  soin  d'enlever  de  la  caverne  des  Eyzies 
toute  Taire  de  la  caverne,  sorte  de  concrétion  ossifère  rem- 
plie d'objets  en  silex  et  d'os  fossiles  de  renne,  etc.,  que  ces 
savants  répartirent  libéralement  entre  les  principaux  Mu- 
sées de  l'Europe,  celui  de  la  ville  du  Puy  compris. 

Ces  investigations,  jointes  à  beaucoup  d'autres  travaux 
paléontologiques,  non  moins  considérables  et  qu'il  serait 
trop  long  d'énumérer,  ne  l'empochèrent  point  cependant  de 
revenir  au  Puy.  Il  nous  visitait  encore  une  fois,  en  1863, 
en  compagnie  d'un  illustre  paléontologiste  anglais,  fd.  Fal- 
coner,  pour  y  étudier  le  gisement  devenu  célèbre  des  fossiles 
de  Ronzon,  le  seul  qui  représentât  alors,  en  Europe  et  ail- 
leurs, l'étage  le'  plus  inférieur  du  terrain  tertiaire  miocène, 
non  moins  que  les  richesses  paléontologiques  que  ce  gise- 
ment et  beaucoup  d'autres  avaient  fournies  aux  collections 
du  Musée  et  à  celles  de  divers  observateurs  de  notre  pays. 
Depuis  cette  époque,  notre  excellent  confrère  n'avait  pas 
cessé  d'entretenir  avec  nous  de  scientifiques  et  affectueuses 
relations.  En  1866,  il  en  donnait  un  nouveau  témoignage 
par  un  don  d'objets  provenant  de  la  caverne  de  la  Madeleine 
qu'il  o£&it  pour  notre  Musée.  L'un  de  nous,  l'année  suivante, 


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278  RÉSUMÉ  DBS  SÉANCES. 

venu  à  Paris  pour  étudier  les  galeries  archéologiques  de 
l'histoire  du  IraTail  à  rezpositionuniTerselle,  avait  occasion 
do  le  revoir  et  d*admirer  Tordre  très-méthodique  des  salons 
d'antiquités  préhistoriques  auquel  Lartet  avait  coopéré  en 
sa  qualité  de  président  de  la  commission  chargée  de  les 
organiser. 

Durant  le  cours  de  ces  bons  rapports  de  confraternité  fut 
conçue,  au  sein  de  notre  Société,  la  pensée  de  réunir  au 
Musée,  dans  un  salon  spécial,  les  antiquités  préhistoriques 
du  département  mises  en  regard,  à  titre  de  comparaison, 
des  spécimens  provenant  de  toutes  les  stations  préhistori- 
ques et  des  objets  ethnologiques  apportés  des  pays  sauva- 
ges. Lartet  se  plut  à  encourager  ce  projet  à .  la  réalisation 
duquel  il  désirait  coopérer  par  sa  haute  position  dans  la 
science,  ses  titres  d'ancien  président  et  membre  de  plusieurs 
associations  scientifiques  et  de  membre  de  la  commission 
du  Musée  national  de  Saint-Germain.  Mais  sa  mort,  hâtée 
par  la  crise  lamentable  que  nous  avons  traversée,  vient  de 
laisser,  comme  dans  les  hautes  sphères  de  la  science,  un 
vide  au  sein  de  notre  Société. 

Né  dans  le  Gers,  le  15  avril  1801 ,  Edouard  Lartet  est  dé- 
cédé, d^ns  ce  département,  le  28  janvier  1871  (t). 

Son  fils,  M.  Louis  Lartet,  remplace  dignement  notre  re- 


(l)  Depuis  la  féaace  de  la  Société,  de  mai  1871,  la  famille  de  notre 
confrère  a  piblié  une  brochore  intitulée  :  Vie  et  tfvaux  d'Edouard  Lar- 
M.  Jfntieu  et  dUeourt  fu^liét  à  l'oceation  de  ta  mort.  Paris,  G.  Reinwald  et 
€'•,  1879.  On  trouvera  dans  eet  intéressant  recueil  toutes  les  notions  con- 
cernant les  éludes  générales  de  Lartet.  Celles  qui  sont  consignées  ici,  n'ayant 
pu  7  trouver  place ,  par  lear  application  restreinte  aux  travaux  de  notre 
Société,  auront  au  Moins  l'intérêt  de  conserver,  parmi  nous,  ie  souvenir  de 
l'un  de  DOS  plus  regttttés  confrères. 


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MAI.  S79 

gretté  confrère  dans  los  belles  études  qni  l'ont  illustré, 
aussi  bien  que  dans  nos  sympathies.  Elu  membre  de  notre 
Société,  en  1869,  il  avait  contribué  au  choix  que  la  Société 
géologique  avait  fait  de  la  ville  du  Puy  pour  la  session  du 
Congrès  tenu  cette  même  aimée.  Il  se  distingua  également 
daus  l'organisation  et  les  travaux  de  cette  laborieuse 
assemblée. 

Décès  de  Af.  le  docteur Andrieux.^  M.  Je  Président 
fait  part  de  la  mort  d'un  autre  de  nos  confrères  non  ré- 
sidants, en  exprimant  aussi  les  regrets  de  là  Société. 
M.  Ândrieux,  docteur  médecin,  a  succombé  encore  jeune. 
Esprit  élevé  et  pratique,  il  brillait  par  ses  rares  qualités 
d'administrateur.  II  a  été  le  créateur  d*un  remarquable 
établissement  d'hydrothérapie  et  de  la  Société  d'horti- 
culture et  de  viticulture  de  Brioude.  Comme  maire  de 
cette  ville,  il  avait  réalisé  de  notables  améliorations.  Ou- 
tre ses  diverses  publications  scientifiques,  les  services 
publics  et  privés  qu'il  a  rendus  à  son  pays  natal  ren- 
dront longtemps  sa  mémoire  chère  à  ses  concitoyens. 

Question  de  l'assistance  des  membres  de  la  Société 
aitx  séances.  —  M.  le  Président  appelle  l'attention  de 
la  Société  sur  la  question  soulevée,  dans  la  précédente 
réunion,  relativement  à  Texôcution  de  l'art.  3  du  règle- 
ment. Aux  termes  de  cet  article,  le  nombre  des  membres 
résidants  ne  peut  excéder  Cinquante.  Le  titre  de  mem- 
bre résidant  emporte  virtuellement  l'obligation  d'assister 
aux  séances  mensuelles.  Or,  depuis  plusieurs  années, 
quelques-uns  de  nos  confrères  ne  s'y  rendent  plus  ;  dans 
le  courant  de  l'année  dernière,  neuf  d'entre  eux  n'ont 


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280  RRSUMÉ  DES  SÉANCES. 

été  préseats  à  aucune  des  réunions  de  la  Société.  Cette 
abstention  est  un  abus  qui,  à  la  longue,  pourrait  rendre 
nos  séances  presque  désertes.  M.  le  Président  demande 
comment  il  serait  possible  d*y  obvier. 

M.  Louis  Balme  exprime  la  pensée  que  Tart.  3  semble 
être  abrogé  par  la  désuétude  dans  laquelle  il  est  tombé. 

M.  le  docteur  Martel  rappelle  qu'il  y  a  quelques  an- 
nées, on  réclama  Texécution  de  cette  disposition  du  rè- 
glement. Des  candidatures  au  titre  de  membre  résidant 
s'étaient  produites  et  un  membre  résidant  qui  n'habitait 
plus  le  Puy,  sur  la  demande  qui  lui  fut  faite,  échangea 
ce  titre  contre  celui  de  membre  non  résidant.  Si  ac- 
tuellement on  recule  devant  des  demandes  analogues, 
M.  Martel  émet  l'avis  que,  pour  ouvrir  les  rangs  de  la 
Société  aux  candidats  qui  désirent  prendre  une  part  ac- 
tive à  nos  travaux,  le  nombre  des  membres  résidants 
doit  être  rendu  illimité. 

M.  Balme  se  rallie  à  cette  dernière  opinion. 

M.  le  Président  fait  observer  que  c'est  toujours  chose 
grave  de  modifier  un  règlement  ancien  et  sagement 
mûri.  De  plus,  rendre  le  nombre  des  membres  résidants 
illimité  comme  celui  des  membres  non  résidants,  ce  se- 
rait porter  atteinte  à  la  valeur  du  premier  titre,  lequel 
ne  serait  plus  aussi  recherché,  à  cause  de  la  facilité  avec 
laquelle  on  saurait  pouvoir  l'obtenir.  D'ailleurs,  notre 
nouveau  confrère  M.  Isidore  Hedde,  qui  n'a  pu  assister 
à  la  présente  réunion,  annonce  l'intention  de  propose, 
des  modifications  au  règlement;  peut-être  conviendrait-il 
de  surseoir  pour  le  tout  jusqu'à  la  séance  prochaines 
£n  attendant,  la  Société  charge  M.  le  Secrétaire  d'é- 
crire à  ceux  de  nos  confrères  qui  n'assistent  plus  aux 


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MAI.  2H1 

séances  poar  les  préyenir  qu'elle  se  propose  de  remet- 
tre en  yigaenr  l'article  3  du  règlement. 

A  sept  heures,  la  séance  est  levée. 

Le  Secrétaire, 
AuG.  CHASSAING. 


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SÉANCE   MENSUELLE 

DU  LUNDI  5  JUIN 


SOMMAIRE 

Ledore  du  procès-verbal.  —  Mus<i  :  Dons  d*an  psautier  des  capocins  de 
Langeac  ofTerl  au  nom  du  conseil  de  fabrique  de  l'église  paroissiale  de 
cette  ville  par  M.  Aimé  Giron.  —  OuvaAais  niços:  Culture  des  pommes 
de  terre.  Effets  des  froids  de  l'hiver  ïur  les  vignes  et  arbres  fruitiers  ;  re- 
marques îi  ce  sujet  par  M.  le  Président  et  MM.  le  docteur  Langlois,  Chevallier, 
de  Châteauneuf  et  Benott.  Le  sinapis  arvetuis,  Chaulage  des  terres  d'après 
un  ouvrage  de  MM.  Justin  Dorlhac  et  Saminn.  Concours  régional  de  Gler- 
mont,  d'après  un  rapport  imprimé  de  M.  Félix  Grellet.  —  Communications  : 
Observations  de  M.  de  Cliâieauneuf  sur  la  mission  et  les  charges  qui  incom- 
bent aux  Sociétés  savantes  dans  les  circonstances  présentes.  Station  d'étalons 
au  Pny.  Apostolidté  desiglvtetic  France,  par  M.  l'abbé  Frugère.  Manuscrit 
de  Chabron  sur  la  maison  de  Polignac.  Reprise  de  la  publication  des  Chroniques 
d'fitieone  Médicis.  Rapport  de  M.  Cheval lier-Balme,  sur  la  candidature 
de  M.  Jules  de  La  Bâtie,  au  titre  de  membre  non  résidant;  admission.  De- 
mande par  M.  Giron-Pislre,  d'une  mutation  du  titre  de  membre  résidant 
en  celui  de  non  résidant.  Décès  de  M.  Vibert;  sa  nécrologie  par  M.  de 
Brive,  Président.  Décès  de  M .  Bonnet,  concierge  du  Musée  ;  regrets  expri- 
més par  M .  le  Président. 


Présidence  de  M.  de  Briye. 

A  trois  heures,  la  séance  est  ouverte. 

Le  procès-verbal  de  la  précédente  réunion  est  lu  et 
adopté. 


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JUIN.  283 


MUSEE. 


Dons.  — Psautier  des  capucins  de  Langeac  et  vieux 
cadenas.  —  M.  Aimé  Giron,  yice-secrétaire,  rappelle 
qu'à  la  séance  du  i*'  août  1870,  la  Société,  désireuse 
d'accroUre  la  collection  typographique  qui  est  en  voie 
de  formation  dans  notre  Musée,  avait  accueilli  avec 
intérêt  la  proposition  d'y  joindre  un  grand  et  beau 
psautier  récemment  découvert  dans  un  réduit  du 
clocher  de  l'église  paroissiale  de  Langeac.  A  la  séance 
suivante,  notre  confrère  fit  part  du  succès  de  ses  dé- 
marches et  nous  donna  un  succinct  aperçu  du  livre. 
Aujourd'hui  que  cet  ouvrage  est  déposé  sous  les  yeux 
de  la  Société,  notre  confrère  peut  en  faire  une  descrip- 
tion plus  détaillée. 

Ce  psautier  paraît  provenir  d'un  couvent  de  capucins 
qui,  depais  l'an  4631  jusqu'à  la  première  Révolution,  a 
existé  à  Langeac.  Imprimé  en  4686  chez  les  capucins 
de  Carcassonne,  il  est  de  format  grand  in-folio  en  deux 
volumes  de  405  et  406  pages  sur  très-fort  papier  velin 
sans  filigrane. 

Il  a  pour  titre  :  psalterium  rohanuh  juxta  brrvia- 

RIUM    EX   DEGRETO    SANGROSANGTI    GONGIUI    TRIDENTINI 
RBSTITUTUM    IN  DUOS  TOMOS  RESTITDTUM.  CaVCaSSOnneB 

apud  Capucinos.  m.  dg.  lxxxvi. 

La  première  page  frontispice  renferme  cet  intitulé 
dans  une  magnifique  gravure,  exécutée  à  Paris  par  Pi- 
card dit  le  Romain,  et  dont  le  sujet  est  la  Vierge  imma- 
culée, adorée  dans  le  ciet  par  deux  anges  et  sur  la  terre 


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264  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

par  deux  religieux  ;  avec  insignes  des  capucins  au  bas 
de  la  planche. 

L'impression  du  texte  est,  pour  l'époque,  un  type  re- 
marquable de  Tart  typographique  appliqué  aux  livres 
liturgiques,  soit  à  cause  de  la  grandeur  et  de  la  forme 
des  lettres  et  de  l'espacement  des  lignes,  soit  pour  la 
régularité  du  tirage,  la  vigueur  et  la  pureté  des  encres 
noire  et  rouge  dans  les  alternances  des  lignes  et  les 
titres  courants  et  intercalations  de  mots  qui  jouent  un 
rôle  si  important  dans  ces  sortes  d'ouvrages.  L'oeuvre 
serait  parfaite  si  parfois  l'alignement  des  lettres  ne  lais- 
sait à  désirer. 

La  forme  ou  Y  oeil  de  la  lettre  est  en  elzémr.  Sa  force, 
en  termes  typographiques,  répond  au  corps  1%  ou  triple 
canon. 

On  n'admire  pas  moins  les  grandes  lettres  initiales 
dites  lettrines  gravées  sur  un  fond  que  décorent  des 
sujets  divers  tels  que  fleurons,  figures  d'animaux,  cor- 
beilles et  vases  de  fleurs. 

Le  dernier  feuillet  du  môme  premier  volume  présente, 
écrit  à  la  main,  en  caractères  semblables  à  l'elzévir  du 
texte  imprimé,  un  hymne  en  vers  saphiques  à  l'hon- 
neur de  l'archange  saint  Michel.  Il  est  orné  d'une  grande 
lettre  initiale  se  détachant  sur  une  gracieuse  tige  de 
feuilles  et  de  fleurs  dont  la  coloration  à  l'aquarelle,  au- 
jourd'hui atténuée  par  le  temps,  ne  devait  pas  être  sans 
éclat. 

Enfin  la  reliure  en  basane  est  renforcée  de  coins  en 
cuivre  ornementés,  outre  les  plaques  de  même  métal 
ayant  servi  pour  les  courroies  à  fermoirs. 

M.  Aimé  Giron  offre  également,  pour  la  collection  des 


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JUIN.  385 

pièces  de  serrurerie,  trois  cadenas  en  fer,  dn  dix-hui- 
tième siècle,  intéressants  par  leurs  formes  et  leurs  mé- 
canismes assez  curieux. 

M.  le  Président  exprime  à  M.  Giron  les  remercîments 
de  la  Compagnie. 


OUVRAGES  REÇUS. 


Agriculture.  —  Culture  des  pommes  de  terre.  — 
M.  le  Président  signale  un  article  du  Journal  d'agri- 
culttire  de  M.  Barrai  qui  mérile  d'être  pris  en  sérieuse 
considération,  cette  année,  au  sortir  des  crises  terribles 
de  rinvasion  et  des  intempéries  du  dernier  hiver.  Cet 
article,  signé  par  M.  V.  Chatel,  le  savant  expérimen- 
tateur en  ces  matières,  est  intitulé  :  Moyen  très-facile 
d'obtenir^  cette  année,  une  abondante  récolte  suppléa 
mentaire  de  pommes  de  terre,  entre  celle  des  fourra- 
ges de  printemps  et  les  labours  d'automne.  Le  moyen 
consiste  à  exposer  et  à  étendre  dès  à  présent  sur  le 
sol,  au  grand  air  et  au  jour,  les  pommes  de  terre 
destinées  aux  plantations  de  juin  ou  même  encore  du 
commencement  de  juillet.  Sous  cette  double  influence 
du  grand  air  et  du  soleil,  ces  tubercules  verdissent,  le 
travail  de  germination  se  ralentit  considérablement. 
Les  germes  restent  très-verts,  courts  et  trapus.  Dans 
cet  état,  ils  ne  s'étiolent  pas  avant  les  plantations  et 
conservent,  ainsi  que  les  tubercules,  toute  leur  force 
végétative.  Les  pommes  de  terre  ainsi  semées  poussent 
immédiatement  avec  une  grande  vigueur  et  donnent, 


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M6  RÉSUMÉ  DES  SÉAFTCBS. 

après  quatre  mois  ou  quatre  mois  et  demi  de  végàtation, 
une  aboudaule  récolte  exempte  de  maladies. 

Vignes  et  arbres  fruitiers, — ^Le  même  journal  contient 
un  article  concernant  les  effets  du  froid  de  l'hiver 
4870  4874  sur  les  vignes  du  Bordelais.  Dans  beaucoup 
de  situations  basses  et  humides,  dans  des  terrains  lé- 
gers, sur  des  plateaux  argilo-siliceux,  à  des  expositions 
méridionales,  etc.,  on  a  vu  les  vignes  se  montrer  insen- 
sibles aux  excitations  du  printemps  et  offrir  les  aspects 
tristes  et  désolés  du  milieu  de  Thiver.  La  vigne  a  été 
tuée  sur  bien  des  points  dans  ce  terrible  hiver  de  4  870- 
4874,  par  les  basses  températures  et  les  alternatives  su- 
bites de  gel  et  de  dégel. 

En  ce  qui  concerne  notre  région,  M.  le  docteur  Lan- 
glois  constate  qu'aux  environs  de  Brioude  bien  des  ceps 
ont  péri;  les  souches  généralement  atteintes  sont  celles 
qui  étaient  élevées  sur  bois,  40  à  50  centimètres  envi- 
ron; celles  au  ras  du  sol  n*ont  pas  souffert. 

Cette  remarque  de  notre  confrère  soulève  la  question 
de  savoir  quelle  doit  être,  pour  la  vigne,  l'époque  de  la 
taille.  M.  Chevallier-Balme  a  taillé  après  la  vendange, 
et  chez  lui  aucun  cep  n'a  péri.  La  souche,  étant  recou- 
verte par  une  épaisse  couche  de  neige,  a  échappé  aux 
rudes  influences  de  la  gelée. 

M.  de  Brive  dit  que  dans  une  vigne  entourée  de  murs, 
qu'il  possède  à  Brive,  les  ceps  courts  ont  généralement 
résisté  au  froid  autour  des  murs.  Les  ceps  en  espalier, 
k  bois  élevé,  sont  morts,  mais  ils  repoussent  du  pied. 

Ces  trois  observations,  se  confirmant  Tune  par  l'autre, 
établissent  un  fait  qui  mérite  d'être  étudié  plus  complé- 


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JUIN.  287 

tement  pour  en  déduire  toutes  les  applications  possi- 
bles. 

M.  le  Président  signale  ensuite  les  effets  des  rigueurs 
du  même  hiver  sur  les  arbres  fruitiers.  Les  noyers  ont 
été  gravement  atteints,  slls  ne  sont  pas  tués.  Les  ar- 
bres des  jardins,  en  quenouilles  et  espaliers ,  offrent 
beaucoup  de  branches  mortes.  Ceux  des  vergers,  plus 
élevés  et  par  conséquent  plus  exposés  aux  oscillations 
et  aux  courants  de  Tair,  en  général,  n'ont  que  peu  souf- 
fert. En  somme ,  ce.  sont  les  arbres  fruitiers  à  noyaux 
qui^  plus  que  tous  les  autres,  ont  éprouvé  les  rigueurs 
de  cet  hiver  exceptionnel. 

M.  de  Chàteauneuf  se  demande  si  la  gelée  est  bien 
Tunique  cause  de  la  mort  des  arbres  dont  il  vient  d'ôtre 
parlé,  car  il  a  observé  que  de  petits  arbres  à  l'exposi- 
tion du  nord  ont  résisté.  La  sécheresse  qui  a  précédé 
l'hiver  n'entrerait-elle  pas  pour  une  part  dans  le  désas- 
tre de  nos  arbres  fruitiers? 

M.  Benoît,  sans  rejeter  formellement  l'opinion  de 
M.  de  Chàteauneuf,  pense  que  les  arbres  exposés  au 
nord  ont  été  plus  ou  moins  préservés  parce  qu'ils  n'ont 
pas  subi,  après  les  gelées,  l'impression  trop  prompte  du 
dégel;  on  sait  combien  peuvent  être  funestes  à  certaines 
essences  d'arbres  ces  alternatives  de  température. 

M.  le  Président  ajoute  que,  chez  lui,  à  la  Darne, 
commune  de  Coubon  ,  le  sol  est  d'une  nature  humide, 
reposant  sur  un  sous-sol  constamment  imbibé  par  les 
infiltrations  des  eaux  de  la  Loire  et  que,  dans  ces  con- 
ditions, ses  arbres  ont  eu  le  même  sort  des  autres.  La 
sécheresse  ne  lui  paraît  donc  pas  une  raison  à  ajouter  à 
celle  déjà  très-grave  delà  rigueur  hivernale.  D'ailleurs, 


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288  RÉSUME  DES  SÉANCES. 

les  arbres  attaqués  par  la  sécheresse  dépérissent  ordi- 
nairement dès  Tautomne. 

Le  sinapis  arvensis.  —  M.  le  Président  a  remarqué 
aussi,  dans  le  Journal  d'agriculture,  un  petit  article 
sous  le  titre  :  Un  bon  légume  fourni  par  une  mauvaise 
plante.  Il  existe,  dans  les  champs  et  les  lieux  incultes, 
une  plante  trës-rirace  et  très-envahissante  que  le  bétail 
ne  mange  qu'avec  une  extrême  répugnance.  C'est  le  si- 
napis arvensis,  la  moutarde  blanche.  Un  agriculteur  a 
eu  ridée  de  le  faire  entrer  dans  la  consommation.  L'ex 
périence  est  assez  concluante.  M.  de  Brive  demande  si 
ce  végétal  ne  serait  point  celui  que  nos  paysans  dési- 
gnent sous  le  nom  de  rabanelle.  Il  en  enverra  une  tige 
que  M.  Giron  se  charge  de  soumettre  à  Texamen  d'un 
botaniste  pour  en  obtenir  l'exacte  délermination. 

Chaulage  des  terres.  — Notre  confrère,  membre  non 
résidant,  M.  Justin  Dorlhac,  et  M.  Saminn,  auteurs 
d'une  brochure  inlitulée  :  Utilité  et  nécessité  du  chau- 
lage des  terres,  ont  fait  hommage  d'un  exemplaire  à 
la  Société.  M.  le  Président  a  beaucoup  pratiqué  le  chau- 
lage et  il  a  lu,  par  conséquent,  avec  une  grande  atten- 
tion ce  nouvel  appel  à  un  procédé  de  féconde  fertilisa- 
tion €  qui,  disent  les  auteurs,  depuis  cinquante  ans,  a 
quintuplé  le  rendement  de  la  terre  dans  le  département 
de  la  Mayenne,  et  fait  la  fortune  des  propriétaires 
comme  des  cultivateurs,  »  là  surtout  où  Ton  a  donné  au 
sol  beaucoup  de  chaux,  à  la  condition  de  lui  donner 
aussi  beaucoup  de  fumier.  A  cet  égard,  les  auteurs  ont 
essayé  de  contredire  H.  Barrai  dans  son  opinion  que  les 


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JUIN.  S89 

agriculteurs  de  Tarrondissement  de  Chàteau-Gontier 
avaient  abusé  du  chaulage  et  que,  par  suite,  l'épuisé- 
ment  du  sol  végétal  le  rendait  moins  productif;  à  quoi 
ils  répondent  que  <c  c'est  bien  plutôt  à  un  assolement 
vicieux  qu'on  doit  les  résultats  peu  satisfaisants  signalés 
stir  plusieurs  points  de  cet  arrondissement.  »  Mais  les 
observations  de  M.  Barrai,  qui  avaient  surtout  en  vue 
la  culture  de  la  luzerne,  probablement  confondue  par 
les  auteurs  avec  celle  du  trèfle,  conservent  une  partie 
de  leur  valeur.  U  n'en  faut  pas  moins  remarquer  que  le 
mémoire  de  MM.  Dorlhac  et  Saminn,  outre  le  mérite 
très-réel  des  études  chimiques  qui  le  recommande,  a, 
de  plus,  celui  d'être  très-instructif  et  utile  dans  ses 
conclusions  sur  les  avantages  du  chaulage  des  terres. 

Les  mêmes  auteurs  avaient  déjà  publié  en  4866  un 
mémoire  remarquable  au  double  point  de  vue  agricole 
et  industriel.  Il  a  pour  titre  :  Du  chaulage  des  terres  et 
de  la  fabrication  de  la  chaux  dans  le  département  de 
la  Mayenne,  Les  renseignements  qu'ils  donnent  sur  le 
chaulage  ne  sont  pas  moins  intéressants  que  ceux  relatifs 
aux  procédés  de  fabrication  delà  chaux;  des  planches 
d'une  parfaite  exécution  offrent  des  plans  et  coupes 
de  fours  à  chaux  qu'on  peut  recommander  comme 
pouvant  fournir  une  application  dans  notre  pays. 

Concours  régional  de  Clermont.  —  La  Société  a  re- 
çu également  d'un  autre  de  nos  confrères,  M.  Félix  Grel- 
let,  secrétaire  général  de  la  Société  d'agriculture  du 
Puy-de-Dôme,  un  compte-rendu  du  Concours  régional 
tenu  à  Clermont-Ferrand  au  mois  de  mai  4870.  C'est  un 
exposé  écrit  &  un  point  de  vue  critique,  mais  plein  de 

TOME  XXXI.  10 


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i90  nÉSUMK   DES  SKANCES. 

modération  et  basé  sur  une  série  de  faits  indubitables. 
L'auteur  remarque  que  la  partie  granitique  du  départe- 
ment du  Puy-de-Dôme  n'a  pas  été  représentée  au  Con- 
cours. Le  motif  de  cette  abstention,  d'après  M.  Grellet, 
est  que  l'agriculture,  dans  cette  région,  n'a  réalisé  en- 
core que  dé  bien  faibles  progrèf^  sous  le  double  rapport 
de  la  production  des  fourrages  et,  par  suite,  de  Télève  et 
de  l'amélioration  du  bétail.  Il  est  regrettable  aussi  qu'on 
n'y  ait  que  fort  peu  tenté  l'emploi  rationnel  de  la  chaux, 
éminemment  propre  à  opérer  sur  ces  terrains  une  vé- 
ritable révolution  agricole.  M.  Grellet  critique  les  con- 
cours régionaux  sur  d'autres  points  de  leur  programme, 
entre  autres  leur  mode  de  circonscription. 


COMMUNICATIONS. 

Mouvement  scientifique.  —  M.  de  Châteauneuf 
donne  lecture  d'une  étude  sur  la  mission  et  les  charges 
qui  incombent  aux  Sociétés  savantes  dans  les  circons- 
tances présentes.  Ce  travail  a  pour  but  de  montrer 
que  notre  Société,  dont  les  efforts  persévérants  ont  tou- 
jours tendu  à  répondre  au  programme  de  son  institution, 
doit,  plus  que  jamais,  aborder  tous  les  genres  de  tra- 
vaux qui  intéressent  le  progrès  très-sérieux  de  l'agri- 
culture^  des  sciences,  de  l'industrie  et  des  arts. 

M.  le  Président  exprime  l'intention  formelle  de  la 
Compagnie  de  maintenir  la  tradition  de  ses  vues  labo- 
rieuses dont  elle  a,  d'ailleurs,  donné  la  preuve  en  con- 
tinuant, pendant  le  cours  des  désastres  qui  ont  affligé 


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JUIN.  291 

la  patrie,  de  te&ir  ses  réunions,  nourries ,  toutes,  de 
communicatioDS  ayant  un  intérêt  d'actualité. 


Agriculture.  -  Station  (T étalons  au  Puy.  —  H.  le 
Maire  de  la  yille  du  Puy,  à  propos  d'une  proposition  de 
M.  le  Préfet  de  rétablir  au  Pu;  une  station  des  étalons 
d'Aurillac,  a  écrit  à  M.  le  Président  pour  le  consulter 
sur  la  question  de  savoir  jusqu'à  quel  point  cette  mesure 
intéresse  la  production  chevaline  dans  notre  pays.  Il 
demande  également  si  les  Irais  de  location  de  Técurie 
des  étalons  et  du  logement  du  palefrenier  incombaient 
jadis  à  la  Société  d'agriculture . 

M.  le  Président  rappelle  que  le  Conseil  général  votait, 
chaque  année,  une  somme  de  200  francs  affectée  au  lo- 
cal des  étalons.  Mais  cette  somme  ne  passait  jamais  par 
les  mains  de  la  Société  :  le  propriétaire  de  l'écurie  la 
touchait  directement.  En  ce  qui  concerne  la  réalisation 
de  la  mesure  proposée,  l'assemblée  estime  que,  par  suite 
du  retard  apporté  à  la  proposition  de  M.  le  Préfet,  l'ap* 
pel  des  étalons  du  gouvernement  est  inopportun,  au 
moins  pour  cette  année.  Il  sera  répondu  dans  ce  sens  & 
M.  fe  Maire. 


RisToiBE.  —  Apostolicité  des  Églises  de  France,  — 
M.  Tabbé  Prugôre  lit  un  rapide  historique  de  la  ques* 
tion  de  Tévangélisation  des  Gaules  au  premier  siècle. 

Ce  mémoire  embrasse  principalement  les  travaux  d'é- 
rudition mis  au  jour  sur  celte  question  de  critique  bis-' 
torique,  depuis  4848  jusqu'à  ce  jour. 


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t9S  RÉSUMÉ  DBS  séauges. 

L'assemblée,  intéressée  par  cette  communication  qui 
pourra  être  utile  aux  personnes  qui  font  de  cette  étude 
l'objet  de  leurs  recherches,  décide  la  publication  du 
travail  de  notre  confrère  dans  les  Annales. 

Manuseriê  de  Chabron  sur  la  maison  de  Polignac. 
-—  M.  le  Président  annonce  avec  douleur  qu'au  milieu 
des  désastres  civils  qui  ont  ensanglanté  et  incendié  Pa- 
ris, a  péri  Thôtel  de  M.  le  duc  de  Polignac  dans  lequel 
se  trouvait  THisloire  manuscrite  de  la  maison  de  Poli- 
gnac, par  Chabron.  Toutefois  il  avait  été  réservé  à  no- 
tre Société  la  bonne  fortune  d'obtenir  à  temps  une  co- 
pie de  ce  précieux  document.  L'œuvre  a  donc  échappé 
ainsi  à  la  destruction;  et  M.  de  Brive,  à  la  demande  de 
qui  le  manuscrit  nous  avait  été  communiqué,  sera  heu- 
reux de  retourner  à  M.  de  Polignac  son  généreux  pro- 
cédé en  lui  faisant  part,  à  son  tour,  de  la  copie  des  fas- 
tes de  ses  glorieux  ancêtres. 

L'assemblée  témoigne  qu'elle  s  associe  pleinement  aux 
sentiments  exprimés  par  son  président  et  le  prie  d'en 
transmettre  le  témoignage  à  M.  le  duc  de  Polignac. 

Chroniques  manuscrites  de  Médicis.  —  M,  le  î^ré* 
sident  a  la  satisfaction  d'apprendre  à  la  Société  la  re- 
prise de  l'impression  des  Chroniques  d'Etienne  Médicis, 
Notre  secrétaire,  M.  Chassaing,  qui  consacre  au  service 
de  notre  histoire  ses  intelligentes  études,  &it  impri- 
mer le  deuxième  volume,  lequel  partagera,  sans  nul 
doute,  le  succès  de  celui  qui  l'avait  précédé;  on  en  juge 
déjà  par  de  nombreuses  notes  qui  contiennent  beaucoup 
de  renseignements  inédits  et  d'un  véritable  intérêt  his- 


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JUIN.  893 

toriqae.  M.  de  Brive  exprime  à  notre  confrère  les  féli- 
citations de  la  Compagnie. 

Personnel  de  la  Société.  —  Admisiion  d'un  nou- 
veau  membre.  —  M.  Cbevallier-Balme,  au  nom  de  la 
commission  chargée  d'examiner  un  travail  présenté  par 
H.  Jules  de  La  Bâtie,  candidat  au  titre  de  membre  non 
résidant,  lit  le  rapport  suivant  : 


Messieurs, 

M.  Jules  de  La  Bâtie,  avocat,  ancien  membre  du  Ck>n8eU 
général  de  la  Haute-Loire,  sollicite  l'honneur  de  s'associer 
à  votre  Compagnie  comme  membre  non  résidant  et,  dans 
ce  but,  il  vous  a  présenté  un  mémoire  intitulé  :  De  la  condù 
tion  des  classes  ouvrières  dans  le  département  de  la  Haute" 
Loire. 

Le  titre  seul  de  cette  notice  éveille  l'intérêt  et  comporte, 
soit  au  point  de  vue  général,  soit  au  point  de  vue  local,  des 
considérations  que  l'auteur  a  développées  avec  talent.  Au 
nom  de  votre  commission,  j'ai  Thonneur  de  vous  présenter 
l'analyse  de  ce  remarquable  travail. 

Depuis  un  demi-siècle,  une  heureuse  transformation  s'est 
accomplie  dans  la  condition  sociale  des  ouvriers.  AÛranchis 
comme  hommes  par  la  Révolution  qui  leur  avait  donné 
l'égalité  devant  la  loi  et  comme  ouvriers  par  la  suppression 
des  maîtrises,  ils  ont  participé  aux  bienfaits  de  la  loi  de 
1833  sur  l'instruction  primaire  qui,  en  les  délivrant  de  la 
servitude  de  l'ignorance,  a  créé  presque  partout  des  écoles 
gratuites  et  multiplié  dans  les  villes  les  divers  cours  ren- 


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294  RÉSUME  DES  SÉANCES. 

dant  tontes  les  carrières  accessibles  au  travail  et  à  la  capa- 
cité. ^ 

Si  les  causes  de  l'inégalité  des  fortunes  sont  inévitables 
et  permanentes,  on  a  cherché  les  moyens  d'alléger,  autant 
que  possible,  la  pauvreté  en  mettant  l'utile  et  quelquefois  le 
confortable  à  la  portée  des  travailleurs  de  toute  nature. 

Ce  qu'ils  ne  pouvaient  se  procurer  auparavant  qu'au  prix 
de  l'or,  ils  l'obtiennent  aujourd'hui  dans  des  conditions  très- 
inférieures,  par  suite  des  progrès  incessants  de  l'industrie. 

Dans  tous  les  grands  centres,  l'intérieur  des  manufactures 
où  l'ouvrier  passe  la  plus  grande  partie  de  sa  vie,  témoigne 
de  la  sollicitude  que  Ton  montre  pour  son  bien-être;  par- 
tout il  y  a  préoccupation  constante  de  l'hygiène,  de  l'ali- 
mentation et  de  l'éducation  de  la  classe  ouvrière.  Enfin,  par 
de  véritables  prodiges,  la  science  a  transformé  les  machines, 
souvent  redoutables,  en  instruments  dociles  et  inoffensifs 
de  la  volonté  et  de  l'intelligence  humaine. 

Une  page  détachée  du  mémoire  de  M.  de  La  Bâtie  com- 
plétera cet  aperçu  général  et  vous  permettra,  messieurs, 
d'apprécier  les  connaissances  approfondies  de  l'auteur  en 
pareille  matière. 

«  On  comprend,  dit-il,  cette  sollicitude  qui  anime  tous 
jes  hommes  sérieux,  vrais  amis  de  l'humanité,  pour  les 
questions  si  nombreuses,  si  complexes  qui  se  rattachent  aux 
intérêts  de  la  classe  ouvrière. 

c  Autour  de  ces  questions,  en  effet,  viennent  se  grouper 
les  problèmes  les  plus  ardus  des  sociétés  modernes  :  l'ins- 
truction et  l'éducation,  les  droits  et  les  devoirs  politiques, 
la  hiérarchie  sociale,  le  patronage,  l'association,  le  crédit, 
les  grèves,  l'assistance  publique,  le  paupérisme,  etc.,  etc. 

c  Rien  qu'à  cette  nomenclature  quelques  esprits  s'ef* 


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JUIN.  295 

frayent,  tant  il  est  vrai  que  toutes  choses  renferment  en 
elles  le  germe  du  bien  et  du  mal.  -  ^^ 

c  Mais  le  progrès  est  la  loi  de  Thamanité  ;  il  ne  faut  s'ef- 
frayer ni  des  mots  ni  des  choses  ;  Us  onl  eu  raison,  ceux 
qui  n*ont  pas  cru  à  Tétemité  de  la  misère. 

«  Elle  sera  définitivement  abolie  dans  un  État,  le  jour  où 
on  gouvernement  sage,  avec  l'aide  de  ses  meilleurs  citoyens, 
facilitant  le  travail  à  tous  les  hommes  valides,  développant 
les  associations  ouvrières,  extirpant  les  vices  qu'on  rencon- 
tre trop  souvent  encore  dans  la  classe  des  travailleurs,  as- 
sistant les  vieillards  et  les  infirmes,  aura  pu  ainsi  assurer 
à  tous  des  moyens  réguliers  de  subsistance. 

«  Concourir  à  cette  grande  œuvre  pour  une  part  tant  mi- 
nime qu'elle  soit,  est,  à  Tépoque  oii.nous  vivons,  un  devoir 
qui  s'impose  à  tous  les  esprits  soucieux  de  l'avenir  de  la 
société.  • 

M.  de  La  Bâtie  arrive  ensuite  à  examiner  la  condition 
des  classes  ouvrières  dans  le  département  de  la  Haute- 
Loire. 

Selon  lui,  deux  centres  attractifs  y  existent.  Tandis  que 
les  rapports  de  mœurs  et  de  relations  lient  l'arrondissement 
d^  Brioude  avec  Glermont-Ferrand,  nous  voyons  l'arrondis- 
sement d'Yssingeaux  et  une  grande  partie  de  celui  du  Puy 
converger  incessamment  vers  Saint-Etienne  et  Lyon. 

Ces  divers  centres  offrent  à  l'écoulement  de  nos  pro- 
duits et  à  l'emploi  des  forces  ouvrières,  des  ressources  fé- 
condes ayant  pour  puissant  auxiliaire  la  voie  ferrée  qui 
sillonne  le  département.  Il  en  est  résulté,  dans  les  mœurs 
des  habitants  de  nos  montagnes,  un  adoucissement  notable 
auquel  ont  puissamment  contribué  les  progrès  de  l'instruc- 
tion et  de  l'éducation. 


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296  RÉSUMÉ  DBS  SÉANCES. 

Malgré  ces  conséquences  favorables  au  bien-être  de  nos 
ouvriers,  M.  de  La  Bâtie  signale,  à  juste  titre  et  avec  désir 
de  la  voir  disparaître,  la  fréquentation  abusive  des  cabarets 
dont  le  nombre  n'est  que  trop  grand,  eu  égard  à  la  popula* 
tion.  Gomme  il  le  dit  fort  bien,  ce  vice  ne  peut  se  réformer 
que  par  les  mœurs  elles-mêmes. 

En  continuant  l'analyse  de  son  mémoire,  je  constate  avec 
lui  que  ceux  qui  cultivent  la  propriété  si  divisée  dans  notre 
département  sont  en  général  robustes,  laborieux  et  relative- 
ment sobres;  ils  luttent  avec  succès  contre  l'âpreté  du  cli- 
mat et  les  asp.érités  du  sol.  Aussi,  il  y  a  peu  de  gens  pau- 
vres dans  nos  campagnes  ;  il  est  vrai  d'ajouter  que  la  cbarité 
publique  et  privée  vient  en  aide  aux  malheureux. 

Mais  d'autres  causes  concourent  au  bien-être  qu'on  re- 
marque dans  nos  contrées.  La  principale  tient  au  développe- 
ment de  l'industrie  dentellière. 

Chacun  sait  que  cette  industrie  est  une  source  féconde 
procurant  non-seulement  un  travail  assuré  à  un  nombre 
considérable  d'ouvrières,  mais  encore  contribuant  à  l'ac- 
croissement de  la  fortune  des  cultivateurs. 

Dans  le  rapport  du  jury  international  de  l'Exposition 
universelle  de  1867,  M.  Félix  Aubry,  président  de  la  classe 
33,  donne  l'appréciation  suivante  sur  l'industrie  de  notre 
contrée  : 

ff  Le  Pot.  —  Si.  la  fabrique  de  Mirecourt  est  la  plus  apte 
du  monde  à  créer  des  nouveautés,  celle  du  Puy  est  la  plus 
importante.  Elle  s'étend  dans  quatre  déparlements  de  l'Au- 
vergne (Haute-Loire,  Cantal,  Puy-de-Dôme,  Loire),  et 
donne  de  l'occupieition  à  près  de  cent  mille  femmes  et  jeu- 
nes filles  répandues  dans  les  montagnes.  Le  centre  du  mar- 
ché est  au  Puy. 


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JUIN  99? 

c  Les  dentelles  d'Auvergne,  variées  dans  lears  types, 
sont  surtout  réputées  pour  leurs  bas  prix  relatifs»  les  ouvriè- 
res de  ce  groupe  industriel,  stimulées  par  quelques  person- 
nes énergiques  et  éclairées  (1),  ont  fait  de  notables  progrès 
depuis  dix  an^.  Elles  savent  se  plier  à  la  demande  du  mo- 
ment, utilisent  toutes  les  matières  textiles  :  les  ûls  de  lin, 
de  soie,  de  coton  et  de  laine  en  toutes  couleurs;  et,  lorsque 
un  genre  cesse  d*être  demandé,  elles  modifient  leur  travail, 
emploient  un  filé  nouveau  et  changent  rapidement  leura 
productions. 

•  Cette  fabrication  est  des  plus  actives  ;  elle  se  perfec- 
tionne chaque  jour. 

•  De  toutes  les  manufactures  de  dentelles,  en  France  et 
à  l'étranger,  aucune  ne  provoque  un  commerce  d'exporta- 
tion aussi  considérable  que  celle  du  Puy.  » 

Pour  prouver,  s'il  en  était  besoin,  la  vitalité  de  notre 
grand  centre  de  production,  qui  s'est  affirmée  môme  au  mi- 
lieu des  immenses  désastres  de  la  France,  je  suis  heureux 
de  faire  remarquer  que,  pour  l' industrie  dentellière,  la  crise 
a  été  moins'  fatale  qu'on  ne  l'aurait  craint.  On  a  lutté  avec 
énergie,  ayant  foi  dans  un  avenir  meilleur  et  si  l'impor- 
tant débouché  de  la  capitale  a  manqué  pendant  de  longs 
mois,  les  étrangers  en  nombre  sont  venus  visiter  la  fabri- 
que du  Puy,  créer  de  nouvelles  relations  et  fortifier  les 
anciennes. 

Ce  ne  sera  peut-être  qu'un  déplacement  momentané  de 
la  clientèle,  mais  il  n'en  aura  pas  moins  montré  la  route 


(1)  Notamment  par  les  membres  de  la  Société  d'agricnlture  du  Puy,  avee  le 
eoneours  du  Conseil  général  et  des  administrations  préfectorale  et  municipatç. 


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S98  RÉSUMÉ   DES  SÉANCRS. 

dn  Pny  à  de  nombreax  acheteurs  étrangers  qui  emportent, 
avec  le  souvenir  d  un  marché  bien  approvisionné,  celui  de 
nos  sit^s  pittoresques,  ce  qui  fait  qu'ils  ne  nous  disent  ja- 
mais :  Adieu  !  mais  bien  :  Au  revoir  ! 

M.  de  La  Bati^  signale  avec  étonnement  Tinfériorité  du 
salaire  des  ouvrières  de  la  Haute-Loire;  mais  comme  il 
base  son  appréciation  sur  une  statistique  officielle  de  1856 
et  que,  depuis  cette  époque,  des  progrès  considérables  ont 
été  apportés  à  la  fabrication  et  ont  entraîné  une  hausse  dans 
les  prix,  je  ne  réfuterai  son  observation  qu'en  indiquant  la 
moyenne  des  salaires  relatée  dans  le  rapport  du  jury  inter- 
national dont  j'ai  eu  l'honneur  de  vous  donner  un  extrait. 

Je  cite  encore  ici  les  assertions  de  M.  Félix  Aubry  : 

c  On  estime  que  le  nombre  dés  dentellières  en  France 
s'élève  à  deux  cent  mille  femmes  et  jeunes  filles.  Leur  sa- 
laire est  en  moyenne  de  1  fr.  à  1  fr.  50  c,  par  journée  de 
dix  heures  de  travail  ;  il  y  en  a  qui  gagnent  jusqu'à  3  fr.  50. 
Ce  prix  varie  nécessairement  suivant  les  lois  générales  et 
plus  encore  en  raison  de  la  loi  spéciale  qui  domine  cette  in- 
dustrie, c'est-à-dire  de  la  mode,  avec  ses  exigences  impé- 
rieuses et  fugitives.   » 

En  attribuant,  d'après  le  même  rapport,  cent  mille  ou- 
vrières à  la  production  qui  se  centralise  au  Puy  et  en  con- 
sidérant aussi  que,  de  toutes  les  manufactures  en  France  et 
à  l'étranger,  aucune  ne  provoque  un  commerce  d'exportation 
aussi  considérable,  j'arrive  à  conclure  que,  dans  notre  dé- 
partement, la  moyenne  des  salaires  peut  s'évaluer  aujour- 
d'hui de  1  fr.  à  i  fr.  50. 

n  me  reste,  Messieurs,  à  analyser  la  partie  du  mémoire 
de  M.  de  La  Bâtie,  qui  concerne  les  ouvriers  de  la  petite  in- 
dustrie. 


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JUIN.  299 

En  1856,  la  nomenclature  officielle  en  élevait  le  nombre 
à  cinquante-neuf  corps  d'état.  Depuis  lors,  et  par  suite  de 
l'établissement  des  chemins  de  fer,  il  y  a  eu  évidemment 
une  progression  assez  importante. 

Déjà,  de  1853  à  1857,  il  y  avait  eu,  sur  les  salaires,  une 
augmentation  de  14  0^0  qui  a  dû  croître  en  raison  du  ren- 
chérissement des  denrées. 

Si  Ton  considère  ensuite  que  les  produits  industriels  su- 
bissent une  loi  inverse  de  dépréciation,  on  peut  remarquer 
que  ce  résultat  permet  aux  classes  laborieuses  de  se  nour- 
rir, loger  et  vêtir  plus  convenablement  et  à  meilleur  marché. 

Les  ouvriers  des  différents  corps  d*état  qui  travaillent 
principalement  dans  les  villes  sont  payés  à  un  prix  relative- 
ment supérieur  à  la  moyenne  des  salaires  en  France,  c'est- 
à-dire  de  1  fr.  50  à  2  fr.  et  de  2  fr.  50  à  3  fr.  pour  les  pro- 
fessions qui  exigent  plus  d'aptitude. 

D'un  autre  côté,  le  prix  des  denrées  alimentaires  offre  à 
la  comparaison  une  moyenne  inférieure  à  celle  de  la  France 
entière;  il  faut  donc  en  conclure  que,  dans  la  Haute-Loire, 
les  ouvriers  de  toutes  les  industries  se  trouvent  dans  des 
conditions  exceptionnellement  avantageuses. 

Telle  est,  messieurs,  l'esquisse  à  grands  traits  du  mé- 
moire produit  par  M.  de  La  Bâtie.  Ce  remarquable  travail,  lu 
avec  le  plus  vif  intérêt  par  votre  commission,  comporterait 
une  analyse  plus  détaillée,  mais  nous  savons  tous  que  ce 
candidat  sera  pour  la  Société  un  collaborateur  plein  de  lu- 
mières et  de  zèle;  aussi  la  commission  a-t-elle  unanime- 
ment conclu  à  l'admission  de  M.  Jules  de  La  Bâtie  au  titre 
de  membre  non  résidant. 

Le  scrutin,  auquel  il  est  ensuite  procédé,  donne  la 


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300  RÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 

majorité  des  voix  à  M.Jules  de  La  Bâtie,  qui  est  procla- 
mé membre  non  résidant. 

Demande  de  mutation  du  titre  de  membre  résidant 
en  celui  de  non  résidant.  —  Il  est  donné  lecture  d'une 
lettre  par  laquelle  M.  Giron-Pistre  demande  que  son 
titre  de  membre  résidant  soit  converti  en  celui  de  non 
résidant.  Notre  confrère,  souvent  empêché  d'assister  aux 
réunions  de  la  Société,  pense  qu'il  ne  doit  pas  occuper 
une  place  qui  serait  plus  activement  remplie  par  un 
membre  nouveau. 

M.  le  Président,  en  adhérant  au  judicieux  principe 
émis  par  M.  Giron-Pistre,  annonce  que  des  mesures  ul- 
térieures seront  prises  pour  déterminer  h  quel  titre  les 
membres  parfois  absents  ou  démissionnaires  resteront 
dans  le  sein  de  la  Société.  Quant  au  petit  nombre  de 
membres  manquant  depuis  plus  longtemps  aux  séances, 
ils  ont  été  mis  en  demeure  par  M.  le  Secrétaire,  afin  de 
savoir  si  la  mesure  générale  qui  sera  prise  devra  leur 
être  appliquée.  Il  est  donc  probable  que  la  Société 
pourra  statuer  définitivement  &  ce  sujet  dans  sa  pro- 
chaine  réunion. 

Déch  de  M,  Vibert,  membre  résidante  —  M.  le  Pré- 
sident exprime  les  profonds  regrets  de  la  Société  au  su- 
jet de  la  mort  de  notre  confrère  M.  Vibert  père,  membre 
résidant,  conservateur  de  la  section  des  beaux-arts  et 
directeur  du  Musée.  Il  lit  ensuite  la  notice  nécrologique 
que  voici  : 


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JUIN.  304 


Messieurs, 

Depuis  votre  dernière  séance,  la  Société  a  perdu  un  de 
ses  membres  les  plus  anciens  et  les.  plus  distingués,  dans  la 
personne  de  M.  Vibert  père. 

Né  en  mai  1800,  J.  N.  Vibert  perdit  son  père  et  sa 
mère  de  très-bonne  beure  et  fut  confié,  dès  Tâge  de  neuf  ans, 
à  un  vénérable  ecclésiastique,  qui.  exerçait  les  fonctions  eu- 
rialôs  à  Jax,  près  de  Fix.  On  a  attribué  à  cet  isolement  de 
toute  famille  et  à  son  séjour  solitaire  dans  les  montagnes,  dans 
un  âge  ot  les  impressions  sont  si  vives  et  si  durables,  la 
teinte  de  mélancolie  douce  et  sérieuse  qui  se  refléta  sur  son 
caractère  et  dont  il  ne  se  départit  presque  jamais  dans  le 
cours  de  sa  Vie.  Il  acbeva  ses  études  au  collège  du  Puy,  qu'il 
quitta  pour  aller  à  Lyon,  avec  plusieurs  de  ses  condisciples > 
étudier  et  pratiquer  Tart  de  dessinateur  en  fabrique.  Ses 
succès  lui  valurent  des  offres  avantageuses  de  la  part  d'une 
maison*  importante  de  Paris  et  il  partit  pour  la  capitale 
vers  1824. 

Le  séjour  de  la  grande  ville  et  la  vue  des  cbefs-d'œuvre 
de  tout  genre  qui  y  abondent,  révélèrent  sans  doute  à  notre 
jeune  dessinateur  ses  dispositions  naturelles  pour  les  arts. 
Car,  peu  de  temps  avant  son  départ  précipité  de  Paris,  il 
était  devenu  l'élève  d'un  peintre  de  mérite  et  il  avait  fré- 
quenté pendant  trois  mois  l'atelier  à' Hersent.  C'est,  avec 
les  leçons  de  dessin  que  lui  avait  données  M.  Giraud  père 
au  collège  du  Puy ,  la  seule  éducation  artistique  qu'il  ait 
jamais  reçue.  La  nature  et  ses  observations  personnelles 
firent  le  reste. 


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30?  RÉSUMR    DES   SÉANCFS. 

En  1827,  rappelé  au  Puy  par  la  mort  de  son  frère,  son 
goût  pour  les  arts  le  rapprocha  vite  de  M.  de  Becdelièvre  et 
des  personnages  éminents  qui  avaient  fondé  la  Société  d*a- 
griculturê«  sciences  et  arts.  Ce  fut  dans  le  courant  de  cette 
même  année  qu*il  en  fut  reçu  membre  titulaire  et,  trois  ans 
après,  en  1830,  qu*il  fut  appelé,  soit  comme  directeur  des  éco- 
les industrielles  de  la  Société,  soit  comme  conservateur  de 
la  section  des  beaux  arts  au  Musée,  à  succéder  à  M.  dé  Bec- 
delièvre que  les  événements  politiques  de  cette  année  avaient 
éloigné  des  affaires  publiques.  A  partir  de  ce  moment,  il  se 
consacra  tout  entier  à  rexeroice  de  ces  deux  importantes 
fonctions  qu*il  a  pratiquées  jusqu'à  sa  mort  avec  un  zèle  et 
un  dévouement  sans  bornes. 

Jusqu'en  1842,  M.  Yibert  n'avait  appliqué  son  goût  pour 
le  dessin  qu'à  des  croquis  et  des  charges  qui  faisaient  de 
son  album  un  objet  de  curiosité  pour  les  uns  et  de  terreur 
pour  les  autres.  Jusqu'alors  également,  il  s'était  contenté  de 
signaler  ses  dispositions  poétiques  par  de  petites  poésies 
qu'il  adressait  à  VÀbeiUe  caitchoise  sur  des  sujets  indiqués  à 
l'avance. 

Mais,  en  1842,  l'une  des  meilleures  toiles  de  notre  Musée 
dépérissant  de  jour  en  jour,  il  consi  léra  comme  un  devoir 
de  sa  charge  de  s'occuper  de  la  restauration  du  Caton  d'Util 
que.  Il  eut  le  courage  de  l'entreprendre  et  le  bonheur  d'y 
réussir.  Il  en  ût  une  copie  réduite  très -exacte.  Plus  tard,  il 
copia  également  la  BacchanU  de  Miéris  et  avec  un  tel  succès, 
que  les  spectateurs  avaient  quelque  peine  à  distinguer  la 
copie  de  l'original. 

En  1844,  il  esquissa  son  premier  tableau  de  genre»  un 
Groupe  de  dentellières,  consacra  plusieurs  mois  à  son  exécu- 
tion et  vit  ses  efforts  récompensés  par  l'admission  de  son 


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JUIN.  303 

-œuvre  à  l'exposition  de  Paris,  en  1845.  Ce  petit  tableau, 
qui  rappelle  heureusement  l'école  hollandaise,  eut  le  privi- 
lège d'attirer  l'attention  des  maîtres.  L'année  suivante,  il 
fit  le  pendant  de  ce  premier  tableau,  la  Noce  de  campagne. 

Malgré  les  succès  qu'obtinrent  ces  œuvres,  M.  Yibert  dut 
bientôt  renoncer  à  la  peinture,  dunt  le  travail  trop  séden- 
taire avait  porté  atteinte  à  une  santé  naturellement  vigou- 
reuse. C'est  alors  qu'il  s'adonna  plus  particulièrement  à  la 
poésie  et  il  ne  quitta,  pour  ainsi  dire,  une  sœur  que  pour 
courtiser  l'autre  avec  plus  d'assiduité.  Vos  Annales  ont  pu- 
blié successivement  :  Le  Marché  aux  cheveux,  une  Réponse  à 
M,  F,  Bernard,  une  EpUre  à  M,  F.  fiandet,  À  .mon  Pays, 
l'Espérance  et  t Illusion,  et  plusieurs  de  ces  pièces  avaient 
déjà  été  applaudies  dans  nos  séances  publiques  dont  elles 
faisaient  l'un  des  principaux  charmes. 

M.  Vibert  avait  fait  partie  longtemps  du  Conseil  munici- 
pal du  Puy  et  avait  été  membre  de  la  commission  pour  l'é- 
rection de  la  statue  colossale  de  la  Sainte  Vierge  et  de 
beaucoup  4'autres  d'une  moindre  importance.  Dans  l'exer* 
cice  de  toutes  ces  fonctions  publiques,  il  apportait  un  juge- 
ment si  sûr  et  une  si  consciencieuse  appréciation,  que  mal- 
gré son  extrême  modestie,  son  opinion  avait  toujours  une 
grande  influence  sur  les  décisions  à  prendre. 

Mais  les  soins  qui  préoccupèrent  le  plus  ses  dernières  an- 
nées furent  le  transfert  du  Musée  Sainte- Marie  au  Musée 
neuf  du  Fer- à-Cheval  et  plus  tard  l'installation,  au  Musée 
Crozatier,  des  objets  d'art,  tableaux  et  statues  dont  il  avait 
la  responsabilité,  et  en&n  la  préparation  minutieuse  des  élé- 
ments du  Catalogue  de  la  section  des  beaux- arts  du  Musée. 
Ce  dernier  travail  couronna  dignement  sa  vie  d'artiste,  en 
facilitant  à  tous  nos  compatriotes  et  aux  nombreux  étran- 


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301  RÉSUME  DES  SÉANCES. 

gers  qni  viennent  visiter  notre  Musée,  leurs  études  et  leurs 
appréciations. 

C'est  au  milieu  de  ces  travaux  que  la  maladie  qui  nous-a 
ravi  notre  cher  confrère,  est  venue  le  surprendre.  La  mort  de 
M.  Vibert  père  a  ainsi  été  un  deuil  profond,  non-seulement 
pour  sa  famille  qui  le  vénérait,  pour  les  nombreux  amis 
que  sa  nature  sympathique  lui  avait  faits,  mais  surtout  pour 
notre  Société  donc  il  avait  été  un  des  membres  à  la  fois  les 
plus  dévoués  et  les  plus  utiles. 


Personnel  du  service  de  la  Société.  —  Décès  de 
M,  Bonnet,  concierge.  —  Au  sujet  de  la  mort  de  ce  zélé 
et  fidèle  serviteur  que  la  Société  déplore,  M.  le  Pré- 
sident rappelle  que  M.  Bonnet  remplissait  depuis  bien 
des  années  la  modeste  charge  de  concierge  de  la  Société 
et  du  Musée,  t  Trois  mots,  dît-il,  le  caractérisaient  pour 
le  rendre  digne  de  nos  regrets  :  extrême  assiduité,  grand 
dévouement,  parfaite  honnêteté.  > 

M.  de  Brive  ajoute  qu'il  s'est  entendu  avec  le  maire, 
notre  confrère  M.  Vinay,  et  il  a  été  convenu  qu'à  rai- 
son des  bons  services  du  vieux  serviteur,  sa  femme  et 
ses .  filles  seront  provisoirement  maintenues  dans  sa 
charge. 

La  séance  est  levée  à  six  heures. 

Le  nce-secrétaite, 
Aimé  GIRON. 


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SÉANCE  MENSUELLE 


DU   11   JUILLET 


SOMMAIRE 


Lectarc  dn  procès-TerbaU  —  Mus<k  :  Dons  d'objets  préhistoriques  (silex 
taillas,  etc.)  de  Cliassey  (SaAne^t-Loire),  par  M.  Pemalt;  de  deax  rases  en 
poterie  des  âges  de  la  pierre  polie  et  da  bronze,  trouvés  dans  le  département 
par  MM.  Garde  et  Rambaut;  d'an  morceau  de  poutrelle  sculptée»  offert  par 
M.  Girard;  de  nombreuses  pièces  de  Toutitlage  des  anciens  orfivres  du  Puy, 
par  IIM.  Gillet-Paris  et  Babany;  d*on  moulage  de  matrice  ^  mouler  une 
image  de  Notre-Dame  do  Puy,  par  N.  Hector  Falcon.  Acquisition  d'une 
vieille  tasse  de  muletier  en  cuivre.  Don  par  M.  Mestre,  de  Langeac,  de  deux 
haches  et  de  pierre  de  fronde  en  pierre  polie,  provenant  de  peuplades  san« 
vages.  —  OuvaAOBs  nvçns  :  Fauchage  des  céréales  et  moyettes.  Le  tinapit 
arvensis;  notice  sur  cette  plante,  par  M.  Fiston.  Autre  plante  dite  épinard 
de  Jérutttlem.  Emploi  du  sel  pour  la  culture  des  asperges.  La  peste  bovine. 
Destruction  des  vers  blancs.  Cultures  Si  l'eau  dVgoût.  Origine  des  armoiries, 
d'après  on  mémoire  de  M.  A.  de  Barthélémy.  Observations  de  M.  Aymard 
sur  les  sceaux,  les  armoiries,  les  pancartes  consulaires,  etc.,  dans  notre  pays. 
—  Communications  :  Fauchage  des  céréales.  Nouveau  modèle  de  fourche. 
Les  grands  jours  au  Puy,  en  1666.  Décision  concernant  la  copie  du  manuscrit 
des  antiquités  bénédictines  de  Dom  Estiennot.  Impression  du  deuxième  vo- 
lume des  Chroniques  de  Mèdicis.  Projet  de  conférer  au  président  les  fonctions 
.de  directeur  du  Musée.  Ajournement  de  l'élection  du  conservateur  des 
beaux-arts.  Remereîments  de  M.  Jules  de  La  Bâtie,  pour  son  admission  k  la 
Société.  M.  Mestre,  de  Laogeac,  nommé  membre  correspondant. 


TOME  ZXXI.  20 


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306  R&SUMÉ  DES  SÉANCES. 

Présidence  de  H.  de  Brive. 

La  séance  est  ouverte  à  trois  heures 

Le  procès-verbal  de  la  précédente  réunion  est  in  et 
adopté. 

MUSÉE.      • 

Dons.  —  Archéologie  préhistorique  (silex  taillés, 
vases,  etc),  outillage  d'orfèvrerie,  bois  sculpté,  vieille 
tasse  de  muletier,  instruments  de  peuplades  sauva- 
ges. —  M.  Âymard  donne  les  explications  suivantes  sur 
les  objets  offerts  au  Musée  depuis  la  dernière  séance  et 
qui  sont  déposés  sur  le  bureau  : 

«  M.  Ernest  Perrault  qui,  dans  un  mémoire  intéres- 
sant sur  des  fouilles  effectuées  par  lui-même  à  Chassey 
(Saône -et-Loire),  a  signalé  des  foyers  préhistoriques, 
nous  a  envoyé  diverses  pièces  provenant  de  ces  explo- 
rations. On  y  remarque  quinze  silex  taillés  en  grattoirs, 
en  lames,  pointes,  petites  scies  et  des  morceaux  de  pote- 
ries en  terre  cuite,  façonnées  à  la  main  et  offrant,  entre 
autres  particularités,  diverses  variétés  d'anses  et  de 
tubérosités  à  trous  de  suspension.  11  y  a  aussi  quelques 
dents  molaires  d'une  espèce  de  bœuf. 

«  La  Société,  qui  ne  se  préoccupe  pas  moins  de  l'élude 
des  temps  préhistoriques  dans  notre  pays,  a,  depuis  plu- 
sieurs années,  consigné  dans  ses  Annales  des  découver- 
tes qui  rappellent  ces  âges  reculés,  entre  autres  une  sé- 
pulture par  inhumation  trouvée  au  Puy,  dans  la  prairie 
communale  du  Breuil  et  caractérisée  par  la  présence  de 


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JUILLET.  307 

silex  taillés;  ainsi  qu'une  station  dont  nous  avions  si- 
gnalé des  restes  consistant  en  silex  taillés  et  débris  de 
poteries  plus  ou  moins  grossières,  recueillis  au  contact 
des  grottes  de  Peylenc,  commune  de  Saint -Pierre - 
Eynac.  C'est  à  la  fin  de  Tâge  de  la  pierre  taillée,  con- 
temporaine, comme  on  le  croit,  des  monuments  mégali- 
thiques, dolmens,  roches  à  bassins,  etc.,  que  ces  divers 
débris  peuvent  être  rapportés.  L*&ge  du  bronze  nous  a 
fourni  aussi  des/ haches,  épées,  bracelets,  etc.,  prove- 
nant de  diverses  localités  et  conservés  au  Musée. 

«  Nous  avons  aujourd'hui  à  mentionner  des  restes  de 
deux  vases  curieux,  en  terre  cuite  et  façonnés  à  la  main, 
Tun  de  l'âge  de  la  pierre  polie,  l'autre  de  l'âge  du  bronze, 
autant  du  moins  qu'on  peut  en  juger  d'après  leur  fac- 
ture. La  première  de  ces  poteries  était  entière,  lorsqu'elle 
fut  découverte  au  fond  d'une  tranchée  du  chemin  de  fer, 
à  environ  8  mètres  de  profondeur,  près  du  lieu  de  Cor- 
mail,  commune  d'Espaly.  Les  ouvriers  n'en  conservè- 
rent que  quelques  morceaax  qui,  rujustés  ensemble,  sont 
suffisants  pour  indiquer  la  forme  du  vase  à  panse  irrégu- 
lièrement ovoïde  sans  pied  ou  base  ;  probablement  à 
col  plus  ou  moins  court  et  droit;  ainsi  que  sa  dimension 
ayant  dû  mesurer  environ  33  cçntimètres  de  hautear  et 
0,19  cent,  de  grosseur  au  milieu  de  la  panse.  Ces  mor- 
ceaux de  vases  révèlent,  dans  leurs  cassures,  une  terre 
argileuse  dont  la  pâte,  parsemée  de  grossiers  grains  de 
quartz  et  généralement  noire,  passe  parfois  au  rou- 
geâlre  aux  parois  externe  et  interne  ,  indices  d'une 
cuisson  imparfaite.  Toutefois  on  observe  que  la  paroi 
externe  a  été  unie  avec  grand  soin  et  en  quelque  sorte 
lissée  à  la  main. 


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.308  RÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 

<  C'est  à  M.  Louis  Garde,  avoué  au  Puy,  que  l'on 
doit  la  GOBserraliou  de  ces  intéressants  restes  de  pote- 
rie* II  les  a  recueillis  des  mains  des  ouvriers  et  a  bien 
voulu  nous  les  offrir. 

<  Ayant  visité  avec  lui  le  lieu  de  la  découverte,  j'ai 
-trouvé,  à  peu  de  distance  de  cet  endroit,  dans  les  déblais 
rejetés  hors  de  la  tranchée,  une  hachette  en  pierre  po- 
lie (ûbrolithe)  qui  peut  avoir  été  enfouie  à  la  môme  épo- 
-que  que  le  vase. 

<  L!autre  vase  qui,  comparé  à  des  poteries  analogues 
trouvées  dans  d'autres  contrées,  peut  être  attribué  à 
J'ftge  du  bronze,  a  été  découvert  également  par  suite 
.des  travaux  de  chemin  de  fer  sur  les  bords  de  TAlIier 
et  donné  au  Musée  par  M.  Rambaut,  entrepreneur.  Les 
fragments  qui  nous  ont  été  remis  permettent,  au  moins 
,  approximativement,  d'en  reconstituer  la  panse  globu- 
loïde  et  grosse  d'environ  0,12  cent.  Celle-ci  est  ornée, 
vers  le  milieu  de  sa  hauteur,  d'une  large  zone  de  dessins 
en  creux  figurant  des  alternances  de  chevrons  et  de 
points,  entre  des  lignes  de  traits  parallèles;  le  tout 
bordé,  de  chaque  côté  de  la  zone,  par  une  ligne  d'en- 
coches en  guise  de  frange  ou  de  dentelure;  combinaison 
de  dessins  qui,  pour  avoir  été  exécutée  à  la  main,  au 
moyen  de  quelque  poinçon  en  bois  ou  en  os,  n'est  pas 
sans  élégance.  La  terre  est  assez  bien  cuite,  à  pâte  fine 
et  de  couleur  rouge  noirâtre. 

A  Nous  avons  reçu  un  morceau  de  poutrelle  ornée 

d'une  léle  d'animal,  à  la  gueule  béante  qui,  d'après  le 

:  style  de  la  sculpture,  semble  indiquer  le  XIV'  ou  le 

.XV*  siècle.  Cette  pièce,  donnée  par  M.  François  Girard, 

charpentier,  a  été  trouvée  au  Pùy  dans  les  décombres 


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JUILLET.  90$^ 

d'une  maison  de  la  place  du  Plot.  Elle  doit  provenir, 
soit  d*un  support  de  galerie  intérieure,  soit  de  Fun  de 
ces  forgets  de  nos  yieilles  maisons,  lesquels  jadis  cons* 
tituaient,  au-dessus  du  rez-de-chaussée,  un  avant-corps 
en  saillie  sur  la  rue. 

<  L'orfèvrerie,  industrie  autrefois  très-florissante 
dans  la  ville  du  Puy,  nous  sollicite  à  recueillir  des  spé- 
cimens de  ses  vieux  produits.  La  collection,  qui  est  en 
voie  de  formation  au  Musée,  vient  de  s'enrichir  d'an 
certain  nombre  d'objets  d'outillage,  tels  que  poinçons 
d'acier  qui  naguëres  servaient  à  estamper  des  plaquettes 
pour  bijoux,  croix,  saint-esprit,  rosettes,  pendants  d'o- 
reille, chatons  de  bagues,  etc.  Nous  en  devons  l'offrande 
à  notre  confrère  M.  Gillet-Paris.  D'autres  outils,  en 
particulier  un  mortier  en  bronze  et  une  presse  à  moule 
pour  pièces  ouvragées  en  argent,  ont  été  donnés  par 
M.  Rabaify,  orfèvre,  et  complétés  par  l'achat  d'assez  ' 
nombreux  modèles  en  plomb,  de  poinçons  en  acier, 
d'un  mortier  en  agate  et  de  matières  diverses  à 
émailler,  le  tout  provenant  de  divers  ateliers  de  nos 
argentiers  et  orfèvres. 

€  C'est  au  Puy  également  qu'a  été  trouvée  et  achetée 
une  petite  coupe  en  enivre  avec  anse  élégamment  for- 
mée de  deux  serpents,  qui  porte  gravée  la  date  1664. 
Elle  ressemble  à  la  tasse  h  déguster  le  vin,  vulgairement 
taie,  dont  se  servent  les  rares  muletiei*s  qui,  de  temps 
à  autre,  viennent  encore  visiter  notre  ville.  Probable- 
ment elle  était  employée  au  môme  usage. 

<  La  vieille  image  de  Noire-Dame  du  Puy  représen- 
tée avec  tons  ses  accessoires,  niche  ou  tabernacle,  au- 
tel, anges  adorateurs,  etc.,  se  voit  sur  un  moulage  en 


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340  RÉSUMÉ  DES  SÉAIfGES. 

plâtre  que  M.  Hector  Falcon  a  fait  exécuter  pour  le  Mu- 
sée, d'après  un  moule  en  bois  qu'il  possède  et  qui  ser- 
rait, sans  doute,  à  la  confection  de  tableaux  pieux  à 
sujets  en  relief.  » 

Ethnologie.  —  A  titre  de  comparaison  avec  les  ha- 
ches préhistoriques  en  pierre  polie,  le  Musée  a  reçu 
deux  semblables  instruments  et  deux  pierres  de  fronde, 
spécimens  curieux  d*outils  et  d*armes  employés,  de  nos 
jours,  par  des  peuplades  sauvages.  Ces  objets  ont  été  of- 
ferts par  M.  Meslre,  capitaine  en  retraite,  à  Langeac. 

M.  le  Président  exprime  aux  donateurs  les  remercî- 
ments  de  la  Compagnie  et  à  M.  Aymard  l'intérêt  avec  le- 
quel rassemblée  a  entendu  ses  scientifiques  explications. 

OUVRAGES  REÇUS. 

Agricultdrc.  —  Fauchage  des  céréales  *Moy elles, 
—  La  pratique  des  moyettes  est  conseillée  dans  le  der- 
nier numéro  du  Journal  d'agriculture  pratique,  afin, 
dans  les  grandes  exploitations,  d'éviter  la  presse  des 
moissons,  échapper  aux  aléa  de  la  saison  des  orages 
subits  et  désastreux  et  bénéficier  d'une  différence  dans 
les  salaires.  En  effet,  on  peut  échelonner  ainsi  sur 
plusieurs  semaines  la  grosse  opération  des  moissons  et 
sans  le  concours  de  nombreux  ouvriers.  Mises  en 
moyettes,  les  gerbes  mûrissent  à  l'abri  de  tous  les  ris- 
ques de  température.  On  sait  que,  pour  le  système  des 
moyettes,  le  grain  est  bon  à  couper,  lorsqu'il  est  encore 
vert  et  s'écrase  sous  la  simple  pression  des  doigts.  Si 
les  moyettes  sont  bien  faites,  il  n'y  a  pas  d'égrenage  : 
mûrissant  lentement,  sans  coups  de  soleil,  sans  avarie, 


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JUILLET.  31 1 

le  grain  acquiert  de  la  qualité  pour  la  vente  ;  sa  farine 
se  présente  plus  blanche.  Mais  pour  la  semence,  il  pa- 
rait résulter  de  la  plupart  des  expériences  qu'il  vaut 
mieux  récolter  en  complële  maturité. 

Culture  du  trèfle.  —  k  propos  d'une  petite  machine, 
dite  cueille-trèfle,  le  Journal  d'agriculture  progrès^ 
sive  rappelle  quelques  principes  sur  la  culture  du  trèfle 
et  la  récolte  de  la  graine.  Sous  ce  dernier  rapport,  quelle 
que  soit  la  manière  de  procéder,  trop  souvent  on  re- 
cueille la  graine  en  vue  seulement  du  commerce  et 
dans  de  mauvaises  conditions  de  maturité'  et  de  soins. 
Aussi  doit-on  signaler  la  dégénérescence  de  cette  pré- 
cieuse plante;  c  il  serait  à  désirer,  dit  M.  le  Président, 
que  quelques-uns  de  nos  confrères  s'occupassent  de  re- 
cueillir chez  eux  les  graines  de  trèfle  et  de  luzerne,  afin 
de  les  obtenir  pures.  Les  graines  sont  devenues  très-ra- 
res et  très-coûteuses  dans  les  années  de  sécheresse  que 
nous  venons  de  traverser.  Celte  année,  elles  se  sont 
vendues  jusqu'à  4  fr.  40  et  4  fr.  50.  La  graine  de  rave 
se  trouve  dans  les  mêmes  conditions  :  à  Cayres,  elle  a 
été  vendue  jusqu'à  5  fr.  la  livre.  » 

Le  sinapis  arvensis.  —  Un  des  derniers  articles  du 
Journal  d'agriculture  pratique  revient  sur  remploi 
dans  Talimentation  du  sinapis  arvensis  (moutarde 
blanche),  signalé  par  M.  le  Président  dans  la  précédente 
séance  de  la  Société.  La  plante,  connue  dans  nos  cam- 
pagnes sous  le  nom  AerabaneUe,  est  bien  le  sinapis  ar- 
vensis,  M.  Fiston,  inspecteur  des  postes  au  Puy  et  mem- 
bre de  la  Société  botanique  de  Finance,  a  bien  voulu  le 


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342  RESUME  DES  SÉANCES. 

cléterminec  ea  regard  du  sUymbrium  officinale  dont 
UQ  spéciméa  loi  avait  été  soumis  également.  En  voici 
la  description  et  les  caractères  scientifiques  ; 


LB.  SQfÀPlS   ARVEMSIS. 

Sinapis  ênenHi  (Linnée,  spee.  931),  vulgairement  moutarde  sawage,  famlle 
iêi  enuÀfàrtSy  division  1».  SUiqneutet, 


Tige  de  4  à  8  décimètres,  rameuse,  ordinairement  his- 
pide,  surtout  à  la  base,  à  poils  souvent  réfléchis.  Feuilles 
ovales-oblongues,  irrégulièrement  sinuées- dentées,  subses- 
siles.  —  Sépales  étalés.  —  Pétales  4,  jaunes.  —  Siliques 
oblongues,  cylindriques,  plus  ou  moins  étalées,  ordinai- 
rement glabres,  quelquefois  hérissées  de  poils  réfléchis 
(variété  B,  Aûjnda),  subtoruleuses  à  loges  polyspermes,  sou- 
vent monospermes  par  Tavortement  des  graines  inférieures. 

—  Valves  convexes,  à  trois  à  cinq  nervures  longitudinales. 

—  Bec  ensiforme,  comprimé,  environ  de  la  longueur  de  la 
sUique.  —  Graines  unisériées,  globuleuses,  noires,  lisses. 

—  Plante  annuelle,  à  saveur  piquante.  —  Mai-août. 
Cette  plante,  très-commune  dans  les  champs,  les  mois- 
sons maigres,  les  terrains  cultivés,  les  bords  des  chemins,  est 
quelquefois  employée  pour  la  fabrication  de  la  moutarde, 
comme  succédanée  du  branica  nigra  (sinapû  nigra,  Linnée) 
qui  croit  dans  les  mêmes  lieux,  et  8*en  distingue  par  ses 
feuilles  toutes  pétiolées,  ses  siliques  serrées  contre  la  tige  et 
ses  valves  carénées  par  la  saillie  de  la  nervure  dorsale.  Sa 
fertilité  est  très-grande  ;  Fischer  de  Grusheim  rapporte  que, 
d*une  livre  de  graines  semées  dans  un  champ  d'un  demi- 


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JUILLET.  313 

hectare,  il  récolta  558  livres,  indépendamment  de  ce  qui 
s'était  perdu.  Elle  a  été  analysée  par  plusieurs  chimistes  i 
entre  autres  par  Dumas,  Pelouze,  Margraaf,  Julia  de  Fon- 
tenelle  ;  ils  en  ont  extrait  une  huile  douce,  d'une  couleur 
ambrée,  soluble  dans  Téther  qui  entre  dans  sa  composition 
pour  20  0/0.  Elle  donne,  en  outre,  une  autre  huile  d'une 
odeur  ammoniacale,  d'une  saveur  très-âcre  et  très- caustique 
^t  plus  pesante  que  l'eau  ;  cette  huile  dissout  à  froid  le  sou- 
fre et  le  phosphore. 

Tout  le  monde  connaît  remploi  de  la  moutarde  comme 
condiment.  La  médecine  l'emploie  comme  rubéfiant.  J.  de 
Fontenelle  la  préconise  dans  les  maladies  psoriqaes  et  re- 
garde ses  graines  comme  douées  d'une  grande  antisepticité. 

Une  espèce  très-voisine,  le  sinapis  Ma,  qui  est  commun 
dans  les  moissons  des  terrains  calcaires  et  argileux,  diffère 
du  Sinapis  arvensis  par  ses  feuilles  toutes  lyrées-pinnatifi- 
des,  ses  siliques  toruleuses,  contenant  deux  à  trois  graines, 
à  valves  plus  courtes  que  le  bec  qui  est  très-comprimé,  et 
enfin  à  ses  graines  d*un  jaune  pâle,  finement  ponctuées, 
d'un  volume  à  peu  près  double  de  celles  du  sinapis  arvensis. 
Cette  phnte  est  bisannuelle  et  quelquefois  vivace.  Ses  pro- 
priétés sont  les  mômes  que  celles  des  autres  sinapis  ;  ses 
graines  contiennent  beaucoup  de  mucilage. 

La  plante  dont  un  échantillon  m'a  été  présenté  est  le  si- 
symbrium  officinale  (erysimum  officinale,  Linnée,  Spec,  922) 
vulgairement  c  herbe  aux  chantres.  »  Elle  croît  dans  les 
mômes  lieux  que  le  sinapis  arvensis,  mais  elle  s'en  distin- 
gue facilement  à  ses  feuilles  radicales  et  inférieures  ronci- 
nées  pionatipartites  à  5-11  lobes  anguleux,  inégalement 
dentés,  les  terminaux  confluents  en  un  lobe  plus  ample,  ses 
feuilles  supérieures  bastées,  à  lobes  étroits,   le  terminal 


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34  4  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

oblong  très-allongé,  et  enfin  à  ses  siliqnes  velues,  dépour- 
vaes  de  bec  et  étroitement  apprimées  contre  la  tige. 

G.  FrsTON. 
Membre  de  U  Société  botanique  de  Frtnee. 

Après  la  lecture  de  cette  savante  notice,  M.  le  Prési- 
dent fait  connaître  qae  la  Revue  agricole  et  forestière 
de  Provence  nous  apporte  aussi  son  appréciation  favo- 
rable sur  la  moutarde  sauvage  et  nous  apprend  que  sa 
dénomination  provençale  est  la  rabanelle  [petite  rave), 
diminutif  de  rabo,  rave  ;  ce  qui  nous  confirme  dans  la 
détermination  que  nous  en  avions  faite.  En  conséquence, 
M.  de  Brive  demande  que  la  connaissance  de  cette  nou- 
velle plante  alimentaire  soit  vulgarisée. 

A  cette  occasion,  M.  le  Président  présente  une  autre 
plante  qu'il  a  cultivée  comme  épinard  ;  elle  pousse  vite 
«t  donne  une  lige  très-élevée.  La  feuille,  très-précoce  et 
vivace,  persiste  toute  l'année  et,  à  quelque  âge  qu'elle 
soit  arrivée,  elle  reste  tendre  et  excellente  à  manger* 
Son  nom  populaire  est  celui  à! épinard  de  Jérusalem. 

M.  Benott  dit  qu'il  connaît  cette  plante  sous  le  nom 
A*épinard  de  blette. 

M.  Giron  se  charge  d'exprimer  les  remercîments  de 
la  Société  à  M.  Fiston,  pour  la  notice  qu'il  a  bien  voulu 
nous  transmettre  et,  en  même  temps,  de  le  prier  de 
déterminer  scientifiquement  aussi  le  pseudo-épinard 
dont  il  vient  d'être  parlé. 

Culture  des  asperges.  —  Le  journal  le  Sud-Bst  si- 
gnale, pour  la  culture  des  asperges,  un  procédé  préco- 
nisé par  un  cultivateur  anglais.  II  assure  que  le  sel  est  le 


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JUILLET.  345 

seul  engrais  nécessaire  pour  produire  de  belles  asper- 
ges. Le  sel  nourrit  la  plante  qui  est  d'une  espèce  mari- 
time. Il  suffit  de  donner  à  la  plantation,  par  mètre  carré, 
un  demi-kilogramme  de  sel  qu'on  laisse  à  la  pluie  pour 
être  dissous;  grâce  à  cette  méthode,  le  lit  produira 
toujours  des  asperges  saines,  succulentes  et  de  belle 
apparence,  dont  on  peut  tout  manger;  le  même  cultiva- 
teur soutient  que  de  longues  tiges  blanches  avec  une 
pointe  dorée  de  trois  centimètres  de  long  et  sans  aucun 
goût  ne  sont  pas  des  asperges,  mais  un  légume  dé- 
gradé par  une  culture  mal  entendue.  Il  s'en  réfère, 
comme  preuve,  au  délicieux  végétal  obtenu  par  les 
Espagnols  des  côtes  de  la  mer,  simplement  au  moyen 
d'irrigations  d*eau  salée. 

M.  Aymard  fait  observer  qu'au  Puy  on  obtient,  à 
moins  de  frais,  le  même  résultat  par  l'emploi  de  Ans 
gravats  plus  ou  moins  salpêtres  et  que,  sans  doute  par 
cette  raison,  on  nomme  marin, 

La  peste  bovine.  —  Le  même  journal  le  Sud-Est  re- 
produit la  circulaire  de  M.  le  Ministre  de  l'agriculture 
sur  les  mesures  propres  à  combattre  le  développement 
de  répizootie  :  la  peste  bovine.  Le  paragraphe  5  de 
cette  circulaire  est  relatif  à  la  question  soulevée,  à  la 
dernière  séance  de  notre  Société,  sur  la  consommation 
de  la  chair  des  animaux  atteints  de  la  peste  bovine.  Nous 
le  citons  in  extenso  : 

€  Mais  pour  rendre  plus  facile  et  plus  efficace  Tinter- 
€  vention  de  l'autorité,  et  pour  atténuer  les  pertes  que 
«  la  peste  bovine  occasionne  aux  propriétaires,  l'admi- 
f  nistration  ne  s'opposera  pas  à  la  vente  des  animaux 


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316  RÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 

€  abattus  dans  la  localité  même.  Elle  permettra  égale- 
nt ment  le  transport  de  celte  viande  au  dehors,  en  fai- 
«  sant  savoir  qu'elle  peut  être  consommée  sans  danger, 
«  à  la  condition  qu'elle  ne  laissera  rien  à  désirer  sous  le 
«  rapport  de  sa  conservation.  L'expérience  de  plus  d'un 
«  siècle  démontre  que  la  chair  des  bétes  atteintes  de  la 
«  peste  bovine,  mais  abattues  avant  leur  mort,  ne  pré- 
€  sente  aucun  inconvénient  pour  la  santé  publique.  A 
«  plus  forte  raison,  la  viande,  provenant  du  bétail  placé 
«  au  milieu  des  foyers  de  la  contagion,  peut-elle  être 
«  utilisée  et  transportée  sans  le  moindre  inconvénienUt 

Destruction  des  vers  blancs.  —  Nous  trouvons,  dans 
le  Bulletin  trimestriel  de  la  Société  des  sciences,  agri- 
culture et  arts  du  département  du  Bas-Rhin,  un  arti- 
cle intitulé  :  La  destruction  des  vers  blancs.  Ce  moyen 
de  destruction  se  base  sur  ce  principe  reconnu  que  le 
ver  blanc,  au  contact  de  Tatmosphère,  meurt  en  quel- 
ques instants.  L'auteur  de  l'article,  après  plusieurs  an- 
nées d'expériences  heureuses,  conclut  que,  pendant 
trois  années  de  suite,  par  un  temps  sec,  il  faut  extirper 
en  deux  fois  les  terres  dépouillées  de  leurs  récoltes.  Les 
extirpages  ne  doivent  pas  atteindre  une  profondeur  dé- 
passant 6  centimètres.  Chacun  d'eux  sera  séparé  par  une 
interruption  de  deux  heures.  A  chaque  pièce,  la  première 
dent  sera  donnée  en  long,  et  la  seconde  en  diagonale. 
C'est  une  opération  facile  et  peu  coûteuse.  M.  le  Prési- 
dent pense  que  ce  moyen  pourrait  être  essayé  afin  de 
combattre  le  ver  blanc,  cette  plaie  de  notre  agriculture. 

Cultures  à  l'eau  d'égout.  —  Nous  lisons  dans  le 


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4UILLRT.  247 

Journal  de  la  Société  centrale  d* horticulture  de  France 
une  lettre  sur  la  culture  à  Feau  d'égoat.  L'emploi  de  cet 
engrais  serait  d'une  action  trës-fertilisaate  et  donnerait 
de  grands  résultats  économiques.  Cet  engrais,  si  considé- 
rable dans  toutes  les  villes  au  sein  des  agglomérations 
humaines,  peut  deyenir  une  source  nouvelle  de  riches- 
ses pour  Tagriculture.  Dans  Tapplication  de  ce  système 
à  notre  localité,  on  peut  constater  que  les  terres  arro- 
sées par  les  eaux  du  Dolezon,  après  qu'elles  ont  recules 
eaux  boueuses  de  nos  rues,  sont  d'une  fertilité  excep- 
tionnelle ;  on  sait  aussi  que  les  boues  de  notre  ville,  en- 
tassées à  son  voisinage  et  employées  pour  les  jardins  et 
les  vignes,  si  Ton  a  soin  de  les  soumettre  à  certaines 
manipulations,  amènent  des  produits  très-remarquables. 
Il  y  a  donc  là,  en  môme  temps  qu'une  question  d'écono- 
mie agricole,  un  intérêt  administratif;  car  la  municipa- 
lité du  Puy,  qui  jusqu'à  ce  jour  avait  payé  pour 
l'enlèvement  des  boues,  pourrait  au  contraire  en  tirer 
un  large  profit,  s'il  était  possible  de  combiner  le  net- 
toyage des  rues  avec  le  système  des  nouveaux  égouts 
qui  est  en  voie  d'application  dans  diverses  parties  de 
la  ville  du  Puy. 


Histoire.  —  Origine  des  armoiries.  —  M.  le  Prési- 
dent a  remarqué,  dans  le  Bulletin  de  la  Société  des  an- 
tiquaires de  l'Ouest,  l'analyse  d'un  travail  de  M.  Ana- 
tole de  Barthélémy  sur  l'origine  des  armoiries  et  sur 
leur  utilité  au  point  de  vue  de  la  critique  historique. 
H.  de  Barthélémy  établit  par  les  textes  et  les  monu- 
ments une  distinction  entre  le  blason  qui  a  existé  de 


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348  RÉSUMÉ  DBS  SÉANCES. 

tout  temps  et  les  armoiries  féodales  qui  ont  commencé 
en  France  vers  1180  au  plus  tôt.  Il  ajoute  que,  de  cette 
date  au  règne  de  Louis  IX,  les  armoiries  ont  été  pure- 
ment réelles,  c'est-à-dire  a^Uachées  au  fief  et  non  à  la 
personne  qui  le  possédait.  Tout  monument  peint,  sculpté 
ou  gravé  portant  des  armoiries,  est  nécessairement  pos- 
térieur à  1180..  En  résumé,  le  blason  est  l'expression 
générale  qui  désigne  les  signes  et  symboles  adoptés  par 
un  individu,  les  armoiries  sont  les  figures  ou  symboles 
attachés  à  un  fief  ou  adoptés  par  une  personne  noble. 
Les  non-nobles  avaient  des  blasons  sur  leurs  sceaux;  les 
fiefs,  les  nobles  et  les  communes  avaient  des  armoiries. 
Les  premières  étaient  personnelles  et  variables,  les  se- 
condes immobilisées.  Le  blason  d'un  non-noble  deve- 
nait armoirie,  lorsque  celui-ci  était  anobli. 

M.  Aymard  fait  observer  que  ces  vues  judicieuses  de 
Tun  de  nos  plus  savants  archéologues  seront  suscepti- 
bles dans  notre  pays  d'intéressantes  applications  que  la 
Société  doit  recommander  aux  investigateurs  de  l'his- 
toire locale.  On  découvre  journellement  des  cachets 
plus  ou  moins  anciens  qui  portent  des  signes  et  symbo- 
les, concernant  des  personnes  dont  rien  n'atteste  la  no- 
blesse. Il  conviendra  souvent  de  ne  point  considérer  ces 
emblèmes  comme  de  véritables  pièces  d'armoiries. 

Notre  confrère  mentionne  aussi  un  curieux  usage  qui 
existait  au  Puy,  sans  qu'on  puisse  encore  préciser  son 
origine,  d'après  lequel  des  bourgeois  ou  même  de  sim- 
ples citoyens,  élevés  aux  honneurs  du  consulat,  se  don- 
naient un  blason  en  façon  d'armoirie  sur  des  pancartes 
peintes  qui,  au  moins  dans  le  dernier  siècle,  étaient 
illustrées  aussi  des  armes  du  roi  et  de  la  ville  et  de 


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JUILLET.  319 

figures  de  renommées  et  d'autres  génies  en  guise  de 
supports  (4).  Ces  tableaux,  dont  Tautorité  municipale, 
officiellement  et  à  ses  frais,  gratifiaient  les  consuls,  ne 
semblent  pas  avoir  constitué  un  droit  héraldique;  mais 
on  vit  parfois  leurs  possesseurs  obtenir,  sur  la  produc- 
tion de  ces  blasons,  de  royales  autorisations  qui  les 
transformaient  en  vraies  armoiries. 

£n  remontant  à  des  temps  plus  reculés,  il  ne  sera 
pas  moins  instructif  de  rechercher  Torigine  des  pièces 
héraldiques  de  nos  plus  anciens  barons,  soit  qu'elles 
aient  été  empruntées  au  blason  de  lears  sceaux,  soit 
qu'elles  aient  été  créées  à  rori|;ine  même  des  armoiries^ 

A  ce  dernier  point  de  vue,  M.  Aymard  rappelle  une 
étude  qu'il  avait  faite  sur  les  sceaux  et  armoiries  de  la 
ville  du  Puy  et  qui  a  été  consignée  dans  les  Annales  de 
notre  Société  (tome  XXVI,  1863,  p.  30).  Dans  ce  tra- 
vail, notre  confrère  avait  été  amené  à  peu  près  aux  mê- 
mes conclusions  que  celles  du  mémoire  de  M.  de  Bar- 
thélémy, c'est-à-dire  qu'avant  de  posséder  un  écusson 
armorié,  cette  ville  avait,  de  temps  immémorial,  un 


(l)  Depuis  la  séance  de  la  Société  do  11  juillet  1871,  notre  regretté  compa^ 
triote  M.  Hector  Falcon  a  légué  au  Musée,  entr'autres  dons  intéressants,  cinq 
de  ces  tableaux  peints  aux  armes  des  familles  Lantbenas,  Sotchon,  Dulac,  etc», 
et  aux  dates  des  années  17:29  à  1789.  Notre  confrère,  M.  le  docteur  Martel,  a 
bien  voulu  y  joindre  deux  quittances  de  1760  et  1768,  dt'livrées  aux  consuls  par 
le  peintre  Portai  cadet,  pour  le  prix  de  confection  de  semblables Jableaox. 
L'une  d'elle  est  ainsi  conçue  : 

<  Je  déclare  avoir  receu  de  Monsieur  Gencstet  bourgeoix  et  second  consul 
j^nnée  présente  mil  sept  cent  soixante  la  somme  de  vingt  quatre  livres  et  c'est 
pour  avoir  fait  les  armoiries  de  Messieurs  les  consuls  en  exercice  et  celle  de  la 
ville  dont  tiens  quitte. 

<  Au  Pay  ce  vingt  quatriesme  novembre  mil  sept  cens  soixante. 

<  Porta  L  cadet.  > 


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320  RÉSUMÉ   DES  SÉANGKS. 

sceau  qui,  suivant  Tusage,  devait  offrir  un  signe,  sym- 
bole ou  emblème,  un  blason.  A  cet  égard,  les  dates  four- 
nies par  nos  documents  concordent  aussi  avec  tes  don- 
nées résultant  du  travail  de  M.  de  Barlhélemy.  C'est,  en 
effet,  vers  le  premier  tiers  du  XIII*  siècle,  probablement 
peu  après  l'an  4218,  que  la  ville  du  Puy  aurait  com- 
mencé à  posséder  de  vraies  armoiries  (armaturœ),  d'a- 
près diverses  notions  et  aux  termes  d'un  titre  qui  paratt 
en  reporter  l'existence  au  moins  en  1277,  toutefois 
sans  énoncé  descriptif.  Des  monuments  de  la  fin  du 
XV*  siècle  et  du  XVP,  pierres  sculptées,  peintures, 
cachets  et  sceaux  qui,  sans  doute,  reproduisent  de  plus 
vieilles  représentations  de  ces  armoiries,  nous  les  mon- 
trent ainsi  figurées  :  semé  de  France,  à  l'aigle  d'ar- 
gent,  allumée,  becquée,  membrée  et  armée  de  gueules, 
au  vol  abaissé. 

Quant  au  sceau  communal,  une  charte  royale  d'ac- 
cord entre  l'évêque  et  les  citoyens  du  Puy  au  sujet  de 
leurs  droits  réciproques,  reconnaît  à  ceux-ci,  en  1218, 
le  droit  de  sceau  (sigillum),  dont  ils  jouissaient  anté- 
rieurement. Il  est  même  possible,  à  l'aide  d'autres  don- 
nées historiques,  d'en  reporter  l'existence  au  moins 
jusqu'au  X*  siècle  (l'an  982). 

Le  symbole  ou  blason  du  sceau,  dont  la  connaissance 
pour  ces  temps  reculés  ne  nous  est  pas  encore  parve- 
nue, ne  pouvait  être  que  Vaigle,  sans  le  semis  de  fleurs 
de  lis,  addition  qui  ne  peut  remonter  au-delà  du 
XIII*  siècle,  c'est-à-dire  avant  l'institution  des  armoi* 
ries  de  la  ville. 

L'origine  des  signes  constitutifs  du  blason  n'est  pas 
moins  digne  d'intérêt.  Sous  ce  rapport  également, 


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4UILLET.  321 

M.  Aymard  serait  porté  à  voir  dans  Vaigle  de  notre 
sceau  communal  comme  un  lointain  souvenir  de  la 
colonie  romaine  dont  une  grande  inscription  lapidaire 
et  de  beaux  débris  de  monuments  ont  révélé  l'antique 
existence  dans  notre  ville.  C'est  du  moins  ce  que  laisse 
entrevoir  un  rapprochement  curieux  entre  Tembléme 
de  la  ville  du  Puy  et  ceux  d'autres  cités  antiques,  telles 
que  Périgueux  (Vesunna),  Avignon  (Avenio),  Agea 
(Àginnum),Kvles  (Arelas),  etc.,  dont  les  anciens  sceaux 
offrent,  comme  au  Puy,  l'aigle  au  vol  abaissé,  à  l'instar 
de  Taigle  des  légions  romaines. 


COMMUNICATIONS. 

Agriculture.  —  Fauchage  des  céréales.  —  M.  fè 
Président  demande  si,  à  l'approche  des  moissons,  il  ne 
conviendrait  pas  encore  cette  année,  comme  en  1870, 
d'effectuer  une  expérience  publique  du  fauchage  des  cé- 
réales dans  les  environs  du  Puy.  Il  est  constant  que  la 
faux  à  râtelier,  dans  les  conditions  exigées  pour  ce  genre 
d'opération,  accomplit  quatre  fois  plus  d'ouvrage  et 
beaucoup  mieux  qae  la  faucille.  Les  dépenses  que  coû- 
tent à  la  Société  ces  expériences  sont  peu  en  regard  de 
l'intérêt  incontestable  qu'il  y  aurait  à  introduire  dans  la 
pratique  agricole  ce  mode  de  fauchaison  qui  est,  d'ail- 
leurs, employé  avec  succès  en  d'autres  pays. 

La  Société  ayant  été  d'avis  que  l'expérience  soit  re« 
nouvelée,  M.  Langlois  propose  de  profiter  de  cette  cir* 
constance  pour  faire  aussi  Tessai  des  moyettes. 

M.  le  Président  reconnaît  qu'il  serait  avantageux  de 

TOME  XXXI.  91 


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322  RÈSUMi  DES  SÉANCES. 

donner  devant  le  public  une  leçon  de  ce  nouveau  pro- 
cédé. En  conséquence,  notre  confrère  H.  ChouTon,  n'é- 
tant pas  présent  à  la  séance,  sera  prié  de  vouloir  bien 
dresser  dans  ce  but  quelques-uns  des  élèves  de  la  ferme- 
école. 

Nouveau  modèle  de  faurche,  —  M.  de  Brive  annonte 
qu'eu  égard  à  la  difficulté  de  se  procurer  de  bonnes 
fourches  sur  place,  il  a  cru  devoir  acheter  à  Lyon  un 
certain  nombre  de  ces  instruments  en  bois,  d*un  mo- 
dèle qui  est  en  usage  dans  le  département  du  Rhône. 
Ces  fourches  très-simples  d'exécution,  facilement  mania- 
bles, ne  coûtent  que  la  modique  somme  de  50  centimes. 

L'assemblée  remercie  M.  le  Président  de  cette  utile 
acquisition  et  décide  que  ces  fourches  seront  délivrées 
an  prix  de  revient  à  tous  les  agriculteurs  qui  en  feront 
la  demande. 


Histoire.  —  Les  Grands- Jours  au  Puy.  —  Il  est 
donné  lecture  d'une  lettre  adressée  à  M.  le  Secrétaire, 
dans  laquelle  notre  confrère,  M.  le  baron  de  Sartiges 
d'Angles,  remerciant  dô  renvoi  du  tome  XXX*  de  nos 
Annales,  déclare  que  la  partie  du  volume,  concernant 
la  tenue  des  Grands- Jours  au  Puy  en  4666,  Ta  forte- 
ment intéressé  :  c  Ce  mémoire,  écrit-il,  a  une  autre  va- 
leur que  le  mémoire  publié  par  M.  Gonod  sur  les 
Grands-Jours  d'Auvergne  à  la  même  époque,  lequel,  à 
vrai  dire,  n'est  autre  chose  qu'un  roman,  tandis  que  le 
mémoire  (de  M.  Paul  Leblanc),  inséré  dans  les  Annales, 
»ffre  un  caractère  plus  historique,  en  faisant  connaître 


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JUILLET.  323 

les  noms  des  accusés  et  les  motifs  de  leurs  condamna- 
tions. » 

M.  Chassaing  ajoute  que  ce  qui  donne  un  puissant  in- 
térêt à  ce  travail,  c'est  qu'il  reproduit  les,  textes  mêmes 
des  documents  contemporains,  reflétant  à  un  haut  degré 
rhisloire  et  les  mœurs  de  Tépoque. 

Les  antiquités  bénédictines  de  Dom  Estiennot.  — 
M.  le  Président  fait  lecture  de  la  lettre  suivante  que  lui 
ont  remise  nos  confrères,  MM.  Aymard  et  Chassaing  : 


LePuy,  le  10  juin  1871. 

Monsieur  le  Président, 

Nous  avons  Thonnear  de  vous  prier  de  vouloir  bien  adres 
ser  à  M.  le  Ministre  de  Tlnstruction  publique,  par  Tinter- 
médiaire  de  M.  le  Préfet  de  la  Haute-Loire  qui,  nous  en 
sommes  convaincus  d'avance,  y  donnera  son  bienveillant 
appui,  une  demande  tendant  au  prêt  à  la  Société  académi- 
que du  Puy,  par  la  Bibliothèque  nationale,  des  deux  volu- 
mes manuscrits  des  Antiquités  bénédictines  pour  le  diocèse 
du  Puy,  contenant  les  extraits  que  Dom  Estiennot  avait 
recueillis,  vers  1685,  dans  les  cbartriers  de  l'Evèché  de 
cette  ville  et  des  monastères  du  diocèse,  en  vue  de  la  se- 
conde édition  du  GaUia  christ  iana.  Ce  prêt  permettra  à  la 
Société  de  prendre  une  copie  de  ces  précieuses  notes  qui 
offrent  le  plus  grand  intérêt  pour  Thistoire  de  nos  contrées , 
parce  que  les  documents  originaux  explorés  et  analysés  par 
Dom  Estiennot  sont  aujourd'hui  pour  la  plupart  détruits 


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324  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

on  dûpenés.  Les  périls  auxquels  là  Bibliothèque  de  la  rue 
Richelieu  a  récemment  échappé  dans  les  é|>ouvantables 
désastres  de  Paris,  justifient  surabondamment  Tintelligenle 
précaution  dont  le  devoir  incombe  aux  Sociétés  savantes 
de  faire  copier  les  documents  qui  intéressent  le  plus  This- 
toire  de  la  province  et  sont  accumulés  dans  notre  grand 
dépôt  national  ;  ce  serait  conjurer  les  cbances  de  destruc- 
tion irréparable  que  courent  les  exemplaires  uniques  et 
sauver  à  jamais  les  sources  de  nos  annales.  Nous  venons 
d'en  avoir  une  preuve  frappante  dans  le  sort  de  VHis- 
toire  de  la  maison  de  Polignae,  par  Ghabron,  qui  a  péri 
dans  rincendie  de  Thôtel  de  Grillon.  La  perte  de.  ce 
manuscrit  composé  sur  des  titres  originaux,  qui  ont  été 
consumés  en  1792  dans  Tincendie  du  couvent  des  Gor- 
deliers  du  Puy,  serait  Tobjet  de  nos  éternels  regrets,  si  la 
Société  ne  devait  à  votre  initiative  si  dévouée  aux  intérêts 
de  la  science  et  du  pays,  et  à  la  libérale  communication 
de  M.  le  duc  de  Polignae,  la  copie  qu'elle  possède  depuis 
Tan  dernier.  Nous  ajoutons  que  la  copie  des  deux  volumes 
de  Dom  Estiennot  suppléera,  pour  la  partie  ecclésiastique, 
à  l'insuffîsance  des  documents  qui  forment  la  bibliothèque 
historique  de  la  Société. 

Si  les  ressources  de  la  Gompagnie  ne  lui  permettaient  pas 
de  subvenir  aux  dé|.enses  de  la  copie,  il  serait  facile  de  trou- 
ver une  combinaison  quelconque,  telle  qu'une  souscription, 
qui,  dans  cette  circonstance  comme  dans  bien  d'autres  déjà, 
allégerait  cette  charge. 

Veuillez  agréer,  monsieur  le  Président,  l'assurance  de 
notre  respectueuse  confraternité  et  de  notre  sincère  dévoue- 
ment. 

Ayvard,  Ghassaino. 


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JUILLET.  325 

M.  le  Président  s'est  empressé  de  transmettre  cette 
demande  à  M.  le  Préfet  qni,  Ini-méme,  Ta  immédiate* 
ment  envoyée  à  l'administration  de  la  Bibliothèque  na- 
tionale. D'aillears,  M.  Léopold  Delisle,  membre  bono« 
raire  de  notre  Société,  vient  d'être  nommé  conservateur 
du  département  des  manuscrits  de  cette  bibliothèque. 
Il  n'est  pas  douteux  qu'il  se  fera  un  plaisir  d'appuyer  le 
vœu  de  la  Société. 

Chroniques  de  Médicis.  —  Il  est  donné  communica- 
tion à  la  Société,  au  nom  de  M.  Marchessou,  imprimeur, 
des  six  premières  feuilles  du  second  volume  de  Me'dicis. 
L'impression  est  satisfaisante  et  répondra,  il  faut  l'es- 
pérer, aux  soins  intelligents  qui  ont  été  donnés  à  la  pu- 
blication du  premier  volume. 


Personnel  du  Musée.  —  Direction.  —  M.  Aimé  Gi- 
ron expose  que,  dans  le  but  de  supprimer  toute  préémi- 
nence, reconnue  inutile  entre  MM.  les  conservateurs  du 
Masée  qui,  chacun  dans  sa  spécialité,  consacrent  le  même 
zèle  dévoué  et  intelligent  à  Torganisation  des  collections, 
il  serait  convenable  de  n'attribuer  à  aucun  d'eux  la  di- 
rection du  Musée.  Aux  termes  du  règlement  de  la  Com- 
pagnie, la  présidence  de  toutes  les  commissions  appar- 
tient au  Président  de  la  Société  ;  celle  du  Musée,  seule, 
fait  exception  à  cette  règle,  sans  qu'il  soit  nécessaire 
d'y  déroger  sur  ce  point.  Il  y  aura,  au  contraire,  sim- 
plification dans  les  rouages  administratifs,  lorsque  le 
Président,  ayant  directement  la  gestion  supérieure  du 
Musée,  devra,  dans  l'intérêt  de  cet  établissement,  inter- 


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3S6  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

Tenir  pins  oa  moins  promptement  auprès  des  autorités 
départementale  et  municipale. 

M.  de  BriTe,  en  annonçant  son  intention  de  résilier 
prochainement  la  présidence,  appuie  cette  proposition 
qui  est  aussi  admise  en  principe  par  rassemblée.  Tou- 
tefois, comme  toute  modification  au  règlement  relèye 
avant  tout  du  conseil  d*administration,  celle-ci  devra 
être  formulée  par  écrit,  sous  la  signature  de  trois  mem- 
bres. En  conséquence,  M.  le  vice -secrétaire,  après  s*étre 
conformé  à  celte  prescription  des  statuts,  présentera 
la  dem  ande  à  la  prochaine  réunion  du  conseil. 

Élection  du  conservateur  des  beau^x-arts.  —  H  est 
procédé  au  scrutin  pour  celte  élection ,  en  remplace- 
ment de  M.  Yibert  père,  décédé.  Aucun  des  candidats 
n'obtient  la  majorité  exigée  par  le  règlement,  et  la  So- 
ciété ensuite  ne  se  trouvant  pas  en  nombre  suffisant, 
après  avoir  été  consultée  sur  l'opportunité  d'un  nou- 
veau scrutin,  remet  à  la  prochaine  séance  la  nomina- 
tion du  conservateur  de  la  section  des  beaux-arts. 


PeRSONFCKL  DBS  MEMBRES  DE  LA  SOCIÉTÉ.  —  H.  JulOS 

de  La  Bâtie  a  écrit  à  M.  le  Président  de  vouloir  bien  être 
auprès  de  la  Société  Tinterprète  de  ses  remerctments 
pour  sa  nomination  au  titre  de  membre  non  résidant. 

Sur  la  proposition  de  MM.  Ghassaing,  Aimé  Giron  et 
l'abbé  Frugère,  rassemblée  confère  le  titre  de  membre 
correspondant  à  M.  Mestre,  capitaine  en  retraite,  che- 
valier delà  Légion  d'honneur,  zélé  collectionneur  qui 


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JUILLET.  327 

a  donné  an  Musée  des  témoignages  de  vive  sympathie 
par  des  offrandes  intéressantes. 
A  sept  heures,  la  séance  est  levée. 

Le  vice-secréiairef 
kiui  GIRON. 


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SÉANCE  MENSUELLE 

DU  JEUDI  7  AOUT. 


SOMMAlHa 

Lecture  da  proeès-verbal.  —  Mnstfi  :  Dons  d*nne  fnnée  épingle  de  brome, 
préhistoriqae  oo  gaoloise,  par  M.  Monteil;  d'un  petit  buste  romsin  en  brome 
et  de  vieilles  cartes  k  joaer»  par  M.  Tnja  ;  d'une  râpe  k  tabac  et  d*ime  plan- 
chette de  dentellière,  par  M.  Aymard.  —  Ouviigbs  ebçds  :  Nomination  de 
M.  Galenard  de  Lafayette  comme  secrétaire  de  la  réanion  des  agricnltenrs 
de  l'Assemblée  nationale.  Chemins  ruraax,  proposition  de  M.  Aymard  d'ap- 
peler sur  cette  qaestion  l'intérêt  des  députés  agriculteurs.  Tannée  employée 
comme  récipient  d'engrais.  Question  chevaline.  Procédé  de  conservation  des 
fruits.  Le  phi/lloxera  voflatrix.  Utilisation  de  la  cendrée  comme  engrais  ; 
observation  de  M.  le  docteur  Langlois  k  ce  sujet.  Morsure  des  serpents; 
observations  de  MM.  de  Brive»  Martel,  Aymard,  l'abbé  Frugère  sur  l'étude 
de  ces  reptiles  et  le  traitement  de  leurs  morsures.  Dons  d'ouvrages  k  la 
Société,  par  M.  Desdevises  du  Désert.  —  Commuiiicâtioics  :  Expérience 
ikite  au  Puy,  du  moissonnage  k  la  faux  ;  rapport  k  ce  sujet  par  M.  de 
Brive;  mention  de  ce  procédé  dans  un  vieux  registre  du  général  de 
l'Estrade.  Communication  d'un  manuscrit  de  Dom  Estiennot;  explications  y 
relatives,  par  M.  Chassaing.  Grottes  et  cavernes,  signalées  et  décrite;  par 
MM.  Chassaing  et  Aymard.  La  direction  du  Musée  est  conférée  au  président 
de  la  Société.  M.  le  baron  de  Yinols,  nommé  conservateur  de  la  section  des 
beaax-urts.  Question  de  l'assistance  des  membres  aux  séances.  Nominations 
de  divers  membres  au  titre  d'honoraires.  Demande  d'admission  par  M.  le 
docteur  Mouret  au  titre  de  membre  non  résidant. 


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AOUT.  329 

Présidence  de  M.  de  Brive. 

A  trois  heures,  la  séance  est  onyerte. 

Le  procès-verbal  de  la  précédente  réunion  est  lu  et 
adopté. 

MUSÉE. 

Dons.—  Grande  épingle  à  cheveux,  préhistorique  (?) 
petit  buste  romain,  râpe  à  tabac,  planchette  à  dentel- 
les, vieilles  cartes  à  jouer.  —  M.  Aymard  fait  Ténumé- 
ration  des  objets  suivants  qui  ont  été  offerts  au  Musée  : 

Par  M.  Monteil,  surveillant  des  travaux  de  la  ville, 
une  très-longue  et  élégante  épingle  à  che^reux,  en 
bronze,  ornée,  dans  le  haut,  d'un  bouton  et,  au-dessous, 
cerclée  d'annelets,  comme  on  en  voit  à  des  épingles 
analogues  de  Tâge  préhistorique  du  bronze.  Toutefois 
cette  pièce  ne  serait  pas  moins  intéressante,  si  on  Tattri- 
buait,  d'après  des  spécimens  plus  ou  moins  approchants, 
soit  à  l'époque  gauloise,  soit  au  temps  des  Romains. 
Elle  a  été  trouvée  dans  le  sol  du  jardin  public  de  la  ville 
du  Pny,  en  creusant  une  tranchée  pour  une  conduite 
d'eau.  Elle  était  à  deux  mètres  de  profondeur  dans  une 
couche  de  sable  et  de  galets,  inférieure  à  celle  qui,  en 
divers  endroits  du  même  jardin,  avait  déjà  fourni  aux 
recherches  de  notre  confrère  des  médailles  romaines, 
des  fragments  de  tuiles  à  rebords,  des  fers  de  cheval,  etc.; 

Par  M.  Emile  Tuja,  propriétaire  au  Puy,  un  petit  buste 
d'homme  en  bronze,  probablement  gallo-romain  qui 
provient  de  Saint-Panlien  (l'antique  Revession)  ;  et  de 


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330  RÉSUMÉ  DES  SÉilNGES 

vieux  spécinf^ens  de  cartes  à  jouer; 

Par  M.  Aymard,  une  râpe  à  tabac  en  fer,  avec  mar- 
que fleurdelisée  ; 

Et  une  planchette  de  dentellière,  élégamment  ajourée 
et  ornée  de  dessins  naïfs  en  creux,  avec  la  date  1744. 

H.  le  Président,  au  sujet  de  ces  dons,  exprime  les 
remerciments  de  la  Société. 


OUVRAGES  REÇUS. 

M.  le  Président  fait  le  dépouillement  des  publications 
qui  sont  parvenues  à  la  Société  depuis  la  dernière 
séance.  L'une  d*elles,  donnant  le  compte  rendu  de  la 
RéunionJibre  des  agriculteurs  de  t Assemblée  natio- 
nale, annonce  que  cette  association,  importante  par  son 
influence  sur  les  questions  législatives  intéressant  Ta- 
griculture,  a  procédé  au  renouvellement  de  son  bu- 
reau et  a  élu  au  nombre  de  ses  secrétaires  notre 
honorable  confrère  et  ancien  président  M.  Charles  Ca- 
lemard  de  la  Fayette,  député  de  la  Haute-Loire. 


Agriculture.  —  Chemins  ruratix.  —  Au  sujet  de  la 
communication  qui  précède,  M.  Aymard  dit  qu'il  y  au- 
rait opportunité  d'invoquer  la  sollicitude  de  MM.  les 
députés  agriculteurs  en  faveur  de  la  solution  simple , 
économique  et  très-pratique  de  la  question  des  ekemins 
ruraux  au  moyen  des  syndicats  obligatoires.  Depuis 
dix-sept  ans,  notre  Société  n'a  pas  cessé  de  préconiser 
ce  système  qui,  s'il  recevait  une  sanction  législative, 


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AOUT.  33 f 

aurait  pour  effet  très-prochain  de  favoriser  aa  plus 
haut  point  le  progrès  agricole  et  d'accroître  la  fortune 
territoriale  de  la  France  dans  des  proportions  considé- 
rables: résultat  d'autant  plus  désirable  en  ce  moment, 
que  de  cruels  désastres  ont  infligé  à  la  France  la  perte 
de  plusieurs  milliards. 

La  Haute-Loire,  comme  tous  les  départements  acci- 
dentés où  la  propriété  est  sujette  aui  morcellements,  a 
surtout  le  plus  grand  intérêt  à  la  réalisation  de  cette 
mesure.  En  effet ,  les  ressources  des  communes  sont 
loin  d'élre  suffisantes  pour  les  chemins  vicinaux  classés. 
Il  ne  faut  donc  pas  penser  à  les  appliquer  aux  chemins 
non  classés  ou  chemins  ruraux,  lesquels,  dès  lors, 
sont  livrés  à  Tincurie  la  plus  complète  et  à  un  état  de 
dégradation  tel  que  certains  ne  peuvent  pas  laisser  pas- 
sage aux  chars.  Beaucoup  ont  été  réduits  par  des  em- 
piétements à  un  simple  sentier  ;  et  à  l'égard  des  terres 
qu'ils  desservent,  l'impossibilité  de  transporter  les  fu- 
miers et  les  récoltes  rend  ces  propriétés  presque  im- 
productives. Aussi  l'initiative  de  la  Société  a  trouvé 
de  constants  échos  d'abord  au  Congrès  scientifique  de 
France,  tenu  au  Puy  en  4855,  ensuite  dans  les  conseils 
départementaux.  Avec  ces  assemblées,  les  agriculteurs 
intelligents  et  vraiment  soucieux  du  bon  entretien  de 
ces  chemins  reconnaissent  tous  qu'ayant  à  bénéficier  de 
cette  amélioration  dans  une  large  mesure^  ils  feraient 
une  spéculation  très-lucrative ,  en  restaurant  les  che- 
mins ruraux  par  syndicats,  à  leurs  propres  frais  et  sans 
le  concours  pécuniaire,  toujours  tardif  et  insuffisant,  de 
l'Etat,  du  département  ou  de  la  commune.  Ce  système 
est  celui  déjà  consacré  par  les  lois  des  46  septem- 


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332  RESUME  DES  SÉANCES. 

bra  4807  et  21  juin  4865,  pour  des  travaux  d'un  in- 
térêt collectif,  tels  que  de  défense  contre  les  cours 
d'eau,  dessèchement  des  marais,  assainissement  de 
terres  humides ,  etc.  ;  système  rendant  obligatoire 
la  coopération  de  la  minorité  des  intéressés  par 
la  majorité  et  au  moyen  d'un  vote  ou  assentiment 
régulier. 

La  législation  trouverait  là,  encore  une  fois,  une  belle 
occasion  de  faire  appel  à  Tinitiative  privée,  souvent  si 
féconde  en  résultats  pratiques  et  immédiats.  La  théorie, 
dans  notre  département,  a  été  suivie  dé  près  par  Texpé- 
rimentation  qui  en  a  consacré  toute  la  valeur,  au  moyen 
des  syndicats  facultatifs  organisés  par  Tinfluence  active 
des  maires  dans  queiqaes  communes,  telles  que  Vais  et 
Taulhac  près  le  Puy,  Polignac,  Yssingeaux,  etc.,  dont 
les  territoires  montrent  aujourd'hui  des  champs  bien 
cultivés  là  où  naguères,  à  défaut  de  bons  chemins  ru- 
raux, on  ne  voyait  qu'un  sol  aride  et  couvert  de  pierres 
et  de  broussailles.  Que  serait-ce  si  l'association  syndi- 
cale, trop  souvent  entravée  par  le  mauvais  vouloir  de 
quelques-uns,  se  propageait  largement,  en  devenant 
obligatoire  pour  la  minorité,  le  plus  souvent  infime, 
des  propriétaires  réunis  en  syndicats? 

La  plupart  des  Sociétés  d'agriculture,  qui  se  sont  oc- 
cupées des  chemins  ruraux,  partagent  les  mômes  vues. 
Des  députés,  très-autorisés  dans  celte  question,  les  ont 
soutenues  au  Corps  législatif,  sans  toutefois  qu*ils  aient 
pu  obtenir  une  solution  favorable  :  résultat  regretta- 
ble qui  a  tenu,  sans  doute,  à  ce  que  les  représentants  de 
certains  départements,  peu  initiés  aux  intérêts  agrico- 
les, n'avaient  pas  voulu  prendre  la  peine  d'étudier  Tu- 


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AOUT.  333 

tililé  de  ces  modestes,  mais  très-nombreuses  voies  de 
commuDication  (I). 

L'assemblée,  forlement  pénétrée  des  vues  émises  par 
notre  confrère  M.  Aymard,  réitère  le  vœu  qu|une  loi 
vienne  enfin  satisfaire  à  l'une  des  pins  impérieuses  né- 
cessités du  progrès  agricole,  en  étendant  aux  chemins 
ruraux  le  bienfait  du  syndicat  obligatoire. 

La  tannée  employée  comme  récipient  d'engrais.  — 
L'application  agricole  de  la  tannée  est  l'objet  d'une  note 
insérée  au  Bulletin  de  la  Société  d'agriculture  de  Poi- 
tiers. Les  tanneries,  comme  on  sait,  disposent  d'une 
énorme  quantité  de  résidus  ligneux,  bois  ou  écorces, 
matières  de  rejet  qu'il  pourrait  être  utile  d'employer 
dans  réconomie  agricole.  On  avait  commencé  à  les  utili- 
ser comme  engrais,  à  une  époque  où,  en  raison  des 
prix  modiques  de  l'écorce  du  chêne,  on  en  extrayait  im- 
parfaitement l'acide  tannique.  Aujourd'hui  que  les  prix 
ont  doublé  et  même  triplé,  les  corroyeurs  épuisent  da- 
vantage cet  acide,  en  donnant  à  l'écorce  deux  ou  trois 
bains.  Le  tan,  ainsi  traité,  peut  encore  rendre  des  ser- 
vices à  l'agriculture  comme  litière  propre  à  recevoir 
les  engrais.  Le  moment  est  venu  de  l'affecter  à  cet 
usage.  La  tannée  qu'on  utilisait  pour  le  chauffage,  après 


(L)  Depuis  notre  séance  du  7  août  1871,  la  Société  a  été  inforniée  que  M.  le 
ministre  de  l'intérieur,  dans  une  circulaire  du  !•'  février  1873,  a  demandé  ^ 
MM.  les  Préfets  des  renseignements  statistiques  sur  les  chemin:,  ruraux  en 
Yue  de  rélaboration  d'un  projet  de  loi.  Il  est  résulté  des  données  founiiespar 
M.  le  préfet  de  la  Haute-Loire,  que,  dans  ce  département,  le  nombre  des  chc 
mins  ruraux  s'élève  au  cbiiTre  notable  de  7,065,  et  que  leur  développement  total 
n'est  pas  moindre  de  9,000  kilom^tresr 


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334  RÉSUMÉ   DBS  SÉANCKS. 

avoir  été  préparée  en  pains  au  moyen  de  moules,  troare 
peu  d*acquérenrs/et  les  tanneurs  la  livrent  à  bas  prix. 
C'est  ainsi  qu'au  Puy,  ces  résidus  se  vendent  à  peine 
0,50  centimes  la  voiture.  La  Société  doit  retenir  cette 
indication  d'autant  plus  utHe  en  ce  moment,  que  la 
paille,  récipient  ordinaire  de  nos  engrais,  a  acquis  une 
élévation  de  prix  qu'elle  peut  conserver  plus  ou  moin^ 
de  temps. 

Question  chevaline.  —  L  'opinion  qui  a  prévalu  an 
sein  de  notre  Société,  en  ce  qui  concerne  l'amélioration 
de  la  race  chevaline  dans  notre  pays,  est  partagée,  d'a- 
près le  Bulletin  agricole  de  l'arrondissement  de  Douai, 
par  les  éleveurs  de  sa  région  ;  c'est-à-dire  qu'il  convient, 
pour  les  croisements,  de  tenir  grand  compte  des  races 
présentant  le  mieux  les  conditions  spéciales  aux  difficul- 
tés de  l'élevage,  aux  ressources  et  aux  besoins  du  pays. 
L'administration  des  haras,  au  contraii*e,  lutte  contre 
ces  exigences  locales,  trop  résistantes,  à  noire  avis,  pour 
qu'il  soit  possible  de  les  vaincre.  Aussi  chaque  départe- 
ment tend-il  à  repousser  le  système  des  haras  dans  ce 
qu'il  a  de  trop  exclusif,  pour  produire  des  animaux  d'u- 
tilité réelle  et  de  services  pratiques  et  spéciaux. 

Conservation  des  fruits,  —  On  trouve  dans  le  Jour- 
nal d'agriculture  progressive  un  procédé  pour  la  con- 
servation des  fruits  pendant  l'hiver.  M.  le  Président  fait 
observer  que  ce  procédé  est  préférable  à  celui  recom- 
mandé par  Mathieu  de  Dombasles  et  qu'il  a  expérimenté. 
II  s'agissait  d'un  fruitier  portatif,  se  composant  de  plu- 
sieurs caisses  superposées,  faciles  h  couvrir  et  à  visiter. 


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AOUT.  335 

Ce  fruitier  avait  bien  l'avantage  de  tenir  pen  de  place  ; 
mais  rhumidilé,  ne  pouvant  facilement  s'évaporer,  ame- 
nait la  pourriture  des  fruits.  Celui  que  préconise  le  Jour- 
nal d'agriculture  pratique  est  aussi  simple  que  peu 
coûteux.  Il  consiste  à  placer  dans  des  caisses  les  fruits 
de  même  espèce,  par  couches,  en  les  séparant  avec  du 
sable  trës-fln,  ni  humide  ni  trèssec.  Par  ce  moyen,  les 
fruits  ne  se  pourrissent  pas  et  conservent  une  remar- 
quable fraîcheur.  Il  n*est  besoin  que  d'un  espace  res- 
treint pour  une  grande  quantité  de  fruits  et  les  frais  d'é- 
tablissement et  d'entretien  sont  très-minimes. 


Viticulture.  —  Le  phylloxéra  vastatrix.  —  Cet  in- 
secte, qui  est  en  ce  moment  le  plus  redoutable  ennemi 
de  la  vigne  pour  certaines  contrées  du  Midi,  a  fourni 
le  sujet  d*une  étude  dans  le  Journal  d'agriculture 
pratique.  Après  avoir  énuméré  diverses  substances 
inutilement  employées  pour  combattre  ce  fléau,  Tauteur 
croit  que  le  salut  des  vignes  serait  dans  remploi  de  la 
potasse  et,  par  conséquent,  dans  la  fumure  par  la  cendre. 

M.  Langlois,  sans  avoir  à  constater  la  présence  du 
phylloxéra  dans  les  vignes  de  notre  département,  fait 
observer  qu'en  ce  qui  concerne  rulilisalion  de  la  cen- 
dre comme  engrais,  il  a  fait  un  essai  comparatif  de  la 
cendre  de  bois  et  de  celle  de  houille.  Malgré  la  faible 
quantité  de  potasse  contenue  dans  cette  dernière,  les  ré- 
sultats en  faveur  de  celle-ci  n'en  ont  pas  moins  été  sa- 
tisfaisants. 

M.  Aymard,  revenant  à  la  question  du  phylloxéra, 
rappelle,  au  nombre  des  essais  entrepris  pour  détruire 


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336  RÉSUMÉ   DES   SÉilNGES. 

cet  insecte,  rimmersion  da  sol  par  d'abondantes  irriga- 
tions. Mais  si  le  fléau  venait  à  atteindre  notre  pays,  ce 
procédé  ne  serait  que  très-rarement  applicable  à  nos  vi- 
gnes, le  plus  souvent  situées  aux  pentes  des  collines  et 
plus  ou  moins  éloignées  des  cours  d*eau. 


SÉANCE  MÉDICALE.  —  Morsuvô  dts  serpents.  —  M.  le 
docteur  Yiand-Grandmarais,  dans  les  Annales  de  la  So- 
ciéCé  académique  d'Indre-et-Loire,  a  traité  la  question 
des  moyens  curatifs  contre  la  morsure  des  serpents. 

M.  le  Président  exprime  lé  vœu  qu'il  soit  possible  de 
compléter  bientôt  les  collections  zoologiques  du  Mu* 
sée,  en  ajoutant  à  nos  belles  séries  des  mammifères  et 
d'oiseaux  du  pays  celle  des  reptiles  et  en  particulier 
des  serpents.  On  apprendrait  ainsi  à  distinguer  les  dif- 
férences spécifiques  et  même  les  simples  variétés ,  les- 
quelles, étant  parfois  assez  peu  apparentes,  permettent 
de  se  méprendre  sur  les  caractères  des  espèces  et ,  par 
suite,  sur  la  malignité  de  leur  venin. 

M.  le  docteur  Martel  fait  observer  qu'en  attendant 
cette  utile  collection ,  des  dessins  bien  faits  et  soigneu- 
sement coloriés  rempliraient  provisoirement  le  but 
qu'on  se  propose. 

M.  Aymard  informe  l'assemblée  que  M.  Moullade, 
pharmacien  chimiste  de  notre  ville,  pratique  avec 
succès  un  procédé  au  moyen  duquel  des  reptiles  et 
poissons ,  sans  être  empaillés  ou  enfermés  dans  des 
bocaux,  conservent  toutes  leurs  formes  et  leur  colora- 
tion. Il  est  probable  que  si  on  en  faisait  la  demande  à 
ce  savant  naturaliste,  il  s'empresserait  de  doter  le  Musée 
d'une  collection  ainsi  préparée. 


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AOUT.  337 

M.  le  caré  Frngère  dit  qae  les  Frères  des  écoles 
Notre-Dame  de  France  possèdent  et  s'efforcent  de 
compléter  une  collection  de  serpents  vivants  qu'ils  se 
procurent  dans  le  pays  et  qu'ils  s'empresseront  de  livrer 
à  l'étude  des  connaisseurs. 

M.  le  docteur  Martel,  à  propos  des  traitements  à  em* 
ployer  contre  la  morsure  des  serpents ,  fait  connaître 
qu'un  frère  de  Paradis  fut  mordu,  il  y  a  quelques  se- 
mainesy  par  une  vipère  vieille,  trësirritée,  et  dans  une 
journée  très-chaude,  trois  éléments  de  grave  morbidité 
dans  ces  sortes  d'accidents.  Malgré  une  forte  ligature 
au  bras,  l'enflure,  au  bout  de  deux  heures,  avait  fait  de 
grands  progrès  ;  les  vomissements  survinrent,  unepa* 
leur  mortelle  se  répandit  sur  tout  le  corps  et  l'enflure 
avait,  le  lendemain,  gagné  la  poitrine.  La  cautérisation 
avec  l'ammoniaque  aurait  été  insufQsanle;  mais  grâce 
à  l'ammoniaque  employée  à  Tintérieur ,  grâce  aussi  au 
quinquina,  aux  frictions  d'huile  d'olive,  remède  nou- 
vellement préconisé ,  le  malade  a  pu  être  sauvé ,  après 
quinze  jours  de  très-sérieuses  souffrances. 

Don  d'ouvrages  à  la  Société.  —  M.  Desdevises  du 
Désert,  membre  non-résidant  et  professeur  d'histoire  à  la 
Faculté  des  lettres  de  Clermont,  fait  offrande  à  la  bi- 
bliothèque de  la  Société  de  deux  beaux  volumes.  Le 
premier  est  intitulé  :  Antiquités  grecques  du  Bosphore 
cimmérien ,  publiées  et  expliquées  par  M.  Raoul  Ro- 
chetle;  le  second  a  pour  titre  :  The  Topography  of 
aihens  by  Liem,  coL  IV,  in  leake,  R.  A. 

Ce  don  est  accueilli  par  un  vote  de  remerctments. 

TOME  XXXr.  89 


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338  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 


COMMUNICATIONS. 

AGRICULTURE.  —  Moissontiage  à  la  faux.  —  M.  le 
Président  rend  compte  de  l'expérience  qui ,  d'après  la 
décision  prise  par  la  Société  à  la  précédente  réunion,  a 
eu  pour  objet  Tapplication  de  la  faux  au  moissonnage. 
La  Société  doit  se  féliciter  d'avoir  renouvelé  cette  opé- 
ration qui  avait  eu  lieu  avec  succès  Tan  dernier,  et 
dont  un  rapport  fut  inséré  au  procès-verbal  de  la  séance 
du  <«  août  4870. 

L'expérience  n'a  pas  été  moins  satisfaisante  ;  elle  a  été 
faite  le  24  juillet,  dans  un  champ  situé  au  terroir  de 
Ronzade,  près  de  la  ville  du  Puy,  et  que  le  propriétaire, 
M.  Demblé ,  s'était  empressé  de  mettre  à  la  disposition 
de  la  Société.  L'assistance  était  nombreuse  :  elle  comp- 
tait un  certain  nombre  de  nos  confrères,  des  agricul- 
teurs de  localités  diverses  des  environs  du  Puy  et  des 
élèves  de  l'École  normale  qui,  sous  l'habile  professorat 
de  notre  confrère  M.  Nicolas,  sont  initiés  aux  pratiques 
agricoles  perfectionnées  qu'ils  s'efforcent  plus  tard  de 
propager  dans  nos  campagnes,  en  leur  qualité  d'institu- 
teurs communaux. 

Le  champ,  convenablement  épierré,  offrait  une  éten- 
due approximative  d'un  hectare,  semé  en  froment  et 
avoine.  Quatre  élèves  de  la  Ferme-Ecole,  offerts  par 
son  honorable  directeur,  M.  Chouvon,  et  auxquels  s'é- 
tait joint  M.  Baptiste  Besson,  chef  d'exploitation  du 
domaine  de  M.  de  Brive,  et  ancien  élève  de  la  Ferme- 
Ecole,  ont  opéré  sur  ces  deux  espèces  de  céréales.  Ils 
en  ont  moissonné  environ  30  ares  avec  la  dextérité  d'ou- 


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AOUT.  339 

Triers  niranK  exercés  à  un  travail  qui  exige  nécessaire- 
ment  nne  certaine  habitude  du  sciage  des  blés  par  la 
faux;  car  il  ne  feut  pas  dissimuler  que  pour  ce  genre 
d^opération,  comme  pour  tous  les  autres  travaux  agri- 
coles, l'habile  maniement  des  instruments  et  outils  s'ac- 
quiert par  une  pi-atique  plus  ou  moins  prolongée. 

M.  le  Président  ne  doute  pas  que  ce  moyen  de  récoK 
ter  les  céréales,  malgré  la  difficulté  de  vaincre  les  pré- 
ventions et  de  changer  tous  procédés  de  culture  invété- 
rés, ne  soit  un  jour  généralement  appliqué  dans  le  pays', 
à  moins  que  des  machines  moîssonnensesi  bien  appro- 
priées à  notre  sol  mouvementé  et  à  tènements  morce- 
léSy  ne  viennent  bientôt  chez  nous  alléger  l'agriculture 
des  frais  exorbitants  de  la  main-d'œuvre.  D*ailleurs, 
le  moissonnage  à  la  faux  est  déjà  répandu  en  France. 
M.  de  Brive  le  pratique  depuis  deux  ans  dans  son  do- 
maine de  la  Darne  et  il  a  la  certitude  que  l'économie 
de  main-d'œuvre  est  très-notable  :  la  dépense  n'est, 
chez  lui,  que  d'un  quart  de  celle  que  nécessitait  l'em- 
ploi de  la  faucille. 

M.  Aymard  dit  que  le  sciage  des  blés  par  la  faux 
n'est  pas  une  invention  nouvelle  :  il  a,  sous  ce  rapport, 
la  consécration  du  temps.  Le  général  de  TËstrade,  no- 
tre compatriote,  qui,  dans  ses  opérations  militaires  avant 
n90,  recueillait  attentivement  toutes  sortes  d'indica- 
tions agricoles  pour  les  approprier  plus  tard  à  Texploi- 
-lalion  de  sa  terre  de  Bari'et,  aujourd'hui  commune  de 
Sanssac-rËglise,  avait  consigné,  sur  un  registre  que 
possède  M.  Hector  Falcon,  la  mention  de  ce  même  pro- 
cédé, usité  alors  assez  généralement  dans  les  campagnes 
des  bords-  du  Rhin.  Il  avait  môme  dessiné  l'instrument 


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idiO  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

qu-il  ayait  yq  fonctionner  ei  semblable  à  la  faux  à  r&te- 
lier  qoi  Tient  d'être  employée  par  la  Société  dans  l'ex- 
périmentation faite  au  champ  de  Ronzade. 


Histoire.  —  Manuscrits  de  Dom  Estiennot.  —  H.  lé 
Préfet,  dans  une  lettre  dont  il  est  fait  lecture,  annonce 
qu'il  vient  de  recevoir  de  M.  le  ministre  de  l'Instruc- 
tion publique,  sur  la  demande  de  la  Société,  la  com- 
munication du  manuscrit  de  Dom  Estiennot,  intitulé  : 
Antiquitates  benedictinm  dimcesis  Podiensis. 

M.  Chassaing  donne  quelques  explications  à  ce  siy^^  • 
€  En  4677,  dit-il,  Dom  Estiennot  résidait  à  la  Chaise- 
Dieu.  Chargé,  par  l'ordre  de  Saint-Benoit,  de  préparer 
le  travail  des  antiquités  bénédictines,  c'est-à-dire  le  re- 
cueil des  éléments  historiques  concernant  les  maisons 
religieuses  des  Bénédictins  dans  la  première  et  la  deu- 
xième Aquitaine,  il  visita  les  diocèses  du  Puy«  de  Cler- 
mont  et  de  Saint-Flour,  et,  pour  chacun  d'eux,  il  com- 
posa un  manuscrit  pareil  &  celui  qui  nous  est  commu- 
niqué. » 

L'assemblée,  satisfaite  d'avoir  à  sa  disposition  cette 
nouvelle  source  d'informations  historiques,  remercie 
M.  le  Préfet  de  sa  bienveillante  intervention  auprès  du 
ministre,  et  prie  M.  Chassaing  de  faire  exécuter  une 
copie  du  manuscrit. 

Sur  la  proposition  de  M.  Âymard,  il  est,  en  outre, 
décidé  qu'après  avoir  renvoyé  ce  document  à  la  Biblio- 
thèque nationale,  des  demandes  seront  faites  pour  obte- 
nir successivement  la  communication  des  manuscrits 
concernant  les  diocèses  limitrophes,  afin  d'en  extraire 


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AOUT.  341: 


tout  cd  qai  peut  concerner  les  parties  de  notre  dépar- 
tement comprises  dans  ces  circonscriptions  religieuses. 


Arghêologib.  —  Grottes  et  caiûernes.  —  M.  Chas^ 
saing  signale  la  récente  découyerle  de  grottes  artifl«< 
cielles  anciennes,  dans  an  monticule  sitaé  à  100  mètres 
environ  da  village  de  la  Villette,  commune  de  Saint- 
Paul-de-Tartas.  Elles  ont  été  creusées  dans  une  brèche 
argiloïde,  surmontée  par  des  basaltes.  On  y  descend 
par  une  étroite  ouverture  et  un  escalier  fort  dégradé 
qui  aboutit  au  milieu  d*une  galerie  semi-circulaire  qui 
se  développe  à  droite  et  à  gauche,  à  une  assez  grande 
distance,  et  autour  de  laquelle  s'ouvrent  des  salles, 
les  unes  rondes,  d'autres  affectant  une  forme  rectangu- 
laire. Leur  hauteur  répond  &  peu  près  à  la  taille  ordi- 
naire d'un  homme. 

Sur  un  des  côtés  de  la  galerie,  se  trouvent  les  mar< 
ches  d*un  escalier  obstrué  par  des  éboulements  et  qui 
paraît  conduire  à  un  étage  supérieur,  à  moins  toutefois 
qu'il  n'ait  servi  à  l'accès  sur  un  autre  point  de  ces  grot- 
tes, ce  qu'on  ne  pourra  vérifier  que  par  une  fouille. 

La  brèche  argiloïde,  ramollie  par  l'humidité,  présente 
peu  de  résistance  et  a  dû  être  facile  à  entamer.  La  ga* 
lerie  et  les  chambres  paraissent  avoir  été  creusées  à 
coups  de  pioche  en  fer;  en  examinant  avec  attention 
les  traces  qu'offrent  les  parois  et  les  voûtes,  on  voit 
que  ces  traces  sont  de  deux  sortes,  comme  si  elles 
avaient  été  faites  par  un  instrument  à  bout  pointu  pour 
les  unes  et  à  bout  tranchant  pour  les  autres.  Les  em- 
pruntes sont  assez  bien  conseiTées  et  assez  fraîches 


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Hi  RÉSUME  DBS  SÉANCES. 

potïr  permettre  de  distinguer  les  éraillores  da  bout 
tranchant  qui  était  ébrdché. 

M.  Chassaing  se  demande  s'il  n*est  pas  téméraire 
d'assigner  à  ces  grottes-là  une  ancienneté  très-recnlée 
et  si  elles  ne  remonteraient  pas  an  moyen  âge  et  prin- 
cipalement à  l'époqae  des  guerres  des  Anglais.  Cette 
période  de  notre  histoire  est  encore  fort  obscure  et  il  ne 
sera  peut-être  pas  impossible  bientôt  de  la  mettre  en 
lumière,  d'après  des  documents  inédits  qu'il  a  décou- 
verts et  qu'il  publiera  ultérieurement.  M.  Chassaing  ra* 
conte  qu'en  4  381 ,  les  Anglais  occupaient  Cariât,  AUeuze» 
ilercœur  et  Salzuit  et  poussaient  leurs  incursions  jus- 
qu'au Puy.  A  chaque  instant,  les  seigneurs  du  bassin 
de  l'Allier  et  notamment  Astruc  Dantil,  seigneur  de 
Taillac,  dépéchaient  des  émissaires  au  vicomte  de  PoU- 
gnac,  Handonet-Armand  le  Grand,  pour  l'avertir  que 
les  Anglais  «  allaient  discourir  le  pays  de  Velay  et  qu'ils 
se  jactoient  de  venir  planter  l'étendard,  une  fois  an 
Bouchet-Saint-Nicolas,  une  autre  fois  à  Saint^Paulien 
et  à  Craponne.  »  Cette  année-là,  les  bandes  des  routiers 
saccagèrent  tout  le  plateau  méridional  du  Velay  et 
emmenèrent  prisonniers  les  enfants  des  mandements 
dé  Saint-Jean-Lachalm,  Montbonnet,  Mirmande,  Bains, 
Ch&teauneuf-du-Monastier  et  Montlaur;  ces  étages  res- 
tèrent détenus  à  Aubenas  jusqu'à  ce  que  les  Etats  du 
pays  eussent  acquitté  leur  i*ancon.  Il  était  naturel  que, 
sous  la  menace  et  l'eiTroi  de  ces  courses,  les  habitants 
de  la  Villette  et  de  beauco\ip  d'autres  villages  eussent 
la  précaution  de  se  créer  des  refuges  quand  il  n'en 
existait  pas  d'anciens  dans  ces  localités.  U  est  certain 
qu'en  temps  de  guerre  ou  de  péril,  quand  des  bandes 


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AOOT.  343 

eDoenûes  parcouraient  le  pays,  les  habitants  des  cam-i 
pagnes  conrsiient  se  cacher  dans  des  cavernes.  Mdme 
pendant  les  guerres  de  religion,  il  en  fut  ainsi  :  Jean 
Burel,  dans  ses  Mémoires,  en  donne  un  exemple  remar- 
quable et  &  date  certaine.  En  avril  4590,  en  pleine  li- 
gue, les  troupes  assemblées  à  Polignac  par  H.  de 
Chaste,  sénéchal,  en  allant  assiéger  le  ch&teau  de 
Saint-Haond,  traversèrent  la  paroisse  de  Saint-Christo- 
phe-sur-Dolezon.  Les  habitants  de  ce  lieu  et  de  Cerey^ 
zet,  village  voisin,  se  réfugièrent  à  leur  approche  dans 
deux  cavernes.  Ces  retraites  furent  malheureusement 
découvertes  par  Tennemî  qui  les  enfuma,  et  le  chroni- 
queur rapporte  que,  dans  une  seule  de  ces  cavernes, 
vingt-deux  personnes  périrent;  dans  l'autre,  dix  per- 
sonnes, dont  trois  prêtres. 

Notre  confrère  cite,  également,  ce  passage  de  Jean 
Bnrel,  relatif  à  Tannée  1594,  et  qui  prouve  combien  cet 
usage  de  se  réfugier  dans  les  grottes  et  cavernes  était 
général  en  Velay,  de  la  part  des  populations  rurales,  à. 
cette  époque  calamiteuse  :  «  Les  pouvres  laboureurs,, 
c  dit  l'auteur  contemporain,  laysoient  leurs  maisons  et 
«  et  alloyent  demeurer  aux  boscages  et  cavernes,, 
c  comme  bestes,  ne  saichant  plus  où  se  retirer,  estant 
c  ravagés  et  pilhés  de  toutes  partz  de  ces  garnysons  et 
€  jandarmes.  » 

H.  Chassaing,  en  outre,  a  visité  des  grottes  creusées 
d'après  le  même  système  que  celles  de  la  Villetle  et  qui 
existent  près  de  Fay-le-Froid,  dans  la  petite  vallée  du. 
Lignott,  à  Test  et  non  loin  des  ruines  du.chftteau  du. 
Halard.  Ces  grottes  se  trouvent  dans  un  bois  de  hêtre,, 
sur  iQ  penchant  d*une  colline  très-rapide  ;  elles  iX)nsis- 


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344  RÉSUMÉ  €ES  SÉANCES. 

tent  en  un  système  àe  chambres  crensées  dans  une 
brèche ,  également  volcanique,  mais  d'une  dnreté  très- 
grande.  Il  n'est  pas  possible  d*y  reconnaître  snr  les 
parois  des  traces  des  outils  qui  ont  servi  k  les  creuser. 
Mais  on  est  frappé  de  l'analogie  qu'elles  offrent, 
quant  à  leur  distribution,  avec  celles  de  la  Villelte  et 
cette  circonstance  amène  logiquement  à  induire  qu'elles 
remontent  à  la  même  époque.  Les  grottes  si  nombreuses 
qui  existent  sur  les  divers  points  de  la  Haute-Loire,  mé- 
riteraient une  étude  spéciale  d'un  très-grand  intérêt  et 
qui ,  par  la  comparaison  de  leurs  plans,  arriverait 
peut-être  à  les  classer  chronologiquement. 

M.  Aymard,  sans  nier  l'emploi  très-possible  et  plus 
on  moins  temporaire  de  quelques-unes  de  nos  cavernes 
en  des  temps  d'invasions  ou  de  guerres  civiles,  refuse 
d^admettre,  au  moins  pour  le  plus  grand  nombre  de  cel- 
les observées  jusqu'à  ce  jour  dans  la  Haute-Loire,  qu'el- 
les doivent  leur  origine  aux  guerres  des  XIV*  et  XV!"* 
siècles. 

L'état  de  conservation  de  la  grotte  de  la  Villette  et 
de  quelques  autres  tient  à  ce  que  ces  cavernes  ne  sont 
pas  exposées  aux  intempéries  qui  en  ont  dégradé  un  cer- 
tain nombre. 

La  nature  du  sol,  plus  ou  moins  tendre  ou  friable,  est 
souvent  un  indice  de  haute  antiquité,  car  dans  le  prin- 
cipe l'imperfection  des  outils,  en  particulier  l'emploi  de 
la  pierre  comme  instrument,  se  prêtant  moins  au  creu- 
sement des  roches  dures,  imposait  l'obligation  de  choi- 
sir pour  ces  cavités  des  sols  peu  résistants. 

De  bonne  heure  également  et  à  l'imitation  de  quel- 


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AOUT.  34ë 

qaes  cavernes  nalurelles  qui,  tout  d*abord,  donnèrent 
asile  à  l'homme,  la  nécessité  de  se  soustraire  aux  at- 
teintes des  bétes  féroces  dut  lui  inspirer  l'idée  de  mul- 
tiplier ces  retraites  en  les  creusant  de  sa  propre  main. 
Plus  ou  moins  informes  au  début,  elles  reçurent  ensuite 
l'empreinte  d*un  art  un  peu  plus  avancé. 

Telle  fut  probablement  Torigine  des  plus  anciennes 
grottes.  En  tous  cas,  si  Teffroi  des  invasions  et  des  guer- 
res en  avait  suggéré  la  pensée,  un  vaste  et  libre  champ 
serait  ouvert  aux  conjectures.  Avant  les  déprédations 
des  temps  plus  ou  moins  modernes,  les  populations 
avaient  été  souvent  temfiées  par  de  formidables  inva* 
sions,  entr'autres,  en  remontant  le  cours  des  âges,  les 
irruptions  des  Normands  et  des  Sarrasins  aux  X«  et 
VIII*  siècles,  des  Visigoths  qui  occupèrent  le  Velay  de 
472  à  533,  des  hordes  germaniques  aux  ¥•  et  IV*,  et  à 
des  époques  de  plus  en  plus  reculées,  des  Romains,  des 
Celtes,  des  Kimris,  etc.,  etc. 

€  A  vrai  dire,  ainsi  que  M.  Aymard  l'avait  déclaré 
dans  une  communication  sur  ces  grottes  faite  au  Congrès 
scientiQque  de  4855  (4),  il  est  bien  difiScile  d'assigner 
des  époques  précises  à  la  plupart  de  ces  cavernes  :  il  est 
probable  qu'on  en  a  creusé  dans  tous  les  temps...  Tou- 
tefois, il  ne  serait  pas  impossible  que  les  plus  anciennes 
eussent  servi  de  retraites  aux  premiers  habitants  de  la 
contrée...  Une  étude  comparée  de  leur  plan  de  disln- 
bution  intérieure,  des  dispositions  de  leurs  ouverlures 
et  de  leur  emplacement,  ainsi  que  des  dénominations  et 
traditions  qui  s'y  rapportent,  fournirait  d*utiles  données 

(1)  Gompte-foMlv,  tom*  I,  p.  664. 


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346  RÉSUMÉ   DBS  SÉANCES. 

pour  leur  classement  chronologique.  En  l'absence  d» 
cette  étnde  comparée,  qui  devrait  étre.surlout  graphi- 
que, on  a  quelques  renseignements  qui  pourront  guider 
dans  ce  genre  de  recherches.  » 

Notre  confrère  mentionne  à  ce  sujet  les  remarques 
suivantes  : 

Outre  que  beaucoup  de  ces  grottes  ont  en  commun, 
avec  les  monuments  mégalithiques,  dolmens,  peulvans, 
etc.,  des  légendes  relatives  aux  fées  ou  fascMneires,  aux 
lutins,  à  Gargantua,  etc.,  elles  présentent  parfois  des. 
particularités  qui  assignent  à  leur  origine  des  temps 
plus  ou  moins  reculés.  .  . 

Au  château  de  Larochelambert,  un  mur  en  maçonne- 
rie, construit  après  coup,  pour  fermer  l'ouverture  d'une 
assez  vaste  cavité,  oBre  une  fenêtre  d'un  style  d'archiT 
tecture  antérieur  aux  guerres  de  religion.  Au  château  de 
Bouzols,  des  vestiges  de  grottes  indiquent  qu'elles  ont 
été  creusées  avant  la  construction  de  cette  très-ancienne 
forteresse.  Le  (ait  n'est  pas  moins  remarquable  au  vieux 
château  de  Charrouil,  dont  les  murs  de  fondation,  évi 
demment  postérieurs  à  des  souterrains  creusés  dans  le 
roc  au  dessous  de  cet  édifice,  ont  travei*sé  et  coupé  cer- 
taines parties  de  ces  cavités.  Lorsqu'on  établit,  il  y  a 
quelques  années,  le  jardin  de  l'évôché  du  Puy,  on  trou*, 
va,  dans  le  sol,  un  groupe  de  deux  ou  trois  grottes  laiK. 
lées  dans  la  brèche  volcanique.  Leur  déblaiement  fit 
voir,  qu'elles  étaient  surmontées  d'une  couche  de  débris 
d'antiquités  romaines,  attestant  l'antériorité  de  la  ca- 
verne. 

A  la  Roche-sur-Dolezon,  on  voit  dans  une  roche  vol- 
canique des  restes  de  grottes  qui  ont  été  presqu'entiè- 


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AOUT.  347 

rement  détruites  par  les  érosions  successives  da  Dole- 
zon.  Celles-ci  doivent  être  fort  anciennes,  si  Ton  a  égard 
à  la  durée  de  temps  qu'il  a  fallu  pour  produire  une  ac- 
tion si  puissante  du  cours  d'eau. 

Le  nom  du  très-ancien  village  de  Borne,  qui,  dans  le 
vieux  langage  du  pays,  comme  en  d'autres  régions  du 
Midi,  signifie  caverne  (en  patois  aussi  caborne),  ne  peut 
provenir,  depuis  un  temps  plus  ou  moins  reculé,  que 
d'une  grotte  voisine  qui,  évidée  à  une. certaine  hauteur 
dans  un  rocher  très-apparent,  au-dessus  de  la  rivière  de 
Borne,  domine  une  partie  de  ce  village.  C'est  à  cette 
circonstance  que  probablement  ce  cours  d*eau  doit  son 
nom  qu'il  porte  de  temps  immémorial. 

Il  faut  donner  la  môme  signification  à  l'appellation 
également  ancienne  du  village  de  Bournae,  commune 
de  Saint-Front,  à  cause  des  grottes  qu^on  y  voit. 

L'étymologie  est  loin  de  fournir  toujoui*s  des  données 
aussi  certaines,  et  sans  l'invoquer  avec  trop  d'assurance, 
on  peut  remarquer  le  nom  de  l'ancien  village  de  Cha^ 
cornac,  qui  semble  indiquer  une  habitation  et  un  sou- 
terrain :  chac  ou  chas  (casa)  orn  (bom)  ac;  cette  cou* 
jecture  est  fortifiée  par  la  présence  d'un  immense 
souterrain  à  corridors,  galeries,  chambres,  etc.  :  type 
des  plus  intéressants  d'un  genre  de  cavernes  qui  se 
distingue  éminemment  des  grottes  en  groupes  ou  iso- 
lées, creusées  à  une  certaine  hauteur  dans  nos  roches 
volcaniques  et  ayant  leurs  ouvertures  à  la  paroi  plus  ou 
moins  verticale  du  roc  (1}. 


(1)  Le  ndieal  hom  on  om  n'est  pas  le  seul  qni  entre  dons  la  composition  de 
plusiears  noms  de  lieox  plus  ott  moins  lenurqoables  pur  leurs  ircotte84  De 


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348  RÉSUMÉ  DBS  SÉANCES. 

C'est  à  ce  dernier  système  de  (évités  artificielles  qne 
se  rapportent  les  grottes  de  Chadron,  an  pied  desquelles 
on  a  trouvé  des  haches  en  pierre  polie  ;  celle  de  Laro- 
che-prës-Coubon  dont  le  sol  environnant  a  fourni  des 
silex  taillés  et  contre  lesquelles  le  moyen  âge  avait  ac- 
collé  un  castel  ;  enfla  les  grottes  de  Peyienc,  au  contact 
desquelles  se  sont  révélés  des  indices  d'une  station  pré- 
historique reconnaissable  à  d'assez  nombreux  éclats  et 
lames  de  silex,  hachette  en  silex  quarlzeux,  fragments 
de  poteries  plus  ou  moins  grossières,  caractérisant  la  fin 
de  Tâge  de  la  pierre  taillée. 

11  faut,  en  outre,  remarquer  que  dans  le  plus  grand 
nombre  de  ces  différentes  excavations,  toutes  les  pièces 
de  fermeture,  gonds,  barres  et  verrouUers,  les  crampons 
et  scellements  de  cloisons,  etc.,  si  Ton  en  juge  d'après 
les  dispositions  des  creux  qui  les  recevaient,  dénotent 
l'emploi  du  bois,  k  Texclusion  de  tout  métal,  cuivre, 
bronze  et  fer;  comme  si  la  pensée  première  de  ce  mode 
de  construction  avait  été  conçue  avant  les  âges  caracté^ 
risés  par  ces  métaux  et  se  fût  ensuite  perpétuée  jusques 
à  des  temps  moins  anciens  où  il  semble  que  certaines 
grottes  ont  dû  être  agrandies  et  améliorées  par  le  tra* 
vail  d'un  instrument  à  pointe,  peut-être  en  fer,  ainsi 
que  le  fait  conjecturer  quelquefois  la  taille  du  roc  mon- 
trant des  empreintes  d'outils  plus  ou  moins  analogues  à 
nos  pics  ou  pioches. 

M.  Âymard  termine  cet  exposé  en  recommandant  ii 


yienx  doeiments  mentionnant  aotsi  les  noms  de  la  Bëlme  on  la  Bêums,  les 
CIuhU  on  U  Utel,  ciantel  on  da  CiâuMl,  comme  s'sppUqaant,  soit  k  dei 
ctTarnae,  soit  à  des  Tiltaf  es  oà  se  tronvent  ees  eiesvsiions* 


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AOOT.  3*9 

Texamen  très-atteatif  des  observateurs  toutes  les  parti- 
cularités qui  peuvent  fournir  soit  des  dates,  soit  des  ren- 
seignements sur  les  diverses  destinations  des  cavernes, 
lesquelles  ont  donné  lieu,  en  d'autres  pays,  à  bien  des 
coi^ectures.  Déjà  il  est  acquis  que  nos  grpttes,  disposées 
en  groupes  aux  flancs  de  rochers  plus  ou  moins  abrupts, . 
ont  servi  d'habitations  plus  ou  moins  permanentes.  Iso- 
lées, on  les  prendrait  parfois  pour  des  postes  d'observa- 
tion ou  vedettes  destinées  à  surveiller  les  approches  d'un 
centre  de  population  ou  village,  à  commander  un  valloo, 
une  route  ou  estrade,  une  étendue  de  pays  plus  ou 
moins  vaste  ;  souterraines,  elles  ont  dû  comporter  des 
usages  plus  ou  moins  variés,  soit  comme  cryptes  d'ap- 
provisionnement, soit  pour  y  remiser  les  bestiaux,  à 
l'exemple  des  souterrains  du  Charrouiloùles  parois  des 
corridors  ont  été  usées  et  comme  polies  par  le  passage 
sans  doute  très- prolongé  du  bétail  dans  ces  étroites 
galeries,  soit  enfin  comme  habitations  troglodytiques  et 
refuges  en  temps  de  guerre  ;  quoique  l'occupation  de 
l'Algérie  nous  ait  appris  combien  ces  retraites  sont  peu 
sûres  pour  des  populations  qu'on  peut  si  facilement 
exterminer  par  le  simple  procédé  de  l'enfumage,  à 
moins  qu'enfermées  dans  des  forêts,  elles  fussent  dé- 
fendues, comme  les  oppida  des  Germains,  par  d'impé- 
nétrables retranchements  formés  d'abattis  d'arbres. 

Dans  ce  dernier  cas,  leur  emploi  aussi  bien  que  la 
structure  des  excavations  comportant  quelquefois, 
comme  à  Chacornac,  des  corridors  construits  à  pierres 
sèches,  sans  indice  d'assises,  recouverts  de  grandes  dal- 
les brutes,  révéleraient  peut-être,  dans  nos  pays,  un 
état  de  civilisation  moins  avancé  qu'à  l'époque  gauloise 


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350  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

proprement  dite,  où  Ton  trouve  des  oppida  établis  à  dé- 
couvert  au  sommet  de  monts  plus  ou  moins  inaccessibles, 
comme  Gergovie  et  Corent  en  Auvergne,  comme  PoU- 
gnac  et  probablement  aussi  Corneille  et  le  mont  Anis  au 
Puy-en-Velay. 


Personnel.  —  Présidence  de  la  Société-  ^  M.  de 
Brive  rappelle  que  la  présente  réunion  clôt,  pour  la  So- 
ciété, Tannée  de  ses  travaux.  A  la  séance  de  rentrée, 
du  mois  de  novembre,  il  fera  mettre  à  Tordre  du  jour 
la  nomination  d'un  nouveau  Président.  Ayant  accepté 
provisoirement  la  continuation  de  celte  charge,  il  re- 
grette que  Tétat  de  sa  santé  Toblige  à  réitérer  la  de- 
mande que  la  Société  veuille  bien  Ten  relever. 

Direction  du  Musée.  M.  Balme,  au  nom  du  Conseil 
d'administration,  fait  un  rapport  sur  la  proposition  pré- 
sentée par  MM.  Aimé  Giron,  Chassaing  et  Tabbé  Frugère, 
au  sujet  d'une  modification  de  Tarticle  2  du  règlement 
concernant  la  direction  du  Musée.  «  Le  Conseil  est  d'a- 
vis, dit  M.  Balme,  que  les  fonctions  de  directeur  du  Mu- 
sée soient  supprimées.  Elles  seront  exercées  par  le  Pré- 
sident de  la  Société  à  titre  de  président  de  la  Commission 
du  Musée  et  de  toutes  les  autres  commissions  émanant 
de  la  Société.  En  conséquence,  il  est  chargé  de  la  sur- 
veillance générale  du  Musée ,  du  classement  des  diver- 
ses collections  entre  elles,  de  la  vérification  des  catalo- 
gues, de  la  convocation  et  de  la  présidence  de  la 
Commission  et  de  rendre  à  la  séance  de  janvier  un 
compte  annuel  de  Tétat  de  situation  du  Musée  et  des 
dépenses  faites  pour  cet  établissement. 


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AOUT.  351 

H.  le  Président  met  aux  voix  l'article  2  ainsi  modifié, 
qui  est  adopté  à  Tananimité. 

Élection  du  conservateur  de  la  section  des  beaux- 
arts.  —  M.  le  docteur  Martel  a  la  parole  pour  une  ques- 
tion de  principe. 

«  La  galerie  des  tableaux  et  autres  œuvres  d'art,  dit- 
il,  est  une  des  collections  les  plus  riches  du  Musée.  A 
qui  appartient  le  Musée?  A  la  ville.  A  qui  appartient  en 
principe  la  nomination  du  conservateur?  Au  maire.  Eh 
bien!  je  m'étonne  qu'au  moment  où  je  parle,  M.  le  Pré- 
sident ne  nous  dise  pas  qu'à  propos  de  cette  nomination, 
il  s'est  mis  en  rapport  avec  M.  le  Maire.  Cependant  il 
me  semble  que  cet  acte  de  déférence  était  indispensable, 
d'autant  plus  que  M.  le  Maire,  après  l'Exposition  univer- 
selle de  1867,  a  dépensé ,  en  fonds  de  la  Mairie,  plus  de 
ï  2,000  francs  pour  l'achat  de  vitrines  et  objets  mobiliers 
provenant  de  cette  exposition;  objets  qui,  avec  nos 
richesses  scientifiques,  concourent  à  donner  au  Musée 
du  Puy  une  supériorité  incontestable  sur  le  plus  grand 
nombre  des  musées  de  France. 

«  Je  suis  persuadé,  ajoute  M.  Martel,  que  si  M.  le 
Maire  avait  été  informé  oflBciellement  de  ce  projet  de  no- 
mination et  que,  pour  la  forme,  on  lui  eût  demandé  son 
avis,  M.  le  Maire,  satisfait  de  cette  démarche ,  aurait 
sans  doute  répondu  qu'il  s'en  rapportait  à  la  sagesse  de 
la  Société.  Ne  seraii-il  pas  convenable,  messieure,  d'a- 
journer le  vote,  afin  de  réparer  l'omission  que  je  viens 
de  signaler,  omission  qui  peut  froisser  l'autorité  du 
Maire  et  faire  naître  un  conflit?  » 

Notre  confrère,  M.  Chevallier-Balme,  adjoint  h  la  mai- 


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352  RÉSUMÉ  DBS  SÉANCES. 

rie,  au  nom  de  l'administration  municipale,  décline 
tonte  ingérence  dans  las  nominations  des  conservateurs 
du  Musée,  et  rappelant  les  bons  et  sympathiques 
rapports  qui  existent  entre  la  Mairie  et  la  Société,  dé- 
clare s'en  tenir  aux  anciens  errements. 

M.  Chassaing  fait  remarquer,  en  outre,  que  le  Con^ 
seil  général  alloue  des  subventions  au  Musée,  parceque 
cet  établissement  a  toujours  été  considéré  à  bon  droit 
comme  intéressant  le  département  de  la  Haute-Loire 
tout  entier  et  non  pas  seulement  la  ville  du  Puy;  qu'il 
ne  peut  y  avoir  que  des  inconvénients  à  soulever  la 
question  de  propriété  du  Musée  et  de  ses  collections; 
que  personne  ne  conteste  les  droits  de  la  ville;  qu'il 
est  donc  sans  intérêt  de  changer  un  régime  qui  a  pro« 
duit  d'excellents  résultais,  que  le  maire  de  la  ville, 
tout  le  premier,  ne  demande  qu*à  maintenir  et  res« 
pecter,  et  qui  constitue  une  des  prérogatives  les  plus 
honorables  de  la  Société,  prérogative  qu'elle  abdique- 
rait sans  aucune  nécessité. 

MM.  Louis  Paul  et  docteur  Langlois,  appuyant  les 
observations  de  M.  le  Secrétaire,  sont  aussi  d'avis  que 
dans  l'intérêt  bien  entendu  du  Musée,  il  est  de  notre 
devoir  de  maintenir  les  attributions  de  la  Société. 

L'Assemblée,  s'en  tenant  aux  précédents  de  la  com- 
pagnie à  l'égard  de  la  nomination  des  conservateurs, 
procède  au  scrutin  et  notre  confrère,  M.  le  baron  Jules 
de  Vinols  de  Montfleury,  député  de  la  Haute-Loire,  est 
nommé  conservateur  de  la  section  des  beaux-arts. 

Question  de  l'assistance  des  membres  aux  séances. 
—  M.  le  Président  rappelle  qu'à  la  séance  du  <•'  mai 


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AOUT.  353 

dernier,  la  Société  avait  décidé  qu'il  serait  écrit  par 
M.  le  Secrétaire  à  ceux  de  nos  confrères  qui  n'assistent 
plus  aux  séances  poar  les  prévenir  qu'il  y  a  lieu  de  re- 
mettre en  vigueur  Tarticle  3  du  règlement.  M.  le  Se*- 
crétaire  s'est  conformé  à  la  décision  de  la  Compagnie. 

M.  le  chanoine  Alirol,  secrétaire  de  Tévêché,  empoché 
par  ses  nombreuses  occupations,  a  écrit  pour  demander 
à  échanger  son  titre  de  membre  résidant  contre  celui 
que  la  Société  voudra  bien  lui  accorder. 

M.  Victor  Robert,  dans  une  lettre  datée  de  Dieppe , 
fait  connaître  qu'il  exprimera  ultérieurement  ses  in- 
tentions. 

M.  le  Président  appelle  ensuite  l'Assemblée  h  délibé- 
rer sur  le  titre  à  donner  à  ceux  de  nos  confrères  qui, 
ne  pouvant  plus  assister  à  nos  réunions,  désirent 
néanmoins  rester  affiliés  à  la  Société.  Trois  membres 
sont  dans  cette  situation  :  M.  le  docteur  Reynaud  qui 
a  manifesté  ce  désir  à  M.  le  Secrétaire  et  MM.  le  cha- 
noine Alirol  et  Giron-Pislre. 

M.  le  Président,  considérant  les  services  rendus  à  la 
Société  par  ces  excellents  confrères  et  la  persistance 
de  leur  dévouement  à  notre  œuvre  commune,  propose 
de  leur  conférer  le  titre  de  membre  honoraire;  ce  qui 
est  adopté  par  TAssemblée. 

Remerctment  d'un  membre  correspondant,  —  M.  le 
capitaine  Mestre,  de  Langeac  écrit  pour  remercier  la 
Société  de  lui  avoir  conféré  le  litre  de  membre  corres- 
pondant et  lui  promet  son  concours  le  plus  actif. 

Demande  d'admission  au  litre  de  membre  non  ré- 

TOME  XXXI.  23 


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3&i  RÉSUMÉ  BBfi  SÉANCES. 

iidcmt.^^  M.  le  Président  donne  lednre  d*ane  lettre 
par  laquelle,  M.  Mourel,  docteur  en  médecine  à  Ho- 
nistrol^nr-Loire,  sollicite  le  titre  de  membre  non  rési- 
dant et  envoie,  à  l'appui  de  sa  demande,  une  élude 
manuscrite  intitulée  :  Erreurs  populaires  en  médecine, 
La  commission  nommée  pour  rendre  compte  de  cet 
ouvrage  est  composée  de  MM.  les  docteurs  Langlois  et 
Vibert  et  de  M.  Cbassaing. 

A  sept  heures,  la  séance  est  levée. 

Le  Secrétaire, 
AuGUSTiif  CHASSAING. 


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SÉAlVtl^lVIKNSUÉ'tlt: 

DU  JEUDI  7  NOVEMBRE 


sommaihb: 

Lecture  du  procès-Terbal.  —  Mus^b  :  Dons  de  deux  blocs  de  la  brèche  volca- 
nique des  GoAbes  (Espaly);  d'une  substance  bUdmineuse  trouvée  près  de 
JagODzao}  d'os  foscites  provenaot  de  Saint-Privat.  Colleetion  d'objets  pré- 
historiques de  la  station  lacustre  de  Robenhansen  (Suisse)  ^t  da  foyer 
slave  d'Ischarna,  près  Dresde,  offerts,  avec  divers  dessins  et  mémoires,  de 
moulages  d'antiquités  romaines,  des  assignats,  des  dentelles  de  Saxe,  etc., 
par  ltf-«  Ja  baronne  de  Boxberg.  Matrices  de  trois  vieux  caebets  données 
par  M.  Jayeux,  et  d'un  cachet  maoonnique  d'une  loge  d'Avignon,  par 
M.  Mestre;  insigne  maçonnique  envoyé  de  Yicille-Brioude,  par  M.  l'abbé 
Sijan.  Don  par  M.  de  Brive,  président,  d'une  grande  hache  en  pierre  polie 
provenant  do  Dampierre,  commune  de  €oubon.  Proposition  de  créer  an 
Musée  un  «aton  préhistorique  et  offre  gratuite,  par  M.  Aymard,  de  sa  collec- 
tion d'instruments  de  pierro  et  de  bronze.  —  Oovbagbs  hiçus  :  Blé 
hybride  Galland  cultivé  par  M.  de  Morteuîl.  Fanage  par  la  méthode  des 
moyettes.  Étiquettes  de  jardin.  Proeédé  d'imperméabitité  k  l'eau  des  papiers 
et  étoffes.  Métrologie  gauloise  et  romaino  d'après  M.  Anrès.  Oppidum  de 
Nages  et  de  Mus.  Monuments  chrétiens  primitifs.  Antiquités  des  eaux  ther- 
males de  Bourbon  et  d'Évaux;  les  dieux  Bovvo,  Ivahu  et  Àdidon.  Céramique 
gallo-romaine.  Album  typographique  imprimé  par  M.  Marcbessou.  -*  Coh- 
MURicATiONs  :  Subvention  ministérielle  accordée  k  la  Sociéié.  Rapport 
annuel  de  M.  Balme  sur  les  Caisses  d't^pargne  du  Puy  et  de  Craponne. 
Proposition  par  M.  Isidore  Hedde  d'établir  au  Mezenc  une  station  météo- 
rologique. Nouveau  système  d'aérostat  proposé  par  M.  Félix  Varenncs; 
M.  Nicolas  est  chargé  d'en  rendre  compte  à  la  Société.  Rapport  de  M.  le 
docteur  Langlois  sur  ta  candidature  de  M.  Mouret  au  titre  de  membre  non 
résidant;  admission  du  récipiendaire. 


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356  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

Présidence  de  M.  de  Brive. 

A  trois  beur£8,  la  séi^ce.est  opver/e. 

Le  procès-verbal  de  la  précédente  réunion  est  la  et 
adopté. 

MUSÉE. 

Dons.  —  Blocs  de  brèche  volcanique  et  d'une  subs- 
tance bitumineuse,  os  fossiles,  objets  préhistoriques, 
antiquités  romaines,  matrices  de  cachets,  insigne 
maçonnique,  assignats,  dentelles  de  Saxe,  grande 
hache  en  pierre  polie,  — M.  Âymard  présente  un  grand 
nombre  d'objets  exposés  sur  des  tables,  autour  du 
bureau  et  dont  il  fait  Ténumération  suivante  : 

€  40  Deux  blocs  de  brèche  volcanique,  renfermant, 
Tun  un  galet  basaltique  et  l'autre  un  débris  de  bois  en 
partie  calciné.  Ces  morceaux  ont  été  acquis  des  ouvriei*s 
d'une  carrière  actuellement  en  exploitation  au  terroir 
des  Combes,  commune  d'Espaly.  Ils  sont  intéressants 
au  point  de  vue  de  Torigine  des  brèches,  lesquelles,  en 
cet  endroit  comme  en  bien  d'autres,  témoignent  par 
tous  les  éléments  constitutifs  de  la  roche  qu'elles  pro- 
viennent d'une  éruption  sur  place.  On  y  trouve,  en  ef- 
fet, quelques  galets  de  phonolithe  et  de  basalte  évidem- 
ment détachés  d'un  lit  de  semblables  cailloux  dont  les 
affleurements  existent  à  peu  près  au  même  niveau,  sous 
les  basaltes  des  plateaux  voisins.  On  y  observe  aussi  en 
amas  isolés,  au  milieu  de  la  brèche,  des  sables  qui  en- 
trent dans  la  composition  de  ce  terrain  de  transport. 


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NOTEMBRE.  3^7 

ainsi  que  des  blocs  de  marne  argiiense  et  des  fragments 
de  calcaire  arrachés,  sans  aacun  doate,  par  Témption 
des  brèches  à  la  formation  des  calcaires  marneux  sous- 
jacents.  Ces  faits  excluent  absolument  l'hypothèse  émise 
au  sujet  de  ces  brèches  par  MM.  Poulett^Scrope  et  Ber« 
trand  de  Doue,  aussi  bien  que  celle  produite  au  congrès 
géologique,  tenu  au  Puy  en  4869,  par  MM.  Delanone, 
Lory  et  Grûner.  Ils  confirment  nos  observations  éta- 
blissant l'origine  éruptive  des  brèches,  qui  reçurent  au 
congrès  la  pleine  adhésion  de  nos  confrères  MM.  Félix 
Robert,  Vinay  et  Lecoq,  ainsi  que  de  M.  Tingénieur 
Toumeire  qui  a  dressé  la  carte  géologique  du  dépar- 
tement, et  d'autres  membres-  du  congrès,  lesquels  par-* 
tagent  aussi  notre  opinion  à  regard  des  brèches  en  dike$ 
de  Corneille, Saint  Michel,  Espaly,  Polignac,  etc.; 

€  io  Un  bloc  d'une  substance  bitumineuse  qui  parait 
avoir  été  fondue.  Il  a  été  trouvé,  avec  plusieurs  autres, 
dans  le  sol  et  sous  la  couche  arable  d'un  champ  près  de 
Jagonzac,  commune  de  Saint-Haon.  C'est  la  première 
fois  qu'une  découverte  de  ce  genre  est  signalée  dans  la 
Haute-Loire.  Elle  'donnera  lieu  à  une  étude  géologique 
par  la  comparaison  du  gisement  avec  celui  du  Puy-de* 
la-Poix,  en  Auvergne,  où  une  éruption  de  \vakile  ou 
pépérite  a  produit  une  source  d'eau  minérale  ayant  €  la 
€  singulière  propriété  d'amener  du  bitume  (pissasphalte) 
€  ....  et  de  le  pousser  au  dehors  par  un  dégagement  de 
€  gaz  sulfbydrique  assez  abondant  (1).  »  Cette  pièce  a 
été  donnée  au  Musée  par  le  propriétaire  du  champ  ; 

€  3»  Divers  débris  d'os  fossiles  extraits  des  tufs  vol- 

B  .LMoq»  L«t  ipofueê  §éùiôgiqueê  ie  Vàutwgnêy  1869,  t.  n,  p.  8i«  •': 


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358  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

eàniqaes  de  Saint*Priyat-d' Allier.  Il  y  a  surtout  un 
astragale  de  grand  ruminant,  qui  est  dans  un  état  de 
parfaite  conservation.  Ces  morceaux  ont  été  acquis  par 
nos  confrères  MM.  Aimé  Giron  et  Tabbé  Frugère; 

€  4°  Une  collection  d'objets  préhistoriques  de  l'&ge 
néolithique  ou  de  la  pierre  polie,  qui,  joints  à  d'autres 
qui  sont  au  Musée,  nous  font  connalti*e  l'état  social  de 
l'homme  à  une  époque  très-ancienne  où  des  peuplades 
lacustres  habitaient  des  villages  construits  sur  pilotis  et 
tels  qu'il  semblerait  en  avoir  existé  aux  lacs  du  Velay 
et  du  Gévaudan  (1). 

€  Ces  pièces  qui  ont  été  recueillies  à  la  station  lacus- 
tre de  Robenhausen ,  en*  Suisse,  par  notre  généreuse 
correspondante,  M^^^"  la  baronne  de  Boxberg ,  sont  les 
suivantes  :  deux  morceaux  de  tourbe  extraits  du  fond 
du  lac  entre  les  tronçons  des  pieux  ou  pilotis  qui  avaient 
supporté  la  plate-forme  du  village,  un  de  c^  morceaux 
contenant  un  fragment  de  hache  en  pierre  ;  d'autres 
haches,  plus  ou  moins  fortes,  entière^  ou  en  fragments, 
imparfaitement  polies  ;  un  gros  galet  de  serpentine  qui 
fait  voir  l'ébauche  d'une  grande  hache  et ,  de  chaque 
côté,  des  traces  de  rainures  ou  d'un  travail  de  sciage 
au  moyen  duquel  on  avait  détaché  deux  autres  sem- 
blables instruments  ;  une  hachette  emmanchée  dans  une 


(l)  Voyez  ponr  les  lacs  de  la  Saisse  :  Die  f'iahlbauten  tn  deen  Schweizer- 
Seen,  von  J.  Staub,  Lekrer.  Fluntern  bei  Zurich,  etc.,  186i,  et  le  savant  oa- 
vrage  de  M.  John  Lnbbock  :  Prehistoric  limes,  1866,  traduit  par  E.  Birbier, 
sous  ce  titre  :  L'Homme  avant  l'histoire,  Paris,  Germer-Baillière,  1867. 

Voyez  aussi,  pour  les  lacs  de  nos  pays,  la  légende  du  Bouchet,  relative  ï  un 
village  englouti  dans  les  eaux  f Annales  de  la  Société,  tome  xxiv,  1861-1869, 
pige  60).  Od  a  trouvé  des  restes  de  pilotis  dans  un  des  lacs  d'Aobiae. 


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IfOVEMBAB.  3&9 

corne  (moalage)  ;  une  boaie  en  pierre  que  Ton  croit  i^voir 
servi  à  écraser  le  grain;  une  lame  de  couteau  et  divers 
éclats  de  silex  ;  deux  silex  taillés  en  lame  et  en  pointe 
de  flèche  (moulages);  une  hachette  et  un  poinçon  en  os 
(moulages)  ;  une  large  côte  fendue  et  dont  un  des  bouts 
finit  en  pointe,  comme  on  en  a  trouvé  dans  la  plupart 
des  stations  lacustres,  et  qu'on  croit  avoir  servi  pour  le 
teillage  de  matières  textiles;  des  morceaux  de  grands 
vases  noirâtres,  de  cuisson  imparfaite,  façonnés  sans  em- 
ploi du  tour,  les  uns  à  surfaces  rugueuses,  d'autres  ornés 
de  rainures  plus  ou  moins  régulières  et  de  dépressions 
produites  simplement  par  l'ongle;  un  gros  poids  en 
terre  cuite  pour  filet  de  pèche  ou  pour  métier  à  tisser; 
des  fragments  d'étoffe  et  de  fil  en  chanvre;  un  éclat  de 
bois  carbonisé;  trois  débris  d*os  de  ruminants  (humérus, 
fémur  et  métacarpien]  ;  enfin  des  substances  alimen- 
taires tels  qu'une  de  ces  moitiés  de  poire  sauvage  re- 
cueillies fréquemment  dans  les  stations  lacustres  et  qui 
pai*aissent  avoir  été  séchées  et  conservées  pour  les 
provisions  d'hiver  et  surtout  des  grains  de  céréales,  blé 
et  orge,  dénotant  qu'en  ces  temps  reculés  où  l'usage 
des  métaux  était  encore  inconnu,  les  hommes  prati- 
quaient l'agriculture. 

€  A  cette  collection,  et  pour  en  faciliter  Tintelligence, 
M"*  de  Boxberg  a  joint  une  carte  imprimée  du  canton 
de  Zurich  avec  ses  lacs  à  stations  préhistoriques,  ainsi 
qu'une  brochure  illustrée  de  planches  où  sont  figurés 
les  objets  découverts  dans  les  lacs  de  la  Suisse  (1). 


(I }  Cette  brochure,  déjà  citée  en  note,  a  pour  titre  :  Die  Pthalbauthen  in 
dêéu  SchwetzerSeen,  etc.  Depuis  cet  envoi,  M°«  de  Boiberg  a  bien  voala  nous 
faire  ose  tradaeUon  de  ee  mémoiif . 


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960  RÉSUMÉ  DBS  SÉANCES. 

€  Ces  documents  se  complètent  aussi  par  une  notice, 
dont  M"'  de  Boxberg  est  l'auteur,  avec  dessins  coloriés 
de  deux  croissants  lunaires,  un  en  terre  cuite,  trouvé 
dans  la  forêt  de  TEbersberg,  canton  de  Berne,  l'autre 
en  bronze,  près  Soleure,  lesquels,  comme  un  semblable 
symbole  en  grès  conservé  au  musée  de  Genève  et  décou- 
vert dans  une  station  palafltique  du  lac  Léman^  feraient 
remonter  Tadoralion  de  la  lune  jusqu'aux  temps  préhis- 
toriques. 

<  Notre  correspondante  nous  a  remis  également  des 
traductions  de  mémoires  publiés  dans  le  journal  Y  Etran- 
ger, h  Augsbourg.  Ils  concernent  les  témoignages  pré- 
historiques en  Danemark,  l'antiquité  de  l'usage  du  fer, 
des  outils  en  pierre  recueillis  dans  des  mines  de  l'E- 
gypte ,  une  figurine  en  bronze  trouvée  à  Vessobrunn 
et  représentant  une  divinité  indigène; 

€  50  M"'  de  Boxberg,  en  outre,  nous  a  apporté  du 
foyer  slave  dlscharna,  près  Dresde,  déjà  si  fructueuse- 
ment exploré  par  elle  au  profit  de  notre  Musée,  des 
pièces  non  moins  curieuses,  les  unes  en  nature,  d'autres 
en  moulages  habilement  exécutés  par  elle-même.  Ce 
sont  une  pierre  de  fronde,  des  poteries  entières  ou  en 
fragments,  dont  une  cuillère,  ainsi  que  deux  épingles  en 
bronze  ; 

«  6»  Nous  lui  devons  également  des  moulages  —  exé- 
cutés aussi  par  la  donatrice  —  d'antiquités  romaines. 
Ils  reproduisent  une  terre  cuite  représentant  Vénus  à 
sa  toilette,  trouvée  à  Cologne;  cinq  lampes  provenant 
d'Afrique,  de  Rome,  de  Paris,  Clermont  en  Auvergne, 
etc.  ;  et  un  andouiller  de  corne  de  cerf  percé  d'un  trou 
de  suspension,  qui  a  été  exhumé  de  l'un  des  puits  fa  - 


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NOVEMBRE.  364 

néraires  do  Bernard  en  Vendée,  par  M.  le  cnré  Baadry  ; 

€  7°  C'est  encore  à  l'époque  romaine  qu'il  convient 
d'attribuer  des  fragments  de  poteries  trouvés  près  de 
Saint-Privat-d'AIlier,  probablement  au  même  lieu  de 
sépulture  d'un  oculiste,  d'où  proviennent  un  cachet  la- 
pidaire, une  trousse  d'instruments  de  chirurgie,  d'autres 
morceaux  de  vases  et  divers  objets  acquis  par  la  Société 
et  conservés  au  Musée.  M.  le  curé  de  St-Privat,  aujour- 
d'hui décédé,  s'élait  procuré  ces  poteries  qui  ont  été  cé- 
dées par  ses  héritiers  à  MM.  l'abbé  Frugère  et  Giron; 

€  8<>  Trois  matrices  de  cachets  armoriés  ont  été  don- 
nées par  M.  Joyeux,  fils  de  l'un  de  nos  anciens  et  regret- 
tés confrères  ; 

€  9^  Une  matrice  d'un  beau  cachet  de  la  loge  franc- 
maçonnique  de  Saint-André,  de  l'aimable  association 
de  l'Orient  d'Avignon,  nous  a  été  envoyée  par  notre 
confrère,  M.  le  capitaine  Mestre,  de  Langeac,  à  qui  déjà 
le  Musée  était  redevable  d'objets  intéressants; 

€  10<>  Notre  collection  franc-maçonnique,  Tune  des 
premières  de  ce  genre  qui  aient  été  organisées  dans 
on  Musée,  s'est  accrue  aussi  par  le  don  que  lui  a  fait 
H.Tabbé  Sijan,  curé  de  Vieille-Brioude,  d'une  écbarpe 
en  soie  cramoisie  avec  insignes  richement  brodés  ; 

€  \\o  Les  libéralités  de  M"^  de  Boxberg  comprennent 
encore  dix  assignats  de  500  h  10,000  livres,  des  ans  II 
et  III  de  la  République  française  ; 

€  42?  Et  surtout  une  série  d'échantillons  de  dentelles 
de  Saxe,  ainsi  qu'un  modèle  de  carreau  ou  petit  mé- 
tier avec  ses  fuseaux,  qui  sert  dans  le  même  pays  à  la 
fabrication  de  ces  tissus,  et  sem  un  des  curieux  et  ins- 
tructifs ornements  de  notre  Musée  des  dentelles.  » 


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362  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

M.  le  Yice-président  dit  ensuite  qn'à  sa  demande, 
M'^  la  baronne  de  Boxberg  et  M»*  la  marquise  de 
Larochelambert  ont  bien  voula  assister  an  Masée,  dans 
une  réunion  de  dames,  à  Touverture  des  caisses  conte- 
nant les  dons  de  notre  gi^acieuse  correspondante  et 
fournir  à  leur  sujet  de  savantes  explications.  MM.  le 
Maire  et  les  Conserrateurs  du  Musée  se  sont  empressés, 
au  nom  de  la  Société  et  de  la  ville,  de  témoigner  à 
M"«  de  Boxberg  leur  vive  gratitude. 

M.  le  Président  associe  les  remerciements  de  Tassem-* 
blée  à  ceux  que  nos  confrères  ont  si  justement  expri- 
més. Il  remercie  également  les  autres  personnes  dont 
les  offrandes  ont  été  énumérées. 

M.  de  Brive  témoigne,  en  outre,  par  l'offrande 
d'une  grande  et  belle  bâche  préhistorique  en  pierre 
polie,  qu'il  est  heureux  lui-même  de  contribuer  à 
l'accroissement  de  Tune  de  nos  plus  curieuses  collec- 
tions. Cet  instrument  est  en  basalte,  long  de  22  centi- 
mètres et  large  au  tranchant  de  5  à  6  centimètres.  H 
provient  de  la  succession  du  sieur  Séjalon,  cultivateur 
à  Dampierre,  commune  de  Coubon,  qui  le  possédait, 
lui  ou  les  siens,  de  temps  immémorial,  sous  le  nom  de 
pierre  du  tonnerre.  Comme  la  famille  de  ce  cultiva- 
teur lui  attribuait  des  vertus  merveilleuses,  cette 
croyance  avait  empêché  le  propriétaire  de  s'en  dessaisir, 
quelques  instances  que  M.  de  Brive  eût  faites  à  plu- 
sieurs reprises,  pour  en  doter  le  Musée. 

Projet  de  salon  d'antiquités  préhistoriques.  — 
M.  Aymard,  à  l'occasion  des  dons  qui  viennent  d'être 
énoncés,  rappelle  ceux  qui  ont  été  faits  précédemment 


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NOVEMBRE.  363 

en  objets  d'anUquitôs  préhistoriques  ;  il  ajoute  que  cette 
collection,  à  laquelle  se  rattachent  les  ossements  hu- 
mains fossiles  extraits  d*un  terrain  volcanique  du  mont 
Denise,  tend  à  s'accrottre  par  le  concours  des  savants 
que  cette  découverte  a  intéressés.  Notre  confrère  croit 
donc  le  moment  venu  de  réaliser  un  projet  dont  il  a  été 
question  dans  une  précédente  séance  de  la  Société, 
celui  d*affecter  un  salon  spécial  à  cette  collection.  Elle 
est  déjà  composée  de  belles  et  nombreuses  pièces,  dont 
une  grande  partie,*  &  défaut  d'espace,  a  dû  provisoire- 
ment être  emmagasinée.  Il  est  urgent  de  livrer  aux  re- 
gards et  aux  études  des  connaisseurs  ces  éléments  pré- 
cieux d'une  branche  d'investigations  scientifiques  dont^ 
se  préoccupent,  à  juste  titre,  toutes  les  sociétés  savantes 
de  TEurope,  et  que  la  nôtre  peut  se  glorifier  d'avoir  été 
une  des  premières  à  prendre  en  sérieuse  estime. 

<  Le  Musée,  ajoute-t-il,  offre  un  local  qu'il  serait  fa- 
cile d'approprier  à  cette  destination.  Il  s'agit  d'une  cour 
contiguë  aux  galeries  d'antiquités,  et  qui  n'est  en  ce 
moment  d'aucune  utilité,  si  même  elle  n'est  pas  nuisible 
au  Musée  par  le  vent,  le  froid,  la  pluie  et  la  neige 
qu'elle  y  introduit.  Il  suffirait  de  couvrir  cette  cour 
d'une  toiture  avec  vitrage,  et  d'y  établir  des  vitrines. 
Dans  ces  conditions,  les  frais  de  réparations  ne  sau- 
raient atteindre  un  chifFre  bien  élevé.  La  principale 
dépense  pour  la  toiture  et  le  plafond  ne  s'élèverait  pas 
probablement  à  plus  de  500  francs,  en  les  bornant  stric- 
tement à  de  modestes  travaux,  comme  on  s'en  est  assuré 
par  un  devis  ;  dans  tous  les  cas,  il  faut  bien  espérer  que 
le  concours  du  Conseil  général  ne  ferait  pas  défaut  à 
cette  intéressante  création.  ^ 


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364  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

Notre  confrère  dit  également  que  si  sa  proposition 
était  agréée  et  suivie  d'exécution,  il  se  ferait  un. plaisir 
d'offrir  gratuitement  pour  ce  Musée  sa  collection  parti- 
culière d'objets  préhistoriques  en  pierre  et  en  bronze, 
qu'il  a  formée  dans  la  Haute-Loire  depuis  une  trentaine 
d'années.  Ces  pièces  assez  nombreuses  contribueraient, 
avec  celles  recueillies  par  la  Société,  à  montrer  la  part 
que  nos  ancêtres  avaient  prise  aux  phases  successives 
de  civilisation  qui  ont  précédé,  dans  ce  pays  comme 
ailleurs,  les  temps  dits  historiques  ;  de  plus,  notre  con* 
frère,  désii*eux  de  sauvegarder  dans  l'avenir  l'intégra- 
lité de  la  collection,  entend  que,  sans  son  consente- 
ment, aucune  cession  n'en  altérerait  la  composition 
locale,  et  qu'il  en  resterait  le  conservateur. 

L'assemblée  remercie  M.  Aymard  de  cette  généreuse 
communication.  Elle  accepte  l'offre  dont  elle  est  l'objet, 
et  qui  sera  transmise  à  l'autorité  municipale  et  au 
Conseil  général,  avec  le  vœu  de  la  Société  pour  la 
création  d'un  musée  préhistorique  sous  la  direction  de 
notre  confrère. 


OUVRAGES  REÇUS. 

Agriculture.  -  Blé  hybride  Galland,  —  Notre 
compatriote,  M.  le  comte  de  Morteuil,  dans  le  Jowrnal 
d'agriculture  pratique,  signale  les  résultats  très-avanta- 
geux qu'il  a  obtenus  du  blé  hybride  Galland.  Ce  fro- 
ment a  produit  16  pour  \  dans  les  mêmes  terres  où  le 
blé  du  pays  ne  lui  a  donné  que  4.  Ayant  vu  que  l'on  se 
plaignait  de  ce  qu'il  y  aurait  deux  variétés  dans  le  blé 


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NOTKIIBRC.  365 

OàHand,  Tune  à  épis  barbus,  l'autre  à  épis  lisses,  M.  de 
Morteoil  eh  a  fait  tin  triage  ;  il  a  semé  séparément  les 
deux  variétés  et  leurs  produits  ont  été  également  mélan- 
gés. D'autre  part,  le  même  blé  Galland  qui  n'avait  pas 
été  trié,  donnait,  dans  les  parties  les  plus  fertiles  du 
champ,  beaucoup  d'épis  barbus,  tandis  que,  dans  le 
même  champ,  les  parties  moins  bonnes  ne  produisaient 
presque  que  des  épis  lisses  :  d'ob  l'on  doit  conclure  que 
c'est  bien  la  même  variété  sous  deux  aspects  différents. 

M.  le  Président,  après  avoir  ainsi  rendu  compte  de 
l'intéressant  article  de  M.  de  Morteuil,  fait  observer 
néanmoins  que  dans  sa  propriété  de  la  Darne,  commune 
de  Coubon,  il  n'a  pas  obtenu  des  résultats  aussi  fruc- 
tueux ;  mais  ses  essais  ont  été  contrariés  par  des  condi- 
tions atmosphériques  des  plus  défavorables  et  notam- 
ment par  le  froid  rigoureux  de  l'hiver  dernier.  Désireux 
de  renouveler  l'expérience,  M.  de  Brive  a  demandé  à 
M.  de  Morteuil  des  semences  pour  distribuer  à  quel- 
ques-uns de  nos  confrères.  M.  de  Morteuil,  dans  une 
lettre  dont  il  est  fait  lecture,  s'est  empressé  de  répondre 
au  désir  de  M.  le  Président,  en  ces  termes  : 

€  Les  produits  du  blé  hybride  Galland  ont  dépassé 
mon  attente.  C'est  vous  dire  qu'il  est  très-productif; 
aussi  je  fais  tout  mon  possible  pour  le  multiplier;  mais 
les  demandes  ont  été  si  nombreuses,  que,  la  première  se- 
maine, j'ai  écoulé  tout  ce  que  je  possédais  et  il  me  reste 
une  quarantaine  de  lettres  de  demandes  pour  Tannée 
prochaine. 

€  Ce  blé  ne  craint  pas  la  gelée,  se  bat  bien  et  ne  s'é- 
graine  pas  comme  le  froment  bleu,  productif  sans  doute» 
mais  craignant  la  gelée.  En  tout,  le  froment  Galland  est 


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366  RÉSUMÉ  DES  SEANCES. 

supérirar  à  toutes  lea  variétés  qae  je  connaisse.  Ca  ptmie 
est  forte  et  hante;  malgré  cela,  les  bestiaux  la  mangent 
très- bien;  il  n*est  pas  sujet  à  la  .yerse. 

«  Je  suis  fâché  de  ne  pouvoir  en  disposer  même  d'une 
très-faible  quantité;  je  l'aurais  offerte  avec  plaisir  à  la 
Société  du  Puy.  L'année  prochaine,  je  serai,  je  l'es- 
père, plus  heureux.  J*en  ai,  malgré  son  prix  élevé,  se- 
mé plus  de  40  doubles  décalitres,  en  le  soignant  comme 
il  le  mérite  ;  l'expérience  de  tous  vos  bons  agriculteurs 
leur  a  appris  qu'il  en  est  des  plantes  comme  des  ani- 
maux :  mettez  entre  les  mains  d'un  éleveur,  comme  il 
y  en  a  trop,  un  élève  Durham  ;  s'il  le  nourrit  à  la  paille, 
comme  toutes  ses  bétes,  il  est  bien  certain  que  sa  crois- 
sance sera  non-seulement  retardée,  malgré  sa  précocité, 
mais  encore  arrêtée  ;  il  en  est  de  même  pour  toutes  les 
variétés  de  froment.  Labourez  profondément,  fumez, 
chaulez  si  le  terrain  le  comporte,  et  vous  aurez  de 
belles  et  productives  récoltes.  Tant  vaut  l'homme,  tant 
vaut  la  terre,  qui  récompense  toujours  l'homme  labo- 
rieux et  intelligent.  Point  de  courbettes  aux  puissants 
du  jour,  mais  du  travail,  de  l'ordre  ;  et  la  terre,  comme 
une  bonne  mère,  récompensera  largement,  parce  qu'elle 
est  reconnaissante  de  vos  soins...  2^ 

L'assemblée,  intéressée  par  cette  communication  de 
l'un  de  nos  plus  habiles  agronomes,  prie  M.  le  Prési- 
dent de  mettre  à  profit  ses  offres  obligeantes  pour  que 
la  Société  soit  comprise,  en  4872,  dans  la  répartition 
généreuse  du  blé  Galland  qui  proviendra  de  la  pro- 
chaine récolte  de  M.  de  Morteuil. 

Moyettespour  les  foikrrages. — A  la  séance  du  41  juil- 


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NOVEMBRE.  367 

let  dernier,  il  a  été  question  de  remploi  des  moyettes 
pour  la  récolte  des  céréales.  M.  Heequet  d'Orral,  dans 
un  article  du  Journal  de  VagrieuUure,  engage  icussi 
les  agriculteurs  à  adopter  sans  hésitation  le  fanage  par 
la  méthode  des  moyettes. 

«  Quoique  nos  cultures,  dit-il,  soient  situées  à  peu  de 
distance  de  la  mer,  dont  le  voisinage  détermine  des  va- 
riations atmosphériques  continuelles,  la  méthode  que 
nous  recommandons,  après  une  expérience  de  plus  de 
vingt  ans,  nous  a  toujours  donné  des  résultats  tellement 
certains,  que  nous  n'éprouvons  jamais  la  moindre  in- 
quiétude pour  la  récolte  de  nos  prairies  artificielles. 

«  Cette  année  encore,  elles  ont  été  engrangées  (les 
premières  coupes)  tout  en  aussi  bon  état  que  celles  de 
4869  et  4870,  qui  furent  favorisées  par  un  temps  excep- 
tionnellement beau. 

«  Notre  méthode,  qui  a  l'avantage  de  n'exiger  aucun 
outillage  spécial,  de  diminuer  plutôt  que  d'augmenter 
la  main-d'œuvre  ordinaire  de  fanage,  est  à  la  portée  de 
la  petite  comme  de  la  grande  culture.  Elle  conserve 
aux  fourrages  une  proportion  importante  de  substances 
de  première  qualité  (feuilles  et  fleurs]  en  partie  perdues 
par  les  procédés  ordinaires.  Enfin,  elle  s'applique  aussi 
avec  succès  aux  pois,  aux  fé  véroles,  aux  vesces,  à  l'orge 
et  au  sarrasin.  >* 

L'auteur  n'insiste  pas  moins  sur  l'utilité  de  l'emploi 
des  moyettes  pour  les  céréales. 


Horticulture.  —  Étiquettes  de  jardin,  —  Un  nou- 
veau système  d'étiquettes  économiques  pour  les  plan- 


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368  HÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

tes  et  arbustes  rareset  qui  diffère  de  celui  indiqué  à  la 
séance  du  3  avril  1874  ,  est  recommandé  par  la  Revue 
agricole  et  forestière  de  Provence.  On  sait  que  les  éti- 
quettes en  bois  et  en  carton  qui  accompagnent,  d'or- 
dinaire, ces  plantes  dans  les  envois  faits  par  les 
marchands-horticulteurs,  s'altèrent  promptement  par 
Taclion  de  la  pluie.  Il  est  d'usage  de  leur  substituer 
des  plaquettes  en  zinc ,  faciles  à  se  procurer  au  moyen 
des  rognures  qu'on  trouve  chez  les  ferblantiers  et  les 
plombiers.  L'expérience  a  démontré  que  Tinscription, 
indiquant  les  noms  et  qualités  de  la  plante  ou  de  Tar- 
buste,  devient  inaltérable  par  remploi  d'une  encra  dont 
la  formule  suit  :  Dix  grammes  d'eau  distillée,  addi- 
tionnés d'un  gramme  de  chlorure  de  platine  et  d'un 
gramme  de  gomme  arabique.  L'écriture  tracée  avec  ce 
liquide  devient  immédiatement  assez  noire  pour  être 
facilement  lisible,  et  elle  est  ineffaçable. 

M.  Aymard  rappelle,  à  cette  occasion,  qu'il  y  a  quel- 
ques années,  loi'sque  la  Société  avait  une  pépinière  ex- 
périmentale dans  une  partie  de  la  prairie  du  Breuil, 
aujourd'hui  comprise  dans  le  jardin  public,  notre  con- 
frère, qui  en  avait  la  direction,  faisait  usage  d'étiquet- 
tes en  zinc  flxées  au  sommet  de  tiges  en  fer.  Les  ins- 
criptions, qui  avaient  longtemps  résisté  aux  intempéries, 
étaient  d'une  encre  indélébile  qu'avait  bien  voulu  lui 
fournir  un  autre  de  nos  confrères.  M,  Gatillon.  Peu 
différente  de  celle  de  Braconet,  insérée  par  Belèze 
dans  le  Dictionnaire  de  la  vie  pratique,  elle  était 
ainsi  composée  : 

Vert-de  gris  en  poudre. 10  grammes. 


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NOVEMBRE.  369 

Sel  ammoniaque  en  poudre 40  grammes. 

Noir  de  fumée 5  grammes. 

Eau  ordinaire .'• .    100  grammes. 

Faire  dissoudre  le  sel  ammoniac  et  le  vert-de-gris, 
puis  délayer  le  noir  de  fumée  à  Taide  d'un  mortier. 

Arts  INDUSTRIELS.  — Moyen  de  rendre  imperméa- 
ble à  l'eau  le  papier  et  les  étoffes,  —  Un  article  du 
Journal  d'agriculture  progressive  fait  connaître  un 
procédé  fort  utile  pour  rendre  imperméable  à  Teau  le 
papier  et  les  étoffes. 

On  fait  dissoudre  de  la  paraffine  dans  du  naphte  pur 
qui  ne  laisse  ,  après  séchage ,  aucune  tache  sur  le  pa- 
pier qui  en  aura  été  saturé.  La  paraffine  doit  être  cou- 
pée en  petits  morceaux  et  mise  avec  le  naphte  dans  un 
vase  à  fermeture  étanche  et  commode  qu'il  faut  ensuite 
bien  agiter.  De  cette  façon,  on  obtient,  sans  Taide  de 
la  chaleur ,  une  solution  froide ,  saturée.  Il  est  mieux 
d'employer  un  excès  de  paraffine  dans  le  naphte,  de 
façon  à  obtenir  une  solution  de  vingt  degrés  centigra- 
des. On  plonge  les  articles  ou  tissus  à  préparer  dans 
celte  solution  pendant  un  temps  qui  varie  suivant  Té- 
paisseur  et  la  porosité  de  la  matière  à  traiter.  On  re- 
tire ensuite  les  articles  ainsi  traités,  et  on  les  fait  sécher 
sous  l'action  d'une  chaleur  naturelle  ou  artificielle,  ou 
d'un  courant  d'air;  le  naphte  alors  s'évapore,  laissant 
le  papier  ou  la  toile  saturée  de  paraffine  imperméable  à 
l'eau  et  capable  de  résister  à  l'action  des  acides.  Il  est 
quelquefois  nécessaire  de  soumettre  certains  articles  à 
l'action  d'un  fer  ou  d'un  cylindre  chaud. 

TOME  XXXl.  24 


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370  RÉSUMÉ  OBS  SÉANCES 

Archéologie.  —  Métrologie  gauloise.  —  Oppidum 
de  Nages  et  de  Mus.  —  Monuments  chrétiens  des 
premiers  siècles,  etc.  —  Au  nombre  des  publications 
que  M.  le  Président  signale  à  l'attention  de  TAssem- 
blée,  il  n'en  est  aucune  plus  intéressante,  au  point 
de  vue  archéologique,  que  les  Mémoires  de  V Aca- 
démie du  Gard,  de  4868-4869.  On  y  remarque  sur- 
tout une  nouvelle  dissertation  de  H.  Auras  sur  les 
deux  sortes  de  métrologie  romaine  et  gauloise,  détermi- 
nées par  des  mesures  que  ce  savant  prend  soin  de  re- 
lever très-exactement  sur  un  assez  grand  nombre  de 
monuments.  C'est  d'abord  un  petit  autel  du  Musée  de 
Nîmes,  monument  dont  les  proportions  indiquent  qu'il 
a  été  fabriqué  par  un  ouvrier  qui  se  servait  des  mesu- 
res romaines,  c'est-à-dire  d'un  pied  dont  la  longueur 
égalait  0",296.  L'auteur  déduit  ensuite  le  pied  gaulois 
des  dimensions  des  murailles  de  l'oppidum  gaulois  de 
Mursens ,  lequel  aurait  eu  la  même  longueur  que  noire 
pied-de-roi ,  pouvant  être  fixée  approximativement  à 
0",325.  Cette  unité  de  mesure  ,  dans  l'opinion  de 
M.  Aurès,  très-bien  motivée,  serait  confirmée  par 
des  inscriptions  et  des  bas-reliefs  qui  semblent  surtout 
remonter  au  commencement  de  la  domination  romaine. 

On  comprend  combien  cette  séduisante  théorie  pourra 
être  féconde  en  applications  et  quel  horizon  nouveau 
elle  peut  ouvrir,  dans  notre  pays  comme  ailleurs,  aux 
investigations  archéologiques.  Sous  ce  rapport ,  notre 
confrère  M.  Aymard  annonce  qu'il  Ta  déjà  mise  à  pro" 
fit  dans  ses  études  sur  les  restes  des  monuments  ro- 
mains découverts  au  Puy,  notamment  à  l'égard  des 
nombreux  moixeaux  qui  proviennent  du  temple  prin- 


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NOYEMbRE.  371 

cipal.  «  Corniche,  frise ,  architrave,  fragments  de  co- 
lonnes, en  un  mot  tous  les  membres  de  Tarchitecture 
se  mesurent  généralement,  dit-il,  par  le  pied  gaulois,  à 
la  différence  des  monuments  postérieurs  qui  paraissent 
accuser  le  pied  romain  introduit  insensiblement  an 
Puy  par  le  régime  colonial  de  cette  ville.  On  aurait 
ainsi  une  nouvelle  preuve  que  ee  temple,  le  premier, 
sans  doute,  érigé  dans  notre  ville  par  les  Romains, 
l'aurait  élé  vers  le  temps  de  l'empereur  Auguste, 
comme  on  l'avait  déjà  présumé  d'après  d'autres  notions 
archéologiques.  >  A  cet  égard,  notre  confrère  ne 
craint  pas  de  faire  appel  aux  vérifications  du  savant 
M.  Aurès. 

Le  même  volume  contient  le  mémoire  de  notre  com- 
patriote M.  Ed.  Flouest,  sur  Voppidum  de  Nages,  dont 
il  nous  avait  déjà  envoyé  un  tlré-à-part  mentionné  à  la 
séance  du  6  juin  1870  (page  80  du  présent  volume). 
Rectifiant  une  erreur  typographique  de  notre  compte- 
rendu  qui  donne  Naves  au  lieu  de  Nages ,  rappelons 
seulement  que  ce  castellas,  comme  on  l'appelle  dans  le 
pays,  occupe  une  position  topographique  à  remarquer, 
à  savoir  :  au  ^sommet  d'une  montagne  dominant  une 
vallée  riche  et  fertile,  près  le  village  de  Nages,  entre 
Nîmes  et  le  Verdoule.  Outre  les  renseignements  ex- 
traits de  ce  mémoire  à  la  séance  de  juin  4870,  on  voit 
figurées  sur  une  des  planches  qui  l'accompagnent  «  des 
fibules  en  bronze  à  ressort  en  boudin,  du  type  de  celles 
qu'ont  fait  connaître  les  cimetières  gaulois  les  plus  au- 
thentiques, »  et  dont  une  des  variétés,  gallo-romaine,  a 
été  trouvée  récemment  dans  nos  environs,  au  terroir 
du  Cbeylounet,  commune  de  Saint-Vidal. 


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S7S  RÉSUME  DES  SÉANCES. 

Un  autre  oppidum  gaulois  non  moins  curieux  est, 
dans  le  même  recueil ,  le  sujet  d*une  savante  disserta- 
tion par  M.  Brun,  sous  le  titre  :  la  ville  de  Mus,  etc. 
C'esl  là,  en  effet,  une  de  ces  nombreuses  yilles  antiques 
entièrement  oubliées  dans  l'histoire  et  que  l'archéologie 
seule  nous  révèle. 

Mentionnons  égaleipent  :  l»  les  découvertes  archéo- 
logiques de  tous  genres  faites  à  Nîmes  et  dans  le  Gard, 
en  1869,  par  M.  Germer-Durand  qui,  chaque  année,  en- 
registre, avec  une  constance  très-méritante,  tous  les  faits 
qui  intéressent  la  science  des  antiquités  ;  2<>  une  notice 
par  M.  l'abbé  Azais  sur  deiuc  monuments  chrétiens 
des  premiers  siècles,  à  Nîmes,  Les  inscriptions  funérai- 
res et  les  symboles  qu'on  y  voit,  ingénieusement  com- 
mentés par  l'auteur,  indiqueraient,  suivant  lui,  la 
première  une  femme  chrétienne  au  IP  ou  bien  au 
IIP  siècle,  l'autre  «  un  ancien  chef  du  troupeau  chré- 
tien ,  un  pasteur  »  qu'on  reconnaîtrait  à  la  représenta- 
tion d'un  personnage  debout,  portant  une  brebis  sur  les 
épaules,  image  du  Bon-Pasteur.  Toutefois  M.  Aymard 
remarque,  au  sujet  de  ce  genre  de  représentation,  qu'il 
est  antérieur  aux  chrétiens.  On  l'observe  sur  d'incon- 
testables monuments  du  paganisme,  comme  on  en  a  un 
exemple  curieux  dans  notre  Musée,  sur  un  des  bas- 
reliefs  du  monument  romain  de  Pontempeyrat,  offrant 
un  génie  entièrement  nu  et  portant  de  même  une  brebis 
sur  ses  épaules. 

Antiquités  des  eaux  thermales.  —  La  Société  fran- 
çaise d'archéologie,  dans  sa  séance  générale  tenue  le 
16  août  dernier  à  Anvers,  et  dont  le  compte  rendu  est 


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NOVEMBRE.  373 

inséré  au  Bulletin  monumental,  a  entendu  un  rapport 
intéressant  de  M.  de  Caumont  qui  contient,  entr'autres 
renseignements,  des  nofions  sur  les  antiquités  trouvées 
à  Néris  et  à  Évaux,  établissemenis  thermaux  au  moins 
du  temps  des  Romains.  11  rappelle  Tinscription  concer- 
nant la  première  de  ces  localités  et  consacrée  aux  divi- 
nités des  Augustes  et  au  dieu  Iférius.  Les  restes  des 
monuments  romains,  dont  il  signale  les  récentes  décou- 
vertes,  donnent  une  haute  idée  de  leur  magnifi- 
cence. 

M.  de  Caumont  qui,  à  ce  propos,  rappelle  aussi  le 
nom  du  dieu  Boroo  ou  Borbo,  génie  topique  de  la  sta- 
tion thermale  de  Bourbon,  aurait  pu  ajouter  la  mention 
du  dieu  gaulois  IVAHV,  d'après  l'inscription  gravée 
sur  une  patère  de  bronze,  trouvée  dans  une  des  pisci- 
nes de  l'établissement  thermal  d'Évaux. 

Ainsi  se  confirme  de  jour  en  jour  Toplnion  de  notre 
confrère  M.  Aymard,  qui,  au  sujet  de  notre  dieu 
Adidon  (mont  Adi  ou  mont  Anl],  le  porte  à  croire  que 
ces  appellations  de  dieux  topiques  n'étaient  autres  que 
celles  des  lieux  eux-mêmes,  ou  des  lieux  déifiés. 

Dans  nos  pays  également,  les  eaux  minérales  avaient 
été  Tobjet  de  la  munificence  romaine,  comme  le  témoi- 
gnent les  belles  antiquités  trouvées  à  Margeaix  et  de 
curieux  vestiges  observés  près  des  Estreits. 

Céramique  gallo-romaine.  —  Le  compte-rendu  du 
dernier  Congrès  archéologique  de  France,  publié  en 
1871,  contient  des  communications  nombreuses  et  très- 
variées  parmi  lesquelles  on  remarque  la  description  et 
les  dessins  de  trois  beaux  vases,  avec  enduit  métâlli- 


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374  '  KRSGMÉ  DES  SÉANGIDS. 

que  et  ornements  en  relief,  qui  présentent  un  grand 
intérêt  au  point  de  vue  de  la  céramique  gallo-romaine. 
Ce  Ternis  métallique  ou  oxyde  de  plomb,  plus  ou  moins 
semblable  à  celui  qu'on  emploie  de  nos  jours,  caracté- 
rise aussi  des  vases  dont  différents  débris  ont  été  re- 
cueillis dans  les  fouilles  faites  au  Puy  et  à  Saint-Pau- 
lien,  ainsi  que  dans  l'exploration  de  plusieurs  de  nos 
villa  romaines. 

Typographie.  —  Notre  habile  typographe,  M.  Mar- 
chessou,  a  fait  hommage  à  la  Société  d'un  bel  Album 
de  caractères  divers,  vignettes,  bois  gravé»,  etc.,  in-4", 
dont  il  est  l'éditeur.  Cet  ouvrage,  tiré  à  un  petit  nom- 
bre d'exemplaires,  donne  une  idée  très-favorable  de  la 
perfection  que  M.  Marchessuu  apporte  dans  les  œuvres 
de  choix.  Il  est,  en  outre,  intéressant  par  la  repro- 
duction de  tous  les  vieux  bois  à  vignettes,  lettrines,  etc., 
jadis  employés  par  nos  imprimeurs  du  Puy  et  dont  une 
collection,  qui  a  été  communiquée  pour  cet  objet  à 
H.  Marchessou,  existe  dans  notre  Musée.  A  tous  ces  titres, 
cet  Album  trouvera  une  honorable  place  dans  cette  col- 
lection de  pièces  typographiques. 


COMMUNICATIONS. 

Travaux  de  la  Société.  --Subvention  ministérielle. 
-—Il  est  donné  lecture  d'une  dépêche  par  laquelle  M.  le 
ministre  de  rinstruciion  publique  annonce  qu'il  a  attri- 
bué à  la  Société  une  allocation  de  400  francs,  €  heu* 
reux,  ajoute-t-il|  d'encourager  ainsi  les  travaux  de  la 


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NOVEMBRE.  375 

Compagnie  et  de  lai  donner  an  noaveaa  témoignage  de 
son  intérêt.  > 

M.  le  Président  exprime  la  gratitude  que  fait  naître, 
an  sein  de  l'assemblée,  cette  nouvelle  marque  des  sym- 
pathies du  gouvernement  que  n'ont  point  altérées  les  ré- 
cents et  cruels  désastres  militaires  et  financiers  de  la 
France. 


Sciences  économiques.  —  Caisses  d'épargne  du  Puy 
et  de  Craponne.  —  Notre  confrère  M.  Balme,  président 
du  conseil  d'administration  de  la  caisse  d'épargne  du 
Puy,  lit  le  rapport  suivant  sur  la  situation  et  le  service 
de  cet  établissement  et  de  sa  succursale  de  Craponne, 
pour  l'exercice  4870  : 


Messieurs, 

De  nouveau  appelé  par  mes  collègues  à  la  présidence  du 
conseil  des  directeurs  de  la  Caisse  d'épargne  du  Puy,  j'ai 
rhonneur  de  vous  présenter  le  rapport  d'usage  sur  la  situa* 
tion  de  son  service. 

Après  les  désastreux  événements  qui  se  sont  accomplis 
pendant  le  cours  de  1870,  mon  premier  devoir  est  de  vous 
rassurer  sur  le  sort  de  l'institution  dont  vous  avez  pris  l'i- 
nitiative et  protégé  les  débuts. 

Vers  le  mois  de  juillet  dernier,  la  déclaration  d'une  guerre 
à  laquelle  personne  ne  songeait,  fit  aussitôt  naître  des  ap- 
préhensions malheureusement  trop  légitimes.  Elles  jetèrent 
partout  la  perturbation  dans  les  affaires,  et  menacèrent 


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376  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

d'occasionner  un  préjudice  considérable  à  tons  les  établis- 
sements de  crédit.  La  Caisse  d'épargne  du  Puy  se  ressentit, 
elle  aussi,  de  la  situation  critique  qui  nous  était  Taite.  Dès 
les  premières  nouvelles  de  Tinsuccès  de  nos  armes,  les  dé- 
posants se  présentèrent  en  foule  pour  retirer  le  montant  de 
leurs  livrets  ;  à  tel  point  que,  dans  les  neuf  séances  du 
24  juillet  au  18  septembre,  nous  dûmes  leur  rembourser  la 
somme  relativement  énorme  de  296,063  fr.  75  c,  alors 
que  nous  ne  recevions  en  dépôt  que  des  sommes  insigni- 
fiantes se  composant,  en  grande  partie,  de  sommes  rever- 
sées, c'est-à-dire  de  sommes  demandées,  mais  que  les 
déposants  ne  venaient  pas  retirer,  par  un  motif  quelconque. 

La  panique  qui  s'était  manifestée  au  Puy  était  générale. 
Elle  avait  pris  de  telles  proportions  qu'elle  menaçait  de  ta- 
rir les  ressources  du  Trésor  et  de  lui  créer  de  nouveaux  em- 
barras  en  le  mettant  dans  l'impossibilité  de  subvenir  aux 
frais  de  guerre  et  d'assurer  le  fonctionnement  régulier  des 
services  de  l'intérieur.  Le  gouvernement  de  la  défense 
nationale  avisa,  et,  pour  faire  cesser  un  état  de  choses  com- 
promettant le  salut  de  la  France,  il  décréta  le  17  beptembre 
qu'à  partir  du  21,  on  ne  rembourserait  en  numéraire  sur 
les  livrets  excédant  50  fr.  que  la  somme  de  50  fr.,  le  sur- 
plus ne  pouvant  plus  être  exigible  qu'en  bons  du  Trésor 
négociables  et  payables  à  trois  mois  d'échéances,  avec  inté- 
rêt à  5  0/0.  Dans  le  but  de  faciliter  les  vrais  besoins,  ces  ^ 
bons  pouvaient  être  délivrés  par  coupures  depuis  50  fr.  jus- 
qu'à la  somme  complète  du  livret. 

Sauf  quelques  rares  exception?,  le  public  des  Caisses  d'épar- 
gne accepta  avec  une  patriotique  résignation  cette  mesure, 
qui,  malgré  son  utilité,  n'en  était  pas  moins  une  atteinte 
fort  grave  portée  aux  conditions  existantes  lors  des  verse- 


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NOVEMBRE.  377 

ments.  Chacun  comprit  la  nécessité  de  force  majenre  em- 
pêchant la  délivrance  de  fonds  et  conserva  la  plas  entière 
confiance  dans  le  sort  de  l'institution .  Et  pour  preuve,  c'est 
que,  malgré  la  perspective  d*étre  payé,  à  Téchéance  de  trois 
mois,  malgré  l'appât  de  l'intérêt  porté  de  3  3/4  0/0  à  5  0/0, 
il  n'y  eut  qu'un  très-petit  nombre  de  personnes  qui  échan- 
gèrent leurs  livrets  contre  des  bons  du  Trésor.  Si  donc  on 
recherche  la  vraie  cause  des  retraits  énormes  des.  premiers 
jours  de  nos  malheurs,  on  ne  la  trouve  point  dans  la  crainte 
d'une  catastrophe  générale  compromettant  le  crédit  et  le 
sort  du  pays,  mais  bien  plutôt  dans  l'empressement  que 
nous  avons  tous  dans  les  moments  de  dangers  publics^  quel- 
que soit  notre  situation  de  fortune,  d'avoir,  passez-moi  l'ex- 
pression, dans  le  coin  de  notre  armoire,  la  plus  grande  somme 
de  numéraire  possible,  le  tout  en  prévision  des  éventualités. 
Toutefois  il  est  bon  de  vous  signaler  un  symptôme  éta- 
blissant combien  les  populations  apprécient  les  avantages 
des  Caisses  d'épargne.  C'est  que  depuis  la  signature  de  la 
paix,  et  surtout  depuis  la  répression  des  troubles  de  Paris, 
nous  voyons  nos  recettes  revenir  insensiblement  à  leur 
chiffre  normal. 


ADMINISTRATION  ET  PERSONNEL  DE  LA  CAISSE. 


Gomme  vous  le  savez,  messieurs,  la  Caisse  est  adminis- 
trée par  un  conseil  de  dix  directeurs.  Aux  termes  des  sta- 
tuts, ils  ont  droit  de  nommer  un  nombre,  égal  au  leur,  de 
directeurs  adjoints.  Ceux-ci  prennent  part  aux  délibérations 
du  conseil,  mais  seulement  avec  voix  consultative.  Dans  le 


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378  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

cours  de  l'annôe,  les  besoins  du  service  nous  ont  fait  porter 
de  quatre  à  six  le  nombre  des  directeurs  adjoints. 

Chaque  séance  hebdomadaire  est  présidée  par  un  admi* 
nistrateur.  Dans  ces  temps  de  crise,  tous  ont  tenu  à  hon* 
neur  d*être  régulièrement  à  leur  poste  ;  qu'il  me  soit  donc 
permis  de  rendre  ici  un  hommage  public  au  zèle  intelligent 
avec  lequel  mes  collègues  ont  rempli  une  mission  qui  sou- 
vent eût  pu  devenir  des  plus  difficiles  sans  leur  paternelle 
influence.  Je  manquerais  également  à  mon  devoir  si  je  ne 
les  remerciais  du  concours  éclairé  qu'ils  n'ont  cessé  de  me 
donner  dans  mes  fonctions  de  président. 

Les  rapports  les  plus  bienveillants  n'ont  cessé  de  régner 
entre  la  Trésorerie  générale  et  l'administration  de  la  Caisse. 
Au  moment  oii  la  pénurie  du  numéraire  était  la  plus  grande, 
M.  le  Trésorier  Payeur  général,  par  son  activité  ôt  la  pro^ 
fonde  connaissance  qu'il  possède  des  affaires  de  finances,  a 
toujours  strictement  pourvu  à  nos  remboursements.  Il  nous 
a  ainsi  évité  les  plus  grands  embarras.  Que  M.  Octave 
Thomas  veuille  bien  accepter  ce  témoignage  de  notre  re* 
connaissance. 

La  comptabilité  est  confiée  à  un  caissier  responsable. 
M.  Allemand  occupe  toujours  ce  poste  avec  assiduité  et 
probité.  Les  deux  employés  qu'il  a  sous  ses  ordres,  MM.  Dé- 
chaseaux  et  Rivet,  méritent  des  éloges  pour  l'exactitude  de 
leurs  travaux. 

FIXATION  DU  TAUX   DB  l'iNTÈRÉT. 

Chaque  année,  avant  le  premier  janvier,  le  conseil  des 
directeurs  se  réunit  à  l'effet  de  déterminer  le  taux  de  l'in- 
térêt à  servir  aux  déposants.  Depuis  l'institution  de  la  Caisse, 


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NOVEMBRE.  379 

ce  taux  a  été  Invariablement  fixé  à  3,75  0/0.  Il  n'y  avait 
aucun  motif  pour  le  changer,  il  a  donc  été  maintenu  à  ce 
chiffre.  C'est,  du  reste,  l'intérêt  maximum  que  la  loi  du 
7  mai  1853  détermine  en  faveur  des  déposants  ;  il  ne  peut 
être  dépassé. 

SITUATION   DE   LA   CAISSE   0*ÉPARONB. 

Pour  se  rendre  un  compte  exact  de  la  situation  de  la 
Caisse  d'épargne,  il  faut  connaître  le  mouvement  des  fonds, 
le  mouvement  des  livrets,  enfin  l'état  du  fond  de  dotation. 
Je  vais  avoir  l'honneur,  messieurs,  de  vous  donner  un  ré- 
sumé de  ces  diverses  opérations.  Cela  vous  permettra  d'ap- 
précier en  connaissance  de  cause  notre  position  actuelle. 

MOUVEMENT   DES   FONDS. 

En  principe,  le  succès  des  Caisses  d'épargne  est  en  rai- 
son directe  du  solde  dû  aux  déposants  ;  le  motif  en  est  fort 
simple,  c'est  que  plus  ce  solde  est  élevé,  plus  le  chiffre  des 
intérêts  qui  leur  est  servi  e^t  considérable,  plus  aussi  les 
bénéfices  de  la  Caisse  sont  grands,  puisqu'ils  se  composent 
d'une  quote-part  de  ces  intérêts. 

Au  premier  janvier  1870,  nous  avions  atteint  un  chiffre 
qui,  jusque-là,  avait  été  l'apogée  de  nos  progrès.  Le  solde 
dû  aux  déposants  s'élevait  à i  ,226,128^  29<' 

Les  premiers  mois  faisaient  espérer  en- 
core une  année  exceptionnelle  en  recettes 
et  par  conséquent  l'élévation  de  ce  chiffre, 


A  reporter \  ,226,1 28  29 


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380  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

Report. 1,226,428'  29« 

lorsque  les  événements  sont  -venus  arrêter 
subitement  cette  marche  ascendante  pour 
se  convertir  en  une  espèce  de  débâcle. 
Malgré  cela,  les  opérations  de  la  Caisse 
fournissent  les  résultats  suivants  : 

Il  a  été  versé  en  numéraire,  pendant 
1870 375,660^    »« 


389,343    68 
Par  transfert  recettes.      13,683    68   ) 

Il  a  été  alloué  aux  déposants  en  intérêt  42,153  03 

Le  total  des  sommes  dues  aux  dépo*- 


sants,  au  31  décembre  1870,  s'élève  à. . .      1 ,657,625    » 

Duquel  il  faut  retrancher  les  rembour- 
sements eiïectués  pendant  le  cours  de  la- 
dite année. 

Ces  remboursements  se  composent  des 
sommes  suivantes  : 

A  deux  déposants,  en 
achat  de  rentes 493  70  \ 

En  espèces 640,957  99  |        654,161    04 

En  transfert  paiement..     12,709  35  ) 

Cette  soustraction  faite,  le  solde  resté 
dû  aux  déposants  au  3 1  décembre  n'e^t 


donc  plus  que  de 1,003,463  96 


Déficit  sur  Tannée  précédente  de  222,704  fr.  33  c. 

Nous  joignons  ici  le  tableau  des  versements  et  des  rem- 
boursements opérés  dans  chaque  mois  do  cette  malheu- 
reuse année.  Il  n'est  pas  sans  offrir  quelqu'intérêt  et  cons- 


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NOVEMBRE. 


384 


tate  que  les  remboursements  en  numéraire  ont  excédé  les 
versements  de  la  somme  de  265,791  fr.  69  c. 


Janvier 

Février 

Mars 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Septembre.. 
Octobre .... 
Novembre . . 
Décembre . . 

Total 


VERSEMENTS. 


73,678* 

46,102 

43,676 

40,046 

42,986 

38,401 

41,220 

38,068 

8,750 

1,506 

847 

381 


RBIBOURSBnNTS. 


375,660 


52,197' 96*= 

35,054  56 

49,016  18 

36,019  67 

73,890  27 

38,778  21 

63,963  92 

138,157  60 

117,378  15 

22,366  33 

9,797  80 

4,831  04 


641,451  69 


MOUVEMENT   DES  LIVRETS. 


Depuis  de  longues  années,  nous  étions  habitués  à  vous 
signaler  périodiquement  une  augmentation  dans  le  nombre 
des  livrets.  Les  événements  ont  eu  cette  fâcheuse  consé- 


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382  RESUME  DES  SEANCES. 

quencé  qu'il  nous  faut  aujourd'hui  constater  une  diminu- 
tion sensible  pour  l'année  1870. 

Le  chiffre  des.  livrets  existant  au  1*'  janvier  était  de 
ci 3,462 

11  en  a  été  ouvert  pendant  le  cours  de 
l'année 414 

Ceux  reçus  par  transfert  sont  au  nombre 
de 25 

Ensemble  des  livrets . .     3,901 

n  en  a  été  Foldé  pendant  l'année. ..:...        738 

Reste  en  circulation,  au  31  décembre. ..  3,163  livretf, 
nombre  inférieur  de  299  à  celui  du  1«'  janvier. 

Ces  3,163  livrets  se  divisent  comme  suit,  d'après  leur 
importance  : 

En  dessous  de  500  fr 2,324 

De  50.1  fr.  à  800  fr 388 

De  801  àt,000fr 272 

.  De  1,001  et  au-dessus,  réductibles  au-dessus  de 

1 ,000  fr 76 

De  IfOOi  fr.  au-dessus,  non  réductibles 3 

Ces  derniers  appartiennent  à  des  militaires.  C'est  une  fa- 
veur spéciale  qui  leur  a  été  faite  par  la  loi  du  7  mai 
1853. 

Nous  mettons  sous  vos  yeux  un  tableau  du  mouvement 
des  livrets  par  catégorie  de  professions  des  déposants.  Il 
peut  avoir  son  utilité,  au  point  de  vue  de  la  statistique  : 


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NOVKUUHE. 


383 


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384  R&SCMÉ  DES  SÉANCES. 

SITUATION    DES   FONDS   DE   DOTATION. 

Vous  le  savez,  messieurs,  depuis  longtemps  la  Caisse  ne 
reçoit  plus  de  subvention.  Elle  vit  et  se  suffit  avec  ses  pro- 
pres ressources.  Grâce  à  une  sage  économie  inaugurée  par 
les  administrations  qui  nous  ont  précédés  et  que  nous  tâ- 
chons d'imiter,  vous  avez  vu  s'accroître  insensiblement 
notre  fonds  de  dotation.  En  persistant  dans  ce  rôle  de  four- 
mi, la  Caisse,  à  sa  dissolution,  livrera  aux  édiles  de  notre 
chère  cité  une  somme  bien  respectable  qu'ils  emploieront, 
nous  n'en  doutons  point,  à  consacrer  par  un  établissement 
d'utilité  publique  ce  témoignage  que  l'épargne  est  la  pierrq 
angulaire  de  toutes  les  améliorations. 

Toujours  est-il  qu'au  31  décembre   1869 
le  capital  de  dotation  était  de 29,813^ 99« 

Les  revenus  de  la  Caisse  pendant  l'année 
1870  se  composent  : 

1©  De  la  bonification  de  0,25  c. 
sur  les  intérêts 4,029  88] 

2»  Du  produit  des  rentes    déjà  >  5,080  21 

acquises 1 ,050  33  ; 

A  déduire  les  dépenses  qui  se 
comprennent  : 

l»  Des  frais  généraux 2,781  35  \ 

20  Des  bénéfices  dus  à  la  suc-  |  3,024  72 

curtale    de    Craponne 243  27  ) 

Le  passif  étant  retranché  de  l'actif,  il  reste  

un  bénéfice  net  de 2,055^49^ 

qui,  ajouté  au  capital  déjà  acquis ,  le  porte  à 
la  somme  de  31,869  fr.  48  c. 


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NOTEMBBE.  386 

Il  66t  employé  de  la  manière  suivante  : 

lo  En  rentes  sur  TEtat 25,527'  78* 

2^*  En  obligations  départementales  ^ 1,987  60 

3o  Fonds  de  roaleroen^  dû  par  la  Caisse  des 

dépôts  et  consignations 3,S42  98 

4»  En  mobilier 407  66 

b°  Solde  de  caisse 3  47 

Total  égal 31,869  48 


Il  est  à  remarquer  que ,  d  après  les  règlements ,  nous  de- 
vons avoir  toujours  à  la  Caisse  des  dépôts  et  consignations, 
un  fonds  de  roulement  d'au  moins  3,000  fr. 


SUGCUBSALB  DE  CRAPONNB. 

Contrairement  à  la  généralité  des  Caisses  d'épargne  de 
France,  le  compte  de  la  succursale  de  Craponne  se  règle,  au 
31  décembre  1870,  par  un  solde  dû  aux  déposants  supé> 
rieur  à  celui  du  l*»"  janvier  1870.  Cela  prouve  qu'elle  s'est 
peu  ou  même  point  ressentie  des  événements  de  l'année. 

Au  31  décembre,  il  est  dû  aux  déposants  43,280' 96» 
tandis  qu'il  ne  leur  était  dû  au  1*^  janvier  que     42,489  48 


DiPPËRBNGE  en  plus 791  48 


Le  nombre  des  livrets  est  resté  stationnaire,  vingt-cinq 
livrets  ont  été  soldés ,  vingt-cinq  livrets  nouveaux  ont  été 
ouverts  dans  le  cours  de  l'année.  Dans  sa  petite  circonscrip- 
tion, la  Caisse  de  Craponne  rend  encore  de  grands  services 
aux  classes  ouvrières. 

TOME  XXXI.  1^5 


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386  RÉSUMÉ   DES  SÉANCES. 

£q  résumé  ,  meseieurs ,  la  situation  matérielle  et  morale 
de  notre  GalFse  est  des  plus  satisfaisantes.  D'une  part»  malgré 
le  malheur  des  temps,  nous  avons  pu  vous  présenter  un 
budget  se  soldant  par  un  bénéfice  capitalisé;  d'autre  part, 
nous  voyons  la  partie  saine  des  populations  reprendre,  avec 
le  travail,  le  chemin  de  notre  Caisse  et  nous  apporter  avec 
confiance  les  premiers  proiuits  de  leurs  récentes  épargnes. 
Faisons  des  vœux  pour  le  progrès  et  la  prospérité  des  cais- 
ses d'épargne  qui,  inspirant  aux  classes  populaires  les  idées 
d'ordre  et  d'économie  et  les  moralisant  plus  qu'on  ne  le 
pense,  contribuent  puissamment  à  la  prospérité  générale 
et  sont  un  gage  rassurant  pour  l'avenir  de  la  nation. 

Après  celte  lecture,  M.  le  Président  félicite  M.  Balme 
et  ses  collègues  de  leur  zèle  et  du  dévouement  qu'ils  ap- 
portent à  assurer  la  marche  régulière  et  satisfaisante 
de  la  Caisse  d'épargne,  institution  très-utile,  à  la  fonda- 
tion de  laquelle  la  Compagnie  a  efficacement  contribué. 


MÉTÉOROLOGIE.  —  Projet  (Tune  station  météorologi- 
que au  Mexenc.  —  Notre  confrère,  M.  Isidore  Hedde, 
qui  ne  peut  assister  à  la  séance,  s'excuse  et  prie  H.  le 
Président  d'appeler  raltention  de  la  Compagnie  sur  l'u- 
tilité d'une  station  météorologique  constante  sur  le  som- 
met du  Mezenc,  question  qu'il  a  eu  l'occasion  de  trai- 
ter, l'an  dernier,  à  la  séance  du  4  juillet.  On  sait  que  le 
projet,  dû  à  l'initiative  de  M.  Allaard,  professeur  à  la 
faculté  des  sciences  de  Clermont,  de  créer  un  éta- 
blissement de  ce  genre  au  sommet  du  Puy-de-Dôme, 
va  se  réaliser,  grâce  aux  subventions  de  l'Etat,  du  dé- 


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NOVEMBRB.  SfS? 

parlement  du  Pay-de-Dôme  et  de  la  ville  de  Clermont. 
H.  Hedde  rappelle  qoe  le  Mezenc,  dont  l'altitude 
est  beaucoup  plus  grande  que  celle  du  Puy-de-Dôme, 
est  le  point  culminant  de  ce  chaînon  des  Cévennes,  qu*il 
domine  la  vallée  du  Rhône  et  se  trouve  placé,  de  la 
manière  la  plus  heureuse,  comme  station  de  correspon- 
dance entre  les  Alpes  et  les  Pyrénées.  Le  moment  n'est- 
il  pas  Tenu  de  reprendre  Tidée  émise  par  notre  zélé 
confrère,  de  l'étudier  et  de  rechercher  les  moyens  pra- 
tiques de  son  application?  La  Société  du  Puy  ne  pour- 
rait-elle pas  se  concerter,  au  besoin,  avec  sa  voisine  de 
l'Ardèche  pour  aviser  à  la  création,  sur  le  point  inter- 
médiaire des  deux  départements,  d'un  poste  météorolo- 
gique, essentiellement  lié  à  la  sauvegarde  des  intérêts 
agricoles  ?  M.  le  Président  soumet  ces  questions  à  Texa- 
men  réfléchi  de  ceux  de  nos  confrères  qui,  par  leurs 
études  spéciales,  sont  amenés  à  s'y  intéresser  plus  direc- 
tement, les  engage  à  rechercher  les  meilleurs  moyens 
de  solution  et  renvoie,  pour  une  discussion  approfon- 
die, au  retour  de  M.  Isidore  Hedde. 


Arts  industriels.  —  Aéronavigation.  —  M.  le  Pré- 
sident présente  un  mémoire  manuscrit,  avec  plan,  sur 
un  nouveau  système  d'aérostat  que  l'inventeur,  notre 
compatriote,  M.  Félix  Varennes,  soumet  à  Tappréciation 
de  la  Société. 

Cette  communication,  accueillie  avec  intérêt  par  l'as- 
semblée, donne  lieu  à  M.  le  Président  de  désigner 
H.  Nicolas  pour  faire  un  rapport  dans  Tune  des  pro- 
chaines séances. 


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38&  RÉSUME  DK8  siANGES. 

ScupNGEs  HISTORIQUES.  —  InctêTiioni  des  Ànglau 
dans  U  Velay.  ^  H.  Chassaiag  entretient  rassemblée 
de  la  découverte  qu*il  a  faite,  durant  les  vacances,  dans 
les  archives  départementales  du  Puy-de-Dôme  et  de  la 
ville  de  Clermont,  de  documents  inédits  relatifs  à  Toc^ 
cupation  par  les  Anglais  de  certains  points  de  TAuver- 
gne  et  du  Velay.  Ces  documents  complètent  ceux  qu*il 
a  trouvés  au  Puy  et  contribueront  à  jeter  un  nouveau 
jour  sur  cette  période  de  notre  histoire  locale,  restée 
jusqu'ici  presque  absolument  ignorée. 


Personnel.  —  Conservateur  de  la  section  des  beaux- 
arts.  —  M.  le  baron  de  Vinols  de  Monlfleury,  dé- 
puté, remercie  la  Société,  parune  lettre  chaleureuse, 
de  l'avoir  nommé  conseiTateur  de  la  section  des  beaux- 
arts  du  Musée. 

Election  d*un  membre  non  résidant.  —  M.  le  doc- 
teur Langlois,  au  nom  de  la  commission  chargée  d'exa- 
miner l'ouvrage  de  M.  le  docteur  Mourel,  de  Monistrol- 
sur-Loire,  sur  les  Erreurs  populaires  en  médecine  dans 
la  Haute*Loire,  donne  lecture  du  rapport  suivant  : 

Messieurs  , 

Dans  sa  dernière  séance,  la  Société  a  désigné  MM.  Lan- 
glois, Yibert  et  Ghassaing  pour  examiner  la  demande  faite 
par  M.  le  docteur  Mouret  à  Teffet  de  faire  partie  de  notre 
Société,  au  titre  de  membre  non  résidant.  Un  travail  était 


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NOTBMBRE.  389 

envoyé  par  M.  Moaret  à  l'appui  de  sa  demande.  C'est  ce 
travail  qui  m*a  été  confié  et  dont  je  viens  vous  rendre 
compte,  en  mon  nom  et  au  nom  de  mes  collègues. 

Votre  commission,  messieurs,  s*est  trouvée  en  face,  non 
d'un  mémoire  ordinaire  comme  cela  arrive  souvent  en  pa- 
reil cas,  mais  d'une  œuvre  de  longue  haleine,  résultat 
d'observations  sérieuses  et  de  nombreuses  années  d'une 
pratique  médicale  intelligente  et  occupée.  M.  Mouret  qui, 
pendant  sa  carrière  si  bien  remplie,  a  été  à  même  d'obser* 
ver  les  dangers  des  erreurs  populaires  en  médecine,  entre- 
prend contre  elles  une  charge  vigoureuse  qu'il  divise  en 
huit  chapitres  ,  dont  le  dernier  ne  comprend  pas  moins  de 
six  paragraphes  et  un  résumé.  Nous  suivrons  pas  à  pas  l'au- 
teur dans  ce  long  travail  dont  nous  tâcherons  de  faire  un 
extrait  aussi  bref  que  possible. 

Suivant  l'usage,  une  préface ,  écrite  d'un  très-beau 
style,  vient  expliquer  au  lecteur  le  but  de  l'auteur,  ses 
hésitations,  ses  craintes,  et  enfin  solliciter  son  indulgence. 
Les  deux  premières  parties  sont  faciles  à  comprendre. 
Combattre  des  erreurs  enracinées  depuis  un  long  temps, 
lutter  contre  des  préjugés  qui  sont  passés  dans  l'esprit  de  la 
majorité  des  gens  à  l'état  de  choses  jugées,  attaquer 
enfin  des  idées  généralement  reçues  môme  par  les  gens  da 
monde ,  les  attaquer  en  face,  leur  dire  crûment  leurs  véri- 
tés, il  y  avait,  certes,  de  quoi  faire  reculer  les  plus  hardis, 
et  vingt  ans  de  moins  sur  la  tête  de  l'honorable  docteur 
Mouret  l'auraient  certainement  fait  hésiter  davantage.  Il  a 
eu  le  courage  de  dire  de  bonnes  choses,  il  les  a  bien  dites  ; 
passons  donc  outre  à  la  dernière  partie  de  sa  préface. 

Dans  le  premier  chapitre ,  l'auteur  traite  de  la  science 
médicale.  Il  expose  quelles  sont  les  études  des  jeunes  gens 


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3^  RÉSUMÉ  DBS  SÉANCES. 

pour  arriver  à  cette  science  dont  on  exige  qu'elle  embrasse, 
pour  ainsi  dire,  toutes  les  connaissances  humaines.  Il  cons- 
tate que ,  pas  plus  et  moins  peut-être  qae  les  autres  scien- 
ces ,  la  médecine  ne  peut  arriver  de  toutes  pièces  dans  le 
cerveau  humain ,  et  qu'à  celui-là  qui  a  le  plus  appris,  on 
doit  plus  se  confier.  L'auteur  fait  observer,  en  passant,  que 
des  traitements  qui,  souvent  aux  yeux  des  gens  du  monde, 
présentent  une  différence ,  sont  idenliques  pour  les  méde- 
cins qui  les  ont  mis  en  pratique  et  arrivent  au  même 
résultat. 

Le  second  chapitre,  entièrement  consacré  au  médecin 
lui-même,  se  résume  dans  son  titre  :  Du  Médecin;  ce  qu'il 
est,  ce  qu'il  devrait  être;  sa  mission  complexe;  guérir, 
soulager,  consoler.  Rapports  du  malade  et  du  médecin  ;  les 
consultations;  les  débuts;  des  sentiments  religieux.  Un 
mot  seulement  sur  cette  dernière  partie.  M.  Mouret  rejette, 
au  nom  du  corps  médical ,  le  reproche  d'athéisme  qui  lui  a 
souvent  été  fait,  et  établit,  au  contraire,  que  la  nature  même 
des  fonctions  qu'il  remplit,  les  secours  physiques  et  mo- 
raux qu'il  doit  prodiguer  chaque  jour  à  l'humanité ,  tendent 
à  développer  chez  lui  le  sentiment  de  religiosité. 

Le  troisième  chapitre,  que  surtout  l'on  fera  bien  de  lire, 
établit  que  l'application  de  la  certitude  à  la  chirurgie  seule 
est  une  erreur;  que  la  médecine  aussi,  autant  que  sa 
sœur  dont  elle  est  inséparable,  a  ses  appréciations  sûres, 
positives,  mathématiques  en  quelque  sorte  et  devant  les- 
quelles l'homme  qui  raisonne  de  sang-froid  et  sans  parti 
pris,  est  obligé  de  s'incliner. 

Le  quatrième  chapitre,  tout  scientifique,  est  consacré  à 
l'étude  des  systèmes  en  médecine.  Dans  un  long  paragra- 
phe, l'auteur  cherche  à  combattre  ou  plutôt  à  expliquer 


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ffOVEMBBB.  394 

l'homéopathie.  Cette  fantaisie  allemande,  autour  de  la- 
qaelie  on  a  fait  beaucoup  trop  de  bruit  et  qui  n*a  vécu  que 
parce  qu'on  a  eu  la  maladresse  de  lui  permettre  de  se  poser 
en  martyr,  doit  mourir  de  sa  belle  mort  le  jour  oti  on  ces- 
sera de  faire  attention  à  elle. 

.  Un  chapitre  tout  entier,  et  à  juste  titre,  est  consacré  à  une 
des  fautes-- je  crois  pouvoir  la  quaiiûer  ainsi— les  plus  pré- 
judiciables à  la  sauté  humaine  :  la  lecture  des  livres  de  mé- 
decine. Si  le  public  savait  bien  qu'il  n'y  a  pas  un  étudiant 
en  médecine  qui,  pendant  la  première  année  de  ses  études, 
n'ait  parcouru  toute  l'échelle  pathologique  ;  pas  un  qui  ne . 
se  soit  appliqué  ou  une  maladie  du  poumon,  ou  une  mala* 
die  du  coeur,  ou  une  maladie  du  cerveau;  le  public,  dis-je, 
comprendrait  —  en  voyant  chez  la  presque  totalité  de  ces 
jeunes  gens,  l'absence  des  maladies  organiques  et  incu- 
rables qu'ils  avaient  diagnostiquées  —  qu'une  notion  su- 
perficielle de  la  science  peut  entraîner  à  des  erreurs  dont  les 
conséquences  sont  incalculables  ;  que  si,  chez  des  jeunes 
gens  destinés  à  approfondir  les  études  médicales,  cette  ob« 
servation,  amenée  par  la  lecture  de  traités  momentanément 
au-dessus  de  leur  iulelligence,  a  été  détruite  plus  tard  par 
des  travaux  plus  sérieux  »  il  n'en  est  pas  de  môme  chez  le 
public  lettré  que  chez  les  gens  du  monde  ;  l'instruction 
médicale  reste  toujours  à  l'état  d'embryon  et  que  Tappli- 
cation  de  ses  principes  incomplets  et  erronés,  soit  sur 
autrui,  soit  sur  sa  propre  personne,  peut  amener  les  plus 
graves  accidents.  M.  Mouret  n'eût-il  par  son  travail  produit 
qu'un  seul  résultat,  amener  les  gens  du  monde  à  moins 
lire  de  livres  de  médecine,  il  eût  rendu  un  grand  service  à 
l'humanité. 

Le  sixième  chapitre,  ayant  pour  titre  :  Des  superstUiom 


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392  RÉSUMÉ  DBS  SÉANCES. 

êft  médecine,  est  dans  sa  première  partie  une  œuvre  d'éru- 
dition. La  seconde  partie  est  plutôt  anecdo tique  et  prise  sur 
le  ton  de  la  plaisanterie;  c'est  aux  gens  du  monde  que  s'a 
dresse  l'auteur  et  il  a  besoin  de  se  départir  un  peu,  de  temps 
en  temps,  du  sérieux  médical,  sans  quoi  son  hyre  courrait 
grand  risque  de  ne  pas  être  lu. 

Une  histoire  toute  moderne,  spirituellement  contée,  fera 
conimître  le  style  et  le  bon  choix  des  citations  de  Fauteur. 
La  scène  se  passe  en  1868  :  «  Je  veux  rappeler  un  £ait 
«  qui  vous  donnera  une  idée  de  la  crédulité  superstitieuse 
«  des  classes  éclairées  :  je  veux  parler  de  la  confiance 
«  instantanée,  de  la  vogue  inespérée  dont  a  joui  un  nommé 
c  Jacob,  faisant  courir  tout  Paris  à  ses  séances  d'illu- 
«  miné.  • 

«  Qu'est-ce  que  Jacob  ?  c'est  un  zouave  de  la  garde^  pas 
<  précisément  un  de  ces  braves  devenus  presque  légen- 
€  daires  à  force  d'audace  dans  les  combats  ;  c'est  simple- , 
€  ment  un  trombone-gagiste  dans  la  musique  de  son  ré- 
€  giment,  tout  juste  assez  lettré  pour  déchiffrer  son  carton  ; 
€  un  peu  songeur,  assez  solitaire,  très-infatué  de  sa  per- 
€  sonne,  posant  dans  la  chambrée.  Un  jour,  un  camarade 
c  avait  la  migraine  ;  le  trombone  le  regarde  un  instant 
«  dans  les  deux  yeux  et  lui  dit  :  t  Non,  tu  n'as  pas  la  mi- 

•  graine  !  —  Gomment,  s'exclame  l'autre,  je  n'ai  pas  la 
«  migraine  ?  —  Non,  répond  Jacob,  tu  ne  l'as  pas  !  Je  ne 
M  veux  pas  I  Tu  es  guéri  I...  —  Tiens,  tiens,  dit  le  malade, 
«  c'est  vrai...  ça  va  mieux...  ça  va  bien!...  >  On  rit 
«  d'abord  de  l'aventure.  Le  régiment  tenait  garnison  aux 

•  environs  de  Paris,  on  parle  de  ce  fait  dans  le  vUlage, 
«  autour  de  la  caserne;  on  l'interroge;  Jacob  feit  le 
«  mystérieux. 


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NOVEMBRE.  393 

«  A  quelques  jours  de  là,  an  villageois  à  qui  on  à  conté 

•  le  fait,  malade  depuis  quelque  temps,  vient  au  quartier 

c  consulter  l'illuminé  qui  pose  un  instant  devant  lui  et 

c  prononce  sentencieusement  sa  formule  :   «   Allez  tra- 

«  vailler;  vous  êtes  guéri.  »  Le  rastre  s*en  retourne  dans 

c  sa  famille,  publie  partout  qu'il  a  été  spontanément  guéri, 

«  que  le  zouave  ffuérit  du  regard.  Le  régiment  Tient  à 

<  Paris. 

c  Des  scènes  semblables  se  renouvellent...  Trois  mois 

«  plus  tard,  la  réputation  de  Jacob  était  européenne  ;  les 

<  feuilles  les  plus  sérieuses  enregistraient  ses  nombreux 
c  succès.  Il  prend  un  appartement  dans  une  rue  bientôt 
c  encombrée  de  voitores  ;  la  foule  des  malades  devient 
f  tellement  compacte,  que  la  police  est  obligée  d'intervenir 

<  pour  rétablir  la  circulation.  Depuis  les  étoufTements  de 
c  la  rue  QuincampoiXy  siège  de  la  fameuse  banque  de  Law, 
f  on  n'avait  vu  pareille  cohue...  je  ]  uis  ajouter  :  ni  pareille 

<  mystification.  » 

Les  deux  derniers  chapitres  du  travail  de  M.  Mouret  en 
sont  ce  qu*on  pourrait  appeler  la  partie  pratique.  Il  passe 
successivement  en  revue  les  maladies  les  plus  communes 
de  nos  montagnes  ;  les  médications  vulgaires  qui  leur  sont 
appliquées,  leurs  inconvénients ,  leurs  dangers.  Une  des 
maladies  les  plus  communes  de  nos  montagnes  est  spécia- 
lement étudiée  par  l'auteur  :  c'est  la  pleurésie.  Elle  se  di- 
vise, dit-il,  en  purésie  d'eau  et  purésie  de  vin. 

La  première  se  traite  par  : 

Une  bouteille  de  vin  ; 

Une  demi-livre  de  lard  frais  ; 

Ou  un  verre  d'huile  de  noix  ; 

Une  poignée  de  poudre  moulue. 


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394  ni^^UNÉ  DES  SÉANGBS. 

Faites  bouillir  Le  tout  pendant  une  demi-beore. 

Dans  le  cas  où  la  purésie  est  de  vin,  on  ajoute  une  poi- 
gnée de  sucre,  servez  et  buvez  chaud,  en  une  seule  dose. 
On  visite,  dit  M.  Mouret,  peu  de  pleurétiques  à  la  cam- 
pagne qui  n'aient  déjà  pris  ce  spécifique.  L'auteur  étudie 
surtout  avec  une  énergique  indignation  les  diverses 
catégories  d'individus  qui,  exploitant  la  crédulité  publique, 
emploient  à  tort  et  à  travers  des  remèJes  complètement 
inapplicables  dans  l'espèce  et  le  plus  souvent  dangereux  : 
dangereux  surtout  parce  qu'ils  laissent  le  malade  dans  une 
iausse  sécurité  et  l'empochent  d'avoir  recours  à  des  moyens 
rationnels  appliqués  par  un  homme  de  l'art  qui,  le  plus  sou- 
vent, n*est  consulté  que  trop  tard,  lorsque  le  mal  a  déjà  fait 
des  progrès  qu'il  n*est  plus  possible  d'arrêter. 

Un  paragraphe  spécial  est  consacré  à  une  catégorie  d'in- 
dividus qui  constituent  une  des  plaies,  non- seulement  de 
nos  campagnes,  mais  de  nos  grandesf  villes,  les  rebouteurs. 
Malheureusement,  quand  les  faits  qui  se  passent,  tous  les 
jours,  sous  nos  yeux  n'empêchent  pas  même  les  gens  ins- 
truits de  croire  au  don  des  rebouteurs;  quand  le  public 
reste  convaincu  que  les  médecins  n'entendent  rien  au  rha^ 
biUage,  comme  on  le  dit  en  notre  pays,  et  que  pour  bien  re- 
mettre un  membre,  il  faut  non  savoir,  mais  croire  à  sa 
science,  il  est  bien  à  craindre  que  le  travail  de  M.  Mouret 
ne  produise  pas  sur  les  masses  un  effet  plus  profond  que  les 
nombreux  estropiés  et  les  cas  multipliés  de  gangrène  suivis 
de  mort  que  nous  avons  tous  les  jours  sous  les  yeux. 

L'auteur  termine  son  travail  pir  quelques  conseils 
d'hygiène  générale.  Il  cherche  à  démontrer  au  peuple  des 
campagnes  pour  lequel  il  espère  écrire,  mais  qui  malheu- 
sement  ne  le  lira  guère,  que  l'ivrognerie  et  la  malpro- 


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NOVEMBRE.  395 

prêté  sont  la  cause  de  la  majeure  partie  des  maladies  de  nos 
paysans.  Que  de  fluxions  de  poitrine,  de  rhumatismes,  en 
effet,  gagnés  pendant  une  nuit  passée  à  la  belle  étoile  !  que 
de  dartres  rebelles,  d'ulcères  rongeurs,  de  gales  invétérées 
ne  sont  que  le  résultat  de  la  saleté  dans  laquelle  vivent  les 
gens  qui  en  sont  affectés  ! 

Nous  sommes  arrivés,  messieurs,  au  terme  de  cette  trop 
longue  analyse.  Deux  mots  de  résumé  et  d'appréciation  de 
l'œuvre  Buffii*ont  maintenant  à  votre  commission.  L'ouvrage 
que  nous  avons  étudié  est  sérieux;  c'est  le  résultat  d'une 
longue  pratique,  d'observations  soutenues.  Il  pourrait,  s'il 
était  vulgarisé,  amener  des  résultats  avantageux  pour  la  santé 
publique.  Il  ne  peut,  malheureusement,  malgré  les  quelques 
anecdoctes  dont  l'a  émaillé  l'auteur,  convenir  qu'à  une  caté- 
gorie de  lecteurs,  et,  quoique  M.  Mouret  afGrme  l'avoir  écrit 
uniquement  pour  les  masses  populaires,  il  ne  sera  lu  que  par 
les  gens  du  monde  qui,  disonsite,  auraient  bien,  eux  aussi, 
sous  beaucoup  de  rapports,  autant  à  y  gagner. 

Comme  œuvre  littéraire,  le  style  en  e.-t  élégant;  et, 
malgré  l'aridité  souvent  évidente  du  sujet,  M.  Mouret  a 
le  talent  d'attacher  son  lecteur  ;  nous  ne  pouvons  donc, 
messieurs,  que  bénéficier  en  attachant  à  notre  Société 
comme  naembre  non  résidant  M.  le  docteur  Mouret,  et  en 
imprimant  son  travail  dans  nos  Annales  ;  sauf,  si  le  Conseil 
d'administration  le  trouvait  un  peu  long,  à  prier  l'auteur  d'y 
faire  des  coupures,  ne  laissant  subsister  que  ce  qui  a  trait 
plus  directement  à  notre  pays.  Tel  a  été  l'avis  de  votre 
commission. 

Après  la  lecture  de  ce  rapport,  M,  le  Président  rap- 
pelle que  M.  le  docteur  Mouret  avait  eu  occasion,  au 


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396  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

mémorable  congrès  scientifiqne  tenu  an  Pny  en  f  855, 
de  déployer  ses  vastes  connaissances  médicales»  princi- 
palement dans  deux  mémoires,  Tun  relatif  à  la  question 
de  Tergot  du  seigle  .  considéré  sous  les  différents  rap- 
ports médical,  agricole  et  social,  l'autre  concernant  la 
fièvre  typhoïde.  Ce  dernier  travail  publié  in  extenso 
dans  les  comptes-rendus  du  congrès,  fut  considéré 
comme  un  des  plus  remarquables  qu'on  eût  fait  jus- 
qu'alors sur  cet  important  sujet.  Il  présente,  en  outre, 
un  grand  intérêt  en  ce  que  les  vues  les  plus  saillantes 
de  l'auteur,  lumineusement  exposées,  s'appuient  non - 
seulement  sur  les  observations  de  ses  devanciers,  mais 
encore  sur  celles  recueillies  dans  le  pays  par  notre 
savant  compatriote. 

Le  scrutin  est  ouvert  ensuite  sur  la  candidature  de 
M.  le  docteur  Mouret.  Le  récipiendaire,  ayant  obtenu 
l'unanimité  des  suffrages,  est  proclamé  membre  non 
résidant. 

A  huit  heures,  la  séance  est  levée. 

Le  Secrétaire, 
Adg.  CHASSAING. 


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SÉANCE  MENSUELLE 

JEUDI  4  DÉCEMBRE 


SOMMAIRE 

Ajoarnemeiit  de  la  ledore  do  proc^terbal.  »  llustfi  :  Dom  par  11  M.  Gaille- 
mioot,  Aymard,  etc.,  d'objets  préhistoriqaes,  gaulois  et  gallo-romains,  do 
Cheyloanet,  commane  de  Saint-Vidal  ;  par  M.  Jacques  Feuillette,  de  Brioude, 
df  prédeai  insignes  maconniqnes  (renseignements  historiqnes  sor  les  loges 
maçonniques  du  département,  par  M.  Aymard);  par  M.  Lafont-Pardinei,  d'un 
vieux  jeu  de  cartes.  —  Outbagbs  bbçus  :  Emploi  de  la  tannée  comme  en- 
grais. Question  chevaline.  Emploi  de  l'acide  pbéniqnc  en  médecine.  La 
dynamite.  Conservation  du  bois  par  le  goudron.  M.  de  Tkûu  doMs  le  Telan, 
d'après  une  notice  de  M.  Lascombe.  —  Commubications  :  Exposition  uni- 
verselle de  Lyon.  Maladie  de  la  vigne.  Rapport  de  M.  Nicolas  sur  le  ballon 
anermastatiqne  de  M.  Micciollo-Picasse.  Proposition  par  M.  Béliben,  d'é- 
tablir un  observatoire  météorologique  an  Poy.  Communication  de  II.  Béliben 
an  sujet  d'an  gisement  de  serpentine  près  de  Saint-Jean-d'Aubrigoux.  I>ai)g«r 
de  démolition  de  la  tour  Panessac  au  Pay;  lettres  de  M.  le  Préfet  et  de 
M.  le  Président  ponr  assurer  la  conservation  de  ce  monument.  Tmpression 
da  catalogue  de  la  seetion  des  Beaux-Arts  du  Musée.  Don  des  AnnaUt  de  la 
Société  à  des  bibliothèques  détruites  pendant  la  guerre.  Élection  de  MM.  Ay 
mardet  Cbouvon  aux  fonctioDS  de  président  et  de  vice-président  de  la  Société' 
Décès  de  MM.  Alcide  Mauras,  membre  résidant,  et  Mahul,  ancien  préfet' 
membre  honoraire. 


Présidence  de  M.  de  Brive. 

A  trois  heures,  la  séance  est  ouverte. 


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398  BBSCJttÉ   DES  SÉANCRS. 

M.  le  Président,  ayant  donné  communication  de  let- 
tres par  lesquelles  MM.  Chassaing  et  Giron,  secrétaires, 
s'excusent  de  ne  pouvoir  se  rendre  à  la  réunion,  prie 
M.  Lascombë  de  les  remplacer  au  bureau.  La  lecture  du 
procès-verbal  de  la  précédente  séance  est  renvoyée  à 
celle  du  mois  prochain. 


MUSEE. 

Dons.  —  Objets  préhistoriques,  gaulois  et  gallo^ 
romains  du  Cheylounet.  Insignes  maçonniques.  Jeu 
de  caries.  —  M.  Aymard  signale  une  curieUse  décou- 
verte archéologique  qui  a  été  faite  dans  la  commune 
de  Saint-Vidal,  au  terroir  du  Cheylounet,  par  suite 
des  travaux  du  chemin  de  fer.  Elle  consiste  en  divers 
objets  tels  que  silex  taillés,  instruments  en  pierre 
polie,  deux  épées  en  bronze,  débris  de  poteries,  poids 
en  terre  cuite  de  filets  de  pèche,  se  rapportant  à 
différents  âges  préhistoriques ,  et  d'autres  tessons  de 
vases,  fibules  en  bronze  et  en  fer,  gauloiset  gallo-romai- 
ns. Notre  confrère  a  constaté  que  la  tranchée  du  chemin 
de  fer  creusée  dans  un  sol  meuble  de  terre  et  de  pier- 
railles, à  la  profondeur  d'environ  2  m.  50  c,  révélait, 
en  coupe  verticale,  de  lents  exhaussements  du  sol,  ca- 
ractérisés par  des  vestiges  de  civilisations  successives. 

Les  travaux  du  chemin  de  fer  et  les  explorations  fai- 
tes par  notre  confrère  ont  également  mis  au  jour,  en 
d'autres  endroits  autour  du  mamelon  communal  du 
Cheylounet,  de  semblables  antiquités.  A  cet  égard, 
M.  Aymard  mentionne  particulièrement  les  deux  épées 


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DÉCEMBRE.  399 

de  bronze,  qui  ont  été  tronvées  dans  une  sorte  de  ca- 
chette, entre  deux  pierres  brutes  surmontées  d'une  plus 
grande.  Malheureusement  ces  curieuses  pièces,  malgré 
la  bonne  Yolonté  de  MM.  les  ingénieurs,  n*ont  pu  être 
dét^oséesau  Musée.  Mais  il  en  a  été  fait  une  exacte  re- 
production en  plâtre  qui  est  mise  sous  les  yeux  de  l'as- 
semblée, aussi  bien  que  la  collection  de  tous  les  autres 
morceaux  d'antiquité  recueillis  avec  soin ,  soit  par 
M.  Guilleminot,  t&cheron  des  travaux  du  chemin  de 
fer,  soit  par  MM.  Âymard,  Falcon,  Micciollo  neveu, 
Bernard  Pellegrini,  etc. 

Notre  confrère  précise  tontes  les  particularités  de  ces 
découvertes,  et,  comparant  les  objets  qu'elles  ont  pro- 
duits avec  de  semblables  trouvailles  effectuées  en  d'au- 
tres pays,  il  fait  connaître  leurs  emplois  divei-s,  les 
époques  qu'on  doit  leur  assigner  et  enfin  les  causes  de 
leur  enfouissement  au  Heu  du  Cheylounet. 

Ces  explications,  qui  ont  intéressé  rassemblée,  don- 
nent sujet  à  M.  le  Président  de  prier  M.  Aymard  de  les 
consigner  dans  un  mémoire  qui  sera  inséré  dans  le  pré- 
sent volame  des  Annales. 

M.  le  docteur  Langlois,  au  nom  de  M.  Jacques  Feuil- 
lette, greffier  de  la  justice  de  paix  à  Brioude,  fait  hom- 
mage d'un  certain  nombre  d'insignes  en  riches  bijoux, 
en  écharpes  et  tabliers  artistement  ornés  de  broderies, 
en  diplômes,  etc.,  qui  ajoutent  de  nouvelles  et  précieu- 
ses pièces  à  la  collection  franc-maçonnique  du  Musée. 

A  cette  occasion,  M.  Aymard  dit  qu'en  attendant  des 
recherches  plus  complètes  sur  l'hisloire  de  toutes  les 
loges  maçonniques  du  département,  il  y  a  lieu  de  rap« 


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400  RÉSUMÉ   DBS  SÉANCES. 

peler,  d'après  le  calendrier  maçonnique  publié  en  4812, 
quelles  étaient  alors  ces  loges.  On  en  comptait,  au  Puy, 
trois  en  activité  :  Les  Amis  éprouves,  fondée  le  43  du  40* 
mois  5808  (4808)  ;  la  Parfaite  sincérité,  créée  le  47  du 
3*  mois  5804  (4804);  la  Parfaite  union,  dont  l'origine 
plus  ancienne  remontait  au  40«  du  4"  mois  de  6770 
(4770).  La  collection  contient  le  titre  de  fondation  sur 
parchemin  de  cette  association  ainsi  qu'un  tableau  des 
dignitaires  et  membres  de  la  loge  pour  4807. 

Ce  calendrier  relate  aussi,  parmi  les  loges  dont  les 
travaux  n'étaient  pas  en  vigueur,  celle  du  Puy  dite 
Saint-Jacqy^s  des  vrais  amis. 

Deux  autres  loges  en  activité.  Tune  à  Brioude,  sous 
le  titre  de  Saint-Julien,  avait  été  constituée  le  6  du  9* 
mois  5774  (4774);  l'autre  à  Yssingeaux,  nommée  les 
Vrais  amis,  datait  du  43  du  4«  mois  5809  (4809). 

A  défaut  d'indications  fournies  par  le  calendrier  de 
4812,  on  n'a  pas  de  renseignements  suffisants  pour  une 
autre  loge  qui  semblerait  avoir  existé  dans  la  ville  du 
Monastier,si  on  en  juge  d'après  une  plaquette  en  plomb 
de  la  collection  de  M.  Hector  Falcon,  sur  laquelle  figu- 
rent des  emblèmes  maçonniques  avec  la  légende  :  Etroite 
UNION.  Orient  du  Monastier.  Nous  avons  une  em* 
preinte  de  cette  pièce ,  utile  à  consulter  pour  des  re- 
cbercbes  ultérieures. 

Cette  loge  aurait-elle  été  la  même,  sous  un  autre 
nom  plus  ou  moins  postérieur,  que  celle  qui  parait 
avoir  occupé  une  salle  de  l'Hôtel-de- Ville,  où  on  voit 
au-dessus  de  la  porte  l'inscription  :  Loge  des  francs 
écoliers,  et  la  représentation  d'un  triangle  ?  A  défaut 
d'autres  renseignements,  il  serait  difficile  de  résoudre 
cette  question. 


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DECEMBRE.  404 

La  coHection  des  cartes  à  jouer,  qoi  compte  déj&  des 
planches  xylographiqaes  et  des  cartes  protenant  dé  fa* 
briques  autrefois  établies  au  Puy,  s'est  accrue  d^un  an- 
cien jeu  offert  par  M.  Lafont-Pardinel,  propriétaire. 

M.  le  Président  exprime  aux  donateurs  les  remercî- 
ments  de  la  Société. 


OUVRAGES  REÇUS. 

Agriculture.  —  Emploi  de  la  tannée  comme  en- 
grais. —  M.  le  Président  qui  avait  déjà  soumis  cette 
question  à  la  Société  dans  la  séance  du  mois  d'août, 
annonce  qu'elle  vient  d'être  étudiée  à  un  nouveau  point 
de  vue  :  M.  Dauvemé,  dans  un  article  inséré  au  Jour- 
nal d' agriculture  progressive,  rappelle  que  la  tannée 
fraîchement  retirée  des  cuves,  contient  une  grande 
quantité  de  tannin,  ce  qui  n'en  permet  pas  l'emploi 
immédiat  comme  engrais.  Pour  neutraliser  l'effet  cor- 
rosif du  tannin,  il  suffit  d'ajouter  un  vingtième  de 
chaux,  de  retourner  la  tannée  plusieurs  fois,  et  de  n'en 
faire  usage  qu'après  lui  avoir  fait  subir  une  assez  grande 
fermentation. 

Jusqu'à  présent  on  avait  reconnu  que  cette  fermenta- 
tion nécessitait  un  assez  long  temps,  dix-huit  mois  en^ 
viron.  D'après  l'auteur  de  l'article,  on  peut  utiliser  la 
tannée  plus  promptement,  par  un  procédé  très-simple, 
qui  consiste  à  changer  les  acides  tannique  et  gallique 
en  tannate  et  gallate  de  fer,  au  moyen  d'un  arrosage 
des  tas  avec  du  sulfate  de  fer  dissous  dans  l'eau.  Quel- 
ques arrosemenUi  effectués  pendant  quinze  jours  suffi- 
TOME  xxxî.  se 


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402  RÉSOMÉ  DKS  SEANCES. 

seot  pour  que  la  tannée  ne  soit  plus  nuisible  aux  plan- 
tes par  ses  acides.  Mise  alors  dans  une  fosse  à  fumier, 
à  quantité  égale  avec  des  fumiers,  la  tannée  dégage  une 
forle.  chaleur  qu'on  ralentit  à  volonté  avec  des  arrose- 
ments;  elle  pourrit  alors  rapidement,  et  après  un  mois 
de  fermentation  avec  les  fumiei*s  et  des  matières  fécales 
et  au  moyen  d*arrosements  par  du  purin,  on  obtient  un 
excellent  engrais. 

Qmstion  chevaline.  —  Le  n?  24  du  Journal  d'agri- 
etUturepratiqus  contient  un  article  sur  l'amélioration 
de  la  race  chevaline.  La  dernière  guerre  a  démontré 
rinfériorilé  de  notre  cavalerie  comparée  à  celle  des 
Allemands,  sous  le  double  rapport  de  la  qualité  et  du 
nombre.  De  là,  nécessité  impérieuse  d'augmenter  cette 
branche  de  la  production  agricole,  pour  la  remonte  de 
l'artillerie  et  de  la  cavalerie.  La  production  et  l'élevage 
des  chevaux  en  France  comprend  les  chevaux  de  trait 
et  les  chevaux  de  selle.  La  production  des  chevaux  de 
trait  qui  prospère  à  raison  de  cet  ancien  principe  éco- 
nomique que  la  consommation  fait  la  production,  n'en 
doit  pas  moins  être  encouragée  par  TËtat,  auquel  il 
suffirait  d'augmenter  les  prix  et  les  primes  dont  dispo- 
sent les  Sociétés  d'agriculture  pour  les  étalons  et  les 
juments  poulinières. 

L'auteur  de  l'article  pense  qu'un  moyen  efficace  de 
perfectionnement  consisterait  dans  l'achat  par  l'admi- 
nistration des  meilleurs  étalons  des  races,  même  à  amé* 
liorer  :  achats  qui  auraient  pour  but,  non  pas  de  peu- 
pler les  haras,  mais  bien  de  revendre  aux  enchères  de 
bons  reproducteurs  pour  la  contrée  à  laquelle  ils  se- 


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*       DECEMBRE.  403 

raient  destinés.  On  empêcherait  ainsi  les  meillenrs  éta- 
lons de  nos  bonnes  races  de  chevaux  de  trait  de  passer 
à  l'étranger.  Ce  système  d'encouragement  devrait  s'é- 
tendre également  à  l'industrie  mulassière. 

Inférieure  à  celle  des  chevaux  de  trait,  la  production 
des  chevaux  de  selle  nécessite  une  double  amélioration, 
celle  de  la  qualité  et  de  la  quantité.  Pour  atteindre  ce 
but,  il  y  aurait  lieu  de  demander  de  la  part  de  l'Etat  : 
4*  de  la  régularité  dans  les  achats  des  remontes  (car  les 
achats  faits  parTadministration  militaire  varient  suivant 
ses  besoins)  ;  2<>  l'élévation  des  prix  des  chevaux  de  re- 
monte, de  manière  à  les  rendre  rémunérateurs  pour 
l'éleveur  (or,  personne  n'ignore  que  l'Etat  paye  le  moins 
cher  possible). 

M.  le  Président  fait  remarquer  à  ce  sujet  que  les 
vues  émises  dans  cet  article  confirment  celles  que  la 
Société  met  en  pratique,  depuis  plusieurs  années,  pour 
l'amélioration  de  la  race  chevaline  dans  le  dépar- 
tement. 


MÉDECINE.  — •  Emploi  de  Vacide  phénique.  —  M.  le 
Président  signale  ensuite  dans  le  Journal  d'agriculture 
progressive  un  article  sur  la  guérison  radicale  des  af- 
fections charbonneuses  de  Thomme  et  des  animaux  par 
l'injection  de  l'acide  phénique  dans  le  tissu  cellulaire. 
Le  docteur  Déclat,  auteur  de  cette  précieuse  décou- 
verte, use  d'un  procédé  encore  plus  efficace.  Il  suflSt, 
selon  lui,  de  cautériser  largement  la  pustule  dite  mali- 
gne avec  l'acide  phénique  pur,  de  maintenir  sur  cette 
petite  plaie  un  peu  de  charpie,  que  Ton  tient  constam- 


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404  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

ment  imbibée  d'eau  phéniquéek  3  0/0  pendant  quarante- 
hnit  heures  environ,  et  faire  boire  par  yingt-quatre 
heures  au  malade  de  cinq  à  dix  cuillerées  iji  soupe  d'un 
sirop  à  Tacide  phénique  titré  à  0,10. 

Industrie.  —  La  dynamite.  —  Le  Journal  d'agri- 
culiwe  pratique,  parlant  de  la  dynamite,  poudre 
brisante  formée  de  nitro-glycérine  absorbée  dans  une 
silice  très-poreuse,  annonce  qu'elle  a  été  employée  avec 
succès  dans  la  forêt  domaniale  de  Haye  (Meurthe-et-Mo- 
selle), pour  faire  éclater  d'énormes  souches  de  bétre. 
Cette  substance  peut  être  également  employée  pour 
l'abattage  de  la  pierre  h  chaux,  de  la  pierre  à  plâtre  et 
de  la  marne,  le  fonçage  des  puits  en  terrain  dur,  etc. 
La  dynamite  est  bien  préférable  à  la  poudre  de  mine,  et 
a  bien  plus  de  puissance  que  cette  dernière.  Voici 
comment  on  procède  pour  briser  les  souches  :  on  pra- 
tique à  la  tarrière,  dans  la  masse  ligneuse  et  suivant 
l'axe  du  tronc,  un  trou  de  0™,25  à  0",40  de  profon- 
deur, et  de  0",02  de  diamètre.  Une  cartouche  de  dyna- 
mite d'environ  50  grammes,  pourvue  d'une  amorce 
de  fulminate  de  mercure  et  d'une  mèche  de  mine  ordi- 
naire logée  au  fond  du  trou,  après  un  bourrage  som- 
maire avec  un  tampon  de  glaise,  suffit  pour  opérer  la 
division  en  gros  fragments. 

Conservation  du  bois  par  le  goudron.  —  Dans  le 
n*  23  du  Journal  d'agriculture  progressive  est  pré- 
conisée, pour  la  conservation  du  bois  et  du  fer,  la  pein- 
ture au  goudron  minéral  provenant  de  la  distillation  de 
la  houille.  Cette  peinture  offre  plus  de  solidité  et  de  ré- 


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DÉCEMBRE.  405 

sistance  à  l'action  de  Tair  que  la  peinture  à  Thuile. 
Pour  l'utiliser,  il  suflSt  d'ajouteri  au  moment  de  Tem* 
ploi,  420  grammes  d'essence  de  térébenthine  à  chaque 
kilogramme  de  goudron.  Deux  couches  de  cette  pein- 
ture, qui  sèche  ordinairement  en  vingt-quatre  heures, 
donnent  une  couverture  d'un  beau  noir,  qui  ne  se 
gerce  pas  comme  la  peinture  ordinaire*  Si  Ton  veut  ob- 
tenir une  couleur  rouge*brun  trës^solide,  il  suffit  d*a- 
jouter  par  chaque  kilogramme  de  goudron  ainsi  pré- 
paré 300  grammes  de  rouge  anglais  et  30  grammes 
d'essence  de  térébenthine.  Pour  quelques  centimes,  on 
peut  peindre  à  deux  couches  une  surface  d'un  mètre 
carré. 

M.  Lascombe  fait  hommage  d'une  brochure  dont  il 
est  l'auteur,  et  qui  a  pour  titre  :  M.  de  Thou  dans  le 
Velay,  C'est  un  tiré  à  part  d'un  mémoire  qui  a  paru 
dans  les  Tablettes  historiques  dt^  Velay. 

COMMUNICATIONS. 

Exposition  uiviversëlle  de  Lyon.  —  Une  exposition 
universelle  et  internationale  des  produits  de  l'agricul- 
ture, de  l'industrie  et  des  arts  doit  s'ouvrir  à  Lyon,  le 
i"^  mai  4872.  M.  Tharel,  président  du  Comité  d'organi- 
sation, dans  une  lettre-circulaire  dont  il  est  fait  lecture, 
sollicite  l'adhésion  et  le  concours  actif  de  toutes  les  So- 
ciétés savantes  pour  une  œuvre  dont  le  succès  et  la 
grandeur,  dit-il,  sont,  en  raison  môme  des  circonstan- 
ces où  elle  se  produit,  une  question  de  patriotisme  et 
d'honneur  national. 


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406  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 

La  Société  accueille  avec  plaisir  celte  communication. 
Elle  fera  tons  ses  efforts  pour  stimuler  le  zèle  de  nos 
compatriotes.  Elle  espère  que  nos  exposants,  en  mé* 
moire  des  succès  Qalteurs  et  des  légitimes  récompenses 
qu'ils  obtinrent  aux  expositions  de  Paris  et  Londres  en 
4855, 4862  et  4867,  tiendront  à  honneur  de  représenter 
noblement  au  concours  de  Lyon  les  diverses  industries 
du  pays,  et  surtout  celle  de  la  dentelle. 


Viticulture.  —  Maladie  de  la  tigne.  —  M.  le  Minis- 
tre de  Tagriculture  a  transmis  à  la  Société  un  pro- 
gramme du  prix  de  30,000  fi*ancs  à  rinventeur  d'un 
procédé  pratique  contre  la  maladie  de  la  vigne.  A  cet 
envoi  est  joint  un  exemplaire  d'une  instruction  résu- 
mant la  situation  actuelle  du  Qéau.  Le  délai  fixé  pour 
le  concours  expire  le  34  décembre  4872. 


Arts  industriels.  —  Aéronavigation.  —  M.  Nicolas 
qui,  à  la  séance  précédente,  avait  été  prié  par  M.  le 
Président  de  rendre  compte  d'un  projet  d'aérostat  que 
notre  compatriote  M.  Félix  Varennes  nous  avait  soumis, 
lit  le  rapport  suivant  : 

MSSSIBURB, 

Depuis  longtemps  certains  esprits  sont  à  la  recherche 
d'un  appareil  qui  permette  de  voyager  avec  commodité  et 
sécurité  dans  l'atmosphère  ;  ils  rêvent  de  supplanter  les 
chemins  de   fer  qui  cependant  ont  déjà  tant  abr^é  les 


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DECEMBRE.  407 

distances  et  rendu  de  si  grands  services.  Ce  problème  s'est 
imposé  an  génie  de  l'homme  presque  aussitôt  après  la  dé- 
couTerte  due  à  nos  voisins,  les  frères  Montgolfier,  ou  tout 
au  moins  après  que  le  premier  aéronante  a  eu  la  hardiesse 
de  se  confier  à  une  frêle  nacelle  pour  s'élever  dans  les  airs. 
Malheureusement  les  chercheurs  qui  se  sont  occupés  de  la 
quéôtion  n'ont  pas  toujours  eu  des  connaissances  suffisan- 
tes en  mécanique  :  de  là,  des  essais  sans  nombre  et  toujours 
infructueux. 

Dans  ces  derniers  temps,  les  nécessités  oiï  la  guerre  avalent 
placé  notre  malheureux  pays,  en  isolant  Paris  du  reste  de 
la  France,  ont  fait  comprendre  plus  que  jamais  l'impor- 
tance des  services  que  pourrait  rendre  la  navigation 
aérienne,  et,  malgré  l'impuissance  où  l'on  s'est  trouvé  de 
diriger  tes  ballons,  on  les  a  utilisés  pour  transmettre  à  la 
province  les  nouvelles  de  la  capitale.  C'est  sans  doute  ce 
qui  a  réveillé  l'attention  des  inventeurs  sur  l'étude  de  ce 
difficile  problème. 

Dernièrement,  vous  avez  eu  à  étudier  un  système  d'aéros- 
tat assez  compliqué,  dans  lequel  la  vapeur  joue  un  grand 
rôle.  Aujourd'hui,  c'est  un  appareil  beaucoup  plus  simple 
qui  est  présenté  à  votre  appréciation  par  M.  Félix  Va- 
rennes. 

Il  se  compose  d'un  récipient  en  toile  imperméable,  dont 
la  forme  est  celle  d'un  œuf  aplati  et  qu'on  remplit  d'hy- 
drogène, gaz  environ  seize  fois  plus  léger  que  Tair.  C'est 
'  dans  l'intéheur  de  ce  ballon  que  l'inventeur  place  le  méca- 
nisme destiné  à  mettre  l'appareil  en  mouvement  par  le. 
moyen  de  deux  hélices  placées  l'une  à  l'avant  et  l'autre 
à  l'arrière  et  tournant  en  sens  contraire.  Au  dessous  se 
trouve  fixé  un  premier  pavillon  supportant  un  tube  long  de 


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i08  BÉSUMÉ  DBS  SÉARGBS. 

22  mètres  et  assez  laiige  pour  contenir  un  escalier  intérieur. 
Le  long  de  ce  tube  se  meuvent  deux  autres  pavillons  sus* 
pendus  aux  extrémités  d'une  corde  qui  s*enronle  sur  un 
tambour  d*un  mètre  de  circonférence  disposé  à  Tintérieur 
de  l'aérostat.  Pendant  que  Tun  de  ces  pavillons  descend, 
l'autre  monte,  et,  durant  cette  course,  le  tambour  intérieur 
fait  vingt-deux  tours.  Ge  mouvement  est  transmis  à  deux 
systèmes  de  poulies,  dont  chacun  fait  mouvoir  une  des  hé- 
lices :  chaque  système  se  compose  de  six  poulies  reliées 
deux  à  deux  par  des  courroies  sans  fin  et  combinées  de  telle 
sorte  que  Thélice  correspondante  fait  seize  mille  trente  huit 
tours  pendant  une  course  des  pavillons  mobiles,  ce  qui 
suppose  une  vitesse  de  mille  à  quinze  cents  tours  environ 
par  minute. 

A  la  base  de  Faérostat  est  tendue,  dans  le  sens  de  la  Ion  - 
gueur^  une  corde  sur  laquelle  peut  glisser  d'avant  en  ar- 
rière un  poids  assez  lourd,  destiné  à  donner  au  ballon  Tin- 
clinaison  convenable;  suivant  qu'au  moyen  de  ce  poids,  on 
relève  l'avant  ou  qu'on  l'abaisse,  l'appareil  monté  ou  des- 
cend. Il  y  a,  en  outre,  à  l'arrière  un  gouvernail  mu  au 
moyen  de  cordes  à  l'aide  duquel  on  peut  changer  à  volonté 
la  direction  de  la  marche. 

Le  poids  de  l'appareil,  y  compris  celui  du  lest  et  des  six 
personnes  destinées  à  le  manœuvrer,  est  calculé  de  foçon  à 
équilibrer  complètement  la  poussée  verticale;  de  telle  sorte 
que,  contrairement  à  ce  qui  a  lieu  dans  les  appareils  de  ce 
genre,  il  n*y  a  pas  de  force  ascensionnelle  ;  et  lorsque  les 
^  voyageurs  sont  tous  dans  le  pavillon  fixe,  le  système  est  en 
repos.  Pour  déterminer  le  mouvement,  cinq  des  aéronau- 
tes  pénètrent  dans  le  pavillon  mobile  supérieur  ;  un  seul 
reste  à  son  poste  pour  manœuvrer  le  gouvernail  et  le  con- 


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DÉGEMBBE.  109 

tre-poids.  Le  poids  des  premiers  fait  descendre  le  papillon 
mobile  jusqu'à  l'extrémité  du  tube  de  2%  mètres  ;  ce  qui 
met  les  hélices  en  mouvement,  et,  si  l'appareil  est  convena- 
blement dirigé  au  moyen  du  régulateur,  il  commence  à  s'é- 
lever. Une  fois  le  pavillon  descendu  au  bout  de  sa  course , 
les  aéronautes  pénètrent  dans  le  tube  et  en  gravissent  Tes- 
calier  iniérieur  pour  aller  se  placer  dans  le  second  pavillon 
qui  descend  à  son  tour  ;  ce  qui  fait  que  les  hélices  conti- 
nuent à  tourner  et  l'aérostat  à  s'élever. 

Arrivé  à  la  hauteur  voulue,  on  dispose  le  poids  régula- 
teur de  manière  que  l'appareil  s'avance  horizontalement 
dans  la  direction  que  lui  imprime  le  gouvernail.  Lorst^u'on 
veut  descendre,  il  suffît  de  porter  le  contre  poids  à  l'avant 
du  ballon,  ce  qui  l'incline  vers  le  sol  et  le  mouvement  des 
aéronautes  le  fait  descendre  ;  arrivé  à  terre,  le  tube  infé- 
rieur s  aplatit,  ainsi  que  les  pavillons  mobiles,  de  façon  à 
se  réduire  au  dixième  de  leur  longueur ,  ce  qui  permet  de 
charger  et  décharger  l'appareil. 

Tel  est,  en  résumé,  le  mécanisme  de  ce  système  simple 
et  ingénieux.  Son  poids  total,  d'après  les  notes  fournies  par 
Vinvenieur,  est  de  1,700  k.,  dont  850  k.  représentent  le 
poids  de  l'aérostat  et  du  mécanisme  intérieur,  et  850  k. 
celui  des  parties  accessoires  et  des  aéronautes.  Le  volume 
du  gaz  emmagasiné  est  de  1,700  m.  et  pèse  1,050  gr.  de 
moins  «que  l'air  par  mètre  cube.  D'après  cela,  on  obtient 
une  poussée  de  1,785  k.,  ce  qui  donne  un  excédant  de  85  k. 
pour  le  lest  et  le  poids  régulateur.  Il  est  à  remarquer  que 
ces  nombres,  qui  peuvent  paraître  exagérés,  sont  plutôt  au- 
dessous  de  la  vérité;  car  le  poids  d'un  mètre  cube  d'air  à 
0*  est  de  1,293  grammes;  celui  d'un  mètre  cube  d'hydro- 
gène, dont  la  densité  est  0,0693,  est  seulement  de  1,293  X 


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440  RÉSUMÉ  DBS  SÉANCES. 

0,0693,  c*e8t-à-dire  de  89  gr.  60,  ce  qui  montre  que  la 
poussée  peut  être  de  1,293  gr.  —  89  gr.  60,  environ  de 
1,200  gr.  par  mètre  cube.  Toutefois  M.  Varennes  a  dû  te- 
nir compte  de  plusieurs  circonstances  qui  peuvent  Tamoin- 
drir  :  car  la  température  est  en  général  supérieure  à  zéro; 
de  plus,  à  mesure  qu'on  s'élève,  l'air  se  raréfie  et  la  pous- 
sée diminue  -,  enfin  l'hydrogène  peut  être  plus  ou  moins 
mélangé  d'air^ 

Les  détails  qui  précèdent  suffisent  pour  montrer  ce  qu'il 
y  a  d'ingénieux  et  de  nouveau  dans  l'idée  de  M.  Varennes, 
qui,  dans  son  opinion,  pourrait  être  appelée  à  servir  de 
point  de  départ  à  la  navigation  aérienne.  Toutefois  nous 
nous  permettrons  d'appeler  l'attention  de  l'inventeur  sur 
quelques  points  particuliers.  D'abord  est-il  facile  de  remplir 
de  gaz  un  récipient  qui  contient  dans  son  intérieur  un  mé- 
canisme aussi  compliqué  ?  L'hydrogène ,  gaz  si  subtil,  ne 
s'échappera-t-il  pas  à  travers  les  ouvertures  par  lesquelles 
passent  les  axes  des  hélices  et  les  cordes  de  la  transmission 
de  mouvement?  Ne  pourrait-on  pas,  d'ailleurs,  en  augmen- 
tant dans  une  proportion  convenable  les  dimensions  du  bal- 
ion,  employer,  comme  on  le  fait  généralement,  le  gaz  de  l'é- 
clairage qui  est  plus  facile  à  produire  et  moins  coûteux?  N'y 
aurait-il  pas  avantage  encore  à  remplacer  le  travail  des  aé- 
ronaùtes  par  une  autre  puissance,  telle  que  la  vapeur  et  ré« 
iectricité,  ce  qui  permettrait  de  supprimer  le  tube  de  22  mè- 
tres et  les  pavillons  mobiles  qui  paraissent  très-encombrants? 
Il  est  vrai  pourtant  que  ce  long  tube,  suffisamment  lesté  à 
sa  partie  inférieure,  peut  grandement  contribuer  à  la  stabi- 
lité d'équilibre  de  l'aérostat.  L'inventeur  parait ,  d'ailleurs, 
s'être  imposé  la  condition  d'écarter  tout  moteur  artificiel  ; 
1  expérience  seule  peut  nous  apprendre  jusqu'à  quel  point 


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DÉCEMBRE.  4H 

il  a  réussi  et  quels  sout  les  perfectionnements  à  apporter 
à  son  système.  Nous  ne  saurions  donc  trop  l'encourager  à 
persévérer  dans  ses  recherches  et  surtout  à  multiplier  les 
essais  qui,  seuls,  lui  permettrout,  en  lui  faisant  connaître 
les  écueils  à  éviter,  de  mener  à  bonne  un  une  œuvre  qui 
intéresse  à  un  si  haut  degré  la  civilisation* 


MÉTÉOROLOGIE.  —  Projet  cT observatoire  météorolo- 
gique au  Puy.  —  M.  Béliben  annonce  à  la  Société  que 
M.  Alinard,  professeur  de  physique  à  la  Faculté  des 
sciences  de  Clermont,  est  parvenu  à  obtenir  des  subven* 
lions  de  la  part  de  TEtat,  du  département  du  Puy-de- 
Dôme  et  de  la  ville  de  Clermont,  dans  le  but  de 
construire  un  observatoire  sur  le  sommet  du  Puy-de- 
Dôme,  dont  Taltitude  dépasse  4 ,400  mètres.  Cet  éta- 
blissement scientiflque,  unique  au  monde  par  sa 
situation^  par  les  études  auxquelles  il  pourra  servir, 
est  destiné  à  rendre  les  plus  grands  services  à  la  mé- 
téorologie. Au  moyen  du  télégraphe  électrique,  la 
station  du  Puy-de-Dôme  sera  en  relation  constante  avec 
le  cabinet  de  physique  de  la  Faculté.  H.  Alluard  désire- 
rait que  quelques  autres  stations  secondaires  sur  diffé- 
rents points  du  grand  plateau  central  de  la  France 
fussent  mises  en  rapport  avec  la  station  principale  du 
Puy-de-Dôme.  De  toutes  les  observations  pourrait  sortir 
quelque  grande  loi  météorologique  dont  la  connais- 
sance serait  d'une  utilité  incontestable,  surtout  pour 
rétude  préventive  de  la  direction  et  de  Tintensité  des 
orages. 

La  météorologie  n*est  point  chez  nous  une  science  in- 


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412  RÉSUMf:  OBS  SÉANCES. 

connue  :  notre  vénéré  confrère  M.  Bertrand  de  Done, 
un  des  promoteurs  de  la  géologie  en  France,  avait 
aussi  porté  sa  féconde  attention  sur  la  météorologie.  Il 
a  laissé  des  travaux  sur  la  direction  des  vents  qui  ont 
été  remarqués  dans  le  monde  savant.  Pourquoi  laisse- 
rions-nous périr  en  nos  mains  cette  partie  de  rhérilage 
scientifique  que  nous  a  légué  un  des  plus  illustres  fonda- 
teurs de  notre  Société  ? 

11  ne  nous  est  pas  impossible  de  répondre  à  rappel  de 
M.  Âlluard.  M.  Rhullier-Plantin  veut  bien  consentira 
céder,  sur  le  sommet  de  la  Roche-Arnaud,  une  parcelle 
de  terrain  sur  laquelle  le  conseil  municipal  de  notre 
ville  a  décidé,  à  la  demande  de  M.  Richard,  de  rétablir 
l'ancienne  girouette  de  Corneille.  Elle  pourrait  être  éta- 
blie an-dessus  d'une  voûte  qui  lui  servirait  de  piédestal 
et  où  pourraient  se  faire,  à  des  moments  déterminés, 
des  observations  immédiatement  transmises  ,  par  le 
moyen  du  télégraphe,  à  la  station  du  Puy-de-Ddme.  Il 
serait  facile  de  trouver  dans  rétablissement  des  Frères 
de  Saint-Régis,  situé  tout  auprès,  quelques  fidèles  ob- 
servateurs qui,  moyennant  une  légère  rétribution,  se 
rendraient  à  des  heures  fix.es  sur  le  sommet  de  la 
Roche-Ârnaud.  La  Société  prendrait  la  direction  de 
cette  institution  nouvelle,  et  son  patronage  suffirait  à 
lui  donner  l'impulsion  nécessaire. 


UmÉRALOGiE.  ^  Serpentine.  —  M.  Béliben  présente 
un  fragment  de  serpentine  auquel  il  a  fait  subir  Topéra- 
tion  du  polissage  et  dont  le  gisement,  situé  entre  les 
communes  de  Dore  et  de  Saint-Jean-d'Aubrigoux,  pré- 


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DECEMBRE.  443 

sente  une  masse  considérable.  Cet  échantillon  oftte  à 
Toeil  des  nuances  vert  foncé  avec  des  taches  d'an  rert 
clair.  Cette  substance  minérale,  qu'on  peut  tailler,  scier 
et  tourner  avec  facilité,  donne  à  l'analyse  les  résultats 
suivants  : 

Silice 42  50 

Magnésie 38  50 

Chaux »  25 

Protoxyde  de  fer 4  50 

Protoxyde  de  magnésie. . .  »  50 

Oxyde  de  chrome. »  25 

Alumine 4     » 

Eau 45  50 

Total i.      400    » 

Il  serait  important  pour  notre  département  qu'on 
utilisât  la  serpentine  dans  Tindustrie  et  les  arts.  On  en 
fabriquerait  des  cheminées,  des  dessus  de  tables  et  de 
consoles,  des  coupes,  vases,  etc.  L'extraction  et  la  ma- 
nipulation de  cette  substance  emploieraient  un  grand 
nombre  de  bras/Ce  serait  nne  précieuse  ressource  pour 
les  ouvriers  de  éette  partie  de  nos  montagnesqui  pour- 
raient, de  cette  façon,  durant  les  longs  jours  d'hiver, 
déployer  leur  intelligence  et  leur  activité. 

M.  Aymard  fait  observer  que  la  serpentine,  depuis 
longtemps  signalée  sur  quelques  points  de  la  Haute- 
Loire,  notamment  dans  les  communes  de  Lubilhac, 
Saint-Julien  près  Brioude,  Grenier-Montgon,  etc.,  n'a 
été  jusqu'à  présent,  chez  nous,  d'aucun  emploi  dans  Tin- 
dustrie  et  les  arts,  à  l'exception  toutefois  des  temps 


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44  i  RÉSUIf  É  DES  SÉANCES. 

préhistoriques  où,  à  Tépoque  néolithique  ou  de  la 
pierre  polie,  on  Tavait  utilisée  pour  la  fabrication  de 
haches,  de  même  qu'on  avait  employé  au  même  usage 
la  flbrolithe  de  nos  contrées. 

La  Société  remercie  M.  Béliben  de  son  intéressante 
communication,  qui  devra  être  livi*ée  à  la  publicité  par 
le  procès-verbal  de  la  séance. 


Monuments  historiques.  —  Tour  Panessae  au  Puy. 
—  M.  le  Préfet  a  adressé  k  M.  le  Président  la  lettre 
suivante  au  sujet  de  la  tour  Panessae,  dont  l'existence 
est  menacée  : 


MoNSiBUR  LE  Président, 

M.  le  Maire  de  la  ville  da  Pay  me  signale  l'état  de  dé- 
gradation de  la  tour  de  Panessae.  Des  lézardes  extrême- 
ment apparentes  font  craindre  un  éboulement  prochain,  et 
comme  les  boulevards  Saint -Louis  et  Saint-Laurent,  à  l'in- 
tersection desquels  se  trouve  la  tour  Panessae  font  par- 
tie de  la  grande  voirie,  je  vais  être  dans  la  nécessité  de 
prendre  des  mesures  réclamées  par  la  sécurité  publique. 

tl  serait  regrettable,  à  tous  égards,  monsieur  le  Prési- 
dent, de  voir  disparaître  un  des  derniers  monuments  du 
moyen-âge  qui  attestent  l'antique  importance  de  la  cité  ani- 
cienne.  Aussi,  avant  de  prendre  une  résolution  définitive, 
j'ai  exposé  à  M.  le  Maire  du  Puy  l'intérêt  qu'il  y  a  pour  la 
.ville  à  la  conservation  de  la  tour  Panessae,  et  je  l'ai  engagé 


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DÊGEMBRE.  445 

à  proposer  au  Conseil  municipal  l'acquisition  de  la  tour  et 
sa  restauration. 

M.  le  Maire  de  la  ville  du  Puy  m'a  répondu  qu'il  ne 
méconnaissait  pas  l'intérôt  que  je  lui  signalais,  mais  que 
rétat  des  finances  de  la  ville  ne  lui  permettait  pas  de  son- 
ger à  acquérir  la  tour  Panessac  ;  les  p/étentions  exagérées 
des  propriétaires  étant  connues  depuis  longtemps  par  Tadmi- 
nistration  municipale. 

En  présence  des  dispositions  de  la  municipalité  du  Puy, 
j*ai  pensé  qu'il  convenait  de  signaler  le  projet  de  démolition 
de  la  tour  Panessac  à  la  Société  académique,  qui  a  mani- 
festé en  mainte  circonstahce  son  zèle  pour  tout  ce  qui  inté- 
resse l'histoire  du  Yelay.  La  Société  académique  ne  pour- 
rait-elle pas  prendre  1*  initiative  de  mesures  qui  permissent 
de  racheter  et  de  réparer  ce  monument  ? 

Je  vous  prie,  monsieur  le  Président,  de  vouloir  bien  ap- 
peler sur  la  question  ainsi  posée  toute  l'attention  de  vos 
honorables  confrères.  Je  suis  disposé  à  prêter  mon  concours 
le  plus  empressé  à  ce  que  la  Société  arrêtera  ;  et  si  elle  veut 
en  demander  le  classement  comme  monument  historique, 
vous  savez  que  les  secours  de  l'Etat  ne  lui  manqueront  pas 
actuellement,  ou  du  moins  danç  un  avenir  peu  éloigné. 

Agréez,  monsieur  le  Président,  l'assurance  de  ma  consi- 
dération la  plus  distinguée. 

Le  Préfet, 
G'«  DE  MALARTIG. 


M.  le  Président^  an  nom  de  la  Société,  a  répondu  à 
M.  le  Préfet  dans  les  termes  suivants  : 


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416  RÉSUMÉ  DES  SÉANCES. 


Monsieur  lb  Prèfbt,  ' 

Dès  la  réception  de  votre  dépèche  du  19  août  dernier,  re- 
lative à  la  tour  Panessac,  je  me  suis  empressé  de  convo- 
quer le  bureau  de  la  Société  académique,  qui,  pendant  les 
vacances,  a  mission  de  représenter  la  Société.  Après  lui 
avoir  donné  communication  de  votre  dépêche,  il  s'est  trans- 
porté sur  les  lieux  et  à  la  suite  d*une  longue  et  sérieuse  dis- 
cussion, il  a  délibéré  à  l'unanimité  : 

Qu'il  partageait  toutes  vos  sollicitudes  au  sujet  de  la 
tour  de  Panessac  et  qu'il  serait  infiniment  regrettable  de 
voir  disparaître  ce  dernier  monument  qui  atteste  l'antique 
importance  de  notre  cité.  Déjà,  lorsqu'il  y  a  quelques  an- 
nées, l'administration  municipale  crût  devoir,  dans  l'intérêt 
de  la  viabilité  de  la  ville>  faire  disparaître  une  des  tours  et  la 
porte  Panessac,  la  Société  académique,  pénétrée  de  l'inté* 
rêt  historique  qui  s'attachait  à  ce  monument,  avait  expri- 
mé ses  regrets  au  sujet  de  cet  acte  déplorable.  Elle  ne  pou- 
vait, en  effet,  oublier  qu'après  avoir  été  le  théâtre  glorieux 
de  combats  mémorables,  cette  porte,  destinée  à  la  réception 
de  plusieurs  des  princes,  qui,  depuis  Gharlemagne  jusqu'à 
François  !•',  ont  visité  notre  cité  en  venant  s'incliner  de  • 
vaut  la  Vierge  du  Mont-Anis,  avait  le  nom  de  Porte  royale. 
Ce  même  sentiment  s'attache  plus  fortement  encore  au 
dernier  reste  de  ce  précieux  monument.  La  Société,  jar 
l'organe  do  son  bureau,  exprime  donc  le  vœu  que  la  tour 
Panessac  soit  conservée . 

Sa  conservation,  du  reste,  ne  présente  aucune  difficulté 
ni  aucun  inconvénient.  Cette  tour,  en  eiiet,  a  deux  parties 
bien  distinctes  :  l'une  qui  sert  de  base  à  l'autre,  beaucoup 


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DÂGRUBIE.  447 

ph|8t  apomne^  ai^  4#  tpu4e  90lidi^  el  ne  pféfltBtite  ataooiie 
lézarde.  La  seconde  partie,  qui  80  cafaciériae  fw  un  enocir- 
l^^n^nlban  pion^  ée  toille,  pwnût  avoir  élô  superposée  à 
JLa  premi&rfi  àmf^  to-  icMftur^  4^  ^lY*  «tècle*  Cette  ])»afiî«, 
Vn  m^9^t»  un^  ^Qï^i»  et  qoi  »  dû  dire  surmontée  d0 
créneaç^,  ét^it  ai^isi  origioairement  d*uae  grande  soiidî- 
té.  Les  lézariies  qui  sillfonnen^  sa  façade  panûssent  dues  «eu- 
toqaent  à  des  i^uvertures  faites  après  coup  et  sans  ména^ie^ 
œe&tSf  et  i)l  suf^rait  diQ  les  Saire  disparaître  en  replaçant  les 
pierres  de  tajlle  qui  ont  M  9nl9eYée8y  pour  consolider  eotte 
partie  menaçante  de  la  tour  de  Panessac. 

La  conservation  de  cette  tour  ne  nuirait  e^  amciine  fa^oa 
à  U  viabilité  de  la  giiande  »vl  de  la  petite  voirie,  la  Société 
étant  per^ttajdéie  qm  les  fondations  de  la  tour  s<mt  très-pro- 
fondes et  qu'un  déchaussement  ne  compromettrait  en  rien 
sa  solidité.  Il  a  été,  d'ailleisurs,  établi  par  les  fouilles  qui  ont 
été  récemment  faites  dans  la  rue  Panessac  que  Tancien  sol 
avait  été  successivement  surélevé,  ce  qui  porte  à  croire  qu'il 
en  a  été  de  même  pour  le  sol  qui  entoure  la  tour  Panes- 
sac  et  qu'il  serait  dès  lors  sans  inconyéaient  pour  elle  de 
l'abaisser. 

Mais  comment  assurer  la  conservation  de  la  tour  Pa- 
nessac? La  Société  n'a  à  sa  disposition  aucune  ressource 
qui  lui  permette  de  faire  cette  acquisition,  de  ses  deniers, 

U  serait  désirable  que  la  municipalité  pût  s'api)roprier  oe 
monument,  soit  en  l'achetant  de  gré  à  gré,  soit  par  la  voie 
de  l'expropriation.  Elle  pourrait  alors  le  consolider  par  d^ 
réparations  intelligemment  ordonnées  et  de  nature  à  lui 
rendre  sa  forme  première,  et  utiliser  l'intérieur  en  y  logeant 
ou  un  bureau  de  police,  ou  tout  autre  établissement  muni- 
cipal. En  l'isolant  par  la  démolition  de  la  peljite  maison  à 

TOMB  XXÏI.  57 


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418  RÉSUMÉ  DRS  SÉANCES. 

•laqueUe  «rt  liée  la  tottr,  on  en  ferait  nn  monomem  i  la  feu. 
arobéobgiqae  et  déooratif . 

Dao«  le  cas  où  l'acqnUition  du  monument  ne  ponrmit 
être  faite  actaellement,  ne  pourrait«on  antorieer  les  pro- 
priétaire» à  le  réparer  sons  la  direction  d*  an  homme  de  Fart 
et  à  certaines  conditions  qui  assareraîent  sa  conservation  ? 

Mais  dans  tous  les  cas,  la  première  et  la  plus  importante 
mesure  à  prendre,  si  la  chose  est  posdible,  serait  de  le  faire 
classer  comme  monument  historique ,  afin  d'assarer  sa 
conservation  entre  quelques  mains  qu'il  se  trouve. 

Telles  sont,  monsieur  le  Préfet,  les  desiderata  de  la  So- 
ciété académique  au  sujet  de  la  tour  de  Panessac.  L'initia- 
tive que  voud  avez  prise  à  son  sujet,  nous  donne  lieu  d'es- 
pérer que  vous  voudrez  bien  prendre  en  considération  les 
vœux  de  la  Société  académique  et  leur  donner  suite  en  les 
appuyant  de  votre  haut  patronage. 

Agréez,  je  vous  prie,  monsieur  le  Préfet,  Tassurance  de 
ma  respectueuse  considération. 

Le  Président  de  la  Société  académique  du  Puy, 
Db  Brivb. 

L'Assemblée  donne  son  entière  adhésion  aux  rues 
émises  par  le  bureau  de  la  Société  et  dont  M.  le  Prési- 
dent s'est  rendu  le  fidèle  interprète  auprès  de  M.  le  Pré- 
fet. Elle  espère,  en  outre,  que  l'administration  muni- 
cipale, toujours  soucieuse  des  intérêts  historiques  du 
pays,  voudra  bien  coopérer  à  la  conservation  de  la  tour 
Panessac.  "* 

Publications  db  lu  Société.  —  Catalogue  du  Musée. 


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DBCBMBliC.  119 

•*^M.  le  baron  de  Vinols,  consenraieor  de  la  section  des 
beaux-arts,  annonce  dans  une  lettre  que,  snîTant  les 
iûteniions  de  la  Société,  il  a  traité  ayec  M.  Marches- 
sou  de  L'impression  du  Catalogue  des  tableaux,  gra^ 
vures,  dessins  et  statues;  le  format  sera  celui  des  jin-* 
noies,  et  le  papier  semblable  &  celui  des  Chroniques  de 
Médieis.  Le  tirage  en  sera  fait  à  mille  exemplaires,  dont 
le  prix  sera,  pour  chacun  d'eux,  de  0  fi*.  65  c. 

Don  des  Annales  de  la  Société  à  des  biblioihèq'ues  dé- 
imites  pendant  la  guerre*  —  H.  le  préfet  de  police, 
dans  une  lettre  dont  il  est  fait  lecture,  sollicite  le  don 
de  quelques  ouvn^es  afin  de  reconstituer  la  biblio- 
thèque de  son  administration  détruite  par  l'incendie 
pendant  le  siège  de  Paris* 

L'assemblée  s'empresse,  par  un  vote  unanime,  d'of-- 
frir  à  M.  le  préfet  de  police  la  collection  de  nos  iinnafes. 

La  même  décision  est  prise  en  faveur  de  la  Société  ar- 
chéologique de  la  Lorraine^  qui,  pour  reconstituer  la  bi- 
bliothèque de  Nancy,  détruite  dans  l'incendie  du  palais 
ducal,  a  fait  appel  à  toutes  les  sociétés  scientifiques. 


Personnel  de  u  Société.  —  Elections  du  président 
et  du  fiice-président.  —  U  est  procédé  à  la  nomination 
du  président,  en  remplacement  de  M.  de  Brive  qtii, 
malgré  l'insistance  de  tous  nos  confrères,  se  refuse  à 
continuer  l'exercice  de  ces  fonctions,  à  raison  du  oiau- 
vais  état  d^  sa  santé. 

Le  vote,  qui  a  lieu  au  scrutin  secret,  donne  la  majo* 
ritè^  voîi  à  M.  Aymard,  qui  est  proclamé  préiideftt. 


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420  RÉSUMÉ  DBS  SÉANCES . 

Ce  résallat  est  accueilli  par  l'assemblée  avec  une  tive 
sympathie.  . 

M.  de  Brive,  se  faisant  l'interprète  des  sentiments  de 
nos  confrères,  félicite  en  termes  chaleureux  M.  Aymard 
et  déclare  que  le  choix  qui  vient  d'être  fait  est  on 
gage  certain  pour  Farenir  et  les  travaux  de  la  Société. 

M. .  Aymard  répond  cordialement  à  ces  paroles  de 
bienvenue.  Il  espère,  non  faire  oublier,  mais  rappeler 
au  contraire,  dans  la  limite  de  son  pouvoir,  les  prési- 
dences fécondes  qui  ont  fait  r^aillir  sur  la  Société  un 
lustre  qui  ne  s'effacera  point,  et  il  remercie  avec  émo- 
lion  ses  confrères  d'un  honneur  qui  est  la  consécratîen 
la  plus  douce  d'une  longue  carrière  vouée  à.  l'histoire  et 
h  la  science  locales. 

L'assemblée  est  ensuite  appelée  à  élire  le  vice-pré-* 
sidemt  en  remplacement  de  H.  Aymard,  qui  en  remplis- 
sait les  fonctions. 

Le  scrutin  donne  la  majorité  à  M.  Chouvon  qui,  ayant 
accepté,  reçoit  aussi  les  chaleureuses  filidtatîoiis  de 
M.  le  Président. 

Décès  de  MM,  Mauras  et  Mahul,  membres  de  la  So- 
ciéié,  —  M.  le  Président  annonce  la  mort  de  H.  Aicide 
IfattraA,  avck^at  et  membre  résidant.  Il  exprime  com- 
bien est  grande  pour  la  Société  la  perte  de  notre  don- 
frère  qui  joignait  à  une  grande  érudition  les  meilteures 
qualités.  La  variété  de  ses  connaissances  hii  peraiec- 
taient  de  prendre  une  part  active  aux  discussions  scien- 
tifiques de  nos  réunions.  HM.  Martel,  Langlois, 
Lasconbe  et  de  Snrrel  sont  désignés  pour  représéster 
la  SMiélf  aux  obsèques  de  notr^  regmtt»  eduCréM* 

M.  le  docteur  Martel  émet,  à  cette  occasion,  le  vœu 


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DÉCEMBRE.  424 

qae  la  Société  délègue  à  TaTenir  deux  de  ses  membres 
auprès  d'un  confrère  sérieusement  malade.  Cette  démar- 
che, dit-il,  témoifiH^erait  de  Tintérét  que  la  Société  porte 
à  tous  ceux  qui  en  font  partie.  Cet  usage  a  été  adopté 
notamment  par  les  sociétés  médicales  de  Paris. 

M.  le  Président  rend  hommage  au  sentiment  hono- 
rable exprimé  par  H.  Martel  et  Tinvite  à  adresser  une 
note  au  conseil  d'administration  qui  statuera  sur  l'objet 
de  sa  demande. 

H.  le  Président  témoigne  également  les  regrets  de  la 
Société  au  sujet  de  la  mort  de  M.  Mahul,  membre  ho- 
noraire. Plusieurs  publications  scientifiques  ont  déjà 
rendu  un  juste  tribut  d'hommage  à  sa  mémoire,  en  par- 
ticulier le  Bulletin  monumental  dirigé  par  H.  de  Cau- 
mont,  dont  H.  MahuI  était  un  des  savants  collabora- 
teurs, en  qualité  de  membre  de  l'Institut  des  provinces. 
Ancien  député,  ancien  préfet  au  Puy,  à  Avignon  et  à 
Toulouse,  notre  confrère  avait  fait  preuve  d'une  haute 
intelligence  dans  l'exercice  de  ces  différentes  fonctions; 
il  a  laissé  surtout  un  excellent  souvenir  de  son  adminis- 
tration dans  la  Haute-Loire.  M.  Mahul  s'intéressait 
beaucoup  aux  travaux  de  notre  Société,  dont  il  lisait 
les  Annales  avec  le  plus  grand  soin.  Une  des  œuvres 
principales  de  ce  savant  a  été  la  publication  du  Cartt^ 
taire  de  Careassonne  (trois  volumes  in-4o). 

L'ordre  du  jour  étant  épuisé,  la  séance  est  levée  à  six 
heures. 

Le  Secrétaire  iuppUant, 
LASCOMBE. 


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DEUXIÈME    PARTIE 


MEMOIRES 

ET    ANNEXES 


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ipomicm 


ÉGLISES    DE    FRANCE 


Historique  de  la  (inestion  dans  la  seconde  moitié  du 

dix-neuvième  sièole,  présenté  et  lu  à  la  Société 

aoadémi<iQedu  Pay-en-Velay,  dans  sa  séance 

de  juin  1871,    par  M.  l'abbé  Frugère, 

membre  résidant. 


Daas  le  domaiDe  des  sciences  positives,  l'histoire  est, 
plus  que  toute  autre  peut-être,  la  science  livrée  aux 
incessantes  discussions  des  hommes  ;  plus  que  toute  autre, 
elle  met  en  jeu  sur  un  terrain  ancien  les  préoccupations 
modernes.  C'est  que,  si  la  scène  change  de  langage  et 
de  décors,  Thomme  reste  comme  immuable  dans  ses 
aspirations,  ses  passions  et  ses  préjugés.  Chaque  siècle, 
et  c'est  un  fait  assez  curieux  à  constater,  se  prend  d'en- 
gouement pour  tels  ou  tels  points  historiques  jusqu'à 
lui  restés  dans  l'oubli  ou  l'indifférence.  A  la  suite  d'un 
fait  politique,  d'une  manière  d'être  sociale,  ou  d'une 
direction  psychologique  nouvelle  et  souvent  inexplica- 

TOME  XXXI.  a 


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2  APOSÏOLICITÉ 

ble,  il  se  produit,  ici  ou  là,  dans  l'histoire,  des  courants 
dans  lesquels  s'engagent  les  esprits  qui  se  sentent 
curieux  des  hommes  et  des  choses  du  passé.  Il  est  bien 
difficile  au  philosophe  de  trouver  des  raisons  indiscuta- 
bles et  de  poser  des  lois  fixes  à  ces  préoccupations 
soudaines  et  à  ces  modes  de  questions  historiques,  quel- 
quefois prises  et  reprises  après  des  intermittences  plus 
inexplicables  encore.  Tout  au  plus  pourrait-on  appliquer 
à  ce  fait  Vondoyant  et  le  divers  de  Montaigne,  au  sujet 
de  Tesprit  de  l'homme.  Ce  que  nous  pouvons  et  devons, 
c'est  le  constater. 

L'apostolicité  des  Eglises  de  France  est  la  question 
historique  qui,  en  cette  seconde  moitié  du  dix-neuvième 
siècle,  agite  le  monde  savant  de  France.  Soulsvée  à  diffé- 
rentes époques,  mais  avec  des  préoccupations  intéressées 
de  prépondérance  dans  le  domaine  religieux,  cette  ques- 
tion a  reparu  au  milieu  de  nous  dégagée,  autant  qu'il  est 
possible  à  des  hommes,  de  toutes  complications  d'intérêts 
trop  pei*sonnels,  et  elle  semble  vouloir  rester  dans  le 
domaine  de  la  science  pure.  A  Theure  où  le  débat  est 
dans  toute  sa  chaleur  et  où  la  solution  se  dessine  net- 
tement en  faveur  de  l'apostolicité,  nous  croyons  qu'il 
peut  être  curieux  et  utile  de  tracer  rapidement  une 
esquisse  historique  des  champions  de  cette  lutte  et 
d'analyser  leurs  livres  ou  leurs  brochures.  C'est  ce  pelit 
travail  que  nous  avons  modestement  entrepris. 

Pendant  les  seize  premiers  siècles  de  l'Eglise,  non- 
obstant le  texte  de  saint  Grégoire  de  Tours,  autour  du- 
quel il  a  été  fait  tant  de  bruit  (1),  nos  traditions  et  légen- 


(1)  HiiL  Franc,   1.  i  ,  c.  i8. 


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DES  ÉGLISES   DE   FRANCE.  3 

des  religieuses  avaient  fixé  au  premier  siècle  l'origine 
des  Eglises  deFrance  et  cette  époque  était  admise  sans  ré- 
clamation, si  l'on  en  excepte  l'opinion  contraire  émise, 
à  la  fin  du  dixième  siècle,  par  le  moine  Létalde  (4). 
Quoi  de  plus  naturel,  en  effet,  que  de  relier ^sans 
solution  de  continuité  l'Eglise  des  Gaules  à  l'élise 
de   Rome?   par  son  organisation   administrative    et 
militaire,  par  ses  établissements  particuliers,  par  ses 
stations,  par  la  création  de  ses  centres  de  résistance, 
par  l'ouverture  de  ses  grandes  voies  de  communica- 
tion, la  conquête  romaine,  depuis  César,  avait  pré- 
paré à  ridée  nouvelle  d'émancipation  matérielle  et 
morale   les   moyens  d'acclimatation   et  de  diffusion. 
N'est-il  pas  raisonnable  de  penser  et  de  croire  que 
Pierre  et  les  disciples  du  Christ,  tout  en  attaquant 
le  monde  païen  dans  ses  centres  les  plus  anciens  et 
les  plus  civilisés,  n'avaient  pas  dû  négliger  ces  pro- 
vinces récemment  absorbées  'par  la  grande  unité  ro. 
maine  et  où  Timpatience  de  la  conquête,  plus  vivace, 
par  conséquent,  devait  faciliter  Tacceptalion  des  idées 
nouvelles  qui  battaient  en  brèche  l'organisation  op- 
pressive des  conquérants?  Il  ne  faudrait  pas  croire, 
d'ailleurs,  que  Pierre  et  les  disciples  s'en  tinssent  pu- 
rement et  simplement  aux  idées  spéculatives  de  la 
diffusion  de  l'Evangile.  Hommes  intelligents  et  éner- 
giques, ils  mettaient  encore  au  service  de  leur  mis- 
sion les  bienfaits   pratiques    de  Texpérience  et  les 
moyens  humains  dictés  par  le  temps,  les  événements 
et  la  politique. 


(1)  Létalde*  Yie  de  smui  Julien,  destinée  k  l'offlce  de  l'Eglise  du  Mans,  sur 
la  demande  d'Avesgaud,  évèque  de  cette  ville. 


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4  APOSTOUCITE 

L'apostolicité  devait  être  un  point  historique  resté 
incontesté  dans  la  tradition  pins  rapprochée  de  la 
vie  de  ces  hommes  de  foi  et  d'action.  Voilà  pourquoi, 
peut-être,  pendant  seize  siècles,  Tévangélisation  des 
Gaules,  au  premier  siècle,  ne  fut  point  disculée.  Elle 
resta  pour  tous  un  fait  patent  et  incontestable.  Mais, 
à  mesure  que  les  siècles,  en  s*éloignant  du  point  de 
départ,  ont  perdu  peu  à  peu  le  sentiment  vrai  de  la 
situation,  et,  par  suite  peut-être  aussi  de  cet  esprit 
de  discussion  que  les  orgueils  et  les  audaces  du  sei- 
zième siècle  avaient  soufQé  partout,  des  doutes  se  sont 
élevés,  des  questions  se  sont  posées,  des  discussions 
se  sont  engagées.  Les  erreurs,  timidement  avancées, 
ont  été  ensuite  soutenues  avec  ardeur  par  la  vanité 
et  Tesprit  de  parti.  Là  est  peut-être  l'explication  de 
l'origine  et  de  Tétat  actuel  de  cette  question. 

Quoi  qu'il  en  soit,  au  dix-septième  siècle,  par  une 
brusque  réaction,  celte  date  fut  mise  en  suspicion  et  at- 
taquée violemment  par  une  école  critique,  ou  anti-tra- 
ditionnelle, qui  avait  à  sa  tête  Jean  de  Launoy,  prêtre 
et  docteur  en  théologie,  auquel  on.  peut  adjoindre  Sir- 
mond,  Papebroch,  Baillet,  de  Sainte-Marthe,  Longue- 
val,  François  Bosquet,  Le  Nain  de  Tillemonl,  Louis 
Moréri,  Èllies  du  Pin,  etc. 

Les  commencements  du  dix-huitième  siècle  furent 
encore  témoins  de  débats  assez  passionnés  sur  cette 
question.  Elle  sembla  néanmoins  s'assoupir.  Mais, 
depuis  vingt-cinq  ans,  sur  tous  les  points  de  la  France, 
dans  le  monde  savant,  se  trouve  pour  ainsi  dire  à 
l'ordre  du  jour  un  mouvement  immense  en  faveur  du 
retour  aux  traditions  et  aux  légendes  religieuses  de 
l'antiquité  chrétienne  et  du  moyen  âge. 


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DES   EGLISES  DE   FRANGE.  5 

La  reprise  générale,  au  dix-ûeaviëine  siècle,  des 
études  historiques  en  Europe;  leur  analyse  par  les 
procédés  critiques  et  philosophiques;  la  découverte 
de  documents  enfouis  dans  la  poussière  et  Toubli  des 
vieilles  bibliothèques  ;  la  recherche  attentive  des  tex- 
tes épars  dans  les  livres  anciens;  Fappel  fait  aux 
sources  jusque-là  peu  ou  mal  consultées  semblent  avoir 
remis  la  question  dans  sa  première  voie,  te  beau- 
coup de  science  de  Bacon  (1)  lui  a  rendu  la  solu- 
tion première  dont  nous  parlions  plus  haut  et  que 
lui  avait  faite,  au  début,  la  tradition  récente  des  évé- 
nements. C'est  pourquoi  nous  croyons  qu'ayant  par- 
couru le  cercle  des  évolutions  et  accompli  la  loi  des 
discussions  humaines,  le  fait  est  acquis  k  jamais  à  la 
vérité  de  l'histoire.  Aussi,  le  plus  grand  nombre  des 
historiens  assignent-ils  aujourd'hui  le  premier  siècle 
comme  l'époque  véritable  de  la  prédication  de  l'E- 
vangile en  Gaule  :  c'est  Técole  traditionnelle.  Quel- 
ques rares  critiques,  au  contraire,  se  donnent  encore 
la  tâche  de  contredire  cette  dernière  école.  Jetons  un 
coup  d'œil  sur  les  œuvres  des  uns  et  des  autres. 

Des  savants  avaient  déjà  protesté,  d'une  manière 
plus  ou  moins  hardie,  contre  la  critique  rigoriste  du 
dix-septième  siècle,  lorsqu'on  4848,  H.  l'abbé  Paillon, 
sulpicien,  publia  ses  Monuments  inédits  sur  l'apos- 
tolat de  sainte  Marie-Madeleine  en  Provence,  réé- 
dités en  1865  par  M.  l'abbé  Migne  {%).  Cet  ouvrage 
considérable,  ayant  pour  but  d'établir  l'évangélisalion 


{\)  Parvi scientiarum  hawtus  faciunt  ittcredulttm,maffni,  chriêtianum.  (Bacon) 
(3)  Vol.  in-4».  Paris,  Migne,  1866. 


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6  AP08T0LICITÉ 

primo-séculaire  de  la  Provence,  esl  divisé  en  deux  par- 
ties. —  Dans  la  première,  Tauteur  établit  l'idenlité  de 
sainte  Madeleine  avec  Marie,  sœur  de  Lazare  et  de 
Marthe,  et  avec  la  pécheresse  dont  parle  saint  Luc.  — 
Il  prouve,  dans  la  seconde  partie,  le  fait  de  Tapostolat 
de  sainte  Magdeleine  en  Provence  et  il  fait,  de  plus, 
rhisloire  de  son  culte  depuis  les  temps  les  plus  anciens 
jusqu'à  nos  jours  :  dans  cette  dernière  partie,  enrichie 
de  documents  et  de  pièces  justificatives,  M.  Paillon 
traite  tout  ce  qui  concerne  Tapostolat  et  le  culte  de 
saint  Lazare^  évéque  de  Marseille,  de  saint  Maximin, 
évéque  d'Aix,  de  sainte  Marthe  et  des  saintes  Marie  Ja- 
cobé  et  Marie  Salomé,  dont  les  monuments  sont  insé- 
parables de  l'apostolat  de  sainte  Madeleine  en  Pro- 
vence. 

Il  faut  lire  ces  pages  où  se  trouvent  recueillis  et  dis- 
cutés avec  une  judicieuse  critique  les  plus  anciens 
Actes  que  nous  possédions  aujourd'hui  des  saints  apô- 
tres de  la  Provence.  L'auteur  s'y  montre  surtout  plein 
de  sagacité  et  de  courage  dans  la  discussion  du  texte  de 
saint  Grégoire  de  Tours,  invoqué  par  les  adversaires 
de  l'apostolicité  de  nos  Eglises.  Nous  n'apprendrons 
rien  à  nos  lecteurs  en  disant  que  les  Monuments  inédits 
firent  parmi  les  érudits  une  immense  sensation.  Grand 
nombre  d'entre  eux  adoptèrent  leurs  conclusions  et, 
parmi  eux,  nous  signalerons  Dom  Piolinqui,  dans  son 
Introduction  à  VHistoire  de  l'Eglise  du  Mans,  publiée 
en  4851 ,  ajoute  de  nouveaux  documents  aux  documents 
déjà  signalés  par  M.  Paillon. 

En  1855,  M.  l'abbé  Arbellot,  chanoine  honoraire  de 
Limoges,  fit  paraître  une  Dissertation  sur  l'apostolat 


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DES  É6USBS  DE  PHANGE.  7 

de  saint  Martial  (1),  saivie,  en  1860,  d*an  supplément 
sons  ce  titre  :  Documents  inédits  sur  l'apostolat 
de  saint  Martial  et  sur  P antiquité  des  Eglises  de 
France  (2).  L'apostolicité  des  Eglises  de  France  et 
plus  spécialement  de  celle  de  Limoges ,  telle  est  la  thèse 
que  l'auteur  soutient  avec  autant  d'érudition  que  de 
talent.  Après  un  coup  d'oeil  historique  sur  la  question, 
M.  Arbellot,  sans  le  moindre  respect  pour  raulorilé 
de  saint  Grégoire  de  Tours,  déjà  révoquée  en  doute 
par  H.  Paillon,  et  dont  il  fait  aussi  bonne  juslice, 
n'hésite  pas  à  affirmer  Tantiquité  de  la  mission  des 
premiers  évoques  des  Gaules.  C'est  ainsi  qu'il  nous 
montre  venus,  dès  le  premier  siècle,  Trophime  à  Arles, 
Paul  à  Narbonne,  Denys  à  Paris,  Saturnin  à  Toulouse, 
Austremoine  à  Clermont,  Gatien  à  Tours»  etc.,  etc. 
En  ce  qui  concerne  surtout  l'Eglise  de  Limoges,  le 
docte  auteur  s'applique  spécialement  à  mettre  en  lumière 
les  témoignages  de  la  tradition  établissant  que  saint 
Martial  fut  envoyé  à  Limoges  vers  le  premier  siècle  ; 
et  il  déploie  beaucoup  d'énergie  et  d'habileté  &  réfuter 
les  objections  formulées  par  les  advei'saires  de  cette 
tradition. 

La  Dissertation  sur  Vapostolat  de  saint  Martial 
devait  avoir  et  eut,  en  réalité,  d'ardents  contradicteui's. 
Ainsi  fut-elle  attaquée  par  le  docte  abbé  Bourassé, 
chanoine  de  Tours,  qui,  depuis  celte  époque  jusqu'à 
ces  derniers  temps,  s'est  fait  —  nouveau  Launoy  — 
le  champion  de  l'école  anti-traditionnelle  où  bientôt  nous 


(l)  1  vol.  iit-a*.  Lino^es,  Gbaponlavd  frères,  1855. 
(9)  1  vol.  in-8*.  LiBOgM,  Ghapoïkad  frères,  1860. 


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8  ÀPOSTOLIGITÉ 

trouverons  à  sa  suite  l'abbé  Verger  et  l'abbé  Chevalier, 
de  Tours.  —  M.  Arbellot,  et  avec  lui  M.  Paillon  et 
Dom  Piolin,  furent  combattus  encore  dans  les  Origines 
chrétiennes  de  la  Gaule  par  M.  d*Ozouville,  ancien 
sous-préfet  de  Château-Gonthier,  décédé  en  1859.  Nous 
signalerons,  de  plus,  parmi  les  adversaires  de  M.  Ar- 
bellot, Tabbé  Salvan,  dans  une  Dissertation  précé- 
dant VHistoire  générale  de  VEglise  de  Toulouse; 
l'abbé  Pascal,  dans  la  Discussion  historique  et  impar- 
tiale  sur  l'époque  de  rétablissement  de  la  foi 
chrétienne'  dans  les  Gaules,  et  M.  Quicherat,  profes- 
seur de  Técole  des  Chartes,  dans  une  Lettre  adressée 
à  M.  l'abbé  Arbellot,  le  26  mars  4855. 

Mais,  d'un  autre  côté,  les  conclusions  de  M.  Arbellot 
furent  chaudement  épousées  par  de  savants  écrivains. 
Plusieurs  évoques,  Dom  Guéranger  et  M.  Augustin 
Thierry,  dont  le  nom  fait  autorité,  s'empressèrent  de 
manifester  à  cet  érudit  leur  vive  sympathie  en  faveur 
de  la  cause  historique  de  l'apostolicité  des  Eglises 
de  France.  Grand  nombre  d'écrivains  voulurent  même 
alors  démontrer  l'origine  apostolique  de  leurs  Eglises 
respectives,  et  ils  le  firent  à  l'aide  d'une  foule  de 
preuves  qui  ont  pu  être  contestées,  mais  non  pas 
réfutées.  Citons,  entre  autres  :  MM.  Ra venez.  Origines 
des  Eglises  de  Reims,  de  Soissons  et  de  Châlons; 
—  Tabbé  de  Lutho,  vicaire-général  de  Bourges,  Vie 
de  saint  Vrsin,  apôtre  du  Berry  (Introduction)  ;  — 
l'abbé  Robitaille ,  chanoine  d'Arras,  Vie  de  saint  Paul 
de  Narbonne  (  Dissertation  )  ;  l'abbé  Charbonnel,  Ori- 
gine de  l'Eglise  de  Mende  ;  —  l'abbé  Dion,  professeur 
au  séminaire  de  Périgueux,  Apostolat  de  saint  Front 


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DES  ÉGLISES   DE  FRANGE.  9 

au  premier  siècle;  —  de  Cliergé,  de  la  Société  des 
Antiquaires  de  TOuest,  Vies  des  Saints  du  Poitou  ;  — 
l'abbé  Barrère,  Histoire  religieuse  et  monumentale 
du  diocèse  d'Agen  ;  —  Coudert  de  la  Villate,  Toull 
et  Ahun;  le  Christianisme  dans  l'Aquitaine;  — 
l'abbé  Auber,  Vies  des  Saints  de  l'Eglise  de  Poitiers; 

—  Tabbé  Le  Guennec,  supérieur  du  séminaire  de 
Cahors,  Notice  sur  le  pèlerinage  de  Notre-Dame  de 
Roc-Amadour  ;  —  l'abbé  Maxime  Latou,  Vie  de  saint 
Saturnin,  disciple  de  saint  Pierre;  —  Tabbé  Bougaud, 
Etude  historique  et  critique  sur  la  mission,  les  actes 
et  le  culte  de  saint  Bénigne,  apôtre  de  la  Bourgogne; 

—  Tabbé  Blond,  Brochure  anti-grégorienne  sur  saint 
Rieul,  premier  êvêque  de  Senlis;  —  le  P.  Gouilloud, 
Saint  Pothin  et  ses  compagnons;  —  le  P.  Gaydou, 
Etudes  critiques  sur  l'origine  de  V  Eglise  de  Mende  ;'^ 
M.  Brilloin,  Notice  sur  l'introduction  du  Christianisme 
en  Saintonge;  —  Tabbé  Do,  Origines  chrétiennes  du 
pays  Bessin;  —  Tabbé  Tapin,  Les  traditions  du  diocèse 
de  Bayeux;  la  science  et  la  tradition;  —  de  Bernoville, 
Mélanges  concernant  téviché  de  SaintrPapoul  ;  — 
Tabbé  Cirot  de  la  Ville,  Origines  chrétiennes  de  Bor- 
deaux; -  Tabbé  Chaussier,  Origine  apostolique  de 
l'Eglise  de  Metz;  —  Tabbé  Guillaume,  Histoire  du 
diocèse  de  Toul. 

Il  est  beau  de  voir  ce  mouvement  historique  se 
produire  avec  cet  admirable  ensemble  et  ce  zèle 
apostolique.  Mais,  au  point  de  vue  général  de  l'histoire, 
ce  mouvement  eut  une  autre  portée  ;  il  mit  au  jour  et 
en  relier  nombre  de  documents  et  de  faits  nouveaux 
qui,  en  dehors  même  de  celte  question  particulière, 


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40  APOSTO  LICITE 

vinrent  apporter  à  réditice  historique  de  nouvelles 
pierres,  confirmer  la  vérité  ou  lui  rendra  sa  couleur 
véritable.  En  histoire,  tout  se  tient,  tout  est  solidaire. 

De  plus,  la  question  descendit  des  régions  ecclésias- 
tiques, où  elle  s*était  un  peu  spécialisée,  pour  se  li- 
vrer à  des  plumes  laïques  consacrées  à  Thisloire  géné- 
rale, et  ce  fut,  si  nous  pouvons  parler  de  la  sorte,  sa 
seconde  évolution.  Bientôt  nous  la  verrons  gagner  du 
terrain  dans  les  régions  populaires  et  accomplir  cette 
évolution  suprême  où  arrivent  les  questions  de  portée 
sérieuse  et  de  véritable  intérêt. 

C'est  vers  cette  époque  —  4855  et  4856  —  que  la 
question  de  Tapostolicité  des  Eglises  de  France  fat  étu- 
diée par  quelques  sociétés  savantes,  et  notamment  elle 
fut  insérée  dans  le  programme  des  XXII»  et  XXIII«  ses- 
sions du  Congrès  archéologique  de  France,  tenues  à 
Cahors,  Nantes,  La  Rochelle  et  Mende.  —  Depuis  lors, 
grand  nombre  d'autres  sociétés  académiques  ont  voulu 
se  préoccuper  de  cette  intéressante  question. 

L*année  4864  vit  paraître  la  Vie  de  saint  Fronts 
premier  évique  de  Périgueuw  (4).  Le  savant  auteur  de 
cet  ouvrage,  M.  Tabbé  Pergot,  curé  de  Terrasson,  y 
établit,  par  des«documents  nombreux,  que  l'Evangile  fui 
prêché  dans  les  Gaules  au  temps  des  Apôtres  et  que 
saint  Front  fut  envoyé,  au  premier  siècle,  dans  le  Péri- 
gord,  dont  il  devint  le  premier  évêque.  Cet  ouvrage  con- 
firme en  même  temps  Tapostolicité  de  l'Eglise  du  Velay, 
saint  Front  ayant  été  le  compagnon  de  saint  Georges. 

La  même  année  4 864, M.  Ch.  Salmon, d'Amiens,  vice- 


(1)  1  vol.  in-8«.  Périgoenxi  AngQste  Boucharie,  1861. 


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DES  EGLISES  DE   FRANGE.  H 

président  de  la  société  des  Antiquaires  de  Picardie, 
publia  VHistoire  de  saint  Firmin,  martyr,  premier 
évéque  d* Amiens  [h).  Quel  bon  et  beau  livre  !  L*érudit, 
jeune  et  modeste,  a  démontré  d'une  manière  irréfraga- 
ble que  la  Picardie  fut  bien  évangélisée,  au  premier 
siècle,  par  le  zèle  de  saint  Firmin.  Pour  écrire  celte 
histoire  si  touchante,  l'infatigable  chercheur  a  fouillé 
dans  les  in-folio  des  vieux  historiens  ;  dans  le  recueil 
des  Actes  des  Saints  ;  dans  les  immenses  collections 
que  rérudition  et  la  patience  des  ordres  religieux  ont 
réunies  en  si  grand  nombre  pendant  les  deux  siècles 
qui  ont  précédé  le  nôtre  ;  dans  les  bréviaires  de  nos 
antiques  églises  ;  dans  les  précieux  manuscrits  que 
renferment  nos  bibliothèques  publiques,  et  dans  tant 
de  trésors  littéraires  inconnus  ou  méconnus,  qu'il  est 
allé  lui-même  consulter  sur  les  lieux,  en  France  et 
en  Italie.  A  peine  paru,  l'ouvrage  de  M.  Ch.  Salmon 
eut  un  grand  retentissement  et  lui  attira  les  félicitations 
de  beaucoup  d'archéologues.  Il  fut  acclamé  par 
Dom  Guéranger  et  par  des  membres  éminents  de 
répiscopat  français,  NNgrs  d'Amiens,  d'Arras,  de 
Beauvais,  etc.  Le  pape  Pie  IX  prodigua  aussi  à 
M.  Ch.  Salmon  des  éloges  et  des  encouragements  bien 
mérités. 

On  doit,  de  plus,  au  même  académicien  :  Recher- 
ches sur  V époque  de  la  prédication  de  r Evangile 
dans  les  Gaules  et  en  Picardie  (2),  attrayante  étude 


(1)  1  Tol.  in-4*,  édition  delaxe,  titre  ronge  et  noir.  Amiens,  Alfred  Caron, 
1861  ;  prix  :  10  firancs. 

(9)  Mim.  de  la  Sociilé  iet  Antiquaire*  de  Picardie,  1866,  .tom.  XX, 
pp.    671-578. 


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12  APOSTOLICITÉ 

OÙ  M.  Ch.  Salmon  a  entassé,  en  faveur  de  Taposto- 
licite  des  Eglises  de  France,  des  documents  et  des 
piër^s  justificatives  presque  sans  nombre.  Son  mé- 
moire fut  vivement  attaqué  par  un  de  ses  collè- 
gues de  la  Société  des  Antiquaires  de  Picardie,  le- 
quel, mis  en  demeure  de  justifier  son  opposition, 
s'en  tint  à  de  stériles  protestations,  sans  pouvoir 
produire  des  preuves  solides  et  concluantes. 

L'apostolicité  de  nos  Eglises  était  soutenue  en 
même  temps  dans^  quelques  ouvrages  d'un  grand  mé* 
rite  qui  furent  alors  mis  au  jour  :  —  Cours  d'His- 
toire ecclésiastique  y  par  Tabbé  Blanc  ;  —  Histoire  de 
l'Eglise  catholique  en  France,  par  Tabbé  Jager  ;  — 
Histoire  générale  de  l'Eglise,  par  l'abbé  Darras  ;  — 
Vie  de  saint  Denys  l'Aréopagite,  par  le  même 
auteur  ;  —  Histoire  universelle  de  l'Eglise  catholi- 
que, par  Rohrbacher  ;  —  Histoire  générale  de  l'E- 
glise, par  le  baron  Henrion,  dernière  édition  ;  — 
Histoire  des  premiers  siècles  de  l'Eglise,  par  W  Re- 
gnault  ;  —  Histoire  de  sainte  Cécile,  par  Dom  Gué- 
ranger. 

M.  Gabriel  de  Ghaulnes,  du  Puy-en-Velay,  écri- 
vit également  à  cette  époque  sa  Dissertation  sur 
l'épiscopat  de  saint  Georges,  où,  malgré  sa  brièveté, 
Ton  rencontre  quelques  documents  précieux  (4). 

Tandis  que,  nonobstant  quelques  protestations 
isolées,  la  question  de  Tapostolicité  des  Eglises  des 
Gaules,  si  pleine  de  sève  et  de  vitalité,  faisait  son 
chemin  de  par  le  monde,  un  membre  correspondant 

(1)  1  vol.  in-8*.  Le  Par,  Marchcssou,  1861. 


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DES   EGLISES   DE  FRANGE.  13 

de  la  Société  archéologique  de  Touraine  vint  encore 
se  jeter  à  la  traverse ,  comme  poar  lui  barrer  le  pas- 
sage. C'était  M.  Tabbô  Verger  qui,  en  juillet  1868, 
publia  dans  le  Journal  d'Indre-et-Loire  une  étude 
sur  un-  certain  nombre  de  textes  signalés,  dans  les 
ouvrages  de  Grégoire  de  Tours,  comme  susceptibles 
d'interprétations  diverses  et  même  contradictoires.  Afln 
de  défendre  le  système  chronologique  de  cet  histo- 
rien, M.  Verger  s'évertua  à  réfuter  les  objections 
de  ses  adversaires.  De  Fexamen  critique  de  ces  tex- 
tes, depuis  longtemps  controversés,  il  crut  pouvoir 
conclure  contre  l'apostolicité  de  TEglise  de  Tours. 
Cette  publication,  d'ailleurs  peu  remarquable,  fut  le 
signal  d'un  vif  débat  parmi  les  savants  Tourangeaux, 
débat  que  nous  verrons  dégénérer  en  guerre  à  ou- 
trance de  personnalités. 

Au  bout  de  quelques  mois  (décembre  <  868),  parut, 
en  réponse  à  la  critique  de  M.  l'abbé  Verger,  une 
brochure  intitulée  :  Saint  Gatien,  ou  les  origines 
de  l'Eglise  de  Tours,  par  L.-F.  Jehan  (de  Saint- 
Clavien),  archiviste  de  la  Société  archéologique  de 
Touraine,  membre  de  plusieurs  sociétés  savantes  (1). 
—  Qui  ignore  le  mérite  de  ce  savant,  depuis  long- 
temps connu  par  ses  nombreux  ouvrages?  M.  Jehan 
consacre  celle  brochure  à  discuter  la  valeur  ou 
l'autorité  de  saint  Grégoire  de  Tours,  relativement  à 
la  date  de  la  mission  de  saint  Gatien  dans  la  par- 
tie occidentale  de  la  Gaule,  pour  y  prêcher  l'Evan- 
gile  aux    Turones;   il  signale  les  autorités  établis- 

(l)  Iti~8«  de  30  pages.  Toun,  imprimerie  Ladevèse,  1868. 


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U  APOSTOLIGITÉ 

sanl  que  saiiU  Galien  a  reçu  sa  mission  au  premier 
siècle  ;  il  se  prononce  hardiment  pour  l*apostolicilé 
de  l'Ëglise  de  Tours;  enfin,  en  terminant  ces  pages 
peu  nombreuses,  mais  substantielles,  il  se  félicite  de 
se  rencontrer  dans  ses  conclusions  avec  le  P.  Lacor- 
daire  et    avec  MM.  Darras,  Freppel,  Jager,  elc. 

Bientôt  (18  décembre  1868),  on  vit  éclorc  à  Tours, 
pour  combattre  M.  Jehan  (de  Saint-Clavien),  une  bro- 
chure ayant  pour  titre  :  Défense  de  saint  Grégoire 
de  TourSf  au  sujet  des  origines  de  sa  propre  Eglise, 
réponse  à  M.  Jehan  (de  Saint-^lamen),  par  un 
membre  de  la  Société  archéologique  de  Touraine  [\). 
Le  nouvel  écrit,  signé  :  «  Le  Chevalier  noir  sans 
couleurs  ni  blason  »,  était  Tœuvre,  non  de  M.  Tabbé 
Verger,  mais  de  M.  Tabbé  C.  Chevalier,  curé  de 
Civray-sur-Cher,  Président  de  la  Société  archéologi- 
que de  Touraine,  Secrétaire  perpétuel  de  la  Société 
d'agriculture  d'Indre-et-Loire.  —  Le  Chevalier  noir 
veut  h  toute  force  donner  à  Grégoire  de  Tours  gain  de 
cause  au  sujet  des  origines  de  sa  propre  Eglise.  Pour 
arriver  donc  à  son  but,  pour  établir  que  la  Tou- 
raine n*a  point  été  évangélisée  au  premier  siècle, 
mais  seulement  au  troisième,  l'auteur  avance  que 
Grégoire  de  Tours  n'a  pas  commis  les  erreurs  qu*on 
lui  prête;  il  ajoute  que  le  récit  de  cet  historien  sur 
les  origines  chrétiennes  de  Tours  présente  tous 
les  caractères  de  véracité  désirables  ;  il  dit  enfin  que 
la  tradition  sérieuse  de  son  pays  est  conrorme  au 
texte  de  saint  Grégoire  de  Tours.  Pour  le  fond  de 
la  brochure,  nous  n'hésitons  pas  à  affirmer  que  les 

(l)  Fn-S*  de  39  pages.  Tours,  imprimerie  Ljdevèse,  1869. 


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DES    ÉGLISES   DE   FRANCK.  45 

preuves  fournies  par  M.  l'abbé  Chevalier  sont  de 
nulle  valeur.  Cent  fois  déjà  elles  avaient  été  réfu- 
tées; et,  depuis  lors,  elles  l'ont  été  victorieusement 
encore.  Quant  à  sa  forme,  l'auteur  nous  semble  avoir 
pris  &  tâche  de  prouver  encore  une  fois,  —  ce  que 
personne  n'ignorait  d'ailleurs,  —  que  c'est  par  la 
violence  que  se  défendent  les  mauvaises  causes. 

Sur  ces  entrefaites,  M.  l'abbé  Rolland,  vicaire  à 
Saint-Julien  de  Tours,  flt  paraître  un  volume  ayant 
tour  titre  :  Dissertation  sur  Vépoquc  de  l'apostolat 
(le  saint  Gatien,  premier  évêque  de  Tours,  et  sur 
les  origines  des  Eglises  de  France  (4).  L  auteur 
étudie  les  erreurs  chronologiques  de  Grégoire  deToui^s 
et  s'attache  à  établir  que  l'opinion  de  cet  historien 
n'a  point  changé  la  tradition  des  Eglises  des  Gaules, 
pas  même  celle  de  sa  propre  Eglise.  Après  avoir  en- 
suite en  quelques  mots  traité  de  la  valeur  des  légen- 
des en  général,  il  termine  par  une  courte  biographie 
de  saint  Gaticn.  Claire,  méthodique  et  sans  passion, 
la  Dissertation  de  M.  Rolland  est  d'une  lecture  agréa- 
ble et  instructive.  De  plus,  par  le  grand  nombre 
de  raisons  et  de  documents  qu'elle  fuit  valoir,  elle 
est  de  nature  à  porter  la  conviction  dans  l'esprit 
du  lecteur.  Aussi  bien,  l'illustre  archevêque  de  Tours, 
M8'  Guibert,  a-l-il  approuvé  cet  ouvrage  dans  des 
termes  à  insinuer  que  le  savant  prélat  éprouve  peu 
de  sympathie  pour  la  cause  défendue  par  M.  l'abbé 
Chevalier  et  pour  le  mode  de  discussion  adopté 
par  ce  critique. 


(1)  1  vol.  in~8«.  Tonrs,  imprimerie  Bouserez.  18G8. 


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46  APOSTOLIGITÉ 

Au  mois  de  septembre  1869,  sans  nous  douter  de 
la  polémique  déjà  soulevée  en  Touraine,  nous  don- 
nions au  public  VAposiolicité  de  l'Eglise  du  Velay  (1). 
Il  ne  nous  appartient  pas  d'apprécier  nous-méme  ce  tra- 
vail où  nous  avons  démontré  Tapostolicité  des  Eglises 
de  France  et,  en  particulier,  celle  de  T Eglise  du  Velay. 
A  peine  paru,  notre  mémoire  reçut  les  souhaits  de 
bienvenue  de  M.  Gh.  Salmon,  dans  ses  Origines  de 
l'Eglise  de  Tours,  p.  28;  —  de  M.  Tabbé  Corblet, 
dans  ses  Origines  de  la  foi  chrétienne  dans  les  Gau- 
les   et  spécialement  dans  le  diocèse  d'Amiens,  p.  6; 

—  de  M.  Jehan  (de  Saint-Glavien)  dans  ses  Légendes 
oengées,  pp.  22  et  34  ;  et,  plus  lard,  dans  son  Saint 
Gatien,  premier  évêqiie  de  Tours;  époque  de  sa  mis- 
sion dans  les  Gaules,  pp.  744  et  722.  Il  fui  l'objet 
d'études  critiques  insérées  dans  la  Haute-Loire  (2}  ; 

—  les  Annales  de  Philosophie  chrétienne  (3)  ;  ■—  la 
Revue  des  Sciences  ecclésiastiques  (4)  ;  —  le  Mémorial 
de  la  Loire  (5)  ;  —  la  Semaine  religieuse  du  diocèse 
de  Périgueux  (6);  la  Semaine  religieuse  du  diocèse  de 


(l)  Apûstolieiié  de  i'Eglite  du  Yetaif,  Disseriation  sur  la  dëte  de  l'è9aH$è' 
iisation  du  Velay,  précédée  d'une  Introduction  sur  les  origines  du  Cturisita- 
nisme  dans  les  Gaules  en  général,  et  suivie  d'un  Appendice,  de  notes  et  do- 
cuments, par  l'abbé  Frugère,  curé  de  Chaspazac,  membre  de  la  Société 
académique  du  Puy,  1  beau  volume  in-d»,  titre  rouge  et  noir.  Paris,  J.  Baur 
et  DéUille,  10,  rue  des  Beaux-Arts,  1869. 

(3)  M.  Aimé  Giron,  n*  du  4  septembre  18ô9,  et  M.  S.,  n*  du  16  octo- 
bre 1868. 

(3)  M.  Gabriel  de  Cbanines,  n*  118,  octobre  1868. 

(4)  R.  P.  Uontroazier,  Jésuite,  n»  118,  novembre  1869  et  191,  janvier  ld70. 

(5)  M.-  René  du  Chamond,  n*  du  15  décembre  1869. 

(6)  M.  Pergot,  n-  des  20  avril,  23  avril  et  24  mai  1870. 


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DES   ÉGLISES   DE   KHANGË.  17 

Paris  (4),  etc.  —Honorée  enfin  des  félicilations  de 
personnages  éminents,el  entre  autres  du  souverain  Pon- 
tife Pie  IX,  dont  quelques-unes  mentionnées  dans 
le  dernier  Tolume  des  Annales  de  la  Société  aca- 
démique du  Puy  [ï],  notre  brochure  a  eu  la  bonne 
fortune  d*étre  attaquée  dans  un  nouTel  écrit  de  M.  Tabbé 
Chevalier  (3),  puis  défendue  et  justifiée  par  M.  Tabbé 
Arbellot  (4).  Rn  leur  lieu,  nous  dirons  un  mot  de 
ces  deux  brochures. 

La  première  brochure  publiée  par  M.  Tabbé  C. 
Chevalier  contre  M.  Jehan  [de  Sainl-Clavien)  ne  pou- 
vait rester  sans  réplique.  M.  Jehan  s*empresse  donc 
d'éditer  :  Le  Christianisme  dans  les  Gaules,  examen 
critique  des  nouvelles  publications  contre  Vapostoli- 
cité  des  Eglises  de  France  (5).  Cet  ouvrage,  sous 
la  forme  d'un  spirituel  dialogue,  passe  au  crible 
d'une  critique  sévère  les  assertions  et  les  arguments 
de  la  Défense  de  saint  Grégoire  de  Tours  au  sujet 
des  origines  de  sa  propre  Eglise.  M.  Jehan  y  dévoile 
successivement  ce  qu'il  appelle  un  peu  malicieusement 
€  les  tribulations  du  Chevalier -noir  :  4®  à  travers 
les  textes  de  Grégoire  de  Tours;  2°  à  travers  la  tradi- 
tion, gi*égorienne  et  3o  k  travers  la  tradition  de  l'Eglise 


(1)  N«  867,  jain  1870. 

(3)  Tome  XXX,  p.  181  et  suiv. 

(3)  Etudes  tur  les  critiques  auti-GréQûriens  et  sur  rapoHotut  de  S.  Gûtien, 
par  l'abbé  Chevalier.  —  HT.  Les  Légendes  au  Concile  de  Limoges,  ia-8*  do 
36  pages.  Tours,  Ladevèse,  1870. 

(4)  observations  critiques  A  MM.  Bourassé  et  Chevalier,  tmr  ta  Légende 
de  saint  Àustremoine  et  les  Origines  chrétiennes  de  la  Gaule,  par  Tabbé  Ar- 
bellot, in-^  de  iS  pages.  Toars,  Bouserez,  1870. 

(5)  1  vol.  in-8».  Tours,  imprimerie  Bouserex,  1860. 

TOME  XZXI  /. 


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48  APOSTOUCITÉ 

métropolitaine  de  Tours.  »  Le  Christianisme  dans  les 
Gaules  ne  laisse  rien  debout  de  la  brochure  à  effet 
de  M.  Tabbé  Chevalier.  11  donne  une  réfutation  com- 
plète de  la  thèse  de  ce  défenseur  quand  même  de  la 
chronologie  de  Grégoire  de  Toui's.  Il  fournit  ensuite 
un  exposé  solide  des  preuves  reportant  au  premier  siè- 
cle la  mission  de  saint  Catien.  Abordant  enfin  la  ques- 
tion générale  de  Tévangélisation  des  Gaules,  le  docte 
archéologue  saisit  en  même  temps  Toccasion  de  réfu- 
ter les  assertions  de  MM.  Henri  Martin,  Alfred  Maury, 
Huillard,  Bréholles  et  Tailliar,  qui  venaient  de  se  dé- 
clarer les  adversaires  de  Tapostolicité  de  nos  Eglises. 
Aussi  M.  Jehan  ne  craint-il  pas  d'affirmer  que  «  son 
Chevalier-noir  sort  de  cet  examen  plus  meurtri^  plus 
couvert  de  cicatrices  et  ayant,  pour  se  soutenir»  plus 
besoin  de  béquilles  (sic),  que  l'auteur  de  Saint  Gatien, 
ou  les  origines  de  t Eglise  de  Tours,  que  M.  Chevalier 
avait  espéré  renverser  et  sur  le  compte  duquel  il 
s'était  permis  des  plaisanteries  peu  convenables.  » 

M.  l'abbé  Bourassé  intervient  dans  le  débat  en 
publiant  contre  les  défenseurs  de  l'apostolicilé  de 
l'Eglise  de  Tours  :  Iw  origines  de  F  Eglise  de  Tours, 
courtes  réflexions,  par  M.  l'abbé  Boura^  (4).  Ce 
savant,  dont  nous  nous  plaisons  d'ailleurs  à  reconnaître 
le  méinte ,  fait  à  sa  manière  l'exposé  de  la  question  et 
discute  ensuite  sommairement  quelques  objections  di- 
rigées contre  les  récits  de  Grégoire  de  Tours.  —  Le 
docte  professeur  d'archéologie  termine  en  lançant  à 
l'école  traditionnelle  cette  menace  :  <  Nous  nous  con- 


(1)  In-8«  de  46  pages.  Tours,  Boaicrei,  IWO. 


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DES  ÉGLISES  DE   FRANCE.  49 

tenterons,  en  ce  moment,  de  ces  quelques  mots  :  nous 
publierons  prochainement,  si  c'est  nécessaire,  d'autres 
travaux  depuis  longtemps  préparés.  » 

Comme  pour  résumer  ce  ilébat  passionné  parmi  les 
auteurs  Tourangeaux,  M.  Ch.  Salmon  fait  paraître, 
à  la  fni  de  48é9,  une  étude  publiée  par  la  jRet^ua  de 
rArt  chrétien.  Ce  travail  a  pour  titre  :  Origines  de 
r Eglise  de  Tours  {\).  —  M.  Ch.  Salmon  s*empressc  de 
décerner  à  MM.  Paillon  et  Arbellot  Thonneur  d'avoir, 
dans  ces  derniers  temps,  appelé  l'attention  des  savants 
sur  la  question  de  rapostolicité  des  Eglises  de  France. 
€  S'ils  ont  rencontré  de  nombreux  contradicteurs,  dit 
M.  Ch.  Salmon,  en  parlant  de  ces  deux  érudits,  s'ils 
ont  été  combattus  avec  acharnement,  ils  étaient  armés 
pour  soutenir  la  lutte.  Déjà  plusieurs  de  leurs  advei^sai- 
r.es  se  sont  rendus  et,  on  peut  le  dire  sans  crainte,  la 
victoire  est  assurée  aux  partisans  de  l'apostolicité  de 
nos  Eglises;  —  p.  9.  >  —Après  avoir  consacré  à  la  ques- 
tion générale  des  pages  sérieuses  et  concluantes, 
M.  Ch.  Salmon  aborde  le*  débat  au  point  de  vue  où  il 
a  été  soulevé  en  Touraine.  —  11  réduit  à  leur  juste  va- 
leur les  prétentions  des  belliqueux  abbés  Bourassé,  Ver- 
ger et  Chevalier  qui  lui  semblent  ne  faire  de  cette  po- 
lémique qu'une  question  de  clocher.  Il  flagelle  surtout 
le  Chevalier-noir  auquel  il  reproche  de  cultiver  le  néo  • 
logisme  et  d'abuser  du  point  d'exclamation.  Le  langage 
acerbe  de  M.  l'abbé  Chevalier,  ses  expressions  dédai- 
gneuses à  rencontre  de  ses  adversaires,  tout  cela  ne 

(1)  In-«»  de  30  pages.  lixtrait  de  la  Revue  de  l'Art  ehreUcH.  Arras,  >euve 
Ronsëeau-Leroy,  1860. 


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20  APOSTOLICITÉ 

saurait  causer  à  M.  Ch.  Salmon  qu'une  sensation  pénible. 
Il  se  plait,  au  contraire,  à  reconnaître  dans  la  réplique 
de  M.  Jehan  au  Chevalier-noir  une  des  plus  importan- 
tes publications  produites  depuis  plusieurs  années  en 
faveur  des  origines  chrétiennes  de  la  France.  La  con- 
sciencieuse étude  se  termine  par  nn  exposé  saisissant 
de  preuves  solides,  reportant  au  premier  siècle  la  mi.s- 
sion  des  fondateurs  de  l'Eglise  de  Tours. 

Le  travail  de  M.  Gh.  Salmon  fut  suivi,  au  début 
de  1870,  d'une  autre  brochure,  non  moins  remarqua- 
ble, de  M.  Tabbé  J.  Corblet,  directeur  de  la  Revue  de 
l'Art  chrétien.  Celte  publication  a  pour  titre  :  Ori- 
gines de  la  foi  chrétienne  dans  les  Gaules  et  spé- 
cialement dans    le  diocèse    d'Amiens   (<).  Avec  le 
talent  et  le  savoir  que  tout  le  monde  reconnaît  à  This- 
toriographe  du  diocèse  d'Amiens,  l'auteur  divise  son 
étude  en  neuf  articles  :  —  rapide  exposé  de  la  polémi- 
que;— preuves  générales  de  la  diffusion  univei-selle  de 
l'Evangile  pendant  les  deux  premiers  siècles  ; . —  preu- 
ves indirectes  de  l'introduction  du  christianisme  dans 
les  Gaules  avant  le  troisième  siè«:le  ;  —  preuves  di- 
rectes de  Tévangélisation  des  Gaules  au  premier  siècle: 
—  réfutation  des  principales  objections  contre  ce  sys- 
tème   historique  ;  —  saint  Saturnin,  qui  baptisa  le 
père  de  saint  Firmin,  a  vécu  au  premier  siècle,  et 
non  au  troisième  ;  —  réfutation  de  l'opinion  qui  place 
le  martyre  de  saint  Firmin  sous  Dioclélien  ;  —  réfu- 
tation de  l'opinion  qui  le  fait  martyriser  sous  Auré- 


(1)  In-8*de  97  pages.  Extrait  de  \à  nevw  de  VArt  ehrétiei.  Amieos,  Pre- 
vost-Allo,  1870. 


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DES  É6LISBS   DR   FRANCR.  21 

lien  ;  —  enfln,    réfatation  des  principales  objections 
contre  l'antiquité  du  martyre  de  saint  Firmin . 

Quand  on  a  étudié  cette  Dissertation  écrite  arec  beau* 
coup  de  convenance  et  étayée  sur  des  preuves  solides, 
on  reste  convaincu  que  les  adversaires  qu'elle  combat 
possèdent  ou  peu  de  bonne  foi,  ou  peu  d'érudition. 

M.  Gorblet  termine  sa  brochure  par  ce  post-scrip- 
ium,  page  97  :  «  Ce  tirage  à  part  élait  presque  ter- 
miné, quand  a  paru  l'ouvrage  dé  M.  l'abbé  Bernard» 
intitulé  :  Les  Origines  de  l'Eglise  de  Paris  (\).  Après 
avoir  lu  celle  Dissertation  avec  loule  l'attention  que 
mérite  le  talent  ipconleslé  de  l'auteur,  nous  restons 
persuadé  qu'il  n'a  nullement  ruiné  Topinion  qu'il  at- 
taquait, tout  en  lui  faisant  un  certain  nombre  de  con- 
cessions. C'est  à  M.  l'abbé  Darras  qu'il  appartiendra  de 
réfuter  l'ensemble  de  cette  œuvre.  » 

Disons,  en  attendant  cette  inévitable  réfutation, 
que  le  livre  de  M.  Bernard  est  une  thèse  de  doctorat  en 
théologie  présentée,  il  y  a  quelques  mois,  à  la  Fa- 
culté de  Paris.  L'auteur  y  soutient  un  système  miette 
sur  l'époque  de  l'introduction  du  christianisme  dans 
les  Gaules.  Ainsi  admet-il  la  mission  apostolique  de 
saint  Trophime  d'Arles,  de  saint  Crescent  de  Vienne  et 
de  saint  Paul  de  ^arbonne.  Mais  il  défend  ensuite,  per 
fus  et  nefaSj  le  fameux  passage  de  Grégoire  de  Tours. 
Son  but  principal  est  de  réfuter  le  livre  de  M.  Darras  : 


(l)  Let  origiuetde  l'Eglise  de  Paris.  —  Elabliêtement  du  Chriitiûmsme  dans 
les  GauUs,  —  Smnl  Den^s,  de  Paris,  par  M.  Tabbë  Eugène  Bernard,  docleor 
ès-leCtres  et  en  théologie,  chapelain  de  Siinte-Genevlève,  professeur  ii  la  Sor- 
boDDe,  1  vol.  iD-8*.  Paris,  A.  Joupy  et  Roger,  éditeurs,  7,  rue  des  Grands- 
Angastins,  1870. 


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Si  APOSTOUGITÉ 

Saint  Denys  l'Aréopagite,  premier  évêqiie  de  Paris 
M.  Bernard  veut  donc  prouver  :  —  que  saint  Denjs^  de 
Paris,  n*a  pas  été  envoyé  par  saint  Clément,  mais 
sous  Dèce,  —  et  qu'il  n'est  pas  saint  Denys  l'Aréopagite, 
l'auteur  de  la  Hiérarchie  divine.  Dans  cette  Disser- 
talion,  se  trouve  un  singulier  mélange  de  légèretés  scien- 
tifiques et  d'érudition.  Au  fond,  c'est  toujoui^s  la  thèse  de 
Sirmond,  Launoy,  etc.  Les  documents  gênants  sont 
apocryphes  ou  falsifiés.  De  nombreuses  aOirmations  ma- 
gistrales sont  données  pour  des  preuves.  Tout  cela  ex- 
posé avec  talent.  Il  sera  facile  de  contester,  preuves  en 
mains,  les  assertions  de  M.  l'abbé  Bernard  et  nous 
promettons  plein  succès  au  savant  qui  s'en  occupera. 
—  M.  Ch.  Salmon  publie  actuellement,  dans  la  Revtie 
des  sciences  ecclésiastiques,  une  série  d'articles  qui 
déjà  doivent  faire  regretter  à  M.  l'abbé  Bernard  la 
publication  des  Origines  de  l'Eglise  de  Paris. 

MM.  Bourassé  et  Chevalier  avaient,  —  on  se  le 
rappelle,  —  lancé  naguère  une  menace  :  «  Nous  pu- 
blierons, si  c'est  nécessaire,  d'autres  travaux  depuis 
longtemps  préparés  (1),  »  —  L'école  traditionnelle 
était  avertie.  Elle  n'en  a  point  tenu  compte.  Que  ses 
partisans  tremblent  maintenant,  car  voici  venir,  dans 
les' trois  premiers  mois  de  1870,  trois  nouvelles  éludes 
sur  les  critiques  anti-grégoriens  et  sur  l'apostolat  de 
saint  Gatien.  Ces  brochures  sont  :  —  Les  treize  cas 
(le  M.  Jehan,  par  M.  l'abbé.   C.  Chevalier  (2);  — 


(l)  Le8  origines  de  t'Eglite  de  Tours,  cour  les  réflexions,  par  Tiibbé  Bourassé. 
Tours,  Bouserez,  1869,  p.  44. 
(9)  Tu  8*  de  36  ja^cs  Tours.  Boiiscrez,  1870. 


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DBS  É6LISKS  DE   FBANGB.  13 

Lettre  à  U.  l'abbé  Rolland  sur  quelques  principes 
de  critique,  par  Tabbé  Bqurasi^é  (4)  ;  —  Les  légendes 
au  Concile  de  Limoges,  par  Tabbé  CCheyalier  (â). 

I.  —  Dans  sa  brochure  :  Les  Treize  cas  de  M.  Jehan, 
M.  Tabbé  Clievalier  avance,  p.  35,  que  tout  le  livre 
de  M.  Jehan    manque  de  sincérité  historique.  «  Ce 
ne  sont  partout,  dit-il,  que  textes  supposés,  cachés, 
bâillonnés,  mutilés,  dénaturés  de  la  manière  la  plus 
grave.  »  En  conséquence,  il  affirme,  p.  4,  que  M.  Je- 
han est  dans  le  faux  quand  il  écrit,  dans  saint  Gatien, 
ou  les  Origines  de   l'Eglise  de    Tours,  que  Tapos- 
tolat  de  saint  Trophime  d'Arles  a  été  placé  au  pre- 
mier siècle  par  saint  Clément,  saint  Chrysoslôme,  saint 
Cyrille,  saint  Athanase,  saint  Epipbane,  saint  Jérôme, 
Théodoret,  Sophronius  et  Grégoire- le-Grand.  —  Selon 
lui,  M.  Jehan  a  tout  simplement  supposé,  en  faveur 
de  Trophime  d'Arles,  neuf  textes  qui  n'existent  pas. 
—  Il  igoute,  p.  5,  que  M.  Jehan  se  contredit  lui-môme 
au  sujet  de  Trophime  d'Arles,  dans  son  Dictionnaire 
des  Origines  chrétiennes,  publié  chez   Migne.  —  Il 
soutient,  p.  6,  que  M.  Jehan  suppose  encore,  pour  le 
groupe  des  sept  évoques,  six  ou  sept  textes.  —  Il 
prétend,  p.  8,  que  dans  l'article  de  saint  Denys,  «  les 
perplexités  de  M.  Jehan  lui  ont  arraché,  sur  un  môme 
fait,  trois  notes  discordantes.  »  —  Il  accuse,  p.  12, 
MM.  Jehan  et  Rolland  d'avoir  cité,  à  rencontre  de 
Grégoire  de  Tours,  un  texte  de  Tillemont  falsifié  par 


(1)  In-S*  de  41  pages.  Tonr^,  Roaserox,  1870. 
(•2)  In-8»  de  39  pages  Tours,  Liclevôse,  1870. 


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24  APOSTOI.ir.lTK 

Dom  Liron,  an  lieu  de  donner  ce  qui  étail,  selon  lui, 
le  vrai  texte  de  Tillemont.  —  Il   reproche,  p.  43,  k 
MM.  Rolland  et  Jehan  de  ne  s*étre  pas  fait  scrupule 
d'emprunter  divers  passages  à  «  ce  Liron,  falsificateur 
de  textes  pour  le  compte  cPautrui,  sans  se  préoccuper 
d'en  vérifler  la  sincérité.  »  —  Il  blâme  MM.  Jehan  et 
Rolland  d'avoir  employé  c  des  textes  supposés  (il  n'y  en 
a  pas  moins,  dit-il,  de  quinze  ou  seize),  des  textes 
dénaturés  par  interprétation,  ou   traduits  à   contre- 
sens, enfin  des  textes  falsifiés  par  d'autres  écrivains  ou 
par  eux-mêmes.  »  — Il  dénonce  M.  Jehan  comme  ayant 
faussé  le  Martyrologe  romain.  —  Il  ne  voit  dans  la 
rie  de  sainte  Madeleine,  de  Raban-Maur,  publiée  par 
M.  Paillon,  et  dans  les  Actes  de  saint  Austremoine, 
œuvre  de  saint  Priest,  évéque  de  Clermont,  publiés 
par  M.    Arbellot,  qu'un  «  grossier  tissu   de  fables, 
p.  22,.  allant  jusqu'à   faire   mention,  au  milieu    du 
septième  siècle,  de  Pépin  et  même  de  Charlemagne, 
etc.,  etc.  >  —  Comme  grand  nombre  d'érudils,  MM.  Ch. 
Salmon,  Rolland  et  Jehan  croient  à  la  valeur  de  ces 
documents.  Notre  critique  leur  en  fait  ainsi  un  crime, 
p.  23  :  c  Ne  dirait-on  pas  que  l'auteur  de  la  Disser- 
tation  (M.  Rolland)  et  le  savant  archéologue  d'Amiens 
(M.  Gh.  Sulmon)  se  sont  abreuvés,  avec  M.  Jehan,  à 
la  môme  source  troublée?»  —  Enfin,  M.  Chevalier 
insinue,  p.  28,  que  MM.  Jélian  et  Rolland  citent,  sans 
la  moindre  loyauté,  les  Chroniques  de  Touraine  dont 
ils    s'étudient  h   amoindrir    l'effet;  —  p.    29,    que 
M.  Jehan  tronque  un  passage  de  Chateaubriand;   — 
p.  31   et    32.   que  MM.  Jehan   et  Rolland  font  subir 
aux  écrits  des  Bénédictins  enx-mémes  des  mutilations 


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DES   ÉCSMSICS   DP.   1  HANCK.  25 

en  alléranl  le  sens;—  p.  52,  que  M.  Jehan  cite  les 
Boliandisles  sans  en  traduire  la  pensée  fidèlement. 

Quant  aux  preuves  de  ces  nombreuses  récrimina- 
tions, M.  Chevalier  oublie  de  les  fournir. 

II.  —  La  Leiire  à  U.  Vabbé  Rolland  sur  quel- 
ques principes  de  critique,  signée  par  FabbéBourassé, 
est,  en  réalité,  comme  la  précédente,  Tœuvre  de 
H.  Tabbé  Chevalier.  A  son  style,  on  reftl  facilement 
deviné  ;  mais  il  se  donne  lui-même,  p.  4,  la  peine  de 
nous  l'apprendre.  «  Ne  pouvant,  dit  il,  se  livrer  à  un 
travail  soutenu  de  rédaction,  il  (M.  Tabbé  Bourassé) 
m'a  prié  de  lui  servir  de  secrétaire.  Le  public  vou- 
dra donc  bien  reporter  à  mon  cher  et  vénéré  matlre 
tout  ce  qu'il  y  a  ici  d'érudition  solide,  de  haute  cri- 
tique et  de  fine  raison  (sic)  et  rejeter  sur  moi  toutes 
les  imperfections  de  la  forme^  »  Ce  coup  d'encensoir 
adroitement  donné  h  la  brochure  Bourassé-Chevalier, 
le  secrétaire  se  met  en  train  de  contredire  M.  Rol- 
land. [I  le  blâme  d*étre  entré  prématurément  dans 
l'étude  de  l'histoire  religieuse  locale  et  de  ne  pas  avoir 
su,  dans  sa  Dissertation,  présenter  ses  idées  sous 
une  forme  scientillque  et  discutable.  —  «  Le  livre  de 
M.  l'abbé  Rolland  n'est  pas  de  la  critique  historique  : 
c'est  un  amas  confus  de  matériaux  informes  attendant 
la  main  de  l'ouvrier.  »  -—  Partant,  M.  l'abbé  Cheva- 
lier enseigne  à  M.  Tabbé  Rolland  comme  quoi  —  il 
faut  reconnattrc  le  degré  d'authenlicilé  des  textes  qu'on 
veut  discuter  ;  —  il  ne  faut  pas  ignorer  les  sources  de 
l'historien  qu'on  veut  critiquer;  —  il  faut  comprendre 
les  textes,  non-seulement  au  point  de  vue  grammatical, 


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96  APOSTOLIGITÉ 

mais  encore  au  point  de  vue  littéraire,  et  interpréter 
récriyain  par  lui-môme  ;  «-  il  faut  être  indulgent  pour 
les  erreurs  des  copistes,  surtout  en  matière  de  chiffres; 
—  il  faut  appliquer  d'une  manière  uniforme  les  mêmes 
principes  de  critique;  —  il  faut,  en  citant  ses  autori- 
tés, toujours  remonter  aux  sources  ;  -^  il  fuut  se  gar- 
der des  affirmations  hasardées  ;  ^  il  faut,  pour  juger 
un  écrit,  ne  pas  oublier  le  milieu  dans  lequel  il  a  été 
composé  ;  —  il  faut  tenir  compte,  dans  une  juste  me* 
sure,  des  travaux  des  critiques  autorisés  ;  —  enfin,  il 
faut  ne  discuter  qu'avec  de  fortes  preuves  historiques 
les  faits  historiques  consignés  dans  la  liturgie.  —  Il  va 
sans  dire  que  Texposé  de  ces  principes  est  entrelardé, 
h  radresse  de  M,  l'abbé  Rolland,  d'apostrophes  un 
peu  vertes.  Entre  autres  aménités,  M.  l'abbé  Chevalier 
Itti  dit,  —  p.  18  :  «  Quel  admirable  raisonneur  vous 
êtes,  Monsieur  l'abbé,  et  quel  honneur  vous  faites  à 
voire  professeur  de  logique  !»  —  p.  M  :  «  Vous  n'a- 
vez peut-être  pas  le  temps  de  consulter  les  grands 
ouvrages  de  chronologie  ;  achetez  donc  un  Fetler,  on, 
tout  au  moins,  un  simple  Bouillet.  >  Il  serait  facile  de 
multiplier  les  citations  de  cette  sorte  de  courtoisie. 

IIL— Les  Légendes  au  Concile  de  Xmo^w,  Cette  troi- 
sième brochure  de  M.  l'abbé  Chevalier  consacre  d'a- 
bord quelques  mots,  pp.  1-4,  à  la  question  des  origi- 
nes des  Eglises  de  France,  que  l'auteur  présente  à 
sa  manière.  —  Elle  s'attaque  ensuite,  pp.  5  et  < 9,  à 
notre  livre  :  VApostolicité  de  l'Eglise  du  Velay  ;  — 
pp.  7.  47,  et  26,  aux  Monuments  inédits  de  M.  Pail- 
lon; —  p.  9,   à    la  Dissertation  sur  tapostolat  de 


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Qoo^z 


DES  ÉGLISES  DE  FRANGE.  •       37 

saint  Martial,  par  M.  Arbellot;  —  p.  U,  aux  Actes  de 
saint  Austremoine  attribués  &  saint  Priest,  légende  que 
l'auteur  accuse  de  n'avoir  pas  la  moindre  autUenti- 
cité;  -*  p.  Si,  au  Document  d'Arles,  publié  par  M.  Pail- 
lon, el  p.  28,  à  la  Vie  de  saint  Frontt  par  M.  Tabbé 
Pergot.  Selon  M,  Tabbé  Chevalier,  ^es  adversaires  se 
trouvent  tous  dans  le  faux  ;  ils  n'ont  aucune  bonne 
foi  ;  les  documents  fournis  par  eux  sont  supposés,  erro- 
nés, falsiflés,  etc. 

En  ce  qui  nous  concerne  personnellement,  qu'on 
nous  permette  de  nous  arrêter  un  instant  aux  accu- 
sations poriées  contre  nous  par  M.  l'abbé  Chevalier  : 

«  De  graves  raisons,  p.  5,  ne  pdi*mettent  pas  à  ce 
savant  d'adbéi*er  à  notre  thèse  et  de  penser  avec  nous 
que  saint  Georges  a  évangélisé  le  Yelay  au  premier 
siècle.  »  Avant  toutefois  d'examiner  le  fond  des  argu- 
ments sur  lesquels  nous  nous  sommes  appuyé,  le  critique 
fait,  pp.  5  et  6,  trois  observations  sur  notre  méthode 
d'exposition.  —  D'abord,  comme  M.  Arbellot  et  plu- 
sieurs autres  écrivains,  nous  remontons  la  chaîne  des 
témoignages  en  partant  de  nos  jours.  Cela  déplaît  h 
M.  Chevalier.  Pourqnoi  ce  système  qui  lui  parait  irra- 
tionnel et  contraire  à  la  marche  de  la  véritable  criti- 
que historique,  la  tradition  descendant  et  ne  remontant 
pas?  —  L'auteur  des  Légendes  au  Concile  de  Liomges 
blâme  aussi  l'emploi  fait  par  nous  des  mots  de  témoi- 
gnages anciens,  de  traditions  immémoriales.  Il  ne 
trouve  pas  à  ces  termes  «  trop  vagues  »  la  précision 
que  demande  l'histoire,  ce  qui  le  laisse  dans  une  in- 
certitude trop  grande.  <—  Enfin,  quelquefois  aussi, 
selon  M.  Chevalier,  «  nous  précisons  trop  »,  d'où  il  ré- 


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28  •  APOSTOUCITE 

suite  qae  certains  documents  prendraient  sous  notre 
plume  «  un  âge  déterminé  que  rien  ne  leur  assigne, 
ou  plutôt  que  tout  démontre  être  plus  récent.  >  Notre 
contradicteur  se  réserve  d'en  donner  qiielque  jour  des 
preuves  frappantes. 

Ces  observations  préliminaires  une  fois  posées, 
M.  Chevalier,  au  nom,  dit-il,  de  la  sincérité  historique, 
nous  fait  nn  crime  d'avoir  omis  deux  textes,  selon 
lui,  contraires  &  l'opinion  qui  fait  de  saint  Georges 
un  des  soixante-douze  disciples  du  Sauveur.  Ces  deux 
pièces  seraient  :  ^'^  un  texte  de  Raban-Haur  qui,  au 
neuvième  siècle,  inscrivait  au  i"  octobre.  Tannonce 
de  saint  Front,  évéque  et  confesseur,  né  à  Lanquais, 
dans  le  territoire  de  Périgueux  ;  et  2*  un  texte  de  la 
Légende  composée  par  Gauzebert,  chorévéque  de  Li- 
moges, sous  révéque  Hildegaire,  de  974  à  999,  lequel 
texte,  comme  celui  de  Raban-Maur,  fait  nattre  saint 
Front  à  Lanquais»  où  le  futur  apôtre  de  Périgueux 
aurait  été  élevé  chrétiennement  avant  d'aller  recevoir 
il  Rome  sa  mission  de  saint  Pierre,  en  même  temps  que 
saint  Georges. 

M.  Chevalier  prétend  ensuite,  p.  8,  que  nous  avons 
invoqué  deux  documents  dont  l'antiquité  ne  lui  pa- 
raît point  démontrée  :  la  Vie  de  Sainte  Marie-Made- 
leine^ attribuée  k  Raban-Maur  par  M.  Faillon  et  les 
Acte%  de  saint  Georges,  conservés  dans  l'Eglise  du  Puy 
an  quatorzième  siècle.  Pour  justiQer  cette  assertion, 
il  fabrique,  à  son  point  de  vue,  et  pour  le  besoin  de 
sa  cause,  une  prétendue  histoire  du  Concile  de  Li- 
moges où  fut,  dit-il,  soulevée  incidemment  la  question 
de  l'apostolat  de  saint  Front  et,  par  suite,  celle  de 


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DES   KGLISES  DK   PRAXCE.  i9 

Taposlolat  de  saint  Georges,  son  inséparable  compa- 
gnon. —  Poursuivant  son  récit  fantaisiste,  M.  Cheva- 
lier accuse,  p.  9,  M.  Arbellot  «  d'inconséquence  »;  — 
il  reproche,  p.  17,  {i  M.  Faillon  t  des  affirmations  sans 
aucune  base  et  d'énormes  distractions  »;  —  il  va 
même  jusqu'à  supposer,  p.  19,  que  nous-méme,  afin 
de  ne  pas  déranger  notre  thèse,  nous  supprimons  les 
objections  les  plus  graves.  Pour  en  fournir  un  exem- 
ple, il  nous  objecte,  p.  23,  comme  une  trouvaille  dé 
son  crû,  le  monument  qu'au  milieu  du  troisième  siè- 
cle les  habitants  de  Ruessium  —  la  cité  des  Vella- 
viens —  élevèrent  à  la  mémoire  d'Etruscilla,  épouse 
de  l'empereur  Dèce,  persécuteur  des  chrétiens  ;  tan- 
dis que  nous  avions  nous-méme  répondu,  dans  notre 
Mémoire,  à  l'objection  que  quelques  adversaires  de 
Paposlolicilé  de  l'Eglise  du  Velay  avaient  cru  pouvoir 
tirer  de  Téreclion  de  ce  monument,  dont  l'inscription 
a  été  par  nous  publiée. 

Nous  ne  nous  arrêterons  pas  à  réfuter  M.  l'abbé 
Chevalier  en  ce  qui  concerne  les  attaques  contre  no- 
tre livre,  M.  Tabbé  Arbellot  l'ayant  déjà  fait  sponta- 
nément (1).  Mais,  à  suivre  toutes  ces  diatribes,  nous 
éprouvons  un  sentiment  pénible.  Il  est  triste  de  voir 
la  discussion  dégénérer  ainsi  dans  des  questions  qui 
devraient  n'éveiller  que  la  passion  sincère  et  droite 
de  la  vérité ,  au  lieu  de  soulever  les  orages  des  ran- 
cunes et  des  vanités  personnelles.  La  vérité  est  notre 
héritage  commun  et  nous  devons  tous  vouloir  l'acqué- 


(1)  Observations  critiques  à  Messieurs  Bouroisé  et  Chevalier,  sur  la  Légende 
de  S,  Austremoine  et  les  Origines  chrétiennes  de  la  Gaule. 


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1 


30  APOSTOLICITÉ 

rir  et  travailler  fraternelleoient  ensemble  à  la  déga- 
ger des  obscurités  que  les  siècles  et  Tignorance  ont 
entassées  autour  d'elle.  Nous  faisons  des  vœux  pour 
que  la  discussion,  encore  vivace,  rentre  dans  les  li- 
mites de  la  bonne  foi  et  de  la  charité.  Nos  études  y 
gagneront  assurément  et  nos  adversaires  n'auront  pas 
à  s'en  plaindre  plus  que  nous  si,  comme  nous,  —  ce 
que  nous  espérons,  —  ils  n'ont  qu'un  but,  la  mise  eu 
lumière  de  la  plus  stricte  vérité. 

Trois  répliques  suivirent  de  près  les  trois  actes  d'ac- 
cusation Chevalier-Bourassé.  Elles  sont  intitulées  :  — 
Les  légendes  vengées,  ou  saint  Grégoire  de  Tours, 
histonen  des  traditions  apostoliques  de  nos  Eglises, 
par  Jehan  (  de  Saint-Clavien)  {i);  —  Saint  Grégoire 
et  les  Origines  de  CEglise  de  Tours,  par  Tabbé  Rol- 
land (2)  ;  —  enfin,  Observations  critiques  à  MM,  Bou- 
rassé  et  Chevalier  sur  la  Légende  de  saint  Austre- 
moine  et  les  Origines  chrétiennes  de  la  Gaule,  par 
l'abbé  Arbellot  (3). 

Pour  ne  pas  donner  à  notre  étude  analytique  des 
proportions  trop  vastes,  nous  nous  bornerons  à  dire 
quelques  mots  seulement  de  chacune  de  ces  répliques, 
aussi  remarquables  par  la  forme  que  par  le  fond. 

I.  —  Les  Légendes  vengées,  ou  saint  Grégoire  de 
Tours^  historien  des  traditions  apostoliques  de  nos 
Eglises.  —  M.  Jehan,  dans  cette  nouvelle  publica- 
tion, prend  à  partie  les  assertions  de  MM.  Bourassé 


II)  1  vol.  in-12.  Tours,  Bouserez,  1870. 

(3)  la-d*  de  66  page^.  Tours,  Bouserez,  1870. 

(3)  ln-S«  de  48  pages.  Tours,  Booserez,  1970. 


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DES  É6USB&  DE  FRANGE.  31 

et  Chevalier,  dans  leurs  récentes  brochures  sar  l'a- 
poslolicité  (le  TEglise  de  Tours  et  plus  spécialement 
dans  les  Treize  cas  de  M.  Jehan.  —  Il  rappelle  d'a- 
bord, dans  l'Introduction,  les  agressions  téméraires 
des  Grégoriens  de  la  Tonraine  et  la  fausse  direc- 
tion de  leur  critique.  Leurs  nombreuses  brochures 
n'ont  servi,  dit-il,  qu'à  démontrer  leur  «  radicale 
impuissance.  »  Aussi  sont-ils  au  fond  d'une  impasse 
dont  ils  ne  peuvent  maintenant  sortir  que  par  une 
éclatante  rétractation.  Cette  rétractation,  M.  Jehan 
ose  toujours  y  compter.  £n  attendant,  p.  4,  il  blâme 
MM.  Bourassé  et  Chevalier,  €  eux,  hommes  graves, 
ecclésiastiques,  de  leur  manque  de  dignité,  de  cha- 
rilé,  de  modération,  de  critique  courtoise,  de  res- 
pect pour  des  opinions  parfaitement  libi*es  et  qui 
ont,  au  moins  autant  que  les  leurs,  le  droit  de  se 
produire.  »  Il  consacre  ensuite  une  grande  partie 
de  son  travail,  pp.  4-64,  à  mettre  en  relief  les  er- 
reurs et  les  contradictions  avancées  par  ces  critiques 
dans  leurs  éludes  sur  les  Légendes»  Vient  à  la  lin 
une  réfutation  en  forme  des  Treize  cas.  M.  Jehan 
ne  laisse  rien  subsister  de  cette  brochure  de  M.  Che- 
valier. 11  reconnaît  à  son  auteur  t  les  brillanles 
qualités  de  Don  Quichotte,  le  chevalier  de  la  Man- 
che. »  —  Il  termine  enfin  par  une  discussion  de  l'au- 
torité de  Grégoire  de  Tours  et  des  titres  presque  sans 
nombre  consacrant  Tapostolicité  de  l'Eglise  de  Tours. 

II. — Saint  Grégoire  et  les  origines  de  P Eglise  de 
Tours,  par  l'abbé  Rolland.  On  ne  peut  s'empêcher 
dfadmirer  le  calme  et  la  modération  de  la  réponse 


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32  AI»0ST0L1CITÉ 

à  M.  l*abbé  Bourassé  par  M.  l'abbé  Rolland.  —  L'auteur 
pose  avec  sincérité  l'état  de  la  question.  —  Répondant 
ensuite  aux  attaques  dont  il  a  été  l'objet,  il  établit 
que  tous  les  livres  liturgiques  de  l'Ëglise  métropolitaine 
de  Tours,  depuis  le  treizième  siècle  jusqu'en  4784, 
affirment  unanimement  que  saint  Gâtien  fut  envoyé 
à  Tours  par  saint  Pierre.  —  Il  revient  sur  la  Légende 
de  saint  Saturnin.  — 11  rappelle  que  saint  Grégoire  de 
Tours  n'a  pas  eu  de  documents  certains  sur  l'époque  de 
la  venue  de  saint  Gatien  à  Tours.  — 11  prouve  qu'il  a 
compris  saint  Grégoire  et  que  ses  advei*saires  vou- 
draient l'expliquer  arbitrairement. —  Il  démontre  com- 
ment l'on  doit  interpréter  les  légendes.  —  Il  cite  une 
bulle  d'Eugène  IV,  datée  de  l'année  U34  ,  faisant 
mention  de  la  tradition  qui  regardait  alors  saint  Ga- 
tien comme  Tun  des  soixante -douze  disciples  de 
Notre-Seigneur. — Il  termine  en  prenant  acte  d'un  fuit, 
c'est  que  l'Histoire  donne  raison,  contre  Grégoire  de 
Toui*s,  à  la  tradition  liturgique  de  Touraine. 

III.  —  Observations  critiques  à  MM.  Bourassé  et 
Chetalier  sur  la  légende  de  saint  Austremoine  et 
les  origines  chrétiennes  de  la  Gaule,  par  l'abbé 
Arbellot. 

Dans  cette  brochure,  du  48  mai  4870,  M.  l'abbé 
Arbellot  établit  d'abord  l'authenticilé  de  la  Légende 
dé  saint  Austremoine,  écrite  par  saint  Priest,  évéque 
de  Clermont.  Pour  défendre  Grégoire  de  Tours  contre 
les  critiques  de  ces  derniers  temps,  au  sujet  de  l'épo- 
que de  la  mission  de  saint  Gatien,  M&f.  Bourassé  et 
Chevalier  avaient  rejeté  systématiquement,  comme  apo- 


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I>KS  KGI.ISKS  DK  FHANCE.  33 

cryphes,  tous  les  docunu'iUs  qui  coiilredisent  le  (exlc 
de  cet  historien.  Or,  entre  plusieurs  autres  documents, 
la  Légende  de  saint  Austrcmôine  enseigne  que  saint 
Gatien  ,  fondateur  de  l'Eglise  de  Tours,  a  reçu  sa  mis- 
sion de  Tapôtre  saint  Pierre.  Naturellement  donc,  au\ 
yeux  de  ces  deux  critiques,  cette  légende  deyait  ùlre 
fousse  et  controuvée.  Ils  en  avaient,  dès  lors,  nié  avec 
énergie  Tautlienticité  et  ils  avaient  employé,  à  la  com- 
battre, toutes  les  ressources  de  leur  génie.  M.  Arbellot 
pulvérise  leurs  prétendus  arguments  et  leur  démontre, 
d'une  manière  péremptoire,  que,  dans  la  Légende  de 
saint  Austremoine,  il  n'est  question  ni  de  Pépin  ni 
de  Charlemagne  ;  —  que  celte  légende  a  été  écrite  par 
saint  Priest,  non  en  vers,  mais  en  prose  et  en  style 
pompeux,  cette  sorte  de  traduction  en  vers,  intercalée 
dans  Tédilion  du  P.  Labbe,  datant  tout  au  plus  du  neu- 
vième siècle  ; — que  saint  Astrebode  est  très-certainement 
saint  Austremoine;  —  que  In.  Légende  de  saint  Austre- 
moine n'est  pas  postérieure  à  saint  Priest;  qu'elle 
porte  le  cachet  de  l'époque  de  cet  évéque  et  est  son 
œuvre;  —  enfin  que,  quand  même  se  rencontreraient, 
dans  les  Actes  de  saint  Austremoine,  des  détails  lé- 
gendaires et  fabuleux,  ce  ne  serait  pas  une  raison 
de  rejeter  absolument  l'autorité  de  cette  légende, 
mais  il  faudrait  chercher  à  y  dégager  la  vérité  de 
l'erreur. 

Le  savant  auteur,  Thisloire  à  la  main,  s'attache 
ensuite,  pp.  25-32,  à  relever  dans  la  Lettre  à  M.  (abbé 
Holland  et  dans  les  Légendes  au  Concile  de  Limoges,. 
une  foule  de  fausses  assertions,  de  bévues,  de  con- 
tradictions qui  sont  loin  de  faire  honneur  à  la  science 

TomeXXXl.  r 


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34  APOSTOLIOITË 

de  MM.  Boufa^sé  et  Chevalier.  Telle  est,  par  eiem- 
pie,  Terreur  de  M.  Chevalier  sonnant  qae  la  pré- 
tention des  Eglises  de  la  Gaule  à  Étire  remonter  lear 
origine  à  saint  Pierre,  ou  à  saint  Clément,  aurait 
pris  naissance  avec  les   fousses   Décrétâtes. 

Puis,  M.  Arbellot  détruit  une  à  une  les  attaques 
que  M.  Tabbé  Chevalier  avait  dirigées  contre  no- 
tre Mémoire  sur  VAposiolicité  de  C Eglise  du  Velay. 
—  Il  prouve,  p.  35,  que  les  textes  de  Raban-Maur 
et  de  Gauzebert,  que  M.  Chevalier  nous  accuse  d'avoir 
omis  fallacieusement,  ne  sont  point,  comme  l'avance 
ce  critique,  contraires  &  Topinion  faisant  de  saint  Geor- 
ges un  des  soixante-douze  disciples  du  Sauveur.  -*< 
Il  établit,  pp.  33  et  34,  Tancienneté  et  Tauthentictté 
des  Actes  de  saint  Georges  sur  lesquels  nous  nous  som- 
mes appuyé  dans  notre  travail.  -^  Et,  de  plus,  en 
retraçant  avec  sincérité  Thistorique  du  Concile  de 
Limoges,  il  démontre  jusqu'à  Tévidence  la  fausseté  et 
la  futilité  des  arguments  controuvés  de  M.  Chevalier 
dans  sa  brochure  :  Les  légendes  au  Concile  de  Limoges. 

Le  savant  urchipi^tre  de  Rochechouart ,  vers  la 
fiD  de  sa  brochui^e,  emploie  deux  grandes  pages  à 
admonester  sévèrement  MM.  Boura^sé  et  Chevalier 
sur  le  mépris  de  toute  politesse  et  de  toute  conve- 
nance qu'ils  affectent  dans  leur  polémique. 

Enfin,  un  mémoire  intitulé  :  Saint  Gatien,  pre^ 
mier  évêque  de  Tours;  époque  de  sa  mission  dans 
les  Gatiks  —  et  c'est,  à  notre  connaissance,  la  dernière 
brochure  publiée  sur  cette  polémique,  —  a  été  présenté 
par  M.  Jehan  (deSaint-Clavien)  à  la  Société  archéologi- 
que de  Touraine,  dans  sa  séance  du  30  novembre  4870. 


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DES    ÉGLISKS    DE    FRANCK.  35 

Après  avoir  écoulé  avec  attention  la  lecture  de  ce 
travail  important,  dû  à  l'un  de  ses  membres,  la  docte 
compagnie  en  a  oWonné  Tinsertion  dans  ses  Anna- 
les. 

Cette  dernière  brochure  de  M.  Jehan  est  divisée 
en  trois  paiiies.  Nous  ne  saurions  faire  mieux,  pour  en 
donner  une  idée ,  que  de  reproduire  ce  qu'en  dit 
M.  Ladevèze,  secrétaire  général,  chargé  du  compte- 
rendu  par  la  Société  archéologique  de  Touralhe'(1i. 

«  Dans  la  première  partie,  dit  M.  Ladevèze,  M.  Jêlian 
élaWii  que,  jusqu'au  dix-septième  siècle,  la  croyance 
universelle  était  que  trois  missions  chrétiennes 
avaient  eu  lieu  en  Gaule  durant  le  premier  siècle  : 
celle  de  saint  Lazare;  celle  de  saint  Pierre,  où  saint 
Gatien  figure  comme  ayant  apporté  l'Evangile  dans 
notre  contrée;  enfin,  celle  de  saint  Denys.  Cette 
croyance  s'appuyait  sur  l'autorité  d'une  foule  d'historiens 
des  plus  impartiaux  et  des  plus  graves,  attestant  la 
rapidité  avec  laquelle  le  christianisme  s'était  répan- 
du dans  le  monde  et  avait  dû  se  répandre  parti- 
culièrement tdans  la  Gaule,  en  raison  de  la  facilité 
de  son  accès  et  de  ses  continuels  rapports  avec  Home. 
La  Gaule  avait  été  nécessairement  évangéliséc  dès 
le  premier  siècle.  Comment  ne  l'aurait -elte  été 
qu'au  troisième,  quand  l'Espagne  et  la  Bretagne  in- 
sulaire l'étaient  avant  cette  époque? 

€  Dans  la  seconde  partie  de  son  Mémoire,  M.  lé- 
han  dit  que,   si  la   tradition  générale  ne  laisse  au- 


[1]  luirait  4u  procés-rerlfûl  de  la  iiaace  4c  la  Sociélà  arckâolDffique  de 
touraiue,  du  30  novembre  1870,  présidence  de  M.  Grttndmaison,  pp.  641 -7û8, 


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:{()  apostoijcitk: 

can  doale  sur  révangélisation  de  la  Gaule  au  premier 
siècle,  les  traditions  locales  ne  sont  pas  moins  aflir- 
matives  sur  ce  point  historique,  comme  on  peut  s'en 
j  convaincre  par  ce  que  Thistoire  nous  apprend  des  mis- 

I  sions  de  saint  Trophime  à  Arles,  de  saint  Paul  à  Nar- 

I  bonne,  de  saint  Martial  à  Limoges,  de  saint   Denys 

h  Paris.  Saint  Grégoire  place,  il  est  vrai,  au  troi- 
sième siècle,  seulement,  la  mission  de  saint  Gatien  dans 
nos  contrées:  mais  H.  Jehan  n'accepte  pas  l'asser- 
ion  de  Têvéque  de  Tours.  Selon  lui,  saint  Grégoire 
de  Tours,  malgré  son  incontestable  mérite  d'histo- 
rien, manquait  de  critique  ;  ses  ouvrages  fourmillent 
d'erreurs  évidentes  sur  des  faits  incontestables,  et 
ce  qu'il  a  dit  de  notre  premier  évéque  en  est  une 
irrécusable.  Toutes  les  preuves  se  réunissent,  en 
effet,  pour  présenter  comme  une  tradition  vraiment 
historique  la  tradition  sur  Torigine  apostolique  de 
TEglise  de  Toure,  et  l'opinion  de  Grégoire  de  Tours 
ne  saurait  suffire  pour  la  renverser. 

a  Dans  la  troisième  partie,  M.  Jehan  développe  cette 
idée,  que  le  plus  sûr  élément  d'interprétation  des 
textes  de  Grégoire  de  Tours,  au  sujet  de  la  mission 
de  saint  Gatien,  doit  se  trouver  dans  les  traditions 
liturgiques  de  l'Eglise  de  Toui's,  acceptées  et  con- 
statées par  tant  et  de  si  graves  personnages.  Il  exa- 
mine donc  à  ce  point  de  vue  la  question  dont  il 
s'est  proposé  l'examen  ;  il  croit  que  l'on  nepeuts^em- 
pécher,  en  présence  des  preuves  qu'il  énumère,  de 
faire  remonter  la  mission  de  saint  Gatien  au  premier 
siècle  de  noire  ère  et  conclut  en  ces  termes  :  «  De- 
vant cette   liturgie  et  cette   tradition   si  hautement 


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DKS  EGLISKS  DE  FRANCK.  37 

allestées,  devant  celle  assemblée  vénérable  et  impo- 
sante qai  l'a  transmise  avec  une  si  ferme  assurance, 
nous  n'hésitons  pas  à  .  nous,  rendre  et  nous  n'a- 
vons pas  besoin  d'un  grand  effort  pour  nous  ran- 
ger à  ce  qui  fut  la  croyance  uniforme  et  constante 
pendant  toute  la  durée  du  moyen  âge,  non-seule- 
ment de  Tantique  et  illustre  Eglise  métropolitaine 
de  Tours,  mais  de  toutes  les  Eglises  de  France,  d'Al- 
lemagne, d'Italie   et  d'Espagne.  » 

Puisse  le  savant  mémoire  de  M.  Jehan  clore  enfin 
le  débat  ouvert  depuis  vingl-cinq. années I 

Nous-méme  nous  clorons  ce  petit  travail  par  un  mot 
à  l'adresse  de  M.  Paulin  Pftris,  dont  la  science  nous 
inspire,  néanmoins,  la  plus  grande  estime. 

A  la  fin  de  leurs  brochures  :  Lettre  à  M.  l'abbé  Rol- 
land, et  Les  Légendes,  au  Concile  de  Limoges, 
MM.  Bourassé  et  Chevalier  publient  ilérativement  une 
lettre  de  rîlluslrc  membre  de  Tlnslilut,  adressée,  di- 
sent-ils, à  l'un  de  leurs  amis,  le  3  oclobre  1869. 
M.  Paulin  Paris,  dans  cette  lettre,  affirme  que  «  pour 
ce  qui  touche  à  la  Légende  des  saints  Georges  et 
Front,  on  ne  peut  pas  nous  suivre  dans  nos  conclu- 
sions de  VAposlolicilé  de  V Eglise  du  Vc/ay  »; — 
qu'on  ne  peut  pas  davantage  reporter  saint  Galien 
au  premier  siècle  contre  le  témoignage  de  Grégoire 
de  Tours  ;  —  qu'il  faut  rejeter  les  Légendes  qui  veu- 
lent que  saint  Martial,  saint  Lazare,  sainte  Marie-Ma- 
deleine soient  venus  du  fond  de  l'Asie  se  flxer  dans 
les  Gaules,  et  qu'il  faut  y  joindre  aussi  celle  de  saint 
Denys  l'Aréopagite.  —  A  la  fin  de  celle  lettre,  adressée 
à  l'ami  de  MM.  Bourassé  et  Chevalier,  l'éminenl  aca- 


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38  APOSTOLIGITÉ 

(lémicien  ajoute  :  «  Peut-être  jugerez-vous,  comme 
moi,  que  Rome,  à  laqneUe  nous  portons  tout  le  res- 
pect possible,  n'aurait  pas  dû  encourager  toutes  ces 
apologies  des  Légendes  fabuleuses.  »  Et,  dans  la 
mdme  lettre,  M.  Paulin  Paris  présente  à  M.  Tabbé 
Bourassé  ses  félicitations  «  pour  avoir  dit  le  dernier 
mot  sur  rimportante  question  de  la  défense  de  saint 
Grégoire  de  Tours.  » 

D'un  autre  côté,  nous  avons  sous  les  yeuK  une 
lettre  que  déjà,  le  i  octobre  4869,  M.  Paulin  Pftris 
nous  avait  fiiil  Thonneur  de  nous  adresser  et 
dans  laquelle  il  parle  ainsi  de  notre  ouvrage  : 
«  Je  dirai  qu'il  est  écrit  avec  feu,'  avec  sincérité, 
«  avec  rélégance  et  le  bon  goût  qu*on  pouvait  désirer. 
«  J'ajouterai  qu'il  donne  une  nouvelle  force  à  Topi- 
^  nion  de  la  prédication  de  l'Evangilé  dans  les  Gaules, 
«  dès  le  premier  siècle  de  l'ère  chrétienne  et  que, 
«  d'ailleurs,  on  y  trouve  de  grandes  raisons  de  ne 
<f  pas  rejeter  ce  qtH  la  tradition  assez  ancienne  nom 
«  dit  de  iapostoticit(*^  de  saint  Georges  et  de  saint 
«  Front.  Ce  que  je  dois  ajouter,  c'est  que  j'ai  lii  avec 
«  le  plus  vif  intérêt'  et  un  véritable  plaisir  votre  livre, 
«  ob  sont  habilement  discutées  tontes  les  objcc- 
«  tions.  » 

Le  rapprochement  de  ces  deux  lettres  et  quarum- 
dam  aliarum  du  même  auteur,  sur  le  même  objet, 
a  inspiré  à  M.  Jehan  (de  Saint-filavien),  dans  les 
Légendes  vengées,  p.  35,  cette  réflexion  :  «  M.  Paulin 
Paris  me  parait  un  savant  fort  aimable,  qui  a  des 
choses  agréables  h  dire  h  tout  le  monde,  mais^  qui, 
j«  elbois,  a(n*ait  bien  de  la  peine  h  concilier  ensemble 


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DES  ÉGLISES  DE  FRANCE.  39 

loo»  tes  compliments  que  sa  plume  complaisante  adresse 
à  tous  ceux  (loi  lui  tendent  la'msin  (4).  » 

Nous  ayons  terminé  ce  Mémoire,  un  peu  sec  peut- 
étre,  mais  auquel  le  but  que  nous  nous  sommes  pro- 
posé ne  permettait  pas  de  donner  de  plus  vastes 
pi-oportions.  Nous  n'avons  voulu  que  conduire 
rapidement  par  la  main,  à  travers  cette  nouvelle 
question  historique,  ceux  qui  s^intéressent  h  nos  ori- 
gines chrétiennes.  Cette  question,  du  domaine  de  l'his- 
toire générale,    se  complique,  pour  les  âmes  chré- 


{1}  Au  moment  où  se  termine  l'impression  de  ceiUt  étude,  nous  apprenons 
la  mort  de  M.  Jehan  (de  Saint-CIavien).  Cest  posr  les  sciences  H  k»  lettres 
une  perte  considérable.  Cet  étv^ïi  distingué,  —  qni  était  anssi  nn  bomne  de 
bien,  un  chrétien  sincère,  ~  n'avait  d'autres  aspirations  que  la  pratique  de 
la  vertu  et  la  recherche  de  la  vérité.  Au  point  de  vue  scientiflque,  on  est 
presque  effrayé  quand  on  se  nppetie  les  pr^daetioiis  do  sa  pivme  infatigable  : 
—  Basai  iur  le  âéveiâppemeui  de  i'inlellitenee  kuHutine:  -^  1«  iiii  iu  mal 
ou  les  corrupteurs  du  siècle  ;  —  Nouveau  traité  des  sciences  géolùgique^;  — 
Esquisses  des  harmonies  de  la  création;  —  Dictionnaire  de  linguistique  et  de 
philologie  comparée  ;  —  Tableau  dé  la  création,  ou  nien  manifesté  par  ses 
œuvres;  —  Meautés  du  spaeiacle  de  la  nature;  —  Dieti&nnaire  de  eotmogouis 
et  de  paléontologie;  —  Dictionnaire  d'astronomie  et  de  météorologie;  —  Dic- 
tionnaire de  botanique  et  de  physiologie  végétale  ;  —  Dictionnaire  de  zoolo- 
gie; —  Dictionnaire  d'anthropologie;  —  Dictionnaire  des  c&nfroverse»  histo- 
riques; —  La  Bretagne,  esquisses  pittoresques  et  archéoiogiques;  ^  Moîna, 
ou  la  légende  de  Saint-clavien,  telles  sont  les  œuvres  magistrales  que  nous 
lui  devons.  —  A  ces  ouvrages  si  variés  et  si  importants,  il  faut  ^jouto^ 
encore  un  grand  nombre  de  brochures  sur  les  matières  les  pins  sérieuses,  et, 
en  particulier,  sur  Tapostolicité  de  T  Eglise  de  Tours.  Aussi  avona-noas  la 
conflance  d'être  ici  l'interprète  des  sentiments  de  nos  confrères  de  la  Société 
ftcadémique  du  Puy^  en  donnant  un  souvenir  il  la  mémoire  vénérée  de  ce  no- 
ble enfant  de  la  Bretagne,  dont  la  Tooraine  avait  abrité  les  derniers  travaux 
et  recueilli  les  derniers  enseignements.  Son  corps  a  été,  selon  ses  vœux, 
reporté  au  pays  de  ses  pères,  où,  par  ordre  de  Mgr  l'évéque  de  Saint-Brienc, 
et  aux  frais  du  diorcse,  la  plus  grande  solennité  a  été  donnée  aux  funérailles 
du  courageux  soldat  de  la  vérité. 


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4U  UKS    EGLISKS  l)i:  FRANCE. 

liennes,  d'une  queslion  de  senliraenl.  Remonter  pas 
à  pas  nos  annales  catholiqnes  jusqu'à  la  tradition  et 
la  légende  ;  là»  dégager  rot)scuritê  et  retrouver  notre 
chemin  sans  interruption  jusqu'au  Christ,  n'y  a-t-il 
pas,  à  côté  du  problème  historique  le  plus  attrayant,  la 
satisfaction  la  plus  intime  ?  A  côté  des  traditions 
de  la  famille  particulière  et  civile,  n'avons-nous  pas 
aussi  les  traditions  de  la  famille  générale  et  reli- 
gieuse ?  Et  celles-ci  ne  nous  touchent-elles  pas  autant 
et  plus  que  celles-là  ?  N'est-ce  pas  un  devoir  pieux, 
comme  une  douce  jouissance,  de  recueillir  ses  sou- 
venirs? —  Quand,  sur  le  point  de  se  disperser,  les 
soixante-douze  disciples  du  Sauveur  se  tracèrent,  au 
pied  de  la  croix,  un  chemin  nouveau,  à  travers  les 
épreuves  et  les  supplices,  jusqu'au  cœur  des  capitales 
du  monde  païen,  ils  commençaient,  dans  l'avenir,  cette 
admirable  émancipation  de  l'humanité  dont  nous  vi- 
vons aujourd'hui.  Les  passions  du  monde  et  ses  pré- 
jugés étaient  attaqués.  A  chaque  pas,  ils  cèdent  à 
la  lumière  et  à  la  charité.  L'ère  moderne  est  fille  de 
celte  révolution  immense.  Et  nous,  enfants  des  Gaules, 
les  héritiers  les  plus  directs  de  cette  longue  lutte  et 
de  ses  résultats  bienfaisants,  qui  nous  blâmera  de  cher- 
cher à  lire  dans  les  archives  effacées  des  premiers 
siècles  les  premiers  titres  de  notre  seule  vraie  et 
éclatante  noblesse? 


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NOTES 

SUR 

L'ORFÈVRERIE  DU  PUY 

AU  MOYEN  AGE 

ET  A   LA  RENAISSANCE 

PRIX -FAIT 

passé,  en  1458,  entre  Jean  do  Bourbon,  évSque 

du  Puy,  et  deux  orfêvres  du  Puy,  pour  la  façon  d*nne  statue 

de  saint  Pierre,  en  argent  doré. 

Par  M.  AuG.  GHASSAING.  sccrét:iiro  do  hi  SociéU'j. 


l 


L'orfèvrerie  était  Tune  des  plus  anciennes  et  des  plus 
florissantes  industries  du  Puy  (1)  au  moyen  âge  ;  elle  dnl 
surtout  son  essor  ix  la  célébrité  du  pèlerinage  de  Notre- 
Dame,  et  elle  en  partagea  la  fortune. 

Rudes,  comte  de  Nevers,  décédé  à  Acre  en  août  IÎ66, 


(I)  M.  Aymard  a  publié  sur  ce  sujet,  dans  V Album  d'archéologie  reliffieuse 
(Ayraard  et  M.ilcguc,  Le  Puy,  18-37,  \n-(*,  p.  C),  un  excellent  mémoire  auquel  je 
niivoie  le  lecteur.  Dans  le  présent  travail,  je  inc  suis  attaché  il  ne  citer  que  des 
documents  inédits  ou  qui  avaient  écliappé  aux  recherches  de  M.  Aymard,  évitant, 
uuiint  que  possible,  de  revenir  sur  !cs  points  déjà  mis  vu  lumière  par  notre 
savant  conrrère  et  ami. 


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42  DE    L*ORFÉVREniE   DU    PIY 

possédait^  à  sa  mort,  entr*aulres  bijoux,  «  xij  petiz 
eniaus  (anneaux]  dou  PiU  (4).  » 

A  Tannée  4  320  se  rapporte  un  contrat  d'apprentissage 
passé  entre  patron  et  apprenti.  Ce  contrat  étant  de 
beaucoup  le  plus  ancien  qu'on  aie,  je  crois,  jnmais  si- 
gnalé, mérite,  à  cause  de  Tintérôl  qu'il  offre  pour  l'his- 
toire de  l'industrie,  une  analyse  détaillée.  Dans  cet  acte, 
reçu  le  14  mars  4349  (4320)  par  iM*  Jean  de  Peyre,  no- 
taire au  Puy,  Durand  Gondol,  majeur  de  quatorze  aus, 
agissant  sous  Tautorité  et  avec  le  consentement  de  son 
père,  Jean  Gondol,  du  Puy,  s'oblige  à  travailler  pour 
Vidal  Amat,  orfèvre  du  Puy,  pendant  huit  années  con- 
sécutives à  compter  de  l'Annonciation  lors  prochaine,  à 
demeurer  avec  lui  et  à  lui  obéir  ;  Vidal  Amat,  de  son  côté, 
s'oblige  à  bien  apprendre  à  Durand  Gondol  l'état  d'or- 
fèvre (erudire,  dooere  et  instruere  in  predicto  ofjicio 
aurifabrie  et  yus  excercitio  bene  et  utiliter),  et  à  lui 
donner  le  vivre  et  les  aliments,  ainsi  que  sa  chaussure 
(providere.^.  condescenter  (sic)  in  victti  suo  et  alimen- 
lis  ac  etiam  calciatura  caligarum  et  sotularium);  le 
père  reste  chargé  de  rhabillement  (in  vestitu).  Le  père 
et  le  fils  s'engagent  à  payer  à  Vidal  Amat  six  setiers  de 
seigle,  mesure  du  Puy,  payables  le  premier  immédiate- 
ment, le  second  à  la  Saint-Michel  suivante,  et  les  autres 
d'année  en  année,  à  semblable  fête.  Dans  le  cas  où  Du- 
rand viendrait  à  quitter  son  patron,  le  père  et  le  fils 
s'obligent  à  payer,  à  titre  d'indemnité,  à  ce  dernier, 


(i)  Mém.  de  la  Soc.  des  Autiguairea  de  France,  InTenlaire  et  eomptes  de 
la  succession  d'Eudes,  comte  de  Nevers,  publiés  par  notre  confrère,  M.  Gha* 
laud,  t.  XXXII,  1871,  p.  190. 


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AU    MOVRIV   AGK.  43 

quinze  livres  tournois  pour  chaque  année  restant  à 
courir  sur  la  durée  de  l'apprentissage.  Ils  consentent 
Tun  et  Taulre,  pour  l'exécution  de  leurs  engagements, 
à  la  saisie,  vente  et  distraction  de  tous  leurs  biens  ;  de 
plus,  le  nis  se  soumet  personnellement  à  la  contrainte 
par  corps  qui  pourra  être  exercée  contre  lui  par  les  oiTi- 
ciers  de  la  cour  commune,  partout  où  il  serait  trouvé 
(per  capUonem,  detentionetn  et  arrestationem  sue 
persane,  ubicunique  inveniripossei)  (4). 

En  4367 ,  le  roi  Charles  Y  accorda  un  règlement  aux 
orfèvres  et  argentiers  du  Puy.  Ils  élisaient  chaque  an* 
née  deux  gardiens  qu'ils  présentaient  à  l'agrément  de  la 
cour  commune  :  ces  gardiens  visitaient  Iles  ouvrages,  et, 
lorsqu'ils  en  rencontraient  de  défectueux  ou  d'inférieui^s, 
ils  les  brisaient  la  promière  et  la  seconde  fois;  la  troi- 
sième fois,  ils  dénonçaient  l'ouvrier  au  baile  de  la  cour 
commune,  pour  être  puni.  Ces  ouvriers  fabriquaient  des 
anneaux  d'or  ornés  de  gemmes  ou  pieiTes  flnes  {%)  et 
maints  bijoux  d'or,  de  la  vaisselle,  des  «  garlandes  »  ou 
couronnes  et  autres  gros  et  menus  ouvrages  d'argent. 


(1)  Ardi.  dép.,  Protocole  do  Jean  ie  Poffre,  reg.  A.,  1^  45. 

(S)  C'étaient  les  gemmes,  telles  qoe  corindons  (saphirs),  greaati,  zircons, 
spinellcs  (rubis) ,  etc. ,  que  Ton  trouve  dans  les  laves  poreuses  des  environs 
Au  Pnj,  et  notamment  dans  le  Ht  do  Mou  Pczouliou,  près  d'Espaly  (gisement 
d'un  renom  depais  longtemps  classiqde  dans  le  monde  des  géofogoes).  Au 
moyen  âge ,  elles  jouissaient  d'une  certaine  célébrité ,  et  on  les  trouve  plu- 
sieurs rois  citées,  sous  le  nom  de  saphirs  du  Puy^  dans  l'Inventaire  dos  joyaux 
de  la  couronne  de  1118  (Douût  d'Arcq,  Choix  de  pièces  inédites  relatives  au 
régne  de  Charles  Vf,  pobl.  par  la  Soc.  de  l'Histoire  de  Fraoce,  Paris,  18G1 
in-8«,  t.  II,  p.  &79  et  soiv.].  Les  orfèvres  du  Puy,  jusques  dans  ces  der- 
niers temps ,  ont  continué  de  les  employer  h  enrichir  ces  roses  et  ces  Saint- 
Esprit  qu'un  retour  de  la  mode  a  remis  en  faveur. 


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44  1»K    l/ORFRYRËHIK    DU    PUY 

Le  roi  leur  permit  de  hausser  le  tilre  de  leurs  pro- 
duits (4). 

Ed  4369,  Jean  Toussaint,  de  Paris,  et  Pierre  Durgiat, 
de  Tiranges,  orfèvres  du  Puy,  liquidèrent  la  société 
qui  avait  existé  lungiemps  entr*cux  pour  le  com- 
merce de  l'orfèvrerie,  de  l'argenterie  et  autres  mar- 
chandises (societas  in  facto  defiat^iatarum  aurifabrie, 
argentarie  et  aliartim  mercaturarum) ,  Après  le  par- 
tage du  fonds  social,  restait  à  recouvrer  un  solde  de 
créances  de  la  coromunBulé  ;  Tun  des  associés  le  prit 
pour  son  compte  et  s'obligea  *\  payer  ii  son  ex-coassocié 
six  francs  d'or  (2). 

£n  1386,  avant  d'épouser  noble  Saurète  de  Villaret, 
fllle  du  seigneur  de  Cussac  près  Polignac,  et  veuve  d'un 
damoiseau  nommé  Raymond  Achard,  un  marchand  du 
Puy,  Jean  de  Mercœur,  qui  devint  second  consul  en 
Tannée  UOO,  fit  donation  à  sa  future  d'un  bourrelet  ou 
bandeau  de  grosses  perles  flnes,  d'un  passet  ou  collier 
de  perles  fines  et  d'émcraudos,  de  cinq  belles  bagues 
d'or  ornées  de  gemmes,  telles  que  saphirs,  émcraudes 
et  autres  pierres  précieuses,  d'un  sobre-sein  ou  ceinture 
de  soie  garnie  d'argent  émaillé  et  doré,  pesant  deux 
marcs,  de  trois  autres  belles  ceintures  de  soie  garnies 
d'argent,  de  trois  ganivets  ou  petits  couteaux  montés 
en  argent,  de  trois  aumosnières  ou  bourses,  de  bottes, 
d'un  cofTret  et  autres  joy<aux  ;  le  tout  estimé  à  deux  cents 
florins  au   moins  (3).  Ces  joyaux,  dont  la    mention 


(1)  Ortl.  des  rois  de  France,  t.  V,  p.  7  et  8. 

(-2)  Ardi.  dép.,  l'TotocoU  de  Barthélémy  May  nier,  notaire. 

(3)  <  Et  primo,  videlicct  :  unum  rondellom  luargnritarum  sive  perbrani  U- 


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Al    MOYEN   AGK.  4o 

revient  souvent  dans  les  contrats  de  mariage  et  les  tes- 
taments da  Velay  auxXIV%  XV*^  etXVPsiècles,  étaienl 
évidemment  de  fabrique  locale. 

En  la  même  année  4386,  Jacques  Polignac  (Podomp- 
niaci),  Jean  de  Praycenel  et  Pierre  Chanal,  marchands 
associés  pour  le  commerce  de  Torfévrerie,  des  gemmes 
et  de  Targenlerie  (in  fado  aurifabrie,  gonmarum  et 
argentarie),  habitant  au  Puy,  prêtèrent  à  Vidal  Sol- 
vaing  (Salvaynh)  et  h  Catherine  de  Conches,  sa  femme, 
orfèvres  du  Poy,  quatre-vingt-huit  deniers  d'or,  au 
type  du  franc  (al  franc).  De  leur  côté,  les  époux  Sol- 
vaing  s'engagèrent  à  livrer  aux  associés,  successive- 
ment, à  la  fin  de  chaque  mois,  un  demi-marc  d*or  (à 
dix-huit  carats,  du  poids  royal  appelé  au  Puy  de  Treas), 
d'anneaux  ou  verges  (anullorum  seii  virgarum), 
rmaillés,  hachés  et  ouvragés  d'autres  manières  (esmau- 
datarum,  aschiatariim  et  alias  operatarum),  au  cours 
de  la  mode  (secundum  cursum  temporis  factarum), 
ou  d'après  la  commande  des  associés.  Ces  anneaux  pou- 
vaient être  ornés  de  perles,  qu'en  ce  cas  les  associés 
étaient  tenus  de  fournir.  Dans  chaque  once  de  marc 
devaient  être  fabriqués  huit,  neuf  ou  au  plus  dix  an- 
neaux. La  façon  de  chaque  demi-marc  d'or  ainsi  on- 


narum  grossaram  pulcram;  Hem,  oiiaiu  pas^mum  de  pcrlîs  fluis  cuui  sma* 
ragdis;  ium,  quinque  anulos  auri  palcros  cum  gemmis,  scilicet  saflris,  sma- 
ragdis  et  aliis  iapidibu)  prctiosi<;  item,  etiaiu  quandam  zonaui  de  cirico, 
manibni  de  argento  smaadato  et  deaorato,  ponderis  dnaram  marqoaram  ar- 
gent! et  altra;  item,  très  paieras  zonas  de  cirico  etiam  farnitas  de  argento,  très 
ganiTetos  farnilos  de  argento,  très  criuneuas,  pixidcs,  alia  jocalia  et  cosfredum , 
eztimata  valereducentos florenos  auri,  boni  ponderis, et  altra.— ir^A.  dép.,  m$me 
protocole. 


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4^)  i)K  l'oki'Évhekik  du  l»CY 

vré  élail  fixée  à  S6pt  francs,  ou  si  Vidai  SolvaîDg  cl  sa 
femme  fournissaient  la  matière,  à  trente^cinq  francs  pour 
le  tout;  sommes  qui  devaient  venir  successivement  en 
diminution  des  quatre-vingt-huit  francs,  et  ce,  jusqu'à 
entier  paiement.  Les  époux  Solvaing  s'obligèrent  à  tra- 
vailler ainsi  pour  le  compte  des  associés,  sans  discon- 
tinuer, durant  deux  années,  à  partir  de  la  Toussaint 
suivante,  avec  deux  compagnons-orfèvres  (cum  dtiohus 
nuntiis  dicli  offi4!ii  aurifabrie).  Cet  acte  fut  passé  rue 
Raphaël,  dans  la  boutique  de  Jacques  de  Saint-Marcel, 
ou  se  tenait  la  draperie  de  Philippe  de  Couches  et  de 
Jean  de  Montpeyroux,  marchands  (4).  Ce  contrat  de 
travail  à  la  tâche  montre  comment  les  principaux  ar- 
gentiers s'approvisionnaient  de  joyaux,  quand  leur  pro- 
pre fabrication  n'était  iias  suffisante  pour  les  besoins  de 
leur  commerce. 

En  4390,  Louis  de  France,  alors  duc  de  Touraine  et 
depuis  duc  d'Orléans,  deuxième  fils  du  roi  Charles  V, 
acheta  de  Jean  Boyer,  du  Puy,  moyennant  trente-lrois 
francs  d'or,  des  joyaux  en  or  «  pour  donner  en  estre- 
nicz  (2).  » 

On  volt,  par  le  compois  ou  cadastre  de  4406,  que  le 
Puy  comptait  alors  quarante-neuf  argentiers,  tous  pro- 
priétaires-fonciers et  maîtres-ouvriers  tenant  boutique, 
et,  comme  tels,  contribuant  aux  tailles  de  la  ville;  nous 


(1)  Àrehiv.  dép.,  méan;  prolocoie, 

(3}  Catalogue  des  arehivea  de  Joursauvauli,  Paris,  1838,  ifl-8*,  t.  ii,  p.  5l, 
n"  U19.  ->  Le  litre  ofi«inaI  du  3  jan^Mur  1388  (1880,  n.  st.}>  ainsi  qoe  ia 
presque  totalité  des  archives  de  Jotfrsaovault,  e§t  à  Londres,  au  BriCish  Uu- 
scum  ;  j*eu  donne  ici  le  texte  d'après  une  copie  que  M.  Augustas  W.  Fraràs, 


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Ai;    MOYEN    AGK.  il 

avons  doilué  ailleurs  leurs  noms  (4).  Le  mémo  docu- 
ment mentionne  sept  afflneurs  (affinayres)  de^  métaux 
précieux. 

En  4456,  Charles  Vil  avait  interdit  la  fonte  et  l'affi- 
nage des  matières  d'or  et  d'argent;  celte  défense,  qui 
avait  pour  but  d'arrêter  la  raréfaction  des  monnaies,  était 
aussi  une  entrave  gênante  pour  l'orfèvrerie.  Sur  le^  re* 
monti-ances  des  <  orfèvres  et  ouvriers  du  mestier  d'or- 
fèvrerie et  argenterie  de  la  ville  et  cité  du  Puy-en-Ve- 
lay,  »  exposant  ^  que  de  toute  ancienneté  Hz  avoienl 
aconstumé  et  qu  il  leur  avoit  esté  permis  d'acheter  des 
changeurs  de  ladite  ville  ou  d'autres  personnes  or  et  ar- 
gent, et  icelluy  affiner,  quand  besoing  leur  en  a  esté, 


l'un  des  savtnts  conservateurs  de  ce  grand  éiablisseraent,  a  eu  la  courtoise 
obiigeaeo  ée  ftire  loi-même  et  d'adresser,  sur  ss  densode,  k  Botre  ami  M. 
Aymard  : 

€  Sachent  tuit  que  panlevant  nous  Beraart  de  Grasiobac,  eUivalior  cl  viguirr 
1-  de  Tbo'jlose  pour  le  roy  nostre  sire,  coostituit  personnelenicnt  Jehan  Boier, 

>  uierchant  du  Pay  en  Aoirerfne,  lo(|ael  conressa  avoir  eu  et  rcceu  de  hono- 
*  rable  home  et  sage  Jobaa  Poulaiii,  trésorier  de  luossieur  le  duc  di;  Tou- 
'  raine,  par  la  main  de  Diinisot  Marîete ,  varllet  de  cJtambre  dudit  >ieur ,  la 

>  somme  de  trienle-trois  Trans,  Icsquelx  ledit  mossieur  le  due  iuy  devoit  pour 
'>  certains  joyaux  d'or  qu'il  a  baillés  et  deslievrcS  aadtt  sieur  pour  dooner  on 

>  estreniez,  si  eomme  il  apparaît  plus  appUiiiparmandemeut  dudit  sic-ir,  sur 
^  ce  fait  et  donné  à  Thonlose  le  iii*  jour  de  janvier  Tau  MCCC  II  II"  et  neuf  ; 

de  laquelle  somme  de  xxxiii  fraas  d'or  leJii  Jehan,  luarcbant  dessus  nomme, 

:>  soy  tient  por  bien  paie  et  comptent,  et  en  quitta  leJit  mossieur  le  dac  les 

»  dis  /ekan  Poilain  ei  Doniâot  Marieteet  toats  autres  à  qui  qfittaiice  en  punt 

»  et  doit  appartenir.  Donné  11  Thoulose  soubz  le  scel  de  ladite  vigaerie ,  l'an 

A  et  le  jour  dessus  dis. 

>  Aiusi  octroyés. 

Papier;  jadis  scellé.  <  CASTRES.  * 

British  Muséum,  Add.  ch.  *i8*il,  Arch.  de  loorj>anvault,  94l:i. 

(l)  Ckfomqnes  i'Èiienut  Mé4ieu^  t.  u,  p.  960. 


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18  DK    |/0UI'RVI\KR1K    DU    PUY 

pour  convenir  et  employer  en  leur  dit  mestier  et  oa- 
vraîge,  »  le  roi  «  voulant,  esl-il  dit.  le  fait  et  mestier 
d'orfavrerie  et  argenterie  en  ladite  ville  du  Puy  estrc 
entretenu,  i  autorisa  les  orfèvres  de  cette  ville  à  affiner 
toutes  matières  de  dix  deniers  de  loi  et  au-dessus,  ex- 
cepté toutefois  la  monnaie  de  coin  royal  ou  du  coin  du 
daunfiin  de  Viennois,  et  à  la  condition  «  que  ronvi'aige 
qu'ilz  en  feront,  Innt  gros  que  menu,  soit  du  poix  et  de 
la  loy  qu'il  a  este  ordonné  par  les  derrenières  ordon- 
nances. »  Les  lettres-patentes  qui  octroyaient  cette  fa- 
veur, furent  données  à  Gannat,  le  â  septembre  4456  (4). 

L'auteur  des  Quinze  joyes  du  tnariage,  Antoine  de 
La  Sale,  qui  avait  certainement  accompagné  le  bon  roi 
llcnù  dans  ses  voyages  au  Puy  (!e  dernier  eut  lieu  en 
4460)  (2),  et  qui  écrivait  peu  après  sa  piquante  satire, 
dit,  dans  la  Huitiesme  joye,  à  propos  du  pèlerinage  du 
Puy  :  «  Or  y  a  de  riches  dames,  damoîselles,  bourgeoi- 
ses..., qui  achaptent  patenostres  de  coral,  de  gest  (jais) 
ou  d'ambre,  aimeaulx  ou  autres  joyaulx  (3).  »  Qu'on  ne 
s'étonne  pas  trop  de  rencontrer  les  émaux  parmi  les 
objets  précieux  qui ,  aux  étalages  des  argentiers  du 
Puy,  tentaient  la  fantaisie  des  riches  pèlerins.  Nous 
avons  quelques  sérieuses  raisons  de  penser  que  ces 
émaux  ne  provenaient  pas  tous  de  Limoges,  mais  étaient, 
pour  une  notable  partie,  de  fiibrication  locale  (4). 

Sous  Charles  Vfll,  la  corporation  des  orfèvres  du 


(1)  Pareil.,  orig.  —  l/orii^iiial  a  été  heure jsctiicat  retrouvé  par  M.  Degî-ucs, 
typographe  h  rimprimcrie  Marchessou,  qui  me  Ta  donné. 
(3)  chroniques  d'Et.  MèdiciSf  t.  i,  p.  362. 

(3)  Bibliotbèqae  elzéviricDuc,  édit.  P.  Jaiincl,  Paris,  1857,  p.  81. 

(4)  M.  Aymard  n  publié  une  plaque  en  cuivre  émaillée  eu  taille  d'épargne,  du 


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'i 


Al'    MOYEK   agi:.  il> 

Puy  adopla  les  armoiries  que  te  roi  avait  accordées  aux 
orfèvres  de  toutes  les  villes  de  France  (4);  elles  déco- 
raient leur  bannière  qu'ils  déployaient  en  télé  de  leur 
métier,  dans  les  processions  solennelles  et  les  céré- 
monies publiques.  Leur  patron  était  saint  Eloy,  et  les 
messes  de  leur  confrérie  se  célébraient  à  l'église  Saint- 
Laurent  (2). 

Etienne  Médicis  lixe,  dans  sa  curieuse  Statistique 
du  Puy  en  1544,  le  nombre  des  orfèvres  de  son  temps, 
à  trente  (3).  La  décroissance  du  nombre  des  orfèvres  de 
1408  à  4544  prouve,  d*une  manière  frappante,  combien 
le  pèlerinage  de  Notre-Dame  commençait  à  déchoir  de 
son  ancienne  splendeur.  A  cette  cause  spéciale  s'en  joi- 


XI 11*  siècle,  représentant  un  ange,  flanqaê  de  chaque  cùto  d'une  petite  ro- 
sace à  six  pétales  allongées ,  imitation  évidente  du  type  de  la  monnaie  épis- 
ropale  do  Pay  f Congrès  ncientif.  de  France,  xxii*  session  tenue  au  Puy  m 
18Ô5,  t.  Il,  p.  638  et  suiv.}  —  Il  a  signalé  aussi  dans  Y  Album  d'archéologie  reli- 
(jiriKe  des  plaques  cmaillées,  aux  initiales  d'Antoine  Boyer,  du  Pur,  qui  ornent 
une  croix  datée  de  1479.  —  En  I85C,  durant  mon  stage  au  barreau  de  Riom, 
un  marchand  de  meubles  de  cette  ville  était  détenteur  d'une  plaque  en  cuivre 
cmaillcc  en  taille  d'épargne,  du  XIII*  siècle,  figurjnt  le  Christ  sur  la  croix; 
au  bas  de  cette  plaque,  on  lisait  :  Wido  Aniciemis  me  fecil,  rn  capitales  ro- 
maines. J'ai  Tait,  depuis,. d'inntiles  recherches  pour  retrouver  la  trace  de  ce 
curieux  émail,  acheté  sans  doute  i^r  on  des  collectionneurs  de  l'Auvergne.— 
Parmi  les  joyaux  qu'énumèrent  les  contrats  de  mariage  et  testaments  du  Velay 
(lu  XV«  et  du  XVI«  siècles,  les  bijoux  émaillés  ne  sont  pas  rares.  £nlia,  le 
pri\-rait  dont  nous  publions  plus  bas  le  texte,  démontre  qoe  les  deux  frères 
Raynoard  n'étaient  pas  seulement  orfèvres,  mais  encore  émailleursy  puisque  le 
piédestal  de  la  statue  de  salut  Pierre,  qu  ils  se  chargeaient  de  façonner,  devait 
être  «  esmallié.  > 

(l)  Etienne  Médicis  les  décrit  ainsi  :  d'azur,  à  trois  coppsa  d'or  coronnéea 
et  une  tntoille  d'argent  au  milieu.  fChroniq.,  t.  i,  p.  315.) 

(■2)  Chroniques  d'Etienne  Médicis,  t.  i,  p.  33ô. 

.3)  ///.,  t.  Il,  p.  260. 

Tome  XXXI.  d 


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.jO  \)e  l'orfé^rekie  du  1>UY 

gaait,  d'aâ)tMr»,r  «De  a«tre  plus  générale,  qa'a  signa- 
lée notre  savant  confrir»,  M.  Aymafd^  dans  ses  inié' 
ressafttes^  fecherebès^  swp  l'orfèvrerie  de  Pay  :  c'est  la 
tendai]^  qtCènt,  de»  le  ÎVP  siècle,  rindastrie  des 
orfèvres^  ài  abandonner  ^  proThiee  et  à  se  centraliser 
îi  Paris  (I). 

Parmi  tant  d*orfévres,  quelques-uns  furent  des  artistes 
dfetogués  :  c'est  de  Talelier  de  François  Gilbert  (2)  que 
sortit  lia  &kad€timêa  ott  niche  mmtm^'tale  de  la  Vierge 
noire,  jMWir  laquelle  le  roi  lo^is  XI  avait,  en  ^'476,  don- 
né cent;  marcs  d'arge»*  {^).  On  connaît,  de  la  mètiie 
ë^(|a)e-,  tes  belles  crœx  precessiottttelleî?  de  Sanignes  et 
de  Vei^naesal,  et  celles'  dtes  confréries  des  tatitienrs  .et 
tisserands  de  Saugues  (4). 

Dans  ce  milieu,  naissait  parfois,  chez  les  riches  habi- 
tants, et  se  développait  même  à  un  degré  surprenait, 
le  goiYf  des  arts  et  de  ce  qu'on  appelle' aûj6ui*d*hai  la 
haute  curiosité.  J'en  trouve  un  exemple  assez  inattendu 
dane  mi  chanoine  de  la  Cathédrale»  Jacques  Boudon 
(probablement  le  fils  d*ùn  argentier  de  f408,  Raymond 
Boudon,  comma  le  rapprochement  des  dates  et  son  opu- 
lence le  font  supposer)  :  je  cite  le  registre  des-  audiences 
du  parlement  de  Toulouse  de  1476-1477  : 


(1)  Aynonl^et  Malèfa»,  âUium  d'archéologit!  religieuse ,  jf.  G. 

(3)  G*  FraOfOis  Glmbert^  dont  le  nem  est  souvent  écrit  Guybert,  Ott^berii, 
m,  p«r»ft-ir,  iffle  assez  belle  f)Drti»c;  pfir  df^wv  aèbels,  il  se  créa,  (*n  MS5, 
un  doiniiiie  à  Bcaulieu,  dans  rEmblavès;  de  plus,  il  aei[tfît  des  mai-* 
sons  a»  Pnjr  et  des  fonds  niniDX  dans  1»  IMienc  de  la  ville.  (Anb.  di^i. 
Protocole  de  Ouillmtme  PeUiêêe,  mtûife,  passiffi.) 

(3)  ChroHiq.  d'Etienne  Mèdiei^  U  i,  p.  960. 

(4)  Aymard  et  Malègac,  Album  d'archéologie  rcUgieuw,  p.  10  k  17. 


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Au   MYÉN  AGfe.  .'il 

«  En  la  yilte  drf  Pny  fat  naigaicres  ttrig  chartoific 
i>  htftùfné  Jaqtièè  Bodotf,  9»»'  in  l/ùiiis  foHune  êrat 
»  t?(ï/rf(?  sublimatns;  Car  atoH  bien  tafillant  trente  nWI 
»  èsi:tt2  ;  e(  entre  antres  choses ,  avôit  nng  lîevre  tant 
»  d'or  avec  les  yenh  de  dyamaiïs ,  tpA  ittMti(Ai  tnig 
»  c&ar  atfssî  d'6r  ;  une  Serene  tonte  d'or,  tenant  nng 
»  mîrotfer  t<rat  de  perles,  et  ledit  Hevre  taloîl  Men  six 
»  fftil  escnji;  nne  sainctntc  d'or,  (jné  fut  de  dartre 
»  Bonne  (4),  de  grmt  valeur,  engagée  andit  tfadon  pmt 
»  trois  itiii  duôiatz  ;  niig  moton  a^ec  nne  grant  toiscm 
»  d'ôt;  tin«  belle  cônpe  d'or,  et  autres  Joyaux,  adeè 
»  qudê  târh  inpecuniâ  àôntàminatâ  quàm  nùii  eon- 

>  tafninUtÛ,  il  f)OSsedôit  et  estoict  riche  de  iretfte  mil 

>  è8Ctt^(2).  » 


II 


Le  prix-fait,  inséré  dans  la  quitiance  que  nous  pu- 
blions plus  bas,  est  un  remarquable  exemple  de  Tim- 
portaaee  qu'avait,  an  quinzifëme  siècle/  Forfévrerie 
artistique  et  religieuse  du  Puy.  En  Tannée  U08,  Jean 
Je  Bourbon,  évêque  duPuy  etabbédeCluny,  commanda 
k  deux  orfèvres  du  Puy»  Thomas  et  Bertrand  Reynoard, 


(1)  Il  s'agit)  sans  doute,  de  M^^  Bonne  de  Berry ,  mariée  en  1391  k  Ber- 
nard Vil,  comte  d*Ârmagnac  etr depuis  connétable  de  France;  elle  mourat  en 
1435.  on'  sait  <fue  laf  dkaisciir  d*Arm«gmtc  possMaU,  in  XV*  sfède,  la  baronnic 
dcBoQ/ots,  près  te  Par.  (Voyez  rhfstoirc  de  eetfc  bïronnit^,  par  M.  dn  Mo- 
lin,  farN,  ir^  in-*). 

(3^  Artfr.  0^.  (k  U  rtWrt^Oaroitnc,  stct.  jutfît.,  tf,  rcp.  *. 


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.)2  HE    I.OKFEVRERIR   DU    Pl'Y 

fi-ères,  une  irnage  de  saint  Pierre,  en  argent  doré.  Cctie 
image  devait  être  du  poids  de  cent  jmrfis  d'argent,  équi- 
valant k  cinquante  livres  de  poids  ou  vingt-cinq  de 
nos  kilogrammes  (4).  La  matière  de  ces  cent  marcs, 
consistant  en  pièces  de  vaisselle,  savoir  :  trente-neuf 
taases,  trois  pots,  une  aiguière  et  un  drageoir,  fut  livrée 
aux  orfèvres  par  Jacques  Boyèr,  baile  de  la  cour  com- 
mune, le  4«'  décembre  U58.  L*œuvre  devait  être  ter- 
minée à  Pâques,  qui,  pour  Tannée  U59,  tombait  le  25 
mars.  Vimage  deyait  être  posée  sur  un  piédestal,  de 
style  architectural,  sur  les  faces  duquel  devaient  se 
dérouler,  en  émail  des  scènes  de  la  vie  du  prince  des 
Apôtres.  Vimage  et  le  piédestal  devaient  très-proba- 
blement être  façonnés  au  repoussé,  ce  qui  suppose  une 
œuvre  d*assez  grande  dimension  ,  et  éveille  même 
ridée  d'une  véritable  statue  (2). 

Comme  l'église  abbatiale  de  Cluny  était  placée  sous 
le  vocable  de  saint  Pierre,  il  est  très-probable  que  la 
statue  commandée  aux  deux  orfèvres  du  Puy  par  Jean 
(le  Bourbon,  était  destinée  au  monastère  de  Cluny,  dont 
il  était  abbé.  Les  inventaires  du  trésor  de  la  célèbre 
abbaye,  dressés  après  U59,  doivent  certainement  la 
mentionner,  et  il  ne  serait  pas  sans  intérêt  de  l'y  re- 
trouver. Peut-être  la  description  insérée  dans  ces  in- 
ventaires, ajouterait-elle  quelques  particularités  à  celles 
qu'indique  le  prix-fait.  Que  les  érudits  de  la  Bourgogne 
me  permettent  de  signaler  ce  point  à  leur  attention. 


(I)  Le  marc,  en  u^age  au  Put,  viait  de  huit  occes;  ia  livre  avait  16  oncef. 

(3)  Un  do  nos  intelligents  orrtvrcs  du  Puf,  M.  Philippe  Thomas,  que  j'ai 
ronsuité  sur  ce  point ,  estime  au  moins  ï  un  mètre  la  hanteur  d'une  statue 
qu'on  peut  faire  au  repoassv  avec  cent  marcs  on  vingt-cinq  liiiogrammes  d'argent. 


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AU    MOYKN   agi:.  ij'.i 

QUITTANCE 

Donnée  par  Thomas  et  Bertrand  Reynoard,  orfèvres, 
à  Jacques  Boyei',  baile  du  Puy,  de  cent  marcs 
d'argent  qui  devaient  servir  à  façonner  une  statue 
de  saint  Pierre,  conformément  au  prix-fait  inséré 
dans  ladite  quittance,  (r^  décembre  1458.) 

In  Dei  nomine,  amen.  Noverint  universi  et  singuli  pré- 
sentes pariter  et  futuri  hoc  presens,  verum  et  publicum  in- 
strumentura  inspecluri,  visuri,  lecturi  ac  eciam  audituri, 
quod  anno  ab  iDcarnacione  ejusdem  Domini  millesimo 
CXîCC'"^  quinquagesimo  octavo,  et  die  prima  mensis  decem- 
bris,  serenissimo  principe  domino  Karolo  Dei  gracia  rege 
Francorum  régnante,  in  mei,  notarii  auctoritate  regia  pu- 
blici,  testiumque  infrascriptorum,  presencia,  nobilis  vir  Ja- 
cobas  Boerii,  bajulas  communis  curie  civitatis  Anicii,  com- 
missarius  et  nomine  reverendissimi  in  Ghristo  patris  et 
domini  nostri  domini  Johannis  de  Borbonio,  Aniciensis 
epi8copi  et  Vallavie  comitis  permanentis  ac  abbatis  abbacie 
Cluniacensis  ecclesie,  tradidit  discretis  viris  Thome  et  Ber- 
trando  Reynoardi  fratribus,  aurifabris  civitatis  Aniciensis, 
presentibus  et  recipientibus,  videlièet  centum  marchas  ar- 
gent!, scilicet  in  XXX*»  IX*<^™  taceis,  tribus  pitalphis,  una 
ayguaderia  et  une  dragerio  argenti,  et  quadraginta  iibras  Tu- 
ronensium,  monete  albe,  rcaliter,  in  presencia  mei  notarii 
testiumque  infrascriptorum,  reali  habitione  interveniente  ; 
et  hoc  pro  factura  cujusdam  ymaginis  beati  Pétri  Gende 
per  dictos  Thomam  et  Bertrandum  Reynoardi  fratres,  oppe- 
rarios,  ad  opus  ejusdem  domini  nostri  Aniciensis  episcopi, 
modo  et  forma  designalis,  comprehensis  et  declaratis  in 


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54  1>R   l/onFÉVftEttlE   DU   PUY 

«[uadam  papiri  codula,  Kcripta  pian.u  propria  dioti  domini 
bajuli,  mirhi  notario,  in  presencia  testium  infrascriptorum, 
tradita;  caj[as  quidam  papir^  c^dulo,  in  r<)nianQo  ordinale, 
ténor  talLs  est  : 

Apoinlemant  prim  pour  James  Boyer,  haylle  du  Puy,  poul- 
et au  nom  de  tf'ès-revei^end  père  en  Dieu  monsieur  tfiessire  Jo- 
han  dû  Bourbon,  evesque  du  Puy  et  abbé  de  Clugny,  d^une 
part  y  et  Thomas  et  Bertran4  Beynonrâ,  frères  et  orfèvres  de- 
mournns  au  Puy  :  et  ce,  jwtir  leur  fère  f^re  ufie  ismage  de  saint 
Pierre,  pesant  C>  mnrchs  d' argent ,  et  ee  en  la  fourme  et  ma- 
nière que  s*ensuit  : 

Premièrement,  lesdits  se  obligent  audit  sieur  à  fère  ledit 
ijsmage  bien  et  loyaulm^nt,  en  la  bonne  façon,  tout  le  mieua- 
que  Hz  porront  ne  feront;  et  feront  ung  pié  d'argent,  où  la- 
(Hlp  ysniagfi^sera  assiza,  garni  de  massoneraie  (1  ),  tout  le  mieux 
que  faire  ce  pourra '^  et  audit  pié  sera  fecte  la  vie  de  saint 
Pierre,  bien  tallé  et  esmalliéet  chapprié  (2J,  tout  le  mieux  que 
sera  possible. 

lte)i\,  feront  ung  petit  rdiquiaire,  gnrny  de  cristailh,  pour 
mectre  des  reliques,  lequel  ladjte  ymaghf  tiendra. 

Hem,  feront  une  diedame  de  bonne  façon,  garnie  dç  doble- 
te  (3),  ou  aultre  pierrerie  toeuUe  (4)  que  on  vouldra  bailler 
pour  mectre  en  ladite  ysmaghe,  toutç  la  p^^s  jante  oue  fère  ce 
pourra. 


(0  Maçonnerie,  disposition  arcbitectarale  ou  ornements  tenant  de  l'arehitec- 
tiire.  (Pc  Labordc,  Notice  de*  é»i^t$f,  G|(|ssaif9,  vojrei  pe  mot.) 

(i)  Divisi^c  par  cbapjtreâ,  c'est-2|-dire  en  plusieurs  scèqes. 

(.'))  Pierres  fines  collées  sur  verre  ou  sur  rrisl.il  do  couleur,  et  ainsi  doublée 
drpsisseur  el  d'éclat.    Id..  au  mot  DouhifA.' 

(4)  Telle. 


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AU   MOYEN  AGK.  55 

lUm,  randrorU  ladiU  ynnaghe  daurée  et  achevée  et  hronie  { i  ) 
de  tous  poins,  le  mieux  et  le  j^sjantement  que  faire  ce  pourra. 

Et  pour  leur  pnme  et  fasson  et  deipenees  et  detehute  quHl 
leur  fauldra  fère  eê  soustenir  à  fère  ladite  ymaghe,  auront  en 
toutes  choses f  la  somme  de  cent  cinquante  livres;  de  laquelle 
somme  leur  baillera  contant,  avant  que  la  eommensent,  la 
somme  de  XL  livres  tournoises  ;  et  la  reste  que  sont  CX  livres, 
auront  à  la  fin  de  Vevre  et  quant  auront  du  tout  achevé  ladite 
ysmaghe. 

Item,  ledit  Boyer^  au  nom  que  dessus,  sera  tenu  leur  bayl-' 
1er  lesdits  C  marchs  d* argent  tout  à  une  foys,  sec  et  net  ;  de 
paye[T]  le  plum  (^)  que  y  antrera  pour  seehier  et  affiner  ledit 
argent,  sans  aultre  chose  ;  et  les  sandresque  en  sandrant,  de- 
mouront  à  son  prouffit  de  mondit  sieur. 

Item,  parreiliement  ledit  Boy  or,  au  nom  que  dessus,  sera 
tenu  de  leur  haiUer  tout  V argent  vif  et  haur,  que  sera  besoing, 
pour  daurer  ladite  ysmaghe  ^  et  aussi  ladite  ymaghe  sera  ran- 
due  et  pesée  avant  qu'élu,  soit  daurée,  €*est  assavoir  que  le  pois 
de  l'our  demoure  au  prouffit  dudit  Boyer,  au  nom  que  dessus. 

Item,  en  ouUre,  sont  eontans  et  u  obligent,  que  au  cas  que 
ladite  ysmage  ne  seroit  bien  feete  au  gré  et  plaisir  dudit  sei- 
gneur, de  n*en  riens  awnr  de  la  façon  de  ladite  ysmaghs  ;  et 
veulent  et  sont  eontens  de  rendre  et  restituer  tout  ce  que  ce 
trouvera  en  enoir  reseu,  tant  en  argent  blane  comme  aulire- 
ment,  en  qudque  façon  que  ee  soit,  et  à  es  se  obligent,  etc. 

Item,  à  fère  les  choies  dessusdiiês  et  une  ehascune  d'iedlesy 
lesdits  frères  se  obligent  audit  Boyer,  au  nom  que  dessus,  ung 
pour  l'auUre,  et  ung  chaseun  seul  st  pour  te  tout,  A  luy  ren^» 


(1)  On  peut  lire  indifleremineiii  hitmie  oa  Wonie,  brunie. 
(9)  Ptomb. 


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Goo^z 


;)()  l)i:    LOHI'KVUEHIK    1)1'    PUV 

lire  ladite  ymaghe  bien  fecte  ci  acomplie  ioul  en  la  fournie  et 
manière  que  dit  est,  entre  cy  à  la  feste  de  Pasques  prouchai- 
nement  venent^  et  au  plus  tost,  si  tosl  leur  est  possible. 

Hem,  plus  se  obligent  en  la  fotcrme  que  dessus  y  et  ont  juré 
sur  les  saintz  euvangeles  de  Dieu,  de  ne  prendre  auUre  euvre, 
ne  faire  nul  aultre  ouvraige,  jusques  à  ce  quUz  auront  fait  et 
acompli  de  tous  poins  ladite  ymaghe,  sinon  que  fut  du  vouloir 
et  licence  [dudit  sieur  evesque],  et  au  quas  qu*il  ce  trouva 
quilz  facent  le  contrayre,  d'issy  et  desja  se  obligent  à  donner 
et  donnent  en  pur  don  audit  Boyer,  au  nom  que  dessus,  la 
somme  de  W"  livres  tournxnses,  etc. 

De  quibus  contum  marchis  argenti  et  quaflra.s^inta  Ubris 
Turonensium,  sic,  ut  premictitur,  habitis  et  realiter  re- 
ceptis,  dicti  Thomas  et  Bertrandus  Raynoardi,  gratis  et  no- 
minibus  quibus  supra,  dictum  dominum  nostrum  Anicien- 
som  episcopura,  et  suos,  bonaque  sua  et  suoram,  absolverunt 
lenitus  et  quictaverunt.  Et  quamquidem  ymaginem  beati 
Pétri,  pjusdem  ponderis  centum  marcharum  argenti,  desig- 
natam  et  expeciflicatam  in  prcdësignata  cedula  superius  ad 
longum  inserta,  bene  nptatam,  preparatam  et  compîetara, 
modo  et  forma  contentis  in  predeslgnata  cedula  superius  in- 
serta,  dicti  Thomas  et  Bertrandus  Reynoardi,  eteorum  qui- 
lihet,  in  soliduraet  pro  loto  et  sine  partiumdivisione.promi- 
serunt,  cum  et  sub  obligatione  speciali  et  yppotheca  expressa 
omnium  et  singulorum  bonorum  suorum,  et  cujuslibet  ip- 
sorum  in  solidum,  mobilium  et  immobilium,  presencium  et 
futurorum;  et  juraverunt,  ad  et  supra  sancta  Dei  euvaugelia 
per  ipsos  et  ipsorum  quemlibet  manualiter  tacta,  reddere  et 
expedire  eidem  domino  nostro  Aniciensi  episcopo,  aut  cerlo 
nuncio,  procuratori  seu  mandato,  hinc  ad  fostum  futurum 
Pasche  Domini,  et  intérim  quandocumque,  operata  ipsa 
ymagine,  una  cum  omnibus  dampnis,  costamentis,  interes- 


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AU    M<JYKN    A(iK.  0/ 

st'  et  expensis.  inde  per  dictuiii  dorainum  Jacuhum  Boerii 
bajulum,  quo  supra  nomine,  faciendis 'aut  sustinendis,  vicio 
et  culpa  dictoram  Thome  et  Bertrandi.  aut  alterius  ipso- 
pum;  super  quibus  vero  dampnis.  costamentis,  interesse  et 
expensis  predictis,  eteorum  quantitate  et  extimatione,  stare 
et  credere  voluerunt  iidem  Thomas  et  Bertrandus  Reynoar- 
dî,  et  eorum  quilibet,  solo  et  simpUci  juramento  dlcti  do- 
mini  Jacobi  Boerii,  bajuli  predicti,  quo  supra  nomine,  sou 
alterius  ipsorum  juramento,  absque  onere  probacionis  alte- 
rius cujuscumque,  juramentum  hujusmodi  sibi  in  hiis  ot 
circa  hec  delTerendo  irrevocabiliter  in  premissis. 

Et  renanciaverunt  super  premissis  omnibus  et  singulis 
supradictis  dicti  Thomas  et  Bertrandus  Reynoardi,  et  eo- 
rum quilibet  pro  loto,  gratis  et  nomine  quo  supra,  et  cuiu 
juramento,  ut  supra,  per  ipsos  ei  ipsorum  quemlibet  presti- 
to,  omni  action i  et  exception!  doli  mali,  vis,  metus,  et  in 
factum  actioni,  et  condictioni  indebiti,  sine  causa  et  sine 
justa  causa,  exceptionique  dicta rum  contum  marcharum  ar- 
genti  et  quadraginta  librarum  Turonensium  realiter  ex  cau- 
sa premissa  non  habitarum  et  non  receptarum,  promissio- 
nisque,  obligacionis  et  omnium  aliorum  prumissorum  non 
actorum,  non  stipulatorum  et  non  ita  gesloi'um,  opistoleque 
divi  Adriani.  benefficioque  dividendarum  actionum,  et  nove 
eunstitutionide  [plui'ibus]duobusvereis  debendi^  beneficioque 
petendi  et  ofTerendilibellum,  copiam  seu  transcriptum  hujus 
presentis  publici  instrumenti,  et  ejus  note,  aut  alterius  cu- 
jusUb'et  scripture  publice  seu  private,  et  gênerai iter  omnibus 
aliis  juribus,  scriptis  et  non  scriptis,  canonicis  et  civilibus, 
quibus  contra  premissa  vel  premissorum  aliqua  venire  pos- 
sint,  autin  aliquo  se  juvare,  delfendere  seu  tuheri;  etjuri 
dicenti  generalem  renunciationem  non  valere,  nisi  précédât 
vel  8u1)sequatur  spécial is  renunciatio  et  expressa. 


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58  DE   l/ORFRVUERIE   DU  PCV  Al'   MOYEN  AGE. 

£t  ad  premissa  omnia,  universa  et  singula  expedienda, 
acteadenda  et  complenda,  proat  superius  suât  expressa,  vo* 
luerunt  et  conceseerunt  dicti  Thomas  et  Bertrandus  Rey- 
noardi  fratres,  et  eorum  [quilibet],  in  solidum  et  prototo  et 
sine  partium  divisione,  ut  supra,  seipsoset  eoram  quémlihet 
posse  et  debere  compelli,  coerci  viriliter  et  distringi  per  cu- 
rias  re/çiam  Vallavie,  communem  civHatis  et  domini  officia- 
lis  Aniciensis,  et  earum  quamlibet  simul  vel  divisim,  et  per 
curiales  cujujslibet  earumdem  présentes  et  futuros,  per  bo- 
norum  suonim  quorumcumque,  mobilium  et  inmobilium, 
presencium  et  futurorum,  captionem,  venditionem  et  festi- 
iiajn  distractionem,  et  alias,  ut  forcius  ûeri  poterit  et  debebit, 
orani  juris  ordine  pretermisso,  et  perinde  acsi  ad  predicta 
actendenda,  tenenda  et  complenda  fuissent  per  competea- 
tem  judicem  et  per  deffinitivam  sententiam  que  in  rem  tran- 
sivisset  legictime  judicatam,  quantum  ad  hec,  se,  suos  et 
omnia  bona,  pro  premissis  actendendis  [etj  expediendis,  vi- 
goribus  et  rigoribus  sigillorum,  foro,  cohertioni,  compultio- 
ni  et  di6trictui  curiarum  et  curiaiium  predlctorum,  suppo- 
nendo  pariter  et  submictendo. 

De  quibus  omnibus,  universiset  singulis  supradictLs,  die- 
tus  dominus  bajulus,  quo  supra  nomiue,  peciit  et  requisivit, 
et  dicti  Thomas  et  Bertrandus  Reynoardi  fratres  eidem  tieri 
voluerunt  et  concesserunt,  publicum  instrumentum,  per  me 
notarium  regium  infrascriptum. 

Acta  fuerunt  Anicii,  in  studio  domus  habitationis  supra- 
dicti  domini  bajuli,  anno  et  die  predictis,  presentibus  pro- 
vidis  viris  Petro  de  Lacu,  Petro  Pellisse,  mercatoribus  dicte 
civitatis  Anicii. 

Archives  de  VHôpital  Noire-Dame  du  Puy,  Protocole  d'E- 
tienne Pascalis,  notaire  (f*  271-273). 


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PRÉHISTORIQUES 

GAUI^0l»E8  KT  GALLO-ROMAINES 

DU   GHEYLiOtJ2VBT 

Commune  <ia   Saint -Vidal  (  Haute  -  Loire  ) 
Par  M.  AYMARD, 

Pri*$ideot  du  |a  Soejélé. 


Anna  antiqua,  mnnuHf  Hugues  dentenqne  fnrrunl  ; 
Kl  lapides,  et  itim  tih^rum  fragmina,  ramei, 
Etflçmina  ulqne  ignés  postquam  sont  cogmlaprimim, 
Po^terius  ferri  vis  est^  irrisque  reperfa, 
Htprior  œris  erat,  quàm  ferri,  eognitus  usus. 
Quo  faciiis  magis  tsl  nalura,  et  copia  major. 

.  (f.ucrèce,  édit.  Lemairu  ;  vers  198^-1987.) 


Au  mois  de  septembre  1871 ,  nous  fftraes  informi";  que 
les  travaux  du  chemin  de  fer,  près  du  village  de  Saint- 
Vidal,  venaient  d'amener  la  découverte  de  deux  épées 
en  bronze.  Les  renseignements  qu'on  nous  donna  sur 
leur  forme  et  les  conditions  de  leur  enfouissement  rap- 
pelèrent h  nos  souvenirs  un  genre  d'armes  considéré 


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(ÎO  VINTIQLITKS 

pur  les  arctiéologues  comme  préliislorique,  el  dont  les 
diverses  espèces  ou  variétés  ont  été  recueillies  en  plu- 
sieurs pays  de  l'Europe,  notamment  en  France,  en 
Suisse,  en  Italie,  Irlande,  Suède  et  Danemarck.  Nous 
jugeâmes  même,  à  la  description  très-précise  des  épées, 
qu'elles  différaient  d'un  type  un  peu  plus  ancien  dont 
le  Musée  du  Puy  possède  un  spécimen  trouvé  aux 
environs  de  cette  ville,  et  qu'elles  devaient  ainsi  nous 
offrir  un  nouvel  et  précieux  jalon  pour  la  chronologie 
des  antiquités  préhistoriques  de  notre  pays. 

Dans  ces  circonstances,  d'un  intérêt  exceptionnel, 
nous  visitâmes  immédiatement  le  lieu  de  la  découverte, 
el,  après  avoir  dessiné  les  épées,  remises  aux  mains  de 
M.  Guilleminot,  tâcheron  des  travaux,  aous  prîmes  une 
exacte  connaissance  de  tontes  les  particularités  de  la 
trouvaille. 

Le  point  précis  où  elle  avait  élé  faite  est  non  loin 
des  limites  des  deux  communes  de  Polignac  et  de  Saint- 
Vidal,  sur  le  territoire  de  cette  dernière  commune,  sec- 
tion A,  à  la  base  nord-est  d'un  monticule  communal  dit 
le  Cheylou  ou  le  Clieylounet  (4),  à  2  mètres  environ  de 
la  bifurcation  de  vieux  chemins,  l'un  conduisant.au 
village  des  Eslreits,  l'autre  descendant  vers  la  rivière 
de  Korne. 


(1)  C'est  celte  dernière  dénomination  que  nouf  adoptons  dans  le  cours  de 
i'«  mémoire,  poor  distinguer  cette  intéressante  localité  de  celle  lortant  aussi 
le  nom  de  Cheylou  (Cheylo,  Ckeilo.  CkeiioH  dans  les  anciens  écrits),  vers  la 
limite  des  deux  communes  de  Polignac  et  de  Sanssar,  qui  a  fourni  également 
il  nos  reclierches  des  objets  d'archéologie  préhistorique,  tels  que  des  haches 
(Ml  (Ibroiiihe  polies,  et  des  nucléas  de  même  matière,  donnés  par  nous  au 
Musée  et  dénotant  un  lieu  de  fabrication  de  ces  instruments  néolithiques. 


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l»aÉHlSTUIU(^l  ES.  Hl 

Celle  sitaalioD  de  la  trouvaille,  dans  un  endroit  qui 
pouvait  avoir  été  choisi  par  le  déposant  des  épées 
comme  offrant  la  facilité  de  le  reconnaître,  est  utile  à 
constater,  si  on  rapproche  ce  fait  des  conditions  plus  ou 
moins  intentionnelles  de  renfouissemenl  de  ces  armes. 

Au  rapport  de  M.  Guilleminot  et  des  ouvriers  qui  les 
avaient  mises  au  jour,  ces  épées  furent  trouvées  entre 
deux  fortes  pierres  brutes,  surmontées  elles-mêmes 
d'une  plus  grande,  que  les  travailleurs,  dans  le  patois 
du  pays,  dénommèrent  cubercel,  pierre  ou  dalle  de  re- 
couvrement. Celle-ci,  dirent-ils,  débordait  les  supports, 
dans  le  sens  de  leur  longueur,  d'environ  0°*,25  centi- 
mètres, et  son  sommet  affleurait  presque  la  surface  du 
sol  ;  le  tout  étant  presque  entièrement  enfoui  dans  la 
terre. 

Le  vide  compris  entre  ces  pierres,  large  d'à  peu  près 
0"',33  centimètres  sur  45  à  20  centimètres  de  hauteur 
entre  les  épées  et  la  dalle,  était  rempli  d'une  terre 
meuble  semblable  à  celle  du  sol  végétal  des  alentours. 

Nous  pûmes  vérifier,  en  partie,  l'exactitude  de  ces 
renseignements,  car  les  supports  étaient  encore  en  place 
lors  de  notre  exploration  ;  et  auprès  d'eux  gisait  la 
dalle,  renversée  récemment  par  les  ouvriers. 

Cette  dernière  et  assez  grande  pierre,  brute  et  basal- 
tique comme  les  deux  autres,  présentait  la  conQgnra* 
tion  plus  ou  moins  irrégulière  des  blocs,  de  pareille 
nature  volcanique,  qu'on  observe  au  môme  lieu  du 
Clieylounet.  Epaisse  d'environ  0'",35  centimètres,  elle 
avait  4 '",30  dans  sa  plus  grande  longueur,  et  près 
d'un  mètre  de  largeur. 

Les  dispositions  qu'affeclaicnt  ces  trois  pierres  n'é- 


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62  APi'fIQUI'ffcS 

laient  vraisemblablement  pas  Feffèt  ûvt  hasard.  Même 
en  rtfbsencô  ff  ane  quatrième,  qui  atf^it  fm  leur  don- 
ner rapparence  d'une  sorte  de  èettule,  c'était  comme 
une  combinaison  rappelant  ces  «  cistes  »  ou  «  noyaux  de 
pierres  »  en  forme  de  petits  dolmens  qu'on  trouve  en- 
fermés dans  des  tumulus  de  l'âgé  du  broiize,  à  imita- 
tion des  chambres  séputcrales  appartenant  plus  essen- 
tiellement h  Tâge  néolithique  art  de  la  pierre  polie  (4). 
Le  réceptacle  et  les  épées  étaient,  datns  leur  sens  lon- 
gitudinal, à  peu  près  orientés  de  Test  à  l'ouest.  Néan- 
moins il  ne  serait  pafs  impossible  que,  sans  avoir  pensé 
à  cette  circonstance,  on  eût  voulu  plutôt  leur  affecter 
une  position  parallèle  à  Tun  des  chènrins  près  du- 
quel ïh  se  trouvaient  ou  bien  concordant  avec  la  con- 
formation générale  du  site,  c'est-à-dire  suivant  la 
direction  de  la  vallée  et  te  cours  dé  la  rîvîèfe,  les  poi- 
gnées des  épées  en  amont  (ouest)  et  lecfrs  pointes  en 
aval  (est).  Si  donc  on  préférait  cette  conjecture,  au  lien 
(le  supposer  une  orientation  préconçue,  on  aurait  eiiccre 
ici  un  motif  de  rapprochement  avec  «  plus  de  cinquante 
dolmens  de  FAveyron,  indistinctement  dirigés  dans 
tous  les  sens,  »  comme  le  sont  de  semblables  monu- 
ments «  élevés  dans  le  N.-E.  du  Bengale,  et  placés  de 
même  par  rapport  au  site,  »  ainsi  que  M.  Cartëilhrfc  en 
a  ftiit  la  remarque,  confirmée  pftr  M.  de  MoftiHet,  pour 
les  dolmens  du  Poitou  et  de  la  ftretagne  (î). 


(1)  Tuye/4  puur  cnltc  drstinclion  eiKrc  fes  deux  o>p^c«s  de  dolmens,  U  notf 
tic  la  page  67. 

{•2)  La  théorie  de  la  non  orientation  des  dolmens  cf  de  lear  position  en  ra|i- 
port  3\(it  le  site  a  été  f'olijet  d'unie  ecnintonlcsltton  faite,  en  1871,  ao  CoMpis 


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PHEIIISTORIOUKS.  63 

Quant  attx  ôpées,  elles  avaient  été  mises  à  plal,  pres- 
(|ue  parallèlement,  Fnne  à  côté  deFaulre.  Elles  étaient, 
en  Ofrtre,  brisées  chacune  h  la  même  place,  à  13  ou 
1 4  centimètres  au-dessus  dé  leur  cttrémilé  inférieure, 
et,  ce  qui  confirmait  ht  pensée  d'un  arrangement  inten- 
îimtnfel,  les  pointes  étaient  exactement  juxtaposées  aux 
bouts  des  tronçons  de  lame. 

Absolument  pareilles  et,  sans  doute,  sorties  du  même 
nïoule^  ces  ai^rtfes  entièrement  de  bronze,  lame  et 
poignée,  que  la  décomposition  de  leurs:  surfaces,  ainsi 
que  des  cassure^,  avait  revêtues  (f  une  épaisse  et  belle 
patiiie  terte,  sont  représentées  au  Musée  par  rm/ae-simik 
en  plâtre  (4),  et  à  la'  pL  é  du  présent  mémoire,  par  le 
n»  /.  Elles  sont  longues  de  (j^.Sf  centimètres,  dimension 
assez  rare  qui  les  i^ecômmàntïe  à  Katfention',  non  moins 


intcrHational  d'anthropoloi^ic  et  d'archéologie  préhistorique  de  Bologne.  fSia- 
t ér taux  de  i'kistoire  primithf  de  l'homme,  viii"  année,  1872,  p.  179.) 

En  attendant  que  nous  ("assions  l'application  de  cette  théorie  11  nos  dolmen  $ 
de  la  Hmite-Loîre,  citons  rexcmple  d^ût»  sdpoltnre  contemporaine  de  ces 
monoments.  C'est  stiivant  la  dirc($tion  de  la  vallée  du  Puy,  et  non  de  l'est  II 
l'ouest  qn'étaient  couchés  les  sqoelettes  ~  tètes  en  amont,  pieds  en  aval 
—  (Te  la  sépolture  préhistorique  découverte  en  1849,  dans  le  communal  du 
Brettil,  au  Pay.  fAnntUf»  de  la  Sâciéfé,  t.  xiv,  p.  57.) 

(l)  Nous  devons  même  dire  une  <  imitation  >  faite,  il  est  vrai,  avec  le 
plus  grand  soin,  d'après  notre  dessin  avec  coupes  à  l'échelle,  après  lequel 
des  circonstances  inattendues,  malgré  toute  la  bonne  volonté  de  MM.  les 
IntAiietm  de  fa  Compagnie  et  de  M.  Gnifleminot,  nons  ont  privé  de  la  pos- 
session de  ces  épées  et  des  moyens  d'en  exécuter  un  moulage.  Du  reste , 
celte  l'eprodiiction  a  été  reconnue  exacte  par  un  de  no5  confrères,  M.  de  Surrel, 
membre  de  la  Société  académique  du  Puy,  par  M.  Alfred  de  Fages  de 
Chanlnes,  homme  de  lettres,  et  M""  de  Saint-Vidal  qui,  avant  nous,  avaient 
vu  ces  armes  chez  M.  Guilleminot,  ainsi  que  par  M.  Micciolo  neveu,  artiste 
et  plâtrier,  que  nous  remercions  de  s'être  empressé,  le  premier,  de  nous  infor- 
mer de'  la  trouTailto. 


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64  ArvriyuiTKS 

que  leur  forme  bien  caraclérisée  :  la  lame  est  à  double 
tranchanl,  finissant  en  pointe  et  ornée,  sur  ses  deux  faces, 
de  six  rainures  longitudinales,  divergentes  seulement 
à  la  plus  large  partie  supérieure,  sorte  de  panse  où  leur 
mode  de  décor  se  combine  avec  de  nombreuses  et  fines 
rayures;  le  tout  ne  descendant  que  jusqu'à  0°>,48  de 
la  pointe. La  poignée  courte,  arrondie,  à  pommeau  sans 
ornements  et  n'ayant  d'autre  garde  qu'un  certain  élar- 
gissement de  la  base  en  demi-cèrcle,  est  fixée  par  six 
rivets  en  bronze  à  la  naissance  de  la  lame. 

Ces  traits  généraux  de  conformation,  mis  en  regard 
des  différents  types  d'épées  découvertes  en  Europe  , 
établissent  surtout  une  certaine  analogie  avec  la  plu- 
part des  glaives  découverts  en  Danemark  et  figurés 
à  la  planche  34  du  Nordiske  Oldsager,  etc.,  4859,  de 
M.  Worsaae,  sauf  que  ceux-ci  ont  leur  poignée  plus 
ou  moins  enrichie  de  dessins  gravés  ou  en  relief. 
Il  y  a  aussi  quelques  autres  dissemblances  de  dé- 
tails, même  avec  les  épées  n<»  M\  et  134  de  la  même 
planche,  qui  se  rapprocheraient  le  plus  des  nôtres. 

Ces  variations,  en  outre,  sont  telles  qu'elles  peuvent, 
pour  nos  épées,  donner  l'idée  d'une  fabrication  indigne, 
même  après  comparaison  avec  d'autres  épées  et  dagues 
ou  poignards  de  Suisse  (4), d'Irlande  (S), etc.,  de  formes 
plus  ou  moins  approchantes,  ainsi  qu'avec  des  épées 
trouvées  en  France,  en  particulier  une  d'elles  provenant 


(1)  A  Nettfchâlcl.  —  Voyez  die  PtaJubautenin  den  Schweizer-Seen  tonJ.Stuub 
LîAr^r,  1881,p/.  VI,  fi?.  16. 

.(3)  Sir  John  Lubbock,  Prw'kistaric  times,  1865,  fig.  de  dague,  ii  la  |).  18. 


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PKKHISTOHU^LKS.  6o 

des  environs  d'Uzès  [GaiJj  (I),  el  celle  conservée  au 
musée  de  Narbonne  (2),  qui ,  de  tous  les  types  connus, 
quoiqu^encore  dissemblables,  s'écarlent  le  moins  du 
nôtre. 

Ajoutons  qu'à  la  différence  d'épées  moins  rares  en 
France  et  plus  anciennes  avec  lame  à  soie,  plate  et  ap- 
propriée à  une  garniture  de  poignée  en  bois,  os  od 
ivoire  (3),—  dont  nous  avons  un  spécimen  déjà  cité  el 
provenant  de  la  commune  de  Polignac  près  le  Puy,— 
le  type  duquel  les  épées  du  Cheylounet  procèdent  a  été 
classé  par  M.  de  Mortillet,  si  compétent  en  archéologie 
préhistorique,  comme  plus  spécial  au  Nord  de  TEu- 
rope  et  trahissant  la  fin  de  Tâge  du  bronze  (4). 

Aucune  donnée  positive  n'autorise,  d'ailleurs,  à  clas- 
ser ces  armes  à  Tâge  subséquent  ou  du  fer;  elles  diffè- 


(1)  Voyez  ce  spécimen  aux  planches  v  cl  vi,  Hg.  2  et  p.  84  du  Projet  lU  cias- 
fification  des  poignardt  et  èpéeg  en  bronze,  —  Hev.  Ârcliéoiog.,  noiiv.  série, 
vii«  année,  xiii*  vol.,  1806. 

(2)  Catalogue  du  musée  de  Nartfonne  j  \m  M.  Tournai.  1864,  n»  17.  Voyez 
aussi  Matériaux  pour  l'histoire  primitive  et  naturelle  de  l' homme  ^  1860,  p.  67,  où 
il  est  dit  que  celte  épêc  «  ne  rentre  dans  aucun  des  types  An  projet  de  classifica- 
tion. ^  M.  Berthoinicux,  secrétaire  de  la  Commission  archéologique  de  Narbonne, 
neveu  de  trcs-regretlé  et  savant  Tournai^  a  bien  voulu  nous  informer  que  cette 
arme  a  été  trouvée  «  dans  une  fente  de  rochers  »  de  la  carrière  de  pierre  de 
&1.  Signorel,  dans  la  guarriguc  de  Sijean. 

11  y  a  des  diiïêrcnces  encore  plus  fortes  entre  nos  épées  et  celles  truuvécii 
dans  une  fente  de  rocher  a  Ally  (Cantal),  et  parfaitement  décrites  par  M.  B. 
Rames,  en  1873,  dans  la  Revue  archéologique. 

(3)  Voyez,  pour  une  variété  de  ce  type  souvent  signalé  en  Krana',  sous 
des  tumulus  lrl>s-Dncicns,  entr'aulrcs  U  Gramat  (Lot),  et  en  Suisse,  dans  desi 
stations  de  l'âge  du  bronze.  Projet  de  classification  des  poignards  et  épées  dr 
hroiiic,  pi.  v,  flg.  D,  et  p.  183.    (Rev.  archéol.,  même  volume  de  1866). 

(4)  Promenades  préhistoriques  à  l'E.rposition  universelle  de  1867,  p.  118. 

Tome  XXXI.  e 


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66 


ANTIQUITES 


rent  même  sensiblement  d'an  type  qui ,  paraissant  être 
comme  un  dérivé  de  la  forme  de  celies-ci,  est  des  pre- 
miers temps  de  cet  âge,  et  dont  on  doit  la  découverte  ré- 
cente au  docleur  Gross,  de  Neuveville  (Suisse).  Les  ha- 
biles explorations  de  ce  savant  Font  exbumé  du  lac 
de  Bienne,  station  palafittique  de  Mœringen.  Il  s'agit 
(l'épées  entièrement  en  bronze  et  d'une  épée  à  poignée 
de  bronze  et  à  lame  de  fer,  qui,  ayant,  les  unes  et  les 
autres,  des  formes  presque  semblables,  ont  été  péchées 
dans  une  seule  et  même  couche  archéologique  avec  plu- 
sieurs autres  objets  très-caractéristiques.  M.  le  docteur 
Gross  a  fait  observer  que,  par  la  forme  de  la  poignée, 
elles  présentent  plus  d'analogie  avec  les  épées  trouvées 
dans  le  nord  de  TSurope  qu'avec  celles  recueillies  jus- 
qu'à présent  dans  les  stations  lacustres  delà  Suisse.  «  Ce 
môme  type,  ajoute-t-il,  se  voit  souvent  représenté  sur 
des  anciens  monuments  grecs  et  sur  des  vases  grecs  et 
étrusques  (4).  » 
Si  l'on  peut  assigner  ainsi  nos  épées  à  une  époque 


(1)  Ut  habitatiottf  lacustres  dn  lue  de  Bienne.  Délémonl,  1873,  p.  17  \90 
et  pL  VI,  flg.  1  il  3. 

Voyez  aassi,  aa  sujet  de  cette  intéressante  dt^ouTerte,  les  jodicieoses  ob- 
servations de  M.  Alexandre  Bertrand,  directear  da  Masée  national  de  Saint- 
Gcrmain-en-Laye,au  Bulletin  de  la  Société  nationale  des  Antiquaires  de  France ^ 
■i*  trimestre  de  1878,  p.  166. 

li  noas  semble  qu'on  peat  tirer  de  ce  fait  l'induction  qne  les  armes,  en 
passant  de  l'âge  du  bronze  dans  celai  da  fer,  n'ayant  pas  reçu  de  très-notables 
cbaogements  de  formes,  impliquent,  dans  l'emploi  nouveau  de  ce  dernier  métal, 
un  progrès  accompli  par  les  autochtones  ou  indigènes  eux-mêmes,  sans  inler- 
venlion  de  l'invasion  d'un  peuple  étranger,  lequel,  dans  ce  dernier  cas,  aurait 
importé  ce  métal,  sans  doute  avec  des  types,  autrement  conformés,  de  ses  pro- 
pres armes. 


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PREHISTORIQUES.  n/ 

aussi  précise  que  le  permet  l'état  actuel  de  nos  con- 
naissances sur  ce  siyet,  il  est  plus  diiBcile  de  savoir, 
d'après  quelle  antique  coutume  on  les  avait  confiées  à 
lin  abri  soigneusement  disposé  pour  les  conserver  dans 
un  lieu  qui,  inculte,  parsemé  de  pierres  et  de  roches, 
ne  doit  pas  avoir  cessé,  depuis  un  très-long  temps,  d'être 
à  usage  public  ou  communal. 

Les  sépultures  préhistoriques  que  révèlent  les  dol- 
mens, les  tumulus,  etc.,  et  celles  des  époques  gauloise 
et  romaine  ont  souvent  offert  dos  armes,  ustensiles, 
objets  de  parure,  vases,  etc.,  qui,  entiers  et  parfois  frac- 
turés ou  déformés,  avaient  accompagné  le  défunt  à  sa 
dernière  demeure.  Mais  cette  attribution  sépulturale 
n'est  pas  applicable  à  notre  trouvaille  :  peu  après  la  dé- 
couverte et  avant  que  la  pioche  des  travailleui*s  eût 
notablement  modifié  Tétai  des  lieux,  exploitant,  comme 
il  a  élé  dit,  le  gisement,  nous  avons  examiné  avec  soin 
la  terre  extraite  du  réceptacle,  et  cette  recherche  mi- 
nutieuse, jointe  au  témoignage  Irès-net  des  ouvriers, 
n'a  révélé  la  présence  d'aucun  ossement,  en  supposant 
une  inhumation,  d'aucun  débris  de  vase,  de  menus  os 
calcinés,  de  charbons  et  cendres  ou  autres  signes  d'in- 
cinération (1). 


(1)  Not»  devions  vérifier  It  troavniile  avec  une  altenlion  d'aotittlplas  seropa- 
tcuse,  qoc  le  réceptacle  ayant  contenu  les  épécs  semblait,  comme  il  a  été  dit 
il  la  page  01,  avoir  l'appareacc  d'oae  sorte  de  petit  dolmen,  pestera  de  Fespèce 
do  cotti  dea  tumalos  h  cliambre  Intérirare  pev  v«ste,  <  noyasx  de  pierre  »  oi 
«  elstei,  »  eomme  M.  Lnbbock  dénomme  ce  genre  de  chambre,  lesquels  sont 
de  l'âge  du  brouze,  et  «  k  sépnkores  par  incinération,  >  an  contraire  écé 
dolmens  de  l'dge  néolithique,  dénotant  rensevelisscment  par  inhomation.  Telle 
e>t,  au  moiûs,  scr  la  soccession  (^onologiqne  des  dolmens  en  France  et  en 


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H8  ANTIQUITÉS 

Une  cachette  de  fondeur  ambulant,  môme  vers  le 
bord  d'un  très-vieux  chemin,  n*aurait  pu  se  juslilier  ici, 
comme  en  bien  d'autres  lieux  où  Ton  en  a  trouvé,  que 
par  la  réunion,  avec  ces  deux  épées,  d'objets  divers, 
vases,  haches,  bracelets,  anneaux  et  autres  pièces  en- 
tières ou  brisées  et  surtout  de  culots  ou  résidus  de  fonte, 
tels  que  nous  en  recueillîmes  un  assortiment  il  y  a 
quelques  années,  près  d'une  antique  estrade  à  la  Mou- 
leyre,  commune  de  Saint-Pierre-Eynac  (\). 

Verrons- nous  dans  ce  dépôt  confié  à  la  t^rre  le  té- 
moin de  quelque  ancien  campement,  une  épave  de 
combat,  exprimant  par  la  brisure  de  l'arme  le  déses- 
poir des  vaincus?  Mais  rien  n'atteste  en  ce  lien  le  sé- 
jour plus  ou  moins  temporaire  d'une  peuplade,  non  plus 
qu'une  lutte  guerrière.  On  n'y  observe  aucun  indice  de 
sépultures  si  fréquentes  dans  les  champs  de  bataille  de 
l'antiquité. 


Daneniarck,  ropiniuu  de  M.  Alexandre  Bertrand,  coii:>iguée  daus  la  RrgHf 
archéologique  ;  1864,  nouv.  série,  v«  année,  x«  vol'imc  :  De  /«  distribuliou 
des  dolmeM  sur  la  surface  de  la  France,  p.  153.  De  son  côté,  M.  LubborL 
rapporte  que,  dans  l'âge  do  bronze,  sartout  en  Angleterre  (ouvrage  cilr, 
p.  31),  le  cadavre  était  quelquefois,  quoique  rarement,  coucha  sur  le  des 
que  plus  fréquemment  il  était  enterré  assis  dans  «  une  petite  chambre  >  for- 
mée de  grosses  pierres;  mais  la  coutume  la  plus  ordinaire  était  <  de  brûler 
les  corps  et  de  rcnoir  les  cendres  et  les  fragments  d'os  dans  on  tous  une 
urne.  »  Aux  premiers  temps  de  l'âge  du  fer,  an  contraire,  les  cadavres  sont 
ordinairement  coucbés. 

(1)  Ce  curieux  dépôt  dont  nous  avons  recueilli  et  donné  au  Musée  toutes 
les  pièces,  y  compris  une  rare  variété  de  rasoiry  si  anneaux  de  suspension 
(insigne  de  noblesse ?)  serait,  d'après  ce  qu'a  bien  voulu  nous  dire  M.  Alexan- 
dre Bertrand,  des  premiers  temps  de  l'âge  du  bronze. 

Voyez,  pour  de  semblables  assortiments  de  pièces  en  bronze,  diverses  no- 
lices  insérées  aux  matériaux  de  l'histoire  primitive  de  l'homme. 


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IMtRHfSTORIQUKS.  69 

Une  coiijeclure  moins  contestable  el  concordant  avec 
d'autres  trouvailles  analogues  porterait  à  reconnaître 
ici  une  de  ces  pieuses  offrandes  &  quelque  divinité, 
hommages  ou  ex-voto  d'armes  personnelles  ou  bien  en- 
levées à  Tennemiy  trophées  de  victoire,  lesquels  com- 
portaient aussi»  suivant  les  lieux  et  les  temps,  des  vases 
et  même  des  monnaies,  parfois  mutilés  à  dessin,  comme 
pour  marquer  ainsi  la  destination  sacrée  du  dépôt  (1). 
De  cette  façon  s'expliqueraient,  comme  on  va  le  vous 
la  position,  probablement  intentionnelle,  du  réceptacle 


(1)  Les  Gaolois,  suivant  uue  coutome  qui,  sansdoute,  devait  remontera  des 
temps  plus  on  moins  racolés,  <  avant  de  combattre,  souvent  faisaient  v(pu  de 
consacrer  au  dieu  de  la  gnerre  partie  des  dépouilles  de  renneml.  Le  reste  du 
butin  éiait  entassé  dans  des  lieux  consacrés  (bois,  nemets,  temples}  et  per- 
sonne n'eût  été  assez  impie  pour  en  dérober  quelque  chose.  »  fuht.  de  Césary 
t.  II,  p.  ar7, 1866). 

Cette  assertion,  empruntée  aux  écrivains  de  l'antiquité,  ne  doit  cependant  être 
acceptée  que  sous  certaines  réserves  concernant  spécialement  l'inviolabilKé  des 
objets  déposés  dans  les  lieux  sacrés.  L'archéologie,  dont  le  contrôle  eàt  indis- 
pensable pour  des  textes  souvent  empreints  d'appréciations  exagérées  ou  atté- 
nuées, a  rétabli,  —  qu'on  nous  permette  ce  pléonasme,  —  c  la  vérité  vraie  » 
sur  ce  point  comme  en  bien  d'autres. 

On  a  signalé,  en  effet,  des  dépôts  d'objets  fracturés  non-seulement  dans  des 
lieux  saints,  mais  encore  dans  les  sépultuies  qui  n'inspiraient  pas  moins  la  véné- 
ration publique.  A  cet  égard,  c'est  Toploion  générale  des  antiquaires  qu'en  1878  a 
exprimé  très-justement  M.  Ponthieux,  k  la  page  45  de  eon  remarquable  livresur 
la  station  néolithique  de  Cantenay  (Oise)»  en  disant  que  «  on  a  trouvé  quelque- 
fois, dans  les  sépultures  de  très-belles  haches  polies,  brisées  intentionnellement 
dans  le  but  évident  d'ôter  toute  tentation  aux  violateurs  que  le  sentiment  gêné-  < 
rai  n^aarait  pas  arrêtés.  Le  même  fait  a  été  fréquemment  constaté  dans  les  sé- 
pultures des  âges  du  bronze  et  du  fer  et  dans  celles  des  temps  plus  récents.  > 

Quant  11  certaines  armes  non  brisées  qu'on  peut  considérer  aussi  comme 
votives,  les  cachettes  qui  les  renferment  ne  semblent  pas  moins  attester  l'in- 
tention de  les  préserver  du  rapt.  Telle  était  probablement  l'épée  de  Narbonne 
trouvée,  comme  il  a  été  dit  k  la  note  de  la  page  65,  dans  une  fente  de  rocher; 
telle  aussi  une  pointe  de  lance  en  bronze  que  nous  aurons  \  rappeler  dans  la 


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70  ANTIQUITÉS 

au  pi6d  du  monticule,  aussi  bien  que  Tarrangement  ré- 
gulier des  pierres  dont  il  était  formé  et  celui  des  épées 
avec  leurs  pointes  brisées,  mais  solgneusment  juxtapo- 
sées aux  bouts  des  tronçons  de  lame. 

Cette  hypothèse  impliquerait  Texistence  au  même 
endroit  d'une  sorte  de  sanctuaire  qu'en  effet  les  dlspo^ 
sitions  naturelles  du  site  semblent  nous  dévoiler  :  isolé 
de  toutes  parts,  le  monticule  du  Cheylonnet  s*élève 
vers  Textrémllé  orientale  du  vallon  de  Saint- Vidal  qu'il 
domine  dans  une  assez  grande  étendue  pour  avoir  pu 
servir,  à  l'occasion,  de  vigie  ou  poste  d'observation. 

Le  paysage  a  un  aspect  sévère,  presque  sauvage,  ei 
s'il  n'était  que  de  très-anciennes  grottes  creusées  de 
main  d'homme  s'y  montrent  au  terroir  du  Clausel  et 
que  les  Romains  et  le  moyen  âge  ont  laissé  des  traces 
de  long  séjour  au  village  el  au  château  de  SaintrVidal, 
on  dirait  que  l'homme  vient  à  peine  de  prendre  posses- 
sion de  ces  lieux,  tant  la  nature  lui  dispute  encore  le 
sol  incessamment  entraîné  par  les  eaux,  bouleversé  par 
les  effondrements  de  matières  argileuses,  de  terres  et 
de  rochers.  C'est  une  gorge  profonde,  longue,  assez 
largement  évasée,  bornée  par  deux  lignes  longitudina- 
les de  collines  dont  les  pentes  se  couronnent  de  rochers 
volcaniques,  et  sont  diversement  accidentées  d'escarpe- 


note  de  la  ptfe  7^.  Mentionnons  éfaleraent  plusieurs  belles  haebes  en  pierres 
polies  qni,  H  y  a  (fnetqoes  années  flirent  retiras  d*tfne  fente  de  roclier,  dans 
la  propriété  de  M.  Pébeliêr,  prH  le  pont  de  la  Chartrease  de  Oomc,  eom- 
mnne  de  Drives  (Honie-Loire},  et  dont  un  spéeinwn  tui  b^nrensement  re- 
caeHii  par  notre  conrrire,  M.  Vinay  atant  la  dispersion  de  ees  curieuses 
pièoed. 


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PRéHISTORIQUES.  71 

ments  abruptes.  La  riyière  de  Borne,  qui  dans  le  loin- 
tain y  pénètre,  cachée  par  des  plantations  d'arbres  et 
par  le  village  de  Saint-Vidal,  décrit  ensuite  nn  coure 
sinueux  bordé  de  rives  souvent  arides  et  vient  se  perdre 
entre  les  masses  basaltiques  des  Estreits  dans  lesquelles, 
depuis  une  longue  suite  de  siècles,  elle  se  creuse  une 
étroite  et  diflSdle  issue. 

Le  mamelon  du  Cheylounet  est  lui-môme  un  mo- 
nument de  Tnn  des  curieux  phénomènes  qu'ont  produit, 
dans  notre  pays,  les  éruptions  ignées.  Préservé  des 
érosions  par  la  solidité  de  la  roche  basaltique  qui  en 
constitue  le  noyau,  ce  monticule  laisse  voir  à  son  sommet 
des  argiles  fortement  rougies,  cuites  et  crevassées  par 
les  feux  volcaniques,  entre  lesquelles  des  basaltes  se 
dressent,  en  forme  dedike.  Les  blocs  de  ces  rochers  plu- 
toniques,  parfois  restés  dans  leur  situation  primitive,  s'y 
montrent  aussi  &  l'état  de  bouleversement  et  de  ruine, 
résultant  peut*étre  de  commotions  postérieures  du  sol, 
et,  parmi  ces  derniers,  il  y  en  a  qui  sont  groupés  de  telle 
façon  qu'on  croirait  cette  œuvre  étrange  de  la  nature 
quelque  peu  empreinte  de  la  main  de  l'homme. 

Artificiel  ou  non,  cet  assemblage  de  roches,  sorte  de 
monument  mégalithique,  n'en  présente  pas  moins  unas^ 
pect  imposant  qui  avait  pu  frapper  les  imaginations, 
en  des  temps  où  les  mystérieux  phénomènes  de  la  na- 
ture avaient  déjà  probablement  donné  naissance  à  des 
aspirations  religieuses,  attestées  d'ailleurs  par  des  té- 
moignages de  l'archéologie  préhistorique. 

A  ce  point  de  vue,  il  est  intéroMant  de  remar- 
quer une  certaine  corrélation  eirtrc  la  présence  de 
nos  épées  vraisemblablement  votives  et  d'autres  trou- 


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72  ANTIQUITES 

vailles  effecuiées  sur  les  penles  et  à  la  base  de  la  colline. 

C'est  ainsi  qu'il  y  a  quelques  années,  le  sieur  Cha- 
bannes,  garde-champôtre,  ayant  défriché  sur  la  pente 
ouest  du  même  monticule  une  partie  du  communal,  dé- 
couvrit, cachée  sous  une  roche,  une  pointe  de  lance  à 
douille,  en  bronze  et  non  loin  un  fer  de  cheral.  Ces 
objets  qu'il  a  depuis  lors  égarés,  paraissent  aVoir  été, 
d'après  la  description  qu'il  nous  en  a  faite,  le  premier 
d*une  forme  préhistorique,  le  deuxième  analogue  «à  des 
fers  gaulois  ou  gallo-romains  dont  notre  Musée  possède 
de  remarquables  spécimens  (4). 

Dans  une  seconde  visite  des  lieux,  nous  étions  ac- 
compagné de  notre  ami  M.  César  Falcon,  conservateur 
de  la  galerie  des  dentelles  du  Musée,  avec  lequel  nous 
explorâmes  plus  complètement  le  gisement  du  Chey- 
lonnet  et  en  particntier  le  champ  exploité  par  le  sieur 
Chabannes,  pièce  de  ten'e  située,  comme  il  a  été  dit, 
sur  la  pente  auesl  de  la  colline.  A  la  surface  du  sol, 
nous  recueillîmes,  dispersés  par  la  culture,  divers  frag- 


(1)  Nous  donnons  k  la  pi.  i,  n»  3,  la  flgure  d'an  semblable  boat  de  laoee, 
trouvé  près  da  village  de  Borne,  dans  une  fente  d  un  rocher  qui  borde  Tanti- 
que  estrade  du  Pay  en  Auvergne.  Le  type  de  cette  arme  semble  indiquer  la  fia 
de  l'âge  du  bronze  ou  mieux  le  commencement  de  l'âge  du  fer,  si  l'on  en  juge 
par  comparaison  avec  un  modèle  presque  semblable  qui  est  flguré  dans  un  moule 
trouvé  par  M.  le  docteur  Gross  k  la  station  lacustre  de  Mœringen  (Suisse).  Le* 
hatntatims  iacutlret  du  lac  de  Bieiute,  1873,  p.  Si.  —  Ajoutons  que  l'ornement 
gravé  en  cbevrons  ou  deats  de  loup  est  bien  caractéristique  de  l'âge  du 
bronze,  présumé  eeltique. 

Le  n*  3  de  la  même  pi.  offre  le  type  des  fers  de  cheval  que  nous 
avons  recueillis  dans  un  lit  de  galets  renfermant  des  médailles  romaines, 
des  fragments  de  tuiles  épaisses  à  rebords,  etc.,  an-dessous  d'une  épaisse 
courbe  de  terre  Tégéule ,  dans  la  prairie  du  Dreuil  au  Puy. 


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PHÉHISTORIQUES.  '       73 

menu  d'anciennes  poteries,  ainsi  que  (rois  débris  de 
silex  laillés  fpL  ii,  n***  6,  7,  8),  Tan  en  lamelle  de  cou- 
teau, l'autre  en  pointe  de  perçoir  ou  de  flèche,  le  troi- 
sième figurant  un  reste  de  très-petit  nucléus,  noyau 
ou  matrice  de  lamelles,  quelques  morceaux  plus  ou 
moins  informes  (n""'  9  à  14),  et  un  nodule  de  silex  blanc 
corné  (n*»  15)  qui,  ayant  séjourné  longtemps  à  la  sur- 
face ou  à  une  faible  profondeur  du  sol,  a  été  altéré 
par  les  intempéries  atmosphériques  et  a  revêtu  une  pa- 
tine blanche  en  se  transformant  en  cacholong. 

Cette  constatation,  il  est  vrai,  éveillait  la  pensée  d*une 
de  ces  stations  où  des  restes  de  vases  et  généralement  de 
nombreux  éclats  et  instruments  de  silex  décèlent  des 
retraites  appropriées  aux  habitudes  de  vie  des  anciens 
aborigènes.  Mais  l'examen  très-attentif  du  sol,  joint  aux 
attestations  du  sieur  Chabannes,  n'a  révélé  aucun  indice 
des  foyers  si  caractéristiques  de  ce  genre  d'antiques  re- 
fuges, et  nous  n'y  avons  vu  aucun  de  ces  os  d'animaux 
de  chasse  ou  domestiques,  débris  de  repas,  d'ordinaire 
si  abondants  dans  les  stations  où  Thomme  avait  fait  un 
séjour  même  temporaire. 

On  a  eu  la  confirmation  des  mêmes  remarques  dans 
une  tranchée  nécessitée  par  les  travaux  du  chemin 
de  fer,  à  la  base  nord  du  monticule  près  le  réceptablc 
des  épées.  Bien  que  cette  fouille  ait  été  effectuée,  en 
partie,  avant  notre  visite  des  lieux,  nous  avons  pu  re- 
cueillir des  renseignements  suffisamment  précis ,  pour 
en  donner  les  intéressants  résultats,  lesquels  sont  l'objet 
de  la  deuxième  section  de  ce  mémoire. 

On  y  verra  que  le  sol  formé  par  de  lents  apports  de 
terre  détritique  et  d'humus  renfermait  dans  un  ordre 


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74  ANTIQUITÉS 

régulier  de  superposition,  des  restes  variés  de  l'indus- 
trie humaine.  Ils  dénotent,  sans  aucun  doute,  une  assez 
longue  durée  de  temps  comprise  depuis  Fàge  néolithi- 
que ou  de  la  pierre  polie  jukque  yers  la  fin  de  l'époque 
romaiDe  ;  période  pendant  laquelle  le  lieu  du  Cbeylou- 
net  a  reçu  en  dépM  des  objets  qu'il  n'est  guère  possible 
d'assimiler  qu'à  de  religieuses  offrandes. 


U 


La  fouille,  longue  d'environ  45«  sur  une  laideur  de 
S", 50,  avait  été  creusée,  à  la  profondeur  de  8  m.  50  c. 
dans  un  sol  meuble  dont  la  section  verticale  ou  coupe, 
se  prêtant  à  un  examen  détaillé,  nous  a  fait  voir  sa 
composition  de  terre  végétale,  entremêlée,  à  difltereAls 
niveaux,  de  pierrailles  et  de  quelques  roches  basalti- 
ques; accumulation  qui  décèle  de  lents  et  successift 
exhaussements  du  sol,  produits  par  une  douUe  cause  : 
la  formation  incessante  de  l'humus  et  Tentralnement 
ordinaire,  par  les  eaux  pluviales,  de  terres  et  pierres, 
des  pentes  assez  peu  inclinées  de  la  colline,  dans  une 
dépression  favorable  à  celte  espèce  d'atterrissement. 

La  coupe  dutermin.en  quelque  sorte  stratigraphique, 
a  mcMAtré  anssi  à  différents  niveaux  et  sans  aucune  trace 
de  foyers,  des  silex  bruts  et  taillés,  d'assez  nombreux 
morceaux  de  poterie,  deux  gros  pesons  en  terre  cuite , 
deux  instruments  en  pierre  polie,  un  ft*agmeat  de 
llbrolithe  brute ,  deux  fibules  en  bronze  et  en  fer, 
un  bout  de  fuseau  en  fer,  un  fer  de  cheval,  etc.,  objets 
d'aulant  moins  rares  selon  qu'on  les  trouvait  plus  près 


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Go'ogle 


PnÉHISTORIQURS.  75 

(In  monticule  et  évidemment  pins  anciens  suivant  leur 
position  de  pins  en  plus  basse  dans  la  terre  (4). 

Cette  dernière  particularité ,  en  laissant  espérer  la 
présence  d'indices  archéologiques,  encore  antérieurs, 
au-dessous  de  la  portion  entamée  du  sol,  fait  regretter 
que  la  tranchée  n'aie  pas  pénétré  plus  avant  dans  la 
terre  la  plus  inférieure,  laquelle  paraît  avoir  encore  une 
certaine  épaisseur  aU'^dessus  du  soi  géologique. 

Nos  observations,  limitées  même  à  ta  partie  explorée 
par  la  première  fouille,  quoique  insuffisante  en  profon- 
deur ,  pourront  aider  cependant  à  éclairclr  le  double 
problème,  d'une  part,  des  causes  qui  ont  dû  amener  le 
dépôt  successif  d'objets  d^industrie  humaine  et,  d'autre 
part,  de  la  durée  des  temps  auxquels  on  peut  les  rap* 
porter. 

Ces  remarques  jointes  aux  obligeantes  indications  de 
M.  Guilleffllnot  et  à  œlles  des  ouvriers,  ont  porté 
sur  quatre  points  principaux  :  4 «le  nombre  relativelnent 
restreint  de  ces  objets,  y  compris  même  ceux  qu'avant 
notre  arrivée,  les  travailleurs  avaient  rencontrés  en  né- 
gligeant de  les  recueillir  ;  2»  leurs  différentes  positions 
soit  simplement  dans  la  terre,  soit  dans  des  vides  ou  ca- 
chettes entre  des  pierres  ou  blocs  basaltiques  ;  3«  Tex- 
tréme  rareté  des  ossements  d'animaux  réduits,  au  moins 
en  ce  qui  a  concerné  nos  recherches  personnelles,  h 
quelques  petits  os  de  pieds 'et  à  trois  dents  dont  un 


(1)  Depuis  le  craasement  de  eetto  première  traocbée,  let  travaux  du  cbemio 
de  fer  en  ont  motivé  une  deoxièmc,  parallèlemeot  à  celle-là.  Bien  qu'oaverle 
dans  une  semblable  terre  meuble,  mais  un  peu  plus  éloignée  du  monticule,  ellt* 
u'a  produit  la  découverte  d'aucun  reste  d'aoti(ni{té. 


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li}  ANTjgUITÉS 

germe  de  canine  de  sanglier  el  deux  molaires  de  rumi- 
nant, amulettes  peat-être  ou  symboles  votifs.  Un  ouvrier, 
cependant,  a  dit  avoir  observé  dans  un  interstice  de 
roches  un  assemblage  d'os ,  d*ailleurs  en  petit  nom- 
bre, et  qui,  dans  ces  conditions  d'enfouissement,  pour- 
rait avoir  constitué  aussi  une  offrande  ou  ex-voto  de 
chasse  ;  4^  enfin  l'ordre  successif  de  situation  des  ob- 
jets, à  différentes  hauteurs,  établissant  leur  chronologie 
au  moins  approximative.  Parmi  les  anciens,  —  sans  par- 
ler de  ceux  peut-être  enfouis  plus  profondément,  — 
qui  ont  été  retirés  de  la  partie  inférieure  du  terrain, 
nous  avons  pu,  M.  César  Falcon  et  nous,  recueillir, 
dans  les  terres  fraîchement  rejelées  hors  de  la  tran- 
chée, alors  que  s'achevait  le  travail  du  creusement, 
des  silex  ouvrés,  des  morceaux  de  poteries  et  un 
fragment  de  fibrolithe  brute,  substance  minérale  que  les 
anciens  employaient  de  préférence  dans  notre  pays  pour 
la  fabrication  de  leurs  instruments  de  pierre  polie.  Peu 
auparavant,  M.  Guilleminot  et  les  ouvriers  avaient 
trouvé  d'autres  semblables  silex,  divere  morceaux  de 
vases,  ainsi  que  les  pesons  en  terre  cuite,  et  les  pi- 
lons ou  broyeurs  en  pierre  polie  dont  il  a  déjà  été 
question. 

La  réunion  de  ces  différents  objets  presque  à  la  même 
profondeur,  —  2  m.  à 2  m.  50  c,  au  dire  de  M.  Guille- 
minot, —  ne  laisse  pas  d(?  doutes  sur  leur  contempora- 
néité,  observation  essentielle  en  présence  de  plusieurs 
de  ces  silex  taillés  par  larges  éclats  en  lames  de  cou- 
teaux, en  râcloirs  et  pointes  de  flèche,  à  la  façon  de 
ceux  de  Tâge  paléolithique,  tandis  que  les  broyeurs,  la 
pierre  de  fibrolithe,  les  pesons  et  les  poteries  dénon- 


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IMiblHISTOlUgUES.  i  i 

cent,  comme  nous  le  démontrerons  plus  loin,  des  temps 
postérieurs ,  appartenant  à  Tàge  néolithique  ou  de  la 
pierre  polie. 

Du  reste  cette  association  de  divers  objets,  en  ap- 
parence extraordinaire,,  n*a  rien  de  contraire  aux 
données  acquises  à  la  science.  Seulement  elle  éta- 
blit, une  fois  de  plus,  la  preuve  que  Tusage  des  si- 
lex taillés,  d'abord  exclusif  de  tout  genre  d'outil  en 
pierre  polie  et  en  métal ,  persista  assez  longtemps 
après  rinvention  du  polissage  des  pierres ,  durant 
le  cours  de  Page  néolithique  et  même  postérieu- 
rement ,  comme  on  le  verra  plus  loin ,  aux  âges  du 
bronze  et  du  fer  successivement  moins  anciens.  L'ou- 
tillage de  silex,  en  eiïet,  est  représenté  par  quelques 
pièces  mêlées  avec  d'autres  objets  caractéristiques  de 
ces  deux  dernières  périodes,  à  des  niveaux  plus  ou 
moins  supérieurs,  dans  les  terres  de  la  tranchée. 

Faisons  maintenant  la  description  analytique  de  tous 
les  objets  mis  au  jour  par  les  fouilles,  en  indiquant  pour 
chacun  d'eux  les  différentes  périodes  qui  s'y  rapportent 
depuis  l'âge  delà  pierre  polie  jusques  aux  temps  histo- 
riques, ainsi  que  les  époques  gauloise  et  romaine  qui 
clôturent  le  champ  de  nos  trouvailles. 

Les  silex.  —  Ceux  de  ces  objets  recueillis,  comme  il  a 
été  dit,  dans  la  terre  ou  entre  des  roches,  veis  la  partie 
inférieure  de  la  fouille,  indiquent  par  leurs  couleurs 
blonde,  jaune,  brun-rougeâtre,  grise  et  noirâtre,  des 
provenances  diverses,  toutes  d'ailleurs  étrangères  à  la 
localité  même  de  Saint-Vidal  dont  le  sol  géologique  ne 
présente  pas  de  gîtes  de  semblables  substances.  On  n'eu 


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78  ANTIQUITÉS 

trouve  môme  pas  dans  uq  rayon  assez  étendu  des  envi- 
rons da  Puy.  On  rencontre,  il  est  vrai,  à  peu  de  distance 
du  Cheylounet,  sur  les  rives  de  la  Borne,  du  «  silex  py- 
romaque  noirâtre,  »  que  M.  Bertrand  de  Doue  a  signalé 
à  «  Tétat  de  rognons  dans  le  calcaire  marneux  d*eau 
douce  »  de  Cormail  (i).  Mais  ce  silex  d'un  noir  opa- 
que diffère  essentiellement  de  nos  spécimens  aux  tein- 
tes les  plus  brunes,  ceux-ci  se  nuançant  d*un  ton  rous* 
sâtre  à  peu  près  comme  certaines  lames  de  couteau 
trouvées  dans  le  lac  de  Bienne,  station  de  Locras,  et 
que  M.  le  docteur  Gross  a  bien  voulu  comprendre  dans 
un  bel  envoi  à  noire  musée,  d'olyets  préhistoriques 
provenant  des  dépôts  palafittiquesde  ce  lac.  Nous  avons 
aussi  quelques  morceaux  de  silex  présentant»  dans  les 
parties  amincies  par  la  cassure,  une  sorte  de  transluci- 
dité qui  semblerait  établir  un  rapprochement  entre  leur 
substance  et  Tune  des  variétés  de  l'obsidienne,  si  bien 
décrites  par  M.  Damour  dans  un  mémoire  sur  la  com- 
position des  instruments  de  pierre  (â). 

Il  serait  intéressant,  pour  Thistoire  de  l'industrie  des 
pien*es  taillées ,  de  connatlre  le  gtte  qui  peul  avoir 
fourni  cette  espèce  de  silex.  Exislerait-ildans  le  Cantal, 
où  M.  Damour  indique  la  présence  de  Tobsidienne,  ou 
en  d'autres  lieux  plus  éloignés  de  notre  pays,  tels  que 
celui  du  Campigny  (Seine-Inférieure),  localité  dans  la- 


(1}  Description  géognostique  des  enpirons  du  Pu^'en-Vehy.  —  Le  Puy,  Ùt- 
rombc,  1898,  p.  83. 

(S)  Sur  la  eûmpoiititm  des  hêches  tu  pierres  trowtées  dam  les  nurnsments 
celtiques  et  chez  les  tribus  sawages  dans  la  Hcvne  archéol.,  xiii»  vol.,  1866, 
p.  193. 


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PRÉHISTORIQUES.  79 

quelle  ont  été  pris  sur  place  et  ouvrés  des  silex  ooi- 
r&tres,  dont  certains  translucides  et  teintés  de  jaunâtre 
aux  bords,  offrent  quelque  ressemblance  avec  les  nôtres, 
au  moins  d'après  une  intéressante  collection  de  ces  ins- 
truments que  MM.  E.  et  H.  de  Morgan  ont  eu  la  géné- 
rosité d'adresser  à  notre  Musée  (4)? 
Quoi  quMl  en  soit,  c'est  encore  à  une  do  ces  variétés 


(l)jVoyez,  pour  ce  gisement  :  Sotke  ntr  ie]CêÊi»pigHif,  station  de  l'Age  de 
ta  piêtT0  polie,  —  ^oûffu,  lS7â. 

M.  rabbé  Bourgeois,  si  connu  dans  la  science  par  ses  persévérantes  re- 
rhcrcliessarles  indices  de  Tcxistence  de  l'homme  dans  les  terrains  quaternaire 
et  même  tertiaire,  vient  anssi  de  noo&enfojer  généreuement  nne  belle  collec- 
tion de  sikx  taillés  d«  plataaodePont-levoyCLoir^Mlher),  n  nombre  desquels 
se  trouYent,  parmi  d'antres  variétés  corienses,  de  semblables  silex  brnnâtres 
h  bords  légèrement  translucides. 

D'ailleurs,  il  est  souvent  très-diffleile  de  connaître  la  provenance  de  cer- 
taines maijèraa  eopioyées  k  la  fabricatioii  des  ostils  da  pierre,  ear,  oitn  ks 
roch^  trouvées  sur  place,  on  travaillait  au  mêmes  liens  c  d'antres  pierres 
apportées  de  gisemensiplus  ou  moins  éloignés.  »  C'est  ce  qn'ont  parfaitement 
observé  surtout  MM.  Pornier  et  Micault  dans  l'atelier  paléolilbiqne  du  Sois 
du  Bêclier,  pïès  de  Dinan  (CAtesHltt-Nord),  oà  la  roebe  locale  (quartzitc) 
avait  fourni  la  mati^  d'armes  et  instruments  nombreux  et  variés,  mais  où 
Ton  rencontre  aussi  des  roches  étrangères  (quartz,  silex,  jaspe,  etc.),  tontes 
propres  à  la  taille,  les  unes  li  peine  dégrossies,  d'autres  plus  avancées':  plu- 
sieurs eain  B*a}ant  pas  encore  été  entamées  et  ne  pouvant,  par  eonséqnent. 
Mre  considérées  que  comme  des  matériaux  destinés  au  travail  des  ouvriers. 
Voyez  le  savant  mémoire  de  MM.  Fornier  et  Micault,  aox  matériaux.  1673, 
sous  lo  titre  :  Atelier  préhistorique  du  B&is  du  roeher  en  Pteudiken  et  Sainl- 
Neten,  arreudissemâni  de  Dinan  fCôteê^u-SordJ.  Qu'b  eetle  occasion,  M.  Por- 
nier veuille  bien  accepter  nos  remerctments pour  le  don  qu'il  a  Ait  aussi  U 
notre  Mnsée,  d'une  série  intéressante  de  qiartzites  taillés. 

M.  le  docteur  Baillean  qui  a  aussi  savamment  exploré  la  plupart  des  sta- 
tions puléoUtbiques  et  néoUtbiques  du  département  de  rAllier,  a  remarqué 
égalaient  que  la  matière  de  eartaiiis  instrumenta  de  pierre  est  parfois  étran- 
gère »  la  loealilé  où  ou  les  découvre.  C'est  ainsi  qu'il  signale  des  éclats  de 
silex  qui  avaient  été  recueillis  à  l'eut  de  gaàeCa,  aoit  sur  les  bords  de  la  Loire, 


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SO  ^M'IQUITÉS 

de  silex  brunâtre  que  se  rapporte  la  matière  de  quelques 
lames  de  couteau  recueillies  par  M.  Damblé,  ingénieur, 
et  par  M.  Charles  Guilhaume,  surveillant  des  travaux 
du  chemin  de  fer,  pour  nous  les  offrir  obligeamment, 
dans  le  sol  d*un  foyer  contigu  à  une  grotte,  au-dessus 
du  village  des  Estreils  el  non  loin  du  Cheylounel,  où 
ces  silex  (pL  ii,  p.  32  à  34.)  étaient  associés  à  des  os 
brisés  et  calcinés  d'animaux  divere. 

Informé  trop  tard  de  cette  dernière  découverte , 
après  la  destruction  de  presque  tout  le  foyer  par  les 
travaux  du  chemin  de  fer,  nous  n'avons  pas  pu  consta- 
ter si,  suivant  un  usage  assez  général,  cette  dernière 
station  préhistorique  n*aurait  pas  été  un  de  ces  lieux 
de  fabrication  de  Toutillage  de  pierre  où,  pour  les  tra- 
vailler, Ton  apportait  de  divers  pays  des  silex  à  Télal 
brut;  et  d*où  seraient  sortis  peut-être  plusieurs  de  nos 
instruments,  ainsi  que  d'assez  gros  morceaux  et  des 
éclats  de  silex  {pL  n,  n»*  7,  9  à  44),  et  même  un  petit 
fragment  (n«  8)  de  l'un  de  ces  nucléus  plus  ou  moins 
gros,  noyaux  ou  matrices  desquels  on  détachait,  par  le 
choc,  des  lames  de  couteau,  des  lamelles  en  grattoirs, 
des  pointes  de  flèche,  etc.  (1). 

Dans  tous  les  cas,  Tabsence  absolue  d'indices  de 


soit  sur  le  liane  drs  coleaux  où  l'on  rencontre  des  bancs  entiers  de  ces  r^ii- 
loux  apportés  par  le  dilavium  de  la  Bresse  i' Homme  pendant  la  période  gua- 
ternaire  dans  le  Bourbonnaii^VioxAm.  1879,  p.  5.) 

(l)  Nous  avons  dt^jii  signalé,  dans  nos  Annales  y  des  indices  d'un  semblahlc 
rojcr  contigu  aux  grottes  de  Pejlenc,  commune  de  Sainl-Pierre-Eynac,  où 
M.  Emmanuel  Mauras,  conseiller  de  préfeeture  et  nous,  avons  rucaeilli  uni 
cfflaine  quantité  dD  morceaux  de  silex  travaillés.  Ajoutons  que  ces  vestiges 
coniigus  à  des  grottes  creoaées  de  m^in  d'homme,  semblent  assigner  !t  Tori- 
ginc  de  celles-ci  une  date  préhistorique. 


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PnKHISTORIQUKS.  84 

foyers  au  Cheylounel,  soit  dans  les  terres  exploitées  par 
la  calture,  soit  dans  les  fouilles  du  chemin  de  fer,  el, 
d'autre  part,  la  rareté  extrême  des  nucléus  ou  blocs- 
mnlrices,  comparativement  à  leur  abondance  dans  les 
stations  ordinaires  de  Tindustrie  ou  «  manufacture  » 
des  pierres  taillées^  ne  permettent  pas  d'admettre  ici 
l'antique  existence  d'un  semblable.atelier  de  fabrication 
de  ces  instruments  (4). 

Nous  verrons  donc  encore  dans  la  plupart  des  frag- 
ments informes  de  silex  trouvés  au  Cheylounet,  dans  ces 
reliques  d'une  matière  précieuse  pour  nos  ancêtres,  de 
naïfs  hommages  rendus  par  eux  à  la  divinité  du  lieu. 

Quant  aux  lames  de  silex,  entières  ou  en  fragments, 
(n^  \  à  4),  que  nous  avons  recueillies,  nous-mème,  dans 
la  terre,  ou  des  mains  des  ouvriers,  elles  sont  assez  pe- 
tites pour  qu'on  y  voie  moins  peut-être  de  vrais  usten- 
siles que  de  simples  représentations  votives  d'instru- 
ments. Les  travailleurs  nous  ont  aussi  parlé  de  la  faible 
dimension  d'autres  semblables  couteaux  qui,  dans  le  sol, 


(1)  Nous  ne  jugeons  pas  néa'ssairc  de  renvoyer  le  lecteur  ii  des  ouvrages  cl 
mémoires,  aujourd'hui  très-nombreux,  qui  nous  ont  fait  connaître  les  curieux  pro- 
cédés dn  fabrication  des  outils  de  pierre.  Au  moment  où  nous  écrivons  ce  mé- 
moire, nous  recevons  l'un  des  plus  instructifs  sous  ce  rapport,  que  son  savant 
auteur,  M.  le  docteur  Aug.  Baudon,  di^jii  l'un  des  bienfaiteurs  de  notre  musée 
préhistorique,  par  l'envoi  spontané  d'une  cuilection  de  silex  taillés  de  la  station 
néolithique  dn  camp  Barbet,  a  bien  voulu  nous  adresser.  Il  a  pour  titre  :  Mémoire 
tur  let  silex  travaillés  de  l'atelier  du  camp  Barbet ,  à  Janville  [Oise],  1873.  Cet  ou- 
vrage ne  peut  que  contribuer  grandemcut  à  Tavancement  de  la  science,  en  parti- 
caliersous  le  double  rapport  de  la  connaissance  méthodique  des  substances  mi- 
nérales employées  et  des  modes  de  confection  des  instruments,  les  uns  adaptés 
aux  besoins  domestiques,  d'autres  ayant  servi  d'armes,  ainsi  que  de  tous  ceux 
d'emplois  encore  indéterminés. 

Tome  XXXl.  f 


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82  ANTIQUITÉS 

avaient  at&irê  lear  attentioii,  sans  qu'ils  eussent  pensé 
à  l6s  conserver  (1). 

On  a,  d'ailleaîB,  d'abondanles  preuves  de  la  vénéra- 
tion qn'^n  certains  cas  les  anciens  avaient  aussi  bien 
pour  d'informes  débris  de  silex  que  pour  des  pièces 
entières,  principalement  dans  la  quantité  de  ces  objets, 
jointâ  parfois  à  des  «  vases  en  terre  cuite  tellement 
petits,  qu'il  y  en  a  de  la  grosseur  d'une  pipe  (î),  »  et 


(1)  L*exigii!té  souTent  bien  plus  extraordinaire  de  certaines  lamelles  de  silex  a, 
pl«t  d'tne  ftits,  appelé  rattetiion  <)ti  tniiéologae»,  et  réeemaeirt  enooie, 
M.  X9$.  Baaèon,  dans  soi  Méntêire  éé^k  cité  sur  l'atelier  du  eamp  Baitet,  ex- 
pliquant les  modes  de  confection  et  les  emplois  très-probables  de  ces  instruments 
de  vilex,  tèft  BédKthiqne,  est  «mené  (page  S9)  ^  déébrer  qn'ii  Tégard  des  pln> 
«  peils  iMttiBMts,  »  ttnle  tpplieatkm  lui  éckappe.  La  fonetion  qa*en  pe«t  lew 
assigner  serait  donc  probablement»  répétons-le,  celle  d'amulette  o«  d'image  sj^m- 
boUqneou  votive.  Nous  devons,  cependant,  mentionner  une  ingénieuse  explication 
qui,  sans  être  applicable  k  toutes  les  trouvailles  des  plus  petits  et  des  très-grands 
iMiruMits  4e  ^en«  et  surtout  aux  ittibrmei  morcetix  de  Sflez,  pentiiétnaMiM 
être  acceptée  pour  quelques-unes,  fille  n'exclue  pas,  d'ailleurs,  l'emploi  de  ces 
objets  comme  offrandes  votives  dans  des  lieux  «aints  et  comme  offrandes  fu- 
néraires dans  les  sépultures.  M.  Ponthienx  (ouvrage  cité,  p.  46),  parlant  des  pe- 
tites bacbettes  de  l'âge  néolithique,  pense  que,  «  on  peut  expliquer  la  raison  d'être 
(le  ces  petites  hachettes,  généralement  faites  en  pierres  peu  communes,  dont  les 
formes  auraient  pu  se  prêter  difficilement  à  l'usage,  et  qui  devaient  être  un  objet 
de  luxe  personnel  et  exclusif  pour  leurs  possesseur^.  Il  y  a  des  haches  polies  de 
si  fortes  proportions,  qu'elles  en  deviennent  difficilement  maaiables;  celles-ci 
étaient  sans  doute  des  pièces  d'apparat  pour  les  cérémonie»,  comme  on  en  a  ren- 
contré chez  les  sauvages  modernes.  > 

(3)  Cesimîutions  votives  de  vases  ont  été  signalées  par  M.  l'abbé  Collet,  dius 
le  tumulns  de  Mané-Bodegade,  en  Bretagne.  Le  sol  de  la  galerie  était  un  pavé 
de  petites  pierres  plates,  recouvert  d'une  couche  épaisse  de  terre  grasse  avec 
cendre  et  charbon  de  bois.  C'est  li  la  jonction  de  cette  galerie  avec  le  dolmen, 
qu'on  a  découvert  une  quarantaine  de  ces  très-petits  vases  en  forme  de  gobelet 
ou  de  tasse  ï  café.  Cette  sépulture  a  offert  aussi  des  éclats  de  silex,  des  lamelles, 
une  hache  et  un  anneau  en  fer.  fMatériaux,  1871,  p.  68. } 

On  voit  dans  notre  musée  quelques  semblables  petits  vases  provenant,  dit-on, 
d'anciennes  sépultures  de  l'Amérique  méridionale.  Nous  les  devons  li  la  gêné- 


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PRÉHISTORIQUES.  83 

plas  souvent  à  des  morcéaaK  de  poterie,  que  renfer- 
ment nombre  de  sépaltui*es,  comme  on  voit  par  un  ta- 
bleau statistique  des  tnmulus  de  l'Angleterre,  dressé 
par  M.  Lubboek  (4).  Ce  savant  dte  même  [2]  une  de  ces 
séiKiltures,  qui  contenait  300  à  400  éclats  de  silex,  et 
même  quelques  nucléus.  On  pourrait  également  mul^ 
tiplier  les  exemples  en  France,  à  Tégard  de  ces  «  sitex 
votifs  éclatés,  »  tels  que  ceuK  signalés  par  M.  Louis 
Leguay  dans  les  sépultures  de  la  Varenne-Saint-Hi- 
laire  (Seine),  et  d'Argenteuil  (Seine-et-Oise)  (3). 

îl  est  certain  que  l'emploi  funéraire  ou  religieux  de 
semblables  morceaux  de  silex  s'était  répandu  générale- 
ment partout.  Nous  en  avons  eu  au  Puy  même  une  in- 
téressante application,  dans  une  sépulture  préhistori- 
que, antéiieure  à  Tâge  du  bronze,  laquelle  nous  offrit, 
en  1849,  auprès  de  trois  squelettes  étendus  (du  nord 
au  sud)  sur  un  lit  de  pierres  brutes,  plusieurs  éclats  et 
des  lamelles  de  sitex,  l'une  de  ces  dernières  même  artis- 
tement  taillée  à  dents  de  scie  (4). 

Le  rite  funèbre,  dont  ces  débris  ont  conservé  l'un  des 
plus  anciens  témoignages,  était,  en  outre,  si  conforme 


rosi  té  de  M"«  ia  baronne  de  Boxi)erg,  membre  de  notre  Société,  qni  ne  se 
borne  pas  k  mouler,  elle-même,  et  peindre  avec  un  talent  hors  ligne,  des  objets 
rares  dans  les  Masées  et  coUections  privées,  mats  aussi  a  bien  vonln  effeotner 
des  Touilles  en  Saxe,  en  Suisse,  en  France,  etc.,  dans  le  noble  but  d'enrietair 
nos  Amates  de  savantes  communications  et  les  galènes  d'antiquités  du  masée 
des  pièces  les  plus  instractivcs.  Nous  prions  notre  savante  collaboratrice  de  re- 
cevoir, encore  une  fois,  le  témoignage  de  notre  gratitode. 

(1)  Prœ  historié  limes,  p.  Ô7. 

(9)  /»{</.,  p.  113. 

(8)  FoaUUs  Cx  l'atiée  couverte  d'Argenteait^  1.867,  pp.  7  et  8. 

;4)  AnnaUt  de  notre  Société,  1SI9,  t.  xiv,  p.  57. 


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Si  ANTIQUITÉS 

aux  idées  symboliques  de  Tantiquité,  qu'après  une  du- 
rée de  bien  des  siècles,  il  élail  encore  pratiqué  dans  les 
tombes  gallo-romaines,  comme  noire  savant  confrère 
M.  Vinay  et  nous  en  flmes  la  constatation  à  Corsac, 
commune  de  Brives,  par  Texhumalion  attentive  d'urnes 
cinéraires  renfermant,  sans  doute  à  titre  de  talismans, 
de  grossiers  outils  de  pierre  (4)  ;  comme  on  en  eut  éga- 
lement la  preuve,  en  4865,  dans  une  sépulture  décou- 
verte à  Saint-Privat-d'AUier ,  qui ,  avec  de  curieux 
instruments  de  chirurgie,  une  pierre  sigiilaire  et  des 
monnaies  romaines  du  troisième  siècle,  mit  au  jour 
trois  silex  ayant  la  forme  d'outils  paléolithiques  (2). 

Citons  maintenant  d'aulres  silex  qui  proviennent 
aussi  des  parties  inférieures  de  la  tranchée  et  donnent 
ridée  d'outils  ou  de  leurs  imitations  votives.  Comme  on 
V-d  dit  pour  les  quatre  couteaux  déjà  mentionnés  (pL  ii, 
IV'"  1  à  4)  et  dont  un(n<>  2}  parfaitement  intact  et  comme 
neuf,  par  un